Blogosphère : étrons et pépites

« On ne découvre une saveur aux jours que lorsqu’on se dérobe à l’obligation d’avoir un destin » Cioran  (Syllogismes de l’amertume)

Jeune, j’ai  rêvé de gloire. Je voulais être actrice ou écrivain.
Je sais aujourd’hui la vacuité de ces aspirations nées d’un énorme besoin de reconnaissance. J’étais avide d’amour. Dépendante du regard et de l’appréciation d’autrui, je doutais de ma propre existence.
Depuis, j’ai tourné la page des chimères.
Ce détachement s’est construit au fil des ans, nourri de lectures, de rencontres, de voyages, de la confrontation avec la souffrance, celle d’autrui, la mienne.
Prendre conscience d’être une petite part de l’univers, d’appartenir à l’humanité, à cette humanité si mal traitée, bafouée, est plus précieux qu’une éphémère célébrité.
Et puis, mieux vaut être aimée par quelques proches sincères que vaguement appréciée par une multitude versatile.

« Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? »
Albert Camus

Ma nouvelle vie est très agréable. Je flâne. Je rêve. Je peins. J’écris. Je lis. J’observe la blogosphère, bocal transparent où s’agitent frénétiquement moult individus plus guidés par l’envie de gloriole que par la nécessité d’écrire, le désir de communication, le partage des idées ou la réflexion.

Exister aux yeux des autres, en être obsédé, ne déchiffrer le monde qu’à travers ce prisme est une affliction commune, banale.
Le pouvoir le sait bien qui balance sans cesse des arguments secondaires, promus essentiels par les médias serviles et repris par la frivole et bavarde blogosphère.

Frivole ou manipulée par des esprits malveillants chargés de détruire ce magnifique espace de liberté ou chacun peut s’exprimer sans transaction financière à la clé ?

D’ailleurs, cet espace, comment se fait-il que l’on nous l’ait accordé ? Par négligence ? Sous évaluation  de la capacité d’expression des anonymes ?
Ou alors Internet n’est-il qu’un immense piège destiné à nous ficher, nous cataloguer, engranger mille et un détails sur nous, nos pensées, nos opinions, nos amitiés que nous livrons en toute imprudence et qui feront les délices du régime autoritaire qui s’installe dans nos contrées européennes ?

Toujours est-il que dans ce jardin ou nous pourrions (ou nous aurions pu ?) semer les graines d’une société différente, la censure s’est infiltrée.

Perverse, elle ne s’est pas affichée comme telle. Le nouveau fascisme est sournois. Rien n’est interdit mais seules les paroles conformes sont promues. Les fausses indignations, les colères éphémères sur des arguments secondaires, les provocations mesquines sont relayées à l’infini étouffant la voix de la dissidence.

Internet est menacé, torpillé de l’intérieur par les blogueurs qui rentabilisent leurs productions, soit en monnaie sonnante et trébuchante par le biais de la publicité ou par la publication de leurs écrits par les sites appartenant aux grands médias, soit par la gratification de leurs égos affamés de reconnaissance.

Du copinage virtuel effréné, basé sur des échanges de liens permettant de grimper dans un classement – il semble que le blogueur moyen soit nostalgique du « bon temps » de l’école élémentaire conservatrice-  ne sort finalement et sans surprise qu’une bouillie informe, dénuée de réel sens politique.

La  féministe fait la belle chez le réac misogyne qui n’hésite pas à copiner avec le gauchiste mou ou avec l’écolo -bayrouiste. Tout est bon pourvu qu’on ait des liens.

En parlant de liens, voilà qui nous amène au mot  « religion ». Celui-ci a deux sources étymologiques : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier).

Et pour rassembler, relier entre eux les croyants d’une même obédience, quoi de plus efficace que la lutte contre les fidèles d’une autre chapelle, en l’occurrence un minaret ?
Largement entretenue tant par les médias dominants affidés aux pouvoirs politiques et financiers que par la blogosphère, la lutte contre l’Islam a le vent en poupe. Ses guerriers, allègres à la plume légère ou ombrageux au trait grossier, se sont infiltrés dans l’univers du web, déversant des éclats de haine, des germes de peur.
Sus aux musulmans !
Sus aux immigrés à qui nous avons si aimablement confié les plus durs labeurs, que nous avons accueillis à bras fermés, les cantonnant dans des cités où désormais le taux de chômage atteint les 40%, que notre fière police nationale contrôle à tout va, contre lesquels les « petites phrases » humiliantes se multiplient et que l’on voudrait invisibles.

Dans le brouet blogosphérique, tels des étrons, flottent les propos racistes, xénophobes, haineux que les nageurs du web chassent d’une main rapide et qu’importe si un peu de merde reste collée entre leurs doigts, la renommée, même ténue, a un prix.

Mais si la situation est grave elle est loin d’être désespérée, de nombreuses pépites brillent encore dans l’océan du web et certaines peuvent être lues, aussi, sur du papier. Deux exemples :
Sébastien Fontenelle (co auteur des Editocrates) publie aux éditions Le Chien Rouge CQFD, « Vive le Feu « une sélection de chroniques parues sur son blog éponyme, jubilatoire.
Et Agnès Maillard qui propose « Le Syndrome du poisson rouge », premier opus des excellentes chroniques du Monolecte « 150 textes classés par ordre chronologique, avec références et renvois divers, 440 pages bien tassées, à picorer au gré des humeurs, avec les carnets du chômage ordinaire, le microcosme politique, la diarrhée télévisuelle, mais aussi de petits récits sur le temps qui passe, les petits malheurs et les grandes joies de la vie ordinaire, des critiques cinéma et même des recettes de cuisine. »

Dans la catégorie « cadeau de Noël », outre ces deux ouvrages on peut aussi offrir des abonnements à de saines lectures, des journaux peu diffusés qui ont besoin d’être soutenus, faute quoi leur existence sera menacée :
CQFD : le mensuel de critique sociale
Fakir, né en Picardie, désormais publié dans tout l’hexagone et qui propose ce mois-ci un remarquable dossier intitulé « Ecobouffons : la fabrique de l’hypocrisie »
Le Plan B, critique des médias et enquêtes sociales.

à lire en complément, chez mon ami Oh91

38 réflexions sur « Blogosphère : étrons et pépites »

  1. « la frivole et bavarde blogosphère » : comme tu l’écris très bien, on peut choisir de lire ailleurs !

    « ou chacun peut s’exprimer sans transaction financière à la clé » : effectivement, tu dois être félicitée, ton blog n’est pas sur une plate-forme commerciale, il n’y a pas de pub… un peu d’auto-promo mais bon tu as raison. J’avais pas vu, un lien vers Goolge !

    La dénonciation du copinage… Les liens ! Non, Céleste… c’est toi qui est futile pour le coup. « Un nouveau fascisme », encore ! J’ai lu ça avant-hier, c’était greenpeace.

    « Etouffant la voix de la dissidence » : mazette. Rien que ça.

    Là où je serais volontiers d’accord avec toi, c’est sur l’islamophobie. Amalgamer cela avec ce qui précède, n’est-ce pas pratiquer ce que tu dénonces ? A moins que tout ça ne soit qu’une métaphore de ta part.

    (désolé de réagir franchement…)

  2. Bonjour Céleste,
    Nous sommes tous traversés par ce besoin de reconnaissance, tous (un peu) travaillés par cette vermine qu’est la « gloire » ( Elias Canetti : « La gloire, cette vermine ») La question restant de ne pas se laisser submerger par ce besoin-là et de ne pas le transformer en visée essentielle et première.
    Courir après des liens lorsqu’on est bloggeur est la façon de vouloir faire grandir son ego. Faire lien est la façon toute humaine d’assumer sa Solitude et de faire entendre sa voix singulière (sa Voix-BiBi).
    Il est à souhaiter que chaque bloggeur puisse écrire avec des mots qui n’attendent que lui.
    Tes articles vont de l’Italie aux Indes, ils coupent de justes réflexions avec des coups de gueule bienvenus : BiBi aime bien ce va-et-vient et ta voix céleste originale (originale, oui, sans cette volonté insupportable de l’être).
    Ne sois pas trop dure avec les jeunes bloggeurs. Trier l’essentiel du futile s’apprend. Il faut du temps, quoiqu’on en dise.
    Enfin pourquoi être étonné qu’Internet soit si lié avec la rentabilité ? Céleste, BiBi et quelques autres savent d’emblée, eux, que leurs blogs sont sans prix.
    En Italie, aujourd’hui, les courants souterrains charriés par les blogueurs ont amené près d’un million de personnes à l’air libre.
    A bibientôt.

  3. Merci Celeste, mais oui se connaître prend du temps. Tu te rappelles tes 30 ans ?!?
    Moi, jeune, je voulais être chanteur d’opéra, pour la gloire et le côté héroïque, pour être aimé comme quelqu’un d’exception… Et là où je n’avais rien compris, c’est que je m’évertuais à privilégier le son, et beaucoup de mes profs ne m’ont pas aidé en me disant « tu as une voix wagnérienne », ou « tu es ténor héroïque ». Il y en a un, qui était poète et sincère, qui me disait tout le temps « Arrêtes de vouloir plaire, sors un gros son sale, mais vrai ». Voilà, maintenant je n’écoute même plus d’opéra – mon père est chef d’orchestre au fait ! – mais j’ai été envouté par le charme de la musique indienne, variété comme ragas classiques et c’est MA voix, ma voie. Mais c’est si long Céleste, si long à trouver !
    Tu nous manques, vous nous manquez, au plaisir de se revoir très prochainement. On t’embrasse toi et Fabio !

  4. Bonjour 🙂

    @Mtislav

    Tu n’as vraiment pas à être désolé, tu t’exprimes franchement, tant mieux!
    Tu n’es pas d’accord avec moi, no problem, c’est toujours bon de débattre.
    ça me permet de préciser ma pensée;

    D’abord, si comme tout un chacun j’aime bien les compliments (et aussi ce qu’a écrit Bibi) je ne recherche pas les félicitations.
    par contre, j’essaie de mettre mes actes en accord avec mes idées et il se trouve que je suis extrêmement attachée à la gratuité du web.
    Je le claironne depuis que j’ai commencé à bloguer (il y a environ 4ans je crois).
    c’est pour moi essentiel.

    Pour la première fois, il nous est donné la possibilité de nous exprimer sur un support ouvert, visible, accessible à qui jouit d’une connexion internet (je reconnais que malheureusement ça ne concerne pas tout le monde) sans en attendre une compensation financière.

    C’est free et free!

    Et mine de rien cette gratuité, cette liberté sont révolutionnaires.
    Dans une époque où tout est régi par l’argent, ou on nous bassine avec la rentabilité, et avec le travailler plus pour consommer plus, nous avons la possibilité d’exprimer nos idées, nos émotions, nos analyses, nos récits sans la moindre contrainte.

    Sur ce blog je peux écrire ce que je veux et quand je veux. Je peux certes m’attirer des critiques mais personne ne viendra m’interdire quoique ce soit ou me demander de changer un mot, une phrase, une idée.

    Tu relèves un peu d’auto promo et google.
    Beh, le libruscule, c’est l’aventure Filaplomb, pas Hachette, plus une histoire d’amitié et de confiance, le court métrage, comme tout ce que j’écris, toutes les photos et tous les docus et court métrages que nous réalisons est sous creative commons , autrement dit à la disposition de toustes, sous la seule réserve qu’il n’y ait pas d’exploitation commerciale.
    Et je t’assure que Google ne me verse pas de rente mensuelle pour mettre « moteur de recherche » sur ma page.
    S’il me le proposait, je refuserais.

    Chacun fait fait fait ce qu’il lui plait plait plait, certains blogueurs mettent des publicités, c’est leur choix.
    Mais, pour moi, ce choix rompt le « pacte de gratuité », d’une certaine manière dénature internet, tel que je l’aime, tel qu’il m’est précieux.

    Bien, passons au nouveau fascisme.
    Au passage, « le fascisme vert », l’expression de me semble pas si choquante que ça.
    à lire par exemple « Comment les riches détruisent la planète » de Hervé Kempf ou, excellent le dernier numéro de Fakir.
    Je pressens que dans les années à venir, on va demander aux peuples de se serrer la ceinture (pour ceux qui en auront encore une) et de plus en plus en plus et de plus, que les privations vont se multiplier et que dans le même temps une poignée de riches continuera allègrement à gaspiller de l’énergie et à polluer.

    Et comme les peuples, même consciencieusement apeurés par des campagnes d’intimidation, risquent de rechigner à l’effort, la solution de contrôle sera une espèce de fascisme d’un genre nouveau.

    « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. »
    Victor Hugo –

    Zut avec tout ça le temps passe et je dois m’esquiver.
    Je reviens plus tard.

    baci Valdo, Bibi, Zolive 🙂
    et Baci à toi aussi mtislav

  5. Ma foi, de tous les billets que j’ai lus ces derniers temps, un peu désabusés sur la blogosphère, ses futilités, ses dérives, ses perversités aussi parfois, c’est probablement l’un des plus balancés ou argumentés, en tout cas l’un de ceux qui se concentrent le mieux sur un sens ou une issue, valorisant des démarches et des productions. Je reconnais dans tes traits grinçants certains de mes comportements, certains de ceux de blogs amis, sur des sujets ou des pratiques que j’ai eu avec eux déjà l’occasion de débattre, ou non, et il est juste de rappeler que la liberté ne peut se ramener à la seule illusion de la liberté, il faut avoir en tête l’usage que l’on en a.
    Je me permets de lire, dans ton introduction consacrée à tes rêves de gloire d’antan, un reste de rêve, un besoin persistant de reconnaissance. J’y retrouve les miens, mais l’essentiel est de les maîtriser, de ne pas croire à nos reflets trompeurs, et de savoir revenir à l’essentiel : le plaisir que l’on prends dans l’exercice d’écrire et dans le partage des valeurs.
    Malgré ses faiblesses, malgré ses erreurs de jeunesse, l’espace blog est un vaste horizon libre, libertaire et libertin. Prenons garde qu’il ne lui arrive pas ce qui arriva jadis aux radios libres des années 80.
    Plein de bises…
    (ps : il parait que le « No berlusconi day », avec ces centaines de milliers d’Italiens en manifestation hier, est né des blogs, et de relais spontanés… Tu me le confirme ?)

  6. vu le nombre d’abrutis insignifiants qui passent à la célébrité et à la pipolisation (bref à la télé) on se demande si aujourd’hui la gloire n’est pas vouée à la discrétion voire à l’anonymat – Cette théorie faisant de nous tous des stars, m »étonnerait bien que nos égos protestent.

  7. @ mtislav

    Amalgame dis-tu.
    J’ai suivi une association de pensée partant des liens.
    Ces liens qui sont à la base des groupes.

    Sur Internet il y a des groupes, certains beaucoup plus visibles que d’autres.

    Dans le Vendredi de l’été dernier, où j’étais, je le confesse ravie d’apparaitre (clin d’œil à mon ami @Oh91 qui a entièrement raison), j’ai constaté avec surprise que je connaissais déjà presque tous les blogs cités.
    De très bons blogs, intéressants, drôles, bien écrits, une belle sélection.
    Et j’ai pensé « comment se fait-il que, parmi l’énorme quantité de blogs français je connaisse tous (ou presque) les sélectionnés par la rédaction? »

    Et j’ai pris conscience que lors de mes promenades sur Internet, je tournais en rond.
    Partant d’un blog, cliquant qu’un lien à l’autre, je finissais toujours par me retrouver sur le blog de départ.
    Entre temps j’avais navigué du gauchiste au socialiste en passant par la réacosphère, les féministes et les écolos.

    Puis j’ai découvert d’autres groupes, de très beaux blogs, d’autres moins, etc…
    Des blogs très commentés, d’autres pas du tout.

    De là, j’ai pensé au pouvoir des liens.

    Bavarde et frivole, la blogo?
    Oui, je maintiens, dans mes explorations je retrouve très souvent les mêmes sujets et ce ne sont pas à mon sens les plus pertinents: des kilomètres de mots sur Polanski, sur Thierry Henry, sur Jean Sarkozy…

    Mais elle n’est pas que ça et heureusement!

    Alors pourquoi est-ce que je parle de l’Islam?
    Parce que la blogo joue un rôle très important dans sa diabolisation, comme une caisse de résonance.
    Parce que les propos racistes sont nombreux et que c’est indigne.

    OH91 souligne que  » la liberté ne peut se ramener à la seule illusion de la liberté, il faut avoir en tête l’usage que l’on en a. »
    et c’est très juste.

    Il faut veiller à ce qu’internet ne devienne pas un défouloir, il y a vraiment mieux à en faire.

    Je suis aussi convaincue de la présence parmi les blogueurs, d’individus agissant par idéologie.
    Why not!
    Que l’on utilise internet pour défendre la justice sociale, la solidarité, la lutte contre l’exclusion, la défense de l’environnement ou les idées d’un parti auquel on adhère, bien sûr.

    Mais que l’on sème la haine, que l’on encense la « pensée » fasciste, que l’on vante les joies de la xénophobie, comme ça mine de rien alors qu’en fait on est guidé par objectif, précis, ça me dérange fortement.

    L’objectif? Réduire au silence les voix dissidentes, je maintiens ça aussi. Par trollage, intimidation, railleries bien sûr, ça c’est ce qui se voit mais il y a le reste: fichages, contrôles…etc

    bien long tout ça!

    @Bibi
    J’aime beaucoup ce que tu as écrit, j’en suis touchée 🙂

    @Valdo
    et oui, les irréductibles, il en reste 🙂

    @Zolive
    si tu savais comme je pense à vous….
    oui, c’est long de se trouver et on ne nous y aide pas…ni l’école, ni souvent les parents qui transposent leurs rêves inachevés sur leur progéniture, ni la société en général…
    c’est un chemin long, parfois douloureux mais qui mène vers la liberté, la légèreté, que c’est bon d’être léger 🙂

    @Salut Oh
    Tu as tout à fait raison 🙂

    et oui, c’est bien via Internet, blogs, facebook qu’un million d’Italiens se sont retrouvés dans la rue.
    Belle victoire.

    Je me souviens d’avoir entendu Michel Serres chez Taddei, il y a quelques temps, c’était au sujet de la distribution ratée d’argent dans la rue et il avait souligné le fait que cette foule était venue via Internet. Il avait parlé de cette capacité d’Internet à réunir, à rassembler, expliquant que c’était quelque chose de totalement inédit et de très important.

    @tgb

    ça me fait évidemment penser à Andy Wharol

    « A l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale. »

    amusant à mettre en parallèle

  8. Bonsoir à tous-tes,

    je suis d’accord avec l’essentiel de ce qui a été dit: la blogosphère se transforme actuellement. Et pas en bien.
    OH91 dit, très justement: « Prenons garde qu’il ne lui arrive pas ce qui arriva jadis aux radios libres des années 80 », sauf que, personnellement, j’ai le sentiment que c’est ce qui est déjà en train de se passer.
    Les « conglomérats » de sites très consultés prennent de plus en plus d’espace sur le web français, sont parfois même les seuls à être cités ailleurs, et certains bloggeurs individuels se sont organisés en réseaux en se cooptant, comme le dit Céleste, non pas selon des affinités politiques ou des envies de mener une réflexion commune, mais pour survivre personnellement et se donner l’illusion d’exister.

    Et donc, l’espace de liberté factice qui est alloué à chacun se rétrécit de plus en plus, favorisant le commercial, l’instantané, le nombrilisme et/ou le sensationnel.
    Beaucoup de blogs intéressants ont disparu, ou ont été oubliés parce que, justement nous sommes sollicités par d’autres sites, d’autres liens, d’autres titres plus racoleurs – et qu’il ne reste plus de temps pour le reste.

    Et ce que je vois à court terme, c’est que le Web se terminera comme la radio ou la télévision: la censure et l’auto-censure seront tout simplement le fait de ceux qui auront réussi à sortir la tête de l’eau à coups de pub réciproque et de places au classement d’un des thermomètres du Web.
    Cette censure, qui est exercée également par les trolls qui viennent parasiter une discussion de fond pour détourner l’attention et empêcher les autres de développer leur point de vue.

    C’est grave, mais cela n’émeut sans doute pas grand monde pour l’instant.

  9. Un très beau billet, où tu repères quelques écueils du blogging. C’est très juste et peu de blogueurs échapperaient à tes foudres!

    Mais je crois que le pire, au fond, c’est le mensonge, la fausseté, la méchanceté, et la facilité. La vanité, le besoin de reconnaissance, on peut l’excuser, en revanche!

    Et quant au flicage d’Internet, au « piège » que constitue le fait de bloguer (se rendre visible), il est inhérent à toute activité publique. Bloguer, c’est un risque.

  10. @bonsoir Eric

    merci!

    « Mais je crois que le pire, au fond, c’est le mensonge, la fausseté, la méchanceté, et la facilité. La vanité, le besoin de reconnaissance, on peut l’excuser, en revanche! »

    Ah oui, tu as tout à fait raison!

    Le besoin de reconnaissance, la vanité, j’ai connu, c’est le pourquoi de mon introduction et aussi celui de la citation de Camus.

    « Bloguer est un risque », certes mais que fait-on si on n’en prend jamais 😉

  11. Très bon papier même si je ne partage pas tout 🙂
    D’une certaine manière, il se complète assez bien avec celui d’Authueil (même si cela ne doit pas te ravir).

    1. En un mot, transparence, pour ce qui est des setujs de la vie courante, notre vie de citoyen mais aussi l’ame9liorer pour certains de nos concitoyens (sympathique l’ide9e des feux rouges et trottoirs pour e9tablir un itine9raire).Vais suivre e7a de pre8s !

  12. fontenelle est une de vos pépites
    moi les billets anarcho-libertaires non merci
    la vie ne se construit pas ainsi

    je préfère lire
    http://fasokan.maneno.org/

    (écrire en rouge doit être un choix pouvant être argumenté excepté l’esthétisme – je dois être conservateur pour pouvoir penser que je vous emmerde -soft- la signification qu’on donne à l’école!)

    agnès maillard en effet est délicieuse à la lecture!

  13. « La féministe fait la belle chez le réac misogyne qui n’hésite pas à copiner avec le gauchiste mou ou avec l’écolo-bayrouiste. Tout est bon pourvu qu’on ait des liens. »

    Rhôôô, j’ai l’impression de pouvoir mettre un nom sur chacun d’entre eux. Et en plus, je sais même ce qui les relie.

  14. @marc

    Oui, j’ai eu envie de lancer un pavé dans la mare.
    Comme il a écrit plus haut, par Oh, par emcee, le risque pour internet de connaitre le sort des radios libres est énorme.

    J’ai lu sur Twitter que l’on me qualifie de donneuse de leçons, j’imagine que l’on peut le ressentir comme ça mais comment, autrement faire passer un message (en fait plusieurs) pour moi essentiel?

    Ne laissons pas les marchands du temple, les politiques, les tordus, détruire cet espace de liberté (free et free) qu’est Internet.
    La gratuité nous autorise toutes les libertés.
    Sur certains blogs, parfois un contenu fort, pertinent, bien écrit est démenti par une pub qui s’étale, énorme (je pense par exemple à une horreur actuelle sur le ventre plat).
    De plus, je crois que ça rapporte bien peu ces pubs. Risquer de se décrédibiliser pour une assiette de lentilles?
    non merci

    Et en parlant de contenu, il y a tellement d’injustice, de pauvreté, de violence ouverte ou larvée , le monde va si mal que se perdre à l’infini sur des arguments fallacieux au détriment des problèmes dramatiques que vit une bonne partie de l’humanité me semble effectivement frivole.

    Je n’ai pas lu le billet d’Autheuil, je le cherche, je le lis et je te dis si je suis ravie, ou non.

    @unnouveaucompte

    Vous n’aimez pas Sébastien Fontenelle, ok moi si. C’est aussi un ami.
    Heureusement on ne peut pas être d’accord sur tout avec tout le monde!

    Le lien que vous donnez me semble très intéressant, je dis bien me semble car je l’ai seulement survolé et que la suite de votre com me rend méfiante.

    Justement sur ce site
    http://fasokan.maneno.org/fra/articles/tdv1258621822/

    Voilà, un exemple d’ une utilisation d’Internet qui me parait juste :communiquer avec le monde, se connaître, bâtir des projets, lutter politiquement…etc

    Sur le rouge par contre je suis entièrement d’accord avec vous, il est déplaisant. Mais inutile d’aller y chercher je ne sais quel motivation à la mords-moi-la -zigounette, la couleur fait partie du thème du blog, je ne sais pas la changer. Il faudrait que je choisisse un autre thème, c’est long, compliqué et je n’ai pas envie.
    Et puis on écrit en rouge (moi aussi quand je commente), c’est chiant mais le texte sort en gris, c’est le principal.
    Néanmoins, vu que vous n’êtes pas le premier à faire la remarque je vais de nouveau me pencher sur la question.

    Pour finir, qualifier la lecture des textes d’Agnès de « délicieuse » me semble extrêmement réducteur, limite pédant, paternaliste.

    Les textes d’Agnès sont forts, remarquablement bien écrits et documentés. Ses analyses sont justes, sensibles, humanistes.
    Alternant l’ironie et l’émotion elle pousse ses lecteurs à réfléchir sur les rouages de la société comme sur nos ressorts intimes.
    Alors délicieux….je c’est bien falot comme compliment!

    @salut Pescade
    chuuutttttt!
    n’utilisons surtout pas une des armes favorites de l’opposant: la délation

  15. @marc

    ça y est j’ai lu le billet d’Autheuil.
    Autheuil n’est pas un blogueur que je suis, je ne sais rien sur lui, je n’ai donc pas d’à priori.

    Je suis en partie d’accord avec lui, sur les liens par exemple, sur les réseaux aussi
    mais, comme le souligne Bibi (smack!) sans un com laissé en bas du billet d’Autheuil, la république des blogs, je sais à peine ce que c’est et je m’en fiche, idem pour les classements wikio !

    J’en reviens à ce que j’ai écrit plus haut, sur la visibilité , énorme, de certains blogs qu’ils soient bons ou complètement sans intérêt et sur l’invisibilité de certains qui sont excellents (ou non bien sûr).

    Voili voilou

  16. Je n aime que moyen quand les « stars » de la blogosphère perorent ( et critiquent ) sur l’outil d’expression favori de leurs egos;
    322800 et quelques visites… ca le fait !

    Mais bon c’est bien écrit, c’est écrit par un  » auteur à succès » alors on prend en compte l’idée que tout n est pas si joli sur la blogo, mais ca, on s’en doutait un peu !
    bonne journée

  17. @corto74

    « Star de la blogosphère », vous parlez de qui là?

    Le nombre de visites que vous citez indique le trafic sur plusieurs blogs: celestissima, yoni, smalthings et la casa delle mamme (je me demande si je n’en n’oublie pas un)
    et ce depuis septembre 2007, c’est à dire depuis plus de 2 ans.

    Relativisez, ce n’est vraiment pas énorme, pas de quoi parler de « star », statut qui par ailleurs ne m’intéresse pas.

    Et puis je m’échine depuis la première ligne de ce billet jusqu’aux nombreux coms que j’ai laissés dans ce fil à expliquer (je m’énerve pas Madeleine j’explique aux gens) que j’essaie de défendre une certaine idée d’Internet, une idée essentielle pour moi et dans laquelle mon ego entre bien peu même si ça vous surprend.

    free and free

    « auteur à succès », ce n’est pas joli de persiffler ainsi…
    ça aussi, je l’ai écrit plus haut, l’aventure Filaplomb est une histoire d’amitié, de confiance.

    Chacun suit son parcours et cherche sa voie, la mienne se dessine de plus en plus clairement, ça m’a pris du temps pour arriver à une sérénité intérieure ô combien agréable.
    Je ne me pose pas un modèle universel, j’explique mon parcours, je me raconte, je raconte, je témoigne.

    Sur ce blog je suis sincère, je ne triche pas, vous y trouverez mes doutes, mes interrogations, mes colères , mes émotions, le récit de mes rencontres. Je milite aussi, pour les causes qui me semblent essentielles. Personne n’est obligé de me lire.

    Bonne journée à vous aussi!

  18. Tiens, c’est marrant (façon de parler) ça vient de tomber:

    http://blog.wikio.fr/2009/12/ebuzzing-et-wikio-au-service-des-blogueurs.html

    wikio et ebuzzing « au service des blogueurs »

    mwarf!

    « Il (ebuzzing)s’agit d’une plateforme de mise en relation entre blogueurs et marques et probablement l’une des solutions de monétisation des blogs les plus rémunératrices. Nos amis d’Ebuzzing proposent des campagnes publicitaires innovantes dont l’implication des blogueurs et la propagation virale sont la clé. En deux ans, ils ont déjà séduit plus de 600 annonceurs dont ClubMed, Coca-Cola, Intel, L’Oréal, MasterCard ou encore Toyota. »

    Voilà, les blogueurs les plus lus auront le plaisir de faire de la pub à Loreal, Coca cola etc…

    Moi Coca Cola et Loreal je n’achète même pas, alors en faire la pub!!!!

    Coca Cola, qui a infesté des sources dans le sud de l’Inde 🙁

    Berk!

    Au service de qui Wikio et Ebuzzing ?

    Free and free forever

  19. Beau billet.
    Je suis moins certain que toi quand à « l’organisation » du web. Je veux dire qu’il existe différentes tendances suivant les périodes et que ça bouge constamment. Mais c’est vrai qu’on a tendance, mais c’est sans doute dans notre nature, à tourner en boucle sur quelques blogs.
    Si certains se rémunèrent, tant pis pour eux, au vu des prix, ils se jugent vraiment bon marché !
    Pour les autres, l’espace est livre, ça suppose bien sûr aussi l’expression de tout un tas de rancœur un peu fétides.
    C’est diversifié et humain, en fait !
    :-))

  20. @bonsoir Mister Poireau 🙂

    Je pense que ton com clôt bien ce fil.

    J’aime bien ça:
    « Si certains se rémunèrent, tant pis pour eux, au vu des prix, ils se jugent vraiment bon marché ! »

    Et beaucoup ça:
    « C’est diversifié et humain, en fait ! »

  21. Ma seconde lecture confirme l’impression de dimanche. C’est un billet brillant, et comme il arrive souvent quand on est porté par une colère froide, il est aussi injuste. La sphère de fréquentations de chacun de nous n’est pas extensible indéfiniment, même si elle bouge comme le dit Poireau. Et pour chacun, chacune, elle ne recoupe pas parfaitement ses affinités naturelles, ses engagements: cela me semble à la fois humain, rassurant, et souhaitable.
    Par ailleurs, Céleste, vous flétrissez «les blogueurs qui rentabilisent leurs productions». J’en suis, depuis peu. Je ne vous cacherai pas que cela a toujours été mon intention: je fais métier d’écrire, s’il m’est permis de parler comme un artisan. Je ne me sens en aucune façon mercenaire pour autant. Survivre de ma plume ne m’a jamais empêché d’être fidèle à mes convictions.

  22. @le coucou

    Faire métier d’écrire, c’est un choix beau, respectable et difficile.

    Alors, votre blog est comme celui d’un journaliste.

    C’est votre choix.

    C’est différent du mien, je ne prétends pas vivre de ma plume, c’est un hobby, précieux mais pas un gagne pain.

    Je ne travaille pas quand j’écris, je m’amuse. Vous me direz peut-être que l’on peut s’amuser en travaillant mais j’ai bien peur que ce ne soit pas le cas pour tout le monde.

    Et je pense que la plupart des blogueurs sont dans le même cas que moi.

    Ce qui m’agace c’est autre chose, c’est la rentabilisation d’une activité libre (ce qui ne l’empêche pas d’être sérieuse) et ce par le moyen de la publicité.

    Je n’aime pas cette invasion systématique de la publicité dans tous les domaines.

    quelqu’un plus haut parlait des radios libres, c’est une bonne comparaison.

    « Survivre de ma plume ne m’a jamais empêché d’être fidèle à mes convictions. »

    Bravo 🙂

Répondre à Valdo Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *