« Toutes choses sont liées »

L’humanité meurt et nous en sommes les bourreaux.

Elle agonise car trop d’entre nous n’ont pas conscience d’en faire partie.
Ils se savent humains mais n’envisagent le monde,  l’humanité, qu’à leur propre échelle, c’est à dire leur vie. Ils ne s’inscrivent ni dans la chaîne humaine (avant moi, maintenant et après moi), ni comme éléments de la planète (faune, flore, terre, eau, air…).

Se plaçant systématiquement au centre du monde, ils n’ont ni respect, ni attention, ni solidarité pour tout ce qui est étranger à eux-mêmes. Il leur est donc facile de priver de liberté, de coloniser, de massacrer, de détruire la nature, de trucider les animaux.

Sans états d’âme.

Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais il s’est accentué au cours des cinquante dernières années. La vie des occidentaux est une suite de fragments réglée par des horaires, par des contraintes. Beaucoup de citadins n’ont qu’un contact éphémère avec la nature. Ils ne la connaissent pas.

Le libéralisme effréné avait pour volonté de transformer l’ être humain en ressource: sa force ou son cerveau pour travailler, son aptitude à l’achat inutile pour consommer.

A-t-il réussi?
En apparence presque mais ce n’est qu’un leurre.
Nombreux sont ceux qui se détachent du système, et  se regroupent en réseaux.

La crise, due à l’avidité de certains, est venue battre les cartes.

Ce n’est pas le moment de baisser les bras, au contraire. Les années qui viennent seront très difficiles mais c’est l’occasion, unique et précieuse, de tout repenser.

« Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos pensées. (…)
Il traite la terre, sa mère, et le ciel, son frère, comme des objets qu’on achète, qu’on pille, qu’on vend, comme des moutons ou des perles brillantes. Son appétit va engloutir la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert. »

« Qu’est l’homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait de grande solitude de l’esprit. Car tout ce qui arrive aux bêtes ne tarde pas à arriver à l’homme. Toutes choses sont liées. Vous devez enseigner à vos enfants que la terre, sous leurs pieds, est faite des cendres de nos grands-parents. Afin qu’ils la respectent, dites à vos enfants que la terre est riche de la vie de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous le savons: la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre.
Nous le savons: toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille.
Toutes choses sont liées.

Tout ce qui arrive à la terre arrive au fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie. Il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même. »

Chef Seattle (1786 – 1866) Chef Indien d’Amérique du Nord
Ce texte est extrait d’un discours tenu par le Chef Seattle en janvier 1854, et qui a été rapporté par Dr. Henry A. Smith, négociateur du gouvernement, dans le journal Seattle Sunday Star en 1887. Il s’agit d’une réponse à un discours du gouverneur Isaac M. Stevens, Commissaire aux affaires indiennes.

Ce billet est la reprise d’un commentaire que j’ai laissé chez mon ami Le Yéti
A lire et à penser, chez Marc.

Au rayon librairie  « Pieds nus sur la terre sacrée » de T.C.Mac Luhan. Ici, des extraits

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