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Sujitha, la fille à la tache en forme d’étoile

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1.

Sur la tempe, juste au-dessus de l’extrémité de mon sourcil gauche, j’ai depuis ma naissance une tache sombre, presque noire. Elle a la forme d’une étoile, ou d’une araignée disent les médisants. C’est à cause d’elle, malgré ma peau claire et mon instruction, que me trouver un époux n’a pas été chose aisée. Les mères craignaient que cette tache ne soit de mauvais augure, qu’elle ne soit la marque de quelque démon qui risquait de s’infiltrer dans le corps de leurs fils pour les conduire à la déchéance. Comme s’ils n’étaient pas capables de s’y mener tous seuls, ces hommes qui se gorgent d’alcool le soir venu, qui délaissent leurs femmes et leurs enfants, qui se brûlent le gosier et détruisent leur dignité.

Mon mari ne boit pas, c’est bien sa seule qualité.

Peu lui importe ma tache, il ne me regarde jamais. Il ne m’a pas choisie pour ma beauté mais pour ma dot et mon métier. Je suis professeur. Je travaille pour le gouvernement ce qui m’assure un salaire confortable et le droit à la retraite. Mon père, en homme prévoyant, a tout fait pour m’aider à avoir cette place. Il a versé des pots de vin et flatté des fonctionnaires. Moi, j’ai étudié.

Quand mon mari est venu pour la première fois chez nous, accompagné de sa mère, il ne m’a pas déplu. J’ai vu un homme petit et mince, avec une fine moustache bien taillée, des cheveux soigneusement plaqués, une voix douce et des manières raffinées. Son mundu immaculé moulait ses hanches étroites et un stylo doré brillait à la poche de sa chemise.

J’avais déjà 27 ans, mes chances de trouver un bon parti s’amenuisaient au fil des ans, aussi je prêtai peu d’attention à sa mère, une grosse dame volubile. J’ai eu tort. Par crainte du célibat, par crainte des commentaires désobligeants que n’auraient pas manqué de répandre les commères de la paroisse et qui auraient entaché la réputation de la famille, à cause de la tache sur mon front, à cause de la tradition, et parce que je voulais être pour mon père une fille obéissante et respectueuse, j’ai rapidement accepté ce mariage.

N’ayant pas gratté sous l’écorce pour dénuder le bois, je n’ai pu voir qu’il était gâté, qu’il s’effritait et n’avait point de sève, mais de la bile amère.

pour la suite: Editions Filaplömb

Filaplomb, éditeur de nouvelles et de textes courts

Sujitha, mon livre

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Vendredi… moi aussi :-)

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Il existe depuis trois mois, et se présente ainsi : « Vendredi est  le premier hebdomadaire d’actualité issu de cette nouvelle époque où la Toile s’impose comme une véritable source foisonnante d’information et de débats d’idées ».

Chaque semaine, il propose une sélection d’articles piochés ici et là sur les sites ou les blogs. Je n’ai encore jamais eu la version papier entre les mains mais je consulte régulièrement le site et j’apprécie la qualité des textes et le talent de leurs auteurs.
Et voilà qu’il y a quelques jours, à ma grande surprise, je reçois un mail de la part de la rédaction me demandant l’autorisation de publier un billet que j’avais écrit au sujet d’un discours d’Hilary Clinton.
A moi !
Mon blog et particulièrement ce billet avaient suscité leur intérêt . Lire la suite →

Auto Promo

Je sais ça ne se fait pas, ça fait égocentrique, et tout et tout…

Mais j’ai envie de vous faire lire ce texte, même si l’objet en est un de mes billets.

Au-delà du plaisir personnel que j’ai ressenti en le lisant, (ne nions pas la satisfaction qu’apporte un compliment, ce serait tricher et ils ne sont pas si courants) ce qu’écrit Infocrate est très pertinent, comme l’ensemble de son blog, d’ailleurs. De plus il s’appelle « Reprendre la Parole » ce qui, vous en conviendrez, est une excellente idée.

