14.12.2007

Il bacio di Alice

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En attendant le chaos, il y a la vie.
La mienne, je l’ai toujours voulue joyeuse et quand elle ne l’a plus été, je me suis battue pour la changer.
Les nuages s’amoncellent et le fascisme rampe en bavant sur les futures ruines du néo-libéralisme. La résistance s’impose mais elle n’est pas pour moi synonyme de tristesse.
On peut aussi se battre en s’amusant.
En créant.

« Mon travail dans la banque… me dit Antonio en soupirant… bé, je le fais passer avec tout ça ! »

30.11.2007

Tabacco

 

 

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"io-silviaelianalucymary" de Nole

“J’ai été discriminé pour beaucoup de choses dans ma vie; pour avoir les cheveux longs, pour être communiste, pour écrire ce qu’il ne fallait pas écrire, pour être « extra communautaire ». Maintenant il m’arrive une nouvelle discrimination : être fumeur ».

Cette phrase, écrite par Miguel Angel Garcia, sociologue argentin exilé en Italie, sur le bandeau de son blog Tabacco, en donne le ton.

Ironique, décalé, subversif, allant à l’encontre de la redoutable bien-pensance actuelle qui n’en finit pas d’interdire, de culpabiliser, d’empêcher de jouir de la vie, le blog Tabacco (en italien et en espagnol) explore et détaille les vilains dessous et les incohérences de la campagne prohibitionniste menée contre le tabac.

Il nous apprend par exemple que celle-ci trouve ses racines dans le nazisme (...)

 
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04.11.2007

La vieille dame triste

Ce matin, traînant mon chariot jaune comme le soleil – là je fais une digression pour vous expliquer que je ne fréquente plus l'hypermarché de la banlieue, où, auparavant, j’achetais, une fois par semaine, une foultitude de trucs et de machins comestibles (ou non) que j’empilais dans ma voiture avant de les porter en ahanant jusqu’à mon troisième étage sans ascenseur, mais que je fais les courses dans  les magasins et le petit supermarché du quartier.

Pour ce faire, j’ai fait l’acquisition d’un superbe chariot à roulettes, jaune comme le soleil et qui a changé ma vie, nonobstant les critiques de ma fille qui prétend que « ça fait mémé ». Qu’importe, moi quand je le tire, j’ai l’impression d’avoir ma valise (jaune elle aussi) et de partir à l’aventure.(...)

 

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25.10.2007

La valeur du travail

Depuis quelques jours, il signor Rossi, patron de la « Campofilone », une petite entreprise de pâtes dans les Marche, connaît les honneurs de la presse, reçoit des centaines de mail élogieux et est cité en exemple sur des dizaines de blogs.

Mais qu’a donc fait le signor Rossi pour mériter telle gloire ?

 

Pour le savoir, clic, là 

20.10.2007

Bologne, précarité et décadence

 

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Il fut un temps, où, à Bologne la rouge, la liberté courait joyeusement sous les arcades.
Elle devait son surnom au courage des partigiani communistes qui avaient lutté contre l’occupation allemande, puis géré la ville, ce qui fait qu’à Bologne il y a une via Rosa Luxembourg et un viale Lenine.
Son importante université, la plus ancienne du monde occidentale, dont les bâtiments sont disséminés au cœur de la ville a toujours attiré des étudiants venus de toute l’Italie, particulièrement du sud,
Au milieu des années 70 on se bousculait aux cours d’Umberto Ecco, les transports publics étaient gratuits, les soins médicaux aussi. Une jeunesse estudiantine enthousiaste, des professeurs hautement éclairés, des artistes et écrivains donnaient à la ville un cachet particulier, d’intellectualisme et de liberté.
Mais en 1977 des remous agitent l’Italie (...)

 

La suite est là 

25.09.2007

De l'indifférence



De l’indifférence à l’insensibilité qui fait les monstres, il n’y a qu’un pas, parfois vite franchi.

Dans un café bondé du Nord de l’Italie, où les verres s’entrechoquaient pour fêter un samedi soir ordinaire, entre alcool, olives et cacahouètes, des jeunes hommes sont rentrés, martelant le sol de leurs lourdes chaussures cloutées. Ils se sont dirigés vers un vieux partisan, un ancien de la résistance, qui a connu les camps de la mort, il y a longtemps, quand il avait vingt ans. Ceux qui l’ont encerclé dans le bar avaient aussi vingt ans, ou un peu plus, des ragazzis, mais dont les vêtements arboraient des croix gammées.
Fascistes, et fiers de l’être.
Ils ont insulté le vieil homme.
« Partigiano di merda ! »
« Partigiano sporco »
Le vieil homme a protesté. Les injures ont redoublé.

Dans le café bondé nul n’a bougé. Les clients ont continué à entrechoquer leurs verres, à picorer des olives ou des cacahouètes, à discuter entre eux.

Le vieil homme s’est levé, tremblant de colère.

Dans le café bondé nul n’a bougé, les discussions impassibles ont continué, rythmées par l’entrechoquement des verres et l’ingestion des cacahouètes.

Finalement, comme ils étaient venus, les nazis sont repartis, trois petits tours et puis s’en vont.

Ce matin le vieil homme a porté plainte. Il lui a fallu trois jours pour surmonter l’humiliation, le dégoût.

De l’indifférence à l’insensibilité qui fait les monstres il n’y a qu’un pas, parfois vite franchi.

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Photo d'exzema

 

09.09.2007

V-day or not V-day?


Hier, en Italie, répondant à l’appel de Beppe Grillo, initiateur du Vaffanculo-day, (que l’on traduira par le « va te faire foutre-day ») des milliers de personnes sont descendues dans la rue, ont occupé les places et un « projet de loi populaire » destiné à éliminer des rangs des parlementaires italiens ceux d’entre eux qui ont maille à partir avec la justice, a récolté presque 300 000 nouvelles signatures.
Le texte proposé stipule qu’«aucun citoyen ne peut être candidat s’il a déjà été condamné ou s’il est en attente de jugement», qu’«aucun citoyen italien ne peut être élu plus de deux fois. La règle étant rétroactive» et que les «candidats doivent être désignés par les citoyens» et non plus par les partis politiques.

A Bologne, ils ont été  50 000 à venir écouter le comique-agitateur-bloggeur-activiste-guru.
Pour être honnête, je n’avais pas l’intention (en autre pas paresse) d’en parler sur ce blog et puis ce matin, un bloggeur m’a envoyé un mail pour me demander ce que je pensais de ce V-day.
Et comme je me suis fendue d’une longue réponse, j’ai pensé, en la lui envoyant, que peut-être d’autres parmi vous pourraient être intéressés.

Prenons les événements dans l’ordre.

Hier après-midi, avachie sur le canapé, j’étais occupée à me demander mollement si oui ou non (en penchant vers le non), j’avais envie d’aller Piazza Maggiore pour participer à un événement, qui, même si j’en approuvais l’idée de fond – l’honnêteté étant à mon sens le minimum que l’on puisse attendre d’un élu- me gênait à divers titres (d’une façon jusque là diffuse mais que ce matin j’ai tenté de clarifier)  quand on a sonné à la porte.

C’était Rapa !
Rapa de Sierra Leone, vous vous en souvenez ?

Il s’est assis à mes côtés, je lui ai acheté des chaussettes à rayures et nous avons papoté.
Je lui ai raconté mon été et il m’a décrit le sien : les heures passées à marcher sur les plages de l’Adriatique, le sac pesant qui lui provoque des douleurs dans l’épaule et le dos, les touristes qui n’achètent rien, ou si peu, les nuits dans le sable qui au petit matin devient froid et hostile, « Mais, quand même, dit-il, c’est mieux que dormir sur le goudron ou sur un banc », la famille dont il n’a pas de nouvelles depuis des années, les copains de rencontre, et le retour vers la ville car la saison estivale est finie.

