D’un 11 septembre à l’autre

C’était il y a 9 ans un début d’après-midi ensoleillé. Je faisais quelque chose, ou rien peut-être, j’ai oublié mais je me souviens que Fabio m’a appelée « Viens vite, ils ont attaqué les États Unis! ».
Je me suis précitée devant la télé, j’ai vu une tour une flamme et j’ai  pensé « C’est les extraterrestres
L’idée, totalement irrationnelle s’est prestement envolée mais l’horreur est restée.
Assommés, nous avons passé l’après-midi scotchés à l’écran. Les images se succédaient: feu, poussière, visages affolés, silhouettes se jetant des fenêtres des tours, panique, panique, panique…

La peur venait de faire une entrée fracassante dans le paysage médiatique.  Depuis cette date fatidique, les mesures de sécurité se sont amplifiées de manière hallucinante et on nous manipule sans cesse afin de nous rendre craintifs et dociles comme des agneaux, prêts à l’abattoir.

L’année 2001 est de triste mémoire.
20 juillet, Carlo Giuliani, meurt dans les rues de sa ville, Gênes, alors qu’il manifeste contre le capitalisme mondial. Il est touché en pleine tête par un carabinier, puis, parachevant leur besogne meurtrière, les policiers l’écrasent avec leur voiture.
Il avait 23 ans.
Les manifestations  de Gênes lors de ce G8 sont sauvagement réprimées. 600 manifestants sont blessés par les forces de l’ordre.
Pour Amnesty International, les événements de Gênes ont constitué « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la seconde guerre mondiale ».

Et encore la télé, je revois ces deux femmes plutôt âgées venues paisiblement manifester leur désaccord avec la politique des grands du G8, jetées à terre, en larmes, perdues.

Le 22 juillet, la police donne l’assaut à l’école Diaz. Les 307 manifestants qui dorment à l’intérieur sont arrêtés et séquestrés pendant trois jours  dans caserne de Bolzaneto.

Je n’oublierai jamais les images de l’école, les flaques de sang sur le sol, les sacs éventrés, les vêtements éparpillés.

Dans la caserne on frappe, on humilie, on torture, on menace
Les sentences, délivrées en 2008, seront dérisoires, vergogna!.

Depuis c’est clair, les puissants de ce monde, ceux qui tirent les ficelles de l’économie mondiale sont prêts à tout pour juguler et soumettre les peuples.

Et les apeurer.

À la suite des attentats de New York, ce fut la guerre, les guerres. Irak, Afghanistan.
De sordides bourbiers où des milliers d’innocents ont perdu la vie.

Les criminels instigateurs de la spectaculaire destruction des Twin Towers, eux, courent toujours, ou ont pavillon sur rue. Va savoir, on sait si peu de choses.
Spectaculaire, oui, il fallait bien que le monde entier assiste à cette horreur. Et s’en souvienne.

A qui profite le crime?
Certainement pas aux musulmans qui sont aujourd’hui victimes d’une infecte vague islamophobe.
Diviser les peuples pour mieux les écraser.

Et puis les sous-sols de certains pays recèlent d’énormes quantités de ressources énergétiques indispensables à la survie de l’économie néolibérale.

Ceci pourrait bien expliquer cela!

Alors la peur comme arme de soumission et quelques hochets pour distraire l’attention.

2001-2009 neuf années durant lesquelles  le capitalisme effréné, a montré son vrai visage.

Crise économique due aux « dérapages » néolibéraux, montée en force des religions dans  leurs versions les plus obscurantistes, chômage mondial, guerres, famines, maladies, émeutes, pollution de la terre, de l’air et des eaux.

Le bilan est désastreux. La planète est en train de devenir un cloaque, sa survie est menacée et une énorme part de l’humanité est en souffrance.

Les événements de 2001 nous le disaient déjà clairement.

Je reste convaincue qu’un monde différent est encore possible, qu’il naîtra sur les ruines.

Depuis ses débuts, l’humanité a toujours progressé vers plus de justice sociale. Des luttes faites de sang et de larmes qui ont apporté la liberté.

Nous sommes face à un ultime défi. Courage, ce ne sera pas facile!

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