Témoigner, dénoncer, manifester

Il y a quelques jours, dans ma poste électronique, j’ai trouvé ce mail.
« Vous n’arrêtez pas de dénigrer ce pays, il y en a un peu assez… venez
vivre en France et laissez ce pays, s’il vous plait, qui ne trouve aucune
grâce à vos yeux, alors qu’il a tant apporté à l’humanité.
»

Et puis dans le fil de commentaire de mon précédent billet, il y a cette question
« L’Italie c’est l’enfer… par conséquent ! Il n’y a pas de lois ? Il ne s’y passe jamais rien de bien ? »

Je voudrais dire à ces deux personnes que mon propos n’est pas de dénigrer (c’est-à-dire, car les mots ont un sens, s’efforcer de noircir, de faire mépriser, de calomnier) un pays, l’Italie, mais de dénoncer les abus, les injustices et autres saloperies quelque soit le lieu où elles se produisent.
Il se trouve que je vis en Italie et que mes yeux et mes oreilles sont ouverts.

Il me semble déceler dans les propos de ces deux intervenants un souhait d’omerta.

Pourquoi parler de ces vilains faits au lieu de chanter suavement les louanges d’un pays en enfilant les clichés flatteurs ?

Pourquoi s’intéresser à une malheureuse qui se fait pipi dessus, elle ne pouvait donc pas se retenir ?
Et là j’entends le sempiternel « Moi à sa place… »

Oui mais voilà personne n’est à la place de personne.

Pourquoi dénoncer les exactions de la mafia ?
Pourquoi raconter comment les policiers sont intervenus dans une clinique pour questionner une jeune femme qui venait d’avorter ?
Pourquoi narrer comment certains contrôleurs d’autobus abusent de leur, pourtant tout petit, pouvoir ?

Parce que ces faits sont inacceptables et que mis côte à côte ils forment une hideuse mosaïque, celle de la société occidentale actuelle.

Je ne me définis pas en tant que française, je suis citoyenne du monde, et à ce titre, que je revendique, je ne peux pas, je ne veux pas, rester muette.

Grâce à Internet nous avons (encore) la possibilité, extraordinaire, de témoigner des injustices, et plus nous serons nombreux à le faire, plus certains actes vils deviendront difficiles à commettre.
Nous avons entre nos mains un outil de communication extraordinaire et il faudrait ne s’en servir que pour débiter du politiquement correct, du joli ?

Et puis, avez-vous noté que les quatre victimes dont je parle sont des femmes ?
Ce n’est pas un hasard, c’est le signe que la condition féminine se dégrade, vite, très vite.
Les femmes seront, sont déjà, les premières victimes de la récession économique.
Là encore, j’entends les dénégations aveugles « Quelle récession ? Tout va très bien Madame la marquise ! »
Ben non, tout ne va pas très bien, ça va même plutôt mal et surtout pour les femmes.
Plus le marché de l’emploi se restreindra et moins elles auront de travail.

« L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même » Flora Tristan

Plus la situation économique et sociale se délitera, plus nombreux seront ceux qui, fragilisés par les perverses manœuvres des sbires du capital, apeurés, manipulés par les religieux qui peuvent désormais s’appuyer sur l’hypocrite bénédiction de petits (je ne parle pas de la taille) hommes d’état qui se croient grands, se tourneront vers la religion.
Or les religions monothéistes, les religions du verbe ou du livre, qui tirent leurs enseignements de manuscrits rédigés il ya des siècles, ou colportés de bouche à oreille dans le désert, préconisent toutes la suprématie de l’homme sur la femme (ainsi que sur toute autre créature vivante qu’elle soit animale ou végétale).

C’est au nom des Dieux que l’on contraint des femmes à dissimuler leurs corps sous de lourds draps noirs, qu’on les contraint à procréer, à baisser les yeux, à se soumettre, à rester à la maison.

Quand les besoins du marché rejoignent les aspirations des bigots on restreint les libertés des femmes.

Le 8 Mars les fleuristes vendront du mimosa à des hommes qui feront risette à leurs épouses, comme à des enfants.

Le 8 Mars, à Rome et dans toutes les grandes villes, les femmes seront dans la rue, pour lutter, car, hommage à l’Italie (vous voyez que je ne dénigre pas) elles sont drôlement fortes et déterminées les Italiennes, chapeau !

« Tra la festa, il rito e il silenzio, noi scegliamo la lotta !” (entre les fêtes, les rites et le silence, nous choisissons la lutte).

Sui nostri corpi e sulle nostre vite decidiamo noi” (sur nos corps et sur nos vies c’est nous qui décidons).

40 réflexions au sujet de « Témoigner, dénoncer, manifester »

  1. merci Celeste d’avoir répondu à mon message, sur « l’Italie dénigrée », n’y voyez rien d’autre que l’expression du grand amour que je porte à ce pays et à son génie, l’impression de voir souvent ce pays dénigrée notamment, par les français, alors que souvent, les gens et les choses y sont beaucoup plus cool globalement, et qu’il y a une grande inventivité..Omerta? quelle omerta et pourquoi? je ne sais pas s’il y a autant de misère morale qu’en france, autant d’impôts, autant de morgue de la part des élites administratives et artistiques vers le peuple, aussi peu de liberté de faire..dans le contexte actuel qui est celui d’un laminage généralisée des peuples, un peu à l’image de la biodiversité, elle aussi en danger, il me semble qu’un peuple comme l’italien mérite d’être soutenu, défendu, même si bien sûr, il y a des abus et des gens horribles partout…Affaires Allègre, Emile Louis, Fourniret, dutroux, assassinat du juge Borrel.. par exemple et dieu merci j’oublie le reste..

  2. @marie
    c’est bien pour défendre le peuple italien que je m’insurge contre toutes ces exactions.
    elle sont honteuses en Italie comme elles le sont ailleurs.
    et oui, en Italie les salaires sont très bas, les contrats de travail à déterminée sont en passe de devenir la règle, les gens pauvres souffrent, particulièrement dans le sud, le travail des femmes est dévalorisé et le pouvoir des mafias énormes.
    la situation est difficile pour beaucoup.

    merci à vous d’avoir réagi si vite

  3. Je ne sais plus quel tordu chez nous a dit « La France, tu l’aimes ou tu la quitte ».

    Et pourtant le monde n’est pas un catalogue qu’on feuillette dans son salon pour choisir une résidence en fonction d’une grille de paramètres.

    On est où on est et si quelque chose ne plait pas, on a le droit (le devoir ?) de le dire. Merci Céleste, ne lache rien.

  4. les mythes ont la vie dure. Tout le monde n’apprécie peut-être pas qu’on leur parle trop de l’envers des cartes postales, en démontant une vision un peu trop angélique de la doce vita au Sud… c’est drôle, j’aurais parié que le mail venait d’Italie.

    Il est parfois plus difficile d’accepter que ce soient ‘les autres’ qui critiquent ce que nous avons tous sous les yeux: comme le disent parfois mes amis en riant à moitié seulement, « nous on rit de la politique italienne, on peut se le permettre, mais toi, ah non! »

    bien sûr en France il s’en passe de belles aussi, pour certaines choses il y en a plein les médias, pour d’autres il y en a plein les blogs. ceci dit il est normal de parler de ce qu’on a sous le nez, c’est à dire de là où on vit…

    merci Céleste, continue! il faut s’indigner (aussi)!
    Citoyens du monde, indignez-vous 😉

  5. Oh, oui, Céleste, continue à t’indigner et à faire passer cette belle indignation des femmes « Tra la festa, il rito e il silenzio, noi scegliamo la lotta ! »
    C’est terrible de te lire, mais aussi très énergisant de voir que des choses insidieusement banales (ou qui voudraient le devenir) ne te laissent pas muette !!!
    Forza Céleste !
    Kiki 🙂

  6. Céleste, je suis sûr que vous connaissez cette chanson, interpétée par Giovana Marini ?

    Ignoranti senza scuole,
    calpestate dal padron,
    noi eravam la plebe della terra
    ma in risaia come in prigion.

    E ci hanno detto ma questa vita
    la dovrete sempre far
    e i padroni ci son sempre stati
    e i padroni dovranno star.

    Ma un bel giorno ci abbiam risposto
    voi siete servi del padron
    e se lottiamo avremo più giustizia,
    più diritto di pane e di lavoro.

    Ma i padroni hanno armi
    di menzogna e corruzion
    hanno i giornali il cinema la radio
    che difendono i profitti del padron.

    Ma “noi donne” è gran faro
    che ci illumina il cammin
    e per noi donne è un’arma di progresso
    e di giustizia per tutte noi mondin.

  7. D’accord avec Franssoit. Ce mail avait des airs vraiment déplaisants, même si, après, dans son commentaire, la personne a prouvé qu’elle souhaite dialoguer.
    Je crois que ce que tu dénonce, c’est plus profond que quelque chose qui serait lié à un pays, c’est plus général.

  8. Céleste
    Je t’ai lu et je n’ai jamais ressenti de dénigrement aucun, d’ailleurs le terme dénigrer n’est pas justifié. Tu as gardé ton libre arbitre et ton esprit critique … C’est tout et c’est plutôt bien.
    Les femmes sont encore et toujours sur la sellette, je crois que la vitesse de croisière atteinte « le pouvoir » passé dans de féminines mains est redouté…

  9. @PMB
    superbe chanson, merci pour les paroles

    @franssoit
    effectivement le monde n’est pas un catalogue.

    comme vous le soulignez ce que je dénonce n’est pas lié à un pays, toutes ces choses « insidieusement banales » (Posuto) sont malheureusement universelles.
    dans tous ces cas il y a la base un abus de pouvoir, une volonté de rabaisser l’autre, un acte de domination premier pas vers l’oppression.

    c’est bien cela qu’il faut combattre

  10. Bravo, Céleste pour ce magnifique texte. Tout est dit et tout y est explicite.
    Il a toujours été clair que tu ne dénigrais pas l’Italie, bien au contraire, puisque tu sais bien restituer tout le bonheur qu’elle t’apporte par ailleurs, mais que tu y relèves les dérives que tu y constates où les faibles sont maintenus la tête sous l’eau, comme ailleurs.

    Et ces histoires que tu nous racontes ne nous font pas moins aimer l’Italie, évidemment, mais nous offrent des instantanés autrement plus intéressants sur ce qui se passe sous d’autres cieux. Et que l’on peut relier à la situation que nous connaissons aussi.
    D’autre part, se préoccuper de ses habitants est, au contraire, le signe qu’on se sent totalement à l’unisson avec le pays dans lequel on vit.
    Combien vont s’installer dans des endroits (à l’étranger ou non) par pur souci spéculatif, y habitent parfois ponctuellement seulement, font flamber les prix , ne cherchent ni à apprendre la langue, si besoin, ni à avoir des contacts avec la population locale, qu’ils méprisent ouvertement?
    C’est ça qui est grave. très grave.

  11. J’avais rencontré les mêmes difficultés avec certains quand je vivais en Irlande. Pas le droit de critiquer ! Ils le prenaient pour une attaque personnelle.
    Et encore aujourd’hui, quand on me sort les vieux clichés sur les Irlandais, je réponds « oui, mais » …
    Pourtant, il me semble que le regard d’un étranger sur son propre pays est une vraie source d’information … pour ceux qui exercent encore leur conscience.

  12. bon les français le font souvent contre nos critiques – et Céleste n’est pas dans le dénigrement méchant
    pardon demandé pour mon peu d’assiduité ces temps ci et souhaitez moi de la force, je pars crevée pour passer une journée dans un bureau où incarner avec le sourire la plèbe

  13. Italie, France, que de points communs !

    Aujourd’hui, ici, élections municipales que le pouvoir s’est acharné, par sa propagande quotidienne, à vouloir purement « locales » – afin de chasser l’aspect désastreux de la politique sarkozienne de l’esprit des électeurs, et puis bien forcé de reconnaître qu’il y avait quand même un enjeu national.

    Car la critique d’un pays se fait aussi dans les urnes, et la politique globale impacte la vie locale : les gens qui dorment ( ?) dans la rue sont des victimes de choix idéologiques privilégiant les patrons, les bénéfices des grandes entreprises, la suppression des « avantages acquis » à l’issue de luttes historiques, la mise en pièces de l’Education nationale, la régression des libertés…

    En France, les caissières d’hypermarchés ont fait récemment une grève de quinze jours (notamment à Marseille) pour exiger une diminution du prix de leurs tickets repas : pendant ce temps-là Carrefour affichait des profits insolents et n’a lâché que quelques centimes d’euros pour calmer les revendications.

    Est-ce dénigrer son pays que de dénoncer cet état de fait (comme par hasard, la majorité des employés aux caisses sont des femmes), que de s’insurger contre des conditions de travail qui ramènent à l’époque de Marx ?

    Combien d’usines ferment, délocalisent, licencient ? Le patron d’Arcelor-Mittal est fier de ses bénéfices, et ferme l’usine de Gandrande (Moselle). Nicolas Sarkozy est allé (« quel beau voyage de noces ! ») devant les ouvriers jouer à l’intercesseur qui allait, par un coup de baguette présidentielle, empêcher la catastrophe…

    Critiquer, est-ce au contraire vouloir pour les habitants de son pays plus de justice sociale, plus d’égalité, une vie qui ne soit pas seulement une « survie » au quotidien… ?

    Oui, la critique est orientée par la volonté et l’espoir de faire changer les choses : vous en faites la démonstration impeccable tous les jours.

  14. Merci pour tes textes. Que tu vives en Italie, en France où ne sais-je où, tu rencontreras toujours des ahuri(es).
    Tu relates et dénonces des faits que les médias à la botte de Nap.IV passent comme chat sur braise étant donné que les turpitudes du couple présidentiel amusent quotidiennement la galerie et doivent impérativement être données en pâture aux thuriféraires des deux ouistitis !

  15. C’est précisément quand on aime son pays, que ce soit son pays natal ou un pays d’adoption, qu’on a pas envie de le laisser se dégrader sans rien dire.

    C’est tout le contraire de dénigrer, c’est respecter. En tant que française, je sens profondément que c’est l’amour que j’éprouve pour mon pays qui me motive le plus fortement à militer pour l’empêcher de perdre ce que j’aime en lui.

  16. Moi j’aime quand tu nous parles de l’Italie où je suis jamais allée.
    Et justement tu évites la mièvrerie, les clichés…
    Ce n’est pas pour cela que tu critiques ou n’aimes pas ce pays, au contraire.
    Continue, moi j’apprends beaucoup, et je te remercie.

  17. merci pour vos coms 🙂

    je crois en ce pouvoir de dénoncer, de s’indigner.
    il ne faut pas compter sur la plupart des médias pour aider les citoyens (de toutes nationalités) à ouvrir les yeux sur la réalité.

    pas critiquer pour détruire ce qui fonctionne, ce qui est bien mais critiquer pour lutter contre les injustices, les exactions

  18. Je suis d’a ccord avec tout ce que vous dîtes, mais une phrase me surprend :

    Parce que ces faits sont inacceptables et que mis côte à côte ils forment une hideuse mosaïque, celle de la société occidentale actuelle.

    Pourriez-vous citer une société non-occidentale dans laquelle la condition humaine soit meilleure que dans la société occidentale?

  19. @Alaxandra-
    « Pourriez-vous citer une société non-occidentale  »
    Qui se voie comme le seul et unique modèle universel , qui l’ai imposé quelques siècles et tente toujours de le faire par tous les moyens dans le monde ?

  20. @salut Pescade
    merci pour l’article de Politis que j’avais déjà lu et qui me semble être une très bonne analyse.
    veltroni piétine en effet joyeusement les valeurs traditionnelles de la gauche et n’en finit pas de s’installer au centre (mou)
    un genre de Bayrou à l’italienne et avec un passé communiste qu’il désapprouve aujourd’hui.

    @Alexandra
    le modèle occidental n’est pas le seul modèle de société comme le souligne yelrah.

    néanmoins je parle de « société occidentale actuelle »
    et en l’écrivant, étant donné que nous sommes en Europe j’ai utilisé actuelle, par opposition à passée.
    le passé récent.
    je pense que globalement la société occidentale était moins moche il y a une trentaine (une quarantaine) d’années.
    en France, par exemple, au début des années Mitterrand.
    en à la même époque en Italie, il y a aussi eu des avancées sociales importantes (qui ont disparu par la suite); par exemple à Bologne, les transports en communs étaient gratuits, impensable de nos jours.

    tant que la société occidentale est allée vers un mieux êtres des citoyens: meilleure protection sociale, meilleures conditions de travail, amélioration des conditions de vie (habitat, santé, éducation).
    tant que les parents pouvaient raisonnablement penser que la vie de leurs enfants seraient meilleure que la leur.
    tout n’était pas parfait, mais globalement on allait vers plus de justice et d’égalité.
    ou y croyait.

    même si nous étions ignorants ou indifférents aux dégâts que l’expansion de ladite civilisation faisaient dans le monde.

    tout cela est fini, les sociétés occidentales ne vont plus vers le progrès (tel que je l’entends), mais au contraire vers le détricotage consciencieux des acquis sociaux, vers la paupérisation des plus démunis dans un premier temps avant que les classes moyennes ne tombent elles aussi dans la pauvreté.

    en gros nous allons vers un système inégalitaire ou une poignée de très riches exploiteront une énorme quantité de pauvres ou très pauvres.

    rien de réjouissant.

    en somme, nous avons raté le coche.

    en dehors de l’occident, il est évident que dans d’autres types de société qui sont dominées par une application stricte de l’Islam donc régies par la charia, la vie ne doit pas être plaisante, surtout pour les femmes.

    mais là aussi il faudrait s’interroger sur le pourquoi de la montée de l’islamisme.

    mais il existe d’autres modèles.
    je pourrais par exemple citer Bali ou règne une civilisation différente, équilibrée, sereine et impénétrable aux non Balinais.
    ceci dit durant les dix dernières années la situation s’est aussi dégradée car l’Indonésie a traversé et travers encore des épreuves terribles.

    ce n’est qu’un exemple, d’autres sociétés, que nous nommons, avec un certain mépris, primitives, fonctionnent différemment et apportent le bien être à leurs membres.

    en conclusion, il y a les sociétés qui donnent de l’espoir, celui d’un futur meilleur, l’Inde par exemple, ou même s’il subsiste encore de nombreux problèmes on a une vision du futur optimiste
    et de sociétés qui régressent, qui se délitent et où l’on a une vision du futur pessimiste.

    nous sommes dans le second cas

  21. J’aime bien votre réponse, Céleste, même si je ne suis pas entièrement d’accord, ne vivant pas en Europe, les Européens me paraissent vraiment des enfants gâtés qui cherchent la petite bête et ignorent la « vraie » misère, la « vraie » privation de liberté et la « vraie » peur de l’arbitraire, d’état ou de groupes armés non étatique – le sentiment d’être vraiment au bord du précipice. Vous avez peut-être raison de dire qu’il y a une régression en Europe, je dois dire que vraiment je n’en ai pas l’impression, tout le monde veut venir dans les pays occidentaux, malgré leurs défauts (Europe et Etats unis et Australie), et, vu de loin, on peine vraiment à voir les régressions, comme vous dîtes.
    Je suppose que vous connaissez l’histoire atroce de cette jeune Argentine condamnée à plusieurs années de prison pour avoir été violée. D’ailleurs son cas n’est pas isolé.

    @yelrah
    “Pourriez-vous citer une société non-occidentale ”
    Qui se voie comme le seul et unique modèle universel , qui l’ai imposé quelques siècles et tente toujours de le faire par tous les moyens dans le monde ?

    Céleste a cité des états assez pacifiques. A part cela, votre description convient a à peu près toutes les grandes civilisations à travers les époques, des Egyptiens aux Occidentaux. Etes-vous naïf au point de croire que la Chine, l’Iran, et une kyrielle de puissances mineures en Afrique, Amérique du Sud et Asie soient dépourvus d’intentions hégémoniques, ou que leurs intentions soient plus humanistes que celles des Occidentaux? Pour l’instant, comme disait Oscar Wilde, la seule différence entre un saint et un pécheur, c’est que le saint a un passé et le pécheur un avenir.

  22. Hm ma comparaison est tirée par les cheveux… et fausse. Les civilisations sont hégémoniques, et c’est tout. Certaines ont du succès, d’autres pas. Pour l’instant, ce sont les Occidentaux qui mènent le monde. La roue est en train de tourner, et, yelrah ou ses enfants auront la joie de vivre dans un monde dominée par d’autres puissances, avec exactement les mêmes défauts que les occidentaux.

  23. Celeste, je vais arrêter de commenter, car je deviens imprécise, le sujet mériterait une communication. Certaines civilisations sont hégémoniques, et d’autres pas, comme vous le dites à propos de bali. mais lorsqu’une civilisation hégémonique disparait, une autre prend le relais. ça ne saurait tarder. ça n’est que justice, d’une certaine façon. Voilà.
    Merci de votre réponse.

  24. @ alexandra:

    Bien sûr que dans les pays dits occidentaux nous sommes privilégiés et que nos misères sont luxueuses. Pourtant, une notion me semble utile, c’est celle d’écart entre les niveaux, et surtout, ce qui est indiscutablement le cas en ce moment, et partout, du creusement de ces écarts.

    Des riches toujours plus riches, des pauvres toujours plus pauvres. Comment aurait-on pu imaginer, il y a quarante ans, le succès tragique des restaus du coeur et la mort des SDF dans la rue?

    Si on s’abstient de lutter pour un progrès social parce que « on n’est pas les plus malheureux », alors, aucune lutte n’est légitime: celui qui a du boulot mal payé par rapport au chômeur, le chômeur face au RMIste, le RMIste face au SDF, le SDF vivant par rapport à celui qui est mort.

    Et même parmi les morts, il y aura celui dont on aura retrouvé l’identité et celui qui n’aura droit qu’à une plaque anonyme. Sans compter qu’il y a des morts sans sépulture, ceux là, enfin auront-ils le droit de protester?

    Imaginez l’armée de morts-vivants que ça ferait!

  25. Hello,
    Je voulais juste exprimer que nous avons la chance de vivre dans des démocraties qui dont dotées de lois permettant de punir les comportements malfaisants qu’ils soient d’ailleurs perpétrés contre des hommes ou contre des femmes. Malgré cela, certe, il y a toujours des imbéciles qui trouvent du plaisir à faire du mal aux autres et notamment aux plus faibles et parfois aux femmes.

    Comparée à certaines sociétés dont les lois dictées par un égalitarisme dément, un dictateur fou ou des religions d’un autre âge, je persiste à trouver que notre société ressemble à un paradis.

    En Europe, un petit chef stupide et sadique qui martyrise une employée a de fortes chances de se retrouver devant un tribunal… dans certains pays d’Afrique ou du Moyen Orient… c’est l’employée qui se retrouverait devant un tribunal.

    Et que dire du sort des femmes dans le monde non chrétien, c’est-à-dire dans la majeure partie du monde et pas seulement monothéiste ? Fillettes vendues, quand ce n’est pas tuées à la naissance, femmes esclaves mineures à vie, ne disposant d’aucun droit civique, interdites d’instruction…

    Alors bien sûr, il ne s’agit pas de tout voir en rose ici, mais de ramener les choses à une juste proportion. Je suis d’accord qu’il faut se battre contre les poignées d’allumés anti-avortement, pour une meilleure protection des faibles, pour une réduction des inégalités… mais pas pour tomber dans l’excès.

  26. PS : dans le monde chrétien, il y a des endroits où ce n’est pas terrible non plus côté libertés individuelles.

  27. J’ai justement en projet un petit billet sur l’obligation de déclarer son amour à son pays, comme si c’était une preuve de citoyenneté. Nicolas Sarkozy en fait une condition sine qua non dans son discours « de Toulon ».

    Mais pourtant, dénoncer les injustices, dénoncer la tyrannie, résister, c’est plus qu’un droit, un devoir ! Sans cela, il n’y aurait eu ni révolution française, ni commune de Paris, ni résistance intérieure…

    Merci de ce parfait billet, Céleste.

  28. Je rêve ou une intervenante divise le monde en deux parties, le « monde non chrétien » (l’horreur et le néant) et le « monde chrétien » synonyme de quasi-paradis (même si des fois « ce n’est pas terrible ») ?

    On peut se cotiser pour offrir des leçons d’histoire et de sociologie à cette personne ?

  29. Bravo céleste, qu’elles sont belles et justes, tes envolées, toujours. Ne te laisse pas intimider ou clouer le bec par de fieffés réactionnaires. Ton combat est le bon, je n’y ai jamais vu du dédain, du dénigrement ou de la calomnie pour l’italie, j’y vois au contraire toujours une Italie vivante et authentique, mais parfois poursuivie par ses démons, une Italie largement représentative de toutes les dérives du monde capitaliste. Et puis j’y lis du repect et la restitution de leur dignité aux femmes. Vraiment bravo !

  30. « égalitarisme dément »

    Ah, Annie, toujours le mot pour rire!

    Egalité est un très beau mot, très noble, difficile d’en faire un reproche. Mais pas impossible. Suffit de lui rajouter « isme ». On connaît bien maintenant cette ruse, destinée à dénigrer toutes les luttes en faveur de plus de justice.

    Je propose d’appeler cette technique « Ismisme »

  31. merci merci

    @jardin, j’aime bien l’idée du « Ismisme »
    c’est tout à fait ça, « ismer » pour dénigrer.
    comme si certains concepts étaient risibles, obsolètes§

    l’égalité! Allons donc, il est tellement plus rigolo de se goinfrer en regardant crever les autres, « les pauvres, les laids, les tordus »
    en les ignorant
    en les tenant pour responsables de leurs propres maux
    « pas capables de… »

    et hop c’est la transition avec le billet suivant.

    billets qui se font rares actuellement pour cause d’activité intense…

  32. Egalitarisme dément : pratiqué par les « révolutionnaires » russes au siècle dernier, par les maoistes au temps de la révolution culturelle, par les Khmers rouges au temps de leur splendeur, par la dynastie des tyrans de Corée du Nord, par l’idole de Danielle Mitterrand, alias Castro… Ces millions de morts au nom de l’égalitarisme, parce qu’il était insupportable qu’ils soient cultivés, ou tout simplement différents du modèle standard de l’ouvrier ou du paysan (selon les pays)… ce n’est pas dément ?????????????

  33. Chrétien / non chrétien : parce qu’on le veuille ou non, c’est du monde chrétien que sont nés les droits de l’homme, parce que c’est la seule religion qui professe un principe d’égalité entre les êtres humains, la seule qui s’adresse au riche comme au pauvre. Qu’on le veuille ou non, notre culture est imprégnée de ces valeurs là.

    Après, ce que les hommes en ont fait et comment certains se le sont approprié pour mieux écraser les autres, c’est autre chose !

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