Hemawati

Dans la lourde chaleur nocturne embaumée de jasmin, la belle Hemawati, allongée nue sur sa couche, ne trouvait le sommeil. Un irrésistible désir parcourait sa chair, qui tendait ses seins et lançait dans son ventre vierge d’étranges frissons.
Comme un appel, venu du plus profond de son corps, un appétit intime et brûlant que les caresses qu’elle se prodiguait d’une main fiévreuse ne parvenaient à satisfaire.
Elle pensa à la fraîcheur du fleuve dont elle percevait clapoter les eaux paisibles. Enveloppant son corps aux douces lignes cambrées dans une longue étoffe de soie claire piquée de cabochons d’or, elle franchit silencieusement la porte de la demeure de son père et marcha vers le fleuve.
La lune dans sa plénitude la suivit du regard et intensifia son éclat afin que la belle ne blessât point ses pieds nus aux pierres aigues du chemin.
Arrivée sur la grève, Hemawati libéra langoureusement son corps de la soie claire qui moulait ses seins ronds. Comme de l’argent fondu l’eau brillait sous la lune. Elle y pénétra lentement pour mieux en goûter la fraicheur. De ses mains en forme de coupe elle versa de l’eau sur son corps et les gouttes d’eau qui ruisselaient en soulignaient la grâce.
Du haut du ciel la lune, ravie par ce spectacle enchanteur n’en pouvait plus n’en pouvait mais.
La tentation se fit trop forte d’aller soulager cette belle enfant de ce désir qu’aucun mortel n’aurait su satisfaire.
De lune elle devint homme.

Apercevant soudain une silhouette virile dressée à ses côtés, Hemawati, emplie de honte, se jeta éperdument dans le mitan du fleuve.
Mais en quelques pas il la rejoignit, chantant une douce mélopée. Son chant était magique et nulle femme n’y pouvait résister. Aussi, lorsqu’il l’enlaça, Hemawati ne le repoussa point. Pendant qu’il baisait longuement ses lèvres fraiches, ses mains descendaient le long des courbes pleines, dessinant sur le modelé des fesses de tendres arabesques et son vit se dressait, fier et vigoureux.
Elle en sentit la force et de son doux ventre monta un frémissant appel.
Il la souleva dans ses bras, la porta sur la berge et l’allongea sur le sable. De sa langue il joua avec les tétons durcis par le désir. Puis, sa bouche gourmande, glissant sur la peau soyeuse, se fraya un chemin, jusqu’à la vulve tendre. La saveur du fleuve s’y mêlait aux épanchements salins de la belle alanguie.
Hemawati, le cœur et les sens chavirés, caressait de ses doigts fins la chevelure bouclée qui dansait entre ses cuisses ouvertes.
Quand il releva la tête, elle se redressa pour poser ses lèvres sur la bouche luisante et en déguster le nectar. Puis, doucement, l’homme la guida vers son vit. Elle en suivit la hampe d’une langue mutine avant de déposer un baiser sur le gland. D’un léger coup de reins il enfonça son sexe dans la bouche de la belle qui, prise d’une soudaine ardeur, entreprit un rapide mouvement de va et vient.
Il se défit de sa bouche, s’agenouilla entre ses cuisses et, lui soulevant les fesses, planta son vit dans la vulve.
Elle poussa un léger cri de surprise quand un élan de douleur la traversa. Mais le lingam qui bougeait puissamment en elle lui arracha bientôt des soupirs de bonheur.
Il la baisa longuement et savamment, variant les positions, tantôt elle était sous lui, tantôt à califourchon sur son ventre, ou encore agenouillée la croupe offerte à sa vigueur.
Mais aux premières lueurs de l’aube, déposant sur ses lèvres un dernier baiser il lui dit adieu.
« Non, dit la jeune femme, ne pars pas, je ne suis pas mariée, si tu t’en vas je vais mourir ».
L’homme lune sourit et répondit :
« Ne t’en fais pas, va à Khajuraho, donne naissance à l’enfant qui désormais grandit dans ton ventre. Il deviendra très important et tu vivras auprès de lui. »
Ainsi fut fait et l’enfant né de l’union de la lune et d’Hemawati, devint le premier des Chandelas.

Vide de toi

Arraché.
Ils t’ont arraché à moi.
Arraché à mon corps, à mes bras, à ma peau.
Ma peau si blanche sur l’ébène de la tienne.
Je posais au réveil ma tête sur ton ventre soyeux et entourais ton phallus de mes lèvres.
Nous restions ainsi, suspendus à la douce léthargie du matin.
Tu caressais mes cheveux, mes doigts jouaient sur ton sexe.
Parfois tu te dégageais doucement, roulais sur moi. J’arrimais mes jambes à tes hanches pour t’accueillir au plus profond de ma chaleur et nous ne formions plus qu’un seul corps qui tanguait et roulait.
Comme une feuille sur l’onde.
Et je croyais alors que rien ni personne ne pourrait nous séparer.
Arraché.
Ils t’ont arraché à moi.
J’ai encore sur ma vulve la douceur de ta bouche, la caresse de ta langue, la tiédeur de ton souffle.
Devenu béance inutile, mon ventre vide de toi se chiffonne et se tord.
Mes doigts impatients fourragent mon sexe.
Revivre l’extase, te retrouver, un instant.
Mais mon corps glacé résiste et ne veut jouir ; il se raidit, s’épuise, refuse cette absurde consolation.
Arraché.
Ils t’ont arraché à ma peau.
Je t’ai attendu au-delà des heures, au-delà du temps. Je t’ai cherché dans les rues. J’ai sillonné la ville et interpelé des passants. J’ai sonné aux portes de tes amis. Ils m’ont parlé de la rafle.
Une descente de police, des immigrés sans papiers jetés dans des camions. Embarqués dans des avions.
« Retour à l’envoyeur, m’a dit un policier. C’est comme ça ma petite dame. C’est la loi ! »
Arraché.
Ils t’ont arraché à moi pour t’expédier vers un pays où t’attend la prison ou la mort.
J’ai mal à hurler, à me cogner contre les murs, à labourer mon corps de mes ongles pour avoir l’illusion que cette douleur là me fera un instant oublier l’autre, insoutenable, celle de ta disparition.
« T’en fais pas, disais-tu, je suis en France depuis longtemps, j’ai fait toutes les demandes, je serai bientôt régularisé. »
E comme Ensemble