C’est alors qu’en l’écoutant, j’ai repensé à ce que Grillo a écrit sur l’immigration et qui ressemble fort aux discours de la Lega Nord, ou à ceux de la droite Sarkozienne. L’idée de base étant : « chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. »

Alors quand Rapa, petite silhouette bancale, s’est éloigné sur le trottoir, j’ai décidé que, même par curiosité, je n’irai pas sur la place, car, tout bien réfléchi, même si je rejoins Beppe Grillo sur un certains nombre de points : lutte contre le néolibéralisme, contre la précarité, contre la corruption et contre les castes politiques, défense de l’environnement, je n’adhère pas, à l’ensemble de son discours, je ne suis pas non plus sous son charme, je ne le  trouve pas particulièrement drôle car trop outrancier, et souvent superficiel.
Pour finir, le truc qui ne passe pas, c’est sa prétention à se placer au-dessus de la politique, en affirmant haut et fort que « le concept de  gauche et de droite, n’a plus de sens»
Et là, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout d’accord !
Chaque fois que j’ai entendu quelqu’un dire ça, finalement, c’était quelqu’un de droite !
Que beaucoup des représentants médiatisés des prétendues gauches italienne et française soient des bouffons patentés et opportunistes, ok.
Que les mêmes bouffons cèdent aux sirènes du libéralisme en proposant à la populace (c'est-à-dire nous) des tubes de lubrifiant, ok.
Mais il y a quand même, entre un modèle de société humain, solidaire et laïque qu’ont défendu depuis des années des gens vraiment de gauche, et l’égoïste conservatisme marchand typique des sociétés gérées par la droite, une différence notable !

Bref, la Grillomania, qui touche, effectivement, des gens de gauche comme de droite, comme en témoignent son succès et les innombrables commentaires (souvent affligeants) que l’on peut lire sur son blog, ne m’a pas atteinte !
Elle est surtout à mes yeux le symbole de l’exaspération des Italiens, qui assistent chaque jour, impuissants, à l’inexorable dégradation de leur qualité de vie, de leurs conditions de travail et de leur pouvoir d’achat, alors qu’une minorité de nantis se goberge insolemment.

Par contre, s’il y a bien un enseignement à retenir de ce V-day, c’est son énorme participation, obtenue grâce à Internet, grâce aux blogs.

Si l’on avait encore un doute sur l’efficacité de ce type de communication, qu’il soit immédiatement levé !

Internet est bel et bien un fantastique outil de communication, et non pas un truc ringard - has been - passé de mode comme on voudrait nous faire croire actuellement (comme par hasard) qui permet de contourner les médias traditionnels et leurs journalistes inféodés au pouvoir.

Il est entre nos mains, youpi !








21.06.2007

Perdere l’amore

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Alberto a écrit un livre et moi je continue la série « promo des copains ».

Alberto et sa famille, les fidèles de Celestissima s’en souviennent peut-être, ont vécu le tsunami avec nous, nigauds contemplatifs qui avons regardé sans broncher l’océan se déchainer devant nous sans avoir l’idée, élémentaire, de fuir à toutes jambes.
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Alberto a écrit sur l’amour, pas l’amour passion, pas l’amour éternel, non l’amour que l’on peut perdre, ou non, ou que l’on a déjà perdu, ou non.
D’ailleurs son recueil de nouvelles s’intitule « Perdere l’amore » (Perdre l’amour).

« Amours nonchalants, douloureux, hâtifs, trahis, frustrés, incompris, mal compris, mercenaires, amour qui cette fois peut-être sera la bonne, et amour de celui (ou celle) qui reste avec l’autre, même s’il ne l’aime plus. Amours difficiles des années 2000, presque une mise à jour sur des thèmes traités il y a des années par Italo Calvino d’une façon similaire, c'est-à-dire par le biais d’un recueil de nouvelles, apparemment indépendantes les unes des autres, mais qu’on lit comme si c’était un roman, impatients et anxieux de découvrir, page après page, comment tout cela va finir : mais il y aura-t-il une fin heureuse pour ces personnages, et au-delà, pour les lecteurs, qui, inévitablement, se reconnaissent ? »
Ecrit Enrico Franceschini en quatrième de couverture du livre.
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Parce qu’il aime regarder ses semblables et qu’il est sensible à leurs émotions Alberto se glisse sans peine dans la peau de ses différents personnages, l’homme âgé aimant toujours son épouse disparue, la femme qui, dans un long monologue, dresse le bilan de la fin d’une longue relation, ou la nonna étendue sur son lit d’hôpital, serrant la main de sa petite fille à qui elle délivre, silencieusement, un ultime message.

