Quelques jours à Pondy

Depuis plus d’un an, Zolive commente sur ce blog. D’un mot à l’autre, nous avons sympathisé, nous retrouvant sur une  commune idée du monde, des aspirations semblables et l’amour de l’Inde. Et puis j’ai découvert qu’il habite à Pondy.

Alors voilà, il nous a invités et nous avons débarqué chez lui : Fabio, Antonio, Michela et moi. Et puis d’autres amis : Francesca, Pasquale et Livia se sont installés dans un charmant hôtel de la ville.
Une invasion d’Italiens !

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Avant de nous connaître Emelyne était sceptique : « Comment, a-t-elle dit à Olivier, tu as invité chez nous tous ces gens que tu ne connais pas !!! »
« Mais, a répondu Olivier, Céleste, je la connais, je lis son blog depuis un an ! »
« Pffff !!! » a soupiré Emelyne, justement méfiante.

Vous savez quoi ? Les quelques jours passés chez eux furent superbes. Etant d’accord sur l’essentiel et curieux de nous rencontrer, le courant est immédiatement passé entre Olivier et nous. L’adorable disponibilité d’Emelyne, les pitreries d’Aimé et le sourire d’Elia ont fait le reste.

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Pasquale nous a cuisiné de délicieux spaghettis aux fruits de mer, crevettes et calamars achetés au marché de Pondy à des matrones poissonnières. Antonio a grillé au barbecue le poulet parfumé par les bons soins d’Emelyne. On a parlé. On a rigolé.
Contents d’être ensemble. Parfois, Internet, magique, permet de belles rencontres !

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Nous avons sillonné la ville en moto, flâné sur la promenade, fait des emplettes au marché, parcouru la nuit les rues bordées d’arbres d’Auroville pour y dénicher une pizzeria, une vraie, tenue par un Italien des Pouilles.
Et dans la chaleur d’un après-midi, en maillot de bain recouvert d’un teeshirt nous avons barboté dans l’eau tiède du parc aquatique.

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Drôle de ville, Pondy, pas si agréable à vivre que ça, divisée en  différentes communautés qui se côtoient en s’ignorant. Les Français restent entre eux, leur objectif étant souvent de gagner de l’argent rapidement en profitant de la modestie des prix. Ils gravitent autour du lycée français et du consulat. Font des affaires et emploient des Indiens pour les travaux humbles. Les ashramites, c’est l’élite intellectuelle de la ville. Eux, ce n’est pas l’argent qui les intéresse mais la méditation, le yoga, les travaux de solidarité. Ils sont de divers horizons, étrangers ou venus du nord de l’Inde. Puis il y a les Franco-Pondichériens. C’est-à-dire les familles qui, lorsque la France a restitué Pondy à l’Inde, ont choisi la nationalité française et, pour la plupart, sont allés vivre en métropole, ou à la Réunion. Beaucoup d’entre eux sont devenus militaires. Pour les vacances, ils reviennent à Pondy, dans la maison familiale, retrouver leurs racines. Enfin, pour les plus anciens, ceux qui parlent encore tamil. Les jeunes, c’est différent. Imprégnés de culture occidentale, les garçons roulent des mécaniques. Marier sa fille à l’un d’entre eux est l’objectif de beaucoup de familles tamiles qui idéalisent naïvement la vie dans l’hexagone. De tous les habitants de Pondy, les Indiens sont les plus mal lotis, ils sont les plus démunis et les moins bien considérés. Certains quartiers, comme celui des pêcheurs, sont  particulièrement pauvres. Une société traditionnelle, quotidiennement confrontée à la richesse et parfois à la morgue des autres habitants de la ville. Aux touristes aussi, qui l’été envahissent Pondy, s’infiltrent partout, photographient la pauvreté, s’en émeuvent quelques instants, avant d’oublier.

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A Pondy nous avons connu Nicolas. Photographe, artiste. Avant il était technicien du son et il avait deux passions : la photo et les cerfs-volants. Un jour il a décidé d’allier les deux. Il a accroché son appareil à un cerf-volant et il a parcouru le monde.
Il a bien fait, le résultat est magnifique, unique.
Ses photos de l’Inde, il les a réunies dans un livre, « En vol au-dessus de l’Inde».
Magnifique.

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8 commentaires sur “Quelques jours à Pondy”