Voluptueusement cambrée, elle s’étire pour offrir à l’objectif la courbure de ses fesses. Sous la caresse dorée de la soie sa vulve frémit et doucement s’entrouvre. Emoustillée par l’idée du double regard qui la pénètre, attentif au glissement de la légère chemise, elle imagine, elle espère la bouche sur ses lèvres. Elles se déploient comme des pétales ruisselants de rosée. Elles frémissent dans l’attente du baiser.
Sa langue gourmande lèchera son eau parfumée, s’enfoncera dans le con soyeux. Elle se tendra vers lui, le désirant au plus profond de son ventre.
Mais peut-être aura–t-il un autre désir. Celui de son cul étroit, plus secret et fermé qu’elle n’a jamais accordé qu’à lui.
Il jouera avec son orifice, lentement et délicatement, pour l’apprivoiser, le trempant de sa salive, l’aspirant doucement, le pénétrant, à peine, de la pointe de sa langue.
Elle frissonnera dans l’attente du doigt agile et ferme qui s’enfoncera en elle, et alors, emportée par le désir d’orgasme elle écartera de ses deux mains les globes de ses fesses pour s’offrir encore et encore.
Il la caressera longtemps, sa bouche et ses doigts se relayant, de son cul à son con. Des ondes de plaisir la parcourront longuement, et lui, grisé par la cyprine qui coulera le long de des cuisses tendres et par ses soupirs extasiés redoublera d’ardeur.
Et quand son cul, docile et amadoué se sera ouvert, il empoignera ses hanches, poussera lentement son sexe dur et humide contre son orifice.
La pénétrera.
Elle poussera un petit cri de joie.
Se collera à lui.
Cuisses contre cuisses.
Fesses contre ventre.
Ils se balanceront longuement, danseront, comme des flammes mouvantes.
Lui fiché en elle éperdue et heureuse.
Elle retiendra un nouvel orgasme, pour l’attendre.
Et exploser ensemble, de joie.

18 novembre 2007
Le dessin de Pin Up est de Vargas
La photo est de YONI
C comme Caresse
Mes mains effleurent ta peau, glissent le long de ton torse, folâtrent sur ton ventre.
Délicatement, les tiennes parcourent mon dos suivant la courbe de mes reins.
Du bout des doigts je dessine autour de ton pénis qui lentement se déploie et se gonfle comme un petit animal curieux, des volutes de douceur. Je suspends mon geste, te laissant quelques instants dans l’attente de mes caresses.
Tu frémis de désir et encercles mes seins de tes paumes, pressant de tes pouces mes mamelons que l’envie de toi a durci et qui se dressent impatients et joyeux.

A nouveau mes mains jouent suavement sur ton ventre, contournent le phallus, qui, déçu se tend sur leur passage. Mais, coquines, elles glissent vers les cuisses dont elles suivent le galbe avant de s’enfoncer vers la lisse peau du périnée, vers les tendres testicules.
Tu as lâché mes seins pour empoigner mes fesses dont tu malaxes les rondeurs, écartant les globes afin de permettre à tes doigts de caresser ma fente qui, de joie, commence à ruisseler.
Je me dégage, m’agenouille à califourchon sur ton ventre, la croupe légèrement relevée pour permettre à tes doigts de fouiller délicieusement mon con.
Je fais glisser mes ongles sur ta poitrine, agaçant au passage tes mamelons.
Mes mains volent sur ton ventre, de haut en bas, en longs mouvements rapides et sûrs comme des battements d’aile.
Ton phallus, que je n’ai pas encore touché, se rengorge, dur et assoiffé de caresses, lorsque je plie les genoux je sens sa vigueur contre mon sexe trempé que je frotte contre lui en un mouvement de va et vient qui t’arrache un petit grognement de bonheur.
Et mes mains volent sur ton corps.
Je suis assise sur toi, ta bite chaudement calée entre mes lèvres qui s’incurvent pour l’accueillir.
Tu caresses mes cuisses, mon clitoris qui jubile de plaisir, mes fesses.
Puis tu me pénètres…

