Une famille indienne, quelques considérations

Dans le précédent billet, écrit dans un esprit reportage, j’ai dressé le portrait d’une famille indienne amie.  Il est hors de question que je porte un jugement sur son mode de fonctionnement mais il me semble intéressant de réfléchir sur certaines de ses particularités, typiquement indiennes.

Le plus frappant pour moi, occidentale individualiste qui n’a eu de cesse d’exister en dehors de la famille, voire même contre dans ma jeunesse, est la complète dissolution des individualités au service de l’entité familiale.

Dans le cas de la famille d’Anish, la dilution des belles-filles s’est effectuée dans la joie. Elles sont heureuses, éprises de leurs jeunes époux et fières de leurs enfants. Élevées de façon traditionnelle, croyantes, elle n’aspiraient à rien d’autre qu’à ce bonheur familial. L’une et l’autre l’affirment et, les connaissant, je les crois volontiers.

Lorsqu’une jeune fille indienne se marie, elle change de famille. Sa dot représente sa part d’héritage. Si elle quitte son mari, très souvent, ses propres parents, s’estimant déshonorés, refusent de l’accueillir.

Les filles sont formatées pour devenir épouses et mères et les rebelles s’exposent à d’innombrables difficultés. Pas au niveau de la loi, qui accorde aux femmes des droits similaires à ceux des occidentales mais à celui, plus pernicieux, de la coutume.
Suivant celle-ci, c’est le plus jeune fils qui hérite de la maison des parents mais aussi de leur entretien. C’est donc à sa femme qu’incombe la tâche de veiller à leur bien-être quotidien. Soumise à l’autorité de sa belle-mère, elle s’échine des années durant à effectuer les tâches ménagères, à éduquer ses propres enfants et à soigner les anciens lorsque les effets de l’âge se font sentir. Si elle a un fils, c’est sa jeune épouse qui prendra le relais sous ses ordres. Et ainsi de suite.

La famille est un des piliers de la société de la société indienne, souveraine, elle protège ou étouffe, absorbe ou détruit.
Car si dans la famille d’Anish règne l’harmonie, ce n’est pas toujours le cas et parfois la pression familiale sur les femmes est insupportable quand elle ne vire pas à l’enfer.

« Here, in India, me dit mon amie Mumtaj, we have a burden, our family ! » (ici, en Inde, nous avons un fardeau, notre famille).

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