Histoire de jupe

Je n’ai pas vu le film la Journée de la jupe, ou plus exactement, j’ai changé de chaîne au bout de cinq minutes.

Explications: j’ai raté le début, quand j’ai allumé la télé le film était commencé depuis une vingtaine de minutes.
Le temps d’apercevoir le prof, Isabelle Adjani, dans la classe, puis hop est apparu le proviseur qui, parlant d’elle à un policier expliquait un truc comme : « Elle est bizarre (…) par exemple, elle se met toujours en jupe alors que, étant donné le quartier et les élèves que nous avons je lui ai déjà dit à plusieurs reprises de ne pas en mettre »
Je n’ai pas noté les paroles donc ne suis pas sûre de leur exactitude mais je sais que mon sang n’a fait qu’un tour et que j’ai zappé.

J’ai zappé car le peu que j’avais lu sur le téléfilm indiquait qu’il était sensé être proche de la réalité (le filon « Entre les murs »)

Donc, soit c’est n’importe quoi et on veut nous faire croire que lorsqu’on travaille dans un  collège d’une zone sensible  on ne peut pas mettre de jupe (la jupe d’Adjani dans le film était on ne peut plus décente) à cause des élèves (peur de les choquer, de les exciter?) ce qui peut induire  que le degré d’intolérance ou de bestialité des gamins de 15 ans des « zones sensibles » atteint un niveau record.
Lequel cas la crédibilité du film est atteinte.

Soit c’est vrai et si effectivement on déconseille aux profs de certains établissements scolaires de mettre des jupes, donc de s’habiller comme elles le souhaitent, c’est gravissime, c’est choquant.

Que l’on ait pu  céder ainsi sur la liberté de se vêtir des enseignantes pour…pour quoi d’ailleurs (ne pas choquer, ne pas exciter?) est d’une hypocrisie scandaleuse.

Les rues sont pleines d’images publicitaires représentant des femmes en culotte ou décolleté plongeant, les acrobaties sexuelles les plus variées, des plus érotiques aux plus perverses, sont visibles sur Internet mais dans l’école, pas de jupe!

Moi, le port du voile par les élèves m’indiffère mais je ne mets que des jupes ou des robes, jamais de pantalons – évidemment pas par principe mais parce que  je préfère, je trouve ça plus joli (sur moi en tout cas).

Et, de même que je respecte le choix des filles voilées, il est hors de question que ma liberté de me vêtir soit remise en cause.

Si ce que prétend le film est exact nous sommes en présence de deux diktats d’une rare intolérance : pas de voile donc pas d’éducation pour les élèves et pas de liberté vestimentaire pour les enseignantes.

Et bien sûr, ces deux injonctions ne concernent que les femmes !

Vous qui passez par cet espace, je vous pose la question :  est-il vrai que dans certains établissements scolaires français le port de la jupe est déconseillé ?
Et qu’en pensez-vous ?

101 réflexions sur « Histoire de jupe »

  1. J’en suis sans voix. C’est simplement ahurissant. Pour ce qui est des voiles et des jupes, je suis 100% d’accord avec toi. Laissez vivre l’autre !

  2. @salut zolive plus rapide que l’éclair

    je viens de lire ce post, rédigé par un prof:
    http://www.lepost.fr/article/2009/03/11/1453490_la-journee-de-la-jupe-quelques-impressions.html

    elle écrit:
    « La prof prend d’ailleurs un malin plaisir à venir tous les jours en jupe pour narguer son proviseur, qui lui a justement déconseillé le port de ce vêtement, afin de ne pas ‘heurter la sensibilité des gens du quartier’. »

    qui lui a justement (…) afin de ne pas heurter la sensibilité des gens du quartier..

    j’en suis abasourdie!

    ah, oui, vraiment, laissez vivre l’autre!

  3. Bonsoir Céleste,

    Quelle tristesse que tu n’aies pas vu le film, qui est véritablement très beau, avec une Isabelle Adjani tout simplement parfaite.

    Dans ce film, le proviseur, Jacky Berroyer, descend en effet en flèche la « prof-preneuse d’otages », parce qu’elle vient en jupe alors qu’il lui a très vivement « déconseillé », parce qu’elle est « trop à cheval » sur les idéaux de laïcité, d’égalité hommes-femmes, etc.

    Bref, ce film démontre comment l’école peut, en se conformant aux clichés de la banlieue, entrer dans ce jeu, au lieu d’être un sanctuaire de la République.

    Ce n’est pas un documentaire, mais un film fait pour choquer, réveiller les consciences. C’est un peu caricatural, parce que tous les collèges de ZUS/ZUP ne sont pas comme ça, ni tous les élèves non plus, mais ça peut permettre de créer une sorte d’électrochoc salutaire.

    La journée de la jupe n’a trouvé aucun financement des producteurs cinématographiques, et seules 50 salles dans toute la France ont accepté de diffuser le film. Pourquoi ? En partie parce que la leçon qu’il contient, c’est que ce n’est pas en clivant les choses, en attendant que ça éclate, qu’on fait avancer les choses, mais en faisant oeuvre de pédagogie au sujet des principes de notre République, en les apprenant, plus qu’en les imposant.

    A sa façon, et avec sans doute moins de puissance du scénario, moins de beauté technique, un film infiniment plus proche de « Welcome » que de « Entre les murs »

  4. @merci beaucoup pour cet Bruno pour cet éclairage

    effectivement je n’ai pas persisté pour voir le film car le peu que j’ai vu m’a hérissée-peut-être que si j’avais vu le début je n’aurais pas régi aussi vivement;

    ce que tu en dis modifie la donne;

    quand j’étais enfant, c’était les pantalons qui n’étaient pas toujours autorisé, pour la pudeur!

    alors imaginer qu’à nouveau les femmes puissent être contraintes d’obéir à des diktats de cet ordre pour s’habiller est odieux.

    je vais changer le titre 🙂

  5. Hélas ma Céleste, je crains que cet aspect du film ne soit ni rare, ni invraisemblable…dans ma ville, je connais au moins deux collèges du centre-ville où les filles (les profs je ne sais pas, mais ça ne m’étonnerait pas) ne se mettent pas en jupe, ou très rarement, parce que ça fait « pute »… le paradoxe, c’est que le jean slim et le top moulant, ça va, mais la jupe courte et un peu volante, ben non. Et oui les filles ados ont régulierement à répondre à ce genre d’attaques verbales si elles décident de passer outre.
    Et je ne parle pas de se mettre en mono-kini l’été sur la plage, même le bikini commence à se faire rare. La mode balnéaire tend vers le short d’homme par-dessus le deux-pièces de femme. Des exemples au quotidien j’en ai à la pelle, et si j’ai du mal avec le voile c’est bien à cause de ça. Je revendique de ne pas avoir à m’occuper du regard des autres lorsque je choisis de m’habiller mais c’est plus facile à assumer à 45 ans qu’à 15…

  6. Salut,
    « c’est plus facile à assumer à 45 ans qu’à 15 »: tout à fait, Sardine!
    De même que les conventions ont la vie dure – pour tout le monde. Essayez donc, en tant que femme, de sortir dans la rue avec un chapeau en dehors des cérémonies de mariage. Pourtant, il fut un temps où la norme, c’était d’en mettre un.
    La question semble simple, mais le phénomène est beaucoup plus complexe.
    On ne compte plus les « mais tu ne vas pas sortir comme ça! ». Et ce ne sont pas les hommes seulement qui le disent.
    C’est la société toute entière qui surveille le reste du monde et impose le modèle à suivre.
    Comme le dit Céleste, à une époque, les élèves filles n’avaient pas le droit de se mettre en pantalon. Seule dérogation: s’il neigeait; mais où j’habitais, c’était une occurrence décennale. Et pourtant, le mistral, quand on est en jupe, c’est pas l’idéal 😉 . Les Marseillais-es apprécieront.
    Pour ce qui est des filles, j’ai constaté que, cette année, les jupettes très courtes (avec des leggings) étaient redevenues à la mode.
    Quant aux uniformes, les hommes cherchent depuis longtemps à les imposer à l’école (il n’y a qu’à voir le ministre de l’éduc nat et les autres obscurantistes), comme ils cherchent à imposer la non-mixité, toujours en disant que les garçons « travaillent mieux quand il n’y a pas de filles alentour » (vous savez, ces tentatrices perverses qui ne font rien qu’à essayer de détourner leur attention pour leur passer devant, à ces pauvres petits êtres faibles).
    En GB, sous prétexte d »égalitarisme », les lycéens et collégiens, que ce soit à l’école privée ou publique, sont contraints d’en porter toute leur scolarité, même en voyage scolaire.
    Quant aux profs femmes, elles n’ont pas le droit de se mettre en pantalon (dans les mêmes circonstances).
    Voilà. Je pourrais en écrire des pages, mais ce ne serait que de l’observation personnelle dans un milieu spécifique relativement restreint.
    Bonne journée à toustes.
    Et … gare au Mistral!
    Il soulève les jupes et emporte les chapeaux.

  7. Le film est dérangeant, c’est vrai, mais non plus à cause de la solution proposée que du constat… En fait, c’est un plaidoyer pour le retour de l’autorité, mais, et c’est là qu’on doit s’interroger : jusqu’à quel point ? Et est-ce que l’autoritarisme est la seule solution à un problème qui me semble beaucoup plus vaste ?

    Mais là où je me félicite de l’existence d’un tel film, c’est qu’il permet le débat.

    Honnêtement, je ne sais pas si des proviseurs osent aller jusqu’à « interdire » à des professeures de porter une jupe, mais, ce que je sais, c’est que le port d’une jupe, « c’est mal vu ». Et c’est dangereux. Il est déjà arrivé que des filles, voire des professeures, se fassent agresser, et que l’on trouve cet élément vestimentaire comme justificatif « elle l’a bien cherché, elle n’avait pas à porter de tenues aussi suggestives », ou « elle nous a allumé, avec sa jupe ».

    Et c’est Eric Raoult, comme toujours, qui en donne la preuve. Ainsi, il avait déclaré, en 2006 : « Les viols et les tournantes ne se passent pas par moins 30° mais surtout quand il fait chaud, et quand un certain nombre de petites jeunes filles ont pu laisser croire des choses ».

    Il avait même demandé, dans une proposition de loi, la restauration de l’uniforme à l’école, justifiant « les insultes et menaces dont sont parfois victimes certaines jeunes filles lorsqu’elles sont vêtues de manière provocante ».

    Et je confirme qu’autrefois, sortir sans chapeau, en effet, ça faisait « pute » aussi. Sauf qu’on disait « folieuse », ou « gourgandine »…

  8. @Bonjour sardine 🙂 bonjour emcee 🙂

    Pour les filles, je savais ces difficultés à mettre des jupes qui attirent les moqueries et les insultes des garçons , le fameux « ça fait pute » mais je ne pensais pas que les profs cédaient elles aussi à la pression.

    c’est désolant pour les jeunes filles, mais comme le dit emcee, elles mettent les jupettes avec leggins, et puis elles sont dans une période de choix, d’hésitation.

    Quand j’étais gamine nous voulions mettre des pantalons à cause des garçons qui soulevaient les jupes et souvent tripotaient aussi les culottes, ils étaient brutaux, lourds, boutonneux, détestables…je ne sais pas comment j’ai fait pour aimer les hommes après ça!
    et mon collège n’était pas un « collège à risque » dans une « zone sensible », le bas berry dans les années en 70, c’était plutôt paisible 🙂
    Coincer les filles derrière les préfabriqués était le jeu favori des garçons (en bande, seuls ils n’osaient pas) et nous les filles ne disions rien aux adultes car ceux-ci nous auraient répondu: « c’est de ta faute tu n’as qu’à pas les provoquer » et que de toute façon, nous avions honte!

    honte d’être les victimes de ces crétins sauvages!

    les adolescents mâles ont souvent tendance à se conduire comme des abrutis obsédés sexuels, pleins d’hormones et d’énergie!

    ce n’est pas nouveau!

    mais en ce qui concerne les profs, je trouve ça hallucinant.

    renoncer à mettre une jupe, ou à n’importe quel autre vêtement, y compris bien sûr le bikini, c’est comme reconnaitre que celui-ci pourrait choquer les âmes sensibles…pas sensibles, pudibondes et emplies de haine pour les femmes
    c’est presque s’avouer coupable d’avoir pris le risque d’exciter le mâle en rut!

    « Quant aux uniformes, les hommes cherchent depuis longtemps à les imposer à l’école (il n’y a qu’à voir le ministre de l’éduc nat et les autres obscurantistes), comme ils cherchent à imposer la non-mixité, toujours en disant que les garçons “travaillent mieux quand il n’y a pas de filles alentour” (vous savez, ces tentatrices perverses qui ne font rien qu’à essayer de détourner leur attention pour leur passer devant, à ces pauvres petits êtres faibles). »

    C’est exactement ça!

