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	<title>Célestissima, le regard de Céleste &#187; Céleste</title>
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	<description>…le monde est immense, je ne me lasse pas de le contempler, de le parcourir, à la rencontre de ses habitants…</description>
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		<title>Kuala Lumpur, quelques images</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 07:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Kuala Lumpur, vitrine de la Malaisie, est à la fois ultramoderne et ringarde. Comme une version provinciale de Bangkok. Par certaines de ses constructions,  la ville est futuriste. Les différents trains, aériens ou non, qui la traversent en tous sens ravalent le métro parisien au rang de curiosité archéologique. Un monorail, coloré et rapide, semblable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Kuala Lumpur, vitrine de la Malaisie, est à la fois ultramoderne et ringarde. Comme une version provinciale de Bangkok.<span id="more-4225"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4232" title="KL1" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL1.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Par certaines de ses constructions,  la ville est futuriste. Les différents trains, aériens ou non, qui la traversent en tous sens ravalent le métro parisien au rang de curiosité archéologique.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4233" title="KL3" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL3.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un monorail, coloré et rapide, semblable à un jouet,  mène à Putrajaya, la nouvelle capitale administrative, cité grandiose, surgie en dix ans, au milieu de la jungle, de la volonté d’un premier ministre mégalomane à la main de fer qui souhaitait créer une ville qui soit « <em>une symbiose entre l’homme, la nature et la science</em>».</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4234" title="KL4" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL4.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les fameuses tours Petronas, un temps les plus hautes d’Asie, font la fierté des Malaisiens. Élégantes, dotées d’un éclairage nocturne raffiné (normal elles appartiennent à un groupe pétrolier <img src='http://www.celestissima.org/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' />  elles attirent de nombreux touristes, armés d’appareils photos, qui n’hésitent pas à se contorsionner pour les saisir dans l’objectif.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4235" title="KL9" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL9.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai sacrifié au rite !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4236" title="KL7" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL7.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4237" title="KL5" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL5.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela coûte fort cher et même si, en quelques années, la politique économique menée a globalement permis au pays de progresser de façon notable et aussi de peu souffrir de la crise, les inégalités restent énormes, particulièrement entre la capitale et la campagne. Autre  grave problème , la discrimination due au droit du sol. Les postes administratifs sont réservés aux Malais au détriment des ressortissants des autres communautés, chinoise et indienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le commerce, apanage des Chinois, est florissant. Dans le quartier Bhukhit Bintang, le Plazza, gigantesque centre commercial dédié à l’informatique et à la photo propose à ses nombreux clients les dernières innovations à des prix qui n’ont d’ailleurs rien de particulièrement compétitifs.<br />
Comme une infinité de salons vantent les mérites de  la réflexologie, nous nous rabattons sur un massage des pieds. Mais attention, rien à voir avec Bangkok. Les masseuses, pour les femmes, et masseurs, pour les hommes, n’ont rien de sexy. Ils massent les pieds, les mollets et c’est tout !<br />
Si la prostitution existe en Malaisie, assortie d’odieux trafics d’êtres humains, particulièrement d&#8217;enfants,  elle ne s’expose pas ostensiblement comme à Bangkok. Et puis les touristes sont beaucoup moins nombreux. Moins de clientèle occidentale. Des bordels cachés, des femmes exploitées dans l’ombre des immeubles étincelants. L’abjection n’a pas de frontière.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4238" title="KL10" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL10.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Syamsul Yusof</em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans Jalan Petaling la rue principale de la très touristique et peu intéressante Chinatown, on tourne un film, course poursuite au milieu des passants, mallette mystérieuse et revolvers brandis.<br />
Une production malaisienne intitulée  &nbsp;&raquo; KL Gangster&nbsp;&raquo;  dirigée par Syamsul Yusof, un jeune (et beau) acteur-réalisateur.<br />
Comme, en badauds expérimentés, nous passons une bonne heure à observer (et à filmer) le déroulement de la scène, entre deux prises, un des acteurs principaux, Ridzhuan Hashim, entame la conversation avec nous.<br />
Et tandis que, sous l’œil envieux des groupies locales, il appose un autographe sur mon carnet, Thehitman Nazri, le photographe du tournage, immortalise la scène.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4240" title="KL11" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/KL11.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Thehitman Nazri</em></p>
<p style="text-align: justify;">Et hop me voilà en photo sur Facebook en compagnie d’une star malaisienne .<br />
Sous le cliché, un commentaire de Thehitman :<br />
«<em>Claudine says &nbsp;&raquo; nice to meet u mr.Kojak”..;)</em><br />
Ce à quoi, sur la suggestion de Fabio, j’ai finement (et sans complexe) répondu:<br />
« <em>Or may be Claudine alias May West says :&nbsp;&raquo;Is that a gun in your pocket, or are you just glad to see me? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-4241" title="Claudine-Petaling-Street,Kuala-Lumpur.-Photo-by-Thehitman-Nazri" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/Claudine-Petaling-StreetKuala-Lumpur.-Photo-by-Thehitman-Nazri.jpg" alt="" width="500" height="332" /></em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ridzhuan Hashim</em></p>
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		<title>Voyageuse</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 10:38:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bien que rien dans mon arbre généalogique constitué d’une longue lignée de paysans berrichons ne l’indique, j’ai depuis toujours la conviction d’être la descendante d’un peuple de nomades. Héritière de quelque tribu vagabonde. La sédentarité m’ennuie, parfois même me pèse. Je n’ai de goût ni pour les maisons ni pour les meubles et mes rares [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Bien que rien dans mon arbre généalogique constitué d’une longue lignée de paysans berrichons ne l’indique, j’ai depuis toujours la conviction d’être la descendante d’un peuple de nomades. Héritière de quelque tribu vagabonde.<br />
La sédentarité m’ennuie, parfois même me pèse. Je n’ai de goût ni pour les maisons ni pour les meubles et mes rares tentatives de jardinage ont rapidement tourné court.<span id="more-4163"></span><br />
Pour compenser une forme d’immobilité à laquelle, socialement, je suis contrainte, je déménage sans cesse. Pendant les trente dernières années, dix fois, j’ai transporté d’un lieu à l’autre mes maigres possessions, composées essentiellement de vêtements, d’objets hétéroclites et inutiles rapportés de mes voyages et de livres, seuls biens matériels valant à mon sens la peine d’être achetés.<br />
J’ai changé de région, de pays, de métier, navigué entre la France et l’Italie, vécu dans des HLM, des immeubles plus ou moins élégants, des maisonnettes et des villas, fréquenté de très  riches individus et d’autres beaucoup moins, de prétentieux barbants et de gentils fantaisistes, des intellos sérieux et des artistes loufoques, des humbles heureux et des nantis dépressifs (ce qui n’est bien sûr pas une règle). Toutes et tous sont gravés dans ma mémoire. Je me souviens des visages, des sourires, des discussions et des étreintes mais, évanescente libellule (ou pie égoïste, question de point de vue) bercée par la certitude de ne jamais oublier, je néglige trop souvent de me rappeler au souvenir de celles et ceux que j’aime. C’est un tort. Comme les fleurs, l’amitié mérite attention et délicatesse.<br />
Mais toujours de nouvelles rencontres m’enchantent. J’aime être étrangère.</p>
<p style="text-align: justify;">Si mon sens de l’ordre s’est toujours révèle plutôt approximatif dans les différents logements que j’ai occupés à long terme, je suis, par contre, la reine de la valise. Ma technique de rangement, murie au fil des ans, frôle la perfection. Pour un peu, je donnerais des cours !</p>
<p style="text-align: justify;">Durant les longues périodes sédentaires, je m’occupe et virevolte, m’étourdis pour que le temps enfin se déroule et qu’à nouveau l’espace s’ouvre, comme un livre géant que je peux parcourir à ma guise.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ceci en préambule pour vous dire que je rédige ce texte dans une chambre d’hôtel de Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie.<br />
Face à moi, les Petronas Towers s’élancent élégamment dans un ciel nuageux. Hier, nous avons exploré la « little India », aujourd’hui, direction China Town.</p>
<p style="text-align: justify;">L’œil aux aguets (l’oreille aussi mais, le malais étant parfaitement incompréhensible, les informations glanées par cette voie le sont aussi), j’observe, je note, je réfléchis.</p>
<p style="text-align: justify;">Le prochain billet traitera vraisemblablement de mode, chiffons, foulards et burqas.</p>
<p style="text-align: justify;">A presto!</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4169" title="Petronas-towers" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/07/Petronas-towers.jpg" alt="" width="333" height="500" /></p>
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		<title>En majeur ou en mineur</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 14:58:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On fait ce que l’on veut d’un souvenir. On peut longtemps après en goûter encore la saveur. En garder soigneusement la beauté pour pouvoir la restituer, dans toute sa joie et sa tendresse, comme un rayon de soleil illumine un jour de grisaille. On peut aussi laisser le temps et l’humeur fluctuante effacer les images [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">On fait ce que l’on veut d’un souvenir. On peut longtemps après en goûter encore la saveur. En garder soigneusement la beauté pour pouvoir la restituer, dans toute sa joie et sa tendresse, comme un rayon de soleil illumine un jour de grisaille.<br />
On peut aussi laisser le temps et l’humeur fluctuante effacer les images , la mélodie des rires et des émotions. Ou les déformer, ajoutant parfois des ombres nouvelles à des instants de bonheur, créant des doutes là où n’y avait qu’une harmonie paisible et que chacun a, parfois fugacement, ressenti.<span id="more-4062"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le souvenir des quelques jours qui viennent de s’écouler, je veux le garder intact, il est précieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4067" title="vazy1" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/06/vazy1.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">D’abord il y a eu la route sous le soleil. Comme en prélude, pour avoir le temps d’imaginer les retrouvailles et les nouvelles rencontres.<br />
Elle déroulait ses courbes sur les monts auvergnats. A Aubenas, mon enfance subitement se réveille. C’était la route des vacances.  Cap vers le midi et on prononçait « Aubenasse » pour faire chanter le nom. Passé Valence, c’est le sud. Quand on vient du Berry on en guette tous les signes.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis il y a eu des embrassades et des éclats de rire. Des verres levés et prestement vidés. Le vin était bon et que dire de la bière directement arrivée du nord !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4068" title="vazy2" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/06/vazy2.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Sans t’avoir jamais vu(e) je t’ai toujours connu(e). C’est une évidence.<br />
Car c’est sur nos idées que nous sommes rassemblés. Le monde que nous voulons est possible, la preuve nous sommes là et nous en esquissons les contours. Liberté, justice, dignité humaine pour toustes, des lendemains joyeux et l’art à portée de main.</p>
<p style="text-align: justify;">Créer du bonheur pour éloigner le malheur qui rôde et combattre les loups, déjà prêts à entrer dans la ville, qui aiguisent leurs crocs.</p>
<p style="text-align: justify;">Jouer avec les enfants insouciants, cajoler un adorable bébé.</p>
<p style="text-align: justify;">Chanter sur les accords d’une guitare, en majeur ou en mineur mais toujours du fond du cœur. Des chansons presque oubliées qui parlent de liberté, de lutte, d’amour, de la jeune fille du métro et des camionneurs qui sont sympas.</p>
<p style="text-align: justify;">Partager  les repas. « <em>L&#8217;homme riche, c&#8217;est celui qui ne mange pas seul à table</em> » dit un vieux proverbe africain. Nous étions pleins aux as, attablés tous ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Dans le noir, les sourires se voient</em> ». Ils illuminent la nuit et même si l’on a un peu froid on ne va pas quitter sa place et rompre les discussions qui ricochent d’un bout à l’autre de la tablée.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4069" title="vazy3" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/06/vazy3.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Marcher sur des chemins bordés de pensées sauvages, donc libres, en se racontant des bribes de nos histoires. Des douleurs et des joies. Les épreuves surmontées. Les projets et les rêves.</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi croire, encore et toujours, que l’on peut vivre autrement, que la pauvreté, l&#8217;injustice, l&#8217;étouffement ne sont pas inéluctables.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>C&#8217;est tout notre fond commun, ce désir, cet élan tu sais bien !</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Des embrassades encore &#8211; parfois « avec toute mon affection » n’est pas une vaine formule car on ne la dit pas, on la vit- avant de nous éparpiller, aux quatre coins de l’hexagone.</p>