Histoires d’amour au quotidien, à la fois banales et exceptionnelles, décortiquées par une plume souvent ironique, une écriture fluide et précise.

Mais pas seulement, Alberto est avocat, spécialisé dans la défense des travailleurs, et dans un appendice qu’il nomme  « légaliste » il applique aux relations amoureuses, d’un ton narquois, les codes cruels du monde du travail.
L’amour à contrat déterminé, l’amour à part time, l’amour précaire.

« Un livre sur tous ces moyens que nous utilisons aujourd’hui, pour chercher l’amour, un livre pour se demander pourquoi il nous est toujours plus difficile de le trouver, et surtout de le garder. (Enrico Franceschini)

Alberto ne tire pas de conclusions, mais par petites touches habiles, dresse un tableau pertinent de la société d’aujourd’hui laissant à chacun la liberté d’en dégager (ou non) le désenchantement.
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Donc hier, à la Festa de l’Unità du quartier de la Bolognina, Massimo (un autre ami avocat écrivain) a remarquablement bien présenté le bouquin d’Alberto, c’était drôle et sérieux à la fois. Mon amie Gianna a pris la parole, elle a souligné le fait que le livre d’un proche (Alberto et elle se connaissent depuis 25 ans) est toujours lu à travers le prisme de l’amitié, mais telle est la force des récits, que, peu à peu, l’image d’Alberto s’efface derrière le talent du conteur.
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Après nous avons dîné tous ensemble dans un resto de toile de la fête. En Italie, et tout le monde le sait, on mange toujours très bien pour très peu dans les feste del Unità.

Et puis, un peu plus loin, un orchestre de sexagénaires jouait pour faire danser d’autres sexa, voire septa, voire, octo…génaires, qui bien alignés levaient joyeusement la jambe en chœur – un pas un avant, deux en arrière, je tourne à droite et hop !- ça c’est typiquement bolognais, même Nanni Moretti en parle dans un ses films « Ah si seulement j’étais à Bologne je pourrais aller danser en groupe ! » (un truc du genre).
Moi je ne connais pas ces danses là, trop organisées pour moi, alors j’ai dansé le mambo toute seule, et puis le twist, et puis après un charmant monsieur m’a entrainée dans un boogie-woogie effréné, et un autre dans un je ne sais pas trop qui m’a fait tourner la tête.

Ce fut une belle soirée, c’est bien d’avoir des amis.
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J’oubliais, les petits veinards qui comprennent l’italien peuvent lire quelques unes des nouvelles d’Alberto et .



17.06.2007

Andrélio

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A Elio
Il braccio bello
La schiena bella
La testa bellissima
Questo essere bellissimo non mi appartiene ma vuole
Vuole stare con me”

A Elio
“Le bras beau
Le dos beau
La tête très belle
Ce très bel être ne m’appartient pas mais veut
Veut être avec moi »

A écrit Andrea dans un recueil de poèmes.
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Desideria elio Talon "Modegal" 2007
L’un écrit, l’autre sculpte.
Je les appelle Andrélio et ils sont nos amis.
De doux et affectueux amis, artistes ludiques, poètes rieurs et amoureux.
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Fiumana Elio Talon "Modegal" 2006
 
Ils vivent ensemble depuis plus de 10 ans, chacun s’employant à rendre plus belle la vie de l’autre.
Parce qu’ils sont conscients d’appartenir à l’humanité et qu’ils en sont profondément solidaires, ils s’activent beaucoup dans les milieux associatifs, auprès des anciens comme auprès des enfants démunis, en réalisant des vidéos ou en montant des spectacles théâtraux.
Van Gogh le disait si bien : "Il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens."

Il y a quelques années, Elio a été hospitalisé, gravement malade, et tandis qu’il se rongeait les sangs dans un couloir aseptisé en attendant les résultats des analyses, Andrea pensait, avec une infinie tristesse, avec douleur et impuissance, que si la santé de son ami, ou même sa vie, devait tenir à une décision de ses proches, ce ne serait pas lui, son amoureux fidèle, que les médecins consulteraient, mais une famille distante qui ignorait encore la nature de leur relation.