Publié pour la première fois le 12 Février 2007
Photos: Fabionik pour YONI
Les bas rouges: la spectatrice
Elle ouvre ses rideaux et mon ventre palpite.
De ma fenêtre close je l’observe en silence car minuit a sonné et je sais que la belle, la garce, la salope, toute pudeur envolée à moi va se montrer.
Mais suis-je la seule à l’épier ?
Est-ce pour moi que chaque soir elle danse et se pavane, offrant à mon regard ses appâts dénudés ?
Le spectacle commence, elle a mis ses bas rouges que la jupe noire, lascivement remontée, dévoile et caresse.
Ondulante et narquoise, elle découvre puis cache et découvre à nouveau ses cuisses gainées de soie.
Rouge.
Comme le sang.
Comme sa vulve gonflée.
Son cul ondoie et me nargue.
Elle se branle, culotte baissée, jambes écartées, sa main s’active, fouille, besogne et mon ventre est en feu.
J’arrache mon slip et plante dans mon con un index impatient qui va et vient au rythme de sa main.
Elle suspend son geste et porte goulûment à ses lèvres des doigts que j’imagine imprégnés de cyprine. Elle les lèche et je fais de même, suçant ma propre saveur que je découvre salée.
Elle ne me voit pas, mais moi je ne vois qu’elle. Elle a envahi mon espace, tous mes espaces. Son image me traque, au bureau, dans la rue, chez moi, partout. Il suffit d’un instant de vide pour qu’elle apparaisse, pour que sa chatte velue se balance, s’ouvre, comme une coquille pourpre où je brûle de poser mes lèvres.
Je ne pense plus qu’à elle, elle m’obsède et me hante.
Elle est allongée sur le lit, la croupe en l’air et enfonce dans son cul une fausse bite couleur d’ivoire.
Un doigt dans le vagin, un autre dans l’anus, je ferme les yeux et me branle à nouveau.
Je dégouline et râle.
Un spasme me traverse, puis de longues ondes me parcourent.
Je rouvre les yeux, les rideaux sont fermés.

Photos: Fabionik pour YONI
Publié pour la première fois le 4 Février 2007
Mascarade

Nue sous sa courte tunique drapée, le visage masqué, C dansait. Nul ne pouvait la reconnaître, elle-même avait laissé à la porte du bal son identité d’épouse fidèle et de mère exemplaire. Depuis qu’elle avait appris l’indigne trahison de son époux le désir de vengeance l’animait et elle comptait bien sur cette soirée pour lui faire payer sa félonie.
Elle avait découvert ses troubles activités nocturnes, l’avait épié, suivi, et alors qu’il la croyait sagement endormie dans le lit conjugal, s’était faufilée dans cette soirée très privée, où il ne s’attendait certes pas à la rencontrer.
Un petit groupe se forma autour d’elle et une main remonta le long de ses cuisses, elle creusa les reins pour l’encourager à poursuivre son ascension. Les doigts caressèrent son mont de vénus, jouant dans sa toison bouclée. Elle écarta les jambes, attentive aux mouvements de l’index qui la pénétrait, puis bougeant suavement son bassin, se branla, inondant de son jus la main inconnue.
L’un des personnages masqués qui l’entouraient dénuda sa poitrine et malaxa ses seins.
C’est alors qu’elle aperçut son mari, reconnaissable malgré son travestissement de cardinal, qui lutinait une fausse collégienne en jupette à carreaux et chaussettes bien tirées. Il la guida vers un canapé, releva sa jupe et enfouit son visage dans sa chatte qu’il se mit à lécher avec une évidente délectation.
Un frisson parcourut C, dont elle n’aurait su dire s’il était de rage ou de plaisir car la main habile qui la fouillait lui arracha un orgasme.

Elle se dégagea du groupe, s’approcha du canapé, et, se penchant sur la collégienne, lui baisa longuement les lèvres, puis elle suça les mamelons, les mordilla, résistant à l’envie de planter ses dents dans la chair blanche.
Son mari, ravie de l’intervention de celle qui, croyait-il, lui était inconnue, tendit une main pour la caresser. Elle lui offrit son cul, qu’il fourragea impatiemment.
Levant le visage de la chatte de la collégienne, il souleva son habit de cardinal pour dévoiler sa bite raidie de concupiscence, la fille se pencha sur elle et l’enfouit dans sa bouche. Il grogna de plaisir.
C les laissa à leurs ébats et s’en fut quérir un Dom Juan de belle prestance et un marquis en perruque. Glissant ses deux mains dans les pantalons de satin elle saisit les verges qui ne résistèrent pas aux caresses et se déployèrent vigoureusement. Elle chuchota aux deux bellâtres de prendre place sur le canapé et il n’hésitèrent pas un instant avant de la suivre. Elle dégagea la bite du Dom Juan et, soulevant sa voilette, l’enfonça dans sa bouche, puis tendant la croupe, engagea le marquis à la pénétrer.
Ils étaient donc face à face, les bons époux qui faisaient l’envie de leurs amis, le couple de rêve que tous admiraient.
Et quand leurs yeux se croisèrent, lentement, la bite du Dom Juan entre les lèvres, elle arracha son masque.

Photos: Musée de l’érotisme - Paris
Publié pour la première fois le 20 Février 2007
F comme Fellation
Une main caresse les testicules, fermes et moelleuses à la fois, l’autre monte et descend le long de la hampe, faisant lentement glisser le prépuce sur le gland où la langue musarde et se délecte avant de s’enfiler légèrement dans le méat qu’elle titille malicieusement.
La bouche de velours humide, aspire et tête le membre ravi qui, fier, se dresse sous l’hommage amoureux.
Les doigts effleurent la lisse et tendre peau du périnée, folâtrent sur l’anus, puis dessinent sur les fesses de folles arabesques.
Le membre en la bouche enfoncé, de plaisir se raidit autant que faire se peut.
La bouche, dont les lèvres recourbées protègent le phallus de la rudesse des dents, petites perles cruelles, s’active et se régale sur la mâle vigueur.
Le va et vient s’active, le paroxysme approche.
Mais l’enjôleur mouvement s’apaise et s’alanguit, il est encore trop tôt pour que la jouissance fuse et la langue à nouveau caresse le tendre gland.
D’un coquin mouvement la bouche enserre puis lâche la bite abandonnée à ses soins ardents.
Les hanches entrent en danse, poussant entre les lèvres soyeuses le sexe turgescent qui exige, qui prend, qui réclame.
Et la bouche à nouveau danse follement le long de long de la verge dont les doigts compriment la base,
Elle se retire soudain et, dans un long spasme libérateur, jaillit des profondeurs la blanche semence.

Photos: Musée de l’érotisme, Paris
Publié pour la première fois le 21 Janvier 2007
Les bas rouges: vous me regardez

Vous me regardez, je le sais.
Je sens vos yeux braqués sur moi et ma chatte en ruisselle de plaisir.
Ce soir, comme chaque soir, j’ai ouvert grand les rideaux de velours pourpre, j’ai vêtu ma guêpière noire et enfilé mes bas rouges.
Vous ne me connaissez pas, mais je sais qui vous êtes.
Le petit gros du troisième et ta voisine, la vieille fille maussade.
Le freluquet du premier.
Le pépé du second.
Le bourgeois du quatrième dont l’épouse falote dort seule dans le lit le conjugal, enveloppée dans sa chemise de nuit comme une momie dans ses bandelettes.
Et vous, les autres, les anonymes.
Minuit, sur ma scène les trois coups ont été frappés et le spectacle commence.
Bientôt vous astiquerez fébrilement vos membres esseulés, et toi, l’éternelle donzelle au chignon bien tiré tu enfonceras dans ton con tes doigts manucurés.
Je relève le long de la soie rouge de mes bas la dentelle ajourée de mon jupon noir et, laissant une bretelle glisser sur mon épaule, offre à votre désir un sein au pâle mamelon dressé.
Ondulante et cambrée, je danse.
Pour vous, mes voyeurs embusqués que je sais fidèles à ces rendez-vous nocturnes dont j’ai fixé les règles.
Je m’allonge sur le lit que j’ai habilement placé face à la fenêtre, face à vous. Les frémissements des persiennes trahissent vos présences.
Jambes écartées, fesses relevées, culotte baissée.
Ma vulve, telle un gros fruit mur bordé de poils noirs et touffus, dégouline du jus que vos regards font naître.
J’y enfonce mes doigts, cabre et râle et bonheur.
Je m’arrête et reprend, imaginant vos queues dressées et cette envie de moi qui vous traverse les reins.
Mon ami le godemichet me comblera ce soir.
Argh ! Au plus profond de moi par ma main fiché, le rythme que je lui imprime est aussi le vôtre.
Et nous jouissons ensemble, vous honteux et défaits de vous être laissés aller, moi comblée.
Demain, peut-être aurais-je envie de vous offrir de vous mon cul… qui sait ?

Photos: Fabionik pour YONI
Publié pour la première fois le 13 janvier 2007
Céleste par le trou de la serrure

Où es-tu Céleste ?
Où te caches-tu, ma petite caille au ventre palpitant ?
Depuis que je t’ai entrevue, à demi nue et innocente, dans la pénombre de ta chambre, contemplant ton charmant minois, ton corps m’obsède et me hante.
Je revois la douce courbe de tes reins, tes petits seins coquins et ce tissu drapé que j’aurais tant aimé défaire pour découvrir les boucles brunes de ta chatte et la cambrure de ton cul.
Il doit être bien joli ton cul, lisse et rond comme une pêche fendue.
Je te cherche d’une pièce à l’autre car l’envie que j’ai de toi me taraude le ventre et mouille ma culotte.
La porte de ta chambre est close, serait-il possible que tu m’y attendes, alanguie et frémissante, humide comme une fleur que ma main impatiente pourrait enfin cueillir ?
Aurais-tu, petite fée au suave déhanchement, compris que mes regards sur toi, brûlant d’un désir fou, t’invitaient à l’amour ?
Mais un bruit me parvient, dans ta chambre on s’agite et l’on grogne et cette toux soudaine…
Se pourrait-il que tu accordes à un homme ce que je n’ai pas encore trouvé l’audace de te proposer ?

Hélas, mon œil collé à la serrure, s’il me permet enfin de découvrir cette douce partie de toi dont je rêve sans cesse, me révèle aussi ce que je ne voulais croire.
Et ce crétin de Marchessou, ce goujat, ce pisse-copie, qui plonge dans ton con ses doigts aux ongles longs, qui te travaille et te pétrit sans douceur ni tendresse.
Et voilà qu’il t’enfourche, le pantalon baissé sur ses mollets de coq et je ne vois plus que ses fesses plates s’agiter entre des jambes.
Moi, j’aurais léché tes lèvres et titillé ton clitoris du bout point pointu de ma langue. J’aurais aspiré ta cyprine, je l’aurais dégustée comme un nectar précieux.
J’aurais glissé mes doigts dans ta fente humectée et massé, dans ton con, la zone lisse et douce qui se serait gonflée sous ma douce pression et tu aurais gémi, inondée de plaisir.
Puis j’aurais accéléré le mouvement de mes doigts jusqu’au moment, où, sentant monter en toi l’orgasme, je les aurais soudainement retirés et surprise et déçue, tu m’aurais suppliée de continuer mon œuvre.
Je t’aurais alors fait rouler sur le ventre, glissant un coussin pour rehausser tes hanches et je t’aurais fessée pour m’avoir ignorée.
J’aurais dans ton cul serré enfoncé ma langue, puis mes doigts, deux doigts, rigides et décidés qui t’auraient explorée, fouillée, tandis que de l’index de mon autre main j’aurais branlé ta chatte.
Et enfin tu aurais joui comme jamais ce rat de Marchessou ne te permettra de le faire.
Puis, pendant que dolente tu aurais repris ton souffle, j’aurais relevé ma jupe baissé ma culotte et guidé ta bouche jusqu’à ma vulve.
Je t’aurais appris à me faire jouir, lentement….
Pas comme ce crétin qui a déjà fini, qui remballe son matériel, qui remonte ses bretelles et qui, ô chance, s’en va en claquant la porte du fond, te laissant étourdie et frustrée.
Je crois ma belle que notre heure est arrivée, je pose la main sur la poignée, j’ouvre la porte…

Photos: Musée de l’érotisme, Paris
Publié pour la première fois le 3 janvier 2007
Rêverie
Je voudrais sur ma vulve sentir ton souffle aimé
Tu laisserais ta langue courir sur mes cambrures
Tu baiserais mes lèvres et boirais à ma source
Qui ne saurait couler pour un autre que toi
Je creuserais mes reins pour te donner à voir
Mes intimes secrets et mes trésors cachés
Tu plongerais en moi ton phallus érigé
De tes mains en corolle tu caresserais mes seins
Incandescente lave j’ondulerais sans honte
Et je t’arracherais des éclats de jouissance
Photos: Small Things pour YONI
Un soir couleur d’orange
Dans la lueur des flammes, elle gisait alanguie. Il n’eut qu’un mot à dire, son nom, pour qu’elle tourne vers lui son visage apaisé.
L’orage avait fui.
La pluie avait cessé, et la colère, qui tout le jour l’avait agité, s’était estompée.
Il en subsistait un désir de jouissance.
Incroyablement fort.
Si fort, qu’à la regarder, nue sous la chemise orange qui découvrait ses jambes, il sentit son pénis se durcir.
Elle lui sourit.
Mais la dispute du matin avait été si violente qu’il n’osait s’approcher d’elle. L’idée d’un refus lui était insupportable. Il voulait se fondre en elle et tout oublier.
Elle comprit sa retenue et de le voir, gauche et malheureux, sur le pas de la porte, elle fut submergée par une onde de tendresse. Elle aimait cet homme, elle aspirait à ses caresses, elle désirait son sexe au plus profond de sa chair.
Ecartant légèrement les jambes, elle remonta lentement la chemise orange.
Il ne bougea pas, suivant avidement des yeux le glissement du tissu sur la peau.
A la vue de la courte toison bouclée, rendue presque rousse par la lumière, lui vint l’irrésistible envie de sentir sur ses lèvres la chaleur humide de sa vulve.
« Viens » dit-elle, la voix basse, relevant haut sur son ventre la chemise orange.
Il s’agenouilla au bout du lit pour contempler le sexe qui s’offrit à lui. Il y glissa un doigt, le faisant délicatement remonter le long de la fente pour aller dénicher sous sa capuche le gland du clitoris
Elle frissonna.
Il posa sa bouche sur les lèvres, dentelées comme des pétales d’anémones, tendres et soyeuses, enfonça sa langue, qui serpenta dans le vagin juteux, aspira la cyprine, se délectant de l’odeur de musc qu’exhalait cette irrésistible béance.
Il releva la tête, se hissa sur le lit à ses côtés, parcourut de baisers le ventre satiné, dégagea de l’orange de la chemise les seins aux pointes dressées qu’il aspira doucement entre ses lèvres, pendant qu’il enfonçait ses doigts dans le vagin, cherchant la lisse surface du point de jouissance.
Ses hanches ondulaient au rythme des doigts qui la fouillaient, et tandis qu’un cri de plaisir échappait de ses lèvres une eau abondante inonda la main de l’homme qui, ravi, en accéléra le mouvement.
Elle dégoulinait, fontaine de joie.
Il se redressa, se débarrassa prestement de son pantalon et de son slip, et, à genoux entre ses cuisses ouvertes enfonça, d’un coup de rein puissant, son pénis dans le vagin.
Elle l’aspira.
Il sentait sa chair autour son vit.
Elle sentait son vit dans sa chair.
Il s’allongea sur elle.
Et peut-être à ce moment là ne furent-ils qu’une seule personne.
Qui jouissait.
Qui criait.
Qui vivait.
Photos: Small Things pour YONI
Céleste à Paris

Céleste n’était guère prude - peut-on l’être quand on gagne sa vie comme modèle ?- mais quand Léon le photographe, son amant à la barbe noire, avec qui elle s’envoyait joyeusement en l’air après les séances de pose, excités qu’ils étaient, l’une par le regard qui la fouillait dans les moindres détails, l’autre par la vision assidue d’un des plus beaux postérieurs de Paris, s’effaça devant elle pour qu’elle puisse pénétrer la première dans l’atelier du gros Alphonse, elle marqua le pas et il dût la pousser, d’une main plaquée sur ses fesses rebondies, pour la faire avancer.
Outre le gros Alphonse qui, affalé sur un divan se délectait d’un cigare en sirotant un verre d’absinthe, Céleste reconnut le peintre Marchessou et son ami le rouquin qui debout près de la cheminée devisaient avec un blondinet élégant qu’elle avait déjà repéré sur la butte et qui ne lui déplaisait point.
Sur un autre divan, Fifi et Lola, deux modèles, réputées pour avoir la cuisse particulièrement légère, corsages en désordre et jupons relevés, trinquaient joyeusement avec un gros homme qui, chemise ouverte et bretelles pendantes, chantait à tue tête les mésaventures sexuelles de trois orfèvres.
A la quantité de bouteilles d’absinthe et de vin ouvertes gisant aux quatre coins de la pièce, il était clair que la fête battait déjà son plein.
L’arrivée de Céleste fut saluée par des acclamations dont la nature directe fit rosir ses joues. Elle aimait, certes, les plaisirs de la chair, mais jamais jusqu’alors n’avait imaginé se livrer à cette activité en dehors de la tiédeur de l’atelier de Léon et avec un autre que lui.

Arrivée quelques mois plus tôt à Paris, introduite dans la bohême par une cousine délurée qui l’avait présentée à un peintre doté de peu de talent mais d’une bite insatiable qui n’avait pas tardé à lui voler son pucelage, et qu’elle avait quitté pour Léon, elle avait gardé toute sa fraîcheur innocente et espérait encore la venue d’un bellâtre fortuné, qui l’installerait dans un hôtel particulier où elle l’attendrait, alanguie dans des coussins moelleux en mangeant des choux à la crème.
Elle esquissa un mouvement de repli vers la porte mais Léon, l’enlaçant fermement par la taille l’entraîna en riant vers le divan du gros Alphonse qui était maintenant occupé à déboucher une bouteille de mousseux. Il en remplit un verre et le tendit à Céleste, lui enjoignant de le vider prestement.
« Allez, l’encouragea, Léon, bois donc un coup à la santé d’Alphonse, c’est son anniversaire ! »
Bien que n’ayant jamais bu d’alcool, Céleste obtempéra. Les bulles lui piquèrent le nez, mais le goût légèrement sucré du breuvage ne lui déplut point et quand, voyant son verre déjà vide, le gros Alphonse lui proposa une deuxième goulée, elle l’accepta volontiers.
Le mousseux, c’est bien connu, provoque chez les jeunes filles euphorie et langueur, et quand Léon souleva sa jupe et baissa sa culotte pour montrer à ses amis la blanche splendeur de ses fesses, non seulement elle ne protesta pas, mais au contraire creusa les reins en riant pour offrir aux regards gourmands tous les secrets de sa croupe.

Sur l’autre divan, tandis Lola enfouissait dans sa bouche goulue le membre dressé du gros homme, Marchessou, le pantalon aux chevilles, empalait de sa bite la chatte rousse de Fifi à quatre pattes devant lui.
En dégrafant la jupe de Céleste d’une main trop hâtive, Léon renversa le troisième verre de mousseux qu’elle était occupée à boire. Le liquide se répandit sur le caleçon que le gros Alphonse venait péniblement de dégager du pantalon et laissa sur la bosse renflée de la bite durcie une auréole humide, évoquant quelque déjection d’urine mal contrôlée. A cette vue Céleste éclata de rire, et oublieuse de toute pudeur, participa avec enthousiasme à son propre dénuement, ne gardant que ses bas, comme durant les séances de pose.
D’ailleurs, tandis que le rouquin et le blondinet, bretelles pendantes et bites en mains, bandant à qui mieux mieux, se rapprochaient de Céleste, frétillante et appétissante, Léon se retira pour installer son appareil photo.

Six mains la parcouraient, une moustache caressait son sein, un doigt s’enfonça dans son con, un autre dans son cul.
Ils la léchèrent.
La branlèrent.
La pénétrèrent.
Par devant.
Par derrière.
Dans son con, dans son cul, dans sa bouche aux lèvres douces.
Et elle, ravie et jamais lasse, entre deux éclats de rire, émoustillée par l’alcool et les flash de l’appareil de Léon, jouissait de tout son être.

Photos: Musée de l’érotisme, Paris
Publié pour la première fois le 23 décembre 2006
Lettre à Paul
Argenton le 20 mai 1915
Mon amour,
Ce matin, et j’en tremble encore de joie, le facteur m’a apporté ta dernière lettre. Il lui a fallu 45 jours pour arriver jusqu’à moi, mais quand j’ai déchiré l’enveloppe, il m’a semblé sentir ton odeur.
Comme j’ai été heureuse de te lire !
J’ai tellement lu et relu ta lettre que désormais je la sais par cœur, je pourrais te la réciter quand tu reviendras.
Car tu reviendras mon amour, tu me l’as promis, et nous avions juré de toujours tenir nos promesses.
Tu me manques, au-delà des mots, au-delà des phrases, au-delà tout. Parfois ton souvenir est si fort, si dru, qu’il me fige sur place, que je ne peux plus ni marcher, ni écrire, ni aider Marie à la boutique, et je reste hébétée, vide, amputée de toi.

Le soir, le sommeil tarde à venir, seule dans ce grand lit, notre lit, qui porte encore la trace de nos ébats et de nos rires, je revis les merveilleux moments passés entre tes bras, et, au matin, lorsque je me réveille, je te cherche en vain à mes côtés.
Je déteste cette guerre absurde et imbécile qui me prive de toi. Qu’avons-nous donc fait pour mériter d’être ainsi séparés ?
Tout cela n’a aucun sens.
Est-ce à cause des premières chaleurs, de ce printemps qui fait que les fleurs embaument et que l’herbe tendre invite à l’amour, que le désir de toi me taraude ainsi ?
Quand je clos les yeux, je te vois, nu, allongé près de moi sur les draps brodés. J’imagine tes fesses rondes et fermes et ma main vagabonde qui caresse l’intérieur de tes cuisses, tu sais, là où la peau est si douce. Puis j’enserre entre mes lèvres ton pénis que l’amour a durci. Je le lèche, le mordille doucement, en recouvrant mes dents avec mes lèvres pour ne pas te faire mal, comme tu me l’as enseigné.
Tu m’as tout appris de l’amour. Quand je pense qu’avant notre nuit de noces j’avais peur ! J’étais bien ignorante alors, une oie blanche !
Et puis tu m’as caressée, dorlotée, pénétrée et c’était si bon, si fort, si éblouissant que j’ai pensé que jamais ne voudrais être séparée de toi, ne fut-ce qu’une nuit, car ce plaisir que nous nous apportions était un miracle et que nous devions nous battre pour le vivre encore et toujours.

