De la solidarité

Je suis entièrement solidaire des grévistes, qu’ils soient cheminots, fonctionnaires ou étudiants.

Des esprits chagrins de manqueront pas de persiffler qu’étant donné mon éloignement géographique je n’en subis pas les conséquences. C’est vrai, mais je n’ai pas non plus la possibilité d’aller manifester !

Je le fais donc toute seule, sur cette page.

Vous tous qui luttez pour ne pas laisser le gouvernement laminer vos conditions de travail et de retraites, vos salaires, le pouvoir d’achat des travailleurs, la qualité de la formation ou le système sanitaire vous avez tout mon soutien et mes remerciements !

N’oublions quand même pas qu’un gréviste perd sa, ou ses journées de salaire.

Non parce que, curieusement, cet élément, pourtant important, n’est jamais mentionné dans le seul journal télévisé auquel j’ai accès puisqu’il est retransmis par TV5, j’ai cité celui de France 2.

Lundi soir je dois dire que sa duplicité, à laquelle pourtant je suis coutumière, m’a laissée abasourdie.

A peine lancé le sujet de la grève, Pujadas, petit sourire en biais, fait montre d’une bonhommie quasi impartiale. Dans un petit reportage, une dame sympathique, coincée dans une gare explique que:
« Si le droit de grève n’existe plus en France, on sera dans la merde! »
« Il faut les laisser faire leur grève pour défendre les droits des travailleurs. »

Mais peu après, juste avant la fermeté affichée du Sieur Fillon, un petit reportage vite fait bien fait, indique au téléspectateur le coût de la grève.
C’est-à-dire : cent millions d’euros par jour à la SNCF et de trois cents à quatre cents millions par jour à l’Etat, dixit Dame Lagarde.

La faute à qui ce gaspillage, cette terrible menace sur l’économie française ?
Aux grévistes bien sûr, à ces affreux cheminots qui veulent condamner la France à la misère.

Le honteux concept du mauvais Français, apparaît alors, en filigrane, comme ça en passant, sans être cité, mais il est bien là.

Et j’ai pensé aux paroles d’Alain Badiou sur le « transcendantal pétainiste ».

« C’est ce que j’appelle un transcendantal: quelque chose qui, sans apparaître à la surface (d’où que notre situation ne « ressemble » pas à la séquence du règne de Pétain), configure de loin, donne la loi et son ordre, à une disposition collective ».
« Le pétainisme est une donnée fondamentale de la France à mon avis depuis la Restauration de 1815. Le pétainisme ce sont des gens qui préfèrent la vassalisation aux troubles intérieurs, c’est la réaction de gens qui ont peur de ce qui se passe à l’intérieur du pays et qui pour parer à cette peur acceptent des contraintes, des ségrégations ou des persécutions nouvelles. C’est ça le pétainisme dans sa signification la plus générale. Dans le cas de Pétain, c’est particulièrement prononcé parce que c’est évidemment les gens qui avaient eu une peur terrible du front populaire qui ont finalement préféré l’occupation allemande à la continuation de la lutte. Mais de manière générale, le pétainisme c’est ça, c’est la politique de la peur. Je pense que Sarkozy en est un représentant soft. »

Beurk ! Que cela est donc laid !

D’autant plus laid que le déficit de l’Etat français est de 47 milliards d’euros et que le gouvernement Sarkozy vient d’offrir à ses amis les riches la bagatelle de 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux.
Le projet de réforme actuel des retraites de ceux que l’on nomme irresponsable-ment et à tour de bras des « privilégiés » – « preneurs d’otages », vise à rattraper une part ridiculement petite (environ 1/500e) du déficit.

N’importe qui comprend donc aisément que le but du gouvernement n’est certes pas d’économiser, mais de détruire les acquis chèrement gagnés par des travailleurs au cours du dernier siècle (par la grève justement), de casser toute volonté populaire, de laminer, d’asservir.

Alors solidaire avec les grévistes, à fond !

en annexe, à lire: »Casse du code du travail« 

26 réflexions sur « De la solidarité »

  1. Merci Céleste! 🙂
    Le politico-médiatique fait son travail de sape et, ouvrier ou philosophe, l’on trouve des « convaincus »,
    dans l’idée, si tu ne contribues pas à l’effort collectif, si tu ne mouilles pas un peu ta chemise, on va se faire engloutir!!!
    multiples spectres brandis, de l’Europe, de l’Asie et que sais-je encore,
    si tu ne courbes pas l’échine, tu n’es pas un bon citoyen!
    et le pire, c’est que ça marche!

  2. Bonsoir Celeste.

    Je n’arrive pas à me sentir solidaire d’un mouvement plus politique que social.

    Je pense ne pas être trop ébloui par l’autel médiatique, pour deviner que le conflit plus particulier des régimes spécieux, tiens plus d’un règlement de compte, que de convictions.

    En ce sens, je partage le « camp » (dans la partie) du gouvernement. Non plus vraiment pour l’abolition des régimes spéciaux, mais pour une approche moins « Bête et Méchante » du dialogue social.

    Cette habitude de manipulation médiatique de la part des leaders syndicaux, trouve cette semaine, un adversaire à sa taille, en la matière.
    Bien sûr, le gouvernement, les radios, désorganisent les scénarios prévus. Je ferai de même.

    Alors pour de vrais grèves, sociales et légitimes, je soutiens l’action de mon gouvernement, dans cet épisode de lutte « politique », face aux trop usés et débordés leader syndicaux. Pour redonner une crédibilité aux dialogue social. En finir avec les syndicats les plus risibles d’Europe. Les moins représentatifs aussi.

    Vive le droit de grève, Libre…

  3. Novembre est une saison propice à la poésie et aux conflits sociaux. En 1933, une grève importante secouait l’industrie automobile française et mettait à l’arrêt les entreprises Citroën et Renault, aboutissant à une résolution du conflit un rien sauvage : dizaines d’arrestations, mais retrait du projet de la marque au chevron (Citroën), qui proposait alors une baisse de la rémunération de ses ouvriers de l’ordre de 15 à 20 % (rien que ça). Le poète Jacques Prévert qui passait par là (pas que….) en profitait pour nous offrir ces quelques vers qui, s’ils ont bien vieilli, peuvent avec quelques modifications bien placées, trouver encore un certain écho.

    Citroën

    À la porte des maisons closes
    C’est une petite lueur qui luit…
    Mais sur Paris endormi, une grande lumière s’étale :
    Une grande lumière grimpe sur la tour,
    Une lumière toute crue.
    C’est la lanterne du bordel capitaliste,
    Avec le nom du tôlier qui brille dans la nuit.

    Citroën ! Citroën !

    C’est le nom d’un petit homme,
    Un petit homme avec des chiffres dans la tête,
    Un petit homme avec un sale regard derrière son lorgnon,
    Un petit homme qui ne connaît qu’une seule chanson,
    Toujours la même.

    Bénéfices nets…
    Millions… Millions…

    Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond,
    500 voitures, 600 voitures par jour.
    Trottinettes, caravanes, expéditions, auto-chenilles, camions…

    Bénéfices nets…
    Millions… Millions…Citron… Citron

    Et le voilà qui se promène à Deauville,
    Le voilà à Cannes qui sort du Casino

    Le voilà à Nice qui fait le beau
    Sur la promenade des Anglais avec un petit veston clair,
    Beau temps aujourd’hui ! le voilà qui se promène qui prend l’air,

    Il prend l’air des ouvriers, il leur prend l’air, le temps, la vie
    Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier,
    Ses poumons abîmés par le sable et les acides, il lui refuse
    Une bouteille de lait. Qu’est-ce que ça peut bien lui foutre,
    Une bouteille de lait ?
    Il n’est pas laitier… Il est Citroën.

    Il a son nom sur la tour, il a des colonels sous ses ordres.
    Des colonels gratte-papier, garde-chiourme, espions.
    Des journalistes mangent dans sa main.
    Le préfet de police rampe sous son paillasson.