Et maintenant un peu de réclame, vous vous souvenez, la réclame ?
C’était avant qu’on parle de publicité.

Bref, Filaplomb, mon charmant éditeur, propose une super promotion. Quoi de mieux pour un petit cadeau de Noël à un proche, qu’une jolie petite nouvelle, bien ficelée, joliment écrite ?
Un petit bouquin en papier recyclé, que l’on peut glisser dans son sac ou dans sa poche si on a un train à prendre ou un rendez-vous chez le dentiste ?

Une petite fenêtre ouverte sur le monde ?

Acheter chez Filaplomb, c’est aussi aider la démarche de Phil, qui est celle de proposer au lecteur autre chose que la soupe dispensée par les  éditeurs dominants à grands recours d’opérations médiatiques.

Voili voilou :-)

Deux ans

Celestissima a deux ans.
Déjà !
C’est fou comme la perception du temps se modifie avec l’âge, plus l’on a vécu et il plus il nous semble passer vite. Mais peu importe, son déroulement étant inéluctable à quoi bon s’en soucier.

J’ai écrit 310 billets et vous 5823 commentaires.
De vous à moi, je suis impressionnée par ces chiffres.

Je m’étonne d’avoir autant produit et je m’émerveille de votre réactivité.

Au début j’écrivais beaucoup. Chaque jour j’éprouvais un irrépressible désir de transcrire mes réflexions sur le web. Je guettais vos visites et me délectais de vos rares commentaires.

Ma chronique indienne de 2006 eut très peu de lecteurs, mais de qualité. Chaque jour ma lectrice préférée laissait quelques mots et je l’en remercie encore.

Puis, petit à petit, vous êtes venus plus nombreux.
Vous avez changé aussi.
Rares sont ceux d’entre vous qui suivent mes élucubrations depuis le début de même que je ne commente plus sur des blogs où je me suis beaucoup exprimée.

Les amitiés se font et se défont dans la vie comme sur le web mais sur celui-ci le processus est amplifié, accéléré.
On se découvre très vite des affinités de pensée ou de sensibilité. Parfois, on se le dit aussi par mail. On est content de s’être découverts. Il arrive que cette nouvelle relation privilégiée ouvre la porte d’un nouveau groupe. Lequel cas ce n’est pas un nouveau pote que l’on a gagné mais la possibilité de converser avec plusieurs personnes avec qui on a une affinité.
Au moins une.
Puis la lecture d’un nouveau blog va à nouveau nous entraîner dans une direction différente.
Les amis du jour prennent la place des amis d’hier.
Pas tous.
Avec certains la communauté de pensée et l’intérêt suscité par les écrits sont suffisamment forts pour résister à l’appel de la nouveauté.

Certains blogs me sont, depuis très longtemps, précieux, je les consulte chaque jour et le plus possible quand je suis en voyage. J’y trouve des opinions correspondant aux miennes, des éléments de réflexion, des perles de sagesse, des textes dont la sensibilité ou la poésie me charment, de l’humour, des indignations salutaires, des débats passionnants.
Grâce à eux, en ces temps troublés et incertains, je ne me sens pas isolée. Je peux au contraire mesurer la force de mouvements de pensée que les médias officiels, affidés du pouvoir, ignorent ou dénigrent.

J’ai rencontré certains d’entre vous et ce fut à chaque fois un grand plaisir.
Et puis sans Celestissima Filaplomb n’aurait jamais publié Sujitha.

J’ai même une détractrice dont le fidèle et irréductible acharnement ne lasse pas de m’étonner.
Pas une semaine sans qu’un de ses billets ne parle, directement ou indirectement, de moi.
Elle y fustige la platitude de mon style, mon inculture, ma niaiserie, mon « béniouiouisme », mon antiracisme, ma vulgarité, mon antilibéralisme, mon narcissisme, bref ce que j’écris, ce que je pense et qui je suis, tout au moins ce que j’en montre sur Celestissima
Si d’aventure un autre argument est développé dans son billet du jour elle laissera quelque allusion à mon sujet sur un fil de com.
Dans sa hargne elle s’est même appuyée, pour me railler, sur une critique acérée et méprisante d’un extrait de ma Sujitha. Or il se trouve que son indélicat auteur, grand lecteur de Philippe Muray (et de Renaud Camus) prend plaisir aux éructations d’Eric Zemmour ! Etant donné le féminisme affiché de ma détractrice (de « gauche »), j’en ris encore.
Néanmoins ces manigances ne sont pas dérisoires, elles visent à discréditer, réduire au silence, détruire.
Ayant déjà été confrontée par le passé (et de façon beaucoup plus proche) à des agissements similaires je sais m’en détacher, m’en défaire et ils n’éveillent en moi qu’un intérêt comparable à celui de l’éthologiste pour une quelconque bestiole nuisible.

C’est le bénéfice de l’expérience.

Et puis, qui décide de rendre publics ses écrits s’expose à la critique, c’est une des règles du jeu.
Ne pas l’accepter serait stupide.

L’été approche, bientôt je reprendrai la route de l’Inde. Mes visites chez vous seront beaucoup plus rares, mais, de là-bas, je rédigerai une nouvelle chronique.

Merci à vous toutes et à vous tous, sans vous ce blog n’existerait pas.

Interviewée…

Mais oui, mais oui !
Par Zoridae, la spécialiste de la sexualité des araignées, qui jour après jour, de sa plume délicate raconte, se raconte.
Je ne saurais que trop vous conseiller de lui rendre visite.
Vous y saurez enfin comment et pourquoi j’ai écrit Sujitha, mais si la chose vous indiffère, ce que je peux fort bien concevoir, ne renoncez pas pour autant à découvrir le blog de Zoridae.
Du rire aux larmes, sans pathos, ses textes suscitent l’émotion, ravivent des souvenirs, trottent dans les pensées.

Et puis il y a du nouveau chez Filaplomb : la possibilité, qui me parait très judicieuse, de s’abonner et un concours pour les lecteurs.

Ne passez pas votre chemin, Filaplomb est un éditeur inspiré qui donne la parole à des auteurs originaux et talentueux.

Et les nouvelles qu’il publie sont comme de petites fenêtres ouvertes sur le monde.

Sujitha, mon livre

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Enfant, le front appuyé contre la vitre froide de la fenêtre de ma chambre, le regard se perdant dans la monotonie des champs, en attente d’un futur dont la forme variait au fil de mes pensées, je rêvais.
J’imaginais avec délices mon nom sur la couverture d’un livre que j’aurais écrit.
Je me voyais voyageuse, parcourant le monde.
J’attendais d’être grande.

Quelques décennies plus tard, si ma vie a pris parfois des chemins de traverses, bousculant certaines de mes aspirations enfantines, d’autres rêves ont vu le jour.
Je voyage.
J’écris.
Et ô merveille, ô joie sans pareille, aujourd’hui et j’en suis fière et heureuse, une de mes nouvelles est publiée.

Je dois ce plaisir à Phil,créateur des toutes récentes et excellentes éditions Filaplomb.

Il m’a écrit il y a quelques mois pour m’informer de son projet et me demander si j’avais des textes à lui proposer.
Je lui ai envoyé l’histoire de Sujitha, une des nouvelles que j’avais écrites l’été dernier durant mon séjour en Inde. Il l’a aimée et décidé de la publier.

J’ai crée le personnage de Sujitha en m’inspirant des vies de mes amies kéralaises. J’en ai longuement parlé avec elles, pour être sûre de la justesse de mon histoire.
Petite histoire, simple, banale, universelle.
Celle d’une femme au destin tracé dont le cœur tangue et chavire.

J’ai adoré écrire ce court récit.

J’espère que vous aimerez le lire.

