Le garçon roumain, la dame rousse et les artichauts

Hier, comme souvent le samedi, je suis allée faire quelques courses au Conad, le supermarché de mon quartier.
En entrant dans le magasin j’ai aperçu le garçon roumain. Debout près des chariots , il tendait à l’éventuelle générosité des passants une soucoupe en plastique garnie de quelques pièces.
Je lui ai fait un petit signe de la main pour lui faire comprendre que je passerai le voir après les courses et un sourire a fugitivement éclairé son visage maigre.
Il ne parle que quelques mots d’italien mais au fil de nos rencontres, lui posté à côté de la file de chariots et moi décrochant ou raccrochant le mien, il m’a expliqué qu’il a seize ans, qu’il est seul en Italie, chargé par sa famille de gagner quelque argent, qu’il dort ici et là, dans des foyers pour indigents ou dans de sommaires cabanes que d’autres roumains ont construites sur les berges du fleuve.
Il m’a dit son prénom aussi, plusieurs fois, mais comme celui-ci est long et compliqué ma mémoire ne l’a pas capté alors pour moi il est « le garçon roumain ».

J’ai sillonné le supermarché bondé. Au rayon fruits et légumes j’ai acheté des oranges pour le garçon roumain et j’ai discuté avec la dame rousse. Elle, je la rencontre à chaque fois que je viens au Conad et à chaque fois, amusées par cette curieuse coïncidence, nous menons un brin de discussion. Hier nous avons échangé des recettes d’artichauts : elle les prépare à la mode sarde* et moi à la vénitienne*. Finalement nous avons convenu de concert que les artichauts en question étaient trop chers et nous les avons laissés dans leur cagette avant de partir chacune de notre côté.*
C’est une belle femme d’une soixantaine d’année, empreinte de cette assurance évidente et tranquille que donne un compte en banque bien fourni. Sans être luxueux ses vêtements sont cossus et jamais d’indélicates racines blanches ne marquent sa chevelure joliment teinte.
Il ne me viendrait pas à l’esprit de développer une relation plus suivie mais j’ai toujours plaisir à papoter avec elle.

Mes achats payés je suis sortie du magasin et me suis dirigée droit vers le garçon roumain. Je lui ai donné un euro et le sachet d’oranges. Il m’a remerciée et je lui ai, rituellement, demandé comment il allait. Il a eu un petit sourire triste et il a haussé les épaules. J’ai dit « Ça va aller un peu mieux maintenant, le printemps arrive, il fera moins froid ! ».
Pauvres mots futiles qui n’ont d’autre but que de transmettre un peu (si peu) de solidarité.

En rejoignant mon vélo, j’ai entendu le rythme vif de pas qui se rapprochaient, c’était la dame rousse qui, arrivée à ma hauteur et sûre de son fait, s’est exclamée :

«-   Comme ils sont nombreux maintenant !
–    Qui ? ai-je demandé d’un ton faussement ingénu car déjà je pressentais la suite du discours.
–    Les étrangers ! Il y en a partout ! On ne peut pas faire trois pas sans les voir mendier !
–    Oui, ils sont très nombreux, ils sont pauvres et ils ont faim.
–    Avant, a continué la dame, je faisais comme vous, je donnais quelque chose, mais plus maintenant, il y en a trop, ce n’est plus possible ! »
Et moi, imperturbablement aimable, le sourire vissé aux lèvres.
–    Oui, vous avez raison, l’état doit les aider davantage, cette injustice est choquante.
–    Non, il ne faut pas les aider. Le gouvernement doit les chasser, les renvoyer chez eux sinon bientôt on sera envahis, on ne sera plus en Italie ! »
Alors là j’ai pris mon souffle et gentiment, d’une voix posée et en articulant bien,  j’ai déclaré :
–    Et bien moi je suis française et je vis en Italie. Je pense que tous les habitants de la planète doivent avoir les mêmes droits que moi et que nous devons être tous solidaires pour les accueillir et les aider à vivre mieux. »
La dame rousse m’a regardée d’un air surpris, visiblement, elle avait imaginé une autre réaction. J’ai ajouté :
–    Je suis désolée mais nous ne sommes pas du même avis.
–    Je vois ! » a-t-elle dit, décontenancée.

Et puis, un peu plus loin, un coup de klaxon a retenti. C’était son mari, juché dans un tank urbain noir dont le capot arborait les trois lettres BMW, qui lui signifiait qu’il était temps de mettre fin à la discussion car il en avait marre d’attendre.
Elle m’a adressé un bref signe de tête puis a tourné les talons et trottiné jusqu’à la voiture.

Me parlera-t-elle, la prochaine fois que nous nous croiserons dans le supermarché ?

*Artichauts à la sarde :
Choisir des artichauts d’une variété petite aux feuilles piquantes. Enlever les feuilles les plus dures puis débiter le tout en julienne (fond compris). Ajouter de la poutargue émiettée, de l’huile d’olive, un filet de jus de citron, du sel et du poivre. Laisser mariner au moins deux heures.

*Artichauts à la vénitienne :
Choisir de gros artichauts (genre breton), et enlever toutes les feuilles pour ne garder que le fond (sinon les acheter directement, tout nettoyés, à Venise où les marchands les conservent dans des bassines d’eau). Faire rapidement sauter les fonds dans de l’huile d’olive, ajouter de l’eau, du sel, du poivre et du persil, recouvrir et laisser mijoter une quinzaine de minutes.

* En réponse à une question qu’une lectrice ne m’a pas posée.

A vous, deux questions :
Avez-vous vous aussi noté avec quelle assurance tranquille les propos égoïstes et xénophobes sont de plus en plus souvent  énoncés ?
Comment préparez-vous les artichauts ?

Et pour finir la parole de quelqu’un qui n’en finit pas de nous manquer:

« Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! »
Coluche

65 réflexions au sujet de « Le garçon roumain, la dame rousse et les artichauts »

  1. Question N°2:
    – cuits à la vapeur et ensuite mangés feuille à feuille à la vinaigrette, ou en tagine avec agneau, petits-pois, pommes-de-terre et pas mal de citron.

    Question N°1:
    – Avant que de lire ta question, je me suis posée celle de savoir ce qui l’autorisait à venir te voir pour se plaindre du nombre croissant de ces étrangers. Parce que vous vous ressemblez, elle a présumé d’une certaine connivence?
    Quand les Italiens ont-ils basculé du côté obscur pour devenir si petits et si mesquins?
    Pour ne pas te rassurer, vos voisins du nord, j’ai nommé les Suisses, énoncent tout aussi sereinement le même genre de réflexions et sont pris de tremblements à l’évocation de l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Espace Schengen.

    Il est loin le temps de Coluche.

  2. @coucou Malak 🙂

    Les artichauts en tajine avec de l’agneau, ça doit être drôlement bon 🙂
    Parfois je les faits avec des pâtes, ou en risotto, c’est bon aussi.

    « Avant que de lire ta question, je me suis posée celle de savoir ce qui l’autorisait à venir te voir pour se plaindre du nombre croissant de ces étrangers. Parce que vous vous ressemblez, elle a présumé d’une certaine connivence? »

    Nous ne nous ressemblons pas vraiment, elle est nettement plus chicos-classique que moi – plus âgée aussi – mais nous causons de futilités, d’où cette connivence qu’elle a imaginée.
    Mais c’est peut-être encore pire, peut-être qu’elle n’imagine pas qu’une personne comme moi, je lui ai déjà dit que je suis prof, puisse ne pas penser comme elle.

    Ce qu’elle dit au sujet des étrangers est pour elle évident, probablement dans son milieu tout le monde tient le même raisonnement (si on peut appeler raisonnement une réaction épidermique égoïste).

    Comme ce que tu écris des Suisses.
    Un truc comme:
    Les étrangers n’ont pas de place dans nos riches contrées et on ne va quand même pas acheter moins de brioche pour qu’ils puissent manger du pain!

    C’est très inquiétant, cette complicité passive , cette indifférence aux malheurs d’autrui.

  3. Moi, j’ai au contraire l’impression que pour cette dame, le discours qu’elle t’a tenu ne coule pas de source. Elle donnait, elle ne donne plus. On dirait plutôt qu’elle n’assume pas complètement ce changement et cherche à se justifier à ses propres yeux. C’était important pour elle puisqu’elle a bravé pour ça l’impatience de Monsieur…

    Elle a espéré ton aide, car sans vous ressembler, vous avez quelque chose en commun, l’amour de la cuisine et des artichauts. Elle a été déçue, puisque tu ne l’as ni confirmée, ni agressée (ce qui lui aurait également permis de se sentir justifiée). Donc sa question reste entière… à elle de s’en dépêtrer.

    Moi, j’aime bien ces « amitiés » qui ne sont superficielles qu’en apparence. Et encore une fois, la cuisine joue son rôle de passeuse de frontières (de classe, cette fois).

    Tu nous diras si elle te parle à nouveau, et de quoi?

  4. Oui les gens racistes trouvent leur pensée normale. Comme les gens qui parlent des français noirs ou « d’origine » (asiatique, maghrébine ect) en disant « africain, arabes ou des chinois ». Tant de bêtise me laisse régulièrement pantoise et quand par hasard j’accepte d’adresser la parole à ce genre de personnes pour leur répondre c’est toujours avec une méchanceté dont je vais puiser l’infinitude dans leur connerie.

    Je ne mange pas d’artichauts en souvenir de mon grand père. Tant qu’il sera mort je ne mangerai plus d’artichauts. 🙂

  5. @Falbala

    « Oui les gens racistes trouvent leur pensée normale. »

    C’est relativement récent. Je me souviens quand j’étais jeune le racisme ne s’affichait pas aussi ouvertement, ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il n’existait pas, il rampait, s’exprimait à demi-mots entre individus du même acabit.

    Maintenant au contraire ses thèses s’expriment librement, au grand jour et c’est au contraire l’antiracisme qui est de plus en plus stigmatisé.

    Sale époque 🙁

  6. Fragment d’un poêmuscule écrit il y a un vingtaine d’années :

    « Je les vois tous marchant
    Les yeux morts
    au rythme de je ne sais quel pas-de-l’oie intérieur …
    Vers quels abîmes ? »

    Les rhinocéros de Ionesco apparaissent un par un,
    devenant LE modèle …

    Voilà pour ta question n°1

    Pour la seconde :
    Exclusivement en songe,
    et encore a-t-il fallu ta suggestion,
    car ça ne m’est pas encore arrivé dans ce monde.

  7. @jardin

    j’ai pensé aussi à l’analyse que tu proposes mais son visage fermé quand elle s’est éloignée m’a fait pencher vers une autre direction, d’habitude elle est toujours souriante.

    au fond, j’attends surtout de la rencontrer à nouveau.

    je serais ravie et c’est bien pour cela que je lui ai exposé très gentiment et calmement mes arguments (je suis toujours pour la discussion aimable), donc je serai ravie que la prochaine fois nous parlions tranquillement et peut-être, effectivement (c’est le but) son opinion pourrait se nuancer, voire même changer, on peut rêver.

    Ceci dit son discours était très catégorique 🙁

    Moi aussi j’aime bien ces amitiés superficielle, au Conad je discute avec tout le monde, caissières, employés qui vaquent dans les rayons, Monsieur jambon etc…

  8. @Chomp

    les rhinocéros de Ionesco…Parfait!
    ça fait un moment que j’envisage d’écrire un texte faisant un parallèle entre ceux de Ionesco et celleux que je croise dans ma vie quotidienne.

    bon, si j’ai bien compris la cuisine c’est pas ton truc, ou c’est seulement une allergie aux artichauts?

  9. Incorrigible optimiste je pense qu’il est possible que tu aies instillé le doute dans la tête de cette dame et qu’elle revienne sur ses à-priori.
    En Italie, j’imagine que ça doit être dur pour ces étrangers sans ressources.
    En France, Carlito a beau se Berlusconiser, je pense qu’il y a beaucoup de gens comme toi … des genres de « délinquants sociaux ».

    Pour ce qui est des artichauts, je les mange généralement comme Malak, cuits à la vapeur, dégusté feuille à feuille puis je finis avec le fond dans ma vinaigrette. Je les mange plus rarement en légumes d’accompagnement.
    Hélas, je ne cuisine pas, je me contente de manger. :o)

  10. @bonsoir Claudius

    J’aimerais bien avoir instillé le doute 🙂

    La vie des étrangers en Italie est en train de virer à l’enfer, discriminés, rejetés et maintenant privés de soins médicaux si ils sont clandestins.

    enfin je parle des étrangers pauvres, bien sûr 🙁

    en Italie aussi il y a beaucoup de « délinquants sociaux » mais pas de bol, nous sommes nettement minoritaires, c’est pourquoi je ne laisse jamais passer une occasion d’expliquer paisiblement et aimablement mon point de vue;

    En ce moment et ce sera de pire en pire, il y a énormément de mendiants ou vendeurs de bricoles à Bologne (et partout en Italie)

    C’est vraiment inquiétant car les Italiens se ferment de plus en plus.
    Comme me l’a dit la dame rousse « Avant je donnais, mais plus maintenant ».

  11. @Celeste
    🙂
    Pas d’allergie aux artichauds.
    Je les ai seulement craint toute ma jeunesse (on m’a sans doute un peu trop dit que c’était délicieux, et j’ai la fibre sceptique, quelque part …), et par la suite j’ai dû en gratter quelques feuilles « à la Claudius »…
    Cela dit la cuisine, comme le tricot, (et tout ce qui relève des tissus et des fringues) sont des « programmes » dont j’ai été très gentiment, mais catégoriquement écarté gamin …
    Me suis vengé sur le Meccano, l’electricité et le piano, mais le mal était fait, je suis resté un béotien incurable …

    La rationalité est un principe général d’optimisation de l’énergie intellectuelle (à efficience égale, on choisit les formules les plus simples)
    Dans un contexte où la peur et le stress deviennent les outils princeps des gouvernements, cette énergie est à son étiage, aussi le raisonnement se réduit à la force bestiale des grosses idées toutes faites, simples, binaire (pour/contre, etc) fédérant les grognes à bas prix sans recours à une complexité de calcul désormais tenue pour méprisable et réservée aux intellos, ringardisés ou traités d' »inutiles ». Une pensée réduite à des slogans,
    des clairons et leurs zimboumboum toujours moins onéreux que Puccini …
    C’est pour ça qu’on assiste, non pas à une vraie baisse subjective des capacités individuelles des gens, (la dame dont tu parles peut peut-être encore réfléchir, en fait, t’as raison de parier là-dessus) mais à la « barbarisation » des discours communs;
    Cela est le fonctionnement logique des populismes, comme le Berluskozisme.
    Fabrication d’une doxa mécanique et simpliste.
    Une incitation à la radicalité, par de grandes gueules manipulatrices et sans scrupule, donne une impression de force collective qui rassure, en anesthésiant les trouilles fondamentales qui grimpent chez les individus.
    Si une société peut être regardée comme un organisme, ALORS il y a aussi à examiner ce que peuvent être ses pathologies;
    Non pour dédouanner les individus, mais pour comprendre que l’organisme en question est susceptible de pathologies, et également de pathologies mentales si on tient cette société pour un organisme conscient.
    Lourdes.
    Les individus se fréquentant dans la même « folie », elle leur est mutuellement transparente,
    et peut donc se répandre et perdurer longtemps avant que l’évidence du désastre oblige enfin à oser penser rétrospectivement le grand élan commun, si partagé, si glorieux, si fédérateur, comme un effondrement délirant
    Restera alors aux survivants à gérer l’aspect insupportable de la mémoire des choses qu’ils auront traversées, certains faisant de cette mémoire un devoir, d’autres préférant la refouler, ou pire la « réviser » …

  12. Par ressemblance j’entendais certaines similarités physiques et culturelles, façon « Européennes bon teint du Traité de Rome 1957 ».
    M’est avis que tu aurais présenté de quelconques affinités, physiques ou culturelles, avec Bandung 1955, eh bien tu n’aurais eu droit ni à ses confidences, ni à la recette des artichauts à la Sarde.

  13. @Chomp
    « Fabrication d’une doxa mécanique et simpliste. »

    c’est tout à fait ça.
    merci de ce beau com.

    @Malak

    tu as totalement raison!
    a Bololgne il y a peu d’étrangers, pas beaucoup de pauvres et dans la zone où je suis, encore moins.
    tous les gens se ressemblent ( Européens etc…) sont vêtus presque pareil, peu d’éléments les différencient, alors on s’attache aux détails.

    quand je voyage, même si je vais à Nice, la société qui m’entoure est complètement différente, beaucoup plus variée, mixte, colorée et j’aime, c’est un soulagement pour moi de me trouver dans un bain multiethnique, multiculturel.

    La dame rousse est sympathique avec les employés du Conad, elle parle toujours avec les caissières, elle plaisante. Beaucoup d’autres clients, non seulement ne le font pas mais sont odieux.

  14. Des affinités aussi superficielles qu’une recette. Un attirance née d’un visage avenant ou d’un sourire et l’on regrette souvent de découvrir l’autre, cet autre dont l’abord paraissait doux. Ce que tu as dit à cette femme fera peut être son chemin ou pas … Qui sait ?

  15. Merci Chomp, post très lucide qui me plait.
    Celeste,
    « «- Comme ils sont nombreux maintenant !
    – Qui ? ai-je demandé d’un ton faussement ingénu car déjà je pressentais la suite du discours. »

    Je te comprends si bien : cela m’arrive toujours ainsi, ça se coince en moi suite à une question ou affirmation anodine en apparence, car bien sûr tout est déjà dit dedans.
    Et j’ai du mal à rester calme – ce qui est indispensable pourtant.
    Cela va pour les étrangers mais aussi pour tous ces « assistés » à qui s’est la faute d’être : chômeur, pauvre, reclus, alcoolique, profiteur du système – liste à complèter.

    Un truc aussi, genre au bar d’un café de banlieue d’où une belle mama africaine repart : « Ouais, il paraît qu’ils ont 35000 € d’aide sociale par mois, avec 10 gamins. »
    Comment on peut dire – et croire – des nouillitudes pareilles ?!?

    Pour les artichauds, mon grand-père me racontait cette recette, quand j’étais petit :
    Soudain, un bruit ! Un homme apparaît un couteau à la main et l’enfonça dans le cœur d’un vieillard… tichaud ! ». Sinon, « à la feignasse », cru ou cuit, en l’effeuillant et le mangeant en sauce vinegrette.

  16. Moi, je choisi toujours la caissière la plus triste au supermachin et je finis à chaque fois par la faire rigoler, pour cela j’ai une arme imparable pour entamer la conversation…
    Non je n’ai pas la carte de fidélité parsceque..

  17. Salut céleste, je vais te raconter une histoire que j’ai vécue avant hier dans le bus de la ligne 72 qui relie la mairie de paris à mon domicile, porte de saint clous donc un trajet dans les quartiers bourgeois de la capitale.
    Un antillais passablement énervé va s’asseoir au fond du bus sans présenter son titre de transport. La clientèle en cette fin d’après-midi est essentiellement retraitée. Nous sommes lui et moi, les deux seules personnes à la peau non blanche dans le bus.
    Un contrôleur vient le voir et lui demande de présenter son titre de transport, ce dernier refuse et commence à perdre son sang froid en s’exclamant qu’il galère et que son dossier d’aide sociale est en voie de règlement.
    La discussion s’envenime et le passager récalcitrant commence à proférer des insultes racistes en traitant le contrôleur de sale blanc et que comme en Guadeloupe, c’est toujours les noirs qui trinquent. Tu peux imaginer la suite, les passagers outrés expriment leur mécontentement de manière véhémente en affirmant que si le contrôleur avait été noir et le récalcitrant blanc, l’insulte raciale aurait été montée en épingle par les médias. Mais là, il n’y aura pas de suite.
    Je dois reconnaître malheureusement que ces passagers n’avaient pas tord. La xénophobie n’est pas l’apanage des seuls blancs, je connais bon nombre de maghrébins qui se plaisent à proférer en privé des insultes racistes vis-à-vis des français de souche ou de camarades africains qui aiment à plaisanter de la taille du sexe des blancs.
    La xénophobie doit être combattue sans faire de distinction parmi ses victimes, sinon, cela risque de déboucher sur un communautarisme gangréné par la haine et le repli sur soi.

    Ps: malheureusement, en italie, la xénophobie est le fruit non d’une idéologie mais du manque d’instruction d’une partie de la population qui n’a pas au contraire de la france fait sa révolution culturelle. Pourtant, je ne me lasserai jamais de répéter que l’italie est un pays extraordinaire malgré la bêtise de ses dirigeants qui se complaisent à attiser la haine.

  18. hé il faut pas oublier pourquoi le racisme envers les noirs et les arabes est violemment stigmatisé !!! C’est pas le maghreb qui a colonisé la France tout de même, quant à l’histoire des Antilles et de l’Afrique c’est aussi un autre drame.

    Quand un « maghrébin » insulte un « français » cela ne peut en rien être comparé au traitement réservé en France aux immigrés de tous horizons, aux enfants d’immigrés, aux petits enfants d’immigrés et ce au moment même ou j’écris. Alors les raccourcis et les amalgames avant de les faire on réfléchit!

    Si les « français » étaient traités un dixième de ce qu’ils traitent les gens « d’origine » quand ils se déplacent à l’étranger l’émigration et le tourisme en prendrait un sacré coup.

    (et je parle même pas de la façon dont les ressortissants des pays de l’est sont traités hin là ça confine à l’humiliation permanente la plus totale …et on passera sur les sans papiers histoire d’éviter que je m’énerve définitivement).

    Allez j’en remets une couche : Réfléchir c’est le mot et la définition elle est dans le dictionnaire.

    Au passage > un pseudo n’est qu’un pseudo et ne donne aucune légitimité pour asséner des âneries pareilles.

  19. A la première question: oui.
    A la seconde: je les mange froids avec une vinaigrette quand le Printemps arrive. C’est ainsi qu’on me les prépare car je suis un piètre cuisinier.

    Belle chute du billet avec une pointe d’humour astringent comme le goût que laisse dans ma bouche le plat en question.

  20. Est-ce que « Le temps des gitans », admirable film de Kusturica, qui se termine en Italie, à Milan, si je me souviens bien, est révolu ou est-ce qu’il est plus que jamais actuel..!?
    Difficile à dire, …si les temps ont changé, enfin, pas tant que ça…, la condition des Roms reste la même, inexorablement, avec cette espèce de résignation millénaire, à exercer la fonction du bouc-émissaire, si essentielle, dans nos temps troublés.

    Alors le garçon roumain, (toujours aussi résigné..!) et la dame rousse, (si gentille par ailleurs…!), c’est une question de perception…! exercent leur rôle, inamovibles, il n’y a que les artichauts qui paraissent changer la donne…

    Soit on les classe, dans une catégorie d’abondance, soit de pénurie, genre plus t’en as moins t’en as, ou genre, moins t’en as plus t’en as…! faut voir!
    Comme le jeune roumain, on peut m’en donner tant qu’on veut, ce n’est pas ça qui arrêtera ma condition de « mendiant »…. ou la dame rousse, avant je donnais, maintenant, il y en a trop, je ne peux pas guérir toute la misère du monde, ils feraient mieux de retourner chez eux, sauf que chez eux, c’est nulle part…!

    Alors le garçon roumain et la dame rousse seraient tous les deux des artichauts…!???

  21. Il y a bien longtemps que je n’ai pas mangé d’artichauts …vinaigrette, mais en Bretagne c’est tellement rare 🙂 Et puis les bretons n’aiment plus les français…des fois oui …des fois non.
    Il m’arrivait les mêmes malentendus du temps ou je concevais de faire quelques travaux au black chez les bourges de la Baule…qui fustigeaient contre les étrangers qui travaillent aussi au black…
    « Mais moi ce n’est pas pareil! » .
    Toute la panoplie de lieux communs.La bêtise ordinaire quoi …mais c’est tellement usant.

  22. « Comme le jeune roumain, on peut m’en donner tant qu’on veut, ce n’est pas ça qui arrêtera ma condition de “mendiant”….  »
    Là faut que t’explique !

  23. @ yelrah, moi je veux bien que tu m’expliques , (en général, t’expliques bien), mais il faut tout lire aussi et pas sortir les phrases du contexte; quand je parle de la condition de « mendiant » du jeune roumain, je ne le stigmatise pas,(je connais assez bien les Roms…!), c’est comme si je disais de lui que c’est un baladin du monde occidental,… bon mais vas-y, explique-moi!

  24. @V.A
    Tu ne parle pas là de la condition de mendiant du gamin, tu le « fait parler » , bon, peut-être une mauvaie interprétation de ma part, mais ce que tu lui fait dire me gène, chez pas .

  25. @ yelrah, je le « fais parler » de sa condition, oui, si tu veux, c’est ma façon à moi d’en parler et lui, (enfin, je crois…!), n’en parlerait surement pas de la même façon, mais pas plus que la dame rousse…!, ne parlerait d’elle, comme d’une « raciste »!

    Il y a des invariants,(bon, je sais, c’est de la sociologie de comptoir…!), même si ça ne signifie pas, qu’on ne peut pas échapper à son destin, à supposer qu’on ait un destin…!

    Si tu veux savoir, je n’aime pas non plus ce que je lui fais dire, au jeune roumain…, mais pas plus qu’à la dame rousse, j’en suis juste à me demander, avec tristesse, comment ça pourrait être autrement…!?

  26. On patauge affreux à vouloir tout théoriser.
    Les rencontres s’acharnent à être des cas, des singularités, des exceptions aux habitudes ou aux dogmes, c’est pour ça que n’importe quelle micro-aventure qui surgit dans une vie un peu réglée est pleine d’enseignements, eux-même tout provisoires …
    Tout ça …
    L’avantage -faut bien qu’il en ait un- du foutoir décompositionnel en cours est au moins de remettre quelques pendules à leur place …
    hic & nunc …
    Et remettre le panache du questionnement à l’honneur devant la mécanique sordide des réponses automatiques …
    Devant l’épuisement qui nous guette dans la confrontation pied à pied avec les idées qui nous dégoûtent, l’art de la distillation du doute est encore le meilleur levain …

  27. @agathe 🙂

    Qui sait? en effet.

    Face à ce genre de propos je m’efforce toujours de faire appel à la sensibilité, à la raison, de celle ou celui qui les tient.
    Même si parfois j’aurais envie d’être plus directe, ou plus tranchante mais généralement c’est contre productif.

    merci pour le clin d’œil 🙂

    @zolive
    « Cela va pour les étrangers mais aussi pour tous ces “assistés” à qui s’est la faute d’être : chômeur, pauvre, reclus, alcoolique, profiteur du système – liste à compléter. »
    tout à fait !
    qui n’est pas dans la ligne que l’on veut nous imposer est immédiatement stigmatisé.

    @yelrah 🙂

    @mohamed
    merci pour ce témoignage.
    Tu fais bien de signaler que la bêtise et l’intolérance n’ont pas de couleur et que la xénophobie n’est l’apanage de personne!
    Le problème, comme tu le soulignes est que l’intolérance et la haine montent de tous côtés. Sur le web par exemple, certains sites « communautaristes »à l’excès attisent la haine et d’autres se revendiquant « blancs blancs », l’attisent aussi.
    La haine est là , seul son objet change.

    « La xénophobie doit être combattue sans faire de distinction parmi ses victimes, sinon, cela risque de déboucher sur un communautarisme gangréné par la haine et le repli sur soi. »
    tout à fait

    et ne pas « victimiser » à outrance,
    ne pas être raciste c’est admettre l’égalité totale entre les individus, y compris avec leurs travers, leurs défauts et les cruautés donc ils peuvent se rendre coupables.

    @pescade 🙂

    non, mais ce billet lui a inspiré une envolée…qui lui ressemble!

    @Falbala
    j’imagine que tu t’adresses à mon ami Mohamed.
    sache qu’il n’oublie rien, qu’il ne porte pas de pseudo (suffisait de cliquer sur son nom pour s’en rendre compte), qu’il est d’une grande culture et d’une grande ouverture d’esprit.

    Bref rien à voir avec les Marius et compagnie qui viennent régulièrement se répandre sur ce blog.

    Que les blancs, via le colonialisme aient opprimé, exploité, pillé, discriminé les autres populations, c’est vrai et c’est honteux!
    Que le colonialisme ait engendré des horreurs sans fin, c’est toujours vrai
    Que des populations en soient encore meurtries et ce depuis des générations c’est toujours vrai
    Que le colonialisme ne soit toujours pas mort mais bien présent, larvé, sournois, prêt à bondir c’est encore vrai.

    qu’il soit plus difficile de grandir quand on est né arabe musulman pauvre au fin fond d’une banlieue française que catholique, blanc et riche à Neuilly, c’est évident!

    Et il faut lutter contre tout cela pour assurer une réelle égalité entre les êtres humains.

    Mais ça ne donne pas pour autant un blanc seing à qui use de la violence contre les autres, à qui tient des propos racistes, quelles quen soient les victimes.

    et c’est cela que Mohamed voulait dire, tout simplement.

    Ne pas être raciste c’est admettre l’égalité totale entre les individus, y compris avec leurs travers, leurs défauts et les cruautés donc ils peuvent se rendre coupables.
    Il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, non, ils sont mélangés au sein de la société.

    Refuser de le voir est de l’angélisme, qui poussé à l’extrême, peut être une nouvelle forme de racisme car il attribue à certains des qualité ou défauts imaginaires.

    Tous égaux devant la loi, tous citoyens sans aucune distinction de sexe, de couleur, de religion ou d’origine.

    @merci Pierre
    l’artichaut vinaigrette est une valeur sûre!

    @Vieil anar
    une précision, qui a son importance, le garçon roumain n’est pas rrom, il est roumain or tous les roumains ne sont pas rroms

    @Dom
    « Toute la panoplie de lieux communs.La bêtise ordinaire quoi …mais c’est tellement usant. »

    ah oui, c’est chiant 🙁
    mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas laisser passer, c’est mon moyen de lutte, la militantisme de proximité, au supermarché, là où ne l’attend pas…

    mon côté Zorro 🙂
    Don Diego de la Vega est mon héros préféré (j’aime bien robin des bois aussi)

  28. @Je continue car vous avez écrit en même temps que moi (il faut dire que mon début de com est resté en plan pendant une heure)

    donc:

    @zolive
    j’ai oublié de te dire que ce jeu de mot de ton grand-père, j’adore!
    mon père est un expert un calembour 🙂
    et puis l’artichaut à » la feignasse », j’aime bien aussi, sauf si le mot feignasse désigne la personne qui fait la cuisine et qui a estimé (ça m’arrive souvent) que l’artichaut bouillassé vite fait, c’est quand même nettement moins long à préparer que l’artichaut à la sarde!

    @vieil anar
    le garçon roumain, lui, il aimerait bien trouver un petit boulot, envoyer de l’argent à sa famille, et même retourner à l’école si c’était possible (il me l’a dit un jour où passait un groupe de lycéen, il a soupiré et m’a raconté, tant bien que mal, qu’il aimait l’école)

    Est-ce que la dame rousse se considère comme raciste?
    elle précisément, je ne sais pas.
    souvent les gens qui tiennent ce genre de discours refusent d’être considérés comme racistes, au contraire, ils s’en offusquent et crient à l’accusation injuste en traitant ceux qui le leur reprochent d’être des imbéciles, des niais, ou des complices des affreux étrangers à la peau basanée qui se préparent à débarquer dans nos campagnes pour violer les innocentes européennes.

    en Italie justement, le viol a été récupéré à la sauce raciste…comme si les Italiens, eux ne violaient jamais.

    @Chomp
    « On patauge affreux à vouloir tout théoriser. »
    Voilà une sage parole 🙂

    et j’aime bien aussi celle-ci
    « Devant l’épuisement qui nous guette dans la confrontation pied à pied avec les idées qui nous dégoûtent, l’art de la distillation du doute est encore le meilleur levain … »

  29. « Tous égaux devant la loi, tous citoyens sans aucune distinction de sexe, de couleur, de religion ou d’origine. »

    A chaque fois je pense à ce gag d’Astérix où Agecanonix, pestant contre le racisme anti-vieux, vocifère à Cétautomatix qui refuse de le toucher lors d’une bagarre : « J’ai le droit qu’on me tape dessus, je veux qu’on me tape dessus ! » 🙂

    Effectivement, considérer l’autre comme son égal consiste aussi à reconnaître ses éventuels travers, et à tenir compte du contexte sans tomber dans une forme de condescendance systématiquement absolutoire.

  30. C’est un beau billet – sorti du panier à provisions de retour du marché – bien plus important, plus utile à mon sens que tout débat d’idées, même généreuses. C’est la forme du texte qui me touche, son caractère « littéraire » : les personnages existent, ils ne sont pas des idées.
    Se laisser toucher par l’autre, il me semble que c’est le point de départ de tout souci d’organisation démocratique. Tout le monde doit être vu et entendu, et non pas disqualifié d’avance. C’est la condition même de la vie en commun. Je trouve le personnage de la dame rousse attachant. Céleste, tu lui donnes là une chance d’évoluer !

  31. J’aime ce qu’il se passe sur ton blog Céleste, il y a en plus de l’intérêt intellectuel des échanges – des humains en circulation chez toi, voilà pour le clin d’œil.