<p style="text-align: justify;">Et moi, emplie d’un désir d’écrire renouvelé, forte et fière de savoir que nous sommes nombreux à aspirer à un monde pacifié, que nous sommes forts et joyeux et qu’il ne tient qu’à nous  d’être invincibles.</p>
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		<title>Le stylo d&#8217;Elisabeth</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 15:21:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je les ai accompagnés jusqu’au bout de l’allée. Les larmes aux yeux, ils m’ont serrée dans leurs bras. L’un après l’autre, s’inquiétant à mi-voix de ma tristesse. C’est drôle comme la mort abaisse l’intensité des voix. Cette semaine ne fut que murmures. Pourtant, Anton a quitté à jamais le monde des bruits et ma peine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3961" title="1198407303.4" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/05/1198407303.4.jpg" alt="" width="150" height="117" /></p>
<p style="text-align: justify;">Je les ai accompagnés jusqu’au bout de l’allée. Les larmes aux yeux, ils m’ont serrée dans leurs bras. L’un après l’autre, s’inquiétant à mi-voix de ma tristesse. C’est drôle comme la mort abaisse l’intensité des voix. Cette semaine ne fut que murmures. Pourtant, Anton a quitté à jamais le monde des bruits et ma peine se soucie peu des  tumultes. Elle serait la même au milieu du chaos.<span id="more-3951"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis rentrée à la maison. Ils avaient tout rangé, tout mis en ordre. Leur ordre. Ils n’avaient pas fouillé le bureau d’Anton. Pas encore. Je sais que bientôt ils le feront, à la recherche d’un manuscrit délaissé, inachevé, de lettres où ils espèreront dénicher quelques secrets ou des traces de l’amour paternel.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis assise sur sa chaise. J’ai allumé l’ordinateur. La poste était pleine de messages. Condoléances. Regrets affligés. Il nous manquera. Et à moi, donc, qui ai vécu si longtemps dans sa chaleur. Désormais le froid en moi s’est déployé. Tenace. Tentaculaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon esprit était vide et mes gestes machinaux. Sans savoir pourquoi j’ai ouvert le tiroir du bureau. Son tiroir. Là où dormaient ses souvenirs. Les miens sont ailleurs. Ce n’est parce que l’on s’aime si longtemps et si fort que l’on mélange ses mémoires du temps d’avant.</p>
<p style="text-align: justify;">Et tout de suite, éclat de métal bleu grisé, je n’ai vu que lui : le stylo d’Elisabeth.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que pendant les premières années de notre amour il fut comme une écharde dans mon cœur jaloux, je l’avais oublié.<br />
Assoiffée d’absolu,  je voulais, naïve et égoïste, être pour Anton la seule, l’unique. Qu’aucune autre n’ait pu et ne puisse  jamais susciter en lui les ondes du désir fou et inépuisable qui enchantait nos vies.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos premières rencontres avaient le goût des baisers enflammés, des gestes inachevés, des frissons, des confidences. Pour moi quelques amourettes, pour lui des aventures sans lendemain et Elisabeth.<br />
Il disait qu’elle avait été le soleil qui avait illuminé sa première année en France. Que sans elle il serait peut-être retourné à Prague. Qu’ils étaient aimés, follement. Puis elle avait disparu, l’abandonnant dans une chambre d’hôtel. Il avait trouvé une lettre dans la poche de sa veste et son stylo, resté sur une table.</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai jamais su ce qu’il est advenu de la lettre, ou peut-être l’ai-je oublié mais le stylo était omniprésent. Il me narguait, me suggérant sans cesse que  je ne devais l’amour d’Anton qu’au renoncement d’une autre et qu’il aurait suffit qu’elle apparaisse pour qu’il la suive, sans un regard pour moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j’étais jeune alors et sotte! Je ne savais pas encore que l’amour n’est ni exclusif ni épuisable mais qu’au contraire, vibrant tout au long de la vie, il s’enrichit des rencontres, des baisers et des caresses.</p>
<p style="text-align: justify;">Dommage, Elisabeth, qui doit être aujourd’hui une vieille dame, ne saura jamais à quel point elle a rendu Anton  heureux et que, du fond de mon cœur devenu sage, je l’en remercie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Ce texte, prolongement du <a href="hhttp://www.celestissima.org/comme-un-tresor-enfoui-dans-la-memoire/ttp://" target="_blank">précédent</a>, a été lui aussi écrit pour le jeu du <a href="http://a1000mains.hautetfort.com/" target="_blank">blog à 1000 mains</a>.</em></p>
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		<title>Comme un trésor, enfoui dans la mémoire</title>
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		<pubDate>Mon, 10 May 2010 12:24:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« &#8211; Mon stylo ! Je l’ai oublié sur la terrasse ! - Quelle terrasse, mamie ? - La terrasse de la chambre. A l’hôtel. Il faut aller le chercher, tout de suite. - Mais quel hôtel, mamie ? - L’hôtel ! L’hôtel où j’ai retrouvé Anton. Il faut aller le chercher, tout de suite. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3944" title="1198407303" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/05/1198407303.jpg" alt="" width="500" height="391" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3941"></span></p>
<p style="text-align: justify;">« &#8211; Mon stylo ! Je l’ai oublié sur la terrasse !<br />
- Quelle terrasse, mamie ?<br />
- La terrasse de la chambre. A l’hôtel. Il faut aller le chercher, tout de suite.<br />
- Mais quel hôtel, mamie ?<br />
- L’hôtel ! L’hôtel où j’ai retrouvé Anton. Il faut aller le chercher, tout de suite. Sinon Louis va s’apercevoir que je ne l’ai plus. Il va me poser des questions.<br />
- Anton? C’est qui Anton ?<br />
- C’est Louis qui m’a offert le stylo. Il est bleu, bleu gris. Je l’ai laissé sur la table de la terrasse, à côté de la théière. Quand les oiseaux  m’ont réveillée, Anton dormait. Je me suis levée. Le ciel était encore pâle et l’air doux, comme une caresse. J’ai pensé que ce serait une belle journée. Une belle journée pour se quitter et cela a augmenté ma peine. Je ne pouvais pas faire autrement. Je devais m’arracher à Anton. Tu sais ce que ça veut dire, s’arracher à quelqu’un ? Anton, c’était…c’était celui que j’avais toujours attendu. Mais il est arrivé trop tard. C’est de ma faute, je n’ai pas eu assez de patience. Je me suis découragée. Il ne faut jamais se décourager, se contenter, comme je me suis résignée à épouser Louis. Il faut suivre ses rêves, enfin, ne pas les trahir. Et moi, j’ai triché. J’ai trompé Louis avec Anton et à Anton, je n’ai rien dit. Je lui ai caché ma vie. Oh, pas longtemps, deux jours. Deux jours volés à Louis et aux enfants. Ce n’est pas beaucoup pour vivre un amour. Le vivre entièrement, avec les frissons et les rires, l’extase et la douleur. Deux jours pour liquider les rêves… Il faut aller chercher le stylo, tout de suite, sinon Louis va se douter de quelque chose<br />
