Yoni Art: Culotte en VHS
Céleste par le trou de la serrure

Où es-tu Céleste ?
Où te caches-tu, ma petite caille au ventre palpitant ?
Depuis que je t’ai entrevue, à demi nue et innocente, dans la pénombre de ta chambre, contemplant ton charmant minois, ton corps m’obsède et me hante.
Je revois la douce courbe de tes reins, tes petits seins coquins et ce tissu drapé que j’aurais tant aimé défaire pour découvrir les boucles brunes de ta chatte et la cambrure de ton cul.
Il doit être bien joli ton cul, lisse et rond comme une pêche fendue.
Je te cherche d’une pièce à l’autre car l’envie que j’ai de toi me taraude le ventre et mouille ma culotte.
La porte de ta chambre est close, serait-il possible que tu m’y attendes, alanguie et frémissante, humide comme une fleur que ma main impatiente pourrait enfin cueillir ?
Aurais-tu, petite fée au suave déhanchement, compris que mes regards sur toi, brûlant d’un désir fou, t’invitaient à l’amour ?
Mais un bruit me parvient, dans ta chambre on s’agite et l’on grogne et cette toux soudaine…
Se pourrait-il que tu accordes à un homme ce que je n’ai pas encore trouvé l’audace de te proposer ?

Hélas, mon œil collé à la serrure, s’il me permet enfin de découvrir cette douce partie de toi dont je rêve sans cesse, me révèle aussi ce que je ne voulais croire.
Et ce crétin de Marchessou, ce goujat, ce pisse-copie, qui plonge dans ton con ses doigts aux ongles longs, qui te travaille et te pétrit sans douceur ni tendresse.
Et voilà qu’il t’enfourche, le pantalon baissé sur ses mollets de coq et je ne vois plus que ses fesses plates s’agiter entre des jambes.
Moi, j’aurais léché tes lèvres et titillé ton clitoris du bout point pointu de ma langue. J’aurais aspiré ta cyprine, je l’aurais dégustée comme un nectar précieux.
J’aurais glissé mes doigts dans ta fente humectée et massé, dans ton con, la zone lisse et douce qui se serait gonflée sous ma douce pression et tu aurais gémi, inondée de plaisir.
Puis j’aurais accéléré le mouvement de mes doigts jusqu’au moment, où, sentant monter en toi l’orgasme, je les aurais soudainement retirés et surprise et déçue, tu m’aurais suppliée de continuer mon œuvre.
Je t’aurais alors fait rouler sur le ventre, glissant un coussin pour rehausser tes hanches et je t’aurais fessée pour m’avoir ignorée.
J’aurais dans ton cul serré enfoncé ma langue, puis mes doigts, deux doigts, rigides et décidés qui t’auraient explorée, fouillée, tandis que de l’index de mon autre main j’aurais branlé ta chatte.
Et enfin tu aurais joui comme jamais ce rat de Marchessou ne te permettra de le faire.
Puis, pendant que dolente tu aurais repris ton souffle, j’aurais relevé ma jupe baissé ma culotte et guidé ta bouche jusqu’à ma vulve.
Je t’aurais appris à me faire jouir, lentement….
Pas comme ce crétin qui a déjà fini, qui remballe son matériel, qui remonte ses bretelles et qui, ô chance, s’en va en claquant la porte du fond, te laissant étourdie et frustrée.
Je crois ma belle que notre heure est arrivée, je pose la main sur la poignée, j’ouvre la porte…

Photos: Musée de l’érotisme, Paris
Publié pour la première fois le 3 janvier 2007
Céleste à Paris

Céleste n’était guère prude - peut-on l’être quand on gagne sa vie comme modèle ?- mais quand Léon le photographe, son amant à la barbe noire, avec qui elle s’envoyait joyeusement en l’air après les séances de pose, excités qu’ils étaient, l’une par le regard qui la fouillait dans les moindres détails, l’autre par la vision assidue d’un des plus beaux postérieurs de Paris, s’effaça devant elle pour qu’elle puisse pénétrer la première dans l’atelier du gros Alphonse, elle marqua le pas et il dût la pousser, d’une main plaquée sur ses fesses rebondies, pour la faire avancer.
Outre le gros Alphonse qui, affalé sur un divan se délectait d’un cigare en sirotant un verre d’absinthe, Céleste reconnut le peintre Marchessou et son ami le rouquin qui debout près de la cheminée devisaient avec un blondinet élégant qu’elle avait déjà repéré sur la butte et qui ne lui déplaisait point.
Sur un autre divan, Fifi et Lola, deux modèles, réputées pour avoir la cuisse particulièrement légère, corsages en désordre et jupons relevés, trinquaient joyeusement avec un gros homme qui, chemise ouverte et bretelles pendantes, chantait à tue tête les mésaventures sexuelles de trois orfèvres.
A la quantité de bouteilles d’absinthe et de vin ouvertes gisant aux quatre coins de la pièce, il était clair que la fête battait déjà son plein.
L’arrivée de Céleste fut saluée par des acclamations dont la nature directe fit rosir ses joues. Elle aimait, certes, les plaisirs de la chair, mais jamais jusqu’alors n’avait imaginé se livrer à cette activité en dehors de la tiédeur de l’atelier de Léon et avec un autre que lui.

Arrivée quelques mois plus tôt à Paris, introduite dans la bohême par une cousine délurée qui l’avait présentée à un peintre doté de peu de talent mais d’une bite insatiable qui n’avait pas tardé à lui voler son pucelage, et qu’elle avait quitté pour Léon, elle avait gardé toute sa fraîcheur innocente et espérait encore la venue d’un bellâtre fortuné, qui l’installerait dans un hôtel particulier où elle l’attendrait, alanguie dans des coussins moelleux en mangeant des choux à la crème.
Elle esquissa un mouvement de repli vers la porte mais Léon, l’enlaçant fermement par la taille l’entraîna en riant vers le divan du gros Alphonse qui était maintenant occupé à déboucher une bouteille de mousseux. Il en remplit un verre et le tendit à Céleste, lui enjoignant de le vider prestement.
« Allez, l’encouragea, Léon, bois donc un coup à la santé d’Alphonse, c’est son anniversaire ! »
Bien que n’ayant jamais bu d’alcool, Céleste obtempéra. Les bulles lui piquèrent le nez, mais le goût légèrement sucré du breuvage ne lui déplut point et quand, voyant son verre déjà vide, le gros Alphonse lui proposa une deuxième goulée, elle l’accepta volontiers.
Le mousseux, c’est bien connu, provoque chez les jeunes filles euphorie et langueur, et quand Léon souleva sa jupe et baissa sa culotte pour montrer à ses amis la blanche splendeur de ses fesses, non seulement elle ne protesta pas, mais au contraire creusa les reins en riant pour offrir aux regards gourmands tous les secrets de sa croupe.

Sur l’autre divan, tandis Lola enfouissait dans sa bouche goulue le membre dressé du gros homme, Marchessou, le pantalon aux chevilles, empalait de sa bite la chatte rousse de Fifi à quatre pattes devant lui.
En dégrafant la jupe de Céleste d’une main trop hâtive, Léon renversa le troisième verre de mousseux qu’elle était occupée à boire. Le liquide se répandit sur le caleçon que le gros Alphonse venait péniblement de dégager du pantalon et laissa sur la bosse renflée de la bite durcie une auréole humide, évoquant quelque déjection d’urine mal contrôlée. A cette vue Céleste éclata de rire, et oublieuse de toute pudeur, participa avec enthousiasme à son propre dénuement, ne gardant que ses bas, comme durant les séances de pose.
D’ailleurs, tandis que le rouquin et le blondinet, bretelles pendantes et bites en mains, bandant à qui mieux mieux, se rapprochaient de Céleste, frétillante et appétissante, Léon se retira pour installer son appareil photo.

Six mains la parcouraient, une moustache caressait son sein, un doigt s’enfonça dans son con, un autre dans son cul.
Ils la léchèrent.
La branlèrent.
La pénétrèrent.
Par devant.
Par derrière.
Dans son con, dans son cul, dans sa bouche aux lèvres douces.
Et elle, ravie et jamais lasse, entre deux éclats de rire, émoustillée par l’alcool et les flash de l’appareil de Léon, jouissait de tout son être.

