Articles de janvier 2008 ↓
31 janvier 2008 — Au jour le jour

Enfant, le front appuyé contre la vitre froide de la fenêtre de ma chambre, le regard se perdant dans la monotonie des champs, en attente d’un futur dont la forme variait au fil de mes pensées, je rêvais.
J’imaginais avec délices mon nom sur la couverture d’un livre que j’aurais écrit.
Je me voyais voyageuse, parcourant le monde.
J’attendais d’être grande.
Quelques décennies plus tard, si ma vie a pris parfois des chemins de traverses, bousculant certaines de mes aspirations enfantines, d’autres rêves ont vu le jour.
Je voyage.
J’écris.
Et ô merveille, ô joie sans pareille, aujourd’hui et j’en suis fière et heureuse, une de mes nouvelles est publiée.
Je dois ce plaisir à Phil,créateur des toutes récentes et excellentes éditions Filaplomb.
Il m’a écrit il y a quelques mois pour m’informer de son projet et me demander si j’avais des textes à lui proposer.
Je lui ai envoyé l’histoire de Sujitha, une des nouvelles que j’avais écrites l’été dernier durant mon séjour en Inde. Il l’a aimée et décidé de la publier.
J’ai crée le personnage de Sujitha en m’inspirant des vies de mes amies kéralaises. J’en ai longuement parlé avec elles, pour être sûre de la justesse de mon histoire.
Petite histoire, simple, banale, universelle.
Celle d’une femme au destin tracé dont le cœur tangue et chavire.
J’ai adoré écrire ce court récit.
J’espère que vous aimerez le lire.
(Et pour ce faire clic sur Filaplomb)
30 janvier 2008 — Au jour le jour
La lecture a meublé mon enfance, l’emplissant de rêves qui m’emportaient bien au-delà des champs et des fermes éparses, des buissons et des bosquets. Lire m’était précieux, essentiel, vital. Lorsque j’avais épuisé mon lot de livres et que le bibliobus tardait à rapporter les caisses de bois clair pleines de nouveaux trésors, je relisais indéfiniment les mêmes bouquins.
Il est vrai que je regardais très peu la télé. Quand les enfants désertaient l’école, que j’avais épuisé les joies solitaires de la bicyclette, tournant consciencieusement dans la cour vidée de ses protagonistes bruyants, mangé une tartine de pain légèrement rassis accompagnée d’un carré de chocolat noir Poulain et esquissé en patins à roulettes quelques pas de danse approximatifs, la lecture, dans le soir descendant, était le plus sûr des refuges.
J’ai lu à mes enfants des dizaines et des dizaines de livres, je leur en ai acheté, le les ai accompagnés à la bibliothèque. Est-ce grâce à tout cela, je ne sais, mais ils sont devenus des adultes lecteurs .
Ce qui n’est pas vraiment le cas des petits Français d’aujourd’hui !
Une étude de la Repubblica, journal sérieux et respectable, présente un classement de 45 pays en fonction des capacités de lecture des enfants de 10 ans (source Progress in International Reading Literacy Study page 37).
L’indice minimal de lecture est 300, ce qui correspond à la prestation (302) de l’Afrique du Sud, tout juste devancée par le Maroc (323), le Kuwait (330), le Quatar (353) et l’Indonésie (405).
En tête du peloton, les petits Russes, avec un score de 565, talonnés par les minots de Hong Kong (564) et les Canadiens. Les premiers Européens fréquentent les écoles du Luxembourg (557) ils sont suivis de peu par les bambini italiens.
Pour trouver les petits Français il faut descendre dans le classement, ceux-ci n’étant qu’au 27 rang (522), donc après les Américains, les Chinois, les Ecossais, les Belges, les Allemands… etc.
Pas de quoi pavoiser !
A noter d’ailleurs que ces performances, dit pudiquement le site Maitrise de la langue, « ne sont pas en net recul par rapport à l’évaluation de 2001 ».
En fait la situation semble stationnaire, quoiqu’en légère baisse, ce qui a changé c’est que les autres ont fait des progrès puisque la France est passée de la douzième place à la vingt-septième.
Délaissée, empêtrée dans des réformes contradictoires, l’école française va mal. C’est inquiétant.
Ou plutôt symptomatique d’une société qui dysfonctionne.
L’école de la République, gratuite, laïque et obligatoire, qui devait permettre à tous le même accès au savoir est devenue une machine lourde et insensible.
A quoi bon éduquer le peuple ?
Dans son programme de travail et d’action pour le 2e trimestre de l’année scolaire 2007-2008 Xavier Darcos accumule les « je veux » et les « je voudrais » sans rien proposer de particulièrement novateur si ce n’est de raccourcir le temps passé à l’école et de supprimer la carte scolaire.
A mon humble avis ça ne changera pas grand-chose à l’affaire et c’est bien dommage.
Le goût de la lecture est un bien précieux, il permet découvrir le monde et les autres, il aide à apprendre, à réfléchir, à déceler les manipulations, à être libre.
Et vous, êtes-vous surpris par les résultats de ce classement ?
26 janvier 2008 — Au jour le jour, En Italie
C’était un petit article, rédigé sous forme de lettre, dans un petit journal gratuit, un de ces canards distribués dans la rue et que l’on lit ou feuillette en attendant ou en prenant le bus. C’est d’ailleurs là que je l’ai lu, lundi dernier, en allant au lycée. Des élèves aussi le parcouraient et les filles s’arrêtaient sur cette missive intitulée « A ma chère amie Milena », ou un truc du genre.
La lettre portait une signature féminine suivie de l’intitulé « journaliste », du sérieux donc, pas une divagation de lectrice et puis il y avait une photo, celle d’une jolie jeune femme, souriante.
Dès les premières lignes, rédigées d’un style faussement naïf, je relevai une compassion larmoyante envers la pauvre Milena qui visiblement ne nageait pas dans le bonheur. La journaliste semblait même se reprocher une part de responsabilité dans les échecs successifs qu’avait connus son amie : difficultés sentimentales, dépression, revers professionnels, incapacité à fonder une famille.
C’est alors, après cet apitoyant portrait de Milena, que m’apparut le sournois dessein de la « journaliste ». Cette histoire avait une morale.
Si la pauvre Milena souffrait actuellement de tous ces maux ce n’était pas le fait du hasard, mais la conséquence d’un avortement subi quinze ans auparavant alors qu’elle était une innocente jeune fille.
L’auteur de la lettre n’avait pas alors trouvé les mots justes pour empêcher son amie de commettre l’abomination, ce dont elle se désolait encore aujourd’hui. D’autant que suite à l’interruption de grossesse, Milena, honteuse et mortifiée avait coupé les liens entre elles.
Mais le destin veillait, qui avait brièvement remis en présence les deux compagnes des temps heureux. L’une rayonnante de bonheur, l’autre marquée à jamais par le drame de ses vingt ans !
De la guimauve moraliste attaquant dans une dégoulinade de poncifs rétrogrades, culpabilisateurs et sournois, un des droits essentiels des femmes, voilà ce que l’on donne à lire gratuitement au badaud dans l’Italie d’aujourd’hui.
Voilà ce qui maintenait la bouche ouverte et la mine concentrée ma jeune voisine de bus.
Les sbires de la papauté sont désormais infiltrés partout dans cette Italie qui va si mal.
Relayées (entre autres) par l’infect Giuliano Ferrara « il n’existe pas d’homicide plus parfait que celui d’un embryon dans le sein de sa mère » qui réclame un moratoire sur le sujet, les thèses anti avortement se répandent à tous les niveaux de la société.
Pauvre société italienne, traquée par la pauvreté, le surendettement, grugée par d’indignes personnages politiques.
Le gouvernement Prodi a vécu.
Que pouvait-on attendre d’une coalition prétendument de gauche qui comprenait en son sein un catholique malhonnête et rétrograde comme Mastella, celui par qui survint la chute ?
Que dire de ces élus qui se sont insultés, se crachant à la face des glaviots de haine ?
Que dire de ces députés et sénateurs de droite qui ont hurlé victoire, se gavant comme des porcs de mousseux et de mortadelle car c’est ainsi qu’est surnommé le patelin Prodi. Pas un mauvais homme, pas de gauche non plus, faut pas rêver, mais du moins digne et capable de manifester une peu de soutien aux plus défavorisés.
Et maintenant, devrons nous assister au retour de Berlusconi, flanqué de Fini, le bourgeois serpent venu des terres de l’extrême droite ?
Sarkozy par ici Berlusconi par là. Je n’ose imaginer à quel grotesque concours de mépris, de vulgarité, d’écrasement des populations, de manipulation, de clinquant, de diatribes religieuses, de philosophie de chiottes ces deux là pourraient se livrer !
Lue rapidement la lettre à Milena semble bien dérisoire, mais elle ne l’est pas. Elle porte une violente estocade à l’avortement, elle s’ajoute à toutes ces voix qui nous bassinent avec la « vie de l’embryon ».
Et la vie des femmes alors ?
Et celles des enfants qui naîtraient « à corps défendants », dans le chagrin, le dénuement ou sans affection, considérés comme des punitions.
J’ai avorté il y a longtemps, pour ne pas mettre au monde un enfant dont je ne désirais pas la venue. Je n’avais pas la possibilité de lui offrir l’amour et les soins auxquels tous les enfants du monde devraient avoir droit. Car au lieu de s’horrifier pour quelques milliers d’avortements occidents il serait ô combien plus humain et judicieux de se préoccuper des millions enfants vivants qui meurent de faim, de misère ou de l’éclatement d’une bombe.
Je n’ai jamais regretté cet acte, il n’a pas hanté mes pensées et ne m’a en rien traumatisée du point de vue psychologique, affectif ou sexuel.
Je me souviens par contre de la douleur. Ayant à cette époque peu de moyens financiers, j’avais choisi l’IVG sous anesthésie locale, moins couteuse, mais franchement douloureuse.
Pas d’état d’âme donc mais une réelle souffrance physique.
Supprimer l’avortement serait à nouveau livrer les femmes aux faiseuses d’anges, aux officines clandestines, à la souffrance, à la dissimulation, leur dénier le droit de ne pas être des reproductrices soumises comme le voudraient les sinistres religions qui entendent à nouveau régenter tous les humains.
On n’avorte pas de gaieté de cœur, ce n’est ni un jeu ni un caprice. C’est un choix responsable et nous le devons aux luttes qu’ont menées pour nous des femmes courageuses et déterminées.
En 1973, l’une d’entre elles, Anne Sylvestre chantait :
« Non non tu n’as pas de nom
Non tu n’as pas d’existence
Tu n’es que ce qu’on en pense
Non non tu n’as pas de nom
Oh non tu n’es pas un être
Tu le deviendras peut-être
Si je te donnais asile
Si c’était moins difficile
S’il me suffisait d’attendre
De voir mon ventre se tendre
Si ce n’était pas un piège
Ou quel douteux sortilège
Non non tu n’as pas de nom…
Savent-ils que ça transforme
L’esprit autant que la forme
Qu’on te porte dans la tête
Que jamais ça ne s’arrête
Tu ne seras pas mon centre
Que savent-ils de mon ventre
Pensent-ils qu’on en dispose
Quand je suis tant d’autres choses
Non non tu n’as pas de nom…
Déjà tu me mobilises
Je sens que je m’amenuise
Et d’instinct je te résiste
Depuis si longtemps j’existe
Depuis si longtemps je t’aime
Mais je te veux sans problème
Aujourd’hui je te refuse
Qui sont-ils ceux qui m’accusent
Non non tu n’as pas de nom…
A supposer que tu vives
Tu n’es rien sans ta captive
Mais as-tu plus d’importance
Plus de poids qu’une semence
Oh ce n’est pas une fête
C’est plutôt une défaite
Mais c’est la mienne et j’estime
Qu’il y a bien deux victimes
Non non tu n’as pas de nom…
Ils en ont bien de la chance
Ceux qui croient que ça se pense
Ça se hurle ça se souffre
C’est la mort et c’est le gouffre
C’est la solitude blanche
C’est la chute l’avalanche
C’est le désert qui s’égrène
Larme à larme peine à peine
Non non tu n’as pas de nom…
Quiconque se mettra entre
Mon existence et mon ventre
N’aura que mépris ou haine
Me mettra au rang des chiennes
C’est une bataille lasse
Qui me laissera des traces
Mais de traces je suis faite
Et de coups et de défaites
Non non tu n’as pas de nom
Non tu n’as pas d’existence
Tu n’es que ce qu’on en pense
Non non tu n’as pas de nom »
23 janvier 2008 — Au jour le jour, En Italie

Et bien voilà, c’est fait, nous avons déménagé !
Nous avons vu nos meubles et nos cartons descendre par un balcon avant de remonter, ailleurs par une fenêtre.

Nous avons occupé notre nouveau territoire, déballé nos affaires, accroché nos tableaux, disposé nos objets, les insignifiants que l’on utilise chaque jour et les précieux porteurs de souvenirs, ceux qui évoquent des gens, des lieux, des évènements chers du passé. Ce fut à la fois amusant et exténuant.
A 7 heures pétantes l’équipe des déménageurs a fait irruption chez nous, un peu bruyamment il est vrai, surtout à cause du camion grande échelle qu’ils ont rentré dans la cour.
Les voisins du dessous, avec qui, grâce à notre patience héroïque, nous étions parvenus pendant huit ans à ne pas nous disputer, n’ont pas apprécié l’horaire matinal de notre migration. Sortie hirsute sur son palier, l’ultime conquête du séducteur propriétaire des lieux s’est mise à hurler que nous devrions avoir honte de faire un déménagement à une heure aussi indue. Cléo qui descendait l’escalier à ce moment là lui a répondu vertement. Entendant la voix courroucée de ma fille je me suis précipitée à sa rescousse, juste à point pour entendre cette créature (de moi inconnue) crier que Grazie a Dio, nous quittions cette maison !
Mon sang n’a fait qu’un tour et je lui ai balancé dans les gencives qu’au contraire, c’était elle qui aurait dû avoir honte d’ignorer qu’une bonne partie de la population italienne était déjà au travail à sept heures du matin, que nous étions très contents de partir, pour cause de voisinage déplaisant et que Dieu n’avait rien à voir dans l’affaire.
Bref, comment mettre fin, en trois minutes à des années de hochements de têtes hypocrites !

Pendant ce temps là les déménageurs avaient surnommé Carla Bruni mon mannequin déguisé et les plaisanteries grivoises commençaient à fuser. Curieuse de connaître leur opinion sur les galipettes présidentielles, j’entrai dans la conversation pour constater leur désapprobation : lui, un Berlusconi français, dit avec l’amusement que l’on imagine (chacun son tour), elle, une prétentieuse voulant à tout prix être célèbre.
Opinion différente de celles de certaines de mes copines italiennes qui persistent à trouver le Sarkozy sexy.
“ Io la capisco la Bruni ” dit Gianna.
Grrrrrrr…

Pendant que je m’agitais au milieu des cartons, l’actualité allait son train. Je n’ai pas tout suivi, mais deux trois bricoles m’ont interpelée.
D’abord le pape qui se fait de plus en plus lourd, insistant, pénible. Bravo aux professeurs qui se sont opposés à sa venue à l’université et honte aux Rutelli et autres Veltroni, falots personnages se prétendant de gauche et qui volent au secours d’un chef de l’église réactionnaire qui entend régenter la vie politique et sociale de l’Italie. La cabale anti avortement est en train de prendre une forme de plus en plus menaçante, la vigilance s’impose.

Le gouvernement Prodi ne va pas tarder à mordre la poussière. Son espérance de vie étant depuis sa naissance extrêmement limitée, il n’y a là rien de surprenant. Dans l’absolu ce ne serait pas une grande perte mais le risque de « Berlusca le retour » est réel. Vigilance.

L’économie mondiale part en eau de boudin, là encore c’était prévisible. Il va y avoir du changement, tant mieux. Faisant partie de la foule des non possédants actionnaires de rien du tout et n’étant pas économiste j’attendrai paisiblement et avec curiosité de voir la suite des évènements. Avec vigilance bien sûr.

Pour finir je suis ulcérée par le traitement infligé aux habitants de la bande de Gaza. Tant de perversité me choque. Je refuse de croire que la seule solution au problème palestinien consiste à affamer la population, à l’isoler, à la contraindre à vivre dans l’obscurité, dans les égouts, dans la misère.
Et là malheureusement le mot vigilance devient inopérant.

13 janvier 2008 — En Italie, Journal intime

Mercredi, toutes nos affaires empaquetées, nous quitterons l’appartement où nous avons vécu pendant huit ans.

l’ancienne maison
Il était beau, spacieux et nous y avons été heureux mais je le quitte sans le moindre regret.
Je ne l’ai jamais vraiment aimé. Trop symétrique, froid, bourgeois, sans âme peut-être. Les jours de déprime le granit moucheté de ses sols m’évoquait l’austérité des pierres tombales.

Sini nous aide à empaqueter
Bien que plus petit et plus modeste le nouvel appartement m’enchante.
Ce fut un coup de foudre.

J’ai immédiatement aimé ses carrelages colorés, joyeux, luisant sous un rayon de soleil.
Ce matin je les ai longuement briqués.
Comme je ne suis pas la reine du ménage il y a fort à parier que jamais plus je ne leur consacrerais une telle attention, mais ce matin, il fallait le faire. Il me fallait m’approprier ces lieux où nous vivrons désormais.

J’aime déménager, ou plutôt, j’aime le changement. Nous n’allons pas bien loin, dans le même quartier, mais les voisins seront différents. En ce qui concerne ceux que nous laissons, là non plus pas de regrets. J’ai toujours senti chez eux une pointe de supériorité probablement due à leur statut de propriétaires (parfois les gens sont d’une bêtise dont on ne sait si elle est comique ou pathétique).
Le nouvel immeuble appartient à une seule personne et nous sommes tous locataires. Plusieurs appartements sont loués par des étudiants, c’est parfait, les rapports seront plus faciles.


« Pierre qui roule n’amasse pas mousse », pour moi, c’est parfaitement exact. Au fil de mes déplacements (10 déménagements en 30 ans), j’ai abandonné des meubles, des tapis, des objets. Et je me rends compte à quel point je suis peu attachée aux biens matériels.
Une table en marbre, une chaise branlante, des livres, des photos, mes sculptures et mes vêtements, voilà tout ce dont je dispose.
Heureusement Fabio a le sens de la maison et du mobilier. Si nous étions tous les deux pareils nous n’aurions rien ! C’est cela être complémentaires et je m’émerveille de l’avoir à mes côtés.

Ceci expliquant cela, j’ai été peu présente sur le web ces derniers jours et je ne le serai pas davantage durant ceux qui viennent.
Le prochain billet sera écrit dans un salon coloré et lumineux, par la fenêtre je verrai les toits rouges des maisons et au loin les collines bolognaises.

la Pin Up: dessin de Runci