Elections italiennes : la victoire du pire

Et bien voilà, c’est fait, Berlusconi revient au pouvoir.
Confortablement, sa coalition devançant largement le centre gauche mollasson de Veltroni.
Mais le vrai, double, désastre est ailleurs.
D’abord dans la disparition du Sénat comme de la Chambre des députés des représentants de Rifondazione Communista et des Verts, ce qui signifie que l’opposition à la droite dure du Cavaliere sera désormais entre les mains d’un assemblage de centristes dont certains, catholiques obnubilés par les valeurs familiales traditionnelles, sont capables de remettre en cause la laïcité et de faire obstacle à des réformes civiles comme le Pacs . Des libéraux vaguement sociaux pour contrer des libéraux pas sociaux du tout alliés à l’AN, le parti de Fini, un ex fasciste qui s’est acheté une bonne conduite pour séduire la ménagère et à la Lega Nord, le parti xénophobe de Bossi.
Car et c’est là le deuxième et terrifiant désastre c’est Bossi qui tire les marrons du feu de ce triste scrutin.
Porté par cette victoire le vieux chef malade, retourné en politique après plusieurs semaines de coma, la démarche mal assurée et la parole tremblotante mais la hargne intacte, réclame au moins deux ministères que Berlusconi ne pourra lui refuser.
Deux ministères pour un parti qui prône la haine de l’étranger et de l’Italien du sud communément surnommé « il marrochino », la sortie de l’Italie de l’Europe et la régionalisation des impôts !

Un désastre vous dis-je !

Dans un pays où la situation économique des familles se dégrade de jour en jour, où les jeunes, diplômés ou non, n’ont plus d’autre alternative que d’accepter des contrats précaires, où la mafia gangrène les institutions, détruit les entreprises et asservit les populations du sud du pays, une majorité des Italiens a décidé de renouveler sa confiance à un vieux caïman retors, un bonimenteur de foire, un escroc sans scrupule.

Mais qui sont-ils ces Italiens qui ont choisi de porter au pouvoir cette sinistre triplette: le milliardaire affairiste, le facho respectable et le raciste fier de l’être ?

Des millions d’anonymes qui espèrent encore un miracle, qui ont peur du communisme, qui tremblent pour l’avenir de leurs enfants, qui veulent frimer dans un 4×4 climatisé, des viragos « fallaciennes » qui détestent les étrangers et particulièrement les musulmans. La haine anti islam a joué un grand rôle dans ce scrutin.
Peur de l’autre.
Ostracisme
Individualisme forcené.
Car les mêmes emploient des milliers d’extracommunautaires pour s’occuper des personnes âgées. Ce sont généralement des femmes, les « badanti », venues de pays lointains où elles ont laissé maris et enfants pour gagner de quoi entretenir la famille.
Si l’on ne veut pas voir l’étranger dans la rue on est bien content de l’utiliser pour prendre soin de la grand-mère gâteuse.

Quant à l’autre Italie, solidaire (comme le prouvent les innombrables associations caritives transalpines), créative, sociale, éclairée, elle vient de recevoir un nouveau mauvais coup.
Cela lui donnera-t-il la force de combattre plus efficacement le nouvel obscurantisme, la haine raciale, le mépris, la morgue des futurs dirigeants ?

Les navrants résultats de ces élections sont un nouveau signe de la décadence éthique et morale qui frappe l’Occident.
Ce navire là sombre inéluctablement, son naufrage sera le prix de son égoïsme, de sa prétention, de son insondable bêtise.

et en prime le billet de SuperNo

Répondre à Celeste Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

65 commentaires sur “Elections italiennes : la victoire du pire”