    Donc au lieu d’éduquer, ce qui est quand même possible car les adolescents sont aussi bien autre chose que des obsédés sexuels souleveurs de jupons, on cède, on courbe l’échine, on se met en pantalon et quand ça ne marche pas, on sévit!

    mamma mia quelle tristesse!

  9. @bruno

    « Il est déjà arrivé que des filles, voire des professeures, se fassent agresser, et que l’on trouve cet élément vestimentaire comme justificatif “elle l’a bien cherché, elle n’avait pas à porter de tenues aussi suggestives”, ou “elle nous a allumé, avec sa jupe”. »

    Affligeant!
    ce genre de justificatif ne doit même pas être écouté.

    Mais j’insiste, il ne faut pas céder, il ne faut rien céder.

    Céder c’est reconnaitre qu’on avait tort!

    Je fais le parallèle avec ma jeunesse car les garçons étaient violents, les viols nombreux, y compris en famille. Et puis, grâce à l’école, à la mixité, grâce au changement de mentalité dû aux effets ô combien bénéfiques du féminisme la sauvagerie s’est atténuée, a disparu.

    D’assister à ce retour en arrière est affligeant, surtout si nous ne défendons pas nos positions.

  10. Ah… l’angleterre, tiens parlons-en de l’angleterre, terre de contrastes modernes s’il en est.
    Dans la meme rue ou le jour tu croises des femmes en burqua totale avec justes les yeux qui depassent et qui marchent deux metres derriere le mari, quelques heures plus tard sont envahies de bandes gloussantes alcoolisees, low-temperatures proof, montees sur des echasses que meme un berger basque se peterait la figure…
    Alors forcement, l’uniforme scolaire peut-etre vu comme une regretion autoritaire, mais il est peut-etre aussi le seul moyen de faire cohabiter les deux extremes dans un meme lieu?

  11. ben je ne suis pas prof, mais c’est vrai que les filles en jupe sont traitées de salope, dans les collèges et lycées français et ce n’est pas nouveau. Déjà avant, les garçons regardaient sous les jupes, et on a vite passé au pantalon. Ce n’est pas forcément dit « ne mettez pas de jupe », mais si les filles en mettent, elles ne sont pas tranquilles, c’est du harcèlement et ça se retourne contre elles. Et les profs ne sont pas respectées en tant que femmes (et en tant que prof). C’est vrai qu’une fille qui mettait une jupe était déjà ‘cataloguée’ à mon époque (années 80), surtout si elle ne mettait pas de collants, c’était le début de tout ce merdier où on se trouve aujourd’hui, avec un énorme communautarisme, les juifs ont leurs écoles, les musulmans pas encore mais il y a une grande violence, les français gardent quelques petits commerçants mais se barrent de plus en plus … les jeunes baignent dans cette sous-culture faite de porno, jeux video ultra violents, stigmatisation de la culture (quelque soit la culture d’ailleurs, que ce soit l’art du Maghreb ou de l’occident). Moi aussi je suis très peinée parce que les violences se multiplient, même dans la journée maintenant. Ma mère me dit maintenant que même les groupes de filles elle les craint, parce que les filles sont obligées de se comporter comme le font certains garçons, insultes, harcèlement, elles gueulent entre elles, etc.

    Cela devient des terrains de gangs, bien entendu dans des rues avec commerces ça va, mais dans toutes les rues de banlieues où il n’y a ‘rien’ (c’est à dire de très larges zones) ben les filles en jupe c’est pas possible, il ne suffit pas d’être à l’école, il faut y aller et en revenir, attendre le bus, traverser telle rue, affronter les cages d’escalier.

    Moi aussi ça me fait mal au coeur que ça soit devenu comme ça, mais les municipalités ont trop laissé faire et n’ont jamais mis le droit où il le fallait : la justice quoi. Les femmes ils s’en sont foutus pourtant notre situation était un bon indicateur de la qualité de vie dans ces quartiers. Moi j’en suis partie il y a longtemps et je n’y reviens que le moins possible.
    La mode dit bien les choses aussi : pas mal de filles mettent des jupes ou des robes courtes mais sur des pantalons.

  12. @bonjour Paolo

    moi, les sociétés multiculturelles, multiéthnique, j’aime!
    j’aime les sociétés où chacune et chacun est libre de s’exprimer, de se vêtir, de se déplacer et de croire, ou non, à sa guise!

    je suis pour une société libre où la sexualité serait simple et délivrée de toutes ces interdictions…

    love and peace pour tous!

    force est de constater qu’on n’en prend pas le chemin 🙁

    un texte intéressant:
    http://ambitionpassion.canalblog.com/

    et l’uniforme à l’école…je ne suis pas vraiment contre;

    je suis lasse de constater à quel point mes élèves de lycée sont obsédés par leur habillement, cette course aux vêtements de marque est affligeante.
    J’ai des élèves, de familles modestes, qui font dépenser à leurs parents un fric fou pour les fringues…pour être comme les autres.

    l’uniforme en fait, il existe déjà, surtout pour les garçons: pantalon dégoulinants découvrant le modelé des fesses, tenant en équilibre sur la partie descendante du postérieur, la boucle de la ceinture reposant pile poil sur le zizi;

    il existe déjà et il est moche et cher!

    alors un uniforme choisi par les élèves, qui leur plaise, pourquoi pas?

  13. Pourquoi donc toujours des normes imposées par les diktats des uns et des autres?
    Pourquoi faudrait-il être tous pareils quand on est, en fait, tous différents? Pourquoi ne pas valoriser, justement les différences?
    L’uniforme est non seulement un carcan, mais, contrairement aux idées reçues, il ne gomme pas les classes sociales, mais les accentue.
    Un uniforme, c’est très cher et les familles modestes n’ont pas les moyens d’en acheter un chaque année. L’uniforme de leurs enfants est donc largement défraîchi et se passe d’un enfant à l’autre. Sans parler des uniformes dans lesquels ces enfants grandissent jusqu’à usure définitive.
    Imposer un uniforme, c’est imposer un vêtement autre que ceux qui seront portés en dehors de l’école et que la famille doit tout de même acheter.

  14. « Mais j’insiste, il ne faut pas céder, il ne faut rien céder. »

    ;o) alors là pour avoir vécu là dedans, là faut garder les pieds sur terre Céleste (ou changer le monde, on essaie ;o) et encore moi c’était il y a + de 20 ans et le climat s’est énormément dégradé ! ma 1re agression (sexuelle) de rue j’avais 11 ans, en plein après midi, je revenais du collège, et c’est un garçon à peine + vieux qui m’a agressée. et je ne raconterai pas la suite de ma vie :o( …

  15. Mais qu’est-ce que c’est que tout ce délire sur « c’est plus comme avant », « les filles sont traitées de putes qaund elles mettent une jupe » et tutti quanti?
    Arrêtez de regarder la jeunesse comme des monstres!
    On se donne le grand frisson à peu de frais, là.

  16. @emcee

    tiens on n’est pas d’accord sur l’uniforme!

    C’est vrai que moi je me réfère plus à l’uniforme porté en Inde, où justement, il sert à cacher les inégalités, où il ne coûte pas cher et où il est très bien accepté (il ne viendrait à l’idée de personne ou presque de demander son abolition, au contraire, quand on a un uniforme, c’est qu’on va à l’école, on en est fier).

    Et en fait, si je regarde mes élèves, surtout ceux du lycée hôtelier, ils sont tous habillés pareil!

    par contre ils sont ravis, surtout ceux qui viennent des familles modestes, ou les étrangers (qui sont d’ailleurs souvent les mêmes) de mettre les uniformes quand ils sont en cuisine où en cours de « salle ».

    alors pourquoi pas penser à un uniforme choisi par les élèves, un truc qui leur plaise.

  17. @emelire

    non, j’insiste il ne faut rien céder!

    tu as connu la violence urbaine il y a 20 ans, moi j’ai connu la violence rurale il y a 40 ans et elle était terrible envers les femmes. Les viols, on n’en parlait même pas, pire, on disait  » bof, si elle en cloque, c’est qu’elle l’a bien cherché! »

    les grossesses, qui souvent étaient le résultat de viols incestueux étaient cachées et on filait le nouveau né à bouffer aux cochons.

    pas tout le monde bien sûr!

    mais c’était fréquent.
    maintenant cette violence, grâce à l’éducation, à la justice dans les campagnes est devenue marginale, les femmes sont respectées!

    aujourd’hui, comme le souligne Emcee, on focalise sur le pire, on ne parle que de ça, on stigmatise, on condamne, on réprime

    c’était l’objet de mon précédent billet.

    effectivement cette tendance à regarder nos enfants comme des monstres, et particulièrement ceux qui viennent de familles immigrées ou et pauvres est nuisible.

    car on n’éduque pas les monstres: on les enferme, on les combat.
    conclusion: la répression!

    or moi je crois à l’éducation, je crois à la solidarité, je crois au partage, je crois à la défense de nos droits!

    une société qui a peur de ses propres enfants est une société qui n’a pas de futur!

    @Yelrah

    merci pour le lien, j’avais déjà lu ce texte et il est édifiant!

  18. Je suis d’accord avec toi celeste, concernant les societes multi-ethniques, mais je dirais qu’elles deviennent interessantes quand un brassage est pratique, le problemes ajourd’hui en europe est le morcelage de la societe, chacun se regroupe selon sa religion, culture… craint et meconait l’autre, recherche le moins de contacts possibles, demande son ecole, a ses magasins, ses quartiers… l’autre jour j’ai vu sur france24 une ecole (privee bien entendue) aux USA pour homosexuels oO, quelle horreur…

  19. @paolo

    ce morcelage de la société est voulu et entretenu par celleux qui crient au loup.

    on va vers une société de tribus, chacune sur son territoire, même au sein d’une même ville.

    @Bruno, tout là haut avait une analyse intéressante d’une film, d’autres l’ont récupéré pour étayer leurs thèses:
    http://www.ripostelaique.com/Une-jupe-en-forme-de-bombe.html

    le laïcisme à outrance ?

    moi je ne l’ai pas vu, je n’ai donc réagi que sur le jupe!

  20. J’ai vaguement regardé ce film … je devais attendre Tracks. J’ai même pas reconnu Adjani…faut dire que je m’en fous pas mal. Je n’ai vu et entendu qu’une suite de clichés bien lourdingues. Ça fera des entrées…le cinéma m’emmerde en général. Au plus fort de son implication ou de son engagement le pékin lambda peut dire « j’ai vu l’film »Ben ce film produira la même « P’tain t’as vu le bordel dans les lycées!!!Biloute! » Alors on va dire que c’est juste un fait divers hein!Et puis on peut aussi parler du flingue hein! Ben non…l’objet tombe et voilà.Et je trouve ça un peu plus « irresponsable? » de glisser l’idée à moitié admise que les armes se baladent comme ça…
    Et puis fabriquer des armes ou des films pornos faut bien bosser hein!
    Enfin comme dab je cause mais j’ai pas vraiment regardé 🙂
    Pour ce qui est des agressions sexuelles. J’ai fréquenté (très jeune) un bahut de curés (OAA) ou nous étions 700 garçons parqués . Ben on était bien capable de s’agresser entre mecs. Bien entendu les plus grands envers les plus petits.
    Moi je parle juste de misère sexuelle éternelle semble-t-il.
    Merci qui ?

  21. @Dom

    bravo!

    « Bien entendu les plus grands envers les plus petits. »

    Et les plus forts contre les plus faibles, ça marche comme ça, mal, ça marche très mal!

    et maintenant on va revenir nous pomper l’air avec la morale alors que la justice et le respect des lois suffirait!

    morale et répression pour les pauvres, bombance et joyeuse vie pour les riches.

    Paris Hilton, par exemple (c’est le premier nom qui me vient à l’esprit), n’a pas de problème de jupe!