- Mais c’était il y a longtemps Mamie, Louis n’est plus là. Tu ne risques rien.<br />
- J’ai pris le stylo dans mon sac. Je me suis assise, face au parc et j’ai écrit une lettre à Anton. Je lui ai dit qu’il ne me reverrait jamais. Que j’étais désolée. Que je l’aimais, que son souvenir m’accompagnerait tout au long de ma vie. Comme un trésor. Mes larmes ont coulé sur la feuille, se sont mêlées à l’encre bleue. Bleue, comme le stylo, comme la table, comme le ciel de ce matin-là. Je ne savais pas qu’une couleur pouvait être si triste. J’ai plié la lettre et je l’ai glissée dans la poche de la veste d’Anton. Sa veste de lin beige. Il a ouvert les yeux et j’ai séché les miens. Nous avons fait l’amour. Pour la dernière fois. Après j’ai pleuré, il m’a demandé pourquoi et  je lui ai dit que c’était l’excès de bonheur qui me bouleversait. Tu sais, comme un vase qui déborde. Puis nous avons pris le petit déjeuner sur la terrasse. Je me suis habillée. J’ai pris mon sac. J’ai posé mes lèvres sur les siennes pour m’emplir de son souffle et je suis partie. »</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce texte fait suite au nouveau jeu littéraire proposé par  <a href="http://a1000mains.hautetfort.com/" target="_blank">le blog à mille mains,</a> sur une photo de Thé citron.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Cendres</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Apr 2010 16:59:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au jour le jour]]></category>
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		<description><![CDATA[A Pompéi, je surveillais le ciel. Je n’étais pas dupe de sa limpidité. On m’avait expliqué que jadis, en quelques heures, des cendres éjectées par le Vésuve, ce traître, ce monstre, avaient recouvert la ville, étouffant ses habitants, figeant leurs ultimes efforts. J’avais dix ans. La veille nous avions grimpé sur les pentes du volcan. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">A Pompéi, je surveillais le ciel. Je n’étais pas dupe de sa limpidité. On m’avait expliqué que jadis, en quelques heures, des cendres éjectées par le Vésuve, ce traître, ce monstre, avaient recouvert la ville, étouffant ses habitants, figeant leurs ultimes efforts.<span id="more-3808"></span><br />
J’avais dix ans.<br />
La veille nous avions grimpé sur les pentes du volcan. Il semblait si calme, si inoffensif, presque ennuyeux. Les pierres grises roulaient sous nos pieds. Il faisait chaud et j’avais envie d’une glace. « <em>Gelato, gelato</em> ! »<br />
Mais dans les rues de Pompéi, peu à peu l’inquiétude me gagnait. Et si là, d’un seul coup, le Vésuve se réveillait ? S’il se mettait à cracher ses cendres mortelles ? Si le ciel devenait noir ?</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, là-bas, en Islande, terre de feu et de glace, c’est un autre volcan qui projette dans le ciel son épaisse fumée. Les cendres envahissent le ciel et les humains restent au sol.<br />
Leurs avions inutiles patientent sur les tarmacs. Les compagnies aériennes font les comptes. Ils sont mauvais. Nul doute qu’un jour ou l’autre, nous, citoyens lambdas, devrons en payer les conséquences et même ceux d’entre nous qui ne voyagent pas. Ce sera comme pour les banques et autres déficits financiers, on fera raquer les petits.<br />
Les vulcanologues et les météorologues se grattent le crâne et répondent prudemment aux questions.<br />
&laquo;&nbsp;<em>Des signes indiquent que la pression est en train de décroître et que l&#8217;éruption sera plus calme</em>&laquo;&nbsp;, <a href="http://lci.tf1.fr/science/environnement/2010-04/encore-une-semaine-de-perturbations-5821103.html" target="_blank">dit l’un</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">«<em> Cette éruption pourrait se poursuivre longtemps, chaque volcan est différent et nous n&#8217;avons pas beaucoup de recul sur celui-là &#8211; il n&#8217;était plus entré en éruption depuis 200 ans. Il nous faut l&#8217;observer très attentivement, parce que tous les volcans se comportent différemment les uns des autres. La dernière fois qu&#8217;il était entré en éruption, le phénomène s&#8217;était poursuivi avec des phases d&#8217;activité et d&#8217;inactivité pendant plus d&#8217;un an</em> », déclare l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Vu de l’extérieur on a la curieuse impression que ces pourtant savants en savent à peine plus que nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Et s’il continuait à cracher, ce volcan au nom imprononçable (Eyjafjöll) ?<br />
Pendant des jours, des semaines, des années ?<br />
Transformant l’espace aérien en un gigantesque nuage de cendres ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les grands de ce monde seraient cloués au sol, condamnés au train, à la voiture. Finies les escapades d’un bout à l’autre de la planète pour un rien, un caprice, une signature en bas d’un acte commercial.</p>
<p style="text-align: justify;">Les avions guerriers ne pourraient plus lâcher ni leurs bombes, ni leurs soldats. Les enfants afghans connaitraient peut-être enfin la paix.</p>
<p style="text-align: justify;">Les magasins arrêteraient de nous proposer des aliments venus à grands frais financiers et écologiques de l’autre bout de la planète. Finis les avocats mexicains et les haricots verts kenyans.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hiver on mangerait des patates et des choux et des betteraves (avec un bout de saucisse ?)</p>
<p style="text-align: justify;">Et toi, Celeste, ricane la lectrice ou le lecteur malintentionné(e), tu ne pourrais plus voyager !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est vrai, je n’irais plus en Inde (enfin plus aussi facilement)  et j’en serais triste.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors je penserais à Shiva, couvert de cendres, qui indéfiniment détruit le monde afin qu’il puisse renaître.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.article11.info/spip/spip.php?article772" target="_self">A lire, un très beau texte de Biffo, auteur et activiste italien</a></p>
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		<title>La fille à la valise</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 08:24:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au jour le jour]]></category>
		<category><![CDATA[Céleste]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[jeu]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>

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		<description><![CDATA[Ses hauts talons claquant sur les pavés, elle nous a doublés d’un pas vif. Et, tous les deux, nous l’avons suivie des yeux. Lui fixait les fesses qui dansaient sous la jupe courte, moi je regardais la valise. S’il avait été avec un homme il aurait dit un truc du genre « Je me la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3733" title="666487988" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2010/03/666487988.jpg" alt="" width="400" height="400" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3727"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ses hauts talons claquant sur les pavés, elle nous a doublés d’un pas vif.<br />
Et, tous les deux, nous l’avons suivie des yeux.<br />
Lui fixait les fesses qui dansaient sous la jupe courte, moi je regardais la valise.<br />
S’il avait été avec un homme il aurait dit un truc du genre « Je me la ferais bien ! » ou « Elle a l’air bonne celle-là ! ».<br />
L’autre aurait ricané en acquiesçant et ils seraient imaginés comme deux irrésistibles chasseurs de femelles.</p>
<p style="text-align: justify;">D’habitude, quand son regard accroche si lourdement des jambes dénudées ou des seins pigeonnants, je suis agacée. Triste aussi.<br />
A quoi bon avoir un amant, qui paraît-il brule de désir pour moi, si celui-ci ne peut, lors de nos rencontres, me réserver son attention ?<br />
Pas parce que je suis parfaite mais parce que je suis là, avec lui, pour lui. Alors j’aimerais qu’il ne voie que moi. Ou plutôt, j’aurais aimé, il y a longtemps, que ce fut ainsi.<br />
Avant, quand notre histoire n’était pas encore une habitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y avait la valise qui glissait sur la chaussée et le pas décidé de la fille. Ses jambes bronzées. Les mèches blondes de ses cheveux lisses.<br />
J’ai pensé « liberté ».<br />
J’ai rêvé d’en finir avec ces rendez-vous qui depuis longtemps avaient perdu le goût de l’aventure, avec ces étreintes sans surprise et ce désir étiolé.<br />
Ne plus me contenter de cet ersatz d’amour.<br />
Avoir enfin le courage d’être seule.</p>
<p style="text-align: justify;">Et lui qui la matait toujours, sans gêne.</p>
<p style="text-align: justify;">La fille s’est éloignée. Il a posé la main sur mon épaule. Je savais que, satisfait du dîner, la panse pleine et la libido enflammée, il me dirait « On y va chérie, il se fait tard ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne l’ai pas laissé parler. J’ai doucement enlevé la main qui froissait le tissu de ma robe. Je me suis tournée vers lui et j’ai dit : « Non, pas ce soir, j’ai envie d’être seule ».</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, sans lui laisser le temps de répondre, j’ai tourné les talons et j’ai marché droit devant moi.<br />
Dans ma tête, je remplissais une valise.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Ce texte fait suite à un jeu littéraire lancé par <a href="http://madamekevin.hautetfort.com/archive/2010/03/10/jeux-d-ecritures-acte-3.html" target="_blank">Madame Kevin</a> pour <a href="http://a1000mains.hautetfort.com/" target="_blank">le blog à mille mains</a>, basé sur une photo de Robert Lubanski .  <a href="http://nouvelhermes.blogspot.com/2010/03/serie-b.html" target="_blank">Hermès</a> m&#8217;a invitée à y participer, à mon tour je le propose à <a href="http://faisminenine.eu.org/" target="_blank">Nine</a> (qui n&#8217;a pas publié depuis trop longtemps ).<br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Mortels à Saint-Tropez</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 21:08:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au jour le jour]]></category>
		<category><![CDATA[Céleste]]></category>
		<category><![CDATA[pensées]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
		<category><![CDATA[societé]]></category>

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		<description><![CDATA[Alignés face à la mer, comme les bateaux du port qui, petits et gros, doucement tanguent, les morts de Saint-Tropez reposent en silence. Peu leur importe, aux morts, le pouvoir, l’argent, les vaines illusions dont les humains se bercent. Les bateaux, au contraire affichent la richesse. Mâts effilés, proues orgueilleuses, ponts bien cirés. Le plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Alignés face à la mer, comme les bateaux du port qui, petits et gros, doucement tanguent, les morts de Saint-Tropez reposent en silence.<span id="more-3124"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3131" title="saint tropez1" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez1.jpg" alt="saint tropez1" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3132" title="saint tropez2" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez2.jpg" alt="saint tropez2" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Peu leur importe, aux morts, le pouvoir, l’argent, les vaines illusions dont les humains se bercent.<br />
Les bateaux, au contraire affichent la richesse. Mâts effilés, proues orgueilleuses, ponts bien cirés.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3133" title="saint tropez3" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez3.jpg" alt="saint tropez3" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3134" title="saint tropez4" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez4.jpg" alt="saint tropez4" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le plus gros, le plus cher, le plus luxueux, blanc comme une meringue, haut comme une maison, les marins à son bord le décorent de fleurs.<br />
Comme les tombes en ce premier novembre gris bleu, gris doux, gris tendre du ciel qui descend dans la mer.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3135" title="saint tropez5" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez5.jpg" alt="saint tropez5" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Trop beau pour être triste ce cimetière si fleuri, débordant de couleurs.<br />
De mots d’amour aussi, d’épitaphes gracieuses.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3136" title="saint tropez6" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez6.jpg" alt="saint tropez6" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Poèmes recopiés<br />
« <em>Douceur d’être et de n’être pas<br />
Car j’ai vécu de vous attendre<br />
Et mon cœur n’était que vos pas</em> »  (Paul Valéry)</p>
<p style="text-align: justify;">Poèmes détournés.<br />
« <em>Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,<br />
Ouverts sur quelque immense aurore<br />
Perdus au-delà des tombeaux<br />
Les yeux qu’on aime voient encore</em> » (d’après Sully Prudhomme)</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ont le temps les morts de goûter la quiétude, ils n’attendent plus rien, pas comme les voiliers qui espèrent du ciel une brise clémente.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3137" title="saint tropez7" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez7.jpg" alt="saint tropez7" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3138" title="saint tropez8" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez8.jpg" alt="saint tropez8" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Sur le quai les vivants déambulent, admiratifs ou jaloux. Avoir un beau bateau, être riche, célèbre, naviguer au loin direction les tropiques ou prendre l’apéro sur le pont, les fesses calées dans un fauteuil en tek, narguer le gueux qui passe.<br />
Je suis riche ô mortel !</p>
<p style="text-align: justify;">Croix de fer.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3140" title="saint tropez9" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez9.jpg" alt="saint tropez9" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Croix de pierre.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3141" title="saint tropez10" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez10.jpg" alt="saint tropez10" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mortel, tu l’es toi aussi !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3142" title="saint tropez11" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/11/saint-tropez11.jpg" alt="saint tropez11" width="500" height="333" /></p>
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		<title>Acclimatation</title>
		<link>http://www.celestissima.org/acclimatation/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Oct 2009 19:02:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au jour le jour]]></category>
		<category><![CDATA[Céleste]]></category>
		<category><![CDATA[pensées]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà, nous sommes installés aux Arcs. Après la bourgeoise Bologne, protégeant son opulence sous de sombres enfilades d’arcades, la quiétude lumineuse d’un village varois. Ça tombe bien, j’avais envie de campagne et j’ai toujours aimé la Provence. Souvenirs éblouis des étés de mon enfance : Bormes les Mimosas, la Croix Valmer, les oliviers, les cigales, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Voilà, nous sommes installés aux Arcs. Après la bourgeoise Bologne, protégeant son opulence sous de sombres enfilades d’arcades, la quiétude lumineuse d’un village varois. Ça tombe bien, <a href="http://www.celestissima.org/desir-de-campagne/" target="_blank">j’avais envie de campagne</a> et j’ai toujours aimé la Provence. Souvenirs éblouis des étés de mon enfance : Bormes les Mimosas, la Croix Valmer, les oliviers, les cigales, les pins parasols.<span id="more-2960"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je prends le temps de découvrir ce nouvel environnement.  Dix ans que je n’ai pas vécu en France.<br />
Après un mois de Septembre très agité, je me rééquilibre, je m’acclimate. J’observe, j’apprécie l’ambiance des lieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n’avons toujours pas Internet à la maison. Il semble que cette installation, banale et rapide en Italie, soit ici longue et complexe. Jour après jour les difficultés se succèdent : pas de ligne, pas de prise, pas de serveur, des techniciens envoyés par France Telecom, sous-traitants, qui installent un boitier dans le garage mais pas au salon, avant de partir ils me demandent d’exprimer par écrit un jugement sur leur prestation. Que dire ? « Pas sur notre travail, me précise le charmant jeune homme, sur nous, si nous nous sommes bien comportés. »<br />
En gros on demande au client de moucharder. J’écris « satisfaite », les techniciens ont été polis, ils n’ont pas craché par terre ni pissé dans le jardin. Seul problème, je n’ai toujours ni téléphone, ni Internet.<br />
Pazienza !</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, nous nous connectons sur la place du village, sous les platanes, assis devant un café le matin et une bière l’après-midi. Mais mon ordi n’est plus tout jeune, il n’a guère d’autonomie. Le temps de lire les mails et hop, black out.</p>
<p style="text-align: justify;">Pas grave, cette pause est bénéfique. Moins écrire sur le web me permet de plus réfléchir et puis, j’ai beaucoup de choses à faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Aménager le nouvel appartement.<br />
Disposer chaque objet à sa place idéale, c&#8217;est-à-dire la plus suggestive, là où il me parle, m’adresse un clin d’œil, déclenche un souvenir.<br />
Me promener dans le village.<br />
Explorer le marché du jeudi matin.<br />
Discuter avec les gens que je rencontre : les voisins charmants, les commerçants aimables.<br />
Ratisser le jardin. Chercher les tortues dans les buissons, leur déposer des feuilles de salade.<br />
Ecouter la radio. Branchée sur France Inter. Tout n’est pas bon, loin s’en faut, mais certaines émissions éveillent l’intérêt.<br />
Sur le net, prise par trop de sollicitations je n’écoutais jamais (disons très rarement)  &laquo;&nbsp;<a href="http://www.la-bas.org/" target="_blank">Là-bas si j&#8217;y suis</a>&laquo;&nbsp;, de Daniel Mermet. Maintenant je m’en délecte. C’est le rendez-vous de l’après-midi.<br />
Je me rapproche d’une conclusion sur laquelle je médite depuis quelques jours : Internet favorise l’éparpillement des informations et des idées. Tout au moins en ce qui me concerne. Souvent, je ne trie pas assez mes lectures. Je dévore, je me goinfre superficiellement d’une énorme quantité de phrases, de mots que d’autres ont écrits et qui forment un magma brumeux, enchevêtré, qu’illuminent heureusement quelques perles de lucidité, d’intelligence, de culture, d’émotion.<br />
J’espère avoir la sagesse future de me garder de cette boulimie de lecture qui embrouille plus qu’elle n’éclaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant trente ans j’ai vécu avec mes enfants : un, puis deux, puis trois et à nouveau un, enfin plutôt une, ma fille, ma princesse, mon ange, mon oiseau ou ma poule suivant les moments et les humeurs.<br />
Nous ne vivrons plus ensemble.<br />
C’est un juste cheminement.<br />
Si parfois je ressens un peu de nostalgie, je ne suis pas triste. J’ai confiance.<br />
Une nouvelle période de ma vie, qui n’a pas été linéaire, commence. Je sais qu’elle mène vers la vieillesse mais peu importe j’ai encore tellement à faire, à découvrir, à observer, à aimer, à lire, à écrire.</p>
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		<title>Pause</title>
		<link>http://www.celestissima.org/pause/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 06:30:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Céleste]]></category>
		<category><![CDATA[pensées]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle n’est pas volontaire mais elle sera réelle : pas d’Internet à disposition pendant les prochains jours (semaines ?). Tout dépendra du bon vouloir des sociétés de téléphonie, plus elles seront rapides,  moins je serai absente du web. Pas grave, d’abord j’ai une montagne de trucs à faire, un déménagement, c’est beaucoup de boulot, ensuite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Elle n’est pas volontaire mais elle sera réelle : pas d’Internet à disposition pendant les prochains jours (semaines ?).<br />
Tout dépendra du bon vouloir des sociétés de téléphonie, plus elles seront rapides,  moins je serai absente du web.<span id="more-2951"></span></p>
<p>Pas grave, d’abord j’ai une montagne de trucs à faire, un déménagement, c’est beaucoup de boulot, ensuite une petite pause n’est pas pour me déplaire, j’aurai le temps de penser et d’écrire.<br />
Dès que je peux, le récit de ces derniers jours qui ont été…ébouriffants et exténuants.</p>
<p>Voili, voilou, à bientôt <img src='http://www.celestissima.org/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </p>
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		<title>Sur la plage de Nice</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 11:56:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au jour le jour]]></category>
		<category><![CDATA[Céleste]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Nice]]></category>
		<category><![CDATA[pensées]]></category>
		<category><![CDATA[societé]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Nice, jeudi  28 mai 2009 9 heures Grise sous le soleil, la plage est presque déserte. Quelques baigneurs s’ébattent dans l’eau limpide. Dans le ciel, un avion a laissé une longue trace dont le blanc laiteux doucement se fond dans l’azur. C’est superbe. J’étale ma natte sur les galets. Tout près du rivage mais pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Nice, jeudi  28 mai 2009</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>9 heures </strong><br />
Grise sous le soleil, la plage est presque déserte. Quelques baigneurs s’ébattent dans l’eau limpide. Dans le ciel, un avion a laissé une longue trace dont le blanc laiteux doucement se fond dans l’azur.<br />
C’est superbe.<span id="more-2311"></span></p>
<p style="text-align: justify;">J’étale ma natte sur les galets. Tout près du rivage mais pas trop, je me méfie des vagues que provoquent les bateaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Allongée au soleil, j’entame la lecture du Siné Hebdo que je viens d’acheter au kiosque de la Promenade.</p>
<p style="text-align: justify;">Soupir d’aise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>9 heures 30</strong><br />
Petit à petit, la partie inférieure de la plage se remplit. Poussés par quelque immémorial instinct grégaire, les nouveaux arrivants s’installent de préférence à côté de moi. J’ai désormais à ma gauche des touristes nordiques décidés à offrir en pâture aux rayons du soleil la blancheur rosée de leurs épidermes et à ma droite une femme dont je devine au bronzage doré qu’elle est une habituée des lieux. Elle se tartine consciencieusement d’une lotion huileuse ; son odeur, qui parvient jusqu’à mes narines, indique sans doute possible qu’elle est à base de noix de coco.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>9 heures 45</strong><br />
Une petite famille russe, maman, papa et joli bébé blond, s’installe avec armes et bagages dans le peu d’espace que j’avais laissé entre l’onde et moi. Un peu agacée par cette intrusion dans ce que je considérais bêtement comme mon espace, je ricane intérieurement en pensant à la vague qui inévitablement viendra tremper leurs serviettes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>10 heures</strong><br />
J’ai fini la lecture de mon journal et, alors que la partie supérieure de la plage reste résolument vide, la partie inférieure affiche complet.<br />
Derrière mes lunettes de soleil, j’observe mes congénères.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>10 heures10</strong><br />
Comme prévu une vague attaque la petite famille russe emportant deux serviettes et une paire de savates. Le papa se précipite pour les repêcher tandis que la maman rigole avec bébé. Puis sans la moindre hésitation, hop, ils reculent de deux mètres. Ils sont maintenant assis juste au bout de ma natte. Bien que contrariée par cette invasion je tente un sourire mais impossible de croiser un regard. Même le bébé a l’air de me snober.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>10 heures15</strong><br />
Résolue à ne pas me laisser gagner par la mauvaise humeur, je décide d’aller me baigner. Je pose un pied dans l’eau, fraîche, puis deux. J’avance lentement, me tordant les chevilles sur les galets. Immergée jusqu’à la taille, je prends de l’eau dans ma main pour la laisser couler dans ma nuque et sur ma poitrine, comme ma maman m’a toujours dit de le faire. Brrrr !<br />
Immobile je m’accorde quelques instants de répit, le plus dur, l’immersion totale, reste à faire. Hors de question de reculer. Je me concentre sur l’objectif puis ne pense plus à rien et me laisse emporter par une vague. Froid, saisie, froid. Brasse rapide.<br />
Bientôt le bien être m’envahit. L’eau est claire et douce. Je nage longuement vers le large.<br />
Allongée, les bras en croix, je dérive lentement, comme en équilibre entre l’eau et le ciel, le regard perdu dans le bleu.<br />
Et comme à chaque fois que je m’abandonne ainsi, à n’être qu’un corps balloté par les vagues, j’éprouve une intense sensation de félicité et me revois, encore adolescente, flottant dans la tiédeur salée de la méditerranée, au sud de la Turquie. Je sais pourquoi ce souvenir me revient toujours, j’avais à cet instant là eu la fugace conscience du bonheur et décidé de ne jamais l’oublier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>10 heures 35</strong><br />
Je sors de l’eau pour constater qu’un couple de dames âgées a pris place juste derrière ma natte. Elles sont allongées sur le dos, lourdes masses silencieuses et immobiles et l’une d’elle a le pied posé sur mon paréo. Je tire sans ménagement pour récupérer mon bien. La masse bouge à peine, pousse un vague grognement.</p>
<p style="text-align: justify;">Couchée sur ma natte, la tête entre les pieds de la dame et les pieds à trois centimètres du dos de la maman russe, je confie au soleil le soin de sécher mon maillot et mes cheveux.<br />
Je pense aussi.<br />
A <a href="http://celestissima.20minutes-blogs.fr/archive/2006/09/19/sur-la-plage-de-chennai.html" target="_blank">la plage de Chennai</a>, <a href="http://celestissima.20minutes-blogs.fr/archive/2006/09/20/sur-la-plage-de-chennai-suite.html" target="_blank">si différente</a>, où les femmes en sari sautent joyeusement dans les vagues, où leurs enfants, trempés comme des oisillons après la pluie, se poursuivent en riant, où l’on se promène lentement dans le crépuscule, où l’on se rencontre pour bavarder, faire un puja, grignoter des cacahuètes au curry qui arrachent les papilles.<br />
Une plage conviviale et animée. Le contraire de celle où je suis.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici les corps allongés, parfois impudiquement exposés au soleil, sont étrangers les uns aux autres. Proches à se toucher mais méticuleusement séparés afin qu’aucune communication ne soit possible.<br />
Ni regard ni sourire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>11heures</strong><br />
Cernée de toute part, la peau déjà rosie par le soleil, je décide de quitter les lieux. A peine ai-je enfilé ma robe et replié ma natte qu’un couple se précipite pour prendre ma place.</p>
<p style="text-align: justify;">De loin je jette un dernier coup d’œil à la plage, aux corps échoués sous le soleil, muets, figés.</p>
<p style="text-align: justify;">Drôle d’humanité !</p>
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		<title>1961 Vacances en Corse</title>
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		<pubDate>Mon, 25 May 2009 22:04:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Celeste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récits]]></category>
		<category><![CDATA[Céleste]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, Eric a consacré un billet aux archives de blogs, parmi les conseils, judicieux, qu’il propose, il y a celui-ci : citer ses anciens billets. Voici donc un texte que j’ai écrit le 26 mai 2007, il y a deux ans, pile poil ! Le gros bateau qui nous emmène en Corse s’appelle le Napoléon. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, <a href="http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2009/05/15/10-idees-pour-mettre-en-valeur-les-archives-de-son-blog.html" target="_blank">Eric</a> a consacré un billet aux archives de blogs, parmi les conseils, judicieux, qu’il propose, il y a celui-ci : citer ses anciens billets.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici donc un texte que j’ai écrit le 26 mai 2007, il y a deux ans, pile poil !<span id="more-2296"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2298" title="medium_corse-claudine-histoire" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/05/medium_corse-claudine-histoire.jpg" alt="medium_corse-claudine-histoire" width="500" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le gros bateau qui nous emmène en Corse s’appelle le Napoléon. Orgueilleux de ses bois vernis et de ses cuivres brillants, il croise fièrement vers l’île de Beauté. Sur le pont éclaboussé de soleil, grisée par la brise marine et ma poupée sous le bras, je découvre l’infini de la mer, ses roulis et ses tangages, la dentelle blanche de l’écume, la plongée du ciel dans la mer, tout là bas, à l’horizon. Je suis très aussi très préoccupée par la disparition du chien de nos voisins de transats qui a profité d’un moment d’inattention de leur part pour prendre le large, trainant sa laisse derrière lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces vacances seront une bulle de bonheur, scintillante et pure, que nul souci n’entachera et dont l’enchantement marquera à jamais ma mémoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mes parents, sont jeunes, amoureux, ils découvrent le monde avec curiosité et enthousiasme, le même enthousiasme qu’ils portent à leur profession d’instituteurs, convaincus qu’ils sont de l’importance de leur rôle.<br />
Annie et moi sommes deux fillettes adorables, par la suite, les tourments de l’adolescence aidant, il parait que nous deviendrons des pestes, mais ce temps là est encore loin et pendant cet été corse,  je n’ai que deux héros : mon papa qui sait plonger la tête la première et marcher au milieu des chardons et ma maman qui chante « Au gai vive la rose » et « Perrette était servante ».<br />
Pour ma part je passerai mes vacances à entonner gaiement et à tout bout de champ « Napoléon est mort à Sainte Hélène, son fils Léon lui a crevé le bidon », faisant preuve à la fois d’un total manque de tact et d’une absence notable de sens poétique  mais d’un goût de la provocation déjà développé. Mes parents m’intimeront souvent de me taire, rien n’y fera je m’accrocherai à la rengaine avec toute l’énergie de mes 5 ans.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2299" title="medium_5corse-claudine-histoire" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/05/medium_5corse-claudine-histoire.jpg" alt="medium_5corse-claudine-histoire" width="500" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">La Corse que nous découvrons est une perle, une beauté encore farouche à l’image de Colomba, dont l’histoire, lue quelques  années plus tard me ravira.<br />
Dans le maquis embaumé des senteurs de plantes sauvages, les lézards dorment sur les pierres chaudes, bercés par les chants de cigales et les ânons gris lourdement chargés transportent des victuailles vers les fermes isolées, loin dans la montagne.<br />
Et puis, pendant  notre absence l’un d’entre eux est entré dans la tente et a dévoré notre déjeuner de quelques coups de dents maladroits, qu’est-ce qu’on a rigolé !<br />
J’apprends à nager, à tourbillonner dans l’eau transparente des criques. Le tourisme de masse n’ayant pas encore envahi l’île nous sommes souvent seuls sur de splendides plages, désertes et ombragées par des pins parasol.<br />
La 403 flambant neuve épouse les courbes des petites routes sinueuses qui surplombent la côte, je guette les tours sarrasines dont le nom me fait rêver.<br />
Pour notre grande joie mon papa imite très bien l’accent corse et nous rions à n’en plus finir.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2300" title="medium_3corse-claudine-histoire" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/05/medium_3corse-claudine-histoire.jpg" alt="medium_3corse-claudine-histoire" width="360" height="269" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes heureux, incroyablement heureux de partager des joies simples : prendre un bain, sauter dans les vagues, regarder sous l’eau avec un masque, pique niquer dans une forêt de chênes liège et s’amuser parce que « l’écorce » et « les corses ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mes parents sont gais et détendus, ils savourent ces vacances baignées de soleil qui effacent leurs enfances ponctuées par les sirènes d’alarme qui annonçaient les bombardements, les heures d’attente dans les caves en serrant les doigts pour retrouver la maison intacte, le violent impact des bombes qui tuaient aveuglément, le pas lourd des allemands en patrouille résonnant la nuit dans les rues désertées, les cohortes de réfugiés tirant derrière eux de misérables charrettes où ils avaient entassé quelques biens, les tickets de rationnement, le froid de l’hiver, les galoches trouées, la peur, la lâcheté des uns et l’héroïsme des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Les années noires s’éloignent et en ce début des années soixante, il n’y a pas que mes parents qui sont heureux. On respire. On travaille. On part en vacances. La société de consommation est en marche, mais l’on est encore méfiant, on ne gaspille pas, on préfère, justement, goûter d’une tartine de pain avec un carré de chocolat Poulain que d’un paquet de <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/05/25/Recherche-fondamentale" target="_blank">Paille d’Or</a>. Un sou est un sou, on sait ce qu’il en a coûté de le gagner.<br />
Et Dalida vante les mérites de l’ «Itsy bitsy petit bikini».</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2301" title="medium_1corse-claudine-histoire1" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/05/medium_1corse-claudine-histoire1.jpg" alt="medium_1corse-claudine-histoire1" width="337" height="450" /></p>
<p style="text-align: justify;">Oh, bien sûr, tout n’est pas rose, en octobre pour protester contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé, des Algériens de la région parisienne organisent, avec femmes et enfants, une manifestation pacifique, à deux pas du palais de l’Élysée et de l’Assemblée nationale. Le général de Gaulle donne carte blanche à Maurice Papon pour interdire la manifestation et la disperser par tous les moyens.<br />
Des dizaines de manifestants sont jetés dans la Seine.<br />
L’Humanité est saisie pour avoir dénoncé la répression.<br />
Bien qu’informés par les journaux des excès de la répression, l’opinion publique, les syndicats et les partis, y compris de gauche, restent sans réaction.<br />
Et puis à Berlin on élève un mur, de pierres et de barbelés, surmonté de miradors d’où des soldats n’hésiteront pas à tirer sur qui tentera de le franchir.</p>
<p style="text-align: justify;">Le reste du monde va comme il va. On est peu informés.</p>
<p style="text-align: justify;">Moi, j’ouvre sur la vie des yeux émerveillés.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2302" title="medium_2corse-claudine-histoire" src="http://www.celestissima.org/wp-content/uploads/2009/05/medium_2corse-claudine-histoire.jpg" alt="medium_2corse-claudine-histoire" width="337" height="450" /></p>
<p style="text-align: left;">A vous :<br />
Les plus belles vacances de votre enfance ?<br />
Des souvenirs de 1961 ?</p>
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