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11.01.2007

Naissance


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Le gentil Docteur F. fut le premier homme de ma vie.
Il était grand, fort, bourgeois, il détenait la science, on prononçait son nom avec respect.
C’est lui qui m’a extraite, ensanglantée et poisseuse, du ventre de ma mère et qui d’un coup de bistouri a tranché le cordon qui me rattachait à ma vie de poisson tropical.
C’est lui qui, le premier, a posé ses mains sur mon corps nu.
C’est encore lui qui a annoncé « C’est une fille ! » comme si cette nouvelle pouvait vraiment faire plaisir à des gens qui en avaient déjà une…
Ensuite il m’a attrapée par un pied, et sans se soucier de ma future dignité, avec sa grande main de docteur, il a tapé sur mes fesses, j’ai hurlé et tout le monde a ri…
Puis l’organisateur de la fête, le gentil docteur F., a fait venir ma sœur et mon grand- père.
Ils sont arrivés main dans la main, lui 61 ans, elle 2 ans.
Le gentil docteur  m’a prise dans ses bras pour me présenter aux nouveaux venus.
Il s’est incliné vers ma sœur pour qu’elle puisse contempler mon minois rouge et grimaçant.
Et il a demandé :
« -Alors, tu me la donnes ta petite sœur ?
   -Ah non ! » S’est-elle exclamée, farouche, et à nouveau tout le monde a ri avec attendrissement.
Et si elle avait répondu oui ?
Et si le gentil docteur F. m’avait enveloppée dans une couverture, m’avait emportée,  serrée contre son cœur, comme un trésor, dans la froide nuit de janvier ?
Nous aurions traversé la campagne gelée, pour arriver à sa maison bourgeoise, où son épouse au ventre stérile m’aurait accueillie comme un don du ciel…
Il n’en fut rien, ma sœur refusa de céder son nouveau jouet, le docteur traversa seul la campagne gelée, arriva seul à sa maison bourgeoise où l’attendait sa femme au ventre stérile et il n’y eut pas de don du ciel ce soir là…
Quant à moi, grâce à elle, j’ai échappé à une éducation catholique, à l’école privée, à la première communion, et à 20 ans je ne me suis pas inscrite en fac de médecine pour y dégoter le futur mari jeune médecin avec qui  mon père se serait associé avant de lui céder sa clientèle…
Ainsi va la vie !
En ce 9 janvier 1956 la mienne venait tout juste de commencer.
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Mes parents, jeunes instituteurs, étaient depuis deux ans en poste à Parnac, petit village du sud de l’Indre. Mon papa était directeur, ma maman adjointe et ils occupaient un immense appartement dans les bâtiments scolaires, la cour d’un côté, la mairie en dessous, ce qui fut bien pratique quand mon père devint maire.
Ils s’étaient connus à 15 ans, à leur entrée à l’Ecole Normale de Châteauroux, mariés à 20 ans, parents à 21 ans, à cette époque on devenait adulte tôt.
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L’Ecole normale accueillait en son sein l’élite des mondes paysans et ouvriers pour les transformer en instituteurs hautement laïcs, convaincus du rôle fondamental de l’éducation, vecteurs du modernisme et de la culture.
Des militants de l’école obligatoire, gratuite, égalitaire.
Je suis issue de longues lignées d’humbles paysans, de métayers et de fermiers qui ont gratté pendant des siècles des terres qui ne leur appartenaient pas.
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Grâce à l’école de Jules Ferry la première génération à quitter les champs fut celle de mes grands parents. Mon grand-père épousa la noble profession de gendarme à cheval, il participa aussi à la première guerre mondiale, ce qui lui valut de passer des mois en Italie et d’y vivre une brève histoire sentimentale avec une italienne. De retour au pays il oublia la belle et demanda la main de ma grand-mère, une jolie couturière. Elle accepta bien volontiers l’hommage du guerrier, même si par la suite mon grand-père se révéla fort ombrageux et qu’elle arriva assez vite à la conclusion que la vie en caserne, en compagnie des autres familles de gendarmes, n’était pas franchement l’idéal de l’intimité.
Ils eurent deux fils, mon père est le second.
Du côté de ma mère tout fut dramatique et compliqué et accéder à l’Ecole Normale fut pour elle une victoire salutaire et entièrement méritée étant donné ses extraordinaires capacités dans le domaine des mathématiques.
Outre ma naissance, événement que sur un plan personnel évident je tiens pour fondamental, l’année 1956 compta un certains nombres d’épisodes forts important qui, mine de rien, contribuèrent à changer la face du monde (plus que moi je vous l’accorde).
En France, Guy Mollet se retrouva à la tête de l’Etat, poste peu enviable.
Malgré l’appel à la trêve d’Albert Camus la guerre d’Algérie déroulait ses horreurs et le gouvernement s’embourba dans un engrenage infernal : les attentats du FLN, désormais aveugles, répondant aux sinistres exactions de l'armée française.
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Un paisible petit  matin printanier, la maréchaussée traversa la cour de l’école de Parnac d’un pas martial pour apporter à mon père son ordre de mobilisation, la France l’appelait en Algérie pour défendre un colonialisme injuste et obsolète.
Pas de chance, grâce au zèle de mon grand-père gendarme, qui lui avait fait faire une préparation militaire, mon père était sous-officier, donc réserviste. Ne pas obtempérer aurait été déserter.
Il passa plusieurs mois de l’autre côté de la Méditerranée, ma mère l’attendait, elle avait 23 ans et deux bébés. Les nouvelles étaient rares.
Quand elle sortait dans le village faire des courses et que quelqu’un s’arrêtait pour lui parler, ma sœur, toute droite, du haut de ses deux ans et demi disait : « Mon papa il fait la guerre en Algérie ».
Puis il est revenu.
Les premières années après son retour, il racontait, il mimait, il expliquait. Puis de moins en moins, puis plus du tout. Il n’avait jamais souhaité participer à cette guerre, il en connaissait les horreurs, il n’avait pas eu le choix.
Beaucoup d’autres sont morts, des jeunes français de la Métropole, des jeunes français qui voulaient à juste titre être algériens, des civils innocents.