  22. Je reviens … J’ai plein de trucs à dire.
    Pour l’uniforme, c’est vrai, c’est rare, mais je ne suis pas d’accord avec toi, Céleste.
    Je suis contre tout ce qui est décidé par les institutions pour le « bien » des autres. Le choix? Il n’existe pas. Ce sont des vieilles barbes qui décident de la couleur de l’uniforme et en GB, il n’y a pas grand choix: blazers et jupes pour les filles, pantalon pour les gars, bleus, noirs, verdâtres, « rougeasses ». Et l’uniforme, t’en prends au moins pour 15 ans. Comme à l’armée, voire bien plus.
    Quant à dire que les filles en Inde sont fières de porter un uniforme parce qu’elles vont à l’école, quid de celles qui sont exclues de ce beau rêve?
    Oui, c’est vrai, les jeunes actuellement portent un uniforme, et il ne nous plaît pas. Mais il ne leur plaira pas non plus quand ils reverront leurs photos dix ans – et plus – plus tard, comme nous nous trouvons ridicules sur les photos d’ados d’antan (coiffures, vêtements, etc.).
    Pour ce qui est du lien que donne Yelrah, j’ai connu ça. Les filles qui sortent de chez elles habillées conformément aux souhaits de leur famille et qui transportent tout un barda pour se changer avant d’entrer au lycée. Ce n’est même pas de la triche, c’est souvent pour ne pas heurter leurs parents, pour ne pas entrer inutilement en conflit ouvert. Qui n’a pas connu cela au cours de son adolescence?
    J’ai lu également le texte de Riposte laïque. Quel dégueulis de clichés!
    La faute est carrément rejetée sur les jeunes garçons des banlieues. Pas de remise en cause du système, de l’indécence à mettre un prof (femme, probablement inexpérimentée, et sans doute pas issue de ces milieux) tout-e seul-e devant une classe rassemblant une trentaine (vingtaine?) de gamins qu’on a sous-éduqués, stigmatisés et ignorés et finalement dont on se sert de la brutalité pour justifier de mesures toujours plus répressives.
    Et en conclusion, je voudrais dire que ces ados, ce sont nos créatures. Nos propres enfants, ou ceux des autres, amis, famille, voisins, élèves … Et que nous avons peut-être tous manqué de vigilance.

  23. Je voudrais faire quelques mises au point :

    1) Non, ce n’est pas une « suite de clichés » que de dire que la vie des enseignants, dans les ZEP, ce n’est pas facile, et qu’il y a beaucoup de violence. Là dessus, le film est à la limite de révétir un caractère documentaire ;

    2) Non, le film n’accrédite pas le fait que « les armes, ça circule comme ça ». Au contraire. Ce qui provoque l’épouvante de la professeure, c’est qu’un arme a feu est rentrée, que c’est la première fois, que ça change la donne, que là, spécifiquement, est le point de rupture.

    3) Mais, oui, les armes, ça circule. Dans toutes les écoles, et depuis fort longtemps. Cutter, canifs, couteaux divers et variés, l’école n’est pas, ou n’est plus, un sanctuaire, et depuis longtemps. Il n’est pas question, je crois, de vouloir imposer une sorte de « retour au bon vieux temps », juste de permettre de rétablir l’école dans son rôle.

    3) Le film est diffusé dans 50 salles. Alors le couplet sur le « film commercial » que tout le monde ira voir parce que c’est la mode, on peut peut-être l’éviter. Ce n’est pas parce qu’on n’aime pas le cinéma que les autres n’ont pas le droit d’aimer.

    4) @ Céleste : je n’aime pas « Riposte Laïque », qui est une organisation assez « particulière ». Je n’aime pas non plus l’instrumentalisation qui est faite de ce film par ces gens, qui d’ailleurs n’ont rien compris, et ne trouvent à dire que « ce sont les meilleurs qui partent en premier ». Le combat, dans ce film, ce n’est pas « la laïcité contre l’islam », contrairement à ce qui est dit, c’est un combat pour TOUTES les valeurs de l’école républicaine : égalité entre les sexes, respect mutuel et envers les enseignants, laïcité, envie d’apprendre, diversité des méthodes pédagogiques, etc.

  24. Et puis flûte : si on n’a pas le droit de dire qu’un enfant a aussi, sinon avant tout besoin de normes, de limites et d’autorité, pour avancer, eh bien, je le dis, on est mal fichus.

  25. Bonjour Céleste,
    Et bien je l’ai regardé en entier, La journée de la jupe. Et ce film m’a dérangée, ce qui est une certaine réussite en soi, me semble-t-il.

    J’ai comme beaucoup, sans l’avoir constaté moi-même, connaissance des difficultés que semblent rencontrer désormais les jeunes filles des « banlieues », et peut-être pas que, à s’habiller de manière féminine. Et je peux concevoir qu’à force de se faire « traiter », on lâche l’affaire, pour toutes sortes de raisons, dont certaines bonnes et d’autres moins. Pour autant, j’ai la haine du « qu’en dira-t-on », du ragot, de la mauvaise réputation, de la case, du tiroir, de l’étiquette.

    J’ai d’ailleurs à ce propos un peu la même analyse que vous en ce qui concerne l’uniforme, pour l’avoir expérimenté, à titre personnel et par enfants interposés ; il est, à mon sens, un bon moyen d’éviter certaines mascarades des plus coûteuses pour les parents (contrairement à ce que pense une commentatrice, un uniforme revient moins cher que bien des « fringues de marques » exigées par les enfants, et ce désormais dès leur jeune âge).

    Pour en revenir au film, il me semble avoir compris que si la prof en question est à la fois aussi en colère qu’effondrée par l’attitude de ses élèves, c’est qu’elle sait, elle, ce qu’elle a dû affronter pour en arriver où elle est ; contrairement à ce que prétend le proviseur, ce n’est pas par pure provoc’ qu’elle porte une jupe, c’est (mais on ne le saura que vers la fin du film) parce qu’elle est elle-même issue d’une communauté légèrement en délicatesse (euphémisme) avec la vêture féminine. Ou avec les mariages mixtes. La scène où son mari, Français « de souche » (!) se rue dans le collège, rendu furieux pas les commentaires déplacés des collègues et du proviseur, est d’ailleurs révélatrice de l’intensité de l’engagement de cette femme, prête à tout pour défendre ce en quoi elle a cru et mis toute son énergie.

    Ce qui m’a dérangé dans ce film, c’est l’ambiguïté distillée et entretenue : ah ces jeunes sont infects, et dangereux en plus… et même les filles, hein, rhooo comment ils se causent même entre eux… mais ah mais non mais qu’est-ce qu’elle fait la prof, là, elle déraille, pauvres gamins humiliés par une foldingue sadique… d’ailleurs tout le monde le sait qu’elle est folle, même les autres profs et le proviseur, alors… ah mais dis donc les deux zozos, là, c’est pas des enfants de choeur, ah mais c’est des voleurs ces gars, ah mais là ça va pas du tout, et pis des dealers, et pis des violeurs même, ohlàlà tout part en vrille…

    Dérangée (dé-rangée ?), je suis.

  26. Ce qui me dérange c’est que toute la journée les medias font la une de l’info sur le dos des mêmes et ça depuis des années.
    Et quand on fixe la camera sur « un groupe  » déjà bien maltraité j’ai des doutes sur la porté du message.
    Et au fait ils ne sont que 5 dans cette classe? C’était plus facile pour le scénario…

  27. malgré tout cela a toujours existé… les filles en jupe lorsque j’étais enfant puis ado attiraient les mains des garçons, et on en entendait des vertes et des pas mûres, MAIS on résistait, on gardait nos jupes, on répondait ou pas, on s’imposait finalement plus qu’aujourd’hui, on désobéissait.
    aujourdh’ui on fait le jeu de la peur, on obtempère.
    ma fille lorsqu’elle était ado, dan s la rue s’est fait traiter de salope parce qu’elle portait une jupe courte, elle n’en a plus jamais mis après cela. J’étais désolée qu’elle y renonce. Lui ai expliqué qu’elle avait la liberté de porter ses jupes.
    bien sûr il y a des cas extremes, où les filles font les frais parfois au prix de leur vie, des injonctions des ma^les de la famille ou dela communauté ignorées.
    c’est aussi une réalité dans les zones difficiles, ce que rapporte Didier lamothe.
    mais dans laplupart des cas ce n’est même pas rationnel car effectivement les jeans moulants, les ventres à l’air ou les strings qui dépassent sont mille fois plus indécents que les jupes.
    finalement ce qui est stigmatisé avec la jupe, sous la jupe, c’est le sexe féminin qui n’est pas ‘muselé’ par un pantalon. Ce qui est donc attaqué c’est simplement la féminité, la femme, la fille.
    et sans résistance, on ne vaincra jamais, avec la peur au ventre.

    (quant à l’uniforme, les jeunes, s’ils s’en fabriquent, c’est par choix et… c’est leur choix, ce qui est très différent d’un uniforme imposé par une institution)

  28. Eh bien voilà un vrai débat qui anime les foules !

    J’ai vu le film et je n’ai pas aimé.
    Les acteurs sont très crédibles, mais je trouve ce film décousu et je pense, comme Dom, que c’est une suite de clichés archi rebattus !
    La cause qu’il défend n’en est pas moins réelle, c’est le traitement qui me déçoit.

    Le tout me laisse un arrière goût de racisme… oui je trouve ce film limite raciste.

  29. « les mêmes », le complot des « médias », « on fixe la caméra sur un groupe », ça fait un peu paranoïaque quand même.

    Je voudrais savoir ce que certains qualifient de « clichés » dans ce film… La violence ? Les rapports garçons-filles ? La passivité de l’institution ? Ce sont des clichés ? Vous le croyez vraiment ?

    C’est un film, c’est du cinéma. Et vous lui reprocher de ne pas être un documentaire idéalisant. Mais ce n’est pas le rôle d’un film. Il y a un parti pris, et c’est normal, ce n’est pas du journalisme, mais bel et bien une scénarii…

    Quant au racisme que contiendrait ce film, je le réfute, bien entendu. Il n’est nullement question, dans ce film, de dire qu’il y aurait des « races », et encore moins, donc, d’en faire une hiérarchie. Il y est, et encore c’est pour dénoncer les faux semblants, question d’intégrisme religieux, oui ! Mais ce n’est pas du racisme.

  30. @Bruno L : Chez moi on dit  » Faire l’âne pour avoir du son » 🙂
    J’ai laissé tomber l’histoire des « cutters,canifs,couteaux divers et variés » qui sont, et tu le sais très bien, des « armes par destination » tout comme peut l’être le cric de ma voiture…
    Et je peux aussi trouver le choix des acteurs donc la représentativité d’une classe et d’un bahut …un peu douteux.
    Je peux la faire en plus grossier si tu veux?
    « Alors les rebeus viennent avec des flingues au bahut? »
    Tout comme les premiers à détourner les vannes de Coluche étaient des gros cons de raciste.
    C’est pour cela que j’aurais aimé une classe complète…mais tu as raison ce n’est qu’un film.
    Alors…

  31. Je n’ai pas lu tous les commentaires. Aussi je peux dire des choses déjà énoncées :
    Je crois savoir que le fait de ne pas porter de jupes pour les profs, c’est le plus souvent de l’auto-censure qu’elles se font. ans certains cas, on peut comprendre.
    Céleste, je crois que tu dis plus haut « il ne faut rien céder ». Je suis bien d’accord.
    Seulement voilà. Mon avis c’est qu’on en est là parce qu’on a trop cédé avec le super-argument de la tolérance avec les autres cultures.
    NON, NON et NON Céleste, le voile et la jupe, c’est PAS PAREIL. Mais alors PAS PAREIL DU TOUT.
    (je rappelle ici que je vis depuis des décennies avec une femme musulmane et que je suis athée de culture parait-il catholique et que tout va bien – juste pour éviter l’accusation d’intolérance)

  32. n’ayant pas vu le film, je m’abstiendrai de le commenter 🙂

    parlons donc de l’uniforme à l’école…

    pour répondre à @emcee:
    « Quant à dire que les filles en Inde sont fières de porter un uniforme parce qu’elles vont à l’école, quid de celles qui sont exclues de ce beau rêve? »

    je ne parlais pas seulement des filles, c’est vrai, les exclus de l’école, ce sont les enfants abandonnés ou ceux qui travaillent (pratique encore très répandue dans le nord) disons que ne pas avoir l’uniforme scolaire n’est peut-être pas leur principal souci, même si ta remarque est juste;
    au contraire, beaucoup d’enfants scolarisés de famille très pauvres ont très peu de vêtements, l’uniforme leur permet, tout simplement, d’être vêtus…comme les autres.

    Sinon, en cas d’uniforme, je serais favorable à ce qu’il soit choisi par les élèves.

