« Ce qu’il faudrait, c’est une bonne guerre ! »

« C’est malheureux à dire, disait pourtant mon grand-père gendarme, mais ce qu’il faudrait, c’est une bonne guerre ! » et j’en frémissais d’horreur.
« Ah oui, hein, ajoutait ma grand-mère, parce qu’avec tous ces jeunes à cheveux longs on se demande où on va aller. »

Rassure-toi, mémère, ils ont coupé leurs cheveux, leurs idées de liberté et de justice aussi.

En 1973, Jean-Paul Sartre et un petit groupe d’entre eux avait créé un journal, dirigé par ses salariés, sans hiérarchie de salaires, sans publicités payantes et où toutes les décisions importantes étaient prises en assemblée générale, à la majorité des voix. Sa doctrine était «Peuple, prend la parole et garde-la ».
Son nom : « Libération »

36 ans plus tard, l’actionnaire de référence du journal est Édouard de Rothschild (38,87%), les salariés possèdent 18,45 % du capital  et le reste est réparti entre des investisseurs financiers et des spécialistes des médias de masse.

Désormais libérée du souci d’encourager les luttes des opprimés, la nouvelle ligne éditoriale ne rechigne pas à s’ouvrir aux sirènes néo libérales ou guerrières, comme le prouve ce texte de Peter van Ham, directeur du Programme de gouvernance mondiale à l’Institut néerlandais des Relations internationales « Clingendael » à La Haye et professeur au Collège d’Europe de Bruges.

Et que dit-il ce Monsieur Van Ham, qui au vu de son pedigree doit être ce qu’on appelle communément « une grosse tête » ?

La même chose que mon grand-père : « Qu’il faudrait une bonne guerre ! »

Non plus pour mettre au pas les chevelus beatniks qui voulaient porter des pantalons à pattes d’éléphant, faire l’amour librement et travailler le moins possible mais parce que « L’Union doit se défaire de son image aimable, féminine. Il est essentiel qu’elle devienne «méchante» et s’engage dans des interventions militaires, même sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle ferait ainsi savoir à ses partenaires internationaux que l’«Europe» joue en ligue des Champions, et en même temps, elle signalerait à ses citoyens que c’est elle (et non pas les États qui la constituent) qui prend en charge les affaires de sécurité et de défense. »

Car : « Faire la guerre nous a traditionnellement appris qui «nous» sommes. » et que «les guerres créent une expérience partagée et un sentiment d’appartenance commun. »

Enfin :
« L’Union doit affirmer qu’une guerre pourrait être nécessaire pour protéger notre idéal et nos intérêts communs, surtout au moment où l’euroscepticisme relève la tête et le patriotisme est de retour. Ainsi les Européens se sentiront européens, ils prendront conscience qu’ils forment véritablement un tout, qu’ils ne partagent pas seulement une histoire mais aussi un destin. Montrer est plus important que parler. Ce n’est que lorsque les citoyens européens comprendront qu’ils doivent défendre côte à côte leurs intérêts et leurs valeurs, qu’ils affirmeront être prêts à faire le sacrifice suprême, qu’ils parviendront à réaliser l’importance de l’Union, à donner naissance à une identité européenne. »

Et qui nous menace ?
« Pas les Etats-Unis, ni même la Chine ou la Russie. Ce qui la menace, ce sont, par exemple, l’immigration illégale, qui déstabilise son modèle de société, ou encore l’islam extrémiste. Dans un proche avenir, les armes nucléaires iraniennes représenteront également un danger pour l’Europe. »

Voila qui a le mérite d’être clair et  justifie la diabolisation forcenée de l’Islam qui se répand actuellement comme une trainée de poudre dans les colonnes des journaux, dans certains discours politiques et évidemment sur Internet.
Voila qui cautionne les pires politiques anti immigration et la mise à l’index de l’Iran.
Voilà qui annonce de quoi sera fait le futur si nous baissons les bras.

L’Europe aux Européens, la France aux Français, les escargots à la Bourgogne (Christine) et les vaches seront bien gardées.

Moi, les vaches, comme les humains, je les préfère libres.

A écouter, parce qu’un monde différent est toujours possible.

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