Photos: Musée de l’érotisme, Paris
Publié pour la première fois le 23 décembre 2006
Lettre à Paul
Argenton le 20 mai 1915
Mon amour,
Ce matin, et j’en tremble encore de joie, le facteur m’a apporté ta dernière lettre. Il lui a fallu 45 jours pour arriver jusqu’à moi, mais quand j’ai déchiré l’enveloppe, il m’a semblé sentir ton odeur.
Comme j’ai été heureuse de te lire !
J’ai tellement lu et relu ta lettre que désormais je la sais par cœur, je pourrais te la réciter quand tu reviendras.
Car tu reviendras mon amour, tu me l’as promis, et nous avions juré de toujours tenir nos promesses.
Tu me manques, au-delà des mots, au-delà des phrases, au-delà tout. Parfois ton souvenir est si fort, si dru, qu’il me fige sur place, que je ne peux plus ni marcher, ni écrire, ni aider Marie à la boutique, et je reste hébétée, vide, amputée de toi.

Le soir, le sommeil tarde à venir, seule dans ce grand lit, notre lit, qui porte encore la trace de nos ébats et de nos rires, je revis les merveilleux moments passés entre tes bras, et, au matin, lorsque je me réveille, je te cherche en vain à mes côtés.
Je déteste cette guerre absurde et imbécile qui me prive de toi. Qu’avons-nous donc fait pour mériter d’être ainsi séparés ?
Tout cela n’a aucun sens.
Est-ce à cause des premières chaleurs, de ce printemps qui fait que les fleurs embaument et que l’herbe tendre invite à l’amour, que le désir de toi me taraude ainsi ?
Quand je clos les yeux, je te vois, nu, allongé près de moi sur les draps brodés. J’imagine tes fesses rondes et fermes et ma main vagabonde qui caresse l’intérieur de tes cuisses, tu sais, là où la peau est si douce. Puis j’enserre entre mes lèvres ton pénis que l’amour a durci. Je le lèche, le mordille doucement, en recouvrant mes dents avec mes lèvres pour ne pas te faire mal, comme tu me l’as enseigné.
Tu m’as tout appris de l’amour. Quand je pense qu’avant notre nuit de noces j’avais peur ! J’étais bien ignorante alors, une oie blanche !
Et puis tu m’as caressée, dorlotée, pénétrée et c’était si bon, si fort, si éblouissant que j’ai pensé que jamais ne voudrais être séparée de toi, ne fut-ce qu’une nuit, car ce plaisir que nous nous apportions était un miracle et que nous devions nous battre pour le vivre encore et toujours.

Mais la guerre t’a emporté, si loin de moi, dans des contrées que je n’arrive même pas à imaginer, et où tu côtoies la violence et la mort.
Mon amour, il faut que je te dise quelque chose, je ne sais pas si c’est bien ou mal, et tu es le seul à qui je puisse en parler.
La nuit, lorsque le désir de ton corps est si fort que mon ventre en devient douloureux, je laisse mes mains parcourir mes seins, mes doigts s’enfoncer dans mon ventre, ô, bien sûr, ils n’ont pas la vigueur de ton sexe, mais il m’arrive de jouir en imaginant que c’est toi qui me caresses.
Ma mère disait qu’il ne fallait jamais se toucher dans ces endroits là, que c’était pêcher de se caresser soi même, mais tu n’es pas comme elle, tu as étudié, tu sais beaucoup de choses qu’elle ne sait pas et je pense que tu me comprendras.
Si tu étais avec moi, je ne le ferais pas, c’est ton absence qui m’est si douloureusement insupportable.
Mon Paul, mon amour, mon beau mari que le destin m’a donné et si vite repris, reviens moi vite, sans toi je suis une ombre, une coquille vide, une enfant abandonnée.
J’ai peur pour toi, si peur, sois très vigilant, ne te mets pas inutilement en danger, si tu ne revenais pas, j’en mourrais.
Je t’embrasse, de tout mon cœur qui ne bat que pour toi, de toute mon âme, de chaque parcelle de mon corps qui sans toi s’étiole et se meurt.
Je t’attends.
Céleste

Photos: Musée de l’érotisme - Paris
Publié pour la première fois le 4 Mars 2007
Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (5)
Episode 5
Douce folie
Plusieurs événements, d’importance variable, marquèrent les jours suivant celui où Lady Céleste découvrit les plaisirs solitaires.
D’abord sa bonne, la pauvre Betty, rendit à son Dieu indifférent une âme innocente, ensuite Lady Céleste surprit son époux en pleine fornication avec une prostituée dénudée, laquelle, croupe en l’air, dégustait goulument la saveur de son lingam, et pour finir un nouveau personnage fit son entrée dans le cercle de ses relations indiennes.
Le docteur Suraj, un veuf d’une cinquantaine d’années, était l’associé de Benjamin. Il se présenta un soir à l’heure du dîner, sa longue chemise blanche impeccable, et un petit calot vissé sur ses cheveux gris. Parmi tous les hommes que Lady Céleste avait eu l’occasion de rencontrer il n’était certes pas le plus séduisant. De petite taille, la peau sombre et le ventre rebondi, rien dans sa silhouette n’évoquait la séduction.
Lady Céleste, méfiante, était disposée à ne pas lui accorder la moindre attention, mais lorsqu’il la regarda, qu’un sourire éclatant illumina son visage, lorsqu’il lui parla, et que sa voix douce et lente lui exprima dans un anglais parfait tout le plaisir qu’il ressentait à faire sa connaissance, elle se sentit apaisée.
Le dîner fut charmant et, à la grande surprise de lady Céleste, qui n’en croyait pas capables les indigènes, le Docteur Suraj fit montre d’une grande culture. Il parla de littérature, de Virginia Woolf, cette folle avait pensé Lady Céleste, de son dernier ouvrage, Mrs Dalloway, et aussi de Nijinski et de « L’après-midi d’un faune ». Lady Céleste n’en savait rien ou presque, mais le titre évocateur lui resta en mémoire.
Elle y repensait encore quand elle regagna sa chambre, de quoi pouvait bien être faite l’après midi d’un faune ? Elle y voyait des relents de sexe et de débauche, des corps dénudés, des orgies.
L’esprit enfiévré elle se dévêtit prestement pour parcourir son corps de ses mains. Elle aspirait à la jouissance. Mais dans sa précipitation elle fit trop vite, brûla les étapes, se caressa avec une telle ardeur qu’un spasme incontrôlable lui échappa.
C’était déjà fini et un sentiment de honte l’envahit, de se voir ainsi, à demi nue, esclave de son plaisir.
Quelques jours plus tard, le docteur Suraj lui fit envoyer un message l’invitant à se rendre à Madurai en sa compagnie. Il souhaitait ardemment, disait-il, lui faire visiter le temple et lui expliquer quelques rudiments de sa religion.
Elle marcha à ses côtés dans les ruelles encombrées de Madurai. Des mendiants se pressaient autour d’eux, tendant leurs brunes mains maigres. Effrayée par tant de misère elle se rapprocha de Suraj qui avançait, paisible et souriant, en lui expliquant que, si leur karma le leur permettait, ces créatures disgraciées connaîtraient une réincarnation meilleure, celle-ci n’étant que la conséquence d’une vie antérieure souillée par les fautes.

Le premier gopuram du temple de Sri Meenakshi se dressait devant eux, énorme, entièrement sculpté. En regardant plus attentivement Lady Céleste s’avisa que la façade présentait une incroyable quantité de corps quasi nus, femmes lascives exhibant leurs seins, leurs monts de Vénus dénudés, homme ou dieux aux attitudes lubriques. Elle n’osa s’étonner de tant d’impudeur et suivit son guide à l’intérieur du temple.
Dans la sombre antre des dieux, la forte odeur d’encens lui fit tourner la tête. Des prêtres torses nus, les hanches ceintes d’un simple tissu orange psalmodiaient ce qu’elle pensa être des prières. Des pétales jonchaient le sol.
Suraj s’arrêta devant une étrange sculpture : un haut cylindre de pierre grise, luisant de graisse et paré de fleurs, fiché dans un socle en forme de coquillage.
« C’est le lingam, lui expliqua-t-il, le sexe masculin, il est dans le yoni, le sexe féminin, leur union symbolise la totalité du monde ».