    Mais bon, ce n’est pas un cheval de bataille pour moi, tout au plus un sujet de réflexion.

    par contre, tout à fait d’accord avec ta conclusion
    « Et en conclusion, je voudrais dire que ces ados, ce sont nos créatures. Nos propres enfants, ou ceux des autres, amis, famille, voisins, élèves … Et que nous avons peut-être tous manqué de vigilance. »

    @bruno

    « Et puis flûte : si on n’a pas le droit de dire qu’un enfant a aussi, sinon avant tout besoin de normes, de limites et d’autorité, pour avancer, eh bien, je le dis, on est mal fichus. »

    bien sûr que les enfants ont besoins de limites, ils ont besoin de lois mais ils ont aussi besoin de comprendre le pourquoi des lois, sinon ils deviennent des rebelles,des délinquants, ou des moutons. (ceci dit rebelle ce n’est pas négatif)
    Quand à l’autorité, si l’on considère que c’est le pouvoir de se faire obéir, elle est basée sur le respect réciproque.

    respecter les élèves, respecter ses enfants, leur parler et les écouter.

    ce qui ne veut en aucun cas dire être laxiste.

    il est infiniment plus long et complexe d’établir une relation de respect et de confiance que d’user de l’autoritarisme, fréquent travers de l’autorité.

    comme Anne, je pense qu’il ne faut rien céder, ne pas avoir peur et relever la tête.

    et pourquoi pas pratiquer un sport de défense histoire de ne pas se laisser marcher sur ses arpions !

    j’ai du boulot, à +

  33. Bruno Lamothe (scuz aux autres 🙂 a dit tout ce que je voulais dire.

    Les filles seraient libres de porter le voile ? Désolé, Céleste, je ne marche pas. Surtout qu’on n’en est plus au simple voile, mais aux tenues intégrales, noires de préférence.

    Ce dont nous avons le plus manqué, je crois, c’est d’avoir accepté les peuples méditerranéens quand ils voulaient s’intégrer. En leur fermant nos usines, nos entreprises et nos night-clubs, nous leur avons ouvert les mosquées fondamentalistes.

    Bel échec. Et qui le paie d’abord : les femmes.

  34. Quant à la lâcheté du proviseur, j’ai une assez bonne expérience de la chose.

    Et pas que moi : voir les affaires de fouilles à corps dans le Gers, voir les collégiens matraqués à Montparnasse, et comment ont réagi les gens censés les protéger.

  35. Ah, « La journée de la jupe », ça fait débat, (résilles…!), il fallait s’y attendre; mais est-ce que c’est « à cause » d’Adjani, (pas mauvaise, quoique presque méconnaissable…!), ou grâce à Adjani et un bon Podalydes à contre emploi en flic du GIGN, et un très bon Berroyer, crédible… Ca…, faut voir!

    Bon, il faut bien l’admettre, le film est bourré de clichés, parfois très caricaturaux, pas mauvais vraiment, mais lourdingue et violemment didactique, mais de la jupe, franchement ,on ne parle que très peu, même si ça fait partie des revendications de Sonia Maréchal, (la prof de lettres, bon encore une fois, le cliché lourdingue…!, mais il y en a tellement!).

    Déjà le titre est mauvais: « La journée de la jupe »… Comme dit une,(elle aussi!), caricaturale ministre de l’Intérieur,(comme MAM!): « Pourquoi pas une journée du string… ou du caleçon…!? », ça c’est involontairement drôle, comme le sont les commandos GIGN ou les parents immigrés 1ère génération d’Adjani, on frôle le ridicule.. et pourtant il y a un tel concert de louanges autour de cette bonne idée,(car c’est une bonne idée..!), qu’on se demande à qui ou à quoi ça va bien pouvoir servir d’alibi, et dans quel but…!?

    Je ne sais pas s’il y a déjà eu des trucs malins sur le voile..?, sur la jupe, des trucs malins, il y en a eu, mais dans un autre régistre, « Le genou de Claire » de Rohmer, « Tootsie » de Pollack, oui, je sais,la jupe ne fait pas le moine, mais quand même, voire Marylin et la bouche de métro dans; « 7 ans de réflexion »…! Bon , je sais Dustin Hofmann n’est pas Marylin, mais il y a la jupe…! J’aime bien la totalité,(ou presque!) de ce qu’ont dit emcee et anne, sur la jupe et ses dessous,(bon c’est des filles aussi…!!).

    Le problème, puisqu’il y a problème, c’est plus ce qu’il y a sous la jupe, (la féminité sans entraves, comme dit anne…), que la jupe elle même…! Le pantalon, que les femmes, selon le code Napoléon de 1805, n’ont toujours pas le droit de porter, puisque l’article n’a encore pas été modifié, sauf pour faire du cheval, je crois, est d’ailleurs récent, dans l’histoire du costume, aux alentours de 1789 et des sans-culotte…!

    Il y a quand même beaucoup de fantasmes autour des kilts des écossais, sans doute y en avait il moins autour des soutanes de curés… Bon allez, j’arrête..! Je sors même…!

  36. Dommage tu as zappé.
    Je l’ai regardé ce film, dense, dur et très bien joué.
    Je n’ai pas été choquée par l’histoire de la jupe ; parce que c’est vrai. Oui c’est vrai, pour les élèves, et les profs. Mais pas dans tous les établissement bien sûr…

    Et comme toi j’ai vécu la lutte pour pouvoir porter un pantalon il y a bien des années !

    Ce film est un bon film, vraiment.

  37. Cher ou pas cher, l’uniforme, c’est un truc d’adulte qui ne veut voir dépasser aucune tête. Une illusion d’ordre. C’est une brimade qu’on inflige aux enfants et une façade pour ne pas chercher plus loin que l’apparence.

    Relever la tête, peut-être, mais c’est bien plus complexe que cela. on peut faire ce qu’on veut, si on a en face un groupe hostile, on n’arrivera à rien. Ce n’est pas un face à face. Et ce groupe, on ne l’a pas choisi. On nous a mis dedans et on nous a dit de leur enseigner ce que l’on savait, avec nos critères, nos « préjugés » et de notre parcours de « bon-ne élève bien sage.
    On est à des lieues de leurs vies, de leurs préoccupations et de leurs attentes. Et ce n’est pas notre boulot de combler ces lacunes là. Le travail en amont n’a pas été fait. On le donne aux instits et aux profs (souvent débutants) et on s’en lave les mains.
    Ce sont des équipes entières qui doivent travailler ensemble. Avec les enfants, mais aussi avec les parents.
    Au lieu de cela, la société ne répond que par la carotte et le bâton, des récompenses (le fameux « mérite ») et des punitions (pour les enfants, leurs parents et tous les profs qui ne s’en « sortent pas » et qui sont alors mis au ban de la « communauté éducative ») si les enfants ne rentrent pas dans le moule.

    Aux US, pour lutter contre la violence, ils ont interdit dans certaines écoles les fringues style banlieue, ils les font passer par des portiques pour contrôler les armes etc. Mais qu’est-ce qui fait qu’ils aient des armes? Qu’est-ce qui fait que leurs valeurs, c’est de s’entretuer?
    Et pourquoi les brimer davantage en les déguisant?

  38. @merci Agnès et Cigale pour vos analyses du film mais comme je ne l’ai pas vu, il m’est impossible d’exprimer une opinion 🙂

    @Claudio
    « Je crois savoir que le fait de ne pas porter de jupes pour les profs, c’est le plus souvent de l’auto-censure qu’elles se font. ans certains cas, on peut comprendre. »

    tu dis auto-censure…moi j’ai du mal avec cette notion d’auto-censure qui consiste à donner raison à qui veut d’une certaine manière, contraindre.
    céder à l’intimidation, c’est quelque chose qui ne me plait pas. Le rôle d’un enseignant n’est pas de céder à des pressions, c’est d’enseigner un savoir dans le cadre d’une institution régie par des règles: l’école.

    et il est vrai que ce n’est pas facile, j’ai beaucoup travaillé dans des ZEP ou dans ces fameuses classes de perfectionnement, avec des ados et des enfants en grandes difficultés intellectuelles, psychologiques, familiales.
    c’est épuisant, parfois ingrat mais lorsqu’on arrive à instaurer un climat de confiance, de respect mutuel, d’affection réciproque on passe aussi des moments magnifiques. Chaque progrès est une victoire.

    la voile et la jupe, non non non dis-tu
    « NON, NON et NON Céleste, le voile et la jupe, c’est PAS PAREIL. Mais alors PAS PAREIL DU TOUT »

    parlons-en, j’y ai beaucoup réfléchi et ma position a changé au fil des années, des rencontres, des lectures

    alors, l’un comme l’autre sont des vêtements féminins et l’un comme l’autre sont objets de fantasmes.

    La jupe, comme le dit très justement Anne:
    « finalement ce qui est stigmatisé avec la jupe, sous la jupe, c’est le sexe féminin qui n’est pas ‘muselé’ par un pantalon. »
    c’est le fantasme du sexe, de la culotte…regarder sous les jupes des filles ce sexe féminin en liberté (ou presque) qui fascine et parfois effraie.

    il est amusant, quoique triste, de constater que la jupe, a longtemps considéré comme bienséante alors que le pantalon était honni.

    le voile, ou le foulard, est lui aussi objet de fantasme, celui de la soumission, celui de la religion.

    enlevons les fantasmes, il reste deux bouts de tissu!

    la soumission emprunte d’autres chemins, elle est souvent invisible.
    l’épouse soumise à son mari peut fort bien être une belle femme élégante, à la mode, croyante ou athée.

    beaucoup de femmes que je connais en Italie sont des femmes soumises à l’autorité patriarcale et à l’autorité religieuse. Pourtant, si on ne les connait pas, on n’y pense pas, on ne l’imagine pas. on s’en aperçoit tout doucement, par des détails ou des confidences.
    Ces femmes sont réellement prisonnières, elles acceptent que leurs maris aient des maitresses et acceptent aussi la colère noire de ceux-ci si elles se laissent aller à les tromper. Elles sont incapables d’imaginer de demander le divorce

    ou de s’opposer réellement aux dictats du tyranneau domestique!

    Soumission invisible, mais réelle.

    Parmi les jeunes filles qui portent le voile je pense qu’il est absurde de généraliser:
    certaines subissent probablement des contraintes familiales, les refuser à l’école signifie ne leur accorder aucune chance d’émancipation par le savoir, aucune chance d’accéder à une profession qui les rendrait indépendantes
    d’autres font un choix personnel et religieux, pourquoi ne pas le respecter ? en quoi posent-elles problème? en tant qu’athée la vue d’un voile ou d’un foulard ne m’évoque rien!
    je mentirais en disant que je comprends ce choix car n’ayant pas la foi je ne peux pas imaginer ce que c’est, mais je l’accepte, je respecte leur liberté de croire, de penser, de se vêtir.

    là encore je reste persuadée que le meilleur rempart contre la religion est l’éducation mais je n’obligerais jamais qui que ce soit à renier sa foi!
    la limite c’est qu’on ne vienne ni essayer de convaincre, ni de l’imposer à la citoyenne et à la personne que je suis.

    de même je ne vais pas aller déclarer mon athéisme au beau milieu d’une messe pour le simple plaisir de l’affirmer!

    j’aimerais tout simplement que les religions disparaissent, tranquillement, délaissées par des individus qui n’en ressentiraient plus le besoin.

    malheureusement en période de crises, de peur, d’insécurité professionnelle et financière, les religions deviennent souvent des refuges, surtout si elles promettent qu’après une vie de labeur, d’humiliation et de misère un paradis enchanté accueillera les âmes pieuses!

    chacun s’accommode comme il peut de sa condition de mortel, je me garderai bien de juger de ce qui rassure autrui.

    enfin, pour en revenir aux jeunes filles qui portent le voile, ce geste peut-être l’affirmation d’une identité qu’elles savent bafouée.
    dans le texte précédent je cite cet extrait:

    « Ainsi, sans passé autre que celui de la France, terre d’accueil, les enfants des immigrés – qu’ils soient « maghrébins », portugais, des pays de l’Afrique subsaharienne ou turcs importe peu – sont assignés à une autochtonie, un « être français », qui les met en apesanteur nationale. Car ils ne voient pas trace de cet « être français » dans leur vie sociale où flotte le risque permanent d’être discriminé socialement sur des bases ethniques et culturelles, moins encore dans leur vie familiale qu’il leur faut transformer, assimiler ou abandonner.»
    Nacira Guenif Souilanas

    qui me semble très clair.

    Et au lieu d’écouter ce que ces jeunes filles ont a dire, au lieu d’essayer de les comprendre pour remédier au malaise, on les exclut de l’école!

    franchement, je ne vois l’intérêt de la manœuvre!

    en conclusion, je suis d’un avis totalement opposé au tien mais c’est bien d’en discuter sereinement 🙂

  39. « j’aimerais tout simplement que les religions disparaissent, tranquillement, délaissées par des individus qui n’en ressentiraient plus le besoin »

    Au moins, là-dessus on est complètement d’accord.

  40. l’uniforme!

    « C’est une brimade qu’on inflige aux enfants et une façade pour ne pas chercher plus loin que l’apparence.  »
    écrit @emcee

    évidemment si demain le ministère de l’éducation nationale décidait d’imposer l’uniforme dans les écoles françaises, ce ne serait même pas une brimade ce serait une torture! (idem aux états unis ou en italie)

    de même, je veux bien croire que ça en soit une pour les élèves anglais ou japonais, c’est à dire pour ceux qui ont des vêtements en abondance, qui ont le choix de se vêtir différemment tous les jours et de se choisir des tenues presque identiques afin respecter les injonctions, rigides, de la mode et permettre à l’industrie du textile d’être florissante. (sans se poser la moindre question éthique sur l’origine des vêtements)

    bon, on est en occident, on le sait.

    Par contre je maintiens, mordicus, pour en avoir parlé avec des enfants et des adolescents indiens ou indonésiens… le port de l’uniforme, non seulement ne leur pose pas problème mais ils le mettent très volontiers!
    ce qui ne gomme évidemment pas toutes les différences, en Inde les différences ne sont pas effaçables si facilement, même vêtu l’enfant dalit restera intouchable aux yeux du fils du brahmane.

    l’uniforme de l’école c’est l’assurance d’être habillé comme les autres et d’avoir des vêtements corrects, montrables.

    mais bon, encore une fois, c’est pour moi un problème mineur et certainement pas la solution au malaise qui règne dans le système scolaire.

    et bien sûr, si un ministre devait l’imposer ce serait une forme de répression!
    La solution bien sûr, elle passe par des équipes pédagogiques bien formées, bien payées, motivées, travaillant dans de bonnes conditions, dans des classes à petits effectifs, avec des laboratoires, des moyens financiers pour s’ouvrir sur le monde, la liberté des choix pédagogiques, des locaux clairs neufs et accueillants, des professeurs de soutien, des animateurs…bref une école de qualité.

    mais une école de qualité pour toustes l’Etat n’en veut pas!

  41. @Claudio 🙂

    et je pense que si on en parlait moins, si il n’y avait pas ce battage continuel à chaque fois, par exemple, que le pape pète ce serait déjà un premier pas dans la bonne direction!

  42. @Salut Fauvette, je viens de découvrir ton com
    merci pour ton opinion

    @salut V.A.

    et bien je vois que ton analyse rejoint celle de dom ou de cigale, décidément ce film n’a pas laissé indifférent!

    « Le genou de Claire » …délicieux films de Rohmer, grâce, légèreté et profondeur…une autre époque…sommes-nous si vieux?

    et puis j’ai eu un petit ami écossais qui portait le kilt (occasionnellement)… franchement, il était plus sexy en jean, le kilt, je n’avais même pas envie de passer la main en dessous 🙂

    @PMB
    opinion très tranchée…on va dire que je vous ai répondu en même temps qu’à Claudio!

  43. @ Dom : non, un couteau, un cutter, un canif, ce sont des armes par nature. Pas par destination. L’arme par nature, c’est un objet non usuel, dont on ne se munit que pour s’armer. Or, à ma connaissance, quand on va au collège avec un couteau, ce n’est sans doute pas pour se faire une tartine de Nutella. C’est bien pour être armé. Que l’on se serve ou pas de l’arme.

    @ Céleste : le but de la professeure incarnée par Isabelle Adjani dans le film, c’est justement, à la fois de rétablir l’autorité, et de forcer les enfants à écouter POURQUOI les normes sont là. On comprend, au fur et à mesure, que le combat qu’elle mène, elle le mène aussi, avant-tout, contre son propre passé. Mais le message reste universel. Non, une fille, ce n’est pas une pute si elle se met en jupe, ou si elle fréquente un garçon. Ca peut peut-être vous paraitre, à tous, un cliché, mais c’est le quotidien dans certains endroits. La fille qui se fait siffler, insulter, parce qu’elle ne porte pas une tenue jugée « décente », voire interdite de sortir de son immeuble. Ca arrive. Oui. L’intolérance, de quelque nature qu’elle soit, doit être combattue dès l’école.

    Il n’est jamais acceptable qu’une fille se fasse insulter parce qu’elle est habillée de telle ou telle façon, qu’un gamin soit l’objet de quolibets à cause de sa couleur de peau (c’est, bien entendu, un cliché, parce que ça n’arrive jamais, le racisme, hein, c’est connu), ou de sa religion (je sais bien qu’on va me dire que jamais, oh grand jamais, le mot « feuj » n’a été prononcé dans un lycée, oh, non, jamais, c’est un cliché !), ou soit mollesté à cause de son orientation sexuelle, réelle ou supposée (ah non, ca, c’est certain, un jeune soupçonné d’être homosexuel ne sera jamais inquiété par qui que ce soit, ohhh, non, cliché encore que cela).

  44. Oui, Céleste, on est bien d’accord sur le port de l’uniforme dans les pays occidentaux. C’est d’ailleurs de cela que je parlais essentiellement.
    Pour ce qui est de l’Inde, je ne m’avance pas tant que cela. Et je comprends que si tous les enfants sont pauvres, eh bien, c’est un soulagement que d’avoir un vêtement spécifique pour aller à l’école.
    Cependant, ces enfants qui ont la possibilité d’aller à l’école sont des « privilégiés » par rapport à ceux qui ne peuvent pas y aller et qui sont obligés de travailler. Et c’est là que l’uniforme montre du doigt les inégalités.
    Ce n’est pas entre les uniformes avachis et les uniformes flambants neufs de bonne coupe (avec les accessoires à l’avenant, le pull en cachemire, la chemise de marque etc.), mais entre ceux qui ont l’uniforme et ceux qui n’en ont pas.

    Quant à l’école, non seulement il lui faut des moyens, mais il faut une politique sociale, une réhabilitation de l’école et une réflexion sur les enseignements qu’on y prodigue, et ça, actuellement, ce n’est pas très tendance. Ce qui va se passer, c’est qu’on va donner la gestion au privé, comme en GB, avec tout ce que cela signifie.

  45. Sur ce coup ils sont en avance ou en retard en Arabie? Parce que ce qui prévaut ici, quand on en vient à parler bienséance, c’est bien évidemment la jupe. Et pas le pantalon, encore moins le slim taille basse. Il va sans dire que la jupe, elle descend jusqu’aux chevilles.

    Je ne sais plus à quel saint me vouer! Elles avaient tout compris les ancêtres: ce sera le seroual. Un truc intermédiaire, bouffant jusqu’aux genoux (et hop, illusion de jupe!) et séparé par la suite (c’est plus pratique pour monter à cheval).

  46. D’évidence un sujet sensible, pour ne pas dire épidermique, qui ne demande qu’à se réembraser au moindre souffle.

    Pas encore vu le film, mais nous avons prévu d’aller le voir au cinéma avec ma femme et ma fille. C’est difficile pour un mec de concevoir le ressenti des femmes confrontées à des difficultés aussi spécifiques, au delà du concept théorique. On a tendance (moi du moins) à relativiser ou au contraire à trop en faire dans l’empathie.

    L’uniforme j’aime pas.

    Mais j’ai vu des gamins vraiment malheureux et rejetés par les autres parce que leurs vêtements ou leurs chaussures ne correspondaient pas au diktat de la mode du moment. J’ai vu des parents qui n’avaient pas les moyens céder et sacrifier d’autres postes de leur budget pour répondre à ces exigences, afin que leur gosse cesse d’être le vilain petit canard.

    Je trouve cela très choquant, et cette surenchère dans la consommation ne correspond pas à mon « way of life » non plus.

    Quand j’étais môme (je suis de la génération de Céleste), nous portions des blouses à la communale, du moins au début. Une blouse c’est simple, pas cher, ça se porte au travail pour protéger ses vêtement et ça n’a pas la connotation d’un uniforme. Le coût pourrait même être pris en charge par le conseil général, comme le sont parfois les double jeux de livres et les casiers scolaires.

    J’entends bien que certain(e)s n’aiment pas la coercition, et le coté « ni dieu ni maître » m’est extrêmement sympathique, mais sans règles une collectivité ne fonctionne pas. S’instaure alors la règle de la violence, selon le bon vieux principe du renard libre dans le poulailler libre.

    Je n’ai pas le temps de développer maintenant (j’ai des dead lines), mais je récuse l’équation « neutralité = exclusion » qui repose à mon sens sur au moins deux sophismes. J’y reviendrai 🙂

  47. La ségrégation ne se fait pas seulement sur l’habillement. Je portais la blouse au lycée, ça n’a pas empêché mes copines de s’apercevoir que je ne faisais pas partie de la même classe sociale. Le langage, une certaine assurance (ou pas) revenir bronzée du ski le lundi matin, parler de ses loisirs, de ses vacances ou se taire…

  48. Tu n’aurais pas dû zapper, car le propos du film n’était pas de stigmatiser le proviseur. Il traite essentiellement de l’attitude des garçons par rapport à la gente féminine. Le film ne fait certes pas dans la dentelle, mais le machisme qui s’abrite derrière la religion y est dénoncé de manière eficace. Je te rappelle quand même qu’il y a eu dans nos banlieues un certain nombre d’agressions épouvantables contre des filles qui ont défrayé la chronique. Les viols, les tournantes ne sont pas une légende.
    Une fille qui met une jupe, c’est une pute. C’est comme ça, c’est cela la réalité de certaines banlieues.
    Il ne faut pas idéaliser ! Si des mouvements comme « ni putes ni soumises » existent, c’est bien parce qu’il y a un problème !
    Non, dans certaines cités, tout le monde il est pas beau et tout le monde il est pas gentil.
    La journée de la jupe n’est pas un très bon film, bien qu’Adjani y soit remarquable, mais c’est un film courageux.

  49. C’est vrai, ils sont tous très vilains dans les banlieues, mais uniquement dans celles-ci…
    Pour les autres ceux de souche, les assassins ont droit à une minute de silence en homage à l’assemblée …

  50. Comme Céleste, j’ai commencé par regarder le film mais j’ai zappé. On aurait dit un film commandité par la place Beauvau (à l’époque où Sarkozy y était) !

  51. Je suis étonné de ta réaction Farid. Le film, bien que surjoué par certain côté, m’a paru assez réaliste par rapport à ce que j’ai vécu, mis à part la présence de l’arme. D’ailleurs nul besoin d’aller dans des banlieues pour voir certains de ces comportements. Ça me semble du déni de réalité de dire « c’est de la propagande sarkozyste ».

    @yelrah: L’article d’Alterinfo est à mourir de rire, surtout ce passage :
    « Nous voilà devant des écoles détruites par 15 ans de néo-libéralisme, avec des profs devenus les équivalents des petits-blancs à l’époque coloniale, et un système qui, tout en les affaiblissant de plus en plus, flatte leur envie de revanche contre leurs propres élèves. »

    Ah là, le néolibéralisme à l’œuvre dans l’ÉducNat, les profs vus comme des néocoloniaux… on a pas du croiser les mêmes profs.

  52. Bon, allez, encore un petit mot sur le sujet: com 43, signé Celeste : « …regarder sous les jupes des filles ce sexe féminin en liberté(ou presque), qui fascine et parfois effraie », on s’est longtemps demandé si Marylin, dans « 7 ans de réflexion » portait ou non une culotte, comme on a aucun doute sur le fait que Sharon Stone n’en portait pas, dans la fameuse scène de l’interrogatoire de « Basic instinct »… juste comme ça…! les fantasmes ont la vie longue…et tant mieux!!… 🙂 , et puis ça, que j’adore, de la même Celeste, pour comparer le voile et la jupe: « enlevons les fantasmes, il reste deux bouts de tissu! », j’aime beaucoup la formulation,…!

    Sauf qu’au delà de la formule, (remarquable, je le répète…), pourquoi la société, les sociétés plutôt, utilisent-elles des bouts de tissu, pour cacher certaines réalités, au delà de la pudeur, et principalement, chez les femmes…!?

    Je me souviens des bikinis, fin 60, début 70 et plus tard de ce qu’on a bêtement appelé les monokinis, et plus tard le « top less », ces morceaux de tissu en moins, (voire le string…), ou en plus, (voire la burka), je fais volontairement dans les extrêmes, que ce soit directement ou indirectement sexuel, c’est quand même 9 fois sur 10, la femme qui en fait les frais, et la question est là, essentiellement là…!

  53. Je ne ferai pas trop de commentaire sur ce film, sinon, j’en aurai encore pour des heures et je vais me faire massacrer..Je dirai juste que pour moi le début et la fin sont les moments les + forts du film..
    La jupe, on en parle à peine…Je ne parlerai que du passage où le père de la prof (Adjani) vient parler à sa fille pour la persuader de se rendre et lui dire qu’elle pourra s’habiller comme elle veut quand elle viendra les voir…Je vois encore le regard des enfants dont un qui lui dit : « pourquoi ne nous avez-vous pas dit que »… »dis quoi ? JE SUIS PROF…Pour moi, la messe est dite dans ces simples mots….La fin m’a fait chialer…Incompréhension totale de part et d’autre….Comme le film d’hier soir sur la 2, qui, heureusement finit bien..Encore une histoire d’un mec algérien, mais qui, lui, veut devenir français jusqu’au bout des ongles et renie son passé….Bizarre tous ces films en ce moment…
    Bon, je ne m’étendrai pas plus..Peut-être en parlerais-je aussi un de ces jours…

    Céleste, j’ai connu aussi comme toi la vie de la campagne…Si je n’ai pas été violée, je peux dire que j’ai eu de la chance…Et, pas par des gamins de 12ans…Un jour, lorsque ma mère ne sera plus de ce monde, je pense que je raconterai….Non, la vie des jeunes filles avant était à mon avis encore plus terrible, car, nous n’avions personne pour nous venir en aide…Nos mères fermaient les yeux volontairement, ça, j’en suis sûr..Les hommes étaient des rustres….On les éduquait tôt à ne pas respecter les femmes…Je comprends pourquoi toutes les filles se sont barrées de la campagne….
    Les filles dans les cités peuvent se saisir du téléphone quand ça devient intolérable pour elles…
    Voilà, je commence à m’étaler..Ce que j’avais dit que je ne ferai pas….Décidément, je suis incorrigible…..

    ps : ah, dernière chose, Isabelle Adjani a drôlement changé, mais pour moi elle est toujours restée la grande actrice que l’on connaît…
    Et pis, ceux qui disent que le cinéma, c’est de la connerie, laissez aux autres le soin de juger…J’ai mis 20 ans à décider mon mari à retourner au cinéma avec moi, grâce au film « les ch’tits »…N’allez pas me détruire tout ça..Depuis ce film, nous y retournons de temps en temps….

  54. @Bruno

    « Non, une fille, ce n’est pas une pute si elle se met en jupe, ou si elle fréquente un garçon. Ça peut peut-être vous paraitre, à tous, un cliché, mais c’est le quotidien dans certains endroits. La fille qui se fait siffler, insulter, parce qu’elle ne porte pas une tenue jugée “décente”, voire interdite de sortir de son immeuble. Ca arrive. Oui. L’intolérance, de quelque nature qu’elle soit, doit être combattue dès l’école. »

    je sais que c’est vrai et je pense à la fois que ces filles doivent être défendues et que ceux qui les insultent, si c’est au sein de l’école, doivent être rappelés à l’ordre. en dehors de l’école, évidemment ce serait aux parents d’intervenir pour soutenir leurs filles ou punir leurs fils.

    mais dans une société où « l’élu suprême », du haut de sa majesté, se permet d’insulter un opposant en le traitant de pauv’con, rien de surprennent si les insultes fusent.

    quelles sont les « valeurs » de ceux qui traitent les filles de putes ?
    dé-culturés, a-culturés, livrés à la publicité, au marché qui dévore, à la course au fric ou à la réussite sociale clinquante…le syndrome Rachida Dati, à peine ministre, déjà en Dior sur la couverture des magazines.

    mais ce jeu est biaisé dès le départ, pour une Rachida Dati, combien d’espoirs déçus?

    on ne peut pas espérer grand chose d’une société où la rollex est une valeur…au fond c’est à cela que ce type de comportement nous renvoie…au vide
    un no future

    @emcee

    « une réhabilitation de l’école et une réflexion sur les enseignements qu’on y prodigue, et ça, actuellement, ce n’est pas très tendance. Ce qui va se passer, c’est qu’on va donner la gestion au privé, comme en GB, avec tout ce que cela signifie. »

    c’est probable!
    d’ailleurs dans le supérieur il y a de plus en plus d’école privée, il y en a une infinité, beaucoup plus qu’avant.
    histoire de bien départager, de ne pas mélanger les serviettes bourges avec les torchons populaires.

    @Salut Malak 🙂

    une autre réalité sur laquelle nous avons peu…

    @Yelrah
    merci pour les liens.
    j’avais déjà lu le texte d’Alain Gresh et je le trouve très juste, l’autre n’est pas inintéressant mais il est quand même caricatural.

    @Ti_cyrano

    « J’ai vu des parents qui n’avaient pas les moyens céder et sacrifier d’autres postes de leur budget pour répondre à ces exigences, afin que leur gosse cesse d’être le vilain petit canard. »

    ça je le vois tous les jours, Bologne est une ville riche et les élèves, surtout les garçons, se livrent à une course aux vêtements de marque impressionnante.
    une mère d’élève, de famille plutôt modeste m’a raconté que son fils de 16 ans était sans arrêt raillé pour ses vêtements, à tel point qu’elle lui a acheté Le jean qu’il fallait avoir et qui coûtait 180 euros.

    « Je trouve cela très choquant, et cette surenchère dans la consommation ne correspond pas à mon “way of life” non plus. »

    ah oui, moi aussi, ça me choque profondément!

    et finalement ça rejoins ce que j’écrivais plus haut: qu’est-ce sont les valeurs que la société (en France comme en Italie), transmet à ses enfants?

  55. @ yelrah # 51

    J’avais commenté cet article d’Alain Gresh, petit copier-coller:

    « Assez de l’avis de Bader, l’article est construit de façon étrange. Autant la première partie est très pertinente et souligne les glissements de sens et de représentations dans le langage des violences faites aux femmes, autant la seconde évoquant le cas de cette vieille femme condamnée pour khilwa (isolement d’un homme et d’une femme n’ayant pas de lien de parenté direct) n’y a pas sa place à mon avis. N’est évoqué que la sanction de la femme, mais l’homme a été condamné également. Il ne s’agit pas tant d’une discrimination faite aux femmes, que d’une violence aux deux genres. La khilwa est interdite en Islam, et de fait dans tous les pays musulmans, et les deux acteurs sont punis quand le délit est avéré. Or pour avérer ce genre de délit, avec tout ce que la loi musulmane impose de témoins visuels, il faut se lever tôt ! D’où le côté guet-apens de la police religieuse saoudienne, où ils se planquent à 10 pour constater le flagrant-délit.

    Enfin, ce n’est pas parce que cette vieille femme a été condamnée, dans une sorte de coup d’éclat d’une instance en perte de vitesse et de légitimité, que la peine sera exécutée. Inshallah. »

  56. @Polluxe

    oui, à ce point là, il faudrait vraiment que je voie le film, mais pour ça il faudrait qu’il arrive en Italie… et quand il arrivera, si il arrive, cette discussion sera close 🙂

    @Jardin
    tuas raison sur la ségrégation, au fond c’est exactement ce que racontais plus haut en parlant des enfants indiens: le fils du brahmane, même pauvre ne fréquentera pas le fils de l’intouchable, même riche.

    conclusion l’Inde n’a pas l’apanage des castes!

    chez nous elles existent aussi mais de façon différente: la lutte des classes n’est pas morte même si le terme est passé de mode.

    @Annie
    « Il ne faut pas idéaliser ! Si des mouvements comme “ni putes ni soumises” existent, c’est bien parce qu’il y a un problème ! »

    Je n’idéalise pas, j’essaie de comprendre et surtout de ne pas condamner d’office.
    « Ni putes ni soumises », né pour défendre le filles a surtout servi de tremplin à Fadela Amara qui s’est précipitée, ventre à terre et en continuant de bêler qu’elle est « cash » « de gauche » dans le gouvernement de Sarkozy pour ne rien y faire de concret à part débiter trois lieux communs de temps en temps.

    De plus j’ai plusieurs études sur « ni putes ni soumises » et le bilan est loin d’être positif.

    « Non, dans certaines cités, tout le monde il est pas beau et tout le monde il est pas gentil. »

    comme ailleurs, dans les rangs de l’UMP non plus, merci @Yelrah de le rappeler.

    ne crois pas que je fasse de l’angélisme, j’essaie simplement d’éviter les caricatures par contre ramener le débat, comme tu le fais, au niveau tout le monde « il est beau tout le monde il est gentil  » est très réducteur!
    Dommage!

  57. @Farid

    ravie de lire que tu as eu la même réaction que moi 🙂

    @bob
    merci pour la critique du film et de l’article, effectivement la phrase que tu cites est vraiment caricaturale.

    @V.A.
    et oui, le corps des femmes sont systématiquement instrumentalisés, par les religions, par les pouvoirs en place, en un mot, par le patriarcat.

    c’est d’ailleurs dans ce sens là que j’avais écrit ce billet et non pas sur le film que je n’ai pas eu envie de voir après en avoir regardé 5 minutes.

    @bonjour Juju

    merci infiniment pour ton témoignage sur ta jeunesse à la campagne qui rejoint tout à fait ce que j’écrivais plus haut;
    tu dis, très justement:

    . »Non, la vie des jeunes filles avant était à mon avis encore plus terrible, car, nous n’avions personne pour nous venir en aide…Nos mères fermaient les yeux volontairement, ça, j’en suis sûr..Les hommes étaient des rustres….On les éduquait tôt à ne pas respecter les femmes…Je comprends pourquoi toutes les filles se sont barrées de la campagne… »

    les filles, à cette époque là, pas si lointaine, 40 ans, les filles n’avaient personne pour les défendre, personne!
    et la violence de la part des garçons était continuelle.

    @Annie aussi le sait mais peut-être a-t-elle oublié, les filles violées par les frères dans les étables.

    nous, filles du maire, nous étions à l’abri mais pas les autres!

    pour reprendre ton expression, là où nous sommes nées « tout le monde n’était pas beau tout le monde n’était pas gentil »
    mais tous bien blancs et tous chrétiens

    je ne vais pas comparer le sort des unes (d’hier) à celui des autres (d’aujourd’hui) car les souffrances ne sont pas ni mesurables ni comparables, elles sont toutes uniques.

    Mais ce que je sais c’est dans les campagnes la situation a changé, s’est considérablement améliorée, c’est donc possible!

    @re juju

    « Et pis, ceux qui disent que le cinéma, c’est de la connerie, laissez aux autres le soin de juger… »

    c’est un avis, librement exprimé comme tu exprimes le tien, cette personne-là pense ça du cinéma, toi tu penses autrement, ok, tout va bien 🙂

    @Malak 🙂

    merci pour ces précisions.
    en relisant l’article d’Alain Gresh, effectivement on a une impression de collage, comme si la fin avait été rajoutée.

  58. Moi aussi j’ai des problèmes quand je mets des jupes.
    Pourtant j’aimerais bien, je pense cela plus confortable que les jean’s qui sont aussi de  » l’uniforme ».
    Et puis les costards de croque mort des mecs avec leur corde au cou…mortel.
    🙂
    Et vous pensez que je plaisante…

  59. @Dom

    les jupes sont effectivement beaucoup plus confortables que les jeans, surtout l’été…aaahhh quand le petit vent frais s’engouffre sous la robe 🙂

    bien vu l’habit de croque mort avec la corde autour du cou 🙂

  60. @toustes

    un lien qui mène à une très intéressante interview d’un cinéaste marocain

    http://www.rue89.com/2009/03/26/scandale-au-maroc-un-cineaste-leve-le-voile-sur-lamour

    qui dit:
    « Porter le voile est devenu une mode. Les filles le portent comme un accessoire de mode. D’autres pour draguer, certaines par conviction religieuse. Aujourd’hui, les boutiques islamiques fleurissent et proposent une panoplie de foulards. Autant dire que c’est complètement hypocrite de s’offusquer que j’utilise des actrices voilées dans mon film. Ce bout de tissu n’est le symbole de rien. Il n’est en rien sacré. C’est comme si une fille qui met ce bout de chiffon devenait une sainte. Or l’habit ne fait pas le moine et le foulard ne fait pas la bonne musulmane. Je connais beaucoup de Marocaines qui se drapent de foulard et qui cachent mille et un flirts. Ce n’est pas un crime, c’est juste la vie. »

    Il s’appelle Aziz Salmy et il vient de réaliser « Amours voilées »

  61. @ Yelrah (post 55)

    Attention : ce site « Alter info » est est un site d’extrême droite, antisémite et tout le reste….. ce site se prétend de la mouvance altermondialiste (tout comme ALtermedia / Novopress)
    Ces pseudos medias alter d’information servent de tribune aux fascistes et d’extrême droite soralienne; Tous ces sites sont animés par des militants d’extrême droite, leurs fondateurs le sont également.

    Plus d’infos
    http://www.anartoka.com/rss/Indymedia_-_Lille/2009/03/04/attention_tentative_d_infiltration_fasciste_sur_indymedia

    Baci Baci antifaf

  62. Ouf ! L’orthographe !
    Décidément il n’y a pas que la main qui fatigue, il y a aussi le cerveau !…

    Re.