    Citron ?… Citron ?… Millions… Millions…

    Et si le chiffre d’affaires vient à baisser, pour que malgré tout
    Les bénéfices ne diminuent pas, il suffit d’augmenter la cadence et de
    Baisser les salaires des ouvriers

    Baisser les salaires

    Mais ceux qu’on a trop longtemps tondus en caniches,
    Ceux-là gardent encore une mâchoire de loup
    Pour mordre, pour se défendre, pour attaquer,
    Pour faire la grève…
    La grève…

    Vive la grève !

    Jacques Prévert

  4. mohamed, le poème est parfait

    il faut dire que Prévert a su extraordinairement bien exprimer la poésie quotidienne, celle de ceux que d’autres nomment les humbles..
    un grand grand poète, que malheureusement on a souvent hâtivement réduit dans la rubrique « poète pour l’école élémentaire »

    merci à tous pour vos coms.

    réponse plus élaborée demain

  5. Céleste, merci de ces rappels. Les médias essayent toujours, sous couvert de « factuel », de monter les français contre les autres, parlant de « prise d’otages », de « galère », de « jounée noire », montrant, pendant 10 ou 20 minutes des gens qu’il faudrait plaindre, des « victimes de la grève ». C’est à vomir.

    Celui qui prend les français en otages, c’est le gouvernement Fillon, qui refuse de négocier sur les points principaux, qui veut toujours passer en force.

    Oui, « transcendantal pétainisme », avant que le premier mot ne disparaisse…

  6. A méditer..

    Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes
    Je me suis tu, je n’étais pas communiste.

    Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes
    Je me suis tu, je n’étais pas syndicaliste.

    Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
    Je me suis tu, je n’étais pas social-démocrate.

    Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs
    Je me suis tu, je n’étais pas juif.

    Puis ils sont venus me chercher
    Et il ne restait plus personne pour protester.

    Poème écrit à Dachau, attribué au Pasteur
    Martin Niemöller

    Je suis solidaire à 100% meme si j’ai du marcher 10 km hier! et même si je dois encore marcher 10 km demain!
    Je remercie les grévistes de lutter pour nous le petit personnel!

  7. ce serait presque drole – après une semaine de galériens pris en otage, certains sondages ne montrant pas un rejet massif des grévistes, et à part la manif encore plus caricaturale que la fausse des « usagers » les gens se plaignant mais sans identifier que les seuls responsables sont ces sales privilégiés de cheminots, électriciens etc…. on en vient à parler non pas tellement de la perte globale que représente la grève et des grosses entreprises (puisque, salauds de gueux, cela risque de ne pas nous navrer) mais du pauvre petit commerce qui se lève tôt et que nous ne pouvons à notre grand désespoir fréquenter.
    Je ne suis pas touchée par les grèves, peut-on me faire crédit d’avoir beaucoup marché(y compris avec des cannes en 97) en restant parfaitement, totalement solidaire

  8. Merci Céleste ! Quel plaisir de te lire.
    Aujourd’hui décidera peut-être d’une suite, étouffement ou embrasement. Il me semble quand même que plus la droite est dure, plus la gauche se radicalise, et que, plus la grève est longue, plus les « otages » tournent leurs colères vers les gouvernants.
    Nous verrons bien ce qui sortira de la marmite (pour le coup, vu les température, j’opte pour un bon minestrone).
    Kiki 🙂

  9. spamy…
    « Cette habitude de manipulation médiatique de la part des leaders syndicaux, trouve cette semaine, un adversaire à sa taille, en la matière. »
    vous vous trompez si vous pensez que nous sommes d’abord en grève pour peser sur des négociations raisonnables.
    Car sans grève… pas de négociation, c’est la raison principale de ces conflits en France.
    Franchement, je vous assure que les syndicats préfèreraient discuter des modalités autour d’une table, sans faire abandonner par les salariés 1/30ème de salaire par jour de mobilisation …