Entendre parler d’union sexuelle, dans cette chaleur lourde et sombre, après la vision des corps dénudés et non pas torturés, comme dans l’iconographie chrétienne où les corps nus et suppliciés attestent de l’horreur des flammes de l’enfer qu’une vie de débauche et de plaisirs a provoquées, mais joyeux et gourmands, célébrant la vie et l’amour, fut pour Lady Céleste un véritable choc.
Elle rougit, pâlit, s’éventa, crut défaillir et se raccrocha au bras de Suraj que l’intimité du geste surprit. Il y lut quelque avantage. Durant ses années d’études à Londres il avait souvent rêvé de posséder une Anglaise, de frotter sa peau brune contre une chair rose et blonde, mais l’arrogance de ces dernières avait étouffé dans l’œuf toute velléité de séduction.
Il était rentré en Inde, avait retrouvé sa femme, épousée alors qu’ils étaient encore enfants et vécut avec elle une existence paisible et sensuelle.
Mais voilà que le goût de la femme blanche se réveillait, et celle-ci, quoique manquant de formes abondantes, quoique prude et raide, cachait, il en était persuadé, dans son sein, un volcan, une tigresse affamée, une promesse de plaisir intense.
Ils reprirent la voiture pour rentrer au village. L’après-midi tirait à sa fin, l’air était doux et émoustillé par les pensées coquines qui lui étaient venues dans le temple, Suraj proposa à Lady Céleste une halte à sa demeure, afin d’y boire une tasse de thé, anglais, précisa-t-il.
Pourquoi accepta-t-elle ?
Sans réfléchir ?
La réponse avait jailli de sa bouche, de son ventre, de tout son être.
Et à peine l’eut-elle formulée qu’elle en mesura les conséquences. Elle savait. Elle le désirait. Ce pays la rendait folle.

Mais quelle douce folie !
Il dégrafa lentement son corsage, libéra ses petits seins. Y posa ses lèvres. Lécha les tétons durcis.
Elle était allongée sur le dos, les yeux clos.
Il fit glisser son jupon sur ses cuisses. Puis la culotte en dentelle.
Il contempla longuement le ventre blanc et plat, les poils blonds, presque roux, les petites lèvres roses et délicatement fripées.
Sa bouche se posa sur cette fleur inconnue, il effleura le clitoris d’une langue experte et celui-ci, ravi de cette sensation nouvelle, se dressa fièrement sous la caresse.
Lady Céleste, toute pudeur oubliée et toute honte bue jusqu’à la lie, écarta les jambes pour permettre à la langue de l’homme de s’enfoncer dans son yoni.
Lui flattant d’un doigt le clitoris gonflé de joie il agitait langoureusement sa langue dans ses profondeurs légèrement salées, que la cyprine inondait.
Il la lécha, la suça, la dégusta.
Elle avait un goût d’embrun, mêlé d’une pointe d’acidité qui lui rappela, fort à propos, les bonbons anglais que l’on laisse fondre dans la bouche et dont le jus se mélange à la salive.
Puis se releva sur les coudes et la fit délicatement rouler sur le ventre pour admirer la partie du corps féminin qu’il aimait le plus : les fesses.
Il fut agréablement surpris par les rondeurs qu’il découvrit et que les vêtements dissimulaient.
Lady Céleste, loin de tous repères habituels, désorientée et ravie s’abandonnait en toute quiétude aux caresses. Il lui glissa un coussin sous le ventre pour rehausser sa croupe. Ecarta les fesses pour baiser l’anus, mais ne s’attarda pas, se redressant sur les genoux, il enfonça dans le yoni son lingam dur et vigoureux.

Elle hurla de joie, cambra les reins pour sentir le vit de l’homme au plus profond d’elle.
Et ils dansèrent longuement, fichés l’un dans l’autre. Parfois il accélérait le mouvement de ses reins, puis s’arrêtait, sortait son lingam dégoulinant de son antre, elle poussait un petit cri de surprise et il s’enfonçait à nouveau, la chevauchant fièrement, sa belle Anglaise enfin conquise.
Elle jouit à plusieurs reprises, longuement, délicieusement, avec une force qu’elle n’aurait jamais pu imaginer et dont elle décida sur le champ de ne plus jamais se priver.
Et quand, vidé, il se retira et qu’elle sentit le lingam l’abandonner, elle décida, comme ça, parce que la vie est éphémère et que la sienne avait été jusqu’alors si triste et vide, que jamais elle ne retournerait dans son manoir du Yorkshire.

© pour les images de Radha et Krishna: www.vrindavanart.com
© pour les images de kamasutra: www.artas.com
Publié la première fois par
le 8 décembre 2006
Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (4)
Episode 4
La découverte
Quand, étant sorti fumer une dernière beedi dans la quiétude parfumée du jardin, Benjamin, qui connaissait l’intensité de la passion qui liait entre eux Radha et Krishna, avait trouvé, allongé sous le bananier, le corps évanoui de sa belle-sœur, il avait immédiatement suspecté l’origine du malaise.
Prenant Lady Céleste dans ses bras il l’avait portée dans sa chambre et étendue sur le lit, alors que peu à peu elle reprenait ses esprits.
Puis, après lui avoir donné à boire une tisane apaisante, il lui avait raconté l’histoire des deux amants.
Elle avait écouté, le regard fixe, et aucune émotion n’avait semblé la parcourir.
Mais à peine avait-elle sombré dans le sommeil, comme un navire égaré s’enfonce dans la brume, que d’étranges rêves avaient peuplé sa nuit.
Dans une riche demeure indienne, des femmes nues, assises, offertes, les cuisses écartées et le yoni béant l’interpellaient de toutes parts. Elle fuyait de pièce en pièce, rouge de honte, le souffle court, mais voilà qu’un homme arrivait, lui arrachait ses vêtements et la contraignait à s’asseoir parmi les créatures impudiques. Puis il se penchait sur elle et la regardait en riant. Et toutes les femmes poussaient aussi de longs rires stridulants. Comme des spirales qui s’enfonçaient dans ses oreilles, tandis que la sèche voix de sa mère lui enjoignait de ne jamais perdre sa dignité, de ne jamais perdre sa dignité, de ne jamais perdre sa dignité…

Les jours suivants, l’idée de rencontrer les amants lui étant insupportable, elle resta confinée dans sa chambre.
Au bout d’une semaine, voyant que sa belle-sœur dépérissait, Benjamin, en bon docteur qu’il était, décida de lui appliquer un traitement de choc. N’ayant aucun doute sur la déplorable misère amoureuse de Lady Céleste et étant lui-même fort informé des délices de la sexualité, il entreprit d’en expliquer les innombrables bienfaits à cette triste anglaise dont le joli corps se fanait au milieu des fines dentelles de ses dessous raffinés.
Non point qu’il eût les moindres pensées érotiques à son endroit, à la douce volupté des courbes féminines il préférait la lisse élasticité des muscles masculins, mais Benjamin était un être hautement charitable, et la souffrance de ce tendre oiseau que la violence et la bêtise de son rustre de frère avait transformé en une pintade acariâtre, lui était pénible.
Rendant une courte visite à Lady Céleste, durant laquelle il s’inquiéta de sa santé et lui conseilla, en vain, de faire quelques pas dans le jardin, il posa négligemment sur la coiffeuse quelques gravures érotiques, qu’il avait dûment sélectionnées à son attention, puis il s’en fut en l’assurant de son amitié et non sans lui avoir donné des nouvelles satisfaisantes de son époux. Il ne livra pas l’entière vérité au sujet de ce dernier, qui, au lieu de se morfondre sur son lit, seul et abandonné, comme le supposait et s’en réjouissait sa femme, faisait frénétiquement sauter sur son sexe dressé des prostituées venues du village voisin et qui faisaient la queue devant la porte de sa chambre pour profiter de ses largesses et de la taille de son organe, dont la réputation se répandait comme traînée de poudre.
Ce ne fut qu’un long moment après le départ de Benjamin, que Lady Céleste s’avisa de la présence des gravures sur sa coiffeuse. Interloquée, elle décida de lui rapporter sur le champ ces immondes saletés.
Mais voilà, la fâcheuse sensation de tétanie qui s’était emparée d’elle sous le bananier alors qu’elle assistait aux ébats enflammés de Radha et Krishna, se fit à nouveau sentir.
Et pendant qu’elle se répétait en vain « Je dois rapporter ces gravures sans les regarder, je dois rapporter ces gravures sans les regarder, ma dignité l’exige » un trouble diffus envahissait son bas ventre et un frisson glissait le long de son échine.
Elle fixait, hypnotisée, la première gravure. Dans ce qu’elle supposa être un harem, un homme, confortablement assis dans un fauteuil, se laissait caresser par des femmes dont la nudité était rehaussée par de fins voiles. Deux d’entre elles lui massaient les épaules, tandis qu’une autre, assise, jambes écartées, lissait de ses mains la plante de son pied.
D’autres femmes se baignaient.
Au premier plan, une créature, alanguie sur un coussin, s’étirait comme une chatte repue, souriante, la tête renversée en arrière.
Sur tous les visages se lisait la paix et la sérénité, même sur celui de la jeune vierge qu’on amenait à l’homme, nue, le sexe soigneusement épilé.
Il y avait des fleurs et du vin.
Luxe, calme et volupté.

De tout cela Lady Céleste ne savait rien. Que l’on puisse ainsi jouir de sa nudité et offrir sa chair au désir de l’homme lui était inconnu, voire même incompréhensible.
Mais ce que son esprit ne pouvait admettre, son corps le comprit, qui se mit à répandre dans les dentelles de sa culotte une eau tiède et douce.
La chaleur l’envahit et tandis que sa main gauche déplaçait la gravure afin de découvrir la suivante, sa main droite détachait les cordons de la robe de chambre en satin, faisait glisser les bretelles de la chemise de nuit pour faire jaillir un sein dont la pointe, enfin libre, se dressa.
Sur la deuxième gravure l’homme (était-ce le même ?) agenouillé nu devant une femme appuyée sur une autre qui caressait ses seins, enfonçait son lingam dans un yoni accueillant.
Derrière eux deux bayadères souriantes se mignotaient en observant la scène.

La robe de chambre et la chemise de nuit gisait sur le sol. Presque à son insu, la main de Lady Céleste se fraya un chemin dans la culotte en dentelle, pénétra dans la toison bouclée, effleura le clitoris dont le gonflement soudain la surprit et l’émut, et, continuant son exploration, s’enfouit dans les profondeurs humides.
Quelle étrange sensation !
Elle se pencha en avant pour enfoncer le doigt au plus profond, caressant lentement les parois souples et soyeuses.
Elle expédia la gravure au loin, d’un geste brusque de l’autre main, pour découvrir la suivante qui l’excita encore plus.

Se laissant tomber sur le lit, les jambes repliées sur la poitrine elle enfonça deux doigts impatients dans sa vulve et leur imposa un rythme rapide, une ondée se répandit sur les draps, elle poursuivit sa délicieuse tâche, de plus en plus fort et vite.
La chair brûlante enserrait ses doigts.
Son clitoris frémissait sous la caresse de sa paume.
Plus rien n’existait d’autre que le va et vient de sa main.
Un incroyable et indéfinissable plaisir la parcourut alors, comme un éclair de bonheur, de chaleur, de bien être.
Elle se mordit la lèvre pour ne pas hurler sa joie.
Bien après les derniers spasmes elle resta allongée, les doigts fichés dans son vagin qui longuement palpita.
C’était donc cela qui rendait les femmes si heureuses.

Publié la première fois par
le 6 décembre 2006
Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (3)
Episode 3
Radha et Krishna
“La lune seule
Dans l’étreinte de la nuit … »
Radha chante, Radha danse et les hommes la regardent.
Alanguis sur des coussins, ils suivent de leurs yeux lourds de désir les ondulations du corps de la danseuse.
« Un désir nocturne chantait sa complainte… »
Elle danse, après, peut-être devra-t-elle offrir à l’un ou plusieurs de ces spectateurs dont l’alcool embrume les esprits et aiguise les sens, les trésors de son corps.

« Un souffle de vent… »
Il vient d’arriver, avant même de le voir elle avait senti sa présence et la chaleur de son regard. Il prend place parmi les hommes, à sa place habituelle. Il ne leur parlera pas, boira en silence, sans la quitter des yeux, puis repartira dans la nuit et à mesure que le bruit de son pas décroîtra elle sentira son cœur se vider.
« Surveillé par l’éclat astral
Un désir nocturne chantait sa complainte… »
Elle tourbillonne se cabre, se déhanche, dessine de ses doigts fins l’histoire de Radha et Krishna.
« Un inconnu surgit de nulle part
Et lui dit : je t’aime … »
Elle lui dédie la déclaration.
Elle, Radha, danseuse et courtisane, dont la danse et le corps sont à vendre au plus offrant, au plus riche, à celui ou ceux que choisit la veille Parvati, aime l’homme au regard de feu, le beau, le riche Krishna que le veuvage a conduit en ce lieu de plaisir.
On le disait inconsolable, mais voilà que ses regards la brûlent, la consument, et que, chaque soir, il est là et la contemple.
Elle ne danse plus que pour lui.
« En rythme se balançait la jolie Radha »
La vieille Parvati, fixe sur Krishna un regard avide, elle attend qu’il se décide, plus longue sera l’attente, plus haut sera le prix.
« Mon amour, j’ai peur… »
Elle imagine les mains de l’homme sur sa peau. Elle prie le dieu Krishna de lui accorder cet homme, si beau, comme une revanche sur son enfance bafouée, sur ces années à apprendre la danse, sur tous ces hommes qui ont possédé son corps expert à l’amour.
La passion érotique, Shringâra, elle en connaît tous les secrets et dans l’alcôve elle leur arrache des hurlements de fauves.

« Aime-moi »
Sous la lune Radha capitule et s’abandonne à Krishna.
« Sur les rives de la Yamuna
Krishna et Radha dansent l’amour
Assoiffés, le cœur dévoré par la passion
Radha et Krishna dansent l’amour »
Et Radha, regardant l’homme qui bouleverse son sein, en elle-même prie:
« Je n’ai jamais désiré la lune
Je n’ai jamais couru après les étoiles
Je ne me suis jamais plainte
J’ai dissimulé chacune de mes peines
J’ai repoussé d’un rire chaque raillerie
J’ai étreint des épines
Qui m’ont blessée en s’épanouissant
Chaque fois que j’ai prié
Le seigneur
C’est toi que j’ai demandé »
La musique se tait.
Elle s’affaisse sur le sol, la tête baissée.
L’homme se lève, il va partir. Mais non, il se dirige vers la vieille Parvati, s’assied à ses côtés. Ils discutent et le cœur de Radha résonne dans sa poitrine « Chaque fois que j’ai prié, c’était toi que je demandais ».
Il se lève.
Radha a toujours les yeux baissés, les lever serait un affront. Elle ne devine plus la présence de l’homme et la tristesse l’envahit « A chaque fois que j’ai prié c’était toi que je demandais… »
Mais le miracle s’accomplit. La vieille Parvati l’appelle, ses yeux brillent et sa bourse est pleine, la transaction a été bonne. Elle lui enjoint de se rendre au salon turquoise où un homme l’attend.
Un frisson parcourt le ventre de Radha et sa bouche s’assèche. Elle maitrise son pas pour ne pas courir le long du couloir pavé dont les miroirs lui reflètent son image.
Ils sont face à face.
Krishna et Radha
Radha et Krishna.
Les dieux sont humains et les humains sont dieux.

Elle tremble.
Il frissonne de désir.
Veut-il qu’elle danse pour lui ?
Non, c’est elle qu’il veut, et il détache doucement le voile des cheveux, déroule le sari de danse, qui tombe aux pieds de Radha.
Elle est nue, parée de ses bijoux, mais aujourd’hui ce n’est pas elle qui caresse, c’est l’homme, dont la bouche parcourt son visage, s’attarde sur ses lèvres qui s’entrouvrent. Le baiser se déploie, emportant au loin la misère de l’enfance, le long apprentissage du métier de courtisane.
D’une main il défait le nœud de son dhotî et le tissu glisse le long des jambes.
Puis il retire sa chemise blanche.
Il est nu.
« A chaque fois que j’ai prié c’était toi que je demandais… »
Il la soulève du sol, l’allonge sur les coussins moelleux, enfouit sa bouche dans la chaleur de son aine.
Sa langue parcourt suavement le yoni baigné de suc, s’enfonce dans les douces profondeurs. Et ses belles mains soyeuses dessinent sur ses seins de lascives arabesques.
Elle caresse ses cheveux, les laissant glisser entre ses doigts, les tirant légèrement quand le plaisir la parcourt.
Sa langue descend, glisse sur la tendre peau qui sépare le yoni de l’anus et, pendant que son doigt pénètre son ventre palpitant de joie, il y pose sa bouche gourmande.
Elle ondule et soupire sous ses caresses.
Elle est la première femme, il est le premier homme.
Elle renaît, son corps jubile et s’impatiente dans l’attente du lingam.
Elle arrache à son ventre la bouche ensorceleuse, relève la tête de Krishna.
Ils se regardent longuement retenant le désir.
Puis il s’allonge sur elle et son lingam, dur comme la pierre et tendre comme la jeune racine d’un arbre, s’enfonce dans le yoni.
Ils sont collés l’un à l’autre, ne forment plus qu’un corps qui ondoie et se tord, se cabre.
Elle noue ses jambes autour de sa taille.
Crie.
Crie encore.
Hulule.
Chante.
Exulte.
Se répand en eau claire.
Un spasme le traverse quand du lingam sort la semence.

Ils sont immobiles. Elle est couchée sous lui et, appuyé sur les coudes il la contemple.
Il lui dit que jamais plus elle n’appartiendra à un autre que lui.
Elle lui sourit tristement. Comme cela pourrait-il être ? Aurait-il oublié qui elle est ?
Non, il le sait.
Mais il a aussi su, dès la première fois où il l’a vue danser, qu’ils n’existaient, lui Krishna et elle Radha, que l’un pour l’autre.
Que les dieux le savaient qui avaient choisi leurs prénoms.
Qu’il a dans les plis de son dhotî, une bourse bien remplie que la vieille et cupide Parvati ne saura refuser.
Qu’ils vont partir.
Qu’ils iront se cacher chez un ami, un médecin anglais, à côté de Madurai.
Qu’ils seront pauvres.
Qu’ils seront libres.
Alors elle ne dit mot de peur de rompre le rêve, se lève et enveloppe dans un tissu un sari de soie vert, une brosse pour ses cheveux quelques bijoux qu’ils pourront vendre.
« Allons, lui dit-elle, je suis prête. »

Publié la première fois par
le 26 novembre 2006
Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (2)
Episode 2
Derrière le bananier
Lady Céleste se réveilla en sursaut, en sueur et la gorge sèche. Epuisée par de longues nuits sans sommeil durant lesquelles la chaleur l’avait empêchée de s’assoupir, elle s’était endormie immédiatement après le dîner qui avait été fort frugal.
Souffrant d’une violente migraine elle n’avait pas dîné en compagnie de Benjamin, mais seule dans sa chambre, d’un bouillon de légumes et d’une sorte de galette locale nommée « chappattis ».
Elle tendit la main pour attraper la carafe d’eau dont elle distinguait les contours dans la pénombre. Hélas, elle était vide.
Maudit pays où l’eau devait être bouillie avant d’être bue !
Elle hésita un long moment, la perspective de se rendre seule à la cuisine dans l’espoir d’y trouver de l’eau, ou pire de réveiller la cuisinière, pour en obtenir, la fatiguait au-delà de toute mesure.
Mais, la soif l’emportant, elle entreprit l’expédition, non sans avoir enfilé une robe de chambre, soigneusement boutonnée, sur sa chemise de nuit.
Elle sortit par la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse couverte du jardin. La maison semblait endormie, ce qui était de mauvais augure. Le cœur battant elle poursuivit néanmoins son chemin en direction de la cuisine. Arrivée à l’angle du bungalow, elle perçut comme un bruit de tambours et de clochettes, au fur à mesure qu’elle progressait, le bruit, qu’elle ne pouvait certes pas qualifier de musical, amplifiait.
Puis ce fut le silence.
Le chant d’une femme, fait d’étranges harmonies, s’éleva dans la nuit. Elle aperçut une fenêtre éclairée, la voix en émanait.
Sa curiosité éveillée, elle se faufila dans l’ombre, et masquée par un providentiel bananier, jeta un regard dans la pièce.
A la vue du spectacle qu’elle découvrit, elle dut se retenir pour ne pas laisser échapper un cri d’indignation. Ses doigts se crispèrent sur les boutons de sa robe de chambre, précieux rempart à sa vertu.
Elle recula vivement, le cœur battant la chamade, puis reprenant son souffle, les joues en feu elle s’avança à nouveau, voulant en avoir le cœur net. Etait-elle victime d’une hallucination due aux épices, à cette chaleur, à la fièvre, ou venait-elle de découvrir le stupre ?
Dos à la fenêtre, sa nudité à peine cachée par un voile transparent fixé à ses cheveux, Radha dansait, accompagnant ses mouvements de son chant.
A chaque fois que ses pieds nus frappaient le sol, les clochettes de ses chaînes de chevilles tintaient, imprimant leur rythme.

Sa danse ne ressemblait en rien aux ballets classiques, on aurait dit du mime, chaque mouvement semblant porteur un sens que Lady Céleste était bien en peine de comprendre, tant elle était incapable de détacher ses yeux du corps de Radha. De ses hanches qui ondulaient, de ses fesses sur lesquelles le voile glissait comme une caresse.
Son chant se tut et le tambour reprit son rythme. C’est alors, qu’assis contre le mur de la chambre, elle découvrit Krishna, entièrement nu, les deux tambourins posés entre ses cuisses ouvertes.
Ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ses mains semblaient voler sur la peau tendue et Radha accéléra sa danse, tournant, se baissant, bras et cuisses écartés, les fesses projetées en arrière, se redressant et tournant sur elle-même, les yeux mi clos, ses bras se mouvant en gestes à la fois saccadés et harmonieux, se déhanchant de droite et de gauche, martelant le sol de ses pieds nus, le rythme des clochettes épousant celui des tambours.
Ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, de plus en plus vite, elle tournait sur elle-même, le léger voile flottant autour de son corps nu sur lequel jouaient les ombres.
Lady Céleste était saisie de stupeur, la honte figée sur son visage, les jambes tremblantes. Une petite voix intérieure, qui n’était pas sans rappeler celle de sa mère, lui chuchota de s’enfuir, mais elle en était incapable.
Ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta-ca-ta, encore plus vite, encore plus fort, encore plus vite, encore plus fort, jusqu’au moment où, sur un dernier son de tambour, Radha se laissa tomber à genoux sur le sol.
Krishna, posa les tambours puis se leva et Lady Céleste, à près de quarante ans découvrit de visu un indispensable élément de l’anatomie masculine, dont elle avait détesté les incursions dans sa propre chair, mais que, jamais au grand jamais, elle n’avait eu la moindre envie de contempler.
Ce sexe que Lady Céleste n’avait pas de mot pour nommer, ignorante qu’elle était du vocabulaire amoureux, se dressait fièrement, d’une longueur qu’elle n’aurait jamais pu imaginer, à l’oblique du ventre plat et musclé de l’homme.
Plus tard, quand toute pudibonderie l’aurait enfin quittée, un homme, qu’elle ne connaissait pas encore, lui enseignerait deux mots sanscrits: lingam, la baguette de lumière et Yoni, son réceptacle.
Krishna s’approcha de Radha, prit délicatement son visage entre ses mains, et le releva vers lui.
Les amants se regardaient en souriant, et lady Céleste découvrit sur leurs traits l’expression de deux émotions qu’elle n’avait jamais ressenties : la tendresse et le désir, si tant est que le désir soit une émotion.
Il détacha le voile des cheveux, libéra les boucles noires qui tombèrent en une lente cascade dans le dos de Radha.
Doucement, elle approcha sa bouche du lingam désiré, l’effleura du bout de sa langue, suivant ses contours, montant et descendant le long de la hampe.
Puis ses mains ornées de bracelets de verre qui tintaient doucement à ses poignets remontèrent lascivement le long de cuisses de l’homme, et se posèrent sur ses fesses. D’une légère pression elle les fit basculer vers elle, et le lingam s’enfonça dans sa bouche ouverte.
Lady Céleste aussi ouvrit la bouche, de stupeur et de dégoût, abasourdie par ce qu’elle voyait. Sa confusion était telle que la simple décision de partir, de fermer les yeux, ou de se mettre à crier pour que ce spectacle prenne fin, ne lui vint pas à l’esprit. Non, les yeux écarquillés, elle regardait, fascinée, la bouche de Radha qui allait et venait, ses mains imprimant au corps de Krishna un irrésistible mouvement de va et vient.

