Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (5)
Episode 5
Douce folie
Plusieurs événements, d’importance variable, marquèrent les jours suivant celui où Lady Céleste découvrit les plaisirs solitaires.
D’abord sa bonne, la pauvre Betty, rendit à son Dieu indifférent une âme innocente, ensuite Lady Céleste surprit son époux en pleine fornication avec une prostituée dénudée, laquelle, croupe en l’air, dégustait goulument la saveur de son lingam, et pour finir un nouveau personnage fit son entrée dans le cercle de ses relations indiennes.
Le docteur Suraj, un veuf d’une cinquantaine d’années, était l’associé de Benjamin. Il se présenta un soir à l’heure du dîner, sa longue chemise blanche impeccable, et un petit calot vissé sur ses cheveux gris. Parmi tous les hommes que Lady Céleste avait eu l’occasion de rencontrer il n’était certes pas le plus séduisant. De petite taille, la peau sombre et le ventre rebondi, rien dans sa silhouette n’évoquait la séduction.
Lady Céleste, méfiante, était disposée à ne pas lui accorder la moindre attention, mais lorsqu’il la regarda, qu’un sourire éclatant illumina son visage, lorsqu’il lui parla, et que sa voix douce et lente lui exprima dans un anglais parfait tout le plaisir qu’il ressentait à faire sa connaissance, elle se sentit apaisée.
Le dîner fut charmant et, à la grande surprise de lady Céleste, qui n’en croyait pas capables les indigènes, le Docteur Suraj fit montre d’une grande culture. Il parla de littérature, de Virginia Woolf, cette folle avait pensé Lady Céleste, de son dernier ouvrage, Mrs Dalloway, et aussi de Nijinski et de « L’après-midi d’un faune ». Lady Céleste n’en savait rien ou presque, mais le titre évocateur lui resta en mémoire.
Elle y repensait encore quand elle regagna sa chambre, de quoi pouvait bien être faite l’après midi d’un faune ? Elle y voyait des relents de sexe et de débauche, des corps dénudés, des orgies.
L’esprit enfiévré elle se dévêtit prestement pour parcourir son corps de ses mains. Elle aspirait à la jouissance. Mais dans sa précipitation elle fit trop vite, brûla les étapes, se caressa avec une telle ardeur qu’un spasme incontrôlable lui échappa.
C’était déjà fini et un sentiment de honte l’envahit, de se voir ainsi, à demi nue, esclave de son plaisir.
Quelques jours plus tard, le docteur Suraj lui fit envoyer un message l’invitant à se rendre à Madurai en sa compagnie. Il souhaitait ardemment, disait-il, lui faire visiter le temple et lui expliquer quelques rudiments de sa religion.
Elle marcha à ses côtés dans les ruelles encombrées de Madurai. Des mendiants se pressaient autour d’eux, tendant leurs brunes mains maigres. Effrayée par tant de misère elle se rapprocha de Suraj qui avançait, paisible et souriant, en lui expliquant que, si leur karma le leur permettait, ces créatures disgraciées connaîtraient une réincarnation meilleure, celle-ci n’étant que la conséquence d’une vie antérieure souillée par les fautes.

Le premier gopuram du temple de Sri Meenakshi se dressait devant eux, énorme, entièrement sculpté. En regardant plus attentivement Lady Céleste s’avisa que la façade présentait une incroyable quantité de corps quasi nus, femmes lascives exhibant leurs seins, leurs monts de Vénus dénudés, homme ou dieux aux attitudes lubriques. Elle n’osa s’étonner de tant d’impudeur et suivit son guide à l’intérieur du temple.
Dans la sombre antre des dieux, la forte odeur d’encens lui fit tourner la tête. Des prêtres torses nus, les hanches ceintes d’un simple tissu orange psalmodiaient ce qu’elle pensa être des prières. Des pétales jonchaient le sol.
Suraj s’arrêta devant une étrange sculpture : un haut cylindre de pierre grise, luisant de graisse et paré de fleurs, fiché dans un socle en forme de coquillage.
« C’est le lingam, lui expliqua-t-il, le sexe masculin, il est dans le yoni, le sexe féminin, leur union symbolise la totalité du monde ».

Entendre parler d’union sexuelle, dans cette chaleur lourde et sombre, après la vision des corps dénudés et non pas torturés, comme dans l’iconographie chrétienne où les corps nus et suppliciés attestent de l’horreur des flammes de l’enfer qu’une vie de débauche et de plaisirs a provoquées, mais joyeux et gourmands, célébrant la vie et l’amour, fut pour Lady Céleste un véritable choc.
Elle rougit, pâlit, s’éventa, crut défaillir et se raccrocha au bras de Suraj que l’intimité du geste surprit. Il y lut quelque avantage. Durant ses années d’études à Londres il avait souvent rêvé de posséder une Anglaise, de frotter sa peau brune contre une chair rose et blonde, mais l’arrogance de ces dernières avait étouffé dans l’œuf toute velléité de séduction.
Il était rentré en Inde, avait retrouvé sa femme, épousée alors qu’ils étaient encore enfants et vécut avec elle une existence paisible et sensuelle.
Mais voilà que le goût de la femme blanche se réveillait, et celle-ci, quoique manquant de formes abondantes, quoique prude et raide, cachait, il en était persuadé, dans son sein, un volcan, une tigresse affamée, une promesse de plaisir intense.
Ils reprirent la voiture pour rentrer au village. L’après-midi tirait à sa fin, l’air était doux et émoustillé par les pensées coquines qui lui étaient venues dans le temple, Suraj proposa à Lady Céleste une halte à sa demeure, afin d’y boire une tasse de thé, anglais, précisa-t-il.
Pourquoi accepta-t-elle ?
Sans réfléchir ?
La réponse avait jailli de sa bouche, de son ventre, de tout son être.
Et à peine l’eut-elle formulée qu’elle en mesura les conséquences. Elle savait. Elle le désirait. Ce pays la rendait folle.

Mais quelle douce folie !
Il dégrafa lentement son corsage, libéra ses petits seins. Y posa ses lèvres. Lécha les tétons durcis.
Elle était allongée sur le dos, les yeux clos.
Il fit glisser son jupon sur ses cuisses. Puis la culotte en dentelle.
Il contempla longuement le ventre blanc et plat, les poils blonds, presque roux, les petites lèvres roses et délicatement fripées.
Sa bouche se posa sur cette fleur inconnue, il effleura le clitoris d’une langue experte et celui-ci, ravi de cette sensation nouvelle, se dressa fièrement sous la caresse.
Lady Céleste, toute pudeur oubliée et toute honte bue jusqu’à la lie, écarta les jambes pour permettre à la langue de l’homme de s’enfoncer dans son yoni.
Lui flattant d’un doigt le clitoris gonflé de joie il agitait langoureusement sa langue dans ses profondeurs légèrement salées, que la cyprine inondait.
Il la lécha, la suça, la dégusta.
Elle avait un goût d’embrun, mêlé d’une pointe d’acidité qui lui rappela, fort à propos, les bonbons anglais que l’on laisse fondre dans la bouche et dont le jus se mélange à la salive.
Puis se releva sur les coudes et la fit délicatement rouler sur le ventre pour admirer la partie du corps féminin qu’il aimait le plus : les fesses.
Il fut agréablement surpris par les rondeurs qu’il découvrit et que les vêtements dissimulaient.
Lady Céleste, loin de tous repères habituels, désorientée et ravie s’abandonnait en toute quiétude aux caresses. Il lui glissa un coussin sous le ventre pour rehausser sa croupe. Ecarta les fesses pour baiser l’anus, mais ne s’attarda pas, se redressant sur les genoux, il enfonça dans le yoni son lingam dur et vigoureux.

Elle hurla de joie, cambra les reins pour sentir le vit de l’homme au plus profond d’elle.
Et ils dansèrent longuement, fichés l’un dans l’autre. Parfois il accélérait le mouvement de ses reins, puis s’arrêtait, sortait son lingam dégoulinant de son antre, elle poussait un petit cri de surprise et il s’enfonçait à nouveau, la chevauchant fièrement, sa belle Anglaise enfin conquise.
Elle jouit à plusieurs reprises, longuement, délicieusement, avec une force qu’elle n’aurait jamais pu imaginer et dont elle décida sur le champ de ne plus jamais se priver.
Et quand, vidé, il se retira et qu’elle sentit le lingam l’abandonner, elle décida, comme ça, parce que la vie est éphémère et que la sienne avait été jusqu’alors si triste et vide, que jamais elle ne retournerait dans son manoir du Yorkshire.

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Eh bien… Pour une recherche sans aucun rapport (je cherchais des éléments sur la défense incendie, c’est dire !) je retombe sur des blogs aux noms connus et j’atterris finalement ici.
Un jour ou l’autre il allait bien falloir y venir… le plus dur sera d’en repartir ! Pour une première visite imprévue, je suis assez charmée (de ce que j’ai lu ici et ailleurs aussi), et c’est pour le coup un euphémisme.
Bonne continuation…
Le romantique découvre le tantrisme, et d’un mot pour rechercher un artiste, Yoni, découvre l’union charnelle décrite par une femme.
Je suis, tour à tour, charmé de ton impudeur, chatouillé de savoir qu’il existe des femmes aux âmes si joueuses, et un peu triste de voir ce blog abandonné.
Reviens, Céleste, s’il te plait, reviens et laisse glisser la soie de tes déshabillés sur ta peau sucrée, et le velours de tes mots sur mon imagination enfiévrée.