  10. Bravo, Céleste, moi aussi, je soutiens à fond.

    Qu’est-ce que cela veut dire un « mouvement plus politique que social »? que signifie une grève « sociale et légitime »?
    Si tant de gens sont descendus dans la rue, toutes catégories confondues, c’est bien que l’action de ce gouvernement, à peine installé, pourtant, ne satisfait pas une grande partie des Français.
    Où il est le « dialogue social »? les lois sont votées sans aucune négociation, en été même, de façon à ne pas être contestées et pour mettre les intéressés devant le fait accompli. La loi est votée, vous devez vous y soumettre. Point. C’est ça gouverner un pays?
    La ministre de la justice s’en va faire le tour de France pour faire fermer arbitrairement les tribunaux d’instance, se mettant à dos tous les acteurs de la justice, ainsi que les maires de toutes tendances touchés par les mesures.
    Que va-t-on faire de tous ces gens qui se retrouvent à la rue, ou obligés de se déplacer à des kilomètres de chez eux? Et des batiments publics? Seront-ils revendus à vil prix à des banques ou des sociétés d’assurances privées?
    Les services publics sont détruits progressivement, les agents de l’Etat mis à l’index, remplacés par du personnel précaire sous payé ou par personne; les salariés voient leur salaire de plus en plus amputé, les compensations auxquelles ils avaient droit supprimées, quand, parallèlement, les riches se voient octroyer des cadeaux somptuaires et on va rester les bras ballants sans rien dire?
    On croyait pourtant qu’il s’agissait d’augmenter le pouvoir d’achat. Pas besoin d’être agrégé d’économie pour comprendre qu’on n’en prend pas du tout le chemin.
    Et il faudrait être une larve décérébrée pour ne pas comprendre ce qui se trame.
    Dire que c’est « politique », c’est vouloir dire que tout cela vise uniquement à protester contre le gouvernement sans raison valable. Ah bon?
    Il est heureux qu’il ne reste pas que des carpettes en France qui disent amen à cette politique de terre brûlée.

    Dernière mesure « sociale »: après les franchises médicales qui frappent les pauvres et les classes moyennes, il est question de supprimer l’exonération de la taxe audiovisuelle pour les personnes âgées (quels que soient leurs revenus, donc).
    Si c’est pas indigne, ça!
    Râcler tous les fonds de tiroirs, faire payer les plus fragiles et les plus pauvres pour renflouer les caisses de l’Etat vidées pour donner aux plus riches.
    Jusqu’où faut-il qu’ils aillent pour que certains voient la réalité en face et cessent de soutenir béatement ces gens qui ne soutiennent qu’eux mêmes?

  11. Plutôt d’accord avec toi (et même plus que plutôt d’accord)…
    Cette question du traitement de la grève par les médias m’intéresse et je pourrais en parler sur mon blog!
    Mais il se trouve qu’en ce moment j’ai un peu besoin de prendre du recul.
    Et puis, il y a une évolution des mentalités. En fait, le droit de grève n’existe plus, ou si peu… Et plutôt que de s’en affliger, la majorité semble s’en réjouir…

  12. c’est sympa cette solidarité Céleste , au-delà des frontières.
    juste une rectification : le paiement des jours de grève est souvent négocié dans les accords de sortie de grève , il ne faut pas le nier…

    pour ma part , plus qu’une solidarité aveugle avec par ex des syndicats comme sud rail, ( parce que je ne donne pas blanc seing aux syndicats, mais c’est très perso) je m’insurge contre la politique globale du gouvernement qui a tout du grand méchant loup déguisé en gentille grand mère prenant les français pour de gentils niais sinon pour des gros cons

  13. Les paiements d’une grève d’un jour ou deux n’ont jamais été négociés (1/30° de leur salaire, heures supp comprises – quel que soit le nombre d’heures où ils manquent leur travail). Tous les salariés sont systématiquement ponctionnés.
    Il est vrai que, fut un temps, le nombre de jours de grève à prélever lors d’une grève dure faisait partie des négociations. Il y était ainsi établi un forfait de jours de grève. Mais ce n’éatit pas complètement effacé.
    Ce n’est plus le cas. En 2003, certains se sont vu prélever non seulement les jours de grève, mais également les week-ends et jours fériés compris entre deux jours de grève (le gouvernement s’appuyant sur un texte qui n’était plus appliqué depuis longtemps). Et il n’y a pas de raison que cela change.
    La population ayant déjà tendance à penser que les fonctionnaires peuvent faire grève sans que cela leur coûte un sou, il est regrettable de laisser entendre que les pertes qu’ils vont subir seront anodines.
    Ils vont au contraire prendre très cher. Ils le savent parfaitement.