Il se dégagea d’un coup de rein et Radha se redressa lentement, sa bouche parcourant le ventre et la poitrine de l’homme. Quand elle fut debout, Krishna, glissa les mains sous ses fesses, les écarta légèrement, en suivit le sillon d’un doigt agile. Puis, il la souleva du sol, elle entoura sa taille de ses jambes, frottant ses seins contre son torse. Il la fit glisser le long de lui et le lingam pénétra le yoni.
Au rythme des bras et des puissants coups de reins de son amant, Radha montait et descendait le long de sa tige, et leurs deux corps enlacés semblaient n’en former qu’un, qui ondulait en silence, comme un saule dans le vent.
Puis, le corps de la femme comme incrusté au sien, il plia les jambes, s’agenouilla, cuisses écartées, les fesses posées sur le talons. Radha se déploya en arrière, le dos au sol, les jambes enlaçant toujours la taille de Krishna et les deux corps se remirent à danser, de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus vite.

C’est alors qu’un étrange son s’éleva des lèvres de Radha, un long cri modulé, rauque, qui semblait non pas émaner de sa seule bouche mais de tout son corps.
Un feulement de chatte.
Et Lady Céleste, hallucinée, sentit alors, au fond de son bas ventre, s’éveiller un léger fourmillement, comme la diffuse envie d’une sensation inconnue.
Une douce moiteur baigna la dentelle de sa culotte.
Krishna se raidit soudain, fiché au plus profond de Radha, le corps arcbouté sur ses jambes repliées, un long soupir lui échappa, puis il se laissa lentement choir sur le ventre de la femme.
Derrière son bananier, Lady Céleste, l’esprit et le corps pareillement égarés, s’affaissa sur le sol.
Publié la première fois par
le 20 novembre 2006
Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (1)
Episode 1
Prélude
Lorsque le boy aux pieds nus déposa une tasse de thé devant Lady Céleste, celle-ci pensa avec effroi que son flegme britannique ne résisterait pas à cette nouvelle épreuve. Elle allait se mettre à pleurer, ou à crier. Et le boy aux pieds nus la regarderait en écarquillant ses yeux ronds, puis quand elle lui hurlerait de disparaître, il tournerait les talons et rien n’aurait changé.
Lady Céleste ne voulait pas, combien de fois l’avait-elle déjà expliqué au boy aux pieds nus et à Radha, cette femme à la peau presque noire, une jeune veuve avait dit Benjamin qui s’occupait de la maison et qui balançait la tête de droite à gauche chaque fois que Lady Céleste tentait de lui faire comprendre quelque chose ? Elle ne voulait pas d’un thé brulant cuit avec du lait et aromatisé à la cardamone, elle voulait un thé normal, anglais, doré, dans lequel elle verserait délicatement une goutte de lait qu’elle regarderait devenir nuage.
Elle se ressaisit d’un spasme, redressa sa colonne vertébrale, assise, bien droite sur le bord du fauteuil, ne jamais montrer aux domestiques la moindre faiblesse, l’engeance aurait tôt fait d’en profiter.
Elle congédia le boy d’un mouvement de la main, à quoi bon parler, de toute façon il ne connaissait que deux mots d’anglais, et se laissa aller contre le dossier du fauteuil.
Elle avait chaud, elle avait mal à la tête, elle était excédée, et pressentant que rien dans les jours qui venaient ne pourrait adoucir son sort, elle se dit que cette période était décidément la pire de sa vie.

Elle repassa mentalement la suite des funestes événements qui avaient fait qu’elle, Lady Ratcliff, que tous nommaient affectueusement, du moins le croyait-elle, Lady Céleste, digne épouse de Lord Adrian Ratcliffe, quatrième du nom, se trouvait actuellement dans un minable bungalow, au fin fond des Indes britanniques, sans espoir de pouvoir s’en échapper avant de longues semaines.
Il n’était pas exagéré de dire que le destin s’était acharné.
Tout avait commencé quand Lord Ratcliffe, quatrième du nom, s’était mis en tête d’aller rendre visite à son frère Benjamin, un hurluberlu inconséquent, qui après avoir étudié la médecine avait fait l’invraisemblable choix d’aller la pratiquer dans le sud de l’Inde.
Non content d’avoir claqué le portail du manoir familial, il avait de surcroît consacré une partie de son héritage à la construction d’un hôpital, où il soignait, gratuitement, non pas les dévoués sujets de Sa Majesté qui officiaient sur ces terres lointaines afin d’apporter à ses autochtones les bienfaits de la civilisation anglaise, mais les indiens, pauvres, sales et rongés par les maladies.
C’était pousser la charité chrétienne bien au-delà des limites tacitement respectées par les bons fidèles.
D’autant que, comme Lady Céleste avait pu le constater, son beau frère ne tentait aucunement de convaincre ses patients de se rallier au christianisme, bien au contraire il tenait des discours exaltés sur l’hindouisme, une étrange et archaïque religion peuplée d’une kyrielle de dieux et de déesses à demi-nus, voir même complètement, comme en attestaient les façades des temples.
Donc, ô surprise, son époux, le gros Lord Ratcliffe, dont la puissance de l’imagination n’avait jamais frappé qui que ce soit, et pour cause, avait soudain pris la décision de ce voyage.

Elle avait eut beau protester, et prié de toute son âme pour que le projet ne soit jamais mis à exécution, rien n’avait entaché la détermination du Lord, bien décidé de faire d’une pierre deux coups en allant aussi parader dans les salons diplomatiques de Bombay, où l’absence de sa femme aurait pu provoquer la médisance.
Non pas que le couple fut particulièrement soudé. En dehors des exigences sociales dues à leur rang, et où la grâce émaciée, la blondeur, la transparence du teint pâle, l’azur des yeux, alliés à l’élégance légèrement austère du maintien - et à une certaine froideur qui éloignait les importuns - de Lady Céleste complétait à merveille une fâcheuse tendance aux débordements verbaux que provoquaient les excès de whisky de Lord Ratcliffe, les époux étaient parfaitement indifférents l’un à l’autre.
N’ayant ni l’un ni l’autre choisi cette union, leurs différences avaient eut tôt fait de les séparer.
Bon vivant porté sur la bonne chère, l’alcool et les plaisirs de la chair Lord Ratcliffe s’était très vite éloigné de son épouse. Il aimait les femmes brunes, bien en chair, joyeuses et généreuses de leurs appâts, la sienne était blonde, maigre, pincée et ne possédait pas la moindre aptitude à satisfaire son goût, presque immodéré, des jeux sexuels.
La nuit de noce avait consisté en une bataille féroce, lady Céleste agrippée à une chemise de nuit longue qu’elle avait catégoriquement refusé d’enlever, ne cédant à aucune de ces cajoleries qui faisaient le bonheur des amantes du Lord.
Ni les baisers, ni les tentatives de caresses n’avaient entamé la détermination d’une jeune épouse grandie dans un couvent et à qui, la veille du mariage la génitrice avait fait un bref discours pour lui expliquer que son mari allait se livrer sur elle à des activités surprenantes, qu’il lui serait de son devoir de les accepter, mais en veillant à ce que sa pudeur reste sauve, son honneur en dépendait.
« Perdre mon honneur ? Jamais » s’était elle répété dans sa tête, tirant sur le tissu de la chemise et serrant fortement les cuisses.
A la fin, n’y tenant plus, le Lord, malgré tout fort excité par l’idée de la défloraison, et dont le membre, à force d’être dur en était devenu presque douloureux, avait plaqué la récalcitrante sur le lit, remonté brutalement la chemise en dentelle de Calais sur le ventre blanc et écarté les cuisses d’un genou conquérant. Puis, fichant d’un puissant mouvement de rein son sexe avide dans des profondeurs hostiles il avait accompli en ahanant une courte série de va et vient avant de s’effondrer de tout son poids sur le corps révulsé de Lady Céleste qui se mordait la lèvre pour ne pas hurler de rage, de douleur et de dégoût.
En gros porc qu’il était le Lord venait pour la première fois de violer Lady Céleste.
Elle en garda à jamais, et comme on la comprend, une haine farouche du devoir conjugal et une vive répulsion à l’égard de l’homme qu’une bande d’aristocrates sans cœur avait décidé de lui attribuer, ad vitam aeternam.
Dieu merci, la rapide naissance d’un héritier mâle vint mettre le point final aux agissements nocturnes du Lord.
Délivrée du supplice, Lady Céleste s’installa dans son rôle de maitresse de maison, y trouva quelques plaisirs, vieillit, et se dessécha. A près de quarante ans, elle était encore belle, du moins elle aurait pu l’être si le bonheur avait inondé ses traits, si elle avait été moins rigide, moins prude et moins froide.
Regardant par la fenêtre de sa chambre elle vit Krishna, le jardinier, longer la bordure de palmiers en direction des dépendances des domestiques, c’était l’heure de la sieste, indispensable tant la chaleur était forte et, probablement, il allait se reposer. Comme ses semblables cet homme n’avait aucune pudeur, son seul vêtement était un long tissu noué autour de la taille, qu’il relevait à hauteur des genoux, dévoilant ses jambes brunes, quand il travaillait dans le jardin.
Elle détourna immédiatement le regard et reprit le fil de ses pensées amères.