    Juste pour préciser que le lien qui précède n’est qu’un petit clin d’oeil complice à Vieil anar ainsi que la tentative d’illustrer le très joli propos d’Aziz Salmy…

    « Ce n’est pas un crime, c’est juste la vie. »

    E.P

  63. @merci Erictus pour ces images de Truffaut…avec le touchant Charles Denner

    je pense que V.A. appréciera 🙂

    « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens lui donnant équilibre et harmonie »

    @merci myriam pour ta vigilance.

    je ne savais pas ce qu’il en était pour ce site mais j’avais noté la présence d’articles douteux, même très douteux, glissés parmi d’autres, au contraire intéressant!

  64. Ouais, y a un peu de tout, faut trier. M’arrive de ne pas être assez vigilant mais tout n’est pas à jeter .

  65. Tout autre chose.

    @Yelra
    Merci pour l’info…

    Et pas merci de m’apprendre que j’ai aussi été
    à l’occasion le dindon d’une mauvaise farce !

    Encore quelques-unes comme celle là et je finirai totalement dégouté de la toile…

    E.P

  66. Quand il y a des discussions sur l’école, tout le monde a un avis éclairé à donner parce que tout le monde y a passé un certains temps dans sa vie. Mais, ce ne sont souvent que des flashs et pas une vision d’ensemble de la situation.
    Le problème de l’école publique, c’est qu’elle est depuis longtemps abandonnée et discréditée pour être donnée au privé (directive européenne). Ou plutôt pour lui céder tous les services marchands, soi-disant pour « rentabiliser » une école qui coûterait trop cher au contribuable.
    Si Jospin a contribué à son démantèlement (avec l’inénarrable ministre de l’éduc, viré ensuite pour être remplacé en intérim par le non moins inénarrable ex-toujours ministre de la culture transformé aujourd’hui en estafette de l’actuel président), c’est le gouvernement suivant qui a véritablement entrepris le travail de sape systématique en détruisant les équipes éducatives et para-médicales (profs dûment formés, co-psy, infirmièr-es, médecins, assistants d’éducation, etc.) qui encadraient les enfants et adolescent-es. Le travail d’ensemble étant laissé aux profs qui changent de casquette selon le cas souvent au sein même de leur classe.
    Les élèves n’ayant pratiquement plus d’interlocuteurs dans l’école, sont livrés à eux-mêmes, les équipes d’administration ne s’y frottant pas. Et c’est ainsi que les incidents qui se produisent à l’école ne sont plus réglés en interne, mais sont directement réglés par la police, appelée parfois avec zèle par les chefs d’établissements ou leurs adjoints.
    Et pendant ce temps, les profs, eux, sont censés faire ce pour quoi ils ont été formés et formatés: enseigner.
    Ce genre de film ne fait que détourner une fois encore l’attention sur les vrais problèmes qui ne sont en premier chef ni le fait des profs, ni celui des élèves, mais de l’organisation qui a été imposée progressivement à l’Education Nationale et le manque de réflexion (volontaire) sur une réforme véritablement destinée à améliorer les conditions scolaires. Le passage brutal du public au privé étant impossible, grâce à la mobilisation des enseignants, il fallait laisser pourrir la situation pour que le grand public (souvenez-vous ce grand public qui, à une époque, ne cessait de dire combien les profs étaient méritants) se retourne contre les enseignants et voue l’école de la République aux gémonies, bien aidé en cela par les médias et tous les films-clichés.
    Voyez ce qui se passe pour la Maternelle. Il y a peu, cette classe était incontestablement le fleuron de l’Education Nationale et des chercheurs étrangers venaient étudier comment elle fonctionnait.
    Qu’a dit le sinistre? Que les instits n’étaient là que pour changer des couches et surveiller les enfants pendant la sieste.
    Et voilà comment on détruit le système. Tôt ou tard, les maternelles seront remplacées par de vraies garderies, elles, payantes et encadrées par du personnel non qualifié et précaire, sans doute des femmes puisqu’elles sont expertes en changement de couche.
    Donc, montrer une prof qui craque complètement devant une classe de « sauvageons » c’est laisser entendre que ce phénomène n’est que marginal et que « ces gens-là », de toute façon, sont incontrôlables. Je n’ai pas vu le film, mais apparemment, il s’avère qu’en fait, deux seulement sont des irréductibles et que les autres n’étaient pas d’affreux-ses barbares sans foi ni loi. Ce n’est pas un phénomène marginal et cela se passe dans toutes les écoles, même huppées, et pas besoin d’être noir ou arabe. Mais ce qui se passe dans les écoles « huppées », on n’en entend pas parler.
    Et cela le deviendra de plus en plus, parce que l’école n’accomplira plus ses misions de service public et qu’elle sera complètement administrée par des gestionnaires qui rentabiliseront l’enveloppe budgétaire qu’on voudra bien leur donner en approuvant (ou non) des « projets » présentés par les enseignants. Voir ce qu’est la LOF pour comprendre. http://www.sudeducation.org/article887.html

    Quant aux profs et instits, ils sont, avec leurs défauts et qualités, avec leur aura ou leur conception étriquée du monde autour d’eux – comme dans tout le reste de la société – enfermés dans un système qu’on leur impose, qu’ils ne maîtrisent pas, et obligés de se débrouiller comme ils peuvent et dans l’urgence.

    J’ai encore plein de choses à dire par ailleurs, mais j’y reviendrai peut-être. Je ne voudrais pas abuser de mon temps de parole.

  67. @ merci à toi, Erictus P, pour cet extrait du film de Truffaut, avec l’inimitable Charles Denner et sa voix de rocaille, comme dit Celeste, bonjour Celeste…!, je ne peux qu’apprécier, même si probablement les féministes n’y trouvent pas leur compte..!

    Pour revenir aux bouts de tissu, Aziz Salmy déclare,à propos du voile: »Les filles le portent, comme un accessoire de mode. Certaines, pour draguer… » Et oui, on peut aussi voir ça comme ça, avec cette ambiguité troublante, comme autrefois, (on n’en voit plus beaucoup!), le visage d’une belle nonne, sous la cornette…!

  68. @ emcee, je n’avais pas lu ton long com 76, avant de poster le mien, # 77, qui n’est pas dans le même ton… 🙂 , mais je suis entièrement d’accord avec toi.

  69. Ah ! Les nonnes, un bien délicieux intégrisme qui malheureusement se perd…
    Tout fout le camp Viel anard!

    D’accord aussi avec ton com’ emcee, comme toujours, quand on gratte la couche de verni, qu’est ce que l’on trouve dessous? De sordides histoires d’argent.

    Comme disait Karl « Dans notre société [ ] la forme marchandise, est si familière à tout le monde que personne n’y voit malice. »

    E.P

  70. Et bien dis-moi, Céleste, ce sujet déchaine les commentaires. Personnellement, j’ai beaucoup aimé le film, outré sans doute par certains aspects, mais qui a le mérite de mettre sur la table sans prendre de gants un sujet rarement traité.

    Pour information, une « Journée de la jupe » existe en Bretagne, dans plusieurs établissements scolaires. Un documentaire intitulé « Jupe ou pantalon », qui traite des raisons du du lancement de cette journée sera diffusé sur France 3 (ouest seulement, je crois) le 4 avril à 15h50. Des infos ici : http://www.aligal.com/pages/sujet.php?id=135

  71. @ Traou, la vidéo bretonne que tu mets en ligne » Jupe ou pantalon », enfin l’extrait, avec essentiellement le témoignage de cette toute jeune,(16~17…!), blondinette, est consternant, j’espère que le reste est plus…proche de.. de quoi, d’ailleurs, oui en fait, la réalité, c’est peut-être ça!!?

  72. @merci emcee pour ce com qui explique très bien le pourquoi du désastre.
    je suis entièrement d’accord avec ce que tu décris.
    il y a 10 ans, quand j’ai quitté volontairement l’éducation nationale j’ai envoyé une lettre à mon inspecteur lui disant que désormais la déliquescence de la société française ne passerait plus par moi.
    Il ne m’a jamais répondu 🙂

    @V.A.
    j’étais sûre que ça te plairait 🙂

    @bonsoir Erictus 🙂

    @Belle Traou, merci de ta visite

    par contre je rejoins V.A. la vidéo est consternante!
    au fond le même discours qu’il y a 40 ans…

    rendez-nous LOVE and PEACE, l’amour libre et sans tabou, la joie, le plaisir.

  73. « De plus j’ai plusieurs études sur “ni putes ni soumises” et le bilan est loin d’être positif. »

    C’est certain, mais cela ne signifie pas que la place des filles et des femmes dans ces micro-sociétés que sont une partie des cités ne soit pas un réel problème.

    J’ai rencontré Fadela Amara, c’est une personnalité brillante, mais elle est très politique et elle a sans doute un peu étouffé les autres, moins intelligentes, moins habiles. Mais à la limite peu importe. Ce qui compte est que dans les cités, les filles, ont une vie difficile, parce que les codes sociaux que leur entourage leur imposent, pèsent lourdement sur elles. Aujourd’hui, en 2009, elles n’ont même pas la liberté que nous avions, nous, il y a 30 ans. Et c’est grave. C’est un réel point de vigilance.

    Au nom de prétendues traditions, au nom d’un Coran aussi mal interprété par des exégètes machos que les Evangiles par les vieux garçons frustrés du Vatican, les filles dans certaines cités, sont soumises à la loi de débiles mentaux, violents et illettrés. C’est malheureusement la réalité.

    Le foulard c’est très joli, s’il est porté librement, parce qu’on a envie de signifier que son coeur n’est pas libre. C’est beaucoup moins joli quand il se transforme en voiles noirs qu’il fasse – 10° ou 40 à l’ombre et que l’on n’a pas le droit de se promener dans la rue sans en être attifée. C’est encore moins joli lorsqu’on y rajoute un grillage qui cache le regard… et que si l’on dire stop, et faire appel à la loi française, on se heurte à celle de la Charia.

    Cet après-midi encore, j’ai vu une jeune fille se faire taper dessus par un barbu, dans la rue, sous les yeux d’un autre qui regardait sans intervenir. J’étais en voiture, je n’avais pas bien vu, j’ai d’abord cru qu’ils chahutaient, j’ai fait demi tour, mais il était trop tard, ils s’éloignaient.

    Je ne peux pas être indulgente avec cela. Nous ne poivons pas accepter que les libertés que nous avons réussi à conquérir soient bafouées et que des femmes, dans notre propre pays soient soumises à des pratiques d’un autre temps.

    La liberté est un bien précieux, mais nous en profitons tellement que nous oublions parfois à quel point il est nouveau et finalement peu naturel dans les sociétés humaines.

  74. PS à propos du voile. J’ai passé quelque temps au Maroc, société très inégalitaire, l’an passé pour le travail. D’abord j’y ai vu moins de femmes intégralement voilées qu’en banlieue parisienne. Le foulard y était porté assez coquettement par certaines jeunes filles, mais beaucoup n’en portaient pas.

    Ensuite, le plus intéressant, était dans les bureaux (j’ai eu une série de rendez-vous dans différentes administrations, du niveau local aux ministères). Parmi le petit personnel, standardistes, employées de bureau, les femmes portaient presque toutes le voile. Dès que l’on montait dans la hiérarchie, et j’ai vu beaucoup de femmes, certaines à des postes importants, le voile disparaissait.

    Donc, je crois que c’est quand même aussi un marqueur social important. Mais comme par hasard, il ne marque que les femmes…

  75. @Annie

    « Nous ne pouvons pas accepter que les libertés que nous avons réussi à conquérir soient bafouées et que des femmes, dans notre propre pays soient soumises à des pratiques d’un autre temps. »

    Je suis tout à fait d’accord. Mais je pense que les méthodes employées jusque là pour permettre à toutes les femmes vivant en France d’avoir les mêmes libertés et les mêmes droits ont été mauvaises et que celles qui sont employées actuellement sont encore pires!

    La répression n’est jamais la solution.
    La répression mène à la rage, à la haine, au clivage, aux communautés qui se referment les unes aux autres et qui se haïssent.

    Je ne veux pas de ce monde-là.

    Je ne veux pas pour mes enfants, pour aucun enfant, d’une société souillée par la peur, la méfiance, la violence.

    Il est urgent de changer radicalement de politique, d’arrêter de discriminer, de séparer, d’arrêter de creuser le gouffre des inégalités: sociales, ethniques, culturelles, religieuses…
    Il est urgent d’offrir à toutes et tous les mêmes opportunités, de bâtir une école où tous les enfants recevraient un enseignement adaptés à leurs besoins et à leurs demandes, une école où l’on pourrait les écouter, leur laisser le temps de grandir, où ils pourraient apprendre;
    Il est urgent pour cela que leurs parents aient des emplois, suffisamment rémunérés et que eux mêmes, les filles et les garçons, aient des perspectives autres que le chômage ou les petits boulots.

    Bref il faudrait de l’argent beaucoup d’argent et la volonté de l’utiliser en aidant ceux qui en ont besoin au lieu de l’offrir aux riches amis du gouvernement.

    si rien de positif n’est fait, si la répression s’impose et dure, l’avenir sera sombre, très sombre, pour tout le monde.

  76. @ Celeste, ton dernier lien, très intéressant, mais pas complètement convaincant, sur l’école française et l’élitisme républicain, m’amène à pas mal de considérations, qu’il serait assez long de développer ici…!

    Peut-être juste qqes pistes, quand je vois sur le même lien des coms, dont le tien, mentionnant Célestin Freinet, socialiste authentique de la 1ère heure et pédagogue incontestable, mais n’excluant pas la compétition, même si la solidarité reste au 1er plan, j’aimerais te poser la question, toi qui a été enseignante, et c’est aussi mon cas… par rapport à Montessori, (que tu dois forcément « cotoyer » en Italie.., même encore aujourd’hui!), à la la pédagogie Waldorf, initiée par R.Steiner, à Decroly en Suisse, aux « libres enfants de Summerhill », aux US, etc…, etc…, qu’est-ce qui crée ce « champ des possibles » indispensable à l’éveil de l’expérimentation de la liberté chez l’enfant, qui en fera, plus tard, un être humain à part entière …!

    Bon, excuse moi, un petit coup de sérieux, tout à coup,…, mais ça va pas durer…! 🙂

  77. @céleste et vieil anar

    merci de signaler mon billet, à propos de « l’élitisme républicain » et du livre que lui ont consacré Baudelot et Establet. Je n’ai pas abordé dans ce billet la question « pédagogique », donc pas la question des « méthodes » (si méthode il peut y avoir, ce dont je doute un peu, mais je développerai ceci dans un billet prochain). J’ai seulement voulu aborder ce thème, quelque peu tabou en France aujourd’hui, de l’élitisme auquel on a accollé le qualificatif « républicain » afin de le faire passer pour une idéologie « allant de soi en république ».
    En ce qui concerne les méthodes et en particulier Freinet, je connais un peu puisque dans ma lointaine enfance j’ai eu l’occasion d’être élève d’une classe suivant cette méthode (en 1958!). Je peux témoigner que cette méthode est très compatible avec l’élitisme, d’ailleurs mon instit était très élitiste, bien sûr comme j’étais bon élève je n’avais pas de problème etje l’appréciais beaucoup, mais ce n’est pas une méthode foncièrement « émancipatrice » au sens où l’entendrait Rancière par exemple (à qui je vais consacrer mon prochain billet). La question de l’enseignement en France depuis des décennies se pose toujours en termes de « former les élites dont la nation a besoin », ce qui est bafouer les intérêts et la dignité des gens du peuple qui ne seront jamais sélectionnés parmi les élites. Je pense que ce qui est fondamentalement en cause c’est cette idéologie, à laquelle malheureusement adhèrent une majorité d’enseignants, surtout du secondaire. J’ai quelques ami(e)s dans l’enseignement secondaire, amies surtout, je suis sidéré de voir souvent leur soumission à l’autorité que représentent le proviseur ou bien les fameuses « directives », par exemple celles qui enjoignent de noter les élèves de telle et telle manière (au moins trois idées par dissertation, noter la ponctuation etc.). En même temps, ces ami(e)s sont attaché(e)s à leur institution: hors de question par exemple d’envisager une décentralisation de l’éducation nationale, la dépendance par rapport à l’Etat leur apparaît comme un dogme hors duquel il n’y auarit point de salut. tant que les éducateurs raisonneront de cette façon, avec un tel asservissement volontaire, il n’y aura pas de progrès.
    Pour répondre à Céleste à propos de l’Italie, je sais que le système d’éducation y dépend des régions et qu’autrefois, certaines régions, comme l’Emilie Romagne, avaient le meilleur système d’éducation d’Europe… qu’en est-il advenu? Je crois savoir que, hélas, l’Emilie Romagne aussi a basculé à droite, non? Bien amicalement à toustes (comme l’écrit joliment Céleste)

  78. « Nous ne pouvons pas accepter que les libertés que nous avons réussi à conquérir soient bafouées et que des femmes, dans notre propre pays soient soumises à des pratiques d’un autre temps ».
    Ça, ça s’appelle un cliché ou je ne m’y connais pas! Et de quelles libertés, nous les femmes, disposerions-nous dont les musulman-es de France (car c’est de cela qu’il s’agit) chercheraient à nous priver?
    L’égalité des chances hommes-femmes en matière d’emploi, de promotion, de politique, par exemple?
    Le respect des femmes et de leur corps (les femmes battues, violées et tuées seraient-elles donc l’apanage des barbus?)?
    L’accès pour toutes aux soins médicaux, à l’accouchement, à l’avortement?
    Il me semble qu’avant de se faire peur avec la « montée de l’islam » et de ce que celui-ci voudrait imposer à la société « française », il faudrait voir ce qui se passe autour de nous et voir justement ce que la société impose de régressions aux femmes et lutter contre cela. Justement, pour que la loi française protège les femmes des obscurantistes de tout poil.
    Par exemple, ce n’est pas en supprimant les crédits au Planning Familial, me semble-t-il, qu’on va améliorer le sort des femmes et des jeunes filles, ni les libérer de l’emprise de la famille, obscurantiste ou pas, et en particulier, pour celles qui n’auront pas accès à l’information.
    Ce n’est pas en supprimant les postes des personnels médicaux et des psychologues dans les écoles qu’on va permettre aux jeunes filles d’entendre un discours différent que celui du milieu dans lequel elle évoluent, etc.
    Pareil pour les garçons.
    Et cela m’amène à cette fameuse jupe. D’après ce que j’en ai lu, cette prof était « féministe et laïque » et voulait imposer son point de vue coûte que coûte, un peu comme Dati, qui a l’air de dire: « regardez-moi, je porte des vêtements de luxe, donc vous aussi, vous le pouvez, alors, bougez-vous ».
    D’abord, on n’impose pas aux adolescents son point de vue en hurlant que c’est comme ça et pas autrement, et que je m’habillerai comme je veux parce qu’on est dans un pays laïque, mais en instaurant un climat de confiance et de respect, et un dialogue véritable. Comme pour tout. Il ne faut pas prendre les ados pour des débiles et, en plus, dans les quartiers, ils sont confrontés à la cruauté de la vie et à ses inégalités flagrantes bien plus que certains profs les connaitront jamais de toute leur existence.
    Mais avant de leur parler de nous et de nos exigences, il faut savoir les entendre.
    Or, apparemment, cette prof détestait les élèves, qui le lui rendaient, donc – quoi de plus logique qu’ils rejettent tout ce qu’elle représente?

    Ensuite, que le proviseur lui ait répété maintes fois de ne pas venir en jupe n’est pas invraisemblable; ce qui l’est, c’est OU sont donc ses collègues? Ce genre d’attitude soulève des tollés, en général, parmi les autres profs.
    Il y a TOUJOURS des collègues – hommes et femmes confondus – pour empêcher ce genre d’abus de pouvoir, même dans les établissements « tranquilles » où les collègues sont plus préoccupés de leur carrière que de solidarité. Or, il s’agit là d’un établissement en « zone sensible », avec des profs en général jeunes, militants et qui sont confrontés aux mêmes problèmes. Et là, il n’est absolument pas crédible qu’elle ait été abandonnée à son triste sort par ses collègues. A moins de s’être complètement mis à dos tout l’établissement. Ce qui l’est encore moins.
    A partir de là, c’est de la fiction, donc. Alors, qu’on ne nous présente pas cela comme le reflet de la réalité. Je le répète: c’est un moyen de détourner l’attention sur les vrais problèmes, ceux de la société toute entière qu’on s’acharne à détruire et dont l’école n’est que le reflet.

    Dernier point qui m’interpelle et qui n’a pas été évoqué: je voudrais bien savoir si seule la jupe de la prof était capable de faire fantasmer les adolescents que vous étiez, messieurs. Et sinon quoi?

    Là, cette fois-ci, Céleste, j’abuse … j’aurais mieux fait de faire un billet chez moi… 🙁
    En plus, j’en ai autant sur l’uniforme, ou presque. 😉

  79. C’est un très beau film qui montre que dans certaines « zones » les femmes ne sont pas libres à cause d’un environnement machiste, religieux ou plein de préjugés…

    Il ne s’agit pas de généraliser ce que montre le film en disant que c’est partout comme ça, mais il existe des lieux où la pression sociale est extrèmement forte, où la notion de liberté ou de laïcité n’est pas reconnue.

  80. La pression sociale existe partout; la laïcité nulle part. Il n’y a qu’à voir comment ceux qui s’en revendiquent divergent complètement et en arrivent à des absurdités au nom de la laïcité. Combien ont lu les textes?
    Quant à la laïcité, elle devrait être garantie par le chef de l’Etat et respectée par les membres du gouvernement. Or, le premier court tous les raouts confessionnels et fait des déclarations sur les mérites des curés et les seconds ne s’embarrassent pas plus des lois de la Républiqiue.
    Voir ce qu’a dit Madame B après la sortie du pape sur le péservatif. http://www.rue89.com/2009/03/22/michel-cymes-degomme-christine-boutin
    Quelqu’un à quelque niveau gouvernemental (ou autre) a-t-il objecté? Non, ils sont tous unis à concocter comment ils vont bien pouvoir encore diviser le peuple français pour faire croire à leurs balivernes et leur incompétence crasse …

  81. Excellent Miche Cymes.

    merci à toustes pour vos contributions 🙂

    @V.A.

    Alain, que je remercie de son passage, a un peu répondu à ta question.
    Pour l’instant je n’ai pas le temps de le faire moi aussi, mais patience…ça viendra 🙂

  82. Bonsoir, très intéressante, cette discussion. Ça donne à réfléchir.

    À propos d’uniformes à l’école, juste un petit témoignage: j’ai fréquenté une école primaire à Abidjan dans les années 70 où l’uniforme était obligatoire. But louable: éviter les différences trop flagrantes de situations économiques, et aussi permettre aux parents de ne pas se ruiner dans une surenchère de mode. Mais dans la pratique, c’était tout en surface. Les fils et filles de ministre ou d’ambassadeurs étaient à part (par exemple, leurs parents les faisaient déposer à l’école en Mercedes par un chauffeur), les enfants de coopérants français restaient entre eux, etc. Et une chose qui m’avait frappée: pratiquement pas de copinage entre petits Blancs et petits Noirs. En plus, évidemment, l’uniforme imposait aux filles le port de la robe. Bref, le souci d’équité s’arrêtait avant de toucher à l’image traditionnelle de la femme.

    Ma mère, qui est du temps où on portait l’uniforme au lycée en France, raconte aussi que l’uniforme devenait chez les filles de son entourage une préoccupation constante, que chacune essayait de se faire remarquer par un détail, une petite audace par rapport aux critères du règlement scolaire: décolletés, dentelles aux manches, boutons en argent, etc. Certaines filles dépensaient ainsi très cher pour leur « uniforme »!

    L’idée d’un uniforme me semble déplacer le problème, hélas.

  83. Ah, voilà, je suis d’accord avec ce que dit Frédéric Fappani. Entre autres, les adultes « ne savent plus ce que le moment de l’adolescence contient de potentialités et n’envisagent les adolescents que comme l’ombre d’eux-mêmes ». Tout à fait. Ou comme leurs clones.

    @Irène, merci d’étayer mon opinion sur l’uniforme avec des exemples concrets.
    Il semblerait, finalement, que la majorité des adultes serait d’accord pour le rétablissement.
    Alors, ce sont les élèves qui ont réussi à s’en débarrasser en 68, et maintenant ce sont les parents qui vont encore leur imposer ce carcan.

    Sous des prétextes qui ne tiennent pas la route une seconde.
    Et ils imposeront ainsi LEUR uniforme, ou leur blouse avec l’aval de la population.
    Et ce ne sera pas la blouse standard distribuée par l’EN (la blouse de la communale): on commence à connaître les motivations de ces gens-là, non?
    Créer des marchés juteux pour leurs copains.
    Et chaque marque aura sa blouse, ou presque, que ce soit la blouse de base du supermarché du coin au haut de gamme.
    Et nous aurons encore accepté, en toute bonne foi, sans doute, une mesure démagogique discriminante en lieu et place des enfants et adolescents.
    Car, même si les blouses étaient toutes pareilles, ne nous leurrons pas: tout le reste de l’attirail permettra bel et bien de repérer les différences sociales.
    Et quand on porte une blouse, c’est encore plus humiliant.

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