Sadisme et torture au supermarché

« J’étais dans le vestiaire quand un homme dont je n’ai pas vu le visage m’a mis un bandeau noir sur les yeux et a essayé de m’enfoncer quelque chose dans la bouche pour m’empêcher de crier, je l’ai mordu et j’ai remarqué que ce n’était pas de la peau, il portait sans doute des gants en plastique. Il m’a prise par les cheveux, m’a traînée dans la salle de bains et m’a frappé la tête contre les murs, il a fermé la porte et m’a dit « comme ça tu apprends ! » et « pisse ! » puis il m’a enfilé la tête dans la cuvette des toilettes. »

La femme qui parle sur les ondes de radio popolare a 44 ans, elle est caissière dans un supermarché Esselunga de Milan, via Papiniao et c’est là que, jeudi 28 février, à 16heures 30, elle a été violemment agressée.
Torturée.
Humiliée, pour la seconde fois.

Le 2 février alors qu’elle était au travail elle a sollicité de ses chefs la permission d’aller uriner. Ceux-ci ont refusé. Souffrant de problèmes rénaux, elle insisté, expliquant qu’elle risquait d’être malade si elle ne pouvait soulager sa vessie. Nouveau refus de la part de la hiérarchie.
Quatre heures plus tard, passées assise, immobile, derrière sa caisse, la jeune femme ne parvient plus à se contrôler et urine dans son pantalon devant les clients.
Mortifiée, en larmes et en proie à de vives souffrances, à peine son travail terminé elle se rend à l’hôpital où les médecins diagnostiquent une cystite aigue qui nécessite 15 jours d’arrêt de travail.
Soutenue par les syndicats, elle décide alors de porter plainte contre l’entreprise Esselunga, un géant de la grande distribution (4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 130 points de vente).

Rétablie, elle reprend son poste.
Mais jeudi à 16 heures 30, un homme, embusqué dans les vestiaires du magasin, attendait sa venue.

Courageuse la victime n’a pas cédé à la violence et a immédiatement à nouveau porté plainte.

Hier, samedi, une journée d’action a été organisée pour dénoncer ces faits abjects.
Elle n’a pas rencontré un grand succès, seulement 200 personnes réunies devant le magasin de 9 heures à 14 heures pour manifester leur colère et tenter de sensibiliser les clients venus faire leurs achats de fin de semaine.
Au départ les syndicats avaient envisagé une grève générale de tous les employés pendant huit heures, mais ceux–ci n’ont pas accordé leur soutien au mouvement.
C’est qu’à Esselunga, « Non si respira senza permesso ». (On ne respire pas sans en avoir l’autorisation)

Divisés par les patrons qui multiplient les contrats précaires et accordent des horaires plus souples et plus convenables à celles et ceux qui collaborent en se montrant de « bons » travailleurs soumis et silencieux, les employés courbent l’échine, tremblent et se désolidarisent les uns des autres.
Chacun pour soi et marche ou crève.
Questionnés par les journalistes certains mettent en doute les déclarations de la victime, d’autres prétendant n’avoir rien vu.
Omerta pour ne pas perdre son boulot.

Côté clients on balance entre indifférence et odieuses critiques de la manifestation:
“Ils auraient pu éviter de faire tout ce cirque”
« Et même si elle a été agressée qu’est-ce que ça veut dire ?! On va quand même pas manifester ! c’est leur problème ». (Liberazione)

Dame, c’est que le samedi on fait les sacrosaintes courses !
Alors chacun sa merde !

Et puis, « A cent mètres du sit-in il y a aussi un groupe de militants du PD (parti démocratique de Walter Veltroni). Ils distribuent des tracts qui dépeignent la beauté un monde où les entrepreneurs et les esclaves seraient d’accord, mais leurs banderoles restent à bonne distance de la manifestation, pourtant, il sont au courant » (Liberazione)

Quant à la direction du magasin, après avoir accusé la victime de s’être auto flagellée elle s’est rétractée et a répliqué dans une note prudente :
« Une enquête est actuellement menée par les forces de l’ordre (…). Toute déclaration est actuellement prématurée »

Mardi est prévu un nouveau rassemblement et il a été demandé aux milanais d’inonder la direction d’Esselunga de lettres et mails de protestation » (La Repubblica).

Mais pour une victime qui ose défier l’indigne pouvoir patronal, combien se taisent et se laissent broyer ?
Combien de temps encore les travailleurs devront-ils subir ces méthodes que l’on espérait révolues avant qu’un élan populaire ne vienne détruire ce système basé sur le profit et l’injustice ?

L’heure est grave, dans un univers qui n’obéit plus qu’aux lois du marché l’être humain disparaît, il devient un simple rouage, interchangeable, corvéable, insignifiant.

« L’homme lucratif est la parfaite expression de l’inhumanité » Raoul Vaneigem (Nous qui désirons sans fin)

Sources : Liberazione, Il Manifesto, La Repubblica, precaria.org

47 réflexions au sujet de « Sadisme et torture au supermarché »

  1. C’est effrayant.
    Surtout les réactions d’indifférence que tu décris. Il n’y a pas un porte-parole , un intellectuel, un sage pour mettre en lumière et dénoncer ?…
    De quoi désespérer vraiment.
    Kiki

  2. En Italie, dans l’Union Européenne…
    Les alliances commerciales continuent de primer sur les motivations humanistes.

    En France, de sérieux progrès ont été faits en matière de harcèlement, la jurisprudence n’y a pas été pour rien et là il faut remercier les magistrats qui su avoir le courage de faire avancer les choses.

    Mecri d’avoir relayé cette information.

  3. Effrayant et désespérant. Tout n’est pas permis non, pas du tout. Foncez les Italiens, défendez-vous.

  4. Je doute pour ma part des sérieux progrès mentionnés par Alex. Lire à ce sujet

    Lidl :le salaire de la peur
    par Xavier Frison sur le site de Politis.fr
    http://www.politis.fr/Lidl-le-salaire-de-la-peur,438.html

    LE VIGILE DE CARREFOUR HÉROS INCOMPRIS
    dans le numéro 18 de CQFD
    http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article492

    Les bons et loyaux serviables de Casino
    Article en ligne de L’Huma
    http://www.humanite.fr/2006-10-25_Politique_Les-bons-et-loyaux-serviables-de-Casino

    Plus tous les témoignages de caissières et d’employés maltraités ou écœurés que l’on trouve facilement sur le web. C’est gerbant et pas du tout réjouissant pour l’avenir…

  5. @Alex
    je suis contente de savoir qu’en France des progrès ont été faits.
    en Italie la justice est d’une invraisemblable lenteur

    @Fauvette
    j’espère que les Italiens vont réagir et boycotter Esselunga.
    ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’entreprise, connue pour détester les syndicats, est mise en cause.

  6. Affreux…
    Nous sommes tous concernés par ce fait tragique. Nos sociétés sont en pleine régression. L’exploitation humaine décomplexée refait surface dans les pays européen. La peur de la pauvreté devient un moyen de pression.

  7. @Agathe
    « La peur de la pauvreté devient un moyen de pression. »
    absolument et c’est révoltant.
    pour ne pas perdre son emploi cette mère de deux enfants est allée jusqu’au bout de ses limites, jusqu’à uriner sur place.
    pas difficile d’imaginer le sentiment horrible d’humiliation qu’elle a dû ressentir.
    c’est monstrueux.
    cela me fait penser à ces femmes afghanes (pas à toutes, à celles qui vivent dans certaines tribus particulièrement reculées) qui ne peuvent aller satisfaire leurs besoin naturels que tôt le matin ou le soir, dans l’obscurité.

  8. Hélas, oui, Céleste et ce malheureux exemple des femmes afghanes le prouve. Nos sociétés « développées » commencent à user du tout répressif et à s’inspirer des pires méthodes pour asservir les populations. Comme tu l’écrivais récemment, l’air est puant.

  9. Bonjour à tous,
    Encore un sujet intéressant, Céleste. Bravo.
    Je suis d’accord avec les com’, également, cependant, je voudrais relever la remarque optimiste d’Alex.
    Question progrès en matière de harcèlement, en France, j’ai quand même des doutes.
    Et ce n’est pas avec la suppression des tribunaux de proximité et les prudhommes qu’on peut espérer que les employés sauront faire valoir leurs droits.
    Il y a, d’autre part, actuellement un peu partout en France des mouvements importants de salariés de la grande distribution. Ce qui tend à indiquer que cela ne va pas si bien que ça.
    Quant aux pressions, elles sont de plus en plus évidentes, même si elles ne sont pas médiatisées.
    Quant aux caissières, ce sont elles qui pâtissent en première ligne des mesures prises (ou prochaines) à l’encontre des travailleurs (« flexibilité » des horaires, c’est-à-dire à la convenance des patrons, travail à temps partiel imposé, installation de caisses automatiques – avec ce que cela implique de licenciements et de menaces sur le personnel restant , ouverture des magasins le dimanche, j’en passe).
    Le harcèlement est polymorphe.
    Et, enfin, que dire des suicides qui ont lieu au sein de l’entreprise?
    [http://www2.cnrs.fr/presse/journal/2198.htm].

