Je les ai accompagnés jusqu’au bout de l’allée. Les larmes aux yeux, ils m’ont serrée dans leurs bras. L’un après l’autre, s’inquiétant à mi-voix de ma tristesse. C’est drôle comme la mort abaisse l’intensité des voix. Cette semaine ne fut que murmures. Pourtant, Anton a quitté à jamais le monde des bruits et ma peine se soucie peu des tumultes. Elle serait la même au milieu du chaos.
« – Mon stylo ! Je l’ai oublié sur la terrasse ! – Quelle terrasse, mamie ? – La terrasse de la chambre. A l’hôtel. Il faut aller le chercher, tout de suite. – Mais quel hôtel, mamie ? – L’hôtel ! L’hôtel où j’ai retrouvé Anton. Il faut aller le chercher, tout de suite. Sinon Louis va s’apercevoir que je ne l’ai plus. Il va me poser des questions. – Anton? C’est qui Anton ? – C’est Louis qui m’a offert le stylo. Il [... lire la suite]
Allongé sur le sol de la passerelle, au cœur de China Town, il dort d’un sommeil si profond que rien ne le trouble. Ni l’incessant passage des piétons, ni le grondement heurté des voitures, ni le rayon de soleil qui joue dans ses cheveux, ni la chaleur moite de la ville. Un adolescent efflanqué, pauvrement vêtu. Si un léger spasme n’agitait parfois un de ses membres on pourrait croire qu’il est mort. Peut-être est-il exténué, malade, ivre ou drogué. Sur ses jambes sales quelqu’un a [... lire la suite]
Aout 1975 J’ai 19 ans, comme mes compagnons de voyage. Partis de Châteauroux, deux dans une 2CV, trois dans une 4L fatiguée, nous avons roulé jusqu’au Cap Nord avant de filer vers le sud tout au long de la Finlande. Du port d’Helsinki, un bateau nous a emmenés en Pologne et nous avons continué notre périple dans ces contrées que l’on appelle les pays de l’Est.
Dialogue imaginaire Lui : Je voudrais mon amour que, comme Dieu le demande, tu caches aux yeux des autres ta chevelure dorée, que tu masques ton corps sous d’amples et longs vêtements afin que nul autre que moi ne puisse en admirer les courbes. Les regards salaces que te jettent les hommes te souillent et t’humilient. Tu es ma beauté, ma reine, ma source d’eau fraîche, mon repos, ma femme. Je te veux à moi seul, tendre et confiante. Moi : J’aurais voulu mon amour [... lire la suite]



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