De l’importance du corps : chirurgie esthétique et burqa

Une nouvelle loi vient d’être promulguée en Italie, son but, interdire la chirurgie esthétique mammaire aux mineures. En effet, 5% des patientes ont moins de 18 ans.
Très souvent, l’opération est offerte par les parents à l’occasion, par exemple, d’un anniversaire.

Pratiquée aux quatre coins du globe, la chirurgie esthétique est en pleine expansion.
Dans un monde où un enfant meurt de faim toutes les 5 secondes on ne peut qu’être frappé par l’incongruité (que dis-je, la totale ineptie) de cet engouement.

Chaque partie du corps peut désormais être retouchée. Seins, nez, oreilles, fesses, ventre, tout est bon pour le bistouri, même la vulve ou le vagin.
En Suisse, des chirurgiens, sex designers, proposent aux femmes un remodelage complet du sexe. L’intervention la plus demandée est la diminution des nymphes.
Destiné à augmenter le plaisir du partenaire (petite bite !) le rétrécissement du vagin est aussi très pratiqué.

Quelles qu’en soient les motivations, le nombre impressionnant de ces recours à la chirurgie esthétique indique clairement l’importance essentielle que l’humain du XXI siècle accorde au corps et particulièrement au corps féminin.
Souffrir pour le transformer ou s’ingénier à le cacher dénotent la même obsession, celle de la chair.
Chair étalée, offerte.
Chair voilée, interdite.
Chair toute puissante dont l’attrait serait si fort qu’une burqa doit la soustraire aux yeux des mâles, pauvres obsédés incapables de juguler leur libido.
Chair soumise aux pires turpitudes imposées par le marché pornographique.
Chair martyrisée.
Chair glorifiée.

Pourtant, le corps n’exige pas toutes ces attentions. Il a besoin d’être nourri, lavé, soigné quand il souffre. Le sommeil lui est essentiel. Il aime ne pas avoir froid, bouger, se reposer après l’effort, être caressé,  faire l’amour.

Est-ce pour oublier que nous sommes mortels que nous lui  accordons  une telle importance ?
Ou l’humain est-il vraiment devenu une marchandise malléable ?

A lire: la tyrannie de la beauté

28 réflexions au sujet de « De l’importance du corps : chirurgie esthétique et burqa »

  1. @Bonsoir Mohamed

    Et qu’advint-il à Narcisse?
    ;-(

    bonne fêtes Mohamed, que cette nouvelle année, charnière entre 2009 et 2011 (ce n’est pas de moi, je viens de le lire dans un com sur l’excellent blog du village des NRV et ça m’a fait rigoler), bref, que l’année 2010 te soit belle et tendre 🙂

    baci

  2. Que les toutes jeunes filles soient complexées devant les pages glacées et largement retouchées des magazines people, se comprend. Mais que les parents, qui sont censés être responsables et raisonnables entrent dans le jeu est parfois criminel. Les opérations ratées ou les accidents, une OP restant une OP avec ses risques, existent.
    D’un autre côté, il existe aussi les accidents de la vie, les violences qui laissent des traces ou tout simplement certaines personnes vraiment disgraciées par la nature.
    Je me souviens d’une jeune femme que je connaissais : un mini gabarit, genre 1,50m, toute menue mais affligée d’un 105F de tour de poitrine.
    La réduction mammaire était indispensable. En plus d’attirer systématiquement les regards, impossible de faire du sport, de s’habiller et gros dégâts sur la colonne vertébrale.
    De toutes façons, je me doute bien que ces jeunes Italiennes se retrouveront en Suisse si elles en ont les moyens…
    Mais tout de même, ce Diktat est insoutenable, un peu comme au Brésil ou comme certain chanteur récemment décédé. Pire qu’une mob’ de banlieue, plus une pièce d’origine!
    Baci à toi douce Céleste

  3. @geno

    Effectivement, l’attitude des parents est choquante.
    Il y a des jeunes filles complexées par un physique qui ne leur plait pas mais beaucoup d’autres visent la célébrité. Dans un pays où une starlette de la télé (Mara Carfagna) peut devenir ministre en séduisant le président du conseil, la « beauté standard » est un atout de réussite.

    Être top model est le rêve de beaucoup de filles, et pour cela il faut un physique qui correspond à certains critères, alors on taille, on façonne les chairs

    Ensuite, si on est riche et que l’on a des relations on peut réussir une carrière de modèle et épouser un petit président de la république, c’est la voie suivie par Carla Bruni, icône de mode, idole des magazines…

    Voilà les rêves qui sont soufflés aux oreilles des jeunes filles, des rêves de poupée Barbie.

    mais, c’est vrai, parfois certaines particularités physiques sont très difficiles à vivre, alors pourquoi ne pas les rectifier.

    La chirurgie plastique c’est autre chose, c’est essayer d’effacer un traumatisme.

    Je pense par exemple aux femmes brulées à l’acide par leurs maris, au Pakistan, au nord de l’Inde. Leur offrir un nouvel visage c’est leur offrir une nouvelle vie.

    baci à toi aussi et bonne fin d’année

  4. Effectivement, les rêves de Barbie sont d’une débilité !
    Quand j’étais gamine (il y a longtemps) c’était Twiggy avec les premières mini-jupes. Un tas de filles se laissaient littéralement mourir de faim pour lui ressembler, pourtant elle faisait peur, ses 40 kg, cheveux platine, yeux charbonneux, voussure, brrrr
    Depuis Photoshop est passé par là, et sincèrement je ne vois pas ce qui peut faire rêver dans ces images.
    Pré-ado à l’époque, j’aurais donné n’importe quoi pour avoir 10 kg de plus.

    Effectivement, tu as raison de séparer la chirurgie réparatrice de l’esthétique avec ces filles qui arrivent avec la photo de leur idole.
    Comment peut-on se contenter d’être machin-bis, une vague copie affadie ?
    J’imagine le lavage de cerveau. Les chirurgiens ont aussi leur part de responsabilité.

  5. Ce qui est désolant, c’est qu’à l’adolescence, beaucoup de jeunes (et pas seulement des filles), se sentent très mal avec leur corps, et sont donc des proies faciles pour les remodeleurs de toute sorte. De la même façon, à d’autres périodes de la vie, l’insatisfaction de soi se déguise en insatisfaction de son corps. La chirurgie esthétique est impuissante dans ces cas là.

    Or, ces opérations, loin d’être anodines, peuvent avoir des effets secondaires parfois graves, ou être gravement décevantes pour celle ou celui qui a cru résoudre ainsi ses difficultés d’être.

    C’est vraiment un cadeau empoisonné à faire à une jeune fille. Hors, évidemment, les cas où il y a un vrai problème de santé ou de qualité de vie.

  6. 1. Recherche vaine et ahurissante de la Perfection.
    Rêves increvables de rêveurs qui veulent être BB, Twiggy ou Madonna, Zidane, Johnny ou Brad Pitt. Comment leur en vouloir ? L’Idolâtrie, la recherche de l’Inaccessible viennent de si loin et les Modèles pèsent si lourds…

    2. Et si c’étaient les petits plis, les rides, la gravité des corps, leur expériences vécues (et encore à vivre) qui touchaient au coeur ? Et si c’étaient les paroles chantées ou chuchotées qui rendaient la beauté à toutes les lèvres ? Et si c’était la fatigue alourdissant les yeux et leurs contours qui leur donnait tout leur éclat ?

    3. BiBi est persuadé que c’est dans cet espace imparfait que palpite son désir.

  7. @geno

    On peut imaginer sans exagérer que beaucoup de ces chirurgiens esthétiques sont plus motivés par l’appât du gain que par la santé de leur prochain!

    Quand j’avais 12/13 ans je lisais Cronin, les histoires de jeunes médecins dévoués corps et âmes à leurs malades, c’était beau, j’étais emplie d’admiration…

    Par la suite j’ai rencontré des médecins formidables et d’autres nettement moins.

    en parlant de chirurgie, un italien, Gino Strada a monté, avec sa femme, Emergency, une association qui intervient dans les zones de guerre. Remarquable!

    @Celeste aime beaucoup beaucoup le com de Bibi
    elle se sent en parfait accord avec ce qui est écrit.

    Le thème de la quête de la perfection intéresse beaucoup Celeste

    La Beauté

    Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
    Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Eternel et muet ainsi que la matière.

    Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris;
    J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

    Les poètes, devant mes grandes attitudes,
    Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
    Consumeront leurs jours en d’austères études;

    Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
    De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!

    Baudelaire

    Muette, immobile, la perfection, ne serait-ce pas la mort?

    Et c’est vrai, il est bien difficile d’échapper aux modèles imposés.

    @jardin
    « De la même façon, à d’autres périodes de la vie, l’insatisfaction de soi se déguise en insatisfaction de son corps. La chirurgie esthétique est impuissante dans ces cas là. »

    Je le pense aussi mais paradoxalement il semble à certaines et certains plus simple de passer sur une table d’opération que de se poser quelques questions essentielles.

  8. Une caractéristique commune de ces mutilations : être faites dans le but de rendre conforme à l’image de « la femme » véhiculée par une société (ces médias et sa pub, ses personnages publiques et son cinéma…) où le but est la mise en couple hétéro, il faut plaire.

    Mon premier billet chez les Suiveurs…

    Depuis bientôt 15 ans se développe en France, en provenance des Etats-Unis sur lesquels nous sommes toujours en retard, la chirurgie plastique vulvaire et vaginale. Qui répond à l’impérieux besoin d’améliorer l’aspect et le fonctionnement du sexe des femmes. C’est vrai quoi : aucune raison de se limiter à nos nez, nos seins, nos ventres, nos rides, nos fesses et nos cuisses. Il faut TOUT améliorer.

    Une page de pub trouvée sur le site d’un chirurgien : « la chirurgie intime regroupe les interventions ayant pour but d’améliorer la vulve féminine. Ces interventions augmentent la confiance en soi de nombreuses patientes »

    Si, si. Le sexe féminine a besoin d’être amélioré. Les femmes demandeuses se présentent avec des photos de revues pornos.

    Il faut d’abord rajeunir la vulve. L’épilation intégrale est un début, faisant ressembler les jeunes femmes à des jeunes filles pré-pubères. Mais pour les femmes moins jeunes, se raser ou s’épiler ne suffit pas pour retrouver le sexe de ses 14 ans.

    Pour rajeunir et embellir, les techniques sont variées.

    La labioplastie pour les lèvres, petites et grandes. Les petites lèvres peuvent être raccourcies, au laser ou chirurgicalement, et dans leur cas on utilise le mot de nymphoplastie. Les grandes peuvent rendues plus charnues par injection de graisse.

    La liposuccion du Mont de Vénus pour en diminuer la proéminence (probablement qu’on peut en profiter pour faire directement injecter la graisse retirée dans les grandes lèvres).

    La circoncision du clitoris pour enlever le capuchon, qui serait disgracieux.

    La pigmentation de la vulve, plus claire ou plus foncée. Peut-être les praticiens proposent-ils un nuancier ?

    Il faut ensuite améliorer le fonctionnement. Une vulve de base, un vagin de base, avec le dispo standard qu’est le clitoris ça ne fonctionne pas assez bien.

    Pour améliorer le fonctionnement, c’est à dire l’accès au plaisir (de qui ?), il y a aussi des solutions.

    Le resserrement vaginal. Et oui, quand une femme n’est plus vierge depuis longtemps, quand elle a eu des enfants, son vagin n’a pas l’étroitesse qu’il avait quand elle était … pré-pubère ? Alors, une opération, un acte de chirurgie peut remédier à ce naturel état de fait.

    L’amplification du point G. L’escroquerie suprême. On injecte dans la paroi du vagin un produit qui augmente la taille du mythique point G et devrait donc augmenter l’intensité de l’orgasme féminin (s’il ne venait du clitoris).

    Comme je me rappelle qu’il faut de l’humour, je ne parle pas des complications de tous ces barbares actes chirurgicaux inutiles. Ni de combien ça rapporte aux chirurgiens altruistes qui se spécialisent dans l’amélioration du sexe des femmes.

  9. A propos de burqa, il semble, chère Céleste, que nous avons les mêmes idées. Et il n’y a pas qu’en ce domaine. Tes « pauvres obsédés » m’ont bien amusés.
    J’ai d’ailleurs décrit l’un d’entre eux le 13 octobre sur Chronique Virgule. Mais peut-être l’as-tu lu…
    Bonne fin d’année, et à bientôt

  10. @Merci Christine pour ce complément d’information

    « améliorer la vulve féminine »

    Au fond, ce qui est paradoxal est que les hommes ne me semblent pas si difficiles!
    On a au contraire parfois (souvent?) plus l’impression d’avoir en face de soi une bite montée sur deux pattes qu’un délicat gourmet du sexe qui ne bande que si le sexe de madame est comme ci ou comme ça…

    Messieurs qui passez, qu’en pensez-vous?

    Nous avons déjà Bibi qui explique très bien ce qui le fait vibrer.

    Donc si ce n’est pas pour plaire aux hommes, pourquoi des femmes s’imposent-elles ces souffrances ?( les nymphes, pour ne parler que d’elles, sont extrêmement sensibles, et le clitoris encore plus…finalement on se rapproche de la circoncision!)

    Pour sembler plus jeunes?
    Pour être parfaites?
    Par obéissance à un système patriarcal pervers qui les maintient en état de soumission, prêtes à tout pour plaire?

  11. @bonsoir Mimi 🙂

    la burqa, argument délicat…

    Cacher comme un trésor ce qui n’est jamais qu’un corps, à la fois semblable et différent de millions d’autres corps, c’est lui attacher une importance à mes yeux démesurée, absurde.

    c’est ce que je voulais souligner dans ce billet, l’obsession du corps, chez les unes comme chez les autres…

    Il y a dans le port de la burqa quelque chose d’affecté, de vaniteux.

    Mais je ne l’interdirais pas pour autant. Je m’en fiche.
    Si certaines ont envie de se couvrir, de se dissimuler sous de lourds et chauds vêtements, c’est leur problème.
    En tant qu’athée la dimension religieuse du truc m’échappe complètement mais je la respecte.

  12. Christine me fiche un frisson froid dans le dos avec sa description des opérations… On s’assoit comment après ? Si on a la chance d’échapper à une infection nosocomiale, on doit ressentir de grosses douleurs pour les fluides « normaux ». Quelle horreur !!!!
    Dans la Chine pas si ancienne que cela, ils bandaient les pieds des petites filles (les riches, faut que les pauvres puissent trimer aux champs) pour que les muscles et tendons des jambes resserrent le vagin.
    A se demander si les hommes peuvent encore bander normalement.
    Sont-ils si demandeurs aussi ????

    Il y a dans le port de la burqa quelque chose d’affecté, de vaniteux.

    Pas faux, il y en a où j’habite. Je trouve un peu bizarre, afin de passer inaperçue, qu’une femme porte une burqa alors que justement elle se fera remarquer.

    Ce qui me gêne par dessus tous les discours bien-pensants, liberté de la femme, toussa est justement l’anathème porté sur les musulmans, un de plus. Il fallait un nouveau bouc-émissaire…

    Pourtant beaucoup d’hommes portent la robe et un petit bonnet, les juifs orthodoxes ont toujours leurs barbes, papillotes, chapeaux et ceintures à franges, bon les curés n’ont plus la soutane…
    Quand vont-ils interdire aussi les boubous merveilleusement colorés des Africaines ou des Antillaises ? C’est pourtant bien joli…

  13. Je ne me souviens plus d’où j’ai tiré cette idée, mais elle continue de me trotter dans la tête quand je réfléchis autour des thèmes que tu proposes dans ton billet, Céleste… la voici : peut-être aussi que, n’ayant de prise réelle sur plus grand chose dans nos vies (dépossédé que nous sommes de notre autonomie), et l’être humain « ordinaire » n’ayant pas grand chose à inventer, découvrir, modeler, créer… (nos objets étant tout prêts, jetables, notre nourriture pré-mâchée, nos travails standardisés, nos amusements très organisés, etc.), nous en venons aussi à exercer ce pouvoir sur les corps, un des derniers espaces où nous pouvons intervenir (enfin, il y en a bien d’autres, mais beaucoup les ont oublié) ; on pourrait même penser que nous retournons ce « besoin de maîtriser » contre nous-mêmes (mon corps doit être ainsi et pas autrement). C’est peut-être un des éléments explicatifs, peut-être…

