Kapas, l’île de coton

Qimi Chalet, île de Kapas, Malaisie

Cette nuit, au début de la marée montante, les tortues géantes sont venues pondre sur la plage voisine et ce matin, dans le sable doux, nous avons découvert les empreintes de leurs nageoires. Elles ont déposé leurs œufs sous les feuillages, à la lisière de la jungle puis elles sont reparties vers le large.

En malais, Kapas, signifie coton. A Kapas island, l’île de coton, tant le sable est fin, léger, soyeux, il n’y a pas de route, seulement les plages, les rochers couleur de rouille et la jungle que l’on peut traverser en suivant un étroit chemin. On y croise des varans, des serpents, des papillons colorés et des oiseaux.

A Kapas, il n’y a que quelques resorts, enfouis dans la végétation luxuriante. Donc peu de touristes et ceux qui y posent leurs sacs se laissent aller à la douceur ambiante. Particulièrement à Qimi chalet. Des amitiés se nouent, brèves ou durables, qui sait ? On se prélasse dans les hamacs, un livre à la main, on flâne sur la plage, on joue dans la tiédeur des vagues, un masque sur les yeux, la bouche refermée sur l’embout d’un tuba et les pieds palmés on va admirer les poissons. Rayés, tachetés, multicolores, rapides ou lascifs ils dansent entre les délicats coraux. Les anémones baillent, les oursins agitent gracieusement leurs longues épines, le soleil badine sur les flots. Ce matin, j’ai vu une raie, grise rayée de jaune, sinuer sur le sable puis s’enfoncer sous un rocher.

Le soir, les pieds dans le sable, on savoure les délicieux plats que Rose cuisine, poisson grillé, seiche, poulet à l’ananas, tom yam, fried noodle et bien sûr nasi goreng.

Hier, pour l’anniversaire d’un des hôtes, le mari de Rose a sculpté un gâteau en fruit. Pastèque fondante surmonté d’un ananas finement ciselé, piqué de tranches de kiwi et de banane. On a chanté bon anniversaire en français, en malais et en hollandais.

Demain nous repartirons. Je m’emplis de douceur, de chaleur, de couleur : le vert intense de la jungle, le bleu irisé de l’eau qui, suivant les caprices du ciel, passe de turquoise à l’outremer. Je hume la senteur de la mer, le parfum des fleurs. Immobile, je flotte sur le dos, le regard perdu dans les nuages. Dans le sable humide, je sculpte un visage de Bouddha et je décore sa coiffe de coquillages. La mer l’emportera.

Ainsi va la vie, éphémère et éternelle.

12 réflexions sur « Kapas, l’île de coton »

  1. @JdF: je ne sais si votre remarque est ironique, mais si elle l’est, c’est pitoyable. Si elle ne l’est pas, c’est bien naïf.
    Des gens « parfaits », cela n’existe pas. Cependant, les lieux, les circonstances, l’accueil peuvent certainement apporter une sérénité – qui se dégage d’ailleurs du récit de Céleste.

    Merci, Céleste, pour ces beaux récits qui nous font rêver, nous qui sommes enfermé-e-s dans un monde de brutes.

    1. Je dirait même plus un monde de brutes méchantes. Vous avez raison il n’y a pas de gens parfaits, je suis parfois naïf, mais que c’est beau et comme Céleste a toujours raison dans ce qu’elle dit, c’est un modèle du genre humain et une sainte qui approche la perfection….

      1. Et vous n’avez que ça à dire, caché derrière votre anonymat et votre petit écran étroit ?
        Quelle indigence intellectuelle et affective … et quelle muflerie!
        Finalement, je fais finir par le croire que Céleste est une sainte, bien que je ne pense pas que cela existe, et c’est tant mieux: elle arrive à supporter vos insinuations mesquines et sans aucun intérêt.

        1. Salut Emcee -)

          On lâche les commentaires trois jours et hop, le troll s’active!

          Cette fois je lui ai réglé son compte, non seulement il écrit des âneries, mais de plus la médiocrité de son humour serait presque déprimante!

          Via!

          Je suis en Italie, à Bologne. Il fait chaud, la ville est vide. C’est à la fois ennuyeux et reposant.

          Baci

          1. C’est un peu pour ça que je suis intervenue: je n’aime pas laisser traîner les trolls qui profitent de l’absence de la propriétaire du blog pour déposer leurs déchets toxiques.
            Bologne? en effet, tu te rapproches 😉
            Bonne continuation à toi et à Fabio.

  2. Chers Céleste et Fabio,

    Quel plaisir de voir vos photos du Qimi chalet.
    Que de bons souvenirs sur cette île paradisiaque avec vous deux …
    La vidéo de l’orchestre breton passe en boucle à la maison …
    A bientôt j’espère sur une destination lointaine ou si vous passez visiter notre belle belle Bretagne.
    Louise, Charles, Catherine et Jean-Daniel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *