Une fois encore, d’un tragique fait divers, la mort d’un jeune homme poignardé par un autre dans un lycée, le gouvernement fait une généralité et profite de l’occasion pour resserrer l’étau sécuritaire. Lire la suite →
La terrible banalisation de l’hyper sécurité quotidienne
9 janvier 2010 — Au jour le jour
Aller à l’école
5 octobre 2009 — Au jour le jour
C’est le plus cher désir du garçon roumain qui mendie devant la porte du magasin. Ne plus avoir à quémander, apprendre un métier, pouvoir, quel luxe, avoir des projets pour l’avenir.
C’est le but des enfants de Rosemala qui chaque jour parcourent un long trajet au cœur de la forêt pour s’instruire, passionnément.
C’est le rêve de millions d’enfants et d’adolescents à travers le monde : aller à l’école. Lire la suite →
Chiens policiers dans les écoles, en Italie aussi
8 mars 2009 — En Italie
J’étais vendredi en train d’expliquer à mes élèves du lycée les finesses de l’accord du participe passé utilisé avec l’auxiliaire avoir quand une « bidella » * est entrée dans la classe, porteuse d’une communication administrative.
Elle était brève, quelques lignes que la prof a lu aux élèves et dont je reproduis ici la substance :
« Afin de lutter contre l’usage de la drogue, à dater d’aujourd’hui et sans prévenir, des brigades policières accompagnées de chiens feront des descentes dans les établissements scolaires » Lire la suite →
Italie : désobéissance civile à l’école Mario Longhena de Bologne
13 février 2009 — En Italie
Dans le cadre de la destruction méthodique du système scolaire italien, la ministre Maria Stella Gelmini a récemment décrété que, désormais, l’évaluation des élèves de l’école élémentaire devrait être chiffrée, sur une base de 1 à 10.
Depuis 1977, la loi interdisait aux enseignants des écoles élémentaires et des collèges d’utiliser les notes, celle-ci étaient remplacées par des appréciations établies de façon autonome par chaque établissement scolaire.
Lors de la remise des bulletins, en entretien individuel avec chaque famille, les compétences des enfants étaient amplement détaillées et expliquées par les enseignants.
Cette mesure n’avait pas été prise au hasard, elle correspond aux conclusions de recherches effectuées par des enseignants, des pédagogues de renom et des psychologues.
De toute façon, pas besoin d’être un ponte de l’éducation pour comprendre que donner des notes rigides et froides à un enfant de 8 ans, le mettre en compétition permanente avec ses camarades et exiger de lui des performances quantifiables est non seulement absurde mais contre productif. Lire la suite →
Italie, le gouvernement recule
13 décembre 2008 — En Italie
Les bonnes nouvelles sont rares, c’est pourquoi il convient d’apprécier celle-ci.
Il faut toujours se méfier, mais le gouvernement italien, bien qu’il s’en défende, a opéré un début de marche arrière dans son projet de démantèlement de l’école publique.
La ministre a cédé sur un certain nombre de points, entre autres sur le « maestro unico ».
Il semblerait que toutes les actions menées : nuits à l’école, leçons sur la place et manifestations aient fini par porter leurs fruits.
Il est aussi possible que, face à la mobilisation estudiantine qui ne mollit pas, le gouvernement ait eu peur de voir les manifestations se transformer en émeutes, comme en Grèce.
Toujours est-il que c’est une victoire pour tous celles et ceux qui se sont mobilisés et qui ont agi.
Hier, à l’appel de la Cgil, un million et demi de personnes, dans la pluie et le froid, sont descendues dans les rues pour protester contre la politique économique du gouvernement.
Chapeau les Italiens !
A lire, en italien, un site qui propose une sélection d’articles ayant trait à l’argument.
Quand j’étais maîtresse: Clara (3)
12 décembre 2008 — Quand j'étais maîtresse
Et puis les semaines se sont écoulées. J’ai veillé sur Clara. Sa mère est revenue plusieurs fois pour parler avec moi, la démarche titubante et la parole embarrassée mais plus détendue. Il me semblait que, peu à peu, je gagnais sa confiance. Elle m’a expliqué les difficultés financières qui faisaient que les séances d’orthophonie étaient toujours repoussées.
Parfois Clara va mieux, parfois elle va encore plus mal.