  10. La première fois que j’ai bossé en usine (1968, emballage des Biscuits Brun), une fille venait te relayer à la chaîne pour te « permettre » d’aller pisser. Impossible d’y aller avant ou après.

    Des années plus tard, dans une autre boîte, je me souviens d’une ouvrière protestant crûment contre un contremaître qui trouvait que se laver les mains avant et/ou après était abusif:

    « I veut pt’être venir m’aider à baisser culotte? ».

    Pour Christophe Dejours, qui a travaillé précisément sur ces questions de brimade au travail, ce n’est pas la dureté ni la fréquence de ces brimades qui posent problème, c’était bien pire autrefois. Mais la solidarité, quoique silencieuse, discrète, jamais devant les chefs, était très forte, quasi inconditionnelle.

    Il y avait, dans des interstices parfois minuscules, pauses, vestiaires, bavardages clandestins, échanges de regards, une complicité de classe. On arrivait ensemble, on partait ensemble, ce qui n’est pas du tout le cas chez les caissières, encore moins chez les femmes de ménage.

    Je ne veux pas idéaliser, il y avait quelques lèche bottes, bien sûr, et aussi de fameux coups bas. Mais une bagarre organisée entre femmes dans les vestiaires prenait une allure de défi, puisque protagonistes et spectatrices couraient le risque, au moins d’une mise à pied.

    Il me semble qu’aujourd’hui, les solidarités se retrouvent plus volontiers sur le lieu d’habitation qu’au boulot? Dans les écoles, RESF a prouvé que c’est possible, c’était pas gagné d’avance. Quant à la solidarité des clients, elle pourrait être déterminante, non?

  11. @bastien
    votre com était coincé en modération, merci pour les liens, tristement instructifs

    merci aussi à @Agathe

    @Gregz
    nous sommes en pleine régression sociale, et si nous n’y prenons garde les choses vont empirer

    @emcee
    le harcèlement est devenu très fréquent (j’avais lu une étude disant que le mobbing touchait particulièrement la France

    @mc
    le néo libéralisme a cassé le mouvement ouvrier, tu parles très justement de la solidarité que tu as connue;
    je crois que justement c’est là où le patronat a gagné, en isolant, en divisant.
    mais cette solidarité se manifeste ailleurs, donc tout n’est pas perdu

  12. C’est effrayant et glacant… On dépasse largement le cadre du travail là, c’est affreux. Dans un pays civilisé…

    Merci du témoignage. L’homme peut vraiment être ce qu’il y a de plus détestable…

    HS annexe : Celestima ne propose pas de flux RSS ? (je n’ai pas eu le message sur mon google reader, bouh)

  13. Voilà …An nom du sacro saint « travail avant tout » Nous sommes toujours dans l’esclavage…Gagner juste de quoi manger se loger et ne pas tomber malade…pour revenir le lendemain…C’est juste la définition de l’esclavage. Mais la révolte existe aussi non? Que disent les autres employées qui peuvent se retenir de pisser ? Céleste ce monde est une horreur pour 90% de ses habitants…de temps en temps on peut trouver un sourire…
    Ailleurs une petite fille se cache derrière un buisson pour faire pipi et l’attend une mine…fabriquée par d’autres parents… »faut bien travailler ».
    Un papa rentre à la maison il est content de son nouveau produit…en forme de papillon… » Hein mon amour on dirait que c’est un papillon? » « Oui mon chéri ,et j’espère que tu en vendras bcp… »
    Juste un joli modele de bombe anti-personnel ,petit, special enfant…pas fort…juste pour …pour …pour?

    Le sacro saint travail…

    Pour ceux que ça intéresse il y à le modele « feuille d’érable », c’est beau …ça brille un peu…Mais bon il faut qdm qu’il y ait des arbres dans le coin…faut pas prendre les gosses pour des cons.

  14. C’est à vomir. Aujourd’hui, toutes les méthodes sont bonnes pour les entreprises malhonnêtes. Et à vrai dire, comment les en blâmer ? Elles sont intouchables : on ne peut pas mettre en prison une entreprise.