Pendant ce temps l’empire colonial poursuivait la désagrégation.
«  En voulant préserver leurs intérêts financiers immédiats, les deux puissances européennes ont perdu leurs empires. » a écrit Roger Martelli dans un article du Monde diplomatique d’octobre 2006, intitulé : « 1956, une année charnière, le rire de Nasser, les larmes de Budapest »
D’autant que Nasser, affirmant le « socialisme arabe », décida  de nationaliser le canal de Suez. La France, l’Angleterre et Israël s’en offusquèrent grandement et montèrent à l’assaut, sabre au clair. Les Etats-Unis, désireux de voir les empires coloniaux occidentaux réduits au rang de puissances subalternes condamnèrent l’attaque.
« A présent, la logique se déplace : les Etats-Unis ne se positionnent pas tant en leader d’un bloc qu’en régulateur de l’ordre du monde. En cela, la « doctrine Eisenhower » de décembre 1956, qui suit la double crise de l’automne, a valeur prémonitoire : ne préfigure-t-elle pas, à sa façon, la « doctrine Bush » ? » Robert Martelli.
Qui souligne aussi « Les grands gagnants à court terme sont les nationalistes algériens, légitimés internationalement par la victoire de Nasser : en 1956, on assiste à « la greffe définitive de la lutte algérienne sur la cause islamo-arabe »

