Extrémisme

Le mot est à la mode.
Méfiance.
Un mot ne devient pas tendance par hasard, mais parce que les médias dominants manipulés par les politiques au pouvoir eux-mêmes manœuvrés par les puissances financières et économiques internationales, nous le serinent à longueur de temps.
Car derrière le mot se cache bien sûr le concept : l’extrémisme.
Tremblez braves gens !

L’extrémiste, dit mon Petit Robert, est le partisan d’une doctrine poussée jusqu’à ses limites, ses conséquences extrêmes.

Les français qui ont lutté contre l’occupation allemande ou les partigiani italiens furent en leur temps des extrémistes.
La liberté, ils l’ont gagné par les armes.
Ils sont considérés comme des héros.
On les appelle des résistants.

Mais les allemands, embarqués dans leur délire criminel et expansionniste n’utilisaient pas le terme « résistant », ils lui préféraient celui de « terroriste ».

Appellation que l’on applique aujourd’hui, par exemple, aux résistants palestiniens qui en ont ras la keffieh de la main de fer israélienne qui griffe et enserre, étrangle leur territoire et ses habitants.

Question de point de vue, l’on peut partager celui de l’oppresseur ou celui de l’opprimé.

Dessin gracieusement emprunté au site d’Attac Paris19

Les hautes sphères de l’économie, de la finance et de la politique étant en train de prendre une raclée d’une violence stupéfiante, il y a fort à parier qu’incapables de reconnaître leur propre responsabilité, éclatante, dans la débâcle, leurs représentants vont redoubler d’énergie pour désigner à la foule des coupables, des boucs émissaires : les extrémistes.

Pour des gouvernements de droite qui putassent volontiers avec des partis se proclamant racistes, xénophobes, fascisants il est évident que l’extrémiste à abattre sera de l’autre côté de l’échiquier politique.
Haro sur l’extrême gauche !
Diabolisation de ses représentants.

Les mêmes gouvernements, désireux de renvoyer leurs ressortissants dans les jupons de la sainte église catholique afin de mieux pouvoir les contrôler (les ressortissants, pas les jupons), ne se privent pas d’attaquer la laïcité. Il y a quelques semaines, l’inénarrable Kosciusko -Morizet allant même jusqu’à dénoncer « l’extrémisme de la laïcité ».
Ce serait drôle si ce n’était qu’une bourde, malheureusement ce n’en est pas une.
Assimiler les défenseurs de la laïcité à des extrémistes est une véritable attaque à la constitution.
Article 1er : « La France est une république laïque ».
Pas une bourde, mais un élément d’une stratégie de diabolisation de tous les partis politiques et de tous les individus se situant à la gauche du PS. Les principaux cadres du PS ayant choisi de se bouffer le nez en se vautrant dans la mollesse poisseuse du centre, cela revient à dire que quiconque exprime des idées anti libérales, anti capitalistes, anti racistes, laïques, athées est un extrémiste.
Donc un terroriste potentiel.
Tremblez brave gens !

La crise continuant à gronder (ce n’est qu’un début, attendons-nous à des fracas assourdissants), la nécessité gouvernementale de désigner des ennemis va dramatiquement croître.
De leur optique, il sera hors de question de s’acharner sur les vrais fautifs (leurs potes), et il sera urgent de détourner l’attention du peuple – va savoir ce qui se passerait si les gueux, aigris par la faim, la pauvreté et l’incertitude de l’avenir, réalisaient que tous ensemble ils forment une puissance invincible.
Et l’ennemi, le vilain, le méchant, le barbu, ils le connaissent déjà.
Ça fait des années qu’ils le montrent du doigt.
Des années qu’ils dénoncent les « dangers de l’antiracisme ».

Ne tremblez pas braves gens, ouvrez vos yeux et vos oreilles, délivrez-vous des sirènes maléfiques, regardez le monde, vous en êtes une parcelle et son avenir est entre vos mains.

Les messages des anciens Hopis se terminaient par cette phrase :
« Nous sommes ceux que nous attendions. »

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » Gandhi

13 réflexions sur « Extrémisme »

  1. La laïcité en elle-même est le concept le plus extrème et le plus radical qui soit.
    Ici, il nous a fallu la Réforme, les guerres de religion les plus sanglantes et la Révolution la plus radicale qui soit pour faire enfin triompher cette idée.
    Il faut passer par la Saint Barthèlemy, les Cévennes, le chevalier de la Barre, Dreyfuss et la lutte de Jules Ferry contre l’enseignement religieux et la troupe pour expulser les religieux en 1905.
    Cette pensée qui nous structure autant que l’abolition des privilèges est le résultat d’une lutte difficile et longue.
    La conserver et la défendre sera aussi un combat et pas des plus faciles mais tu as raison, ne pas le faire c’est renier plusieurs siècles de progrès pour la liberté individuelle et collective.
    Revenir avant 1905 c’est le premier pas pour rejoindre un monde ancien dont nous croyions naivement nous être débarrassé pour toujours.
    La Fille Ainée de l’Eglise et le chanoine de Lattran, si c’est ça le programme, il va falloir se battre pied à pied et ne laisser passer aucun compromis.
    On ne risque pas s’ennuyer dans les années à venir…

  2. ceci dit en appliquant le sens premier des mots, et en se gardant de confondre extrémisme et refus de la force, de l’ordre, surtout étranger, c’est à dire la résistance il y a des extrémistes, de toutes religions.
    Il y a aussi le fait que forts de leur « idéal » ils peuvent séduire ceux qui se batent et que les peuples se retrouvent avec à la fois une oppression extérieure et une autre parmi leur défenseurs.
    Le Hamas a de très sales cotés, et de bonnes oeuvres, les irlandais catholiques étaient capables d’héroïsme et de cruauté envers ceux qu’ils jugeaient déviants dans leur « peuple ».
    Pas sure d’avoir raison (personne ne l’a à mon avis) mais j’en suis là.

  3. Parfois je crois que « l’histoire » est semblable à un convoi de train…sauf que l’on vient de détacher les wagons…ne reste plus que la loco a foncer toute seule.
    L’histoire n’est plus raccrochable à aucun présent…

  4. …et Dieu ! qu’ils la maîtrisent, cette guerre des mots. Sans parler de ces concepts qu’ils savent voler et vider de leur substance, faisant de la lutte pour le pouvoir d’achat un droit d’accès au hard discount et aux heures supplémentaires, voire au travail du dimanche, de la défense du service public l’affaiblissement de ses missions… etc.

  5. Céleste, ma très chère, en réponse à un commentaire d’Helena déposé à la suite de mon dernier billet, je viens de faire allusion à ta divine personne.

    Voici donc la chose…

    Ma chère, ma très chère, tu es en train de me conquérir… euh… pardon Lidia… mais non… euh… mon cœur est si vaste que… bon, ben quoi ?
    Revenons à notre frère.
    Le Serge, on se le chope, on l’envoie au charbon, ou dans la mine de sel et, au bout de douze heures à marner au milieu des prolos, on le remonte à la surface.
    Noir, qu’il est. Ou salé jusqu’à l’os. Et défoncé un max.
    Alors les filles, c’est là que vous entrez en scène.
    Lidia commence par le dépoiler, Helena lui balance un seau d’eau à la tronche, histoire de le rincer, Cloudy s’avance avec le gant de crin, suivie de Kloelle qui amène le savons et qui précède Céleste, porteuse quant à elle, en plus du flingue qui nous la rend si proche, d’une serviette éponge.
    Rougeoyant, qu’il est, le malfrat, à la fin de la séance. Et doux comme un agneau. Et prêt à recevoir, en plus du sauss’ et du pichet, le réconfort du VERBE.
    C’est alors que j’interviens, moi, Buster.

    Mais nom de dieu, ça me donne une idée pour demain ! Et comme c’est la pleine lune…
    A demain mes chéries, j’ai oublié les mecs, mais ils me pardonneront.

  6. Ca s’annonce mal si les Etats se mettent à considérer les mouvements du peuple comme du terrorisme ou à les qualifer ainsi.
    Une sorte de proto-fascisme ?
    :-))

    [Au final, la crise des subprimes, c’est encore la faute des pauvres qui sont incapables de s’acheter un logement !!!].

  7. Serais-tu en vacances, Céleste ? Eh bien pas moi, je t’assure. Je bosse, je bosse, tu peux pas savoir. Et pas à la Bourse, non, à mon blog.
    Tiens, sur mon billet de ce jours, j’ai fait allusion à une certaine Céleste et à son fusil…

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