Mais la guerre t’a emporté, si loin de moi, dans des contrées que je n’arrive même pas à imaginer, et où tu côtoies la violence et la mort.
Mon amour, il faut que je te dise quelque chose, je ne sais pas si c’est bien ou mal, et tu es le seul à qui je puisse en parler.
La nuit, lorsque le désir de ton corps est si fort que mon ventre en devient douloureux, je laisse mes mains parcourir mes seins, mes doigts s’enfoncer dans mon ventre, ô, bien sûr, ils n’ont pas la vigueur de ton sexe, mais il m’arrive de jouir en imaginant que c’est toi qui me caresses.
Ma mère disait qu’il ne fallait jamais se toucher dans ces endroits là, que c’était pêcher de se caresser soi même, mais tu n’es pas comme elle, tu as étudié, tu sais beaucoup de choses qu’elle ne sait pas et je pense que tu me comprendras.
Si tu étais avec moi, je ne le ferais pas, c’est ton absence qui m’est si douloureusement insupportable.
Mon Paul, mon amour, mon beau mari que le destin m’a donné et si vite repris, reviens moi vite, sans toi je suis une ombre, une coquille vide, une enfant abandonnée.
J’ai peur pour toi, si peur, sois très vigilant, ne te mets pas inutilement en danger, si tu ne revenais pas, j’en mourrais.
Je t’embrasse, de tout mon cœur qui ne bat que pour toi, de toute mon âme, de chaque parcelle de mon corps qui sans toi s’étiole et se meurt.
Je t’attends.
Céleste

Photos: Musée de l’érotisme - Paris
Publié pour la première fois le 4 Mars 2007
Ballade champêtre
Le jupon frétillant sur ses hanches accortes,
Et les seins pigeonnant dans le corsage blanc
D’un léger pas joyeux Célestine flânait
Dans le pré embaumant de fragrances fleuries.
Mais voilà que Paulo, le chapeau sur l’oreille
Croisant sur son chemin la belle solitaire
L’apostropha gaiement pour lui conter fleurette ;
« Quel plaisir, lui dit-il, de voir en cet endroit
Fleur au milieu des fleurs, ton ravissant minois ! »
La belle, l’oreille flattée par le charmant couplet
Ne se fit pas prier pour donner un baiser.
De baisers en caresses, son jupon fut relevé
Sa culotte enlevée et ses seins dénudés
Par des mains impatientes qui voulaient tout toucher.
« Sais-tu ma belle amie dit alors le gandin
Que dans mon pantalon sommeille un sucre d’orge
Dont le jus tendre et doux rend belles les donzelles ? »
« Je vais donc le sucer » déclara la coquine.
Et ouvrant grand la bouche entre ses lèvres tendres
Elle enfonça la bite qui de joie se raidit.
Son ouvrage fini, et le liquide bu.
Elle tendit au galant son cul d’albâtre blanc.
« Hélas, dit ce dernier, tu fus bien trop gourmande
Mes bourses sont vidées et tu devras attendre »

Photos: Musée de l’érotisme - Paris
Publiè pour la première fois le 25 Mars 2007
Pourquoi Lady Céleste ne regagna jamais son manoir du Yorkshire (5)
Episode 5
Douce folie
Plusieurs événements, d’importance variable, marquèrent les jours suivant celui où Lady Céleste découvrit les plaisirs solitaires.
D’abord sa bonne, la pauvre Betty, rendit à son Dieu indifférent une âme innocente, ensuite Lady Céleste surprit son époux en pleine fornication avec une prostituée dénudée, laquelle, croupe en l’air, dégustait goulument la saveur de son lingam, et pour finir un nouveau personnage fit son entrée dans le cercle de ses relations indiennes.
Le docteur Suraj, un veuf d’une cinquantaine d’années, était l’associé de Benjamin. Il se présenta un soir à l’heure du dîner, sa longue chemise blanche impeccable, et un petit calot vissé sur ses cheveux gris. Parmi tous les hommes que Lady Céleste avait eu l’occasion de rencontrer il n’était certes pas le plus séduisant. De petite taille, la peau sombre et le ventre rebondi, rien dans sa silhouette n’évoquait la séduction.
Lady Céleste, méfiante, était disposée à ne pas lui accorder la moindre attention, mais lorsqu’il la regarda, qu’un sourire éclatant illumina son visage, lorsqu’il lui parla, et que sa voix douce et lente lui exprima dans un anglais parfait tout le plaisir qu’il ressentait à faire sa connaissance, elle se sentit apaisée.
Le dîner fut charmant et, à la grande surprise de lady Céleste, qui n’en croyait pas capables les indigènes, le Docteur Suraj fit montre d’une grande culture. Il parla de littérature, de Virginia Woolf, cette folle avait pensé Lady Céleste, de son dernier ouvrage, Mrs Dalloway, et aussi de Nijinski et de « L’après-midi d’un faune ». Lady Céleste n’en savait rien ou presque, mais le titre évocateur lui resta en mémoire.
Elle y repensait encore quand elle regagna sa chambre, de quoi pouvait bien être faite l’après midi d’un faune ? Elle y voyait des relents de sexe et de débauche, des corps dénudés, des orgies.
L’esprit enfiévré elle se dévêtit prestement pour parcourir son corps de ses mains. Elle aspirait à la jouissance. Mais dans sa précipitation elle fit trop vite, brûla les étapes, se caressa avec une telle ardeur qu’un spasme incontrôlable lui échappa.
C’était déjà fini et un sentiment de honte l’envahit, de se voir ainsi, à demi nue, esclave de son plaisir.
Quelques jours plus tard, le docteur Suraj lui fit envoyer un message l’invitant à se rendre à Madurai en sa compagnie. Il souhaitait ardemment, disait-il, lui faire visiter le temple et lui expliquer quelques rudiments de sa religion.
Elle marcha à ses côtés dans les ruelles encombrées de Madurai. Des mendiants se pressaient autour d’eux, tendant leurs brunes mains maigres. Effrayée par tant de misère elle se rapprocha de Suraj qui avançait, paisible et souriant, en lui expliquant que, si leur karma le leur permettait, ces créatures disgraciées connaîtraient une réincarnation meilleure, celle-ci n’étant que la conséquence d’une vie antérieure souillée par les fautes.

Le premier gopuram du temple de Sri Meenakshi se dressait devant eux, énorme, entièrement sculpté. En regardant plus attentivement Lady Céleste s’avisa que la façade présentait une incroyable quantité de corps quasi nus, femmes lascives exhibant leurs seins, leurs monts de Vénus dénudés, homme ou dieux aux attitudes lubriques. Elle n’osa s’étonner de tant d’impudeur et suivit son guide à l’intérieur du temple.
Dans la sombre antre des dieux, la forte odeur d’encens lui fit tourner la tête. Des prêtres torses nus, les hanches ceintes d’un simple tissu orange psalmodiaient ce qu’elle pensa être des prières. Des pétales jonchaient le sol.
Suraj s’arrêta devant une étrange sculpture : un haut cylindre de pierre grise, luisant de graisse et paré de fleurs, fiché dans un socle en forme de coquillage.
« C’est le lingam, lui expliqua-t-il, le sexe masculin, il est dans le yoni, le sexe féminin, leur union symbolise la totalité du monde ».

Entendre parler d’union sexuelle, dans cette chaleur lourde et sombre, après la vision des corps dénudés et non pas torturés, comme dans l’iconographie chrétienne où les corps nus et suppliciés attestent de l’horreur des flammes de l’enfer qu’une vie de débauche et de plaisirs a provoquées, mais joyeux et gourmands, célébrant la vie et l’amour, fut pour Lady Céleste un véritable choc.
Elle rougit, pâlit, s’éventa, crut défaillir et se raccrocha au bras de Suraj que l’intimité du geste surprit. Il y lut quelque avantage. Durant ses années d’études à Londres il avait souvent rêvé de posséder une Anglaise, de frotter sa peau brune contre une chair rose et blonde, mais l’arrogance de ces dernières avait étouffé dans l’œuf toute velléité de séduction.
Il était rentré en Inde, avait retrouvé sa femme, épousée alors qu’ils étaient encore enfants et vécut avec elle une existence paisible et sensuelle.
Mais voilà que le goût de la femme blanche se réveillait, et celle-ci, quoique manquant de formes abondantes, quoique prude et raide, cachait, il en était persuadé, dans son sein, un volcan, une tigresse affamée, une promesse de plaisir intense.
Ils reprirent la voiture pour rentrer au village. L’après-midi tirait à sa fin, l’air était doux et émoustillé par les pensées coquines qui lui étaient venues dans le temple, Suraj proposa à Lady Céleste une halte à sa demeure, afin d’y boire une tasse de thé, anglais, précisa-t-il.
Pourquoi accepta-t-elle ?
Sans réfléchir ?
La réponse avait jailli de sa bouche, de son ventre, de tout son être.
Et à peine l’eut-elle formulée qu’elle en mesura les conséquences. Elle savait. Elle le désirait. Ce pays la rendait folle.

Mais quelle douce folie !
Il dégrafa lentement son corsage, libéra ses petits seins. Y posa ses lèvres. Lécha les tétons durcis.
Elle était allongée sur le dos, les yeux clos.
Il fit glisser son jupon sur ses cuisses. Puis la culotte en dentelle.
Il contempla longuement le ventre blanc et plat, les poils blonds, presque roux, les petites lèvres roses et délicatement fripées.
Sa bouche se posa sur cette fleur inconnue, il effleura le clitoris d’une langue experte et celui-ci, ravi de cette sensation nouvelle, se dressa fièrement sous la caresse.
Lady Céleste, toute pudeur oubliée et toute honte bue jusqu’à la lie, écarta les jambes pour permettre à la langue de l’homme de s’enfoncer dans son yoni.
Lui flattant d’un doigt le clitoris gonflé de joie il agitait langoureusement sa langue dans ses profondeurs légèrement salées, que la cyprine inondait.
Il la lécha, la suça, la dégusta.
Elle avait un goût d’embrun, mêlé d’une pointe d’acidité qui lui rappela, fort à propos, les bonbons anglais que l’on laisse fondre dans la bouche et dont le jus se mélange à la salive.
Puis se releva sur les coudes et la fit délicatement rouler sur le ventre pour admirer la partie du corps féminin qu’il aimait le plus : les fesses.
Il fut agréablement surpris par les rondeurs qu’il découvrit et que les vêtements dissimulaient.
Lady Céleste, loin de tous repères habituels, désorientée et ravie s’abandonnait en toute quiétude aux caresses. Il lui glissa un coussin sous le ventre pour rehausser sa croupe. Ecarta les fesses pour baiser l’anus, mais ne s’attarda pas, se redressant sur les genoux, il enfonça dans le yoni son lingam dur et vigoureux.

Elle hurla de joie, cambra les reins pour sentir le vit de l’homme au plus profond d’elle.
Et ils dansèrent longuement, fichés l’un dans l’autre. Parfois il accélérait le mouvement de ses reins, puis s’arrêtait, sortait son lingam dégoulinant de son antre, elle poussait un petit cri de surprise et il s’enfonçait à nouveau, la chevauchant fièrement, sa belle Anglaise enfin conquise.
Elle jouit à plusieurs reprises, longuement, délicieusement, avec une force qu’elle n’aurait jamais pu imaginer et dont elle décida sur le champ de ne plus jamais se priver.
Et quand, vidé, il se retira et qu’elle sentit le lingam l’abandonner, elle décida, comme ça, parce que la vie est éphémère et que la sienne avait été jusqu’alors si triste et vide, que jamais elle ne retournerait dans son manoir du Yorkshire.

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