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Les bas rouges: la spectatrice

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Elle ouvre ses rideaux et mon ventre palpite.
De ma fenêtre close je l’observe en silence car minuit a sonné et je sais que la belle, la garce, la salope, toute pudeur envolée à moi va se montrer.
Mais suis-je la seule à l’épier ?
Est-ce pour moi que chaque soir elle danse et se pavane, offrant à mon regard ses appâts dénudés ?

Le spectacle commence, elle a mis ses bas rouges que la jupe noire, lascivement remontée, dévoile et caresse.

Ondulante et narquoise, elle découvre puis cache et découvre à nouveau ses cuisses gainées de soie.
Rouge.
Comme le sang.
Comme sa vulve gonflée.

Son cul ondoie et me nargue.

Elle se branle, culotte baissée, jambes écartées, sa main s’active, fouille, besogne et mon ventre est en feu.
J’arrache mon slip et plante dans mon con un index impatient qui va et vient au rythme de sa main.

Elle suspend son geste et porte goulûment à ses lèvres des doigts que j’imagine imprégnés de cyprine. Elle les lèche et je fais de même, suçant ma propre saveur que je découvre salée.

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Elle ne me voit pas, mais moi je ne vois qu’elle. Elle a envahi mon espace, tous mes espaces. Son image me traque, au bureau, dans la rue, chez moi, partout. Il suffit d’un instant de vide pour qu’elle apparaisse, pour que sa chatte velue se balance, s’ouvre, comme une coquille pourpre où je brûle de poser mes lèvres.

Je ne pense plus qu’à elle, elle m’obsède et me hante.

Elle est allongée sur le lit, la croupe en l’air et enfonce dans son cul une fausse bite couleur d’ivoire.

Un doigt dans le vagin, un autre dans l’anus, je ferme les yeux et me branle à nouveau.

Je dégouline et râle.

Un spasme me traverse, puis de longues ondes me parcourent.

Je rouvre les yeux, les rideaux sont fermés.

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Photos: Fabionik pour YONI

Publié pour la première fois le 4 Février 2007

Les bas rouges: vous me regardez

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Vous me regardez, je le sais.
Je sens vos yeux braqués sur moi et ma chatte en ruisselle de plaisir.

Ce soir, comme chaque soir, j’ai ouvert grand les rideaux de velours pourpre, j’ai vêtu ma guêpière noire et enfilé mes bas rouges.

Vous ne me connaissez pas, mais je sais qui vous êtes.
Le petit gros du troisième et ta voisine, la vieille fille maussade.
Le freluquet du premier.
Le pépé du second.
Le bourgeois du quatrième dont l’épouse falote dort seule dans le lit le conjugal, enveloppée dans sa chemise de nuit comme une momie dans ses bandelettes.
Et vous, les autres, les anonymes.

Minuit, sur ma scène les trois coups ont été frappés et le spectacle commence.

Bientôt vous astiquerez fébrilement vos membres esseulés, et toi, l’éternelle donzelle au chignon bien tiré tu enfonceras dans ton con tes doigts manucurés.

Je relève le long de la soie rouge de mes bas la dentelle ajourée de mon jupon noir et, laissant une bretelle glisser sur mon épaule, offre à votre désir un sein au pâle mamelon dressé.

Ondulante et cambrée, je danse.

Pour vous, mes voyeurs embusqués que je sais fidèles à ces rendez-vous nocturnes dont j’ai fixé les règles.

Je m’allonge sur le lit que j’ai habilement placé face à la fenêtre, face à vous. Les frémissements des persiennes trahissent vos présences.

Jambes écartées, fesses relevées, culotte baissée.

Ma vulve, telle un gros fruit mur bordé de poils noirs et touffus, dégouline du jus que vos regards font naître.
J’y enfonce mes doigts, cabre et râle et bonheur.

Je m’arrête et reprend, imaginant vos queues dressées et cette envie de moi qui vous traverse les reins.

Mon ami le godemichet me comblera ce soir.

Argh ! Au plus profond de moi par ma main fiché, le rythme que je lui imprime est aussi le vôtre.

Et nous jouissons ensemble, vous honteux et défaits de vous être laissés aller, moi comblée.

Demain, peut-être aurais-je envie de vous offrir de vous mon cul… qui sait ?

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Photos: Fabionik pour YONI

Publié pour la première fois le 13 janvier 2007

Rêverie

Je voudrais sur ma vulve sentir ton souffle aimé
Tu laisserais ta langue courir sur mes cambrures

Tu baiserais mes lèvres et boirais à ma source
Qui ne saurait couler pour un autre que toi

Je creuserais mes reins pour te donner à voir
Mes intimes secrets et mes trésors cachés

Tu plongerais en moi ton phallus érigé
De tes mains en corolle tu caresserais mes seins

Incandescente lave j’ondulerais sans honte
Et je t’arracherais des éclats de jouissance

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small-things-fabionik.pngPhotos: Small Things pour YONI

Un soir couleur d’orange

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Dans la lueur des flammes, elle gisait alanguie. Il n’eut qu’un mot à dire, son nom, pour qu’elle tourne vers lui son visage apaisé.

L’orage avait fui.
La pluie avait cessé, et la colère, qui tout le jour l’avait agité, s’était estompée.
Il en subsistait un désir de jouissance.
Incroyablement fort.
Si fort, qu’à la regarder, nue sous la chemise orange qui découvrait ses jambes, il sentit son pénis se durcir.
Elle lui sourit.
Mais la dispute du matin avait été si violente qu’il n’osait s’approcher d’elle. L’idée d’un refus lui était insupportable. Il voulait se fondre en elle et tout oublier.
Elle comprit sa retenue et de le voir, gauche et malheureux, sur le pas de la porte, elle fut submergée par une onde de tendresse. Elle aimait cet homme, elle aspirait à ses caresses, elle désirait son sexe au plus profond de sa chair.
Ecartant légèrement les jambes, elle remonta lentement la chemise orange.
Il ne bougea pas, suivant avidement des yeux le glissement du tissu sur la peau.
A la vue de la courte toison bouclée, rendue presque rousse par la lumière, lui vint l’irrésistible envie de sentir sur ses lèvres la chaleur humide de sa vulve.
« Viens » dit-elle, la voix basse, relevant haut sur son ventre la chemise orange.
Il s’agenouilla au bout du lit pour contempler le sexe qui s’offrit à lui. Il y glissa un doigt, le faisant délicatement remonter le long de la fente pour aller dénicher sous sa capuche le gland du clitoris
Elle frissonna.
Il posa sa bouche sur les lèvres, dentelées comme des pétales d’anémones, tendres et soyeuses, enfonça sa langue, qui serpenta dans le vagin juteux, aspira la cyprine, se délectant de l’odeur de musc qu’exhalait cette irrésistible béance.
Il releva la tête, se hissa sur le lit à ses côtés, parcourut de baisers le ventre satiné, dégagea de l’orange de la chemise les seins aux pointes dressées qu’il aspira doucement entre ses lèvres, pendant qu’il enfonçait ses doigts dans le vagin, cherchant la lisse surface du point de jouissance.
Ses hanches ondulaient au rythme des doigts qui la fouillaient, et tandis qu’un cri de plaisir échappait de ses lèvres une eau abondante inonda la main de l’homme qui, ravi, en accéléra le mouvement.
Elle dégoulinait, fontaine de joie.
Il se redressa, se débarrassa prestement de son pantalon et de son slip, et, à genoux entre ses cuisses ouvertes enfonça, d’un coup de rein puissant, son pénis dans le vagin.
Elle l’aspira.
Il sentait sa chair autour son vit.
Elle sentait son vit dans sa chair.

Il s’allongea sur elle.

Et peut-être à ce moment là ne furent-ils qu’une seule personne.
Qui jouissait.
Qui criait.
Qui vivait.

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small-things-fabionik.pngPhotos: Small Things pour YONI

Haiku du soir: Doré

Arc d’attente doré d’extase partagée

Dressée la dure tige

Les sucs libérés de la source envoûtée

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Photo: Fabionik pour YONI

Haiku du jour: Floralis

Bienheureux celui qui fier dressé

La rose déployée

Pénètre de sa vigueur

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Photo: Fabionik pour YONI