Une fois encore, d’un tragique fait divers, la mort d’un jeune homme poignardé par un autre dans un lycée, le gouvernement fait une généralité et profite de l’occasion pour resserrer l’étau sécuritaire. Lire la suite →
La terrible banalisation de l’hyper sécurité quotidienne
9 janvier 2010 — Au jour le jour
De l’importance du corps : chirurgie esthétique et burqa
28 décembre 2009 — Au jour le jour
Une nouvelle loi vient d’être promulguée en Italie, son but, interdire la chirurgie esthétique mammaire aux mineures. En effet, 5% des patientes ont moins de 18 ans.
Très souvent, l’opération est offerte par les parents à l’occasion, par exemple, d’un anniversaire. Lire la suite →
Blogosphère : étrons et pépites
5 décembre 2009 — Au jour le jour
« On ne découvre une saveur aux jours que lorsqu’on se dérobe à l’obligation d’avoir un destin » Cioran (Syllogismes de l’amertume) Lire la suite →
De la honte
25 novembre 2009 — Au jour le jour
A l’instar de l’immense partie de la population mondiale qui se débat tragiquement au quotidien contre la faim, la soif ou la guerre, je me fiche éperdument de l’épisode footballesque intitulé « la main d’Henry ». Lire la suite →
Burqua, Iran et Berlusconi
22 juin 2009 — Au jour le jour
Ils font la une des journaux, on se chamaille au sujet des deux premiers et on attend avec curiosité la suite de la dégringolade du dernier. Lire la suite →
Luxe et amertume
1 avril 2009 — Au jour le jour, Journal intime, Récits
De la grande salle du Negresco ce soir-là, je me souviens seulement de l’éclat de l’argenterie, des voilages aux fenêtres, et d’un incessant ballet de vestes blanches.
Autour de la table ronde ornée en son centre d’une luxuriante composition florale, nous sommes quatre : mon mari d’alors, son frère et un ami de celui-ci. C’est un gros homme à la mine sanguine et au verbe haut. Dans son pays il fut ministre. Je le rencontre pour la première fois. Son arrivée m’a été présentée comme un évènement notable, synonyme de coûteuses libations dont il assure entièrement les dépenses grâce à l’ingénieux système des « notes de frais ». Lire la suite →
Histoire de jupe
24 mars 2009 — Au jour le jour
Je n’ai pas vu le film la Journée de la jupe, ou plus exactement, j’ai changé de chaîne au bout de cinq minutes.
Explications: j’ai raté le début, quand j’ai allumé la télé le film était commencé depuis une vingtaine de minutes.
Le temps d’apercevoir le prof, Isabelle Adjani, dans la classe, puis hop est apparu le proviseur qui, parlant d’elle à un policier expliquait un truc comme : « Elle est bizarre (…) par exemple, elle se met toujours en jupe alors que, étant donné le quartier et les élèves que nous avons je lui ai déjà dit à plusieurs reprises de ne pas en mettre »
Je n’ai pas noté les paroles donc ne suis pas sûre de leur exactitude mais je sais que mon sang n’a fait qu’un tour et que j’ai zappé. Lire la suite →
Le garçon roumain, la dame rousse et les artichauts
15 mars 2009 — En Italie
Hier, comme souvent le samedi, je suis allée faire quelques courses au Conad, le supermarché de mon quartier.
En entrant dans le magasin j’ai aperçu le garçon roumain. Debout près des chariots , il tendait à l’éventuelle générosité des passants une soucoupe en plastique garnie de quelques pièces.
Je lui ai fait un petit signe de la main pour lui faire comprendre que je passerai le voir après les courses et un sourire a fugitivement éclairé son visage maigre.
Il ne parle que quelques mots d’italien mais au fil de nos rencontres, lui posté à côté de la file de chariots et moi décrochant ou raccrochant le mien, il m’a expliqué qu’il a seize ans, qu’il est seul en Italie, chargé par sa famille de gagner quelque argent, qu’il dort ici et là, dans des foyers pour indigents ou dans de sommaires cabanes que d’autres roumains ont construites sur les berges du fleuve.
Il m’a dit son prénom aussi, plusieurs fois, mais comme celui-ci est long et compliqué ma mémoire ne l’a pas capté alors pour moi il est « le garçon roumain ». Lire la suite →
Le gâchis
17 février 2009 — Au jour le jour
« C’est un gâchis pour les familles parce que le congé parental c’est un salaire en moins, donc c’est le pouvoir d’achat qui diminue. C’est un gâchis pour la société dans son ensemble » a déclaré Nicolas Sarkozy ces derniers jours et mon sang n’a fait qu’un tour !
Un gâchis ????
D’après cet individu, prendre le temps de s’occuper de son bébé serait un gâchis pour la société car, le sacro-saint pouvoir d‘achat de la famille diminuant, celle-ci ne peut plus participer à la grande course au consumérisme.
Autrement dit pouponner, éduquer au lieu de se livrer sans frein à la spirale production consommation est un comportement dommageable à la société.
Encore un petit pas et ça deviendra nuisible ! Lire la suite →
Pilule, le pape attaque
3 janvier 2009 — En Italie
Histoire d’être bien classé dans le challenge « retour vers l’obscurantisme » qui agite actuellement les ecclésiastiques de diverses obédiences, le Vatican vient de lancer une nouvelle offensive contre la pilule.
Déjà fort mal vu par la Sainteté suprême ce moyen de contraception, répandu dans le monde entier et dont l’utilisation a changé la vie des femmes en leur permettant, enfin et justement, de contrôler leur fécondité est désormais accusé, par le président de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques, Pedro José Maria Simon Castellvi, de provoquer en Occident une « pollution environnementale » responsable « de l’infertilité masculine (marquée par une baisse constante du nombre de spermatozoïdes chez l’homme) »
La pilule contraceptive « en relâchant des tonnes d’hormones dans la nature » à travers les urines des femmes qui la prennent, a, depuis des années, « des effets dévastateurs sur l’environnement » a écrit samedi le journal du Vatican, l’Osservatore Romano,.
De plus, insiste l’auteur de l’article qui n’y va pas avec le dos de la cuillère, la pilule «En ce soixantième anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme, viole au moins cinq droits de l’homme importants : le droit à la vie, le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit à l’information et le droit à l’égalité entre les sexes ».
L’article, joliment intitulé « L’Humanae Vitae, une prophétie scientifique », revient sur une encyclique de juillet 1968 que Paul VI avait consacrée à la régulation des naissances et dans lequel il interdisait aux catholiques l’usage de la pilule et du préservatif.
Qualifiée de prophétique, cette vieillerie qui a favorisé l’expansion du sida dans les pays africains, est remise fièrement à l’ordre du jour et accuse la pilule de tous les maux.
Car, imaginez-vous que non contente de polluer gravement l’environnement, elle fonctionne comme un véritable abortif en empêchant un adorable petit embryon humain de faire son nid dans l’utérus.
« L’embryon, même dans ses premiers jours, est différent d’un ovule…et si rien ne l’en empêche, il finit, neuf mois plus tard par sortir du ventre maternel, prêt à dévorer des litres de lait » écrit Pedro José Maria Simon Castellvi, soucieux de tirer des larmes des yeux catholiques en jouant honteusement sur la corde sensible.
Je voudrais quant à moi faire à ces messieurs qui se mêlent de ce qui ne les regarde absolument pas, quelques remarques.
Tout d’abord, avancer comme argument « l’égalité des sexes » pour justifier leur thèse est une ânerie. A moins, que faute de pratique, ce ne soit de l’ignorance. Figurez-vous, Messieurs les pontes cathos, que l’homme, lui, a toujours le choix de féconder, ou non, car à chaque fois qu’il baise il émet des spermatozoïdes. Pour la femme c’est plus compliqué et c’est toujours elle qui subit en premier les conséquences d’une grossesse non désirée. La deuxième victime est l’enfant qui arrive au monde alors que personne ne souhaite sa venue, ce qui n’est certes pas un bon départ dans la vie.
Ensuite, s’il est vrai que le taux de fertilité masculine diminue, en tenir pour responsable les hormones relâchées par les urines de femmes prenant la pilule est quand même extrêmement réducteur au regard, pour ne prendre que quelques exemples, de la pollution engendrée par les dioxydes de carbone, de soufre ou d’azote, les particules radioactives, les produits chimiques, les pesticides et les insecticides dont on connait les effets.
Je retiens de tout ce fatras qu’une fois encore les femmes sont attaquées et que leurs droits sont remis en cause.
Préparons-nous à une nouvelle bagarre, cette cause là non plus ne doit pas être perdue, elle est essentielle.
Note: à lire, l’appel féministe européen, à signer, la pétition pour l’égalité des femmes en Europe
Athéo-gauchiste
14 décembre 2008 — Au jour le jour
Voilà déjà plusieurs fois que l’on me taxe d’islamo-gauchisme. L’appellation, lancée comme une insulte, visant à discréditer mes écrits et à travers eux, ma personne.
Lasse des approximations je vous livre ici une petite mise au point.
Gauchiste ? Si être gauchiste signifie se situer à gauche du parti socialiste, oui, je suis gauchiste et je l’assume entièrement.
Non, ce que je ne comprends pas, c’est « l’islamo ».
Je suis athée, depuis toujours. Je n’ai jamais ressenti le moindre appel divin et les dogmes religieux, quels qu’ils soient, me hérissent.
Je suis restée coincée sur « La religion est l’opium du peuple » de Karl Marx et je n’envisage aucunement de changer d’avis.
L’idée d’un Dieu tout puissant qui guiderait la vie des humains m’est inconcevable et, si je peux décrire les délices de l’orgasme, je n’ai aucune idée de ce que peut être l’illumination divine.
L’idée de la mort ne me réjouit pas particulièrement mais j’ai compris depuis très longtemps qu’elle est inéluctable. Je n’espère aucune vie post mortem et jamais ne pense à ce qu’il adviendra de « moi » après l’échéance fatale.
Ce qui m’intéresse, c’est de vivre, maintenant, en harmonie avec la planète et ses habitants.
Si je prends le terme religion à la racine, du latin « relegere », rassembler ou « religare », relier, l’idée pourrait me séduire. J’aimerais follement penser que tous les humains ont conscience d’être liés les uns aux autres, de faire partie d’une même chaîne qui a pour nom humanité, elle-même indissociable des autres êtres vivants de la planète, de la nature et de l’univers. Malheureusement ces mêmes humains ont mis au point, les peaufinant pendant des siècles, non pas une mais plusieurs religions et, si toutes entendent bien rassembler et relier, elles n’appliquent ces principes qu’à leurs propres fidèles. Reliés entre eux et opposés aux autres, prêts à tout pour les combattre. L’histoire et le présent sont maculés de guerres interreligieuses où la foi et le désir de puissance économique s’allient pour massacrer impunément.
Pour moi les lois doivent écrites, approuvées et mise en place par des femmes et des hommes, dans le respect des droits et des libertés de toutes et tous, indépendamment du sexe, de la nationalité, de la couleur de la peau ou de la religion.
Ce n’est pas difficile pour moi d’être athée.
Je n’ai jamais connu la faim, le froid, la guerre. Je n’ai vécu aucune discrimination, des soldats n’ont pas pillé et brûlé ma maison, des occupants de m’ont pas chassée de ma terre maternelle. Je n’ai pas été opprimée, discriminée, violée. Mes fils ne sont pas morts pour défendre leur liberté, mon identité n’est pas niée et ne l’a jamais été.
Qu’en aurait-il été si j’étais née dans un autre milieu, dans une autre société, si je n’avais connu que la violence et la misère ?
Aurais-je eu la force de ne pas renier mes convictions ou me serais-je tournée vers l’idée rassurante d’une future vie éternelle, d’un paradis enchanté ?
Je suis consciente de faire partie des favorisés de la planète, née du bon côté, de celui de celles et ceux qui mangent tous les jours à leur faim, qui ont un toit, confortable, au-dessus de leur tête, qui ne vivent pas dans la peur et qui peuvent s’exprimer librement.
Athée, donc. Mais athée ne veut pas dire bornée. De même que je veux que mon athéisme soit respecté, j’estime normal de respecter les croyances des autres. L’amitié que je peux éprouver pour quelqu’un n’a rien à voir avec son obédience religieuse (ou non), pour tout dire je m’en fiche complètement. La seule chose que je demande aux croyants est ne pas chercher à m’imposer leur religion, ni en tant que personne ni en tant que citoyenne.
Il ne viendrait pas à l’idée d’empêcher qui que ce soit de pratiquer son culte.
Autant j’aimerais l’avènement d’un monde exempt de toutes religions, autant l’idée de les supprimer en réduisant au silence les croyants, en les discriminant, en les emprisonnant ou en les massacrant m’est odieuse. Je souhaite qu’elles meurent d’elles-mêmes, paisiblement car devenues obsolètes.
Or ce n’est pas le cas. Les batailles économiques font rage entraînant des guerres féroces, répandant la misère et l’injustice sociale et beaucoup d’humains, déboussolés, se tournent vers le divin.
Venons-en à l’islamo-gauchisme dont le concept aurait été inventé par Ilich Ramirez Sanchez, plus connu sous le pseudonyme de Carlos qui prône l’unité des courants révolutionnaires marxistes et communistes et de l’islamisme radical face au monde occidental. « Seule une coalition de marxistes et d’islamistes peut détruire les Etats-Unis ».
Déjà personnellement je n’ai pas du tout l’intention de détruire les Etats-Unis, j’aimerais au contraire que ses habitants s’affranchissent du libéralisme qui est en train de conduire nombre d’entre eux à la misère et de leur bigoterie qui les pousse vers le puritanisme.
Ensuite je ne suis en rien alliée aux islamistes radicaux, je n’aime ni leurs méthodes, ni leur intolérance ni surtout le mépris et la cruauté qu’ils affichent envers les femmes.
En parlant des femmes je suis excédée par le fait qu’elles soient utilisées par les fanatiques de tous bords. Voilées, dévoilées, engrossées, violées en tant de guerre pour détruire l’identité des peuples.
Que ça finisse, vite !
Qu’on laisse les femmes se vêtir comme elles le souhaitent, en mini jupe, en jean, avec ou sans voile, en burqua si ça les amuse, si elles l’ont choisi et peu importe les motifs. Qu’on les laisse libres de mener leur vie à leur guise, qu’on les respecte, qu’elles aient sur cette planète les mêmes droits et les mêmes libertés que les hommes.
Je suis prête à lutter pour aider les femmes à travers le monde qui subissent la loi du mâle ou celle de la religion mais je respecte leurs choix.
Pour finir, je ne suis ni islamo-gauchiste, ni catho-gauchiste, ni juivo-gauchiste, je suis athéo-gauchiste et inquiète de voir que la laïcité est sérieusement menacée en France comme en Europe.
Qu’on se le dise !
La fête des mères ?
11 mai 2008 — Au jour le jour, En Italie
Derrière sa caisse, Laura avait le regard triste hier. Elle déplaçait machinalement les marchandises que les clients déposaient sur le tapis roulant, encaissait, saluait, recommençait sa tâche monotone, sans un sourire.
Parce que d’habitude elle est joyeuse, toujours prête à rire, elle est ma caissière préférée.
Je sais qu’elle s’appelle Laura car une étiquette, hypocritement nommée badge, est épinglée sur son polo rouge et bleu, les couleurs du supermarché Conad.
Quand mon tour est arrivé elle m’a adressé un petit sourire las.
Nous avons échangé quelques mots sur le temps printanier, puis en partant je lui ai souhaité un bon dimanche.
« Ce ne sera pas un bon dimanche, demain le magasin est ouvert et je travaille.
- Demain ? Comment ça se fait ?
- C’est la fête des mères.
- ???
- Pour la fêtes des mères, ils font travailler les mamans. C’est comme ça ici.
- Oh ! Je suis désolée pour vous. Moi je ne viendrai pas demain. Le dimanche les travailleurs doivent se reposer, être avec leurs familles. D’ailleurs peut-être qu’il n’y aura pas de clientèle, ça fera comprendre à la direction que c’est stupide d’ouvrir le dimanche.
- Pffff ! Au contraire, demain ils seront nombreux. Vous savez les points pour avoir des cadeaux, demain ils compteront double, c’est écrit partout dans le magasin. Ils vont tous venir !
- C’est triste.
- Oui, d’habitude pour la fête des mères je vais chez mes parents avec mon mari et ma fille. »
La cliente suivante, une dame dont la blondeur artificielle et le bronzage aux UV tentaient de dissimuler l’ancienneté, a manifesté son impatience en grommelant quelques paroles indistinctes mais dont l’animosité était parfaitement compréhensible. Quelque chose comme : « Elle peut pas s’occuper de mes courses, cette feignasse, au lieu de bavasser avec les clients? »
J’ai dit au revoir à Laura. Des larmes brillaient dans ses yeux sombres.
Et moi j’ai pensé : boycott, boycott, boycott

















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