Ce ne fut pas la seule horreur de l’année 1956, en Hongrie, l’URSS, écrasa sauvagement l’insurrection. L’espoir qui avait doucement fleuri se délita dans un bain de sang.
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« Si l’espace soviétique européen est confirmé, il rate alors l’occasion d’une déstalinisation contrôlée : l’échec final de M. Mikhaïl Gorbatchev est inscrit en filigrane dans celui de Khrouchtchev. » écrit encore Robert Martelli, qui termine ainsi son article :
« Voyons dans l’année 1956 un moment atypique. Il s’agit bien d’une crise du XXe siècle, marquée par les rapports de forces qui suivent la seconde guerre mondiale. Elle est aussi un signe avant-coureur de notre XXIe siècle et de son « ordre-désordre » impérial. Mais c’est toujours après-coup que l’on reconnaît les signes avant-coureurs. »
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Et vous, en 1956, étiez-vous déjà nés? Que faisiez-vous?

Commentaires

En 1956? J'avais l'age de ta soeur, les photos de mon album de famille ne sont pas très différentes des tiennes, ça m'y fait meme penser, à la différence près que chez moi ils ont tous plus ou moins "émigré" à Paris, à Belleville, au début du siècle dernier, période d' "exode rural" de masse, ils sont rentrés avant-guerre dans des entreprises qui ont été nationalisées en 1946; celles qui sont précisément en train d'etre démantelées.

Ecrit par : Floreal | 11.01.2007

j'avais 14 ans - j'étais chez les dominicaines à Toulon, et ma mère me donnait des coups de pieds (métaphoriques) au derrière pour que j'aille aux surboums avec des fils d'officiers de marine auxquels je trouvais moins d'intérêt qu'à leurs pères. J'étais issue d'un beau méli-mélo social des en hausse, des en baisse (avec de légères frictions entre les éléments extérieurs au couple).
Mon père revenait d'Indochine, comme tous. Il était en Algérie (et d'une famille pied-noir) et je ne comprenais pas pourquoi l'Algérie et ma famille de là bas devait à tout pris être française (j'ai un oncle qui a hésité à prendre la nationalité à l'indépendance)
Je me préparais des années d'étudiante où la guerre et les "colons" (mais en Algérie ce pouvait être des ouvriers, des instituteurs etc... d'origine espagnole, italienne, des baléares) avaient mauvaise presse. Où j'étais contre l'Algérie française et furieuse de certaines simplifications.. heureusement les copains marocains me consolaient

Ecrit par : brigetoun | 11.01.2007

vu la photo, je comprends ta soeur !

Ecrit par : brigetoun | 11.01.2007

j'aime bcp regarder des photos anciennes, en noir et blanc, sépia
au-delà des scènes qui content et témoignent de l'Histoire, les personnages me touchent et m'émeuvent
as tu remarqué comme les sourires, les attitudes, les gestuels paraissent paradoxalement surannés et actuels ?

en 56 naissait mon frère, moi deux ans plus tard....

Ecrit par : lesyeux | 11.01.2007

Rapide.
1956: 9 ans. Famille d'ouvriers de Bordeaux venant du Béarn.
J'étais maigre, rachitique presque. Né à la maison, prématuré 1,500 Kg, j'ai survécu dans la couveuse- boîte à chaussures, ouate- à côté de la cuisinière.

J'étais morpion et n'avais qu'un seul livre: le dictionnaire Larousse Universel 1923 deux volumes. Un trésor qui m'a suivi et qui trône en permanence mon bureau.

56 la neige, le froid.

Mes instituteurs déjà avaient vu mes parents pour que plus tard, je prépare l'Ecole Normale. Je ne suis pas "élite" mais, les maîtres d'Ecole du temps savaient et dénichaient dans leur couvée les enfants à qui ils pourraient passer le TEMOIN.

J'en fus un et leur en suis reconnaissant car j'ai rencontré, ensuite Freinet.

J'adore ta phrase.

"L’Ecole normale accueillait en son sein l’élite des mondes paysans et ouvriers pour les transformer en instituteurs hautement laïcs, convaincus du rôle fondamental de l’éducation, vecteurs du modernisme et de la culture."

Nous étions filles et fils du bas peuple ouvrier ou paysan et grande était notre mission.

Après Grabuge hier, toi aujourd'hui.

Les filles, je souris en nostalgie et vais gambader avec mes petites filles à m'eclabousser de rire.
Quand je les ai....

Ecrit par : GPMarcel | 11.01.2007

Eh bien, avec deux jours de retard, je te souhaite un super anniversaire !!

Nul besoin de préciser qu'en 1956, je n'étais pas né ... Mais tu es né exactement 48 ans après Simone de Beauvoir !

Ecrit par : Lancelot | 11.01.2007

Etraordinaire anniversaire. En 56, mes parents avaient 4 ans...

Ecrit par : Bruno Lamothe | 11.01.2007

Un récit qui laisse transparaître l'admiration méritée que tu portes à ceux qui t'ont précédé. En 1956, je n'étais pas née, ma mère n'avait que 11 ans, et peu de temps encore à profiter de sa jeunesse avant de me voir arriver. Mon père n'était guère plus vieux, sans doute à tester ses premières armes de séducteur en herbe.
Mes grands parents paternels, enseignaient, dans le public tandis que mes grands parents maternels tenaient leur boulangerie, café, épicerie au milieu de leurs 6 filles.

Ecrit par : Dom | 11.01.2007

me sens très bourge (enfin mon grand père paternel a commencé calfat, vous me pardonnez) et vieille, je n'y peux rien.
Par contre j'étais tellement sous le charme de l'évocation de tes parents que je n'ai pas fait attention à la précision de la date.
J'ai donc l'honneur de te souhaiter un bon anniversaire en retard

Ecrit par : brigetoun | 11.01.2007

Quelle jolie façon de raconter l'histoire de ta naissance ! J'ai aimé cette digression sur l'histoire du Docteur F., petit pincement au coeur, et puis je ne m'attendais plus ensuite à l'évocation historique de ces années, qui ont précédé de bien peu ma propre naissance. Mais mes parents n'étaient alors mariés que depuis un an et demie, ils pouponnaient leur premier fils, et n'avaient donc pas encore dans l'oeil la lueur qui serait à l'origine de ma conception.

Mon grand-père maternel devait commencer à se murer dans le silence triste de voir le pays de sa naissance, qu'il avait tant aimé, lui le berbère aux yeux bleus, être déchiré par la guerre qu'on ne nommait alors que pudiquement ou hypocritiquement "les évènements" d'Algérie et son épouse s'inquiéter des conséquences économiques que cela allait irrémédiablement avoir à long terme. En vain.

Mon père, plus âgé que le tien, avait échappé au rappel sous les drapeaux, et il pouvait donc certainement suivre de loin et de concert les différents évènements politiques que tu évoques, probablement frémissant avec rétrospective, et tâchant de ne pas trop se brouiller avec ceux de ses camarades qui étaient restés indéfectiblements au Parti, malgré tout et envers et contre eux tous.

Mon histoire à moi commencera l'année suivante neuf mois avant ma naissance en 1958 alors que ma grand-mère maternelle devait vibrer à l'idée de retrouver son grand chéri de Général au pouvoir....

Ecrit par : Otir | 11.01.2007

Bon anniversaire, Céleste.
Je t'offre une truffe, virtuelle …

Ecrit par : Bernard Langlois | 12.01.2007

Tout d'abord, je te souhaite un bon anniversaire avec quelques jours de retard. En 56 j'étais bien au chaud dans le ventre de a maman jusque je suis née en 57, en mars, le jour de la St Patrick et fête des Irlandais.
Je suis née par césarienne et après maintes complication pour maman.
J'aime ton recit ponctué de belles photos en noir et blanc...

Ecrit par : irene | 12.01.2007

Comme c'est bien raconté, Céleste, agréable et intéressant, les qualités d'un écrivain.
Nous avons des passés similaires.
Mon grand-père était diplomate ( il était chiffreur à Berlin quand la France a déclaré la guerre à l'Allemagne, c'est donc lui qui a déchiffré le télégramme, puis la mission a été évacuée sur l'Angleterre). Plus tard il est devenu maire de Puiseaux, dans le Loiret.
Mon père, lui, a commencé par passer en Angleterre, il avait 18 ans, puis il a débarqué avec les Américains, puis il est parti pour l'Indochine, puis pour l'Algérie... Il n'a que peu raconté ses guerres, si ce n'est pour dire que les boys trouvaient drôle d'avoir parmi eux un Français avec un costume British ou qu'il envoyait des grenades dans les marigots avant de traverser pour faire fuir les crocodiles ...

Ecrit par : amarula | 12.01.2007

En commençant la lecture et en lisant Docteur F. je me suis dis c'est de moi qu'elle parle.

Mais non, en 1956, je n'étais pas encore né et encore moins Docteur. Je suis bien né un onzième jour mais ni de mois ni de cette année.

Mais plutôt le même mois et la même année que l'arrestation de Nelson Mandela par le gouvernement sud-africain. La même année que la fusillade de la rue d'Isly et de la crise de Cuba avec la mise en place de l'embargo toujours en vigueur en 2007 et qui a plus pénalisé la population Cubaine qu'il n'a évité le pire aux Etats Unis ....

Ecrit par : Farid Taha | 12.01.2007

Merci pour cette tranche d'histoire.

Ecrit par : Jean Christophe Bataille | 12.01.2007

Moi je suis né en juin mais j'ai toujours beaucoup aimé les filles nées en janvier!
Bon anniversaire, avec un coupable retard!

Ecrit par : Marc | 12.01.2007

En 56, z'avais déza cinq ans!
T'embrasse en retard, mais avec conviction! Bonne route ;-)

Ecrit par : Fleuryval | 12.01.2007

J'étais, en tentant l'aventure du net, vraimeent sceptique sur la qualité de ce que j'allais y trouver. Et force est de constater qu'avec des gens comme toi, et comme la plupart de tes amis qui t'écrivent ici, cette apréhension était totalement infondée. Vive 1956 !

Ecrit par : Bruno Lamothe | 12.01.2007

En 1956 ?
Je n' étais pas encore née ... Je crois que les anges au ciel tissaient ardemment les circonstances propices à la rencontre de mes parents car je suis née quatre ans plus tard ... Un merveilleux anniversaire pour toi, Céleste ...

Ecrit par : kaïkan | 13.01.2007

Et j'ai oublié de parler de ma mère que mon père a rencontré sur un bateau qui ramenait des militaires en France depuis Saigon tandis qu'elle quittait definitivement la Chine avec sa famille pour fuir l'avancée des Japonais,( dont ma grand-mère, Française qui tenait un restaurant dans la concession française à Shangai et qui venait de divorcer de son mari chinois). Quelle histoire quand meme ..

Ecrit par : amarula | 13.01.2007

merci à toutes et toutes pour ces fragments de vos histoires que vous avez laissés sur cet espace
pour vos voeux aussi


ne serait-ce pas cela le meilleur d'Internet, ces dialogues que nous tissons d'un bout à l'autre du web?

Pour le plaisir, tout simplement!

Ecrit par : céleste | 13.01.2007

Oui, pour les liens qui se tissent.

Dans les chemins de chacun des pierres balisent, indiquent, informent et là sur cette toile dans l'impudique des mots lancés dans l'espace on échange nos pierres, dans l'instant ou dans le temps.

Au rythme de chacun. Au sourire de chacun.

Comme du temps où les mots glissaient le papier à la sueur de l'encre quand j'écris de mes deux doigts sur le clavier le sourire me vient aux lèvres dans un moment de contentement.

Oh! ça ne le fait pas partout sur cette toile. On a quelquefois la tentation de faire son intelligent et d'envoyer des phrases sensées en pâture voulue...

Ici, je me repose. Dans le chaud et c'est bien.

J'y ai mis le temps, mais ça me ressemble.
Capricorne comme toi, je te souhaite en retard bon anniversaire.

Ecrit par : GPMarcel | 14.01.2007

Ce que tu dis dans le début de ton texte me parle

Mon Grand Oncle Lélio né en Haiti a refait trois fois ses études de médecine
(Haiti , USA et France)
aux USA, où il a travaillé comme serveur pour payer ses études, il m'a dit avoir souffert du racisme comme nulle par ailleurs
(mon père lui m'a parlé de Panama)
après un certain nombre d'années un peu partout sur la planète il est parvenu à s'acheter une maison bourgeoise où il bricolait lui même les accessoires de son cabinet (en 1965 une cellule photo électrique pour compter les clients, un monte charge ...)

Il était spécialiste de la stérilité féminine
et la seule femme qu'il n'a jamais réussi à soigner fut la sienne

le procédé qu'il utilisait a fini par lui être interdit (il existe des centaines d'enfants qui lui doivent la vie et jamais il n'y eut aucun incident)
et j'ai vu récemment qu'il avait été "inventé"

J'ai retrouvé un peu de lui (mais en blanc (sourire)²) dans le médecin que tu décris ici
l'année 1956 est celle de la naissance de mon petit frère
celui qui resta près de 9 ans dans son lit après une méningite
probablement parce que son cerveau à fonctionné trop tot trop vite
un QI faramineux qui est sorti du virage et qu'un autre médecin
malgré les heures qu'il a passé auprès de nous
n'a su protéger de la brulure insidieuse.

J'ai longtemps souhaité devenir à mon tour médecin
(mon oncle m'a souvent sollicité dans ce sens)
mais ma paresse d'adolescent m'a vite fait éviter ce que je voyais (de près, j'ai lu à 12 ans régulièrement le "quotidien du médecin" ) comme des études longues et pénibles et un métier bien trop exigeant.

Je crois que j'ai eu raison
je n'avais pas l'étoffe de ces héros là.

Sinon, petite
moi je suis de l'année d'avant (sourire)²

Ecrit par : Le bateleur | 14.01.2007

même si j'ai un peu l'impression de faire tâche - d'autant que je les aime bien mes ancêtres pied-noirs. C'étaient des perdants dont la France s'est débarassée

Ecrit par : brigetoun | 14.01.2007

En 1956, je n'étais même pas un projet encore.
(bon anniversaire, cela dit !).

Je ne saurais même pas raconter en détail tout ce fatras de ma naissance.
A peine si je connais le nom mystérieux du clinique Sainte-Machin-Chose…

:-)

Ecrit par : filaplomb | 14.01.2007

En 1956, mon père avait 14 ans et ma mère 9 ans. A cette époque de leur vie, vivant au abords des vallées enclavées du sud marocain dépourvues d'eau et d'électricité, ils étaient loin de s'imaginer que bien des années plus tard, ils seraient les parents de citoyens français qui naviguent aisément sur le web.
Ps: aid milaïd lalla céleste!

Ecrit par : mohamed | 14.01.2007

Et bien quand tu commençais à entrer dans la fiction avec ce médecin qui te pique à ta soeur, j'étais sur le point de te suivre...

Ecrit par : esther | 14.01.2007

Bon anniversaire Céleste, tu es mon aînée de quelques mois, je suis née en octobre dans un bourg de Savoie.
Mes parents s'y étaient installés 1 an auparavant avec mon frère, leur doctorat tout frais en poche, pour exercer le métier de médecin de campagne, mon père dans le bourg même et ma mère de l'autre côté de l'eau (l'Isère) ..
Je ne connais pas grand chose de l'histoire de la famille de mes parents, deux enfants uniques, ce sont des gens qui ne racontaient pas.
Mon histoire je l'ai donc construite avec les souvenirs des autres, des anciens et les miens.

Ecrit par : Sophie Ménart | 15.01.2007

Chère Celeste, j'ai repondu a ta question sur ton adresse mail Fabionik, j'espere que tu l'as reçu. Je t'embrasse

Ecrit par : amarula | 15.01.2007

Nos histoires se croisent et s'entrecroisent.

"Au rythme de chacun. Au sourire de chacun." GPMarcel


Merci à toutes et tous.

On continue!

Ecrit par : céleste | 15.01.2007

Tes écrits, ce sont mes moments de pause, des textes que je savoure, avec un thé chaud et du temps devant moi.
Merci encore Céleste.

Ecrit par : Dom | 15.01.2007

@merci Dom

c'est rigolo, j'étais sur "les ménagères" (façon de parler), je reviens chez moi, je trouve ton message!

plaisir réciproque, j'adore le ton de votre blog, féminin, dans toute la splendeur du terme!

@Amarula

je t'ai répondue par mail, merci

Ecrit par : céleste | 15.01.2007

Bon anniversaire (avec retard, je viens de chez Otir où j'ai cliqué sur ton lien).

Quel beau récit, émouvant et si humain. Un hommage à tous.

J'étais déjà née en 1956 ! J'avais 4 ans et allais avoir un nouveau petit frère !
Je vais poursuivre ma lecture.

Ecrit par : Fauvette | 16.01.2007

en 1956 ? ma mère avait 6 ans, mon père venait de naitre (Oct 55)... à l'autre bout de la terre sur une petite ile perdue dans l'Ocean Indien.
les temps etaient tres dure... pas totalement considéré comme français ( certaines chaines sont tres dures a briser)... avec rien pour vivre que ce qu'ils cultivaient, pechaient... étrangement quand ma mère m'en parle elle me dit : "qu'est ce que j'etais heureuse !"...et j'imagine sa frimousse de petite fille espiegle, le cheveux en bataille, les yeux humide fixés sur l'horizon bleu, au cour de l'été 1956 a l'ile de la réunion !!
bon aniversaire... et meilleurs voeux...;0)

Ecrit par : Le Sam | 16.01.2007

@toutes et tous


Je viens à l'instant, et bien qu'il m'en déplaise, d'éliminer un message d'une personne visiblement mal intentionnée à mon endroit, qui se complait, depuis des semaines à répandre sur cet espace des critiques acides et des considérations parfois insultantes.
Le dernier com étant hors sujet et ne reflétant que la méchanceté et l'absence totale d'humour de son auteur, qui fait, comme d'habitude, une lecture personnelle de mon texte en m'attribuant pensées mesquines et turpitudes, j'ai jugé préférable de le retirer, pour ne pas vous en imposer la lecture.
Je sais aussi que nombre d'entre vous se sont déjà étonnés et offusqués de la teneur des écrits de cette personne.

Cet espace m'est personnel, les critiques et les débats y sont les bienvenus mais pas la bassesse, ni les interprétations insultantes des textes ou des commentaires.

Si vous souhaitez malgré tout lire ces sempiternelles élucubrations, je les ai gardées et je peux vous les envoyer ou les publier ailleurs.

voili voilou

Ecrit par : céleste | 17.01.2007

Eh bien tu as eu raison.
Ces commentaires étaient ineptes.

Ecrit par : Bernard Langlois | 18.01.2007

10 jours de retard, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire... Très bon anniversaire Céleste. En 1956, j'avais 11 ans, j'entrais en 6è ce qui était un grand honneur pour mes parents émigrés italiens vers l'âge de 10 ans. Ils n'avaient pratiquement pas été à l'école, ni en Italie, ni en France et même si je n'ai pas fait de "grandes études", je restais pour eux, un "symbole de réussite".

Ecrit par : tanette | 19.01.2007

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