La tacatacatique de Rama Yade

Manifestement très douée pour s’agiter dans un verre d’eau boueuse, la secrétaire d’Etat aux Sports vient une fois encore de donner l’occasion à la médiocre presse dominante d’accoler l’adjectif « rebelle » à son nom.

Rebelle ! Quel drôle de mot ! Pourquoi pas insurgée ou révolutionnaire ?

Car il suffit désormais, après avoir grandement contribué à donner plus de pouvoir à l’argent dans le sport-  en aidant, par exemple, à la libéralisation des paris en ligne-  de s’indigner, d’un ton faussement vertueux,  du montant des frais d’hébergement des bleus (ah les bleus, inépuisable source d’amusement, jamais à ma connaissance une équipe de foot n’ayant atteint un tel niveau de ridicule) pour être qualifiée de rebelle !

La ficelle, que dis-je, la corde, est pourtant épaisse et le coup à effets multiples.

Imaginons que les bleus se ramassent lamentablement dès les premiers matchs.
La défaite porterait un mauvais coup à une image présidentielle déjà fort écornée. Oui mais, au sein du gouvernement, quelqu’un, Rama Yade, s’est déjà positionné dans le camp de la vertu indignée « J’avais appelé les instances du football à la décence. En temps de crise, il faut y penser ». Sarkozy, qui s’est bien gardé de participer à l’hallali provoqué par les déclarations de la donzelle, laissant, entre autres, la divine Roselyne monter au créneau avec la délicatesse d’un hippopotame, pourra toujours tenter de se donner des airs humanistes en reprenant à son compte la dénonciation de la gabegie.
Comme de bien entendu en cas de victoire finale la notion de gabegie s’évanouira dans le fracas des vivats, Sarkozy se pavanera comme s’il avait lui-même tapé dans le ballon, Rama Yade, toute indignation avalée, jubilera et sa petite phrase tombera illico presto dans les oubliettes.
On nous bassinera avec la grandeur de la France et la vaillance des ses petits soldats aux mollets musclés etc…etc.

Seconde hypothèse.  En 2012, Sarkozy, enseveli sous la montagne de scories qu’il amasse lui-même depuis  beaucoup trop longtemps, perd le pouvoir. Lequel pouvoir, récupéré au vol, se retrouve plaqué sur la bedaine d’un DSK matois, n’ayant de socialiste que l’appellation et qui, je le parierais volontiers, n’hésitera pas à pratiquer une politique d’ouverture, à sa droite bien entendu.
Et là, bingo, la « rebelle » Rama Yade, se retrouve parmi les élus !

Et cela, avec la complicité de la presse qui désinforme et manipule en nous présentant Rama Yade comme une héroïne insurgée.

Tiens, en parlant de manipulation, dans une tribune du Monde, deux valeureux philosophes  mondains sont montés au créneau pour défendre Israël.

Sous leur plume,  attaquer un bateau dans les eaux internationales et massacrer ses passagers  devient « Les Israéliens ne voulaient pas de ce bain de sang. Ils sont tombés dans un piège. Ce bain de sang a été délibérément provoqué par les organisateurs« 

Décidément, ils « osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! ».

Répondre à captainhaka Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

39 commentaires sur “La tacatacatique de Rama Yade”