Il bacio di Alice

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En attendant le chaos, il y a la vie.
La mienne, je l’ai toujours voulue joyeuse et quand elle ne l’a plus été, je me suis battue pour la changer.
Les nuages s’amoncellent et le fascisme rampe en bavant sur les futures ruines du néo-libéralisme. La résistance s’impose mais elle n’est pas pour moi synonyme de tristesse.
On peut aussi se battre en s’amusant.
En créant.

« Mon travail dans la banque… me dit Antonio en soupirant… bé, je le fais passer avec tout ça ! »

Tout ça, c’est le roman qu’il a écrit « E’ tardi cazzo » (Giraldi editore – Bologna 2004), le court métrage décapant qu’il en a tiré « Vengo dal Rock » et « Il bacio di Alice », celui qu’il tourne en ce moment avec Fabio dans le rôle du chef opérateur et monteur.

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Luca dessine les scènes et les affiches, Massimo prend le son, Martina et Enrico interprètent leurs personnages

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moi je suis la ciakgirl (histoire de participer) et entre deux prises je chante Brassens avec Luca ou je cause physique quantique avec Jacopo (chercheur en physique nucléaire, ceci explique cela).

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Les personnages d’Antonio, trentenaires d’aujourd’hui, sont confrontés à la précarité.
Reflex, le protagoniste de « Vengo dal Rock », arrive en retard à un entretien d’embauche, Enrico, celui du « Bacio di Alice », cumule deux emplois : la journée à la banque, le soir dans un bar. Car aujourd’hui, à Bologne, un salaire ne suffit pas pour louer un appartement où vivre seul.

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Commencé samedi dernier à huit heures du matin en bas de chez Antonio, le tournage s’est poursuivi toute la journée dans les rues de Bologne, sur les places et dans le marché de Nöel.

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Dimanche, loin de la ville et sous une fine pluie qui, bien que glacée, faisait la joie de notre réalisateur (faute de faire celle de l’équipe qui tapait ses pieds gelés sur le gravier), nous avons passé l’essentiel de la journée dans un cimetière (à l’exception de la pause gastronomique dans la trattoria du village).

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Les soirées de lundi et mardi ont été consacrées au visionnage des rushes, ce qui, Fabio et Antonio n’étant pas entièrement satisfaits, nous a valu de retourner au cimetière mercredi après-midi. Pas de bol, il ne pleuvait pas et en plus de la gestion du ciak, j’ai dû passer deux heures à asperger Martina et Enrico, ce qui fait que j’ai mouillé mes gants et que mes petits doigts raidis par la bise avaient du mal à tenir mon outil de travail du moment : le stylo.
Mais le coucher de soleil sur la pianura fut une vraie merveille.

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Hier soir, jeudi, l’action se déroulait dans un bar, avec consommateurs (dont deux un tantinet acariâtres) et musiciens copains. La bière aidant, le tournage s’est éternisé et nous avons regagné nos pénates à une heure fort avancée.

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Demain ça continue, youpi !

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Ci-dessous, en cadeau, « Vengo dal rock », le précédent court métrage d’Antonio Benedetto. Il est en italien, mais facilement compréhensible (du moins dans les grandes lignes), et on voit très bien Bologne.

16 réflexions sur « Il bacio di Alice »

  1. et boudiou que vous êtes beaux ! un pied de nez ?
    et je vois que j’ai loupé un billet. Je me garde la perspective de sa lecture et du visionnage de ‘vengo dal rock » (ça me changera comme exercice des séries de la RAI !) pour mon retour. Parce qu’il y a plus rien à bouffer à la maison et qu’il faut que je lance ma carcasse plaintive dans le froid glacial qui nous est tombé dessus. Le désir de revenir ici me servira de viatique

  2. Oh flute, je me fais toujours voler mes répliques ! J’allais dire, comme Brigetoun, que vous étiez si beaux, tous, un peu comme de grands enfants.

    Passer des jounées au cimetière, j’aurais beaucoup aimé…

  3. Créer, c’est être imprenable, insaisissable.
    Inventer, c’est s’échapper pour mieux revenir.

    Ne rien laisser en friche pour ne pas se regarder mourir.

  4. parlando italiano mais parlant peu – vrai que la ville est belle – vrai que l’auteur aime les cadrages « coup de poing » – vrai que miss Select et ses questions sont redoutables – que la fable qui n’en est que très peu une est réussie – qu’on applaudit à la réaction finale.
    Que je ne suis pas d’accord avec les vélos qui roulent chez les piétons, non mais !

  5. vraiment dan sles grandes lignes alors…
    en tout cas on dirait ben que Bologne est une belle ville.
    et puis même en russe on aurait compris le message.

    libertad

  6. Tu t’y connais en physique quantique, celeste ^^ ? C’est intéressant, quelqu’un qui regarde un peu ailleurs que les éternels domaines « l’art l’art » ou « boulot boulot »

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