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Vide de toi

Arraché.
Ils t’ont arraché à moi.
Arraché à mon corps, à mes bras, à ma peau.
Ma peau si blanche sur l’ébène de la tienne.

Je posais au réveil ma tête sur ton ventre soyeux et entourais ton phallus de mes lèvres.
Nous restions ainsi, suspendus à la douce léthargie du matin.
Tu caressais mes cheveux, mes doigts jouaient sur ton sexe.

Parfois tu te dégageais doucement, roulais sur moi. J’arrimais mes jambes à tes hanches pour t’accueillir au plus profond de ma chaleur et nous ne formions plus qu’un seul corps qui tanguait et roulait.
Comme une feuille sur l’onde.
Et je croyais alors que rien ni personne ne pourrait nous séparer.

Arraché.
Ils t’ont arraché à moi.

J’ai encore sur ma vulve la douceur de ta bouche, la caresse de ta langue,  la tiédeur de ton souffle.
Devenu béance inutile, mon ventre vide de toi se chiffonne et se tord.
Mes doigts impatients fourragent mon sexe.
Revivre l’extase, te retrouver, un instant.
Mais mon corps glacé résiste et ne veut jouir ; il se raidit, s’épuise, refuse cette absurde consolation.

Arraché.
Ils t’ont arraché à ma peau.

Je t’ai attendu au-delà des heures, au-delà du temps. Je t’ai cherché dans les rues. J’ai sillonné la ville et interpelé des passants. J’ai sonné aux portes de tes amis. Ils m’ont parlé de la rafle.
Une descente de police, des immigrés sans papiers jetés dans des camions. Embarqués dans des avions.
« Retour à l’envoyeur, m’a dit un policier. C’est comme ça ma petite dame. C’est la loi ! »

Arraché.
Ils t’ont arraché à moi pour t’expédier vers un pays où t’attend la prison ou la mort.

J’ai mal à hurler, à me cogner contre les murs, à labourer mon corps de mes ongles pour avoir l’illusion que cette douleur là me fera un instant oublier l’autre, insoutenable, celle de ta disparition.

« T’en fais pas, disais-tu,  je suis en France depuis longtemps, j’ai fait toutes les demandes, je serai bientôt régularisé. »

9 commentaires ↓

#1 Dom le 25.10.08 à 13:05

Dans la violence de la séparation c’est ce manque de l’autre qui révèle l’horreur de cette soudaine solitude.
Et le désir est là…
Et c’est vous aussi que l’on brutalise et condamne au silence…d’aimer.
Mais il faut juste dire « il/elle me manque »

#2 Dom le 26.10.08 à 13:18

Et en relisant « lettre à Paul » autre époque et cependant les même mots pour exprimer cette déchirure de l’absence…

#3 yoni le 26.10.08 à 13:34

oui, la douleur de la séparation n’a pas d’époque.

Dom, merci de tes coms :-)

#4 Frédéric le 26.10.08 à 21:13

…et tu disais avoir besoin de temps, de calme, et d’inspiration…
J’aurais souhaité ne plus jamais te lire plutôt que te voir déchirée, et en même temps que j’écris ça, mon coté égoïste pense que ça aurait été dommage. Les cris naissent de la violence, violence du bonheur , violence du malheur.
Une séparation si brutale me révolte d’autant plus que personne ne la voulait, victimes de la paperasse, des donneurs d’ordre anonymes, victimes comme tant d’autres et pourtant si seuls…
Puissent ces quelques mots mettre une présence dans ce vide en attendant que tu le peuples à nouveau.

#5 yoni le 26.10.08 à 22:12

Frédéric
il ne s’agit pas de moi.
mais j’aurais pu être cette femme, je pourrais l’être, n’importe qui pourrait l’être, c’est ce que j’ai voulu suggérer.

c’est ma façon de dénoncer la façon dont les sans papiers sont traités en France aujourd’hui

#6 Frédéric le 27.10.08 à 0:12

Arf… encore une fois je prends les choses au premier degré. Bon, je ne vais pas me coucher plus serein, ces douleurs existent quand même.
Quand à toi… reprends la plume et fais nous rêver.

#7 Dom le 27.10.08 à 10:56

@Céleste/ Tu me connais (un peu) tu te doutes bien que j’ai suivi tous les liens de ton site :) Pas besoin de plan…
Bcp de choses très belles.
J’aime surtout l’expression de ta liberté.

#8 RACHID le 16.11.08 à 22:37

Regards… la fenêtre s’ouvre …

Tu étais assise, l’écharpe orange te bandant sur les yeux, tu m’entendais respirer,
tu entendais mon regard sur toi, tu savais que je dardais mes yeux sur tes jambes ouvertes…
Je te demandais de te lever , je te guidais et te disais de te mettre face au mur .
pendant un temps qui me semble interminable, tu m’entends bouger, m’éloigner, me rapprocher.
j’ouvre la porte. tu crois que je vais partir mais je ne bouge pas.
je joue le jeu. et tu es bien obligée d’en faire autant

« Non, non, ne te touche pas… »
soudain tu entends le bruit de l’eau un long moment;
tu penses que je vais me doucher mais non je reviens par derrière
et glisse délicatement une main entre tes cuisses, juste dans l’entrjambes, sans rien toucher…,
tu me sens m’agenouiller et remonter de mon souffle léger de la raie de tes fesses à ta nuque.
tu m’entends te dire d’une voix rauque que je ne te connaissais pas …pas encore:
VIENS …en te prenant la main, ma main est douce et ferme mais precise.
je te rapproche de ce bruit d’eau et te fais entrer sous la douche.
curieusement je ne te mouille pas.
tu attends. tu tressailles, tu m’entends prendre un objet, et le poser.
puis de longues secondes passent qui te semblent une éternité.
et soudain ma main revient par derriere entre tes jambes …,
c’est bon, c’est doux, ça glisse puis je remonte par le cote de ma main
et te caresse intermibablement ton entrefesses.
et tout doucement chacun de mes doigts s’arrete dans ton intimite.
tes jambes tremblent…
tu as envie de me toucher de tes mains.je te dis non …
je retire ma main de la raie de tes fesses et te plaque les mains sur la paroi
« ne bouge pas, aie confiance je ne te ferai pas mal, je ne te veux qu’en plaisir. »
je t’ecarte les jambes legerement pour que tu t’offres à moi et je recommences la danse de la main .
puis l’autre se joint à sa jumelle. mes doigts reviennent un à un effleurer ton anneau qui se detend.
je sens que tu t ‘habitues.je sens tes jambes fremir,je t’entends gémir et cela m’exalte encore plus.

« j’ai, là, pour toi, un élixir merveilleusement doux, une huile dont je vais me servir pour te laver,
à ma manière, sans aucune parcelle interdite… »
je fais couler quelques gouttes de cette huile au creux de tes reins,
je les regarde glisser sur tes fesses, entre tes fesses, comme une caresse…
« dis, Ma Mie, dis Ma Salope, sens-tu ce liquide glisser en toi? » …
je glisse le petit doigt, il glisse. je te sens te contracter.
je t’apaise (sic!!!) en te donnant un baiser sur ta chute de reins.
je continue avec chacun de mes doigts sans aller trop loin, juste a la limite,
juste pour sentir le moment où je pourrai m’enfoncer en toi.
 » dis moi avec ton corps » …. alors doucementtu te cambres.
ma main n’est que du velours .je dirige quelques secondes la douche sur toi
juste pour que l’huite se repande sur tes fesses.
 » je vais te prendre » et en meme temps mon index se glisse dans ton ventre.
c’est comme si c’etait une caresse habituelle alors que jamais tu n’aurais pensé cela possible.
ton cul s’abandonne et bouge timidement sur mon doigt. ..
 » tu es à moi, je suis à toi, je viens de te le prouver,
nous parlons le même langage, c’est certain ,respecte mon rythme
et je respecterai le tien, c’est de ce temps la que nous avons besoin, toi et moi…

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___________________________████─█────████─████─█─█───█─████──█pour toi avec tous mes respects RACHID
beur_lequid@hotmail.com

#9 yoni le 16.11.08 à 23:40

Merci Rachid :-)
C’est très beau, le texte et le dessin.

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