  14. Hello,

    Très, très bel article. Court, vif … et qui résume si bien l’ambiance délétère et la crise d’identité que nous traversons actuellement. Comme tu le dis par ailleurs – dans un commentaire que tu laisses sur ton précédent article je crois – nous sommes au coeur d’une sévère phase d’affrontement (homme/femme, jeunes/vieux, …). Et cela alors, qu’au contraire, jamais la situation de notre petit monde n’a autant demandé de solidarité ou, au moins, d’empathie.

    Bises. @ + …

    PS : Sur les grèves, et plus généralement la politique de Notre Bon Président, je t’invite à aller lire si tu le souhaites 2 de mes articles intitulés « Polémique (Victor) » et « 25 milliards ».

  15. @ emcee : je ne pensais pas à l’éducation nationale en disant cela puisque j’ai ds amis profs et je sais ce qu’il en est
    mais je n’avais pas eu confirmation de la chose chez les cheminots et à la ratp, j’ai tjs entendu SUD reclamer ds les negocs de retour au travail le paiment d’une partie des jours de grève, et vous le reconnaissez vous meme , c’était ds l’usage, sous forme de prime ou de forfait

    de toutes façons ds ces histoires de négociations il n’y a jamais eu transparence, hélas ! et je parle bien entendu de la part des gvts autant que des syndicats que des médias (qui ne font plus que rapporter des images et tendre leur micro à des passants)

    Ce qui est bien dommage puisqu’on prend en témoin l’opinion publique, les usagers etc, et qu’au final on ne sait jamais RIEN des suites ni des accords branche par branche obtenus ou pas, etc…
    c’est ce qui d’ailleurs engendre ces malentendus et ces querelles sur les grèves, comment se satisfaire de ne rien savoir ou que de façon très floue et incertaine une fois le mouvement terminé ?
    parce que oui, ça nus interesse de savoir exactement ce quis e passe après , autour des tables de negocs et sur ce qui se signe

    je n’ai jamais laissé entendre non plus que les grévistes cessaient le travail sans en souffrir ! et tout le monde sait que la grève n’a de sens que si un sacrifice consenti à la lutte est en jeu .
    C’est aussi ce que pense les usagers sympathisants des grévistes , d’ailleurs à qui leur patron impose des jours de rtt ou de congés ou de non paiement pour compenser des absences et des retards répétés à imputer aux grèves des transports ou des divers blocages, et qu’ils doivent subir ….ils morflent aussi mais ils restent solidaires

    dans une grève donc tout le monde souffre

    pour conclure donc, désolée d’avoir écrit que les jours de grève pouvaient être encore négociés, bien que je lai jamais dit avec arrogance ou avec une intention de leur nuire
    après tout , je vois bien le gvt avancer ça comme une carotte , meme partiellement, pour venir à bout d’un conflit qui s’éternise et qui le plombe, il en serait bien capable

  16. @ zigzag:
    Je ne pensais pas du tout que c’était malintentionné de dire que les jours de grève étaient négociés, mais à laisser traîner des infos erronées là-dessus, on conforte l’idée que les grévistes s’en tirent sans dommage et sans verser un sou – ou presque.
    Ce qui s’est produit en 2003 pour l’éducation nationale se produira de la même façon pour les autres. Le gouv. ne fera AUCUN cadeau aux grévistes. (Quant à perdre ne serait-ce que 15j de salaire pour des travailleurs, cela veut dire une dette énorme à éponger).