    Cette histoire tellement sordide me rappelle celle d’un ouvrier, d’une usine en alsace, Ostram, dans laquelle des salariés ont séquestré ficelé avec de l’adhésif et humilié un de leurs collègues parce qu’il était noir. Et ils étaient si fiers qu’ils ont pris des photos.

    Les images ont ensuite été montrées par leurs auteurs à l’ensemble de leurs collègues. Aucun n’a été révulsé. C’était normal. Quand la victime a porté plainte, ses « collègues » n’ont pas été suspendus. Pas sanctionnés, même pas blâmés.

    Ils viennent d’être condamnés à… un mois de prison avec sursis.

    Un mois de prison avec sursis. La victime a été licenciée de l’entreprise, puisqu’incapable, depuis 2 ans, de reprendre le travail.

    J’aurais pu parler des suicides qui se multiplient sur les lieux de travail… Aujourd’hui, travailler est un risque.

  15. Un truc interessant à lire en liaison avec les rapports humains organisés dans un monde marchand, c’est l' »impérialisme », d’Hannah Arendt, le deuxième tome des « origines du totalitarisme », et notamment les premiers chapitres, où elle démontre la similitude avec le monde dépeint dans le « leviathan », de Hobbes…ca fait réfléchir pour aujourd’hui, alors qu’elle dépeint les origines de l’impérialisme au XIXème.

  16. L’Italie c’est l’enfer… par conséquent ! Il n’y a pas de lois ? Il ne s’y passe jamais rien de bien ?
    Pour les déçus du « néo-libéralisme » (on se demande d’ailleurs pourquoi néo ?), je conseille Cuba, mais il faut se dépêcher, les méchants capitalistes néo-libéraux et mondialistes de surcroît guettent… la liberté y règne en maîtresse absolue et les petits chefs offrent tous les matins des fleurs aux caissières qui sont d’ailleurs payées plus que le patron (enfin le fonctionnaire en chef)… je plaisante, là, bien sûr…

  17. C’est carrément hallucinant ! J’ai vu pas mal de choses en grande distribution, des histoires aussi de « dieu-chefs » mais ce témoignage dépasse toute limite.
    j’espère que la jeune femme agressée aussi violemment obtiendra réparation et gain de cause.

  18. merci à Bastien, Agathe et Mohamed pour les liens qui sont très intéressants et qui s’articulent parfaitement avec ce qu’a vécu la jeune femme d’Esselunga

    @bert lire ou relire Hannah Arendt est toujours instructif

    @falconhill
    je crois en effet que celestissima n’a pas de flux RSS

    @bruno
    travailler est bel et bien en train de devenir un risque.
    en Italie le nombre de décès sur le lieu de travail est énorme.

    @Dom tu as raison ce monde est une horreur pour beaucoup de ces habitants

    @miss pas touche
    merci de ton passage
    @à tous et tous, cliquez chez elle, la réalité d’une caissière, elle connait et elle le raconte très bien.

  19. Bonsoir à tou-t-e-s,
    Voici deux liens supplémentaires:
    D’abord, une enquête sur les caissières:
    Marre d’encaisser en silence
    http://www.regards.fr/article/?id=3054
    Et:
    Suicide d’un employé de BNP
    http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/03/04/01001-20080304ARTFIG00452-un-salarie-de-bnp-paribas-se-suicide-dans-son-agence.php

    @Annie,
    Votre ironie est indécente.
    Vous devriez, d’autre part, vous renseigner un peu mieux et comparer ce qui est comparable. On ne vous l’a pas dit à ‘école?
    Par exemple, la situation entre les enfants pauvres aux Etats-Unis (pays « riche », « néo-libéral » et puissant,s’il en est) et à Cuba (pays sous embargo US depuis des décennies) en ce qui concerne l’alphabétisation, les soins médicaux, les vaccinations, la mortalité infantile et le reste.
    Les chiffres sont étonnants.

  20. ma, j’arrive à passer chez toi pour retrouver la crasse du monde – je ne pensais tout de même pas que l’on pouvait en arriver à entendre la manifestation critiquée.
    Velproni, ce beau modèle que l’on nous vante et que j’ai refusé

  21. « je conseille Cuba, mais il faut se dépêcher »:

    Juste un truc: Cuba a une mortalité périnatale INFERIEURE à celle des USA.

    Ah, mais on s’en fout, des gosses de pauvres. Jonathan Swift, en 1729, proposait même de les bouffer pendant qu’ils sont encore tendres, soit avant l’âge de un an, leur épargnant du même coup beaucoup de souffrances.

    « Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants. »

    Propriétaire terrien fait un peu surranné, et on suce aussi, aujourd’hui, la moelle des mères, sinon le texte de Swift peut encore faire de l’usage.

  22. oui c’est répugant et inquiétant, surtout l’attitude d’indifférence agressive des clients….

    Avec une société comme ça on est bon pour le fascisme !

    déjà au départ si on n’avait pas de Grandes Surfaces ! (un petit patron peut éventuellement se comporter comme ça, mais dans ces cas c’est beaucoup moins dangereux et la justice passe)

  23. C`est vraiment affreux, et moi qui je croyais qu`il est possible seulement « chez nous »… il faut lutter, chacun a sa maniere, aussi il est serait necessaire s`unir, etre unis, toute personne est importante, les choses ne doivent pas rester comme il le sont a present. Amour pour vous tous, mes amis!

  24. J’arrive un peu tard pour commenter…Je crois déjà être venue sur ton blog..
    Je suis outrée de ce qui se passe partout…Mais, comme je l’ai déjà dit et répété : Tant que les employés de la grande distribution ne seront pas solidaires entre eux, ça continuera de « mal en pis »…Regardez, bientôt, le travail du dimanche deviendra obligatoire…Les employés du commerce pourront toujours « hurler », quand il sera trop tard…La plupart ne sont pas syndiqués..Ils attendent, attendent, chacun dans son coin, que ça passe ou ne passe pas…Je dirais bien : « tant pis pour eux », mais, je vais me faire « lyncher »,mais, après tout, je le dis….
    Il ne faut pas croire que ce qui se passe en Italie est une exception…
    Je connais quelqu’un en France qui travaille dans un supermarché, où on pratique les prix les + bas qui m’a dit qu’elle évite de boire la journée entière (bonjour les problèmes rénaux + tard), elle ne boit pas de café, parce que, lorsqu’on est en caisse, quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure d’aller faire « la pause pipi ».. Devoir appeler la chef de caisse pour fermer sa caisse, ainsi, tout le monde est au courant que vous avez un besoin pressant, vous ne trouvez pas ça humiliant ?…Heureusement, il y aura bientôt partout des caisses automatiques qui ne demanderont qu’un petit huilage de temps en temps…(C’est de l’humour)
    Maintenant, c’est marche ou crêve…
    Je comprends presque les gens qui préfèrent rester au RMI…car, travailler 20/semaine pour 700 euros, avec des horaires « à la mords-moi le noeud », franchement, vous croyez que ça en vaut la peine ?…
    Mais, tant que les salariés ne seront pas solidaires, ça continuera..Et, on a « beau jeu » de crier au scandale derrière un écran d’ordi..Compter sur le soutien des clients qui n’en ont rien « à branler », non plus..
    A chacun sa « merde » comme on dit..Le « chacun pour soi » est de rigueur…Y aura-il un Zola du 21e siècle pour dénoncer ces abus ? Je crois qu’il n’est pas encore né..Et, dire que Zola s’était présenté 24 fs à l’Académie Française…en vain (entendu chez Foucault , l’émission culturelle de samedi dernier).Tout ça, je suppose parce qu’il dérangeait « le beau linge » qui en faisait partie….Il vaut mieux « être un « de » qu’un « z », comme zéro ou zorro »…

  25. @Juliette
    il n’est jamais trop tard pour un com comme le tien.

    tu soulignes très justement le manque de solidarité.
    la perte de la solidarité entre les travailleurs est une grande défaite de ces dernières années.

    maintenant le « chacun pour soi » prévaut.
    résultat d’une minutieuse manipulation.

    « Diviser pour mieux régner » en somme!

  26. J’ai vu que quelqu’un d’ici est passé chez moi..J’en ai profité pour relire cet article monstrueux..
    As-tu sû Céleste la suite de cette malheureuse histoire ?

    Je vais écrire aujourd’hui un article sur le travail du dimanche..La loi risque de passer en décembre, suite à la sollicitude de Mr Maillé..
    Rien n’a changé…Il y a des balbutiements du côté des salariés de la grande distribution mais rien de vraiment spectaculaire..L’est gentil Mr Maillet..Il a modifié son tir….Il n’y aura que les grandes agglos de + d’un million d’habitants qui auraient le droit d’ouvrir les dimanches..
    L’est malin ce monsieur…Il a rectifié son tir…Faire passer une loi par la petite porte…Ensuite, comme l’a dit quelqu’un, une fois le cheval de Troie entré, tout sera permis…Et va-y que je te colle un avenant à la loi, et va-y que je te colle un autre avenant…Un jour, les salariés des villes de 60 000 habitants seront étonnés de voir qu’en un an, même pas, 6 mois, eux-aussi turbinent le dimanche…
    Voilà où mènera la non-solidarité et l’égoïsme d’une partie de la population…
    Chacun pour soi et à chacun sa merde…
    ps : est-ce normal que j’écrive en rouge ?

  27. Bonjour Juliette 🙂

    C’est moi qui passée chez toi après avoir relu le beau com que tu avais laissé.
    Je devrais d’ailleurs y passer plus souvent.

    To constat est amer, mais juste.
    Je n’aime pas non plus les trvail du dimanche…

    Travailler le dimanche pour s’acheter des trucs et des machins fabriqués et vendus par ceux et celles qui n’ont pas d’autre choix que de travailler le dimanche, justement.

    De même je trouve l’allongement du temps de travail stupide et cruel…jusqu’à 70 ans!!!!
    Alors que les jeunes, diplômés ou non, sont désœuvrés ou précaires.

    Quelle connerie!

    Le rouge c’est normal 🙂

  28. Je l’ai déjà raconter ailleurs mais j’ai fait de l’intérim en usine dans le centre de la France, dans une entreprise d’horticulture aussi.
    Pas le droit de parler, de pisser, de fatiguer.
    Balayer 3 fois de suite si les chaînes s’enrayaient pour montrer qu’on travaillait.
    « Espionnage », encouragement à la délation.
    Découragement des nouveaux, des jeunes dont c’était souvent le premier emploi. Tester leur résistance en les mettant au poste les plus difficiles. Brimades, punitions, humiliations.
    je suis tombée de haut.
    je venais d’entendre Daniel CD à la télé dire qu’il avait contribué à la disparition des usines à la chaîne.

    Et puis toutes ces personnes qui m’ont dit:
    -C’est ça ou rien. On est obligé de s’écraser. Des femmes seules avec des enfants bien souvent.

    Chacun pour soi.

    Les patrons en profitent. Ils savent qu’il y en a des centaines qui espèrent une place à la porte, entendais-je.

    Personnellement, je leur ai tiré ma révérence mais il y avait au moins le salaire de mon époux. Il y a tous ceux qui ne peuvent pas se permettre…

  29. librellule.over-blog.fr – conditions générales d’utilisation
    Adresse : librellule.over-blog.fr. Titre : Le flog de librellule Description : Ecribouilles d’une potiche se métamorphosant en poterne, Ben quoi! ça arrive. …
    librellule.over-blog.fr/reglement-blog.php – En cache

    1. ce qu’on ne communiquera jaimas c’est la singularite9 d’une expe9rience Oh que oui, que cela est vrai. Cependant, je ne serais pas aussi sombre que vous, peut-eatre aussi parce que j’ai beaucoup souffert.Tous les chemins ne sont pas e9quivalents. S’ils le sont dans notre socie9te9, c’est que nous ne savons pas que nous ne savons pas apprendre. Pour apprendre, il faut apprendre e0 apprendre, ou sinon les choses que nous apprenons ne re9sident que dans l’intellect sans vraiment faire partie de nous-meames. En un sens, nous collons nos sche9mas sur la re9alite9.Alors qu’en apprenant e0 apprendre, on s’apere7oit que de grands mots banalise9s retrouvent un sens inespe9re9. Le mot intention , par exemple, derrie8re lequel se cache une me9thode de progression vers soi. Le mot ve9rite9 qui finalement est un mot e0 tiroirs, une ve9rite9 avec des voiles successifs dont seul notre niveau de connaissance de nous-meames conditionne notre acce8s aux couches enfouies. Meame le mot Dieu peut alors trouver un sens vivant.Re9ussir sa vie, c’est aller vers soi, c’est se de9couvrir soi, c’est investir en soi, c’est apprendre de soi, pour soi, c’est se remettre en cause soi, c’est faire l’arche9ologie de soi, c’est savoir qu’on ne sait rien. Je ne sais rien en fait sauf ce que j’ai ve9cu et encore, ce que j’ai ve9cu une fois de9barasse9 de mes ne9vroses.Or, quand on va vers soi, on va vers les autres, on voit les autres, on apprend des autres.Re9ussir sa vie, c’est e9viter parfois de penser, c’est retrouver une certaine sensibilite9 aux choses vivantes et mortes, aux e9nergies qui nous environnent, c’est tenter de ne pas se mentir sur les choses, c’est clarifier ses intentions. Un Je sens donc je suis , en quelque sorte avec le corollaire et j’y repense 1001

  30. Euréka! C’est la première fois que je m’en souviens!

    Puisque j’y suis.
    Une amie travaillait pour une association d’aide-à-domicile
    L’employeuse alcoolique n’a jamais voulu lui ouvrir la porte, qu’une première fois. Un taudis repoussant!
    Pour ne pas payer d’indemnités, la tutrice de « l’alcoolique » et « l’alcoolique » ont décidé de mettre un terme au contrat en stipulant un défaut d’entente.
    Mon amie a du s’en débrouiller sans l’aide de l’association qui l’a lâchée.

    Accusée parfois de vol aussi par des employeurs…

    Quelques abus d’employeurs relatés sur mon blog.
    « Mes six heures chez une figarotte » par exemple où je fus insultée et humiliée par ma nouvelle employeuse. Ceci dit, toutes les lectrices du Figaro ne se conduisent pas ainsi normalement.

  31. Autre secteur touché par cette forme de trafic de chair humaine (pas trouvé d’autre qualificatif…) : le transport en messagerie appelé la livraison en « porte à porte ».

    J’ai commencé à rouler dans cette branche alors fraîchement titulaire dun CAP de conduite routière ainsi que de mes permis « poids-lourd » et « super-lourd ».

    J’ai été à cette époque passionné par le domaine des transports de marchandises ainsi que par les camions (du fourgon de 3,5 tonnes jusqu’à l’ensemble routier de 44 tonnes…) et me suis même documenté sur les services (en passant par la rubrique fais et chiffres…) afin de mieux connaître le prestataire que je représentais par l’exercice de mon poste.

    Un grand réseau avec certes de grands services à rendre à une clientelle diverse, des moyens techniques et humains adaptés et une présence géographique des plus denses au monde. Bien bien bien…

    Dans une si bonne et si cosmopolite enseigne, il vaut le coup de mener à bien chacune de ses missions et ce avec la patience d’un passioné.

    Seulement voilà : il faut certes bien faire son travail mais encore faut-il le faire VITE !!!

    Pour pallier à cette politique, voici quelques règles orales issues de la bouche de chefs de quai ou d’exploitation ainsi que de hauts responsables « qualité » et même de responsables d’agences :

    > ici on respecte les limitations de vitesse et on ne roule pas comme un fou, par contre il faut que tout soit livré… Oui pas de problème à part que le nombre de livraisons et de ramasses dépassent trop souvent l’entendement (pas moins de 30 en une demi-journée cela s’est déjà vu…)

    > eh oui, car ici c’est le client qui doit être servi alors pas le temps d’aller manger au snack à midi ni même de nettoyer le camion le soir afin qu’il reste présentable… Non non non !

    > voilà le quai où tu dois charger et décharger ton camion… C’est encombré je comprends mais tu dois faire gaffe à ne pas casser de colis ni à te tromper dans tes lots sinon gare à toi !

    > voilà maintenant ton camion : tu en prends soin car il est en location et penses bien à nous signaler ce qui ne va pas… Alors par où commencer ? que la cabine a été laissée dans un état désastreux (papiers et emballages de nourriture abandonnés, poussière, accessoires pendant miraculeusement avant leur chute fatale…), un feu de gabarit de fonctionne pas, le hayon élévateur qui a tendance à grincer… Du coté des chefs : on s’en fout car ce n’est pas nous qui travaillons dedans et même s’il n’avance pas dans les côtes, il n’a qu’à se débrouiller tant pis pour lui. Les autres y arrivent (clin d’oeil à la sorcière bien-aimée…).

    > tu as pris la peine de remettre un peu d’ordre et de propre dans la cabine du camion qu’on t’a attribué mais ce matin là, il faut le changer c’est impératif ! L’exploitation et les ordres du client, que veux-tu ?

    > on respecte le code de la route et on prend soin de la marchandises à acheminer aux chers clients… Pas eu le temps de terminer la tournée mais obligation de revenir maintenant au dépôt afin de rendre les ramasses au transvasement du soir pour le camion de Paris ou de Lyon. Mais tu n’as pas tout livré ! C’est un scandale !!! Eh oh, il faut te dépêcher c’est pas un métier facile (j’ai jamais dit moi-même que ce serait facile…).

    > je prends note mais un tant soit peu on presse le mouvement et là, j’en reprends pour mon grade car j’ai appris au retour au dépôt qu’un autre automobiliste s’est plaint de ma conduite un peu trop sportive.

    Ah et alors ? On fait quoi ?

    Pas de solution pour contenter tous les acteurs de la chaîne mais que des faits qui ne font qu’aggraver la situation :

    > des contremaîtres trop souvent allechés par l’ascension hiérarchiques et les primes pour bons résultats quitte à en devenir ridicules (comme dirait l’autre sur un autre forum…) : germe d’idées sans suite censées améliorer le service rendu aux clients, faire plus avec moins. Un écriteau clairement affiché en salle d’exploitation qui mentionne « aucune heure supplémentaire ne sera payé sans accord préalable » et c’est signé « la direction »… En gros, on se retrouve à travailler 12 heures par jour mais on ne nous en paye que 8 ! À l’inverse, si l’on travaille 11 heures (seulement) la direction n’hésite jamais à retenir une heure sur la fiche de paie !!!

    > des chefs et des conducteurs qui se renvoyent sans cesse la balle d’où la fameuse mentalité du « chacun pour soi »

    > l’interdiction orale d’être malade et de se blesser sous peine de sanction disciplinaire (j’ai déjà été forcé à travailler et à conduire alors atteint d’une gastro-entérite je vous laisse juge du résultat…) ! Pas question car ici on vient pour travailler et rien d’autre !

    > la caisse du camion est cassée et tu l’as signalé c’est bien… Mais non en fait c’est pas comme ça alors comment t’expliquer ce que tu n’as pas assez bien fait ?

    > un collègue te demande un coup de main pour charger un truc, ok je suis serviable donc je l’aide ! Mais pour avoir de l’aide quand on est à son tour embarassé dans ce genre de tâche, il faut viser juste pour leur demander la pareille car c’est souvent que ces collègues ont subitement trop de travail.

    > on te paie tes congés ce n’est pas pour aller visiter Paris ou rendre visite à ta tante qui vit en Allemagne ! Tu te crois où… là ? Si on a besoin de toi tu rappliques et fiça ! Ta vie on s’en fout !!!

    Bien rodé ce mécanisme destiné à « diviser pour mieux régner »…

    C’est ainsi que soit par le silence des uns ou par l’égoïsme professionnel des autres (promotion et récompense comme dit plus haut…) qu’on en arrive à une banalisation du harcèlement et de l’humiliation gratuite. Que dire alors de cette obligation d’astreinte gratuite infligée à l’ensemble des salariés ? Où la vie privée devient un interdit pour la plupart des patrons, où la santé ne doit jamais être évoquée malgré la cadence infernale imposée, où certains employés (ou bras-droits…) sont tenus d’espionner les moindres faits et gestes du personnel en leur conférant le droit absolu de les humilier publiquement… Quitte à les mettre en erreur (provocation à la bagarre, prosternation, pleurs…).

    C’est une entreprise enregistrée en France et implantée en France aussi qui se permet ce genre de pratique semblable à celle des sous-sols chinois !

    Tout cela pour dire que je ne suis nullement étonné des pratiques employées dans ces supermarchés où malgré une hausse libérale des prix des produits, on n’a aucun scrupule à exploiter en « marche / arrêt » du personnel payé à l’aide d’une fronde, sans arrêt surveillé.

    Il est plus que honteux d’avoir à demander l’autorisation pour boire un verre d’eau ou aller soulager un besoin pressant dont personne ne peut moralement s’opposer.

    Je n’ai pas hésité à quitter rapidement ce milieu du transport express pour m’orienter vers les lignes de nuit en national, inutile de dire que cela a été beaucoup plus vivable que ce maudit « juste à temps » où la loi du plus fort semble prévaloir. Un bras d’honneur en quelque sorte !

    Je suis aujourd’hui conducteur de cars et de bus dans une société certes importante mais où la discussion et la camaraderie sont de mise !

    J’en arrive à souhaiter que cette employée de caisse de supermarché italienne soit assez « révoltée » pour qu’elle ait la force de pousser ses supérieurs à payer pour cette erreur impardonable.

    Je lui souhaite également de pouvoir trouver une meilleure situation, d’avoir le courage de foncer droit devant afin d’améliorer ses conditions d’existence même si la conjoncture actuelle ne laisse pas toujours une grande marge de manoeuvre.

    Que les droits soient faciles ou difficiles à faire valoir, il y a une justice à l’encontre de ces patrons aussi véreux que mafieux…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci de compléter: * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.