Couchée sous sa table, roulée en boule dans un coin de la cour…
Enfant objet elle est la victime naturelle et souvent consentante des autres. C’est toujours elle que l’on porte, que l’on traîne, que l’on pousse, que l’on rudoie, c’est d’elle dont on rit, c’est elle que l’on accuse de toutes les exactions : voler, abîmer, salir…
Parfois elle se révolte, elle mord, sauvagement, puis se recroqueville, dure, dense, nouée, et ne bouge plus.
Je l’ai défendue, protégée.
J’ai expliqué qu’il ne faut jamais s’acharner sur les plus faibles, que chacun a ses problèmes, ses différences et qu’il faut apprendre à vivre ensemble.
J’ai parlé de solidarité.
Ils étaient impressionnés.
Je l’ai écrit en gros sur le tableau : SOLIDARITE.
Alors tout le monde a eu quelque chose à raconter.
Quelque chose de gentil, quelque chose de grand.
Ils étaient fiers d’eux-mêmes.
On aurait dit des anges.
Ils ont dessiné leurs bonnes actions, certains les ont écrites, je les ai tous félicités.
Ce fut un beau moment d’émotion.
Puis ils ont oublié.
Enfin, pas complètement, il faut toujours que j’exagère…
Ils font un peu plus attention qu’avant, ils essayent. Ils se méfient aussi, ils savent que j’ai pris Clara sous mon aile, maîtresse-poule !
Elle aussi l’a compris, souvent elle se blottit contre moi et elle parle, elle parle, elle parle.
Un jour, comme ça, mine de rien, elle m’a raconté une histoire embrouillée, encore plus embrouillée que d’habitude, elle parlait d’une brosse avec laquelle papa lui avait fait mal là, tu vois là, elle insistait en désignant son pubis.
J’en ai eu des sueurs froides.
Pour ne pas l’effaroucher, j’ai dit, d’un ton presque léger: « Excuse-moi ma puce, je ne t’écoutais pas, qu’est-ce qu’il a fait papa ? »
Un peu agacée par ma feinte indifférence elle a répété : la brosse, la douleur. Puis vite elle a parlé d’autre chose, de la maman chien qui allait avoir des bébés.
Je ne suis ni médecin ni psychologue mais à c’est à moi, la maîtresse, que Clara faisait cette terrible confidence. Je ne voulais ni dramatiser, ni diminuer l’importance de ce qu’elle m’avait raconté. Mais comme elle avait changé de sujet, j’ai décidé de ne pas insister, j’ai pris sa petite main fluette dans la mienne et l’ai caressée.
Dès que la cloche a sonné la fin des cours je me suis précipitée dans la classe du directeur et je lui ai raconté ce que Clara m’avait dit. Il s’est gratté le crâne, faisant voler ses pellicules. Il a soupiré.
« – Vous êtes sûre ?
- De ce que j’ai entendu oui ! Mais pas plus. C’est difficile de comprendre Clara. Je ce que je sais par contre c’est qu’elle va très mal. Dans le doute, il n’y a pas à hésiter, Il faut appeler le psy. Il n’est pas question de rester sans rien faire. Et si le psychologue confirme on alerte les services sociaux. »
Il a encore soupiré et dit qu’il s’en occuperait le lendemain.
Mais moi je ne pouvais pas attendre. Le soir même, j’ai téléphoné au psychologue, chez lui.
Le lendemain matin il est venu à l’école avec le médecin.
C’était pendant la récréation, nous avons longuement espionné Clara puis discuté. Je leur ai fait part de tout ce qui m’inquiétait, depuis le début, dans son comportement.
Puis il ont passé une partie de la matinée avec elle. Elle jubilait. Elle a dessiné, elle a chanté, elle a ri, elle a parlé, parlé, parlé, de papa, de maman, du chien et des bébés chiens qui allaient naître, de son frère et de sa sœur, du copain de papa qui s’appelle Marco, de tout, sauf de l’épisode de la brosse. Ils avaient les oreilles en compote et les méninges en ébullition.
Elle n’est tombée dans aucun piège et le médecin qui l’a auscultée n’a pas trouvé de traces de coups.
Il fallait quand même prendre une décision et aucune ne pouvait être anodine.
La pire pouvant entrainer l’accusation du père la moindre étant de considérer que l’enfant affabulait.