    Je suis toujours abasourdie quand je constate ce que certainEs peuvent infliger à leurs corps, à eux-mêmes donc. Est-ce qu’ils opèrent une différenciation, considérant leur corps comme un objet malléable ? ou au contraire, fondant en Un leur personnalité et leur chair, modelant celle-ci, croient agir sur celle-là ?Que ce soit coupure ou confusion, ça m’effraie, car je sens là-dedans beaucoup de non-respect de notre enveloppe physique, et du coup des structures mentales qui lui sont étroitement liées (comme tissées ensemble). Et ce non-respect rend possible une grande violence, l’acceptation de la violence (violence pour moi que de voir ces visages de femmes âgées défigurées par la chirurgie « esthétique », oui, défigurées, car elles ont perdu leur figure et portent toutes le même masque, effrayant)

  14. Je reste partisane des explications « lutte de classes », enfin par extension, patriarcat et domination blanche. Suffit de penser aux femmes noires qui se bousillent à jamais la peu pour tenter d’acquérir la blancheur des occidentales, ou aux chinoises qui se font casser les jambes pour se les faire rallonger, toujours pour viser un idéal de beauté politiquement et « imaginairement » dominant.

  15. Bah oui… tous les angles de vue ont leur pertinence pour créer un faisceau le plus complet possible d’explication. La sociologie de la domination peut intégrer les apports de la psychologie sociale, un point de vue n’étant pas excluant de l’autre, au contraire, car ils peuvent se penser en complémentarité, vu qu’ils se situent à des niveaux différents (les champs d’analyse d’une société, ou d’un modèle culturel dominant, se croisent, ils sont multi-dimensionnels). Le point d’entrée reste en effet à mon sens celui de la domination d’un modèle culturel (blanc, patriarcal et hétéro-centré). Mais les mécanismes d’adhésion, de perpétuation, de renouvellement… de ce modèle sont multiples…

  16. @Christine qui a le don d’appuyer où cela fait mal. Ko aussi, lutte des classes, où ça va se nicher .

    « Suffit de penser aux femmes noires qui se bousillent à jamais la peu pour tenter d’acquérir la blancheur des occidentales »

    Pas seulement, même chez nous. Chanel fut la première à faire du bronzage une mode. Avant, il n’y a pas si longtemps, les femmes se baladaient avec une ombrelle, un chapeau pour ne pas bronzer. Souci du cancer de la peau ? Que nenni ! Différence de classe sociale : seules les femmes travaillant aux champs avaient la peau bronzée. Ce distinguo existe toujours en Asie.

    En Afrique, j’avais vu des hommes portant ostensiblement l’ongle du petit doigt droit très long. Simplement pour marquer qu’ils n’étaient pas des travailleurs manuels.

    Les Asiatiques qui se font « opérer les jambes » restent des mois entiers dans des carcans allongeant la jambe (pas la cuisse), des machines d’élongation dignes du Moyen-Age, une horreur !
    Encore plus horrible quand on aperçoit la silhouette de la jeune fille « finie » : ses jambes (mollets) sont plus longs que la cuisse, complètement déformées ! Et ce débridage forcené des yeux !

    Quel est ce formatage des esprits, ce prêt-à-porter occidental, niant tout apport des autres civilisations, jusques y compris aux caractéristiques physiques ?

    Bon, je prêche des converties ici, mais que je me réjouis que ma mère n’ait jamais acheté de journaux ou revues « people ». Dans mes jeunes années, cela n’existait pas et c’est d’un ennuyeux, d’un prêt-à-montrer, prêt-à-être, prêt-à-penser, à exister. Chez le médecin, j’emporte mon bouquin !
    Bonne fin d’année et surtout courage pour la prochaine, bises

  17. Bonjour Céleste,

    je ne sais pas bien ce qu’il en est dans les pays où la burqa est portée, mais dans ceux où l’abaya est obligatoire, la chirurgie esthétique est entrée dans les moeurs depuis une dizaine d’années. Nose job, tummy tuck et breast augmentation font partie du langage courant. Et là on parle des interventions lourdes avec anesthésie. Le reste comme les injections de botox ou les smart lipos est devenu plus commun que les rdv chez le dentiste.

    Qui a de l’argent et veut de la discrétion se rend en Europe ou aux USA. Qui n’a pas ces moyens va au Liban, en Iran ou reste dans le Golfe Persique où le nombre de cliniques du genre a explosé.

    Les minettes de Rome ou de Riyadh lisent les mêmes magasines.

  18. bonsoir les filles 🙂

    quelle belle discussion!

    Je suis d’accord avec vous toutes!
    j’aime bien ce qu’a écrit Ko

    « Le point d’entrée reste en effet à mon sens celui de la domination d’un modèle culturel (blanc, patriarcal et hétéro-centré). Mais les mécanismes d’adhésion, de perpétuation, de renouvellement… de ce modèle sont multiples… »

    Très intéressant aussi ce qu’écrit Malak (salut ma belle tu vas bien?)

    « Les minettes de Rome ou de Riyadh lisent les mêmes magasines. »

    C’est ça la mondialisation, l’exportation d’un modèle, un modèle marchand.
    La vente à outrance de stéréotypes et dans ce gigantesque marché les femmes sont perdantes et encore plus si elles sont pauvres, si elles ne sont pas blanches, si elles sont loin du modèle dominant.

    « formatage des esprits » comme écrit justement @geno

    pôvres de nous, nous avons du pain sur la planche, courage!

    baci à vous 🙂

  19. Je reviens après coup sur ce qu’a écrit Ko

     » peut-être aussi que, n’ayant de prise réelle sur plus grand chose dans nos vies (dépossédé que nous sommes de notre autonomie), et l’être humain « ordinaire » n’ayant pas grand chose à inventer, découvrir, modeler, créer… (nos objets étant tout prêts, jetables, notre nourriture pré-mâchée, nos travails standardisés, nos amusements très organisés, etc.), nous en venons aussi à exercer ce pouvoir sur les corps, un des derniers espaces où nous pouvons intervenir (enfin, il y en a bien d’autres, mais beaucoup les ont oublié) ; on pourrait même penser que nous retournons ce « besoin de maîtriser » contre nous-mêmes (mon corps doit être ainsi et pas autrement). C’est peut-être un des éléments explicatifs, peut-être… »

    ça me parait très pertinent et ça m’a trotté dans la tête.

    et je me suis souvenue qu’il y a…quelques jours, j’étais dans la cuisine, vaquant aux préparatifs du repas (et oui Fabiolino a de multiples qualités mais rayon popote, rien à en tirer), bref, j’ai entendu à la radio, France Inter, un jeune artiste, musicien , je me souviens aussi qu’il a expliqué qu’il était né indien (c’est à partir de ce moment là que j’ai dressé l’oreille mais pas suffisamment pour capter son nom ou celui de son groupe) et avait été adopté par une famille française.
    Bref, la journaliste lui a posé une question sur ses piercings et il a répondu exactement ce que tu as écrit.

    J’y ai souvent repensé après parce que ça m’avait semblé être une analyse très cohérente.

    Mais ce n’est pas la seule, du moins ce n’est pas la seule clé pour tenter de comprendre.

  20. @ geno #17

    « débridage forcené des yeux » faut pas exagérer, dans les faits c’est une mini incision qui fait vaguement paraître l’œil plus grand, c’est parfaitement banal là-bas, c’est à peine plus que du maquillage (par contre dans ces pays – en tous cas Japon Corée – on peut noter une « mode » de la césarienne, apparemment juste pour éviter que le sexe ait à pâtir de l’accouchement).

    Ici depuis quelque temps je m’étonne de cette manie de porter des appareils dentaires (y compris parfois des adultes !), comme s’il fallait absolument avoir toutes les dents parfaitement alignées, ça c’est vraiment une escroquerie inventée pour remplir les poches des dentistes… Et les gens se laissent faire…

    Pour ce qui est de se « bricoler le corps », on pourrait voir cela non pas comme correspondant à une « sacralisation » de ce corps, de l’apparence, ou à un exercice de « contrôle » sur quelque chose : mais au contraire comme une démarche découlant de la conscience que l’essentiel est ailleurs, une marque de désintérêt en somme (à quoi on pourrait rattacher ce que faisait je ne sais plus quelle artiste « conceptuelle » qui se « bricolait » elle-même, en particulier à coup d’opérations).

  21. Les gens deviennent fous!
    Il faudrait que je refasse tout, moi!
    J’ai un nez trop long!
    Des rides
    Des poches sous les yeux
    Je dirai pas tout! nan!
    Et je plais encore
    Je me fais draguer par des jeunots de 30 balais
    C’est parce que j’ai la jouissance dans l’oeil
    Des barbies sans la jouissance, c’est zéro!

    j’ai cédé aux arguments des orthodentistes personnellement et porté 3 ans l’appareil comme les ados.
    5 ans après, une dent qui a ré-avancé et 4 dents qui ont pété, les plombées.
    L’appareil a tout fragilisé!
    ça m’a coûté 85 euros par mois pendant 3 ans et plus.
    j’aurais mieux fait de voyager! Du temps où j’étais un peu plus riche, alors que je ne travaillais pas!
    J’étais mignonne en plus avec mes dents qui se chevauchaient. ça me donnait un air encore plus mièvre!

    Ils nous l’ont fait, la femme soit-disant parfaite. Les hommes s’y mettent. Ce n’est pas beau à voir si on regarde de près!
    Ils vieilliront tout-de-même et mourront aussi.
    La plupart des femmes qui s’épilent entièrement disent que c’est à la demande des hommes.
    Pourtant, les poils sur le sexe, c’est comme les poils dans les narines, ça protège!
    Et quand ça repousse! ça doit gratter!
    La torture en plus!

    Damned!

    Ils sont fous, ces humains!

  22. Améliorer ma vulve?
    N’y touche pas! salop!
    Elle est toujours aussi belle!

    le vagin qui s’élargit en vieillissant?
    ça, ça m’étonnerait!
    un vagin, ça se dilate de toute façon, ça s’adapte!

    Ils sont fous ces médecins!
    Et dire qu’il y a tous ces pigeons pour les engraisser!

  23. je ne deviendrai jamais une femme silicone qui ressemble aux autres en plus!
    Bon! je ne vais pas troller trop long!
    je reviendrai
    Il y pas mal d’articles qui m’intéressent

    Continuez à vous révolter et à informer
    Val qui vulve

  24. dernier com
    Vulve? ils auraient pu donner des mots plus beaux, les, des hommes je parie! ceux qui ont baptisé nos sexes.

    Vulve encore, pourquoi pas mais ça ne donne pas toute l’intensité du sexe
    con

    Et quoi?

    On aurait pu inventer, je ne sais pas moi,
    bulette, clochinette, eden, béysage, valléliane, jouisselle, m’enfin!
    Aucune imagination!

  25. je suis effarée de lire ce type d’article. Vous mettez toutes les femmes dans le même panier, (celles qui font de la chirurgie esthétique) mais vous oubliez à quel point un corps que l’on peut ressentir comme « mutilé » peut être une vrai tare et qu’il est complexe de vivre avec une sensation d’avoir un corps qui n’est pas le sien!! La motivation n’est pas toujours simplement pour ressembler aux canons de la beauté ou à une bimbo! Même si pour certaines cela est le cas, mais pour la plupart du temps ce n’est pas une décision pris comme ça à la lègère, on se fait pas opérer comme on va s’acheter un nouveau jean!! Parfois certaines personnes attendent des années pour prendre une décision concernant une intervention à but esthétique!!
    Quand à la culpabilité de l’argent dépensé pour « cela », qu’est que vous pensez alors des gens qui s’achetent des bagnoles à 20000 euros ou bien quand on se paye un voyage pour le plaisir ou alors quand on repeint notre facade de maison!! Bref, je vois pas trop le rapport….
    Evidemment il est facile de pointer du doigt quand on sait qu’au gouvernement ils se payent des cafetières à 4000 euros pièces à tous les étages….
    Bref, simple d’être dans le jugement…. Quand c’est un sujet qui prête à être désuet quand on vit pas un mal être.
    Vous devriez discutez avec des patientes qui ont fait une chirurgie de la « vulve » certaines avaient des lèvres si grosses qu’elles avaient des mycoses à répétitions….
    Bref, cela est réducteur de dire que toutes ces personnes se font opérer pour être dans l’air du temps ou pour se payer un petit caprice!!

  26. Si l’homme accorde une telle importance au corps c’est que la société lui fait comprendre que c’est ce qui est important dans la vie. A moins de n’être extrêmement bien dans sa peau, l’homme a besoin de se sentir beau et la chirurgie esthétique est un moyen pour lui de satisfaire aux exigences de la société.

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