Marinades nauséabondes, un scénario à l’italienne?

Donc, telle Jeanne d’Arc, Marine Le Pen appelle au rassemblement pour défendre la souveraineté nationale et bouter les étrangers hors de France.

Fièrement, elle martèle: « Nous ne nous sommes alliés à aucun parti. Nous sommes les alliés du peuple français. »

Si il est exact que jusqu’alors le Front National ne compte pas (enfin presque)  d’alliances ouvertement avouées au sein de la classe politique en sera-t-il toujours ainsi?
Même dans les pires prédictions il semble impossible que le parti de l’orgueilleuse fille du borgne parvienne un jour à conquérir le pouvoir. Marine Le Pen présidente, c’est un leurre et tout le monde, y compris elle même, le sait.

Mais penser que le Front National restera indéfiniment à deux pas de la gouvernance sans jamais avoir les volonté d’ y mettre les mains est tout aussi illusoire.

Il faudra donc, quoiqu’en dise la cheftaine, envisager des alliances. Ça tombe bien, une partie de l’UMP tend déjà une oreille intéressée (litote) aux thèses xénophobes et ultra-nationalistes.

Imaginons un scénario à l’italienne. Alors que Fini, venu de l’extrême droite, s’est planqué, griffes rentrées, au sein du PDL de Berlusconi en attendant la chute de pervers pépère pour faire main basse sur la démocratie, Bossi, chef de la Lega Nord a préféré l’alliance.
Alliance acceptée bien sûr, d’où la présence de ministres dans le gouvernement Berlusconi (dont Roberto Maroni, ministre de l’intérieur).
Alliance lourde de conséquences car la Lega pèse sans arrêt sur les décisions gouvernementales.

Marine Le Pen a eu beau déclarer que  “il n’y a pas de rapprochement FN-Ligue du Nord” , entre les deux partis, à part le régionalisme exacerbé du côté italien,  les points communs ne manquent pas: populisme, xénophobie, retour à une monnaie nationale, peine de mort, suppression de l’avortement etc…

D’ailleurs, lors de sa visite à Lampedusa,  elle était accompagnée d’un des pires spécimens du renouveau fasciste local, l’eurodéputé Mario Borghezio, l’homme qui,  chez ses copains identitaires de Nissa Rebella, a déclaré : “Il faut rentrer dans les administrations et les petits pays. Il faut insister beaucoup sur le côté régionaliste de votre mouvement. (…) C’est une bonne manière de ne pas être classé comme fasciste nostalgique, mais comme une nouvelle mouvance régionale, catholique, etc. Mais en dessous, nous sommes toujours les mêmes.”

Champion de la résistance à un islamisme autant fantasmé que diabolisé, défenseur d’une Europe « blanche et chrétienne »  Mario Borghezio tient des discours d’une rare violence et n’hésite pas à joindre le geste à la parole, en « désinfectant » des trains italiens empruntés par des personnes noires ou d’origine maghrébine, en menant des porcs déféquer sur des terrains destinés à la construction de mosquées ou en détruisant des abris de SDF étrangers.

Bref, un personnage répugnant mais membre d’un parti au pouvoir et député européen.

Comme quoi, dans l’Europe actuelle, le pire scénario peut être mis en place.

Quant à l’UMP, combien de temps encore, ses membres réussiront-ils à sauver les meubles? À nous jouer une comédie de l’union qui ressemble de plus en plus à une farce?

L’autre soir, sur BFM, Valérie Pécresse (dont je viens de découvrir, ce que le monde est petit quand même,  que le père est président de Bolloré Télécom)  a bien déclaré,  parlant de l’UMP, que :  « ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise« , mais, visiblement, la situation est beaucoup plus complexe.

On peut donc imaginer une scission. Une aile capable de s’allier avec le FN prenant son envol  vers l’extrême droite et une autre, réfractaire à la honteuse  compromission, se dirigeant vers le centre.

Car à l’approche des présidentielles de 2012, les appétits, comme les dents, s’aiguisent.

 

Au sujet de la Lega Nord:  Italie : La chasse aux « Zingari », un nettoyage ethnique

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