A l’occasion de l’interminable traversée en paquebot il s’avéra qu’entre la mer et elle existait une incompatibilité totale, et tandis que Lord Ratcliffe se pavanait sur le pont et dans les salons, elle vomissait ses tripes et son âme dans sa cabine.
Enfin, la porte de l’Inde se profila à l’horizon et le navire atteignit Bombay.

Asphyxiée par les fortes odeurs qui emplissaient la ville, où se répandaient dans l’air brûlant des relents de nourritures avariées mêlés aux effluves de fleurs fanées, d’eau croupissante, d’excréments desséchés, de déjections bovines et d’encens, assourdie par les bruits d’une foule dépenaillée, sale et d’une hallucinante pauvreté, exténuée par des jours et des jours de mal de mer, Lady Céleste prit immédiatement l’Inde en horreur.
Du moins le peu qu’elle en vit, car une voiture les avait, toutes fenêtres closes, portés au Palais du Gouverneur, où, sans pratiquement en sortir, ils avaient passé quelques semaines plutôt agréables en compagnie de la meilleure société britannique du Raj.
Las, il avait bien fallu prendre le chemin du sud pour rendre visite à Benjamin. Malgré ses supplications, Lady Céleste escortée de Betty, son indispensable femme de chambre, avait dû entreprendre ce nouveau voyage.

En train, d’abord, et à travers les persiennes soigneusement baissées elle avait vu défiler des montagnes, des plaines arides parsemées de villages de huttes de palme, dont les entrailles sombres vomissaient des enfants rachitiques et nus, des femmes drapées dans des saris dont les couleurs criardes, violentes, contrastaient sur les peaux brunes (Lady Céleste n’aimait que le bleu azur assorti à ses yeux et le gris pâle), des hommes en jupe, des vieillardes décharnées dans des haillons blancs, toute une population primitive aux yeux de l’anglaise blonde qui une fois une encore louât le courage et la grandeur d’âme des britanniques qui sauveraient ces pauvres êtres de leur triste condition. Dieu merci, l’Empire veillait !
Aux plaines succédèrent les rizières où trimaient des femmes aux dos courbés, taches de couleurs dans le vert brillant. Les vaches flânaient en liberté, les singes couraient le long du train et tout là haut tournaient sans fin les corbeaux de mauvais augure.
Fut-ce à cause d’eux que tous les malheurs se succédèrent ?
Toujours est-il qu’à peine étaient-ils installés dans le bungalow (que Lady Céleste qualifiait de minable mais qui en réalité était charmant, aéré, frais, spacieux et entouré d’un superbe jardin), que Betty, prise de fièvres dût s’aliter, Benjamin diagnostiqua la malaria et fit part de son inquiétude quant au futur de la malade.
Il enjoignit alors, dans la langue locale, le tamil qu’il maitrisait plutôt bien à Radha, de s’occuper du service de Lady Céleste qui refusa sur le champ toute aide indigène, seul le boy pourrait lui apporter de la nourriture, car s’il était pieds nus, du moins portait-il une tenue décente composée d’un pantalon et d’une chemise de Benjamin.
Exactement trois jours plus tard, alors que Betty, gisait à demi inconsciente dans une chambre et que Lady Céleste bouillait à petit feu dans la sienne, baignant dans ses vêtements trempés de sueur et ses bas en soie collés à ses jambes comme de gigantesques ventouses Lord Ratcliffe, toujours à la hauteur des circonstances, chuta misérablement de cheval et se brisa les os du bassin. Il était donc lui aussi immobilisé, pour de longues, très longues semaines.

Publié la première fois par
le 18 novembre 2006
Pourquoi Dame Céleste a renversé son thé au jasmin un soir de pleine lune

Alanguie sur de moelleux coussins, Dame Céleste, rêveuse, contemplait la lune.
Elle brillait, blanche et pleine, dans la profondeur marine de la nuit.
Dans le serein silence des êtres endormis un rossignol au loin égrenait quelques notes.
Elle soupira doucement en portant à ses lèvres la tasse de thé au jasmin brulant que le jeune Feng lui avait apporté avant d’éteindre les lumières et de rejoindre sa couche dans l’appentis du jardin.
Humant la douce fragrance du jasmin mêlée à l’âcreté du thé noir elle se demanda quel l’âge avait désormais le jeune Feng. Elle se souvint de son arrivée à la demeure quelques années auparavant, accompagné par son père, un ivrogne grossier et brutal. Il était bien petit alors, et maigre comme un oisillon. Qui aurait pu deviner que de ce petit être insignifiant jaillirait, mince et souple, gracieux comme la tige de lotus, ce bel adolescent à la peau dorée ?
Cet éphèbe aux traits fins que Xinyu, la fille de Dame Hong, la voisine au grand ventre, regardait à la dérobée quand Dame Céleste le priait de faire des emplettes au village ?
Elle caressa avec amour la transparente porcelaine de la tasse, un chef d’œuvre de délicatesse dont elle était très fière, puis souffla sur le thé et regarda se plisser sa surface. « Comme ma peau, pensa-t-elle, que le temps a flétri ».
Elle n’en tirait néanmoins nulle amertume. De plaisirs et de joies, elle n’avait point manqué. Les hommes autour d’elle s’étaient empressés et avaient, dans ses moites profondeurs, déposés maints hommages.
Puis, quand la courbe de ses seins s’était faite moins ferme et que quelques fils blancs étaient venus teinter la toison de jais délicatement taillée qui ornait sa vulve parfumée, elle avait accepté la proposition de Maitre Chang et était venue habiter cette coquette demeure villageoise, en compagnie du petit Feng et de la vieille Xiao qui veillait à la cuisine.
Chaque après-midi Maitre Chang l’honorait de sa visite. N’aimant guère l’imprévu et étant de nature extrêmement précise, il franchissait la porte de Dame Céleste lorsque deux heures sonnaient à la pendule de porcelaine.
Ils se rendaient alors dans la chambre pour se livrer aux plaisirs de la chair.
Dame Céleste laissa un soupir un peu las échapper de ses lèvres pleines. S’il était vrai que Maitre Chang la comblait de ses bontés, il était aussi vrai qu’il ne brillait guère par sa fantaisie et les étreintes quotidiennes obéissaient à un immuable rituel dont Dame Céleste aurait bien, de temps à autre, aimé dévier le cours.
Bien que la nature l’ait correctement pourvu, il manquait à ce bon maitre Chang, le grain de sauvagerie qui fait que les corps s’unissent dans l’incandescence.
Bon époux et père attentif (du moins à ce que Dame Céleste en savait), juge renommé, politicien avisé, mais amant sans saveur, tel était le seul homme auquel désormais Dame Céleste, ex reine des folles nuits de Shanghai, se consacrait.
Elle posa la tasse de thé brulant sur la table de laque rouge et or et glissa une main sous la soie de son kimono. Elle caressa rêveusement la pointe de son sein qui durcit au contact de ses doigts agiles. Puis elle dénoua sa ceinture et offrit à la douceur du soir son ventre légèrement bombé et ses cuisses claires.
C’est alors qu’un bruit de pas lui parvint du jardin. Par la porte ouverte elle vit, éclairé par la lune, le jeune Feng qui se dirigeait vers le bassin.
Arrivé à la margelle, il fit glisser son pantalon le long de ses reins cambrés et s’assit sur le rebord, les pieds dans l’eau. Il tournait le dos à Dame Céleste, qui fascinée ne pouvait détacher son regard de ce corps nu qui s’offrait à son regard. Elle suivit des yeux la courbe du dos, dont elle apprécia la fine musculature, puis le ceux des reins et la naissance du sombre sillon.
Le garçon se leva pour descendre dans l’eau et Dame Céleste, le souffle coupé, découvrit la rondeur des fesses.
Prenant l’eau dans ses mains, il s’aspergeait pour rafraichir son corps. La chaleur était forte et Dame Céleste imaginait fort bien le plaisir ressenti.
« Comme j’aimerais qu’il se tourne, pensa-t-elle, il y a si longtemps que pareil spectacle ne m’a été offert, au vu de ses fesses rondes, son dard, c’est sûr, aura fière allure. »
Mais, tandis que les pensées les plus audacieuses venaient à l’esprit de Dame Céleste, le garçon, impassible, la tête levée vers la lune continuait ses ablutions.
A la fin, n’y tenant plus elle décida de provoquer le destin. « Ce garçon, somme toute, est à mon service, d’ici peu, il voudra prendre femme et me quitter. Vais-je le laisser partir seul sur le chemin de l’amour sans rien n’en savoir ? Ne faudrait-il pas mieux qu’initié par mes soins, il sache user au mieux ce corps superbe que la nature, dans sa mansuétude, lui a accordé ? Mais comment faire ? Je ne peux me joindre à lui, ce serait l’effrayer, pas non plus le héler, il se vêtirait et redeviendrait mon servant. Or, c’est l’homme que je veux. »
Tout en réfléchissant et en regardant le garçon, elle écarta doucement les cuisses et glissa dans sa fente humide un doigt agile, mais son désir du garçon ne faisait que croître. Et même l’habituel va et vient de son doigt ne parvint à calmer le feu qui couvait en elle. Agacée, elle se releva brusquement, son bras heurta la table basse qui bascula sous le coup et se renversa, entrainant dans sa chute la précieuse tasse de thé dont le contenu s’étala sur le kimono de Dame Céleste.