(Et pour ce faire clic sur Filaplomb)

Rubrique cadeaux

Vous je ne sais pas, mais moi, autant j’aime faire des cadeaux, autant je n’aime pas courir les magasins pour les trouver.

Piétiner des heures dans des boutiques surchauffées, risquer à tout moment le coup de coude et la bousculade, me fatigue et m’ennuie.
Sans parler de la rencontre fortuite avec mon reflet, halluciné et rendu blafard par les néons, que me renvoient les inévitables glaces murales qui tapissent les murs des magasins.
La question essentielle fuse alors dans mes méninges exténuées par les rumeurs de la foule « Mais qu’est-ce que je fous là ? »

Donc, depuis longtemps, j’ai trouvé la parade : j’achète les cadeaux quand je les trouve!
C’est-à-dire principalement l’été, au gré de mes voyages.

Ensuite je les offre quand ça me chante, et pas spécialement à Noël, car je n’aime pas non plus les réjouissances obligatoires et les cadeaux sur commande.

Si j’étais moins paresseuse et plus adroite de mes blanches mains, j’aimerais beaucoup suivre les conseils de Joline.
Son blog est une véritable mine !
De la création à chaque page !
Ou comment, fabriquer soi même et à moindre dépense des vêtements, des bijoux, des colifichets, des trucs et des machins, rigolos, colorés et jolis.
Non seulement on peut se faire plaisir en créant, en fabriquant mais en plus on évite les circuits de la grande distribution et les gadgets inutiles qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour finir oubliés dans des armoires.
Bref, un excellent moyen de « décroisser » élégamment !
Merci Joline

En ce qui concerne les cadeaux culturels alors là aucune hésitation, Filaplomb a pensé à nous en créant une maison d’édition qui publie de tout petits et tout jolis livres en papier recyclé imprimé avec des encres végétales sans solvant.
Amoureusement écrits.
Amoureusement publiés.
Des petites fenêtres sur le monde (je sais je l’ai déjà dit, mais j’aime bien la formule).
Merci Filaplomb

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Et vous, question cadeaux, vous faites comment ?

Les Editions Filaplomb, des petites fenêtres sur le monde

Filaplomb, éditeur de nouvelles et de textes courts

Recommandé par des Influenceurs

Nées de la volonté (acharnée) de Phil, un talentueux blogueur, les Editions Filaplomb viennent d’ouvrir.

Elles proposent des textes courts, des nouvelles, sous la forme de petits livres d’une vingtaine de pages, que l’on glisse dans sa poche ou dans son sac et que l’on dévore d’une traite.

« La nouvelle (…) est faite pour être lue d’un coup, en une fois » écrivait André Gide

Bien que peu valorisée dans l’hexagone, la nouvelle n’a rien d’un art mineur.

« Elle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d’une haleine, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains. L’unité d’impression, la totalité d’effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu’une nouvelle trop courte (c’est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu’une nouvelle trop longue. L’artiste, s’il est habile, n’accommodera pas ses pensées aux incidents, mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents, combinera les évènements les plus propres à amener l’effet voulu. Si la première phrase n’est pas écrite en vue de prépare cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité. »
Baudelaire : Notes nouvelles sur Edgar Poe

Chaque livre des Editions Filaplomb est une petite fenêtre sur le monde, la découverte d’un regard nouveau, d’une sensibilité.

C’est l’occasion de découvrir d’autres auteurs, qui ne sont pas ceux que les grandes maisons d’édition sélectionnent en fonction de critères dont souvent le talent et l’originalité de la pensée sont exclus, laissant place à la rentabilité, à la facilité.

Vous avez un train à prendre, peu de temps pour lire, des cadeaux intelligents à faire (Noël approche), un clic, deux clics, trois clics et quelques jours plus tard le facteur dépose dans votre boîte aux lettres un joli petit bouquin tout beau tout neuf qui ne demande qu’à être dévoré.
Ce faisant, vous aurez aidé une jeune entreprise ambitieuse et permis à une autre parole d’être lue et considérée.