Kuala Lumpur, dernières impressions

Quatre jours c’est bien peu pour connaître une ville. Déjà, nous devons partir.

J’ai aimé flâner dans le quartier Masjid Jamek. Tout autour  de la mosquée, les étals des marchés proposent des babioles, des foulards, des tissus, des montres et des parapluies, comme celui que nous avons acheté en vitesse le premier soir – la pluie était battante et le nôtre est resté aux Arcs- et qui s’ouvre à la renverse, comme une conque tournée vers le ciel.

Juste en face de l’entrée de la mosquée, le restaurant indien propose un délicieux poulet tandoori et des spécialités tamoules. Les familles indiennes et malaises viennent y déguster des thalis,  des hommes sérieux, le coran en main, en commentent des versets entre deux gorgées de tchaï et quand de blondes touristes en mini-jupes prennent place à une table, les yeux noirs des serveurs pétillent au-dessus de leurs fières moustaches.

A Bukhit Bintang, dans un des innombrables restaurants chinois de la Jalan Alor,  nous nous sommes régalés de calamars grillés au chili. Very hot!

J’ai échangé plein de sourires avec des inconnu(e)s. Quelques mots aussi. Quand j’ai dit au charmant petit monsieur assis à côté de moi dans le monorail que j’étais française, son visage s’est éclairé et  il s’est exclamé : « Zidane! I love Zidane! He ‘s a gentleman ! »

J’ai apprécié les espaces verts, les arbres où chantaient des oiseaux et j’ai contemplé les façades colorées des maisons coloniales.

Les impressions les plus fortes ?
Le contraste entre le modernisme et les rats ventrus qui gambadent joyeusement dans les arrières cours.
L’uniformité des tenues vestimentaires dans les quartiers musulmans. Sur les trottoirs, les différences entre les riches et les pauvres n’apparaissent pas. Pas de vêtements ou d’accessoires de marque, pas de bijoux apparents pour les femmes.
Une présence policière extrêmement forte. Partout et à tout heure du jour et de la nuit. Certes, on se sent en sécurité mais les Droits de l’homme sont constamment bafoués.
Un état fort, de dures conditions de travail, peu de protections sociales.

Nous, Européens, avons déjà perdu la bataille de la haute technologie. Les principales avancées se font désormais en Asie. Sur le plan architectural – bien ou mal car à quoi bon construire ces tours immenses, ces immeubles de verre et de béton ?- nous sommes aussi loin derrière les nouveaux pays émergents. Je pense que même sur le plan écologique nous serons bientôt parmi les derniers de la classe. Les nouvelles constructions asiatiques (que ce soit en Malaisie, en Thaïlande, en Corée du sud en Inde et en Chine) sont conçues pour être le plus  écologiques possible.

Par contre, nous avons quelque chose de précieux, que malheureusement nos gouvernements sont en train de détruire et que les pays comme la Malaisie n’ont pas, nous avons des politiques sociales.

Si la France (pour ne parler que d’elle) veut continuer à être considérée comme un grand pays, important au sein de l’humanité (ou à croire qu’elle est un car son aura n’est plus particulièrement lumineuse aux yeux des jeunes Asiatiques, diplômés, bilingues, appliqués, créatifs), elle doit montrer aux pays émergents la voie de la dignité sociale pour toutes et tous. La voie de la justice. De la liberté. Elle doit s’imposer comme une terre ouverte aux autres, à la création, aux arts. Être un pays de culture et d’accueil où il fait bon vivre. Démontrer que l’argent n’est pas une finalité mais un simple moyen pour permettre aux humains de bien vivre.

Faute de quoi, par un effet de balancier, la fière France deviendra un pays vieillot, pauvret, se mirant sans fin dans une culture, certes belle mais que de mauvaises stratégies politiques et économiques, auront rendue  obsolète.

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