Xénophobie (2)

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Les individus « de petite taille » à « la peau sombre » odieusement stigmatisés dans le texte cité dans mon dernier billet étaient italiens.
Le document est extrait d’un rapport que l’Inspection de l’Immigration a présenté au Congrès américain en Octobre 1912.

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Certains d’entre vous avaient deviné l’époque, d’autres la nationalité des personnes incriminées mais pour la plupart vous avez pensé ce texte plus récent, voire même contemporain et fustigeant les Rroms.

Rien d’étonnant à cela, cent ans plus tard, les victimes ont changé mais le discours xénophobe, lui, n’a pas pris une ride.
Il est toujours aussi haineux, empli de préjugés «  les flopées d’enfants sales et maladifs, les femmes sales et stupides, les hommes inquiétants et le tout noyé de saleté et de langues incompréhensibles. »
La connerie xénophobe n’a ni époque, ni frontières
. » (La Sardine)

On peut très bien imaginer un représentant de la Lega Nord (par exemple), tenir aujourd’hui un discours similaire et Internet regorge malheureusement d’éructations du même tonneau s’indignant de caractéristiques fantasmées attribuées à des ethnies ou des populations à qui de « braves européens » refusent d’accorder asile, préférant et de loin les laisser dépérir dans leurs contrées lointaines.

« Un bubon brun » qui « émane de la philosophie éternelle des grands penseurs occidentaux depuis “Je suis partout”, jusqu’aux décomplexés du gouvernement français, en passant par le discours ordinaire de nombreux édiles italiens » (Chomp).

Évidemment, constater qu’un siècle plus tard certaines mentalités, restées coincées au niveau zéro de l’humanisme, affichent toujours des opinions colonialistes et xénophobes est à la fois déprimant et inquiétant.

Il est affligeant aussi que des Italiens, dont les ancêtres ont tellement souffert de l’exil, de la xénophobie et de la misère, attribuent aveuglement à d’autres les travers jadis discernés à leurs parents.
Comme si l’histoire n’avait apporté ni réflexion ni compassion.

Ce n’est pas seulement en Amérique que les migrants italiens furent victimes de la xénophobie, l’accueil que leur réservèrent certains français ne fut pas des plus chaleureux.

A la fin du XIX siècle une vague xénophobe déferle sur la France, on prône la « chasse à l’Italien », aux nouveaux « Sarrasins » qui « volent le pain des Français ». L’italophobie atteint son paroxysme lors de la tragédie des salins d’Aigues-Mortes en 1893. Au nom de la « protection du travail national » entre 17 et 50 Italiens sont massacrés, une centaine sont blessés. Le 17 août  un commandant de gendarmerie écrit: “l’hostilité actuelle des ouvriers français contre les ouvriers italiens est arrivée à un tel degré de férocité que tout ouvrier italien qui serait rencontré isolément serait infailliblement massacré
Jugés en cour d’assise, les inculpés ont tous été acquittés. Les Italiens survivants ont été chassés.

Et pourtant et c’est là un élément qui rend optimiste, l’intégration des Italiens à la société française s’est parfaitement faite.
Comme elle s’est faite aux Etats-Unis où, entre 1880 et 1920, 4,5 millions d’Italiens se sont installés. Ils représentent aujourd’hui 5,6 % de la population du pays soit 15,7 millions d’habitants.

De tout temps des groupes humains se sont déplacés et mêlés à d’autres c’est ainsi que l’humanité s’est enrichie.

A l’heure actuelle les déséquilibres mondiaux ont rendu l’immigration inéluctable.
Se raccrocher à d’iniques « valeurs» coloniales , vouloir à tout prix sauvegarder son territoire de ce que certains assimilent à des invasions, se retrancher derrière des remparts hérissés de tessons de bouteilles, s’armer jusqu’aux dents, tout cela appartient à un stupide et dangereux combat d’arrière garde.
Un combat perdu d’avance mais dont, s’il perdure, nous subirons tous les conséquences.

Ce ne sont pas des murs qu’il faut construire mais des ponts.

Ni dévorer, ni se laisser dévorer mais construire ensemble un monde équilibré, solidaire, juste, démocratique où chaque humain aura sa place et où les différences seront respectées.

«Le métissage est l’avenir du monde, il porte en lui l’humanisme planétaire. L’homme mêlé est l’avenir de l’homme. » Edgar Morin

63 réflexions sur « Xénophobie (2) »

  1. J’aimerais bien savoir qui vous donne le droit, et d’où vous tirez la légitimité morale, de « construire un monde »… à partir de votre seul point de vue occidental. En voila une belle, de « valeur coloniale »…qui prône les différences, et cherche en même temps à les supprimer, puisque c’est l’effet réel du « métissage ».

    Pas sûr que le reste du monde s’en cogne, de votre bonne conscience repentante, et pas sûr non plus que vous puissiez grand chose au massacre à venir des « Italiens » de tous les peuples de la terre, qui n’ont pas, eux, une civilisation à défendre fondée sur le droit et la juste mesure des choses.

  2. @Pri

    « construire ensemble »

    apprenez donc à lire!

    votre com est inepte.

    chaque être humain, métissé ou non, ou différent des autres.

  3. J’avais très bien lu… et personne ne vous autorise à appliquer ce « ensemble » à une idée qui ne concerne que votre partie du monde, que votre partie de l’humanité, en excluant d’office tous ceux qui n’ont aucune envie de se « métisser ».

    Votre billet est ruisselant d’irénisme. 4,5 millions d’Italiens en 40 ans, mon Dieu, et vous osez comparer ça à la situation actuelle ?

    Des murs, vite, y-compris au milieu des ponts.

  4. @Pri

    Je m’autorise moi même que cela vous plaise ou non.

    Cet espace est le mien.

    Surtout ne vous métissez pas, il serait regrettable que d’autres soient contaminés par votre intolérance.

  5. Les pauvres Néandertaliens ont disparu faute de pouvoir se mélanger… Certains veulent les faire parler encore aujourd’hui, on connaît par coeur leur discours primitif et on sait où il mène.

  6. @bonjour mtislav

    Si l’humanisme et la raison font naufrage alors il y aura des guerres incessantes, des millions de personnes mourront de faim, sous les bombes ou de maladies, le taux de pollution de la planète deviendra insoutenable et les réserves d’eau se tariront.

    En moins d’un siècle l’humanité pourrait disparaitre. Le dire semble farfelu mais ça ne l’est pas.

    aujourd’hui nous avons encore (peut-être) la possibilité d’opter pour la paix, bientôt il sera trop tard.

  7. Ouai,mais,ce n’est surtout pas un comportement spécifique a l’occidental!
    Partout c’est le meme repli sur soit pour se protéger ,pour garder pour soit ses petites combines pourries ,ses petits avantagesprivés,ses secrets a la con ,ses biens matèriels et sentimentaux ……………………..
    Si un bouseux couvèrt de fric et de savoir mystèrieux ,se pointe dans un coin quelconque (goubi quelconque a la mode des dindons fièrs ),il ne peut qu’etre reçu les « bras » ouvèrts .
    En revanche le meme sans rien est rejeté sans égard ,voir chassé ou tué….etc…………..!
    Non, « l’humain » est partout le meme prédateur impitoyable 😀

  8. @le chouka

    « mais,ce n’est surtout pas un comportement spécifique a l’occidental! »

    certes, mais ça ne change rien à mon discours.

    c’est effectivement ensemble qu’il faut trouver le moyen de vivre en harmonie, sinon, point de salut

    « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »
    Martin Luther King

  9. Excellente, ta proposition d’énigme dans Xénophobie (1) et ta résolution de l’énigme, dans Xénophobie (2), excellente car ton exemple permet de faire du LIEN, des liens, beaucoup de liens, historiques, géographiques, humains, etc…

    Bien sûr, je me souviens du racisme banal, ordinaire, lorsque j’étais à l’école primaire, envers les enfants italiens, dans les années 50 encore…. Ce n’est pas si vieux tout ça et ça donne un peu le vertige de voir que ce sont toujours les mêmes mots pour ne pas voir les mêmes scandales de la misère dont nous sommes tous responsables…

  10. @merci Neige 🙂

    Oui, « l’italophobie « a duré jusqu’aux années 60 elle a été suivie de la « portugophobie »puis de « l’arabophobie », cette dernière est d’ailleurs loin d’être morte son dérivé se nomme « islamophobie »

    j’allais oublié, il y eut aussi la « piednoirophobie »

    la « Rromophobie » aussi se porte encore très bien.

    C’est triste, c’est pourquoi il ne faut pas baisser les bras mais au contraire, informer, dénoncer, trouver des pistes de réflexion et, surtout, ne pas se laisser museler, jamais.

    bonne journée, Neige (joli nom 🙂

  11. De toute façon, @ Celeste, il me semble que la ségrégation ,la mise a l’écart,la duperie,la brimade, etc,ont tellement d’avantages pour « l’ordre publique  » que c’en est un moyen de pression sur l’ensemble des gens qui travaillent peut etre ?
    En tout cas, je l’ai vérifié souvent 🙁
    En tout cas, un moyen pour faire accèpter les pires conditions de vie ? 😉
    C’est me semble t’il un moyen de tracer virtuellement des limites attendues (duplicité)et brimer (culpabiliser )ceux qui sont victimes des injustices que pèrmètent « les bonnes lois justes « ? :->
    Cèrte,ceux qui arrivent dans une région quelconque ,la gueule enfarinée de leur « campagne profonde » ,n’ont pas le langage,l’écriture, les bonnes manières ,les bons mensonges,les filières invisibles que sont les relations bien placées ……………,en plus « ils en chient « ,doivent tout payer au prix fort ,ce qui doit aussi les rendre bien moins serains et souriants peut etre que le citoyen « ordinaire « bien chez lui depuis « toujours  » ?
    A mon avis, ça pèse ça ? Non ?

  12. wouahou…j’aime bien quand tu me cites, ça fait genre… 🙂

    bon, sérieusement, bien sûr Pri n’est pas vraiment délicat dans sa façon de s’exprimer (c’est le moins que l’on puisse dire) mais il a soulevé un ou deux points pas stupides : comment ouvrir le monde et le métisser sans perdre les spécificités de chaque culture ? et surtout, il redit que ce problème de fermeture des frontières et de repli sur soi ne concerne pas que l’Europe occidentale et qu’il se trouve partout des empêcheurs de partager en rond. Et puis, et ça me touche, il parle de notre « bonne conscience repentante » et là, il n’a peut-être pas tort. Je ne suis pas sûre non plus que ce soit l’approche la plus constructive qui soit.
    Deux choses me gênent beaucoup dans cette notion de repentance :

    – Elle donne à croire que le l’écrasement des autres par le mépris et la supériorité culturelle revendiquées sont une invention franco-anglaise des Temps Modernes. Hélas, ni la colonisation, ni l’esclavage ne sont nés qu’en Europe.

    – Elle empêche une mise en valeur de nos propres acquis culturels : séparation de l’église et de l’Etat, place des femmes et des enfants dans la socièté, partage des pouvoirs, etc

    Je crois profondément au métissage et au partage mais on ne peut partager que ce qu’on est fiers de posséder.
    Le souci, pour moi, n’est pas l’existence de cultures définies et indigènes (dans le sens littéral de contraire d’exogène) mais de l’impossibilité de s’inscrire dans la plupart d’entre elles si l’on n’appartient pas, par la naissance, au groupe en question.

    Etant moi-même issue d’au moins deux cultures, si ce n’est trois(espagnole, pied-noir espagnole, vosgienne et française), je sais ce qu’il en coûte et ce que l’on gagne à n’appartenir à personne.

    sans compter que j’ai une « gueule d’arabe » assez frappante 🙂

    Alors, c’est vrai que mon monde idéal ressemble à un ensemble de cultures en mouvements, que l’on peut rejoindre et intéger sans rejet, sans racisme et sans peurs.
    Mais perdre la spécificité de chaque groupe humain me semble dangeureux et triste.

    Je ne rêve pas de voir toute la planète vibrer aux mêmes accords.
    Je rêve de voir le premier roseau du bagad de Lann-Bihoué, être d’origine bambara et beau comme un camion dans son gilet brodé.
    Je rêve qu’une petite basque courte sur pattes puisse danser à Bali.
    Je rêve qu’un arménien me fasse goûter un kouglof et me parle des dessins de Tomi Ungerrer.

    Et mon monde, ben, il est pas gagné… 🙁

  13. On prie pour que des gens comme Pri ne se trouvent jamais dans la situation, pour des raisons économiques, de devoir quitter leur maison, leur pays et aller chercher un « asile » ailleurs, au travers de difficultés la plupart du temps insurmontables.

  14. Merci Céleste, Neige a écrit ce que j’allais te dire à propos de ton billet en deux partie et de sa pertinence.

    Aller dans un autre monde pour sa survie est un acte de courage.

  15. Bien trouvé, cette mise en regard de la haine envers les Italiens, au siècle dernier, et du discours de la Lega Nord aujourd’hui à propos des Roms…

    Et pour les Italiens en France, la littérature xénophobe est d’une richesse à donner la nausée. « Ils déferlent comme des sauterelles », ils se reproduisent « comme des animaux », etc. C’était au début du XXe siècle.

    Au fait, bon courage, ce blogue semble avoir été victime du lourdissime Didier Goux, qui n’a rien de mieux à faire que de diriger ici ses trolls… Lamentable.

  16. @ La Sardine: C’est beau, ce monde. Ça donne envie.

    Et ça fait penser aussi à la situation de la France il y a environ un siècle, entre les différentes régions, où Provençaux, Picards, Corses, Basques, Auvergnats et Bretons avaient bien du mal à se comprendre, quand ils se retrouvaient brassés bon gré mal gré dans les faubourgs de la capitale où ils étaient partis chercher du travail, ou bien au service militaire ou dans l’administration, et où, quand le comique troupier chantait: « Et tout ça, ça fait d’excellents Français », il s’agissait bien sûr des différentes ethnies de l’Hexagone, avec leurs costumes folkloriques, leurs parlers et leurs coutumes bizarres…

  17. c’est élitiste à la lecture comme à la compréhension

    je n’aime pas la forme blog pour ses thèmes – trop court, trop juste et pas assez fouillé.

    presque génant!
    écrire en rouge est aussi troublant à un autre niveau

  18. @Céleste : étant moi-même descendant d’immigré italien, je trouve votre parallèle avec la situation actuelle de l’Europe particulièrement naïf et artificiel : d’abord les chiffres n’ont rien à voir, les Italiens sont venus au compte-goutte et avec la volonté de s’assimiler (par exemple, en donnant à leurs enfants des prénoms français) dans une société française qui n’avait alors pas honte de sa culture ni de ses racines, et pourtant, comme vous le signalez, il y a quand même eu des tensions, des ratonnades, des lynchages, etc. Donc, l’assimilation s’est faite, mais ça n’a rien à voir avec les flux migratoires actuels ni la substitution ethnique qui menace aujourd’hui les peuples d’Europe… @Irene : vous devriez surveiller mieux vos références : la chanson « ça fait d’excellents français » était chantée par Maurice Chevalier au moment de la guerre de 40 et c’est très clairement une invitation à ne pas faire la guerre contre les allemands, autrement dit c’est un hymne à la collaboration, dont Chevalier sera une star incontournable…

  19. @WST : les deux situations sont effectivements peu comparables en termes de quantité d’émigrants et des situations économiques nationales. Ce qui l’est, en revanche, et que Céleste a voulu, je crois, mettre en avant ici, c’est le regard porté sur « l’autre » et les raisons invoquées pour le rejeter.

    Concernant l’émigration italienne en France, elle est effectivement morcelée sur plus d’un siècle et tient, suivant les époques, autant à des raisons économiques que politiques.

    Si l’on veut trouver une situation plus comparable par ce que vous appelez « la substitution ethnique », je propose de regarder l’évolution de l’émigration espagnole en Algérie sous domination française et particulierement en Oranie. Les réactions de la presse et d’une partie de l’opinion publique sont éloquentes :

    « Aspect misérable, haillons sales, vêtus d’une couverture de grosse laine rouge, le
    mouchoir roulé autour de la taille, qui trahit son origine mauresque »
    « Sales, déguenillés, à l’air fier et en même temps féroces, ils croupissent dans
    la pauvreté et la misère, vivant dans des tanières, à la manière des animaux. Ce n’est pas
    la partie la plus intéressante de la population. Tous les vols et assassinats qui se
    commettent en ville leur sont attribués, le plus souvent avec raison. Ils jouent en effet du
    couteau catalan avec la plus extrême facilité. Ils portent le costume arabe  »
    selon Ferdane (Canezous en Barbarie)1949.

    « Ils viennent, sur cette terre d’Afrique où la
    vieille haine de leur race appréhendait toujours les traîtrises du maure ». selon Louis Bertrand (le Sang des races) 1899

    « Oran n’est ni française ni arabe. Les
    Espagnols, maîtres jadis d’Oran, le sont encore : batailleurs et turbulents, dont les
    sérénades nous cassent la tête, qui rossent nos agents. S’ils ne jouaient que de la guitare.Mais ils jouent aussi volontiers de la faca, ce petit couteau avec lequel ils savent si bien
    mettre du rouge sur les chemises blanches ». Un autre Bertrand ( l’Algérie qui s’en va )1887

    Ce péril espagnol inquiète les démographes, par exemple Demontes (Le Peuple
    Algérien, 1906).
    Ils sont encore majoritaires en Oranie en 1938, selon René Lespes (Oran, 1938).
    Ils représentent 24 % de la population, 41 % des naturalisés .Oran « est
    la ville la moins française des trois chefs-lieux de l’Oranie, ville franco-espagnole avec
    un cinquième seulement d’ascendance française ».

    « Par son tempérament fanatique et brutal, par son
    indolence, l’Espagnol est à demi africain » Desmontes.

    « toute la pouillerie d’Espagne en loques éclatantes et
    sordides » Jean Lorrain ( Heures d’Afrique) 1899

    Pour J. et J. Tharaud, la France est « la vache à lait de cette sale écume
    d’Italiens et d’Espagnols » (La Fête arabe)

    La loi de naturalisation automatique de 1889
    ne fera qu’attiser les craintes de politiciens comme Eugène Étienne qui craint le
    basculement du corps électoral.

    Il faudra la guerre de 14 et la grande proportion de jeunes engagés espagnols pour faire basculer un peu l’opinion . Qui ressortira les mêmes clichés avec les rappatriés en 62.

    Ma mère, née en 1934, se souvenait du terme de caracoles mais ne savait pas d’où il venait. Elle a été très émue et surprise lorsque je lui en ai fait lire l’explication.
    Ce dont elle se souvenait bien en revanche, c’était l’hermétisme des communautés et le mépris affiché des uns envers les autres.
    Et ce qui l’écoeure aujourd’hui, c’est de voir sa communauté d’origine perdre la mémoire et ne plus se souvenir que leurs arrières grands parents ont été des émigrés pauvres et non désirés par la France qui a tout fait pour les décourager.

    Parce qu’ils étaient pauvres, nombreux, envahissants et trop différents…

    Bon, j’ai déjà occupé trop d’espace ici pour un dimanche matin. Je vous présente mes excuses mais ce sujet me tient un tantinet à coeur, faudra que je me décide un jour à écrire vraiment là-dessus.

  20. A ce propos, j’aime rappeler que c’est siuvent en définitive chacun pour soit,chacun pour sa peau, chacun pour sa poche etc……..
    Le rèste qui se résume par un indescent « tous ensemble « bien pèrfide ,ne sèrt le plus souvent que les plus malins bien au fait des combines pourries, il me semble ?
    Pour moi, il y a bien une profonde cassure entre ceux qui vivent de leur travail, et ceux qui ont tout et exploitent les travaileurs par la force violente ……………………. 🙂

  21. @l’paysan / La cagoule est interdite.
    @MST/ c’est pas terrible cette expression  » substitution ethnique » ? c’est quoi ton ethnie à toi? Je vous conseille à tous les deux de prendre la mappemonde lumineuse dans la chambre de vos petits enfants(ou arrières…) voilà vous vous détendez maintenant. Disons que pour un chinois la différence entres tous les pékins (hi hi) logés autour du trou de la méditérannée…ben la différence n’est pas flagrante.
    J’adore la musique africaine et je m’essaie depuis quelque temps dejà à la sanza…J’aimerais bien comprendre un peu la musique chinoise ( j’ai pas dit asiatique hein!) afin d’en profiter avec joie aussi…comme chacun sait j’ai un petit penchant pour la musique de la region irak iran kurdistan et turquie…ça sonne comme le blues (tiens donc) à mes oreilles…Je suis totalement hermétique à l’amerique du sud et même l’espagne aussi du coup( le tango m’emmerde et je le dis) .
    Il y a la littérature aussi ….et là j’adore l’amerique du sud…et les auteurs des « pays de l’est » aussi(Sandor Tar un régal)…
    Et puis et puis…j’en veux encore et encore …et ma vie ne sera pas assez longue…
    Vous m’emmerdez avec vos histoires…
    Je me tape de ce qu’on appelle « culture » ce n’est pas un mot que j’aime en fait. J’aime le mélange des mots des sons..le partage…le cadeau…Que tout se mélange et ce sera très bien comme ça. Il faut bien que ça évolue vers autre chose non…Chacun sa sensibilité et voilà tout.
    Je vais ai pas dit que j’adorais l’Histoire…Si Si l’Histoire de France…J’adore …mais ça je crois que c’est après 50 ans qu’on s’intéresse un peu à la terre où l’on va être enterré…J’suis con hein 😉
    Moi aussi je suis long là …mais c’est dimanche …y’a personne…je ne sais pas où « ils » sont .

  22. @dom
    il faut déveloper quand même.
    cagoule : extrême-droite, fnsea, lycéen en colère!

    donc un jeu de mots comme çà?

  23. @dom 🙂

    moi je suis là et j’aime beaucoup ce que tu as écrit.

    comme j’aime ce qu’a écrit la Sardine et aussi les mots d’Irène, ceux d’Agathe, de Dominique, du Chouka

    Bon dimanche à toustes.
    Il fait un temps superbe et cet après-midi j’irai à une fête dans jardin…

    C’est chouette la vie!

  24. dom’

    ce texte est compliqué, insuffisant, mais c’est un blog alors l’espace privé de loisirs paut être un espace d’expression

    j’exprime ce que je pense.

    je déteste écrire en rouge – je le dis! super trollage!

    tu es anonyme aussi, et pourtant le soleil est chez moi

    allez basta

  25. @paysan

    je ne vous suis pas très bien, voire même pas du tout

    mais désolée pour le rouge, je n’aime pas trop non plus mais je ne sais pas comment changer la couleur.

  26. @l’paysan/ Un mot qdm, je ne suis absolument pas anonyme car on peut me contacter en cliquant sur le lien Dom (en bleu) qui ouvre « un espace privé de loisirs » …mais bon je sais que c’est un peu lège pour toi 🙂

  27. @Dom : vous pouvez aimer des cultures lointaines, apprécier des musiques d’ici ou là, très bien et peu importe, ce n’est pas de ça que je parlais. L’expression de « substitution ethnique » est peut-être choquante, mais décrit pourtant un phénomène bien réél, à savoir que d’ici deux, peut-être trois générations, une cinquantaine d’années au plus tard, les européens « de souche » seront minoritaires sur leurs propres terres d’origine… Et s’il est acceptable de déplorer par exemple le génocide amérindien, en revanche la fin programmée d’un certain socle ethnique en Europe est un sujet tabou : je ne trouve pas ça normal…

  28. @wsp

    « Et s’il est acceptable de déplorer par exemple le génocide amérindien »

    comment pouvez-vous comparer un génocide et le métissage?

    le métissage est pacifique, doux, il nait de l’amour entre deux personnes.

    le génocide est un massacre.

    je n’aime pas du tout l’idéologie qui sous-tend vos propos.

  29. Un génocide est un acte délibéré, organisé par un état ou un groupe déterminé en vue d’éliminer physiquement un autre groupe.

    « un phénomène bien réél, à savoir que d’ici deux, peut-être trois générations, une cinquantaine d’années au plus tard, les européens “de souche” seront minoritaires sur leurs propres terres d’origine…  »

    Ce n’est pas faux, mais cela fait partie aussi d’une évolution historique normale.
    Au cours des millénaires, les substrats humains se sont toujours mélangés et fondus les uns dans les autres : les indos-européens s’installent dans un espace géographique peuplé d’autochtones qu’ils vont absorber allégrement. Les romains mettent l’Europe à feu et à sang, s’installent partout et imposent leurs lois et coutumes. Les goths, wisigoths, ostrogoths et autres vandales et alains vont se promener partout, des steppes à la Tunisie et se mélanger allègrement avec tous ceux (et celles) qu’ils trouvent sur leur chemin. Je ne te remonte pas toute l’histoire du peuplement fançais mais c’est plus que certainement le plus complexe de toute l’histoire européenne.

    La différence avec aujourd’hui, c’est qu’à l’époque, une population poussée par la faim et le manque de moyens ne se pose pas beaucoup de questions et s’installe les armes à la main là où elle le peut.

    Tu parles d’un « certain socle ethnique en Europe », mais ce socle est lui-même issu de ces mélanges.

    Les cas de « socles purs » sont plus que rares en Europe si l’on exepte les baltes, les scandinaves et les basques…

    Quant aux européens eux-mêmes, on les retrouve sur tous les continents depuis au moins trois siècles et cette « ethnie » n’est pas près de disparaitre.

    L’Europe où nous sommes nés change de visage. C’est vrai mais ce n’est pas forcément tragique.

    A nous de faire en sorte que ce changement soit une force.

  30. C’est cela, ce qu’écrit @wst, l’incapacité de se situer comme simple élément de l’humanité mais au contraire focaliser sur sa propre identité au détriment de celle des autres.

  31. c’est peut-être pas si simple.
    La peur de perdre son identité profonde est une peur parfaitement compréhensib.
    Le choix de la forme de défense fait, pour moi toute la différence.
    Je n’ai pas non plus envie de perdre mes racines et ma culture, mais je sais d’avance qu’il ne sert à rien de se refermer sur soi-même pour se protéger.
    Cela ne fonctionne pas, n’a jamais fonctionné.

    Mais, il est me semble important aussi de connaitre et d’aimer sa propre culture, sa propre histoire si on veut pouvoir la partager avec les autres.

  32. je n’ai pas envie d’établir d’échelles de valeurs pour les cultures humaines.
    tu sais que l’Histoire (et celle de l’Europe proto-historique en particulier) est une de mes passions.
    s’il y a une chose que l’étude de temps très longs m’a amené, c’est la certitude que tous les peuples qui forment l’humanité ont fait preuve alternativement de grandeur et de mesquinerie atroce.
    J’ai un gros problème avec la repentance et l’auto-critique car je crains, qu’à long terme, au lieu d’aider les autres peuples et de s’ouvrir à eux, on ne fasse que leur faire porter notre propre culpabilité.
    J’ai envie de partage et de curiosité de tous les côtès.
    Je me méfie de toutes formes de hierarchie et de classement.

  33. Céleste,
    Quelques mots en passant :
    – La « phobie » est une pathologie d’ordre psychiatrique. Le « racisme » consiste à croire que les différentes races humaines entrent dans une hiérarchie qui va de la noblesse à l’animalité.
    – Que reste-t-il de la Diversité quand on a métissé tout le monde ? Réponse : rien.
    – Comment appelle-t-on la croyance en un monde meilleur parce que débarrassé des différenciations auxquelles on attribue l’existence de conflits ? Le totalitarisme. Concrètement, ça se matérialise par la guillotine, les purges, les stalags, les goulags, la police de la pensée, bref l’élimination pure et simple de tout ce qui dépasse hors du moule.

    – Et si nous métissions les Masaï avec les Hmongs et les Quechuas avec les Hutus, ça ne vous chatouillerait pas quelque part, au niveau de la protection des cultures, des ethnies, de la Diversité du genre humain ?

  34. @wst….Vous vous doutez bien que je m’en tape completement des racines des souches des branches et des feuilles …Je remarque que c’est juste un peu asexué.
    Pour le reste comme Céleste et la Sardine disent ce que j’en pense…

  35. A titre personnel, je ne veux pas d’un monde culturellement indifférencié, bien au contraire.
    Il ne faut pas confondre métissage des origines ethniques et indifférenciation culturelle.

    Votre définition du racisme est parfaite.
    Et c’est bien cette hiérarchisation je refuse.

    Mais l’égalitarisme racial n’empêche pas les différenciations culturelles .

    La culture se définit par un ensemble de codes, de compétences techniques et de croyances spirituelles qui peuvent parfaitement se transmettre à des élements exogènes au groupe créateur.

    Elle peut donc se partager à l’infini sans jamais perdre sa force ni sa spécificité.

    Mais, ce partage, pour moi évident, se heurte souvent ce que j’appele la loi des origines : il n’est pas mieux vu d’être un rasta blanc qui chante le reagge que de vouloir intégrer un groupe de danses folkloriques alsacien si tu es noire.

    Ce sont des exemples caricaturaux et rigolos, mais ils sont parlants.

    A l’heure actuelle, de grandes danseuses de danse égyptienne sont japonaises ou polonaises. On trouve des sumo du Pacifique et la plus pure des musiques religieuses baroques se joue dans les Andes. Je connais des groupes vocaux occitans dont certains membres sont picards, allemand et libanais.

    Ne plus différencier origines les humains, ne plus les hiérarchiser mais revendiquer tous particularismes culturels qui soient.

  36. vite fait:

    @fromage

    caricatural, La sardine vous a fort bien répondu en développant des arguments que je partage mais que je n’avais pas développé dans le billet . celui-ci devant à mon sens être court et clair, sinon personne (ou presque) ne le lit en entier.

    @Sardine toujours

    « J’ai un gros problème avec la repentance et l’auto-critique »

    oui, moi aussi, mais rappeler un massacre ou un génocide commis par ses compatriotes n’est pas faire acte de repentance, c’est dénoncer pour chercher à comprendre comment le mal est venu.

    Dans le cas du massacre d’Aigues Mortes, le massacre a été commis en période de crise économique et sociale.

    Nous sommes de nouveau en période de crise et les mécanismes d’exclusion commencent déjà à se répéter.

    C’est pourquoi rappeler l’histoire n’est à mon sens pas vain.

    comme disait le vieux Karl
    « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. »

  37. Céleste,
    Quelle repentance pour la Ciociara ? Quelle repentance pour les massacres de septembre ? Quelle repentance pour les Colonnes Infernales ? Quelle repentance pour la mise à sac de milliers d’églises pendant la Réforme protestante ? Quelle repentance pour les églises, monastères, couvents incendiés par les musulmans au Kosovo ?
    Des clous !

  38. Quelle repentance pour le sac de Béziers dont l’anniversaire tombe cette année ?

    C’est ridicule de faire un concours de repentance. C’est bien pour cela que cette notion m’em….Braudel disait qu’être historien imposait de se durcir le coeur et parfois je me dis qu’il a raison.

    Tous les peuples, toutes les idéologies, toutes les croyances, toutes les communautés, nations, tribus et civilisations sont coupables et responsables de massacres et d’exploitations des autres.

    Si nous n’arrivons pas à sortir de ce schéma du « j’suis plus innocent que toi » personne ne pourra avancer.

  39. @évidemment d’accord avec la plus belle des sardines de Marseille.

    La repentance ce n’est pas mon truc.

    Aider, dans la mesure des moyens, les autres à mieux vivre oui.

    pas par repentance, par solidarité.

    c’est tout

  40. Sardine,
    Je suis bien d’accord avec vous ! Mais les exclus de la compétition mémorielle révèlent en négatif tout le mépris qu’on leur exprime. Blanc, catholique, mâle ; salaud, salaud, salaud.

  41. Disons que les exclus en question découvrent depuis quelques années ce que d’autres groupes humains subissaient depuis longtemps…

    Je me refuse à juger le ressenti d’injustice que chacun d’entre noux peut avoir.

    Toutes les douleurs sont respectables.

    Mais, si nous sommes d’accord pour dire que le monde dans son ensemble aborde une mutation dont l’issue nous est à tous inconnue, alors, il est temps de sortir de ce combat sans fin, de cette course à la faute de l’autre (ou à la sienne propre en matière de repentance.)

    L’énergie dépensée à dénoncer le camp d’en face est un des pires gaspillage que je connaisse.

    Nous n’appartenons pas aux mêmes courants de pensée, nous n’avons pas le même rêve d’avenir pour l’humanité, nous nous combattons et cela je ne le nie pas.

    Mais je n’ai pas envie de me poser en victime ou en bourreau.

    Ici, il y a une phrase que j’aime bien : « Je crains degun et degun me craint ! »

    Débattons, combattons, fritons-nous si nécessaire mais je ne rentre plus dans le décompte des points de souffrance.

  42. c’est également l’époque (celle du texte) où les sociologues et journalistes se plaignaient que à la différence des autres immigrés (lesquels ? les flamands ? dont on écrivait en 1890 que c’étaient « des barbares innassimilables » ?) les italiens refusaient de s’ intégrer, qu’ils restaient entre eux, etc.
    Plus tard vers 1950 on ne disait plus ça !
    Par contre on disait la même chose des …. polonais. Qu’ils vivent entre eux, continuent à parler polonais, les femmes ne sortent pas de chez elles et ne savent que le polonais, ils se marient entre eux, ont des prêtres polonais, des églises polonaises, ne sont pas de bons patriotes, constituent une communauté étrangère en France, etc . Amusant non ?
    maintenant on dit la même chose sur d’autres gens encore !
    ah oui ! il y a eu aussi une étude sociologique du même genre vers 1950 aussi je crois, sur les arméniens, qui se plaignait en plus du manque de mariages mixtes, car les françaises qui épousaient des arméniens se retrouvaient dans des familles patriarcales où les femmes sont soumises !
    Je croix qu’il n’y aura jamais d’intégration là non plus !
    Pauvre Aznavour !

  43. Bonjour,
    Je viens de lire votre oeuvre : Yvette et les garçons.
    J’ai beaucoup aimé.
    L’humour décapant mélangé à la tendresse plus deux zestes d’ironie, votre histoire se lit comme un bon polard.
    C’est enlevé, frais, souvent vécu, bref un vrai chef-d’oeuvre.
    J’essaie de mon coté d’aligner quelques lignes mais … … … non, je suis ridicule à coté de vous.
    Même pas à la cheville !
    Bravo, continuez.

  44. Vous êtes sottement tombée dans le piège: l’islamophobie n’est pas une forme de racisme, c’est le rejet d’une religion/idéologie qui cherche à soumettre toutes les autres formes de pensée.
    Qui dit cela: les non-musulmans? Non, les disciples de Mahomet. Et ils le disent franchement lorsqu’ils en parlent entre eux, dans leurs prêches, leurs mosquées, leur articles, leur blogs.
    Apprenez-donc l’arabe et lisez le Coran.

    Cessez donc d’être le futur mouton sacrificiel.
    L’islamophobie, c’est la défense de notre civilisation, de nos droits et de nos conquêtes.
    Votre « humanisme » ça les fait bien rire.

  45. Mon grand-père était normand et ma grand-mère paternelle angevine. Ils se sont « métissés » et je suis fier de rencontrer les habitants de ces deux villages et leur rappeler que je suis « un enfant du pays ».

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