Madurai : Balbina, vendeuse d’écharpes

Elle s’appelle Balbina et elle tient une échoppe dans le taylor market, juste en face du temple. Elle vend des écharpes. Vous ne pouvez pas la rater, elle est la plus belle du marché et son sourire est lumineux.

L’année dernière, pour 900 roupies (17 euros) je lui avais acheté une pashmina rouge, douce comme une caresse, tellement fine et légère qu’elle passe dans une bague (c’est l’argument de vente). Elle a entouré mon cou frileux tout l’hiver. Bon, ce n’est pas de la pashmina de luxe hyper fluide et hors de prix mais elle me convient parfaitement.
Et puis son mari est arrivé, nous avons discuté et pris des photos que, plus tard, nous avons envoyées par mail.

Cette année, n’étant point seuls, nous nous plions à la règle du groupe. Ce matin, nous parcourons le temple au pas de charge (m’en fiche, je l’ai déjà visité quatre fois). J’ai juste le temps de faire causette avec deux vieilles dames, assises sur un banc de pierre. Pauvres, veuves probablement, elles attendent le repas gratuit du midi, offert chaque jour par le temple. Aimables, elles me proposent de me joindre à elles. Nous échangeons quelques banalités, autrement dit nos prénoms et le nombre de nos enfants.

Chouette, une demi-heure de liberté au Taylor Market ! C’est un peu tôt car la plupart des boutiques ouvrent après dix heures mais c’est mieux que rien.  Je parcours en vitesse les travées encombrées, résistant vaillamment aux appels des marchands qui agitent sous mes yeux étoffes colorées, kurtas et sacs brodés. Je cherche Balbina. Que je ne trouve pas. Pourtant je me souviens bien de l’emplacement de son échoppe. Je montre sa carte aux autres vendeurs qui, menteurs comme des arracheurs de dents, me répondent n’importent quoi, que sa boutique est ailleurs, qu’elle ne vient plus, qu’elle va arriver ou que, récemment, elle a eu un mystérieux problème mais que eux, par contre, sont là, prêts à me vendre tout ce que je désire.
Non merci, ce sera chez Balbina ou rien !

La demi-heure écoulée nous repartons en bataillon dans les rues de Madurai. Mais soudain, alors que je rumine ma déception, une femme se précipite vers Fabio en poussant un cri de joie.
C’est elle, Balbina, qui nous a reconnus. Elle me serre dans ses bras. Oui, elle va bien, son mari et ses deux enfants aussi. Elle désigne son ventre qui pointe sous le sari, elle est enceinte.
Sorry sorry, je voulais t’acheter des écharpes mais tu n’étais pas là et maintenant, groupe oblige, je n’ai plus le temps.
Pas grave, répond Balbina, ce sera pour l’année prochaine !

Vous, par contre, si vous passez par Madurai, que vous allez au Taylor Market et que vous avez envie d’une écharpe, pensez à Balbina, elle en a de toutes les tailles, de  toutes les couleurs, en laine en soie ou en coton et on peut négocier les prix.

Et merci par avance de lui transmettre les amitiés de Claudine et Fabio

5 réflexions au sujet de « Madurai : Balbina, vendeuse d’écharpes »

  1. Quelle magnifique histoire vraie,que c’est beau ,que ça fait rêver!
    Continuez votre magnifique périple dans ce pays où, si mon organisme me le permettait j’irais sans aucune hésitation!,
    Merci infiniment

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