Mais il fallait faire quelque chose, même une invention est un symptôme préoccupant.
Finalement nous avons opté pour une solution intermédiaire, raisonnable.
Le psychologue a convoqué les parents et le directeur a averti l’assistance sociale du quartier.
Les parents ont été convaincus d’entreprendre une thérapie familiale.
Depuis Clara et ses parents sont suivis.
Mais il faut beaucoup de temps pour les progrès soient notables.
La cloche sonne, c’est l’heure de la récréation. Les enfants s’égaient dans la cour, Naïma et Laura s’éloignent en sautillant, main dans la main. Clara est restée dans la classe avec moi, elle me suit pas à pas en mangeant son goûter, elle me parle de Douce et de ses bébés.
C’était il y a longtemps. L’année suivante Clara est passée au CE1, moi je suis restée au CP. Peu à peu, dans la cour, je l’ai vue changer, être plus joyeuse, jouer avec les autres enfants. Elle est devenue une bonne élève.
Et puis un soir, après la classe, sa mère est venue me voir. Elle était légèrement maquillée, elle souriait et sa parole était claire. Elle m’a dit que son mari avait trouvé du travail et qu’elle, elle allait mieux.
Quand j’étais maîtresse: Clara (2)
12 décembre 2008 — Quand j'étais maîtresse
Deux jours plus tard, la maman de Clara, que je n’avais jamais vue, est venue la chercher à l’école…
C’était une femme entre deux âges à la beauté fanée, l’haleine lourde de relents d’alcool.
Elle en était imprégnée.
Elle butait sur les mots.
J’ai pensé aux monstres tapis dans la chambre, aux morsures, aux taches d’encre, à la diarrhée verbale, aux vêtements déchirés, Clara poupée de chiffon…
Elle a raconté, d’une voix mal assurée : l’orthophoniste quand Clara était plus petite, et la maîtresse de l’année dernière qui n’était jamais là, donc évidemment en grande section Clara n’avait rien fait, mais cette année elle est très contente et Clara aussi hein Clara que t’es contente ?
Occupée à essayer de tomber de la rambarde de l’escalier, Clara n’a pas répondu.
Moi je réfléchissais, vite, dire les mots justes, lui faire comprendre que je n’étais pas une ennemie, au contraire, que je ne la jugerai pas, que j’étais prête à l’écouter, que je voulais aider sa fille.
« – Ah ! Ça été difficile alors la grande section. Moi je trouve que Clara est une petite fille très intelligente et très sensible. Elle ne semble jamais attentive mais elle sait déjà presque lire. Par contre je la trouve perturbée, elle ne va pas très bien, elle ne joue jamais avec les autres, elle gribouille son cahier et puis elle parle de façon très confuse, on la comprend très mal. Elle ne participe pas à du tout aux activités collectives. C’est comme si elle vivait dans son monde. C’est dommage, si on ne l’aide pas elle risque d’être bientôt en échec… »
Alors, en un long monologue débité d’une élocution rapide, saccadée, la mère de Clara m’a raconté sa vie : un premier mari qui la battait, un divorce houleux, deux enfants élevés seule, la fille qui a fait des études supérieures mais qui ne trouve pas de travail, le fils qui passe le bac et qui est dans un internat, la fierté et les sacrifices, puis le second mari, plus jeune qu’elle, gentil, mais comme un enfant, il ne s’occupe pas de sa fille, il ne travaille pas, il passe son temps à jouer à la Playstation, alors elle, à l’hôpital où elle est aide soignante, elle fait des heures supplémentaires. Et puis elle a été malade il y a deux ans, elle a eu un cancer…enfin, maintenant ça va…
Moi, j’entendais aussi ce qu’elle ne disait pas: la violence, la déception, les rêves qui se brisent comme les vagues sur les rochers, les histoires qui se répètent, l’alcool pour se consoler du quotidien, l’alcool pour oublier l’incompréhension dans les yeux de son enfant, l’alcool pour ne pas culpabiliser, l’alcool dont jamais on ne parle …
Bien sûr, elle ne m’en a rien dit, parle-t-on de ça à une inconnue qui passe des journées entières avec votre fille ?
Bien sûr, je n’en ai moi non plus rien dit, c’eût été comme une gifle.
J’ai répété que je comprenais, que la vie était difficile, que Clara allait mal, que je lui demandais de me faire confiance, que je ferai tout ce qui était en mon pouvoir pour l’aider, qu’il serait bien qu’elle revienne me voir, tranquillement, que l’on pourrait parler, que ce serait une bonne idée de reprendre les séances d’orthophonie, même si le problème n’était pas seulement de cet ordre là, que ce serait peut-être mieux d’envisager aussi une petite thérapie, un petit soutien, qu’on pourrait en parler avec le psychologue scolaire…
Elle acquiesçait, je la devinais prête à tout accepter pour cacher un secret qui me sautait au visage…
Elle est repartie, lourde et grise, Clara gambadant autour d’elle.
Quelques jours plus tard le psychologue est venu à l’école, je lui ai parlé de Clara, il n’avait pas le temps de s’en occuper; je savais que c’était vrai. Il est seul sur la circonscription ce qui signifie des dizaines d’écoles, plus de mille élèves dont beaucoup ont des difficultés.
Que faire ?
Il m’a dit : «S’il y a un problème, téléphone-moi à la permanence.»
A suivre
Quand j’étais maîtresse: Clara (1)
11 décembre 2008 — Quand j'étais maîtresse
Mardi, 9h30, dans une classe de CP, quelque part en France, il y a longtemps.
Absorbée par l’écriture d’une phrase, Laura a provisoirement laissé son chagrin de côté et les larmes de Naïma ont séché.
Mais, pendant que je les consolais, Clara a consciencieusement gribouillé sa page d’écriture. Elle a caché les mots, traçant maladroitement des monstres, des mains griffues, et des formes ressemblant à s’y méprendre à des testicules hérissés de piquants surmontés par des phallus géants.
Elle pépie :
« – La maman ce matin il a modu le petit chien hihihihi !… Eh, elle m’interpelle, eh! Tu sais le petit chien la maman il l’a modu le petit chien niak ! Modu le petit chien, tu sais Douce il a modu le petit chien maman y s’est fâchée il a tapé Douce hihihi ! »
Tenant toujours la petite main brune de Naïma, je tapote doucement sur la table de Clara, elle sursaute, puis elle rit …hihihihi !
Clara va très mal.
Pénélope désespérée elle salit, détruit sans fin le travail qu’elle a accompli. Elle s’applique pour écrire, tire la langue, dessine de grandes et belles lettres, puis tache, griffonne, barbouille de feutre et de salive mêlés .
D’habitude, pour pouvoir la complimenter, je me précipite et m’empare du cahier avant la phase destruction, mais aujourd’hui, c’est raté !
Clara semble se vivre comme un déchet.
Arrivée proprette le matin, joliment vêtue et les cheveux noués, elle se macule d’heure en heure et termine la journée décoiffée, trouée, sale, collante…
Parfois, elle raconte de bien affreuses choses :
« -Tu sais moi y fait dodo avec papa…et pis maman y m’a fait tomber du lit, pouf ! Tombée du lit…maman il avait soif…pis y avait le monste…et pouf ! Tombée du lit ! Et pis y m’a modu…hihihihi…y m’a modu la maman, là, tu vois ? … »
Elle a montré son bras. Il y avait une trace rouge bleuté, nette, deux arcs de cercle disjoints, l’empreinte irrégulière des dents, pas besoin d’être médecin légiste pour l’identifier : une morsure, humaine sans aucun doute, forte, incrustée dans son bras maigre.
C’était le tout début de l’année, personne ne connaissait la famille, nouvellement arrivée
Le soir même, finaude, je coinçais le père, un grand benêt dans les trente ans, mal rasé, les cheveux gras tombant dans le cou, le tee-shirt délavé avachi sur un pantalon tire-bouchonné, les tennis crasseuses. Bras ballants, se balançant d’un pied sur l’autre, le cou en avant, il se concentrait sur mon discours.
« – Vous savez, je trouve que Carla ne va pas bien du tout, elle a beaucoup de difficultés pour s’exprimer, elle n’arrive pas à se concentrer, et puis elle est très fatiguée, elle ne joue pas avec les autres…»
Le père hochait la tête, la mine compatissante.
Puis je suis passée à l’attaque :
«- Dites-moi, elle a une marque sur le bras, un peu bizarre…
- Ah ben ça, c’est sa mère qui l’a mordue. »
Sa mère ! C’était donc vrai !
J’en suis restée au moins deux secondes sans voix …
Puis j’ai dit :
« – Sa mère ?
- Ben oui ! Comme elle mord, sa mère elle la mord aussi, pour lui apprendre, pasqu’à la maternelle elle avait mordu tellement fort qu’il a fallu emmener l’autre à l’hôpital. »
En quelque sorte la morsure pédagogique…J’ai dit, gentiment :
« – Vous savez ce n’est comme ça qu’on apprend à un enfant à ne pas mordre…» J’ai expliqué, et patati et patata, que, la prochaine fois, ce serait mieux de…
Le papa a hoché la tête, m’a serré la pince et est parti.
J’ai parlé de la morsure au directeur de l’école, je lui ai raconté l’entretien avec le père et fait part de mon inquiétude. Il m’a répondu qu’il ne fallait pas se précipiter, que ce n’était pas bien grave et qu’à l’occasion, il dirait deux mots aux parents.
A suivre
Italie : la recherche piétinée
30 novembre 2008 — En Italie

« La ricerca calpestata », la recherche piétinée, c’est le message qu’ont voulu délivrer les chercheurs italiens, samedi 29 novembre, sur la piazza Maggiore de Bologne.
« Nous sommes des femmes et des hommes, jeunes ou moins jeunes, précaires, chercheurs, techniciens, employés de l’administration, travailleurs à temps déterminé, boursiers, doctorants, collaborateurs, nous sommes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, vivent de la recherche publique et la font vivre.
Nous sommes celles et ceux qui se donnent du mal pour expliquer ce que veut dire faire de la recherche scientifique, ce que cela signifie en termes de retombées sur la vie de tous les jours, en termes de passion, en termes de difficultés dans le travail, en termes de perspectives pour le futur.
Et nous sommes celles et ceux qui se sentent piétinés, dans leurs droits, dans leurs attentes, dans la considération et l’importance qui sont apportées à leurs travaux ».

Iacopo, chercheur en physique nucléaire

En tapissant la place de 1865 photos d’eux-mêmes que toute la journée les passants ont foulées de leurs pieds, ils ont voulu exprimer leur colère et leur inquiétude face au peu de cas, c’est le moins qu’on puisse en dire, que, depuis des années, l’Etat italien accorde à la recherche.

Dans sa grande entreprise de destruction de l’enseignement public, la Ministre Gelmini, obéissant à Berlusconi, son chef, non contente d’avoir sauvagement attaqué l’école élémentaire, pourtant considérée comme une des meilleures d’Europe, les collèges, les lycées et l’Université a aussi décidé de diminuer les fonds destinés aux laboratoires expérimentaux et d’encore plus précariser celles et ceux qui ont choisi de se consacrer à la recherche.

A la recherche des fonds perdus
Sur la place l’ambiance était joyeuse. Les chercheurs avaient organisé des expériences scientifiques pour les petits et les grands, ils ont tenu des colloques, répondu aux questions, distribué du thé et du vin chaud. La Banda Roncati, un groupe de copains musiciens, qui participe allègrement à toutes les manifestations qu’organise la gauche bolognaise, est venue apporter son grain de sel.

L’originale manifestation de samedi était due à l’initiative du CNR et de l’INAF (institut national d’astrophysique). Le but était de sensibiliser l’opinion publique sur le piètre état actuel de la recherche publique.
Sensibiliser, mais aussi expliquer à quel point les enjeux sont importants, au-delà de la précarité dont les chercheurs, comme beaucoup d’autres Italiens, sont les victimes.
En Emilia-Romagna, environ 40% des employés des centres de recherche ont des contrats à durée déterminée, qui ne leur accordent que peu de droits. Certains s’accommodent depuis des années, parfois plus de vingt ans de cette situation, d’autres, comme Emanuele, chercheur à l Université de Leicester, ont choisi de travailler ailleurs.
Parce que, dit-il « En Italie, je n’ai pas la possibilité de faire ce que j’aime, en étant proche des personnes que j’aime ».

Quand la recherche publique, dont les découvertes ont considérablement amélioré nos conditions de vie dans une infinité de domaines, est délaissée, la recherche privée prend le pas.
Et, suivant ses propres buts, commercialise, destine aux nantis des progrès dont tous devraient bénéficier.


















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