Au bruit le jeune Feng se retourna, et vit, baigné de lune, le corps à demi nu de Dame Céleste, ses longs cheveux défaits, ses lèvres palpitantes, quand leurs regards se croisèrent il ne sut rien faire d’autre que de marcher vers elle et au fil de ses pas son dard se faisait dur comme le bambou fraîchement coupé.
Il en avait aussi la saveur se dit Dame Céleste en l’accueillant entre ses lèvres douces, en le suçant, le léchant du bout de la langue, pendant que d’une main délicate elle effleurait ses bourses pleines.
Quand sa bouche fut repue elle s’allongea sur le coussin et guida celle du garçon vers sa fente odorante. Il y plongea avec ardeur une langue avide, suçant, léchant, buvant les sucs parfumés. Et dame Céleste, renversée sur les coussins gémissait de bonheur.
Elle le força enfin à abandonner sa tâche pour en initier une autre, et écartant d’une main l’entrée de sa grotte, elle guida de l’autre l’objet de sa convoitise, l’enfonçant elle-même au cœur de son ventre.
Le garçon s’emballa et le rythme effréné de ses hanches fit craindre à Dame Céleste qu’une issue trop rapide ne vint conclure l’étreinte.
« Tout doux, tout doux, mon bel éphèbe chuchota-t-elle à l’oreille du garçon » qui calma son élan. Et dans doux et mouvement de ses reins elle imprima à la danse une suave lenteur.
Ils ondulaient sous la lune, enlacés comme serpents.
Puis la sève montant dans le dard novice du garçon brûlant le creux de ses reins, il ne put plus longtemps en retenir le jaillissement et lâcha dans un râle de plaisir sa semence blanche dans l’accueillant repli.
De longs spasmes de bonheur les parcoururent.
Ils demeurèrent immobiles, la tête juvénile enfouie dans les cheveux de la Dame.
Puis il roula sur le côté et ils restèrent allongés sur le dos, les yeux clos, encore étourdis par la force de leur jouissance.
Mais Dame Céleste, n’était point encore rassasiée de ce corps vigoureux et connaissant la fougue et l’ardeur de la jeunesse elle ne tarda pas à reprendre ses caresses.
Effleurant du bout de ses doigts délicats le ventre dur et lisse, les cuisses musclées, le dard soyeux elle ne tarda pas à remettre en usage le membre convoité qui se dressa bientôt dans toute sa splendeur.
Tournant le dos au garçon, elle se souleva sur les genoux pour lui résenter le galbe encore parfait de ses fesses, l’anneau serré de son anus, la délicatesse de ses lèvres intimes. Il regardait émerveillé ses trésors jusqu’alors inconnus. Elle lui enjoint d’en faire à nouveau la conquête, du doigt, de la langue, de son dard velouté.
Et tandis que la lune blanche montait dans l’opalescence marine de la nuit, que le rossignol ravissait au silence sa profondeur nocturne, parmi les fragrances des plantes qui pénétraient la pièce, les amants à nouveau connurent à nouveau l’extase.
Ils s’endormirent l’un dans l’autre.
Les prémices de l’aube tirèrent Dame Céleste du sommeil.
A ces côté Feng dormait profondément, son dard, comme un petit animal au repos, niché au creux d’une cuisse. Elle posa sur lui sa bouche gourmande et il fallut bien peu pour qu’il retrouve sa vigueur.
Enfourchant le garçon, elle s’empala sur sa queue frémissante et imprima bientôt à leurs corps une nouvelle cadence.
Et de nouveau la semence jaillit et ils connurent la fulgurance de la jouissance.

Mais quand de la cuisine parvint les premiers bruits que faisait la vieille Xiao en préparant le thé matinal, le jeune homme se leva, il ramassa en silence la tasse de porcelaine, et se faufila dans le jardin pour y reprendre ses vêtements, abandonnés au bord du bassin.
Nul mot de fut échangé, qu’auraient-ils bien pu se dire après un tel éblouissement ?
Et la journée suivit son cours.
Feng accomplissant les tâches habituelles, Dame Céleste, encore béate de la nuit passée, se reposant sur sa couche.

A deux heures Maitre Chang, précis comme la pendule de porcelaine, pénétra chez Dame Céleste.
Il la rejoignit dans la chambre et commença le rite habituel. Mais ce n’est point lui que Dame Céleste voyait derrière ses paupières closes et son ardeur à l’amour s’en trouva décuplée. Elle se fit chatte et tigresse débordant de toutes parts Maitre Chang qui sentit une nouvelle jeunesse parcourir son échine.
« Mon bon, lui dit-elle, alors que vidé et heureux il reposait près d’elle, je crois qu’il nous faut marier le jeune Feng. C’est un brave et bon garçon, qui m’a rendu de loyaux services et j’en suis fort satisfaite. Mais n’est-ce point inconvenant de garder sous mon toit un tel étalon ? De mauvaises langues pourraient enjaser. Il n’est plus un enfant et je lis dans son regard une flamme nouvelle
- Ma chère, que me dîtes-vous, le garçon se serait–il mal comporté à vos endroit ?
- Que non, mon bon, il fait au contraire preuve d’un grand respect, mais j’ai de l’affection pour lui. Pourquoi ne pas le marier avec la jeune Xinyu, elle est fraîche et belle comme un bouton de rose et c’est un bon parti pour un jeune homme pauvre. Je suis sûre que vous pourriez sans peine convaincre sa mère d’accepter cette union, qui apporterait à sa demeure un jeune homme fort et honnête.
- Dame Céleste, vous m’avez convaincu, répondit le magistrat, tout occupé qu’il était à humer sur ses doigts le parfum secret de la belle, je m’en occupe dès ce soir. »
Quand la lune à nouveau se leva, Dame Céleste, alanguie et rêveuse sur de moelleux coussins, la contempla.
Et quand, plus tard, le jeune Feng vint baigner son corps dans l’eau fraîche du bassin, elle déroula lentement le volet de bambou, et, seule et sage, dégusta son thé noir au jasmin.














