De la solidarité

Je suis entièrement solidaire des grévistes, qu’ils soient cheminots, fonctionnaires ou étudiants.

Des esprits chagrins de manqueront pas de persiffler qu’étant donné mon éloignement géographique je n’en subis pas les conséquences. C’est vrai, mais je n’ai pas non plus la possibilité d’aller manifester !

Je le fais donc toute seule, sur cette page.

Vous tous qui luttez pour ne pas laisser le gouvernement laminer vos conditions de travail et de retraites, vos salaires, le pouvoir d’achat des travailleurs, la qualité de la formation ou le système sanitaire vous avez tout mon soutien et mes remerciements !

N’oublions quand même pas qu’un gréviste perd sa, ou ses journées de salaire.

Non parce que, curieusement, cet élément, pourtant important, n’est jamais mentionné dans le seul journal télévisé auquel j’ai accès puisqu’il est retransmis par TV5, j’ai cité celui de France 2.

Lundi soir je dois dire que sa duplicité, à laquelle pourtant je suis coutumière, m’a laissée abasourdie.

A peine lancé le sujet de la grève, Pujadas, petit sourire en biais, fait montre d’une bonhommie quasi impartiale. Dans un petit reportage, une dame sympathique, coincée dans une gare explique que:
« Si le droit de grève n’existe plus en France, on sera dans la merde! »
« Il faut les laisser faire leur grève pour défendre les droits des travailleurs. »

Mais peu après, juste avant la fermeté affichée du Sieur Fillon, un petit reportage vite fait bien fait, indique au téléspectateur le coût de la grève.
C’est-à-dire : cent millions d’euros par jour à la SNCF et de trois cents à quatre cents millions par jour à l’Etat, dixit Dame Lagarde.

La faute à qui ce gaspillage, cette terrible menace sur l’économie française ?
Aux grévistes bien sûr, à ces affreux cheminots qui veulent condamner la France à la misère.

Le honteux concept du mauvais Français, apparaît alors, en filigrane, comme ça en passant, sans être cité, mais il est bien là.

Et j’ai pensé aux paroles d’Alain Badiou sur le « transcendantal pétainiste ».

« C’est ce que j’appelle un transcendantal: quelque chose qui, sans apparaître à la surface (d’où que notre situation ne « ressemble » pas à la séquence du règne de Pétain), configure de loin, donne la loi et son ordre, à une disposition collective ».
« Le pétainisme est une donnée fondamentale de la France à mon avis depuis la Restauration de 1815. Le pétainisme ce sont des gens qui préfèrent la vassalisation aux troubles intérieurs, c’est la réaction de gens qui ont peur de ce qui se passe à l’intérieur du pays et qui pour parer à cette peur acceptent des contraintes, des ségrégations ou des persécutions nouvelles. C’est ça le pétainisme dans sa signification la plus générale. Dans le cas de Pétain, c’est particulièrement prononcé parce que c’est évidemment les gens qui avaient eu une peur terrible du front populaire qui ont finalement préféré l’occupation allemande à la continuation de la lutte. Mais de manière générale, le pétainisme c’est ça, c’est la politique de la peur. Je pense que Sarkozy en est un représentant soft. »

Beurk ! Que cela est donc laid !

D’autant plus laid que le déficit de l’Etat français est de 47 milliards d’euros et que le gouvernement Sarkozy vient d’offrir à ses amis les riches la bagatelle de 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux.
Le projet de réforme actuel des retraites de ceux que l’on nomme irresponsable-ment et à tour de bras des « privilégiés » – « preneurs d’otages », vise à rattraper une part ridiculement petite (environ 1/500e) du déficit.

N’importe qui comprend donc aisément que le but du gouvernement n’est certes pas d’économiser, mais de détruire les acquis chèrement gagnés par des travailleurs au cours du dernier siècle (par la grève justement), de casser toute volonté populaire, de laminer, d’asservir.

Alors solidaire avec les grévistes, à fond !

en annexe, à lire: »Casse du code du travail« 

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