L’intérêt des célébrations annuelles est qu’elles se classent d’elles mêmes et spontanément dans la mémoire. Il est plus aisé de se souvenir des 31 Décembre que des 23 Février.
Leurs images défilant comme un (déjà) long ruban, m’évoquent les différentes phases de ma vie.
Réveillons de mon enfance dans un chalet de haute Savoie.
Fêtes euphoriques et bruyantes de ma jeunesse.
Réceptions élégantes, très élégantes.
Nuit dans un avion.
Tête à tête amoureux à la maison.
Raouts entre copains.
Noubas anonymes chez des amis d’amis d’amis
Grandes bouffes.
Soirées plus ou moins réussies, plus ou moins joyeuses.
Cette année fut un bon cru, des amis, du prosecco, de la rumba congolaise, des feux d’artifices, des pétards (avec ou sans mèches ), la campagne gelée, le crépitement du feu qui dévorait le vecchione mettant fin à 2007 et les chants révolutionnaires italiens.
Généralement et fort banalement, chaque premier Janvier je prends un certain nombre de résolutions.
Pour 2008, ce sera :
- ne pas me laisser perturber par les choses mineures, les détails, les broutilles
- donc me concentrer plus sur l’essentiel
- me tenir le plus éloignée possible des pisses-froids, des donneurs (ses) de leçons, de toutes les pitoyables créatures qui emplissent leur vie de haine et projettent leurs déjections et leurs certitudes agressives à la face du monde
- dépenser moins pour décroisser plus
- ne pas laisser la fatigue s’accumuler car ses effets secondaires provoquent chez moi une mauvaise humeur certaine (et déplaisante pour mon entourage)
- ne jamais hésiter à faire part de mes sentiments à ceux et celles pour qui j’ai de l’affection
- rester souriante et décontractée même quand je n’ai pas envie d’aller travailler et que les élèves me gonflent
- répondre plus à vos commentaires car, débordée par d’autres activités, je les laisse souvent s’accumuler sans trouver le temps de vous répondre (c’est pas bien, je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai honte mais un peu quand même)
- faire du yoga (l’idéal serait avec Marc, je ne désespère pas d’y arriver)
- être un peu plus ordonnée (le prochain déménagement devrait m’aider)
- danser plus souvent
- prendre le temps de ne rien faire
Pour finir, bonne année à toutes et tous, quel que soit le côté arbitraire de ces vœux, reste qu’il vaut mieux souhaiter la paix, la sérénité, le bonheur et l’amour que se déchirer ou s’insulter.
J’aimerais que cette année 2008 soit celle de la prise de conscience des maux de la planète et de ses habitants
Celle des luttes salvatrices.
Celle de la déchéance de ceux qui, sbires du capital ou suppôts de religions obscurantistes, détiennent en otages malheureux et soumis des milliards d’êtres humains dont chaque jour la liberté est plus menacée.
J’aimerais que 2008 soit l’année du réveil.
Et vous, quelles sont vos résolutions (au moins une) pour 2008 ?
Nous n’étions pas seuls, et loin s’en faut, à se frayer un chemin au milieu des pigeons de la place Saint Marc.
Pour Sri Minishiva, qui tout au long de la journée nous a improvisé des parties de cache cache animées, ce fut une véritable aubaine.
Des salles du musée de la basilique, aux ruelles et aux places bondées, le moindre recoin lui servit de cachette, ce qui ajouta à la visite de la cité des doges une note d’espièglerie.
Car la superbe et fière Venise est devenue une coquille presque vide, qui au rythme des saisons s’emplit et se vide de touristes venus du monde entier et ce n’est qu’en s’éloignant de la place Saint Marc et du Rialto, jouant à se perdre dans les ruelles, que l’on découvre la face authentique de la ville : les échoppes des artisans, les étals des marchés, les écoles.
Si une partie des Vénitiens résiste encore à l’envahisseur, d’autres ont vendu leurs maisons et leurs boutiques et se sont retirés de la ville.
A leur place, dans les trattorias de la zone touristique officient des familles chinoises.
Pizzas insipides, tambouille pseudo italienne, prix gonflés, peu importe les touristes sont là, ils ont faim et sont prêts à manger n’importe quoi à n’importe quel prix.
Les riches occupent les hôtels cinq étoiles, se prélassent en gondole, font leurs emplettes dans les boutiques de luxe.
Les autres, venus pour la journée sont arrivés en train ou ont laissé la voiture en parking avant de s’entasser sur le vaporetto.
Et le capitaine, passant la tête par la fenêtre de sa cabine, hurle que si les passagers ne sont pas suffisamment intelligents pour s’engager dans l’intérieur du bateau, au lieu de rester agrippés au bastingage pour découvrir Venise vue du grand canal, et bien tant pis, il ne quittera pas l’embarcadère.
Autour de nous on parle espagnol, russe, anglais, français plus d’autres langues que je ne parviens pas à identifier.
En fait un touriste sur trois est asiatique, avec une nette prédominance de Japonais.
La Sérénissime, qui fut au temps de la république des Doges une des principales puissances économiques européennes, qui joua un rôle prépondérant dans le développement du commerce avec l’Orient qui eut un rôle politique essentiel et qui rayonna artistiquement de mille feux, incarne parfaitement le déclin de l’occident.
Désormais lieu de tourisme, foulée de millions de pieds, si elle dresse encore fièrement son campanile, elle sait bien que l’enlisement, que la disparition la guettent.Est-ce pour cela que devant le Palazzo Grassi, siège de la fondation de Farnçois Pinault, trône une énorme tête de mort?
En attendant les amoureux du monde entier, confondant les râles des prisonniers qui se savaient condamnés à la torture et l’emprisonnement perpétuel, avec les roucoulades amoureuses, se font tirer le portrait devant le Pont des Soupirs.
Mythique et envoûtante la “ville où les pigeons marchent et où les lions volent” (Cocteau), exerce sur l’imaginaire romantique, désormais mondialisé, un attrait irrésistible et justifié.
Et ce ne sont ni l’adorable couple de jeunes japonais qui pose en souriant sur la place Saint Marc, eux que le bonheur de réaliser un rêve venu d’extrême orient rend insensible au froid, ni Mademoiselle Pâtapâti qui me répète que Venise lui plaît décidément beaucoup et qu’elle n’avait jamais imaginé s’y promener en ce 29 Décembre ensoleillé (mais froid), qui diront le contraire.
Vous je ne sais pas, mais moi, autant j’aime faire des cadeaux, autant je n’aime pas courir les magasins pour les trouver.
Piétiner des heures dans des boutiques surchauffées, risquer à tout moment le coup de coude et la bousculade, me fatigue et m’ennuie.
Sans parler de la rencontre fortuite avec mon reflet, halluciné et rendu blafard par les néons, que me renvoient les inévitables glaces murales qui tapissent les murs des magasins.
La question essentielle fuse alors dans mes méninges exténuées par les rumeurs de la foule « Mais qu’est-ce que je fous là ? »
Donc, depuis longtemps, j’ai trouvé la parade : j’achète les cadeaux quand je les trouve!
C’est-à-dire principalement l’été, au gré de mes voyages.
Ensuite je les offre quand ça me chante, et pas spécialement à Noël, car je n’aime pas non plus les réjouissances obligatoires et les cadeaux sur commande.
Si j’étais moins paresseuse et plus adroite de mes blanches mains, j’aimerais beaucoup suivre les conseils de Joline.
Son blog est une véritable mine !
De la création à chaque page !
Ou comment, fabriquer soi même et à moindre dépense des vêtements, des bijoux, des colifichets, des trucs et des machins, rigolos, colorés et jolis.
Non seulement on peut se faire plaisir en créant, en fabriquant mais en plus on évite les circuits de la grande distribution et les gadgets inutiles qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour finir oubliés dans des armoires.
Bref, un excellent moyen de « décroisser » élégamment !
Merci Joline
En ce qui concerne les cadeaux culturels alors là aucune hésitation, Filaplomb a pensé à nous en créant une maison d’édition qui publie de tout petits et tout jolis livres en papier recyclé imprimé avec des encres végétales sans solvant.
Amoureusement écrits.
Amoureusement publiés.
Des petites fenêtres sur le monde (je sais je l’ai déjà dit, mais j’aime bien la formule).
Merci Filaplomb
En attendant le chaos, il y a la vie.
La mienne, je l’ai toujours voulue joyeuse et quand elle ne l’a plus été, je me suis battue pour la changer.
Les nuages s’amoncellent et le fascisme rampe en bavant sur les futures ruines du néo-libéralisme. La résistance s’impose mais elle n’est pas pour moi synonyme de tristesse.
On peut aussi se battre en s’amusant.
En créant.
« Mon travail dans la banque… me dit Antonio en soupirant… bé, je le fais passer avec tout ça ! »
Tout ça, c’est le roman qu’il a écrit « E’ tardi cazzo » (Giraldi editore - Bologna 2004), le court métrage décapant qu’il en a tiré « Vengo dal Rock » et « Il bacio di Alice », celui qu’il tourne en ce moment avec Fabio dans le rôle du chef opérateur et monteur.
Luca dessine les scènes et les affiches, Massimo prend le son, Martina et Enrico interprètent leurs personnages
moi je suis la ciakgirl (histoire de participer) et entre deux prises je chante Brassens avec Luca ou je cause physique quantique avec Jacopo (chercheur en physique nucléaire, ceci explique cela).
Les personnages d’Antonio, trentenaires d’aujourd’hui, sont confrontés à la précarité.
Reflex, le protagoniste de « Vengo dal Rock », arrive en retard à un entretien d’embauche, Enrico, celui du « Bacio di Alice », cumule deux emplois : la journée à la banque, le soir dans un bar. Car aujourd’hui, à Bologne, un salaire ne suffit pas pour louer un appartement où vivre seul.
Commencé samedi dernier à huit heures du matin en bas de chez Antonio, le tournage s’est poursuivi toute la journée dans les rues de Bologne, sur les places et dans le marché de Nöel.
Dimanche, loin de la ville et sous une fine pluie qui, bien que glacée, faisait la joie de notre réalisateur (faute de faire celle de l’équipe qui tapait ses pieds gelés sur le gravier), nous avons passé l’essentiel de la journée dans un cimetière (à l’exception de la pause gastronomique dans la trattoria du village).
Les soirées de lundi et mardi ont été consacrées au visionnage des rushes, ce qui, Fabio et Antonio n’étant pas entièrement satisfaits, nous a valu de retourner au cimetière mercredi après-midi. Pas de bol, il ne pleuvait pas et en plus de la gestion du ciak, j’ai dû passer deux heures à asperger Martina et Enrico, ce qui fait que j’ai mouillé mes gants et que mes petits doigts raidis par la bise avaient du mal à tenir mon outil de travail du moment : le stylo.
Mais le coucher de soleil sur la pianura fut une vraie merveille.
Hier soir, jeudi, l’action se déroulait dans un bar, avec consommateurs (dont deux un tantinet acariâtres) et musiciens copains. La bière aidant, le tournage s’est éternisé et nous avons regagné nos pénates à une heure fort avancée.
Demain ça continue, youpi !
Ci-dessous, en cadeau, « Vengo dal rock », le précédent court métrage d’Antonio Benedetto. Il est en italien, mais facilement compréhensible (du moins dans les grandes lignes), et on voit très bien Bologne.