De la honte

A l’instar de l’immense partie de la population mondiale qui se débat tragiquement au quotidien contre la faim, la soif ou la guerre, je me fiche éperdument de l’épisode footballesque intitulé « la main d’Henry ».

Qu’un gugusse en short dont le seul mérite est de jouer au ballon encaisse un salaire mensuel de 625 000,00 euros est déjà tellement honteux en soi que le fait qu’il mette la main à la pâte n’est vraiment qu’un détail !

En plus, il me faudrait, en tant que Française, avoir honte !
Car, ai-je entendu hier dans un débat télévisé, avoir honte de cette histoire de main, c’est bien !

En cette déplorable période d’affirmation de l’identité nationale, le Français serait donc un individu qui est fier quand il a honte !

Honte qu’il aura complètement oubliée quand il s’agira cet été de beugler « Allez les Bleus » vautré sur le canapé une cannette de bière à la main !

Je sais, je caricature, c’est mon humeur du jour !

Mauvaise humeur car dans ce  pays dont je suis citoyenne et qui se goberge, se délecte, du mot « honte » les motifs d’être honteux ne manquent pas.

Par exemple :

En 2008, 156 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon – soit une femme tuée tous les deux jours et demi –et 675.000 femmes ont été victimes de violences lors des deux dernières années, soit de leur compagnon, soit d’un autre membre de la famille.

Alors la main d’Henry…

15 réflexions au sujet de « De la honte »

  1. Ils ont les hontes qu’ils peuvent, Céleste.
    La « honte » est proportionnelle à la conscience. Il faudra bien qu’un jour tu arrêtes de confondre les lapins et les éléphants 😉

  2. C’est bien ce que je dis… il faut des raisons de « 2.3 réaffirmer la fierté d’être français » devant sa pizza et sa télé l’été prochain en oeuvrant pour les causes qui nous font honte et qui vont intergalactiquement plus loin que le buzz de MRY Besson ou la main de Thierry Henry.

  3. C’est quoi cette histoire de main, que je sois un peu mieux informé ce soir de ce qui intéresse les foules téhèfinisées ? 😉

    Quant à Thierry Henry, son nom ne m’est pas inconnu : je sais que c’est un footballeur, et c’est bien tout ce que je sais à son propos : je ne le confondrai pas avec un peintre cubiste, ni même avec un rugbyman, contrairement à Bixente Lizarazu qui porte un nom de rugbyman et que j’ai pris pour tel jusqu’à la semaine dernière, sans même ressentir la moindre honte à la découverte de ma méprise ;-))

    Pour le reste, en effet, ce ne sont pas les raisons d’avoir honte pour notre pauvre pays qui manque… Si tant est qu’on soit fondé à ressentir de la honte à propos d’actes commis ou de propos tenus par autrui et qui nous sont totalement étrangers. Et ceux qui les commettent semblent bien loin de la capacité à en ressentir de la honte, d’où le problème… Mais c’est quand même pas à nous d’avoir honte à leur place :-/

  4. @fleuryval 🙂

    Quelle bonne surprise!
    « Les lapins et les éléphants », joli!

    @bonsoir Emmanuel
    et bien nous sommes d’accord, impression confirmée par une petite visite sur ton blog…très intéressant!

    @ave swâmi

    d’un côté tu as raison, on se demande bien pourquoi nous aurions honte d’actions menées par des gens pour qui nous n’avons pas voté sous le seul prétexte qu’ils sont de la même nationalité que nous.

    mais, pas par fierté, par sens de la justice, de l’égalité, je préfèrerais être citoyenne d’un pays qui ne met pas les enfants en centre de rétention, qui ne vient pas les chercher à l’école, laquelle école est bien loin de donner à toustes les mêmes opportunités. J’aimerais bien ne pas être citoyenne d’un pays qui renvoie des jeunes hommes dans un pays en guerre, un pays qui favorise les nantis, qui pilonne les protections sociales…etc etc…

  5. Bonsoir à toustes,

    Le geste de TH est ce qu’il est: de la tricherie, mais le foot en est truffé.
    Cependant, la réaction en haut lieu dénote bien de l’air du temps et s’ajoute à tout le reste: on est là pour ramasser le fric, peu importent les moyens.

    Moi non plus, comme Swãmi, je n’ai pas « honte » d’être française.
    Pas honte du tout ce qui a été fait précédemment pour le bien de tous.
    La laïcité, la déclaration des droits de l’homme, le Conseil National de la Résistance, le refus de Chirac de s’associer à la guerre en Irak, et toutes les avancées que nous avons connues pour le bien de tous et toutes.

    Je n’ai pas honte de ceux qui militent dans ce sens (soit pour préserver les acquis, soit pour les reconquérir), de tous les justes qui se battent au quotidien pour sauver des êtres humains des griffes du pouvoir et pour qui « terre d’accueil » n’est pas un effet d’annonce sitôt démenti par les faits, de ces individus qui se révoltent, sachant qu’ils en pâtiront du fait de cette oligarchie sans éthique et sans vergogne.

    Je ne m’identifie pas à ceux qui sabotent tout cela et pillent les caisses de l’Etat pour se répartir le butin.

    Je ne m’identifie pas non plus à ces idéologues malsains qui se fichent que tout s’écroule autour d’eux par veulerie et/ou cynisme et qui ne savent que railler ceux qui luttent.

    Je n’ai pas honte, ni pour moi, ni encore moins pour ces minables qui travestissent l’image de la France.

    Je suis en colère. C’est tout.

    Mais la roue tourne.

  6. Au lieu d’etre fiers d’avoir honte, ne devraient-ils pas avoir honte d’etre fiers?

    Quant a moi, comme Swami, comme Emcee, comme toi Celeste, je REFUSE d’avoir honte de leurs saloperies. Qu’ils assument!

  7. @bonjour emcee 🙂

    je partage entièrement ce que tu as écrit!

    mon billet est quelque peu hâtif, plus le résultat de la colère que de la réflexion.

    ça arrive 🙂

    baci

  8. Je me doutais bien, Céleste, que c’était également ce que tu pensais, mais je comprends qu’on puisse parler de « honte », un terme que j’ai souvent lu, mais que je réfute (pour les raisons invoquées plus haut), et c’était l’occasion de le faire.
    L’image d’un pays, on le voit bien actuellement, c’est ce qu’en donnent ses dirigeants, surtout à l’extérieur, mais cela ne saurait être celle de toute une population.
    Et cette population, aujourd’hui, est majoritairement écœurée par la politique menée par ce gouvernement de pantins idéologues.

  9. Ces millionnaires en short, qui nous rasent avec Gillette, ou en pardessus comme leur « coach » amusent la galerie et sont les alibis « ludiques » du pouvoir en place.

    Les abrutis qui participent à ces « fêtes » qui se terminent le plus souvent en pugilats (il y a même parfois des morts, et on fait une minute de silence lors du prochain match) ne représentent que les pions de la marchandisation du sport, spectacle pire qu’au temps des Romains vu son ampleur planétaire.

    Afrique du Sud : prévoir d’autres occupations plus paisibles !

    En attendant, lire « Le Football, une peste émotionnelle », de Jean-Marie Brohm et Marc Perelman (Verdier, Folio actuel, 2006, N°122) : un vaccin radical.

  10. Pas de raison d’avoir honte pour d’autres, surtout quand il ne s’agit que de football. Mais j’accepte d’être un peu fier de la colère de ceux qui pensent qu’une main au foot, c’est pas bien, et que le fair-play peut aussi faire partie de notre identité. Il est déjà tard, je me sauve discrètement.

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