Le sexe joyeux

(Variation sur un thème de Valdo Lydeker)


Le jour où ma grand-mère a eu 45 ans, elle a signifié à son gendarme d’époux (mon grand-père) que, désormais, il pouvait « monter ses outils au grenier et les y laisser ».

Métaphore bricoleuse qui prêterait à sourire si elle n’était, ô combien, significative d’une tristesse sexuelle infinie.

Car, vous l’aviez compris, les outils en question n’étaient autres que les organes virils de mon grand-père, qui se retrouva donc condamné à la chasteté conjugale par une épouse qui, visiblement, avait peu de goût pour les galipettes matrimoniales.

Autant que je m’en souvienne quand je les ai connus, une bonne dizaine d’années plus tard, régnait entre eux une indifférence parfois teintée d’aigreur, un ressentiment muet mais palpable, un silence sans tendresse.

Que l’un ait été maladroit, trop rapide et peu attentionné ou que l’autre ait été « frigide », peu importe. Le résultat final est que les deux ont finalement été privés des infinis plaisirs de l’union sexuelle.
Vous avez certainement noté que j’encadre l’adjectif « frigide », ô le vilain mot, avec des guillemets.
Le petit Robert me précise : du latin frigiditas (froid), absence d’orgasme chez la femme.

Absence ne signifie pas impossibilité.
Absence veut dire que l’orgasme ne vient pas.

Mais avant l’émancipation sexuelle, avant la pilule, était-il facile de jouir sans contrainte ?
Fichtre non !
Entre la peur des grossesses «indésirées » et indésirables qui laissaient le choix entre un bébé que personne n’attendait et les faiseuses d’anges armées d’aiguilles à tricoter, il ne devait pas être évident de se laisser aller à la volupté.

Emancipation par contre est un joli mot. Du latin emancipatio, il signifie: action d’affranchir, ou de s’affranchir, d’une autorité, de servitudes ou de préjugés.

Car du temps de nos grand-mères, les préjugés allaient bon train dans le domaine du sexe.
Propulsé par le catholicisme, le dénigrement des plaisirs sexuels faisait des ravages sous les couettes conjugales.
L’homme qui courait le guilledou était considéré comme un séducteur.
La femme qui avait la cuisse légère était considérée comme une pute.

Quand ma grand-mère était une jeune femme, elle n’avait pas le droit de vote et l’homme était systématiquement le chef de famille.

Et puis l’émancipation féminine est arrivée, pas toute seule bien sûr, il a fallu batailler ferme.

Dans sa foulée, il y a eu l’émancipation sexuelle. Une merveille, après des siècles de pratique honteuse, le sexe sortait enfin de l’interminable couloir sombre où on l’avait confiné.
La contraception facile, la pilule, véritable révolution, ont enfin permis aux femmes de s’abandonner à la jouissance, sans l’angoisse du lendemain.

Bien sûr, les pisse-froids ont fait la gueule et la font encore.
Des mâles ont prétendu que leur virilité était bafouée par cette multiplicité d’orgasmes féminins.
Peu importe, beaucoup d’autres se sont réjouis de cette liberté nouvelle, sachant apprécier tous les bienfaits du sexe joyeux.

Mais, comme le dit Raoul Vaneigem, « La jouissance sans contrepartie est l’arme absolue de l’émancipation individuelle. »

Emancipation individuelle ?
Liberté de penser, de créer, d’être ?

« Quelle horreur ! » ont pensé les puissants, les néocons, les manipulateurs, les exploiteurs qui veulent soumettre les peuples à l’ordre marchand.

Alors, peu à peu le mot émancipation a disparu du vocabulaire courant et son concept s’est volatilisé dans l’air du temps.

Et qu’en est-il du sexe joyeux ?

43 réflexions sur « Le sexe joyeux »

  1. Céleste, excellent rebondissement (si j’ose dire).
    J’avais lu, il y a pas mal d’années, le bouquin assez humoristique d’une des soeurs Groult, Flora ou Benoîte, je ne suis plus sûre. Elle remontait le temps de plusieurs générations de femme et y abordait l’émancipation. La contrainte des enfants et l’absence de choix, surtout, conditionnent l’échec total des relations intimes. Je n’ose imaginer ce que pouvaient ressentir les personnes (certaines encore aujourd’hui) de voir arriver leur futur époux(ses). Les familles choississaient et les deux tourtereaux, homme et femme étaient embarqués dans la même galère. J’ai eu un fou rire en lisant ton billet en m’imaginant obligée de convoler avec certaines personnes (je te recommande l’exercice, un grand moment de détente ;-)). Ah oui, au sexe joyeux, librement consenti et débarrassé des tabous socio-religieux, heureusement nous n’avons pas tout perdu, eu égard à certaines détresses, nous sommes dans la bonne « époque » au moins sur ce sujet là. ;-))) A ce propos, je suis allée lire les billets de Yoni, elle a beaucoup de talent.

  2. merci Agathe!

    merci aussi pour Yoni, autre facette de Céleste.

    En Inde, environ 90% des mariages sont des mariages arrangés. La plupart d’entre eux fonctionnent très bien. C’est un système auquel les Indiens sont habitués depuis l’enfance.
    pour nous, occidentaux, c’est difficile à comprendre, comme ça, de but en blanc, mais quand on reste longtemps en Inde, que l’on parle avec les gens, avec les femmes, on a une autre perception de ces unions.

    sujet à développer, bien sûr!

  3. @Valdo

    oui, d’où mon interrogation finale.

    l’époque du sexe joyeux serait-elle en train de terminer?
    rien ne l’exclut, l’ordre moral, bras des fascisme, se rapproche.

    nous devons vraiment être vigilant(e)s.

  4. L’inde et bien d’autres pays (hélas) arrangent les mariages. En Belgique, les réunions « Tupperware sex toys » vont bon train, la libération totale fait face à des pratiques ou coutumes ancestrales. Le monde n’est pas en phase, l’obscurantisme prend sa source en partie de ces disparités incroyables dans l’évolution des moeurs. La peur de la liberté des femmes occasionne des replis religieux tragiques pour la condition féminine dans de nombreux pays.

  5. Céleste même si les indiens le vivent bien culturellement (je n’en doute pas), l’esprit de certaines femmes doit fatalement souffrir de ces mariages forcés.

  6. Joli rebondissement Céleste! Oui, l’émancipation, elle est aussi celle des corps…
    45 ans , mfffff, triste.
    Celà dit, j’ai malheureusement l’impresson qu’aujourd’hui, ce n’est pas toujours simple non plus pour les jeunes filles et femmes au début de leur vie sexuelle. pour des raisons parfois inverses mais qui se rejoignent: la dictature du groupe social, et des normes, qu’il faille « rester chastes » ou au contraire « être une bombe.

  7. @agathe

    justement, dans la majorité des cas, ce ne sont pas des mariages forcés (je parle de l’Inde)
    les filles, comme les garçons peuvent refuser un mariage arrangé, ou influencer le choix.

    évidemment, il y a aussi des mariages forcés, des abus etc…

    mais j’ai rencontré de nombreux couples, qui avaient fait des mariages arrangés, et qui taient très liés, qui allaient vraiment bien.
    d’autres aussi qui avaient des problèmes, mais peu.

    c’est au fil de mes séjours que j’ai appris à voir les choses différemment, en mettant de côté mon regard occidental.

    il est aussi vrai comme tu le soulignes, qu’un mariage arrangé non harmonieux (ou non désiré, ça arrive) peut peser autant sur l’homme que sur la femme.

  8. coucou Swâmi

    @laflote
    tout à fait d’accord avec l’hypocrisie
    dans ce billet j’ai voulu souligner les progrès accomplis; mon propos de base était l’émancipation.
    mais ce n’est pas pour autant que toutes les femmes rencontrent systématiquement l’orgasme.
    loin de là!
    par rapport à nos grand-mères, nous avons une chance folle, mais toutes les barrières ne sont pas tombées.
    et nous sommes encore très loin du sexe joyeux généralisé.
    ce qui m’inquiète c’est que je me demande si nous ne sommes pas en train de nous en éloigner à nouveau.

  9. Salut tout le monde. Le sexe joyeux, voilà un fort beau sujet intéressant. Perso, j’ai un rapport (ah ah ah) au sexe très complexe. Non que j’ai des rituels bizarroïdes pour grimper au rideaux, mais la jouissance peut parfois revêtir (!) la cape de l’anxiogénéité… Je crois qu’il y a une grande hypocrisie autour de la jouissance féminine (peut-être aussi masculine, je ne sais pas trop) et que beaucoup de femmes s’interdisent de la rencontrer souvent.

  10. @laflote

    question qui mériterait une ample réponse…
    l’émancipation ne passe pas que par le sexe joyeux (ce serait trop réducteur de l’affirmer)
    mais être en harmonie avec son corps est essentiel.
    ce qui implique la reconnaissance de celui-ci.

    les contempteurs de la chair (christianisme mais pas seulement) ont condamné la jouissance, meurtri les corps, les ont asservis.

    dissociant le corps et l’âme.

    dissocié, morcelé, l’être humain est affaibli, donc plus facile à asservir.

    au contraire, se vivre comme une entité, jouir de son corps (pas seulement à travers le sexe), non pas en étant orgiaque, mais en respectant ses rythmes et ses désirs permet un équilibre.

    bon, j’ai à faire, je reviens sur l’argument plus tard

  11. Pour les mariages « arrangés » (ce qui était le cas également en Europe et encore dans les campagnes il n’y a pas si longtemps, une centaine d’années), en fait il s’agissait de deux personnes qui se connaissaient, se fréquentaient aux occasions de fetes de village, se plaisaient, et la tradition voulait qu’un membre de la famille de l’un, aille « demander la main » à la famille de l’autre. En fait, les familles ne faisaient qu’enterriner un choix qui pouvait avoir été fait auparavant entre les deux futurs consorts, raison pour laquelle on peut dire que nombre de mariages « arrangés » en Inde, comme le fait remarquer Céleste, ou ailleurs, ne fonctionnent pas si mal que ça.

    Le problème surgit quand la famille refuse un prétendant, ou en préfère un qui ne plait pas à la fille. Pour elle, ça devient la croix et la bannière. Dans les sociétés traditionnelles, il est difficile pour elle d’échapper à la toute puissance de la famille ou du clan.

  12. Je comprends tout à fait ce que tu veux dire Céleste, mais il me semble que c’est quelque chose de particulièrement difficile à atteindre pour, entre autre, les raisons que tu cites. La sexualité est, à mon sens, un des sujets les plus complexes en ce bas monde. Tant de discours, de dogmes, de théories nous ont laminé le cerveau à son propos qu’il faut une énergie folle pour faire le tri et rencontrer son désir, son plaisir, celui de l’autre aussi… Pfiou, le boulot de toute une vie en somme… Et encore, il y a moult gensses qui n’y arriveront jamais, peut-être même sans s’en apercevoir 🙁

  13. En matière de sexe joyeux, ma propre grand-mère (une femme dure et cassante) a longtemps humilié publiquement mon grand-père (qui était la crème des hommes) au prétexte que celui-ci était « nul au lit », et lui a pour autant que je sache très tôt refusé sa couche.
    Quand elle a été veuve – mon grand-père ayant depuis des années trouvé plus opportun de décéder, ce que je peux comprendre – elle a eu dans ses vieux jours un copain (capitaine au long cours en retraite), et je me souviens qu’à plus de 80 ans, un jour qu’elle était chez mon oncle – son fils – et que celui-ci était sorti se promener avec sa femme, ceux-ci ont retrouvé en rentrant ma grand-mère et son jules à poil en train de faire des galipettes dans le canapé du salon de mon oncle en poussant force gémissements orgasmiques. Very « shocked » mon oncle et sa prude(1) épouse furent, et le couple grandmérien hérita à compter de ce jour d’une réputation de « vieux dégueulasses » 😉

    Paix à leur âme cochonne, ça fait des lustres qu’ils fertilisent les chrisanthèmes.

    (1) Prude ma tante ? Maintenant qu’elle a 60 piges passés, à la voir on n’en douterait pas un instant ! Mais, âgée de 25 ans de moins que mon oncle, il me souvient d’un temps où, préado de 11-12 ans que j’étais, elle me faisait puissamment bander, et qu’un beau jour ce devinant elle me mit de son propre chef la main à la braguette pour quelques savantes caresses qui me firent à l’époque découvrir bien des choses 😉
    …Mais ceci est un secret de famille, nul ne le sait, chut !

  14. @swâmi
    il semblerait que non, mais tu fais bien d’en parler…
    bon, Fabiolino est sur le coup 🙂
    ça va l’occuper une partie de l’après-midi

    @swâmi
    elle avait du tempérament ta grand-mère!
    et oui, heureusement, la chair n’était pas triste pour tout le monde.
    quant à la sexualité des personnes âgées, qui, vu qu’il n’y a plus d’enjeu procréatif, est bien à mettre dans la catégorie « le sexe pour le sexe », elle a longtemps été sinon proscrite, du moins cachée, comme un truc honteux.
    et d’une certaine manière elle l’est encore, notamment dans les maisons de retraites où elle est plutôt mal vue (les pensionnaires étant infantilisés).
    dans les familles elle est souvent peu appréciée aussi.
    mémé en guêpière, ça n’emballe pas les descendants…

    et c’est bien dommage!
    moi au contraire ça me plait de penser qu’on ne se lasse pas de baiser.

    libérées les femmes de ta famille!
    bravo

  15. « Fabiolino est sur le coup 🙂 ça va l’occuper une partie de l’après-midi »

    Pauvre Fabiolino 😀 Transmets-lui toutes mes amitiés compatissantes 🙂

    Céleste, ça fait 2 bonnes semaines que je me dis qu’il faut que je t’envoie un mail, fais-moi penser à te l’envoyer 😉

  16. Merci Swâmi, de m’avoir trouvé une occupation pour l’après-midi. Pas de fil rss apparemment dans le thème mais j’ai trouvé le plan B avec l’abonnement par mail. Je sais ce n’est pas pareil! Mais pour cet après-midi ça ira bien.

  17. Le sexe joyeux est un progrès contre les obscurantismes de tous poils, mais notons que la joie est incertaine lorsqu’on sait que la France est la championne du monde de la consommation d’anti-dépresseurs ! Le droit à la jouissance sexuelle qui est un des droits fondamentaux de l’individu, liberté chèrement acquise s’est faite au détriment d’une certaine forme de sécurité conjugale …La liberté peut être un fardeau bien pesant !

  18. moi ce qui me ferait un peu peur, c’est cette condamnation au bonheur, à la jouissance de soi et de l’Autre…
    J’ai la trentaine, et j’ai très souvent entendu parler du sexe comme une obligation, avec résultats mesurés et analysés… plus pour les hommes d’ailleurs. Quant aux filles si on avoue ne pas posséder de sex toy ni faire des choses à 3 ou plus, on est bonne pour le Carmel…
    Toute obligation nuit, dans le sexe, restrictive ou pas.

  19. Hum….je n’ai pas bien suivi, ou alors je suis d’une autre génération ? Pouvez vous définir précisément ce qu’est le « sexe joyeux » ?
    Je suis d’accord avec Valdo (commentaire 3), d’ailleurs voici un article intéressant là-dessus :
    http://perso.orange.fr/communication.moatti/Corps.htm

    (c’est un peu réducteur ici car on a que l’exemple de l’islam, mais prenez en compte que la plupart des autres religions ou traditions morales font de même).

  20. « L’homme qui courait le guilledou était considéré comme un séducteur.
    La femme qui avait la cuisse légère était considérée comme une pute. »

    Je crains que cette façon de voir les choses ait encore cours… malheureusement. (d’aucuns emploieraient juste aujourd’hui d’autres expressions que « courir le guilledou » et « cuisse légère », pourtant délicieuses… ;-))

  21. Hello,

    Bien que nous n’en ayons jamais parlé, fichtre non, je crois que c’est à peu de choses près la situation qu’on vécu ma grand-mère et mon grand-père maternels … même si les « outils » avaient servi à faire trois enfants auparavant.
    Bel article en tous les cas. Bon week-end à toi. @ + …

  22. Le sexe joyeux ? Je me demande comment elles auraient pu le concevoir les femmes des années 50-60 sans contraception. Franchement je les comprends.
    Je me souviens enfant, avoir quelquefois entendu des femmes soupirer « vivement le retour d’âge »… Elles vivaient avec la peur d’être enceinte, et dans la solitude aussi. Parce qu’aucun médecin n’était fichu de les conseiller, les informer… Quelle misère ce manque d’information.
    Tu te rends compte Céleste en arriver là ?

    Heureusement, tout cela a changé. Du moins du point de vue de l’info et de la contraception…

  23. En tous cas je crois que Rolando Toro a raison quand il dit dans « L’homme qui parle avec les roses » que « la libération sexuelle n’a pas encore commencé.

    Quand à la sexophobie: « la sexophobie traverse l’histoire » disait dans le courrier des lecteurs de « Libération » (quand il n’était pas encore devenu un journal de droite) un certain Hausman de Suisse; notre époque en a en partie inventé de nouvelles formes, et relooké certaines anciennes, mais on n’en sort guère, et par certains côtés ça empire.

  24. @kathar
    bien sûr qu’il y a un sexe triste, en d’autres temps on l’appelait « le devoir conjugal »
    sur ce thème, relire le com de @ Fauvette
    la vie sexuelle de nos aïeules (à part la mémé de swâmi) était souvent triste, entre la peur des grossesses et les exigences des mâles.

    @spamy
    tout à fait d’accord.
    mais pour vaincre ses inhibitions il faut parfois parcourir un long chemin.

    comme le souligne @Tietie « la liberté peut être un fardeau bien pesant »

    « La liberté sexuelle n’a pas encore commencé » écrit Roland.
    c’est probable.
    et nous rejoignons kathar, Valdo, Fanny, Traou

    d’un côté une liberté (relative) de pratique, de l’autre une récupération du sexe à des fins marchandes, une obligation de baiser, d’être sexuellement libéré, de jouir
    bref, une nouvelle normalisation.

    alors, et le sexe joyeux dans tout ça?
    il a connu son ère de gloire dans les années 60/70
    souvenez-vous, les hippies
    faites l’amour pas la guerre
    Mai 68

    mais peut-être était-ce trop tôt pour une généralisation du mouvement.
    et le capital veillait prêt à contrôler, récupérer.
    et puis il y a eu le SIDA.

    en conclusion?
    il y a eu beaucoup de progrès accomplis.
    mais l’équilibre reste à trouver et ce sera difficile car, au fond, la jouissance reste subversive.

  25. Hum…. »devoir conjugal »…
    Pour ma génération c’est difficile à comprendre…je veux dire par là que ce terme n’est plus tellement usité. L’idée que ça se rapporte au sexe dans le couple n’est plus aussi immédiat.
    Des fois je regrette vraiment de ne pas avoir vécu à cette époque (des hippies), pleine de gens chevelus, idéalistes, aux idées loufoques mais qui paraissaient humanistes. Aujourd’hui, on sait qu’ils n’étaient pas si parfaits que ça, au contraire…mais ce qui compte c’est l’idéal, et force est de constater qu’il est parti. Les cheveux sont courts, les idées arrêtées, le sexe est redevenu tabou. La libération sexuelle passe aussi par l’arrêt de la crainte de l’autre, notamment des filles envers les garçons et surtout le contraire. Dans les extrêmes, ça donne la prostitution, le viol ou le hijab.

    « – faites l’amour pas la guerre;
    – tu fournis les filles ?
    -heu….non;
    -dans ce cas ce sera la guerre 😀  »
    voilà ce que j’ai lu quelque part sur internet; ça illustre bien d’une part la totale naïveté du slogan ^^, et d’autre part la vision toujours machiste de la société : c’est l’homme qui court après le femme, pas le contraire.
    C’est très indo-européen, comme notion…toujours l’homme qui va « enlever » la femme. On le retrouve jusque dans notre Marseillaise 😛 !!
    La jouissance reste subversive, car ceux qui ne peuvent en jouir se sentent frustrés; le manque d’information, des « morales » malsaines en sont à l’origine. Les filles ont très souvent peur des garçons (allez voir en banlieue nord, où j’habite, pour constater « la libération de la femme »), et l’inverse est vrai, car la femme parait inaccessible, mystérieuse, inconnue, bref, étrangère voire hostile. Je pense que les filles et les femmes « se donnent » (on devrait bannir ce terme ^^) plus difficilement aujourd’hui que dans les années 70.
    Pour moi ce combat est important, car finalement, la liberté sexuelle est sans doute une des dernières libertés à atteindre pour qu’une société soit totalement libre…Pour mesurer la liberté dans un pays, la liberté sexuelle est un bon indicateur ;> (mais évidemment pas suffisant à lui seul!!).
    Bref, l’idéal est parti, et ce qui reste aujourd’hui c’est les moralistes d’un côté et les consommateurs (le sexe comme produit de consommation) d’un autre. Vous préférez quoi ? (c’est de l’ironie hein, comme pour le sexe triste…sauf que j’avais oublié que ça existait vraiment ^^ !!)

  26. @Kathar « La jouissance reste subversive, car ceux qui ne peuvent en jouir se sentent frustrés »

    Ça, c’est autre chose. Ce n’est pas pour cette raison que la jouissance est subversive et le reste. la jouissance est subversive car elle oppose la liberté individuelle, le plaisir et la pleine possession de soi, et donc le droit de donner et recevoir librement, aux objectifs contraires de devoir, de contrainte et de possession des individus de la plupart des sociétés organisées, au premier chef la société occidentale.

    La jouissance est subversive en tant qu’affirmation du droit au plaisir pour lui-même et en dehors de tout carcan moral autre que le respect de soi-même et de l’autre, et refus du conditionnement du « droit au plaisir » par des objectifs sociaux (mariage, fidélité, procréation).

    La jouissance restera subversive tant que « Jouir sans entraves » s’opposera à « travail, famille, patrie » ou à « travailler plus pour gagner plus ».

  27. Bonjour,

    Et la jouissance des femmes en particulier est subversive.
    Parce qu’elle s’est longtemps heurtée à la morale et aussi parce que ses mécanismes peuvent remettre en cause les rapports de pouvoir habituels.

    Elle s’est aussi heurtée à l’absence de contraception, mais d’abord à la morale qui empêchait d’envisager le sexe en dehors du coït fécondant.

  28. Swami, je suis d’accord avec toi; je pense avoir mal formulé mes paroles…
    Je voulais dire que, pour beaucoup, c’est une affaire d’ascendance. Le concept d’une personne « libre sexuellement » est caduc dans une société « non libre ».
    En gros, tu oppose la théorie à la pratique. Les personnes qui interdisent ou décrient les pratiques sexuelles libres (religieux, etc…) n’ont eux-même que rarement eu la possibilité de s’y adonner. Une morale sort rarement de terre, comme ça.
    Pour le reste tu as déjà tout dit…encore faudrait-il faire accepter le concept à la majorité, un peu comme la liberté en générale, mais ça c’est une autre histoire (par exemple les anciennes « répupliques populaires », qui n’avaient de république que le nom 😀 ou encore les « républiques islamiques », une jolie oxymore).

  29. @ swâmi, »la liberté ne se demande pas: Elle se prend. », ça se discute mon cher guru et il y des pays où il n’y a pas gd-chose à prendre, et quand bien même arriverait-on à en arracher une parcelle, on vous la reprend bien vite.
    Quant à la jouissance elle ne se prend pas, elle se donne. A plus.

    vieil anar

  30. Quelle magnifique photo en bandeau d’accueil, avec ces si magnifiques femmes indiennes sur fond de colonnes doriques et de mer bleu cobalt.Merci.!

    vieil anar

  31. @spamy

    très joli…et passé inaperçu (de moi en tout cas)
    :-))

    @merci vieil anar
    j’en réfère au photographe

    pour le reste, belle discussion, j’y reviendrai plus tard

  32. Je flane en ce moment sur les blogs, et atterri sur celui-ci…Pourquoi n’y a-t-il pas un carré blanc, comme à la télé ?…Je suis une mamie bloggeuse de 80 ans, et, je suis choquée par vos propos..De mon temps, on ne parlait pas comme ça….
    Je suis « chocking » de voir avec quelle liberté on parle « de sexe »..même prononcer le mot, me fait rougir…
    Vous voulez connaître mon expérience de mamie ?..Si mes souvenirs sont encore bons ( j’ai perdu le mode d’emploi depuis des lustres)…Je me souviens de ma nuit de noce et du gros dégueulasse qu’on m’avait donné comme mari..se retrouvant seul avec moi et essayant de me sauter dessus..à poil qu’il était le mec….Je n’avais jamais vu « la chose »…et, ai crû qu’un vers de terre avait poussé sur mon mari….Je me souviens avoir poussé des hurlements et avoir pris un balai pour tuer « la sale bête »….résultat, un mois d’hôpital pour le mari…..et, ceinture et zobinette pour moi…Je n’ai vraiment sû ce qu’était « la chose » et découvert le plaisir (excusez-moi, je rougis), que dans le foin, au moment « de la batteuse »….

    Dur, si dur, pour les femmes de mon temps…

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