Ils sont 20, nous sommes des milliards

Colorée, festive, déterminée, la manifestation Face au G20, les peuples d’abord, pas la finance, qui a parcouru le 1er novembre les rues de Nice, vibrait d’énergie, fourmillait d’idées, brandissait ses slogans, tapait sur des tambours. La vie était là.
Généreuse, forte et décidée, celle qui s’oppose à froideur mortifère de l’argent, qui relève la tête et combat les spéculateurs, les vautours  financiers, les affameurs des peuples.
«Toute vie dirigée vers l’argent est une mort.» disait Albert Camus.

Voulant à la fois marquer son mépris et préserver de la populace hurlante les bourgeois des beaux quartiers et les commerçants du centre ville, la municipalité niçoise avait imposé aux organisateurs de la manifestation un parcours inédit. Bien  loin de la Promenade des Anglais, le défilé était cantonné, encadré, ridicule et coûteux déploiement,  par des centaines et des centaines de policiers harnachés, dans les rues et avenues populaires de Nice est.
Drôle d’idée, stupide car au lieu de la haine et de la peur qu’aurait suscité le passage du cortège dans les quartiers acquis à la municipalité droitière, nous fûmes au contraire joyeusement accueillis. Des fenêtres, les habitants du quartier  photographiaient et reprenaient les slogans, les enfants sautillaient autour de nous, bref, malgré l’incessant ballet des hélicoptères et les haies de robocops, un encouragement populaire et sympathique. Des gens soulagés de constater que nous n’étions pas les voyous et autres casseurs qu’on leur avait annoncés  mais une foule pacifique, où diverses générations se mêlaient, portées par un même élan. Nous n’étions par leurs ennemis mais les porte-parole d’une humanité opprimée. Nous proposions des solutions, des projets, une possibilité d’avenir.

El pueblo unido jamás será vencido (En hommage aux nombreux amis espagnols qui ont participé à la manifestation amis espagnols)

photos de Fabio Campo et de Marc Brulé (merci)

8 réflexions au sujet de « Ils sont 20, nous sommes des milliards »

  1. Merci de ta visite:-)

    j’ai pensé dommage que nous ne soyons pas plus nombreux, 500 000 au lieu de 10 000 mais est-ce mieux de multiplier ces actions? qu’il y ait toujours quelque chose quelque part, harceler le pouvoir.

    Dans l’esprit des indignés mais plus « facile » pour tous, tout le monde ne peut pas camper pendant des jours et des jours dans une ville

  2. Merci pour ce compte-rendu intéressant de cette énorme manifestation où je n’ai pas pu aller. A voir comment ils se protègent, à voir la façon dont ils traitent les peuples aux destinées desquelles ils prétendent présider, luxueusement installés avec nos deniers, il y a une indécence incommensurable.
    J’ai des amis qui se sont rendus à Nice, également.
    Leur impression était plus mitigée. Ils (et elles) ont ressenti plus l’oppression que la chaleur des rencontres, même s’ils parlaient avec enthousiasme de ces dernières, racontant cette solidarité instinctive et cette envie de se protéger mutuellement.
    Mais sans cesse revenait dans leurs propos cette d’angoisse qui avait dominé pendant tout le parcours.
    Et le fait d’être « encagés », canalisés sur un parcours inhabituel et encadrés par des forces de l’ordre leur a laissé un grand malaise et fait découvrir la notion de peur qu’il n’avaient jusqu’alors jamais ressentie lors de manifs bon enfant comme celle-ci.
    Peut-être est-ce que tout le monde n’a pas encore pris pleinement conscience que l’oligarchie est prête à tuer sans sommation et en toute impunité.

    1. Salut :-)

      Oui, certains ont pu ressentir de l’angoisse devant ce déploiement policier, c’était invraisemblable, toutes les issues bouchées. Au moindre dérapage, nous étions enfermés comme dans une souricière!

      Mais je n’ai pas eu peur, je n’ai pas été angoissée car je m’y attendais, je savais que ce serait comme ça. Dans la ville d’Estrosi ça ne pouvait pas être autrement. Les policiers étaient prêts à frapper, les canons à eau prêts à être enclenchés, certains fuyaient sur la chaussée.

      « Peut-être est-ce que tout le monde n’a pas encore pris pleinement conscience que l’oligarchie est prête à tuer sans sommation et en toute impunité. »
      ou peut-être que, comme moi, beaucoup de ceux qui ont défilé refusent de « considérer » la peur, cette peur que, justement, ON voulait nous faire ressentir pour qu’une prochaine fois, il y ait moins de monde dans les manifestations.

      Effrayer pour pousser certaines et certains à renoncer aux défilés, pour que la place soit laissée à des groupes plus violents et que la répression soit alors justifiée.

      Pour moi, pas question, je continuerai à défiler au nez et à la barbe de la maréchaussée, fut-elle dix fois plus nombreuse, je continuerai afficher paisiblement ma résolution, je continuerai à sourire aux robotcops et je mettrai des chaussures plates pour courir vite….

      Cette lutte et juste, essentielle, sinon, autant se laisser dévorer tout de suite!

      1. Tu as parfaitement raison. Ce sont des manœuvres d’intimidation et il faut aller de l’avant. Parce qu’il ne faut pas leur laisser le terrain.
        Mais ne nous leurrons pas; ils sont prêts à réprimer même une foule pacifique. Ils savent très bien que, tôt ou tard, nous allons nous retourner contre eux. Alors, ils se sont armés pour.
        Et la défense de la liberté d’expression de Guéant n’est réservée qu’aux suppôts du pouvoir.
        Voir ce qui s’est passé à la Défense http://www.dailymotion.com/video/xm7jlh_occupy-defense-premiere-nuit-violence-policiere_news
        Et pour les copains, je pense que, même s’ils pensaient que cela n’allait pas être de tout repos, ils n’avaient jamais imaginé un tel dispositif répressif. D’autant qu’il y a actuellement une escalade de la contestation au niveau mondial et que les pouvoirs deviennent très nerveux.

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