Car en Italie, les « couples de fait » ne sont pas reconnus par la loi et n’ont aucuns droits.
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La timide tentative de quelques ministres de l’actuel gouvernement de mettre en place un mini Pacs a été sauvagement combattue par le Vatican relayé dans la lutte par les partis de droite et de gauche catholiques et conservateurs.

C’est qu’ici on ne badine pas avec la famille !

Mieux vaut l’hypocrisie de l’adultère qu’un divorce car, dixit le Vatican, reconnaitre les droits des couples non mariés revient à détruire la famille et à condamner la société à des maux atroces.

Quant à l’homosexualité, considérée par le pape et ses tristes consorts comme une « anomalie » conduisant au pêché, comparable à la pédophilie et à l’inceste, elle est encore largement stigmatisée.

Nous noterons au passage l’acharnement que met cette bande de vieux puceaux en jupons à se préoccuper de la sexualité, argument qui, en toute logique, ne devrait absolument pas les concerner.
Faut croire que ça les titille quand même !
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Alors, pour toutes ces raisons, hier, un million d’Italiens ont participé à la Gay Pride de Rome.
Ils ont calmement défilé, heureux d’être si nombreux à dire au pape, aux cardinaux, au gouvernement, aux bigots contempteurs de la chair, à tous ceux que l’amour dérange et irrite : « Basta !
Basta à la discrimination, à l’homophobie, à la pesante ingérence du Vatican qui rend l’Italie toujours plus incivile et intolérante. » (Liberazione 17/06/07)

BASTA !
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photos edoneo, la Repubblica

15.06.2007

Anecdote non anodine

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dessin d'Alberico
 

« Mahometo, lo odio ! » (Mahomet, je le déteste !)  S’exclame Camilla en secouant ses boucles brunes, sa jolie frimousse empreinte d’indignation.
Moi, interloquée, et suspendant un instant mes commentaires éclairés sur la frise chronologoique  de son livre d’histoire : « E perché ? » (et pourquoi ?)

Elle, des flammes dans les yeux : « Et les musulmans, je les déteste, tous ! » Pour des raisons de compréhension évidentes je poursuis la transcription de cet édifiant dialogue en français.
Moi, décidée à ne pas lâcher le morceau : « Et pourquoi ?»
Elle, à toute vitesse : « Parce qu’il a dit que les femmes avaient pas le droit de sortir qu’elles devaient mettre un voile et que les hommes devaient les battre, c’est la maitresse qui l’a dit ! »
Moi, finement : « Ahhhh… »
Elle : « Et elle a dit qu’il fallait surtout pas se marier avec un musulman parce qu’après on devient musulmane et on est obligé de rester à la maison et de porter un voile. Moi les musulmans je leur parlerai jamais. »

Poursuivant mon investigation, j’apprends que la maitresse de la classe de quinta (CM2) de l’école publique italienne que fréquente Camilla, a consacré  une partie de l’année à une étude comparée des diverses religions dont le point d’orgue fut, lors de la fête scolaire, une charmante succession de petits sketchs, écrits et interprétés par les élèves. L’objectif, à peine voilé (façon de parler) de l’opération, était de faire apparaitre de façon éclatante (mission accomplie) la suprématie de la chrétienté sur ses concurrentes exotiques et cruelles.

Un seul Dieu, celui des catholiques, un seul maitre à penser et à croire : le pape.

Le pape, le pape, c’est pas le mec qui vient (en autres déclarations toutes plus obscurantistes les unes que les autres) d’exhorter ses ouailles à ne plus soutenir Amnesty International car l’association défend le droit à l’avortement ?

Alors il m’est revenu  en mémoire un joli petit poème que je récitais à l’Ecole primaire :

« La Ronde autour du monde

Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main,
tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde.
Si tous les gars du monde voulaient bien être marins,
ils feraient avec leurs barques un joli pont sur l'onde.

Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, autour du monde,
si tous les gars du monde voulaient s' donner la main. »

Paul Fort

Malheureusement, j’ai bien peur que ce ne soit pas pour demain…

 

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dessin de Kimberly

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