    C’est clair depuis le début, que le but du gouv., c’est de de décrédibiliser les travailleurs pour casser définitivement toute action syndicale. A la Thatcher.
    Il n’est pas loin de réaliser son rêve, puisque ni la gauche, ni les syndicats majoritaires ne sont contre l’extension aux 40h, alors que les cheminots, eux, se sont mis en grève pour préserver les régimes spéciaux, qui ne sont pas des »avantages », comme on le fait croire, et encore moins des « privilèges », mais des conventions passées entre syndicats et gouvernements passés, avec, évidemment, des contreparties, comme des salaires moindres et des cotisations bien plus élevées.

    Quant à dire que « tout le monde souffre » lors d’une grève, il ne faut pas exagérer. Et ce n’est que momentané à côté des pertes sociales pour les années futures.
    Ce sont les luttes qui ont fait avancer les droits des travailleurs, de NOUS TOUS, donc, qui avons trouvé cela sur un plateau (réduction du temps de travail, sécu, congés payés etc.) et ces luttes, elles ont été autrement plus dures.
    Les entreprises perdent de l’argent? Elle sauront bien se rattraper quand plus personne dans ce pays ne pourra faire grève et que tout le monde sera asservi.
    Dans ce cas-là, on se demandera pourquoi les gens ne se révoltent plus.
    En se battant pour leurs droits, les travailleurs font avancer ceux des autres. En réclamant de meilleures conditions de travail, ils entraînent, si ils y parviennent, automatiquement des améliorations pour l’ensemble des usagers. C’est cela qu’il faut comprendre.

    Soutenons donc les grévistes et non pas tous ceux qui manipulent l’opinion.

  17. merci emcee pour toutes ces précisions et Zigzg pour la discussion

    l’article de Krissolo est très intéressant, à lire.

    la grève?
    le gouvernement a joué l’essoufflement.
    j’espère que la lutte continuera

  18. Moi aussi je dis: « D’accord sur toute la ligne. » !

    ça fait du bien de te lire ! au milieu de toute ce bourrage de crâne médiatique que tu dénonce.

    Moi aussi j’ai vu une interview, peut-être la même, d’A Badiou, sur l’excellent site Pais4 Philo, ou il y a plein de vodéos de philosophes célèbres – vivants ou morts, il y a l’inimitable Jankelevitch, Sartre fumant cigarette sur cigarette, ce qui ne l’a pas empêché de vivre vieux!- qu’on voit en entend parler, et j’ai beaucoup aprécier, ce Monsieur, avec un grand M, respire l’intelligence et … contrairement à l’image qu’on veut donner de lui, la modération, ou plus exactement le calme et l’humanisme.

    Importante aussi la mise au point au sujet du mythe qui court chez les Taties-Danielles de la France profonde, du paiement des jours de grève: non seulement ils ne sont bien évidemment (sauf de rares exceptions en cas de victoire) pas payés, mais en plus pensez aux grèves des fonctionnaires, encore, dans une usine le travail pas fait il est pas fait, point! mais dans une administration, réflechissez, un fonctionnaire qui fait grêve, il n ‘est pas payé pour sa journée, mais le travail, les dossiers les documents à payer, etc, (je suis bien placé pour le savoir) il les retrouve sur son bureau le lendemain et il est quand même obligé de les traiter !! Donc il fait CADEAU d’une journée de travail gratuite à l’Etat. Et quand sa grêve n’a servi à rien c’est de la perte sèche. (Et il se fait encore traiter de « feignant »par les actionnaires et les retraîtés réacs en plus! …)

  19. « Ce sont les luttes qui ont fait avancer les droits des travailleurs, de NOUS TOUS, donc, qui avons trouvé cela sur un plateau (réduction du temps de travail, sécu, congés payés etc.) et ces luttes, elles ont été autrement plus dures. »

    Absolument!

    Et il est tristement, oh combien rageant!! de voir que ce sont principalement des « vieux » (regardez les statistiques, Sarko n’a été majoritaire que chez les plus de 65 ans, et chez les plus de 70 il a eu je crois 70% de voix!! je site de mémoire, mais ces stats on les trouve en plusieurs endroit sur le web) des « taties-Danielle », vieilles cons et méchantes, et bourrées de préjugés, mais surtout des gens qui ont eu la chance après avoir vécu et travaillé dans une époque de plein emploi et de libertés individuelles (pas de ces saloperies perverses de caméras de vidéo-surveillance, ni de rfid, ni de biométrie!), ont pris leur retraite à temps! avant les « réformes » baptisées « modernisation » (sic) de Fillon. Qui se font payer leur retraite par ces « sales jeunes » sur lesquels elles/ils crachent et qui ont bénéficié d’un progrès social gagné grâce au Programme Social de la Résistance – que le patronat maintenant se flatte ouvertement de vouloir abattre!! – et grâce à plusieurs décennies de luttes syndicales, et donc de GREVES, souvent dures et en tout cas BEAUCOUP plus nombreuses longues et massives que maintenant, où on pousse des cris d’orfraie dès qu’il y en a, on regarde pas les statistiques: le nombres de journées de grève dans les années 60 par exemple était très supérieur à ce qu’il est maintenant. Mais on les diabolisait moins, pour la même raison qu’il y avait des réformes sociales (et non pas des « réformes » ANTIsociales comme elles sont systèmatiquement de nos jours!): tout simplement les patrons, la droite, à l’époque avait peur de la gauche, du communisme, etc, alors au moins, ils faisaient quelques efforts dans l’espoir de leur couper l’herbe sous le pied!
    C’est grâce à ça, et seulement à ça! qu’on a bénéficié de quelques décennies de progrès.
    autrefois….

  20. @ Roland,
    Les « Taties Danielle »??? Quid des Tontons Marcel? ;-D

    Certes, les personnes âgées ont voté en grand nombre pour NS.
    Sans doute par peur des autres, par conservatisme et sans doute aussi par manque de prise avec les réalités actuelles.
    Mais elles ne sont pas les seules: pire encore, les classes moyennes et populaires qui ont voté pour lui, bercées par des promesses illusoires, ont carrément voté contre leurs propres intérêts.

    D’autre part, si on leur parlait, aux personnes âgées, si on essayait de leur expliquer, au lieu de s’en préoccuper seulement les lendemains de vote?
    Et si on s’inquiétait du sort qui est réservé actuellement aux plus fragiles d’entre elles, celles qui vivent seules avec de faibles revenus et qu’on côtoie sans les voir, celles qui finissent leur vie dans des établissements mouroirs?

    Et la candidate adverse a-t-elle seulement cherché à adresser à la population un message rassurant, présenter un programme de cohésion nationale, envisager des mesures pour remédier à l’ostracisme et l’exclusion orchestrés par la droite, dénoncer clairement le programme anti-social de la droite?
    Non. Elle lui a emboîté le pas sur l’insécurité et le reste, dans un discours pour le moins décousu.
    A croire que le PS voulait laisser filer cette élection pour récolter les fruits du mécontentement aux suivantes.

    C’est à tous les calculateurs sournois que j’en veux.
    A tous ceux qui décrédibilisent la politique pour conserver leurs prérogatives et qui s’acommodent de petits arrangements entre amis.
    L’électeur, lui, est devenu une victime, l’instrument qui va permettre à la ploutocratie de s’installer.

  21. @ emcee
    « A croire que le PS voulait laisser filer cette élection pour récolter les fruits du mécontentement aux suivantes. »

    tactique d’une rare bêtise, pauvres de nous!

  22. merci pour cet article Céleste!
    bien peu sont ceux qui nous soutiennent. Je le vois quand je distribue des tracts.
    à la télé on ne parle pas de nos revendications seulement des flics qui viennent nous déloger.

    libertad

  23. notre fac est débloquée. Toutes ces tracts distribuées, toutes ces manifs, ces nuits à la fac….
    Il faut rester mobilisé et esperer que dans les autres villes les facs resteront bloquées. Et dire que ça s’est joué à 2 voix..

    Merci céleste pour le texte que tu m’a laissé, je vais le faire lire autour de moi.

    libertad

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *