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Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (2)

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Episode 2

Derrière le bananier

Lady Céleste se réveilla en sursaut, en sueur et la gorge sèche. Epuisée par de longues nuits sans sommeil durant lesquelles la chaleur l’avait empêchée de s’assoupir, elle s’était endormie immédiatement après le dîner qui avait été fort frugal.
Souffrant d’une violente migraine elle n’avait pas dîné en compagnie de Benjamin, mais seule dans sa chambre, d’un bouillon de légumes et d’une sorte de galette locale nommée « chappattis ».
Elle tendit la main pour attraper la carafe d’eau dont elle distinguait les contours dans la pénombre. Hélas, elle était vide.
Maudit pays où l’eau devait être bouillie avant d’être bue !
Elle hésita un long moment, la perspective de se rendre seule à la cuisine dans l’espoir d’y trouver de l’eau, ou pire de réveiller la cuisinière, pour en obtenir, la fatiguait au-delà de toute mesure.
Mais, la soif l’emportant, elle entreprit l’expédition, non sans avoir enfilé une robe de chambre, soigneusement boutonnée, sur sa chemise de nuit.
Elle sortit par la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse couverte du jardin. La maison semblait endormie, ce qui était de mauvais augure. Le cœur battant elle poursuivit néanmoins son chemin en direction de la cuisine. Arrivée à l’angle du bungalow, elle perçut comme un bruit de tambours et de clochettes, au fur à mesure qu’elle progressait, le bruit, qu’elle ne pouvait certes pas qualifier de musical, amplifiait.
Puis ce fut le silence.
Le chant d’une femme, fait d’étranges harmonies, s’éleva dans la nuit. Elle aperçut une fenêtre éclairée, la voix en émanait.
Sa curiosité éveillée, elle se faufila dans l’ombre, et masquée par un providentiel bananier, jeta un regard dans la pièce.
A la vue du spectacle qu’elle découvrit, elle dut se retenir pour ne pas laisser échapper un cri d’indignation. Ses doigts se crispèrent sur les boutons de sa robe de chambre, précieux rempart à sa vertu.
Elle recula vivement, le cœur battant la chamade, puis reprenant son souffle, les joues en feu elle s’avança à nouveau, voulant en avoir le cœur net. Etait-elle victime d’une hallucination due aux épices, à cette chaleur, à la fièvre, ou venait-elle de découvrir le stupre ?
Dos à la fenêtre, sa nudité à peine cachée par un voile transparent fixé à ses cheveux, Radha dansait, accompagnant ses mouvements de son chant.
A chaque fois que ses pieds nus frappaient le sol, les clochettes de ses chaînes de chevilles tintaient, imprimant leur rythme.

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Sa danse ne ressemblait en rien aux ballets classiques, on aurait dit du mime, chaque mouvement semblant porteur un sens que Lady Céleste était bien en peine de comprendre, tant elle était incapable de détacher ses yeux du corps de Radha. De ses hanches qui ondulaient, de ses fesses sur lesquelles le voile glissait comme une caresse.
Son chant se tut et le tambour reprit son rythme. C’est alors, qu’assis contre le mur de la chambre, elle découvrit Krishna, entièrement nu, les deux tambourins posés entre ses cuisses ouvertes.
Ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ses mains semblaient voler sur la peau tendue et Radha accéléra sa danse, tournant, se baissant, bras et cuisses écartés, les fesses projetées en arrière, se redressant et tournant sur elle-même, les yeux mi clos, ses bras se mouvant en gestes à la fois saccadés et harmonieux, se déhanchant de droite et de gauche, martelant le sol de ses pieds nus, le rythme des clochettes épousant celui des tambours.
Ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, de plus en plus vite, elle tournait sur elle-même, le léger voile flottant autour de son corps nu sur lequel jouaient les ombres.

Lady Céleste était saisie de stupeur, la honte figée sur son visage, les jambes tremblantes. Une petite voix intérieure, qui n’était pas sans rappeler celle de sa mère, lui chuchota de s’enfuir, mais elle en était incapable.
Ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, encore plus vite, encore plus fort, encore plus vite, encore plus fort, jusqu’au moment où, sur un dernier son de tambour, Radha se laissa tomber à genoux sur le sol.
Krishna, posa les tambours puis se leva et Lady Céleste, à près de quarante ans découvrit de visu un indispensable élément de l’anatomie masculine, dont elle avait détesté les incursions dans sa propre chair, mais que, jamais au grand jamais, elle n’avait eu la moindre envie de contempler.
Ce sexe que Lady Céleste n’avait pas de mot pour nommer, ignorante qu’elle était du vocabulaire amoureux, se dressait fièrement, d’une longueur qu’elle n’aurait jamais pu imaginer, à l’oblique du ventre plat et musclé de l’homme.

Plus tard, quand toute pudibonderie l’aurait enfin quittée, un homme, qu’elle ne connaissait pas encore, lui enseignerait deux mots sanscrits: lingam, la baguette de lumière et Yoni, son réceptacle.

Krishna s’approcha de Radha, prit délicatement son visage entre ses mains, et le releva vers lui.
Les amants se regardaient en souriant, et lady Céleste découvrit sur leurs traits l’expression de deux émotions qu’elle n’avait jamais ressenties : la tendresse et le désir, si tant est que le désir soit une émotion.

Il détacha le voile des cheveux, libéra les boucles noires qui tombèrent en une lente cascade dans le dos de Radha.
Doucement, elle approcha sa bouche du lingam désiré, l’effleura du bout de sa langue, suivant ses contours, montant et descendant le long de la hampe.
Puis ses mains ornées de bracelets de verre qui tintaient doucement à ses poignets remontèrent lascivement le long de cuisses de l’homme, et se posèrent sur ses fesses. D’une légère pression elle les fit basculer vers elle, et le lingam s’enfonça dans sa bouche ouverte.

Lady Céleste aussi ouvrit la bouche, de stupeur et de dégoût, abasourdie par ce qu’elle voyait. Sa confusion était telle que la simple décision de partir, de fermer les yeux, ou de se mettre à crier pour que ce spectacle prenne fin, ne lui vint pas à l’esprit. Non, les yeux écarquillés, elle regardait, fascinée, la bouche de Radha qui allait et venait, ses mains imprimant au corps de Krishna un irrésistible mouvement de va et vient.

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Il se dégagea d’un coup de rein et Radha se redressa lentement, sa bouche parcourant le ventre et la poitrine de l’homme. Quand elle fut debout, Krishna, glissa les mains sous ses fesses, les écarta légèrement, en suivit le sillon d’un doigt agile. Puis, il la souleva du sol, elle entoura sa taille de ses jambes, frottant ses seins contre son torse. Il la fit glisser le long de lui et le lingam pénétra le yoni.
Au rythme des bras et des puissants coups de reins de son amant, Radha montait et descendait le long de sa tige, et leurs deux corps enlacés semblaient n’en former qu’un, qui ondulait en silence, comme un saule dans le vent.
Puis, le corps de la femme comme incrusté au sien, il plia les jambes, s’agenouilla, cuisses écartées, les fesses posées sur le talons. Radha se déploya en arrière, le dos au sol, les jambes enlaçant toujours la taille de Krishna et les deux corps se remirent à danser, de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus vite.

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C’est alors qu’un étrange son s’éleva des lèvres de Radha, un long cri modulé, rauque, qui semblait non pas émaner de sa seule bouche mais de tout son corps.
Un feulement de chatte.

Et Lady Céleste, hallucinée, sentit alors, au fond de son bas ventre, s’éveiller un léger fourmillement, comme la diffuse envie d’une sensation inconnue.
Une douce moiteur baigna la dentelle de sa culotte.

Krishna se raidit soudain, fiché au plus profond de Radha, le corps arcbouté sur ses jambes repliées, un long soupir lui échappa, puis il se laissa lentement choir sur le ventre de la femme.

Derrière son bananier, Lady Céleste, l’esprit et le corps pareillement égarés, s’affaissa sur le sol.

à suivre…

Publié la première fois par yoni-signature.pngle 20 novembre 2006

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