  32. @ti_cyrano

    excellente citation d’Agecanonix, merci, elle arrive fort à propos!

    j’ai écrit un peu plus haut:
    « Il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, non, ils sont mélangés au sein de la société. »

    y repensant (les coms sont moins fouillés que les billets, parfois j’oublie des trucs), bref, j’ajoute à cette phrase que les concepts de « gentil » et « méchant » sont aussi très relatifs….
    entre le blanc et le noir il y a toute une gamme de gris…

    @kelcun
    je suis contente de te lire
    tu me touches (justement) toujours 🙂

    « Se laisser toucher par l’autre, il me semble que c’est le point de départ de tout souci d’organisation démocratique. Tout le monde doit être vu et entendu, et non pas disqualifié d’avance. C’est la condition même de la vie en commun. »

    comment dire mieux?

    Moi je l’aime bien la dame rousse, j’attends avec impatience de la rencontrer à nouveau, j’espère que nous échangerons un grand sourire et que, peut-être, elle aura réfléchi à notre discussion.

    Si, par contre, elle m’ignore ou pire, m’agresse verbalement -ça arrive 🙁 – et bien tant pis, au moins, j’aurais essayé.
    et essayer de construire des passerelles entre les êtres n’est jamais vain.

    @agathe
    moi aussi j’aime ce qui se passe sur mon blog, vraiment! (ceci dit sur les NRV aussi il se passe plein de choses)

    @ à toustes, merci

  33. Quelle jolie découverte votre blog. J’aime beaucoup votre façon de raconter, précise et légère, vive.

    Je n’ai pas de recettes d’artichaud, en revanche, je testerai bien les vôtres.

    J’espère que vous rencontrerez à nouveau cette femme rousse et surtout que votre discours lui aura ouvert les yeux. S’il a créé ne serait-ce qu’une brêche au milieu de ses terribles certitudes, ça sera un vrai succès.

    Tous des humains, même si certains parfois l’oublient.

  34. @ céleste, # 31 et 32, c’est vrai que c’est important que tu dises ce jeune roumain ne soit pas Rom; (il y en a quand même bien 10 %, soit 2 millions…!), mais ça ne change pas grand chose à ce qui a poussé ce pauvre garçon à la mendicité, ni au regard que la dame rousse porte sur lui….!

    L’important, il me semble c’est ce que tu dis de ses rêves!

  35. Bonjour Céleste !

    Je viens de lire ce texte sur le blog de Anna Galore dont je suis l’une des co-rédactrices. Il est tout à fait dans la ligne de comportements que nous défendons et ta manière de conter le quotidien est douce et sereine malgré tout. Merci pour ce moment passé chez toi. Très touchée aussi par la note « Tristesse » mais, comme je le dis souvent et veux le croire, nous allons, malgré tout vers du meilleur.

    Tous ensemble, on est les plus forts.

    anti

  36. Je débarque dans votre univers via cette histoire et le blog d’Anna Galore, et je viens de faire une bien belle promenade. Dans un monde qui me parle, au travers des mots de tolérance et de curiosité, mais aussi de colères salvatrices. J’irai bientôt explorer les chroniques indiennes, je suis curieuse de profiter de votre regard et de votre écriture sur un pays qui me fascine depuis longtemps.
    Merci.

  37. J’oubliais…
    Les artichauts, quand ils sont petits et violets, je les aime grillés avec de l’huile d’olive, de l’ail et de la tapenade. Mais les gros… Je les trempe dans une vinaigrette au roquefort ! Mais bon je mets du roquefort ou du gorgonzola partout, c’est un TOC…

  38. @Miss you, Anti et Adèle

    Pour quelque obscur motif vos coms étaient restés coincés dans les limbes, sorry 🙁

    merci pour les gentilles choses que vous écrivez 🙂

    « tous ensemble on est les plus forts »…yeeeesssss!

    les artichauts grillés, c’est vrai, c’est délicieux!

    en plus l’ail, la tapenade et le roquefort (je suis en manque on en trouve difficilement à bologne et quand on en trouve il est trop cher)…miam!

    j’adore le gorgonzola, mais ce n’est pas la même chose…

  39. Bonjour Céleste

    Un petit coucou en passant.

    Très beau texte comme toujours.

    Difficile d’écrire plus avec une seule main (gauche en plus !) Alors pour ce qui en est des artichauts, pour l’instant je me contenterai de saliver à la lecture des commentaires!

    À bientôt…

    E.P

    « Et je copie/colle illégalement toutes les recettes hé hé !!! »

  40. Oui à la question N° 1, mais je pense que vous êtes plus en « avance » sur nous dans ce domaine en Italie. Hélas.

    J’admire le côté posé de tes réponses, moi je n’y arrive pas. A dialoguer. J’ignore les réflexions.

    Pour la question N° 2 : des petits, crus à la croque-au-sel avec du pain et du beurrre !

  41. Les Italiens qui oublient quel fut leur sort quand ils arrivèrent en France pendant la première moitié du XX° siècle.

    Et s’il n’y avait qu’eux…

  42. @Salut Erictus 🙂

    Merci de ta visite et de ton com, tapé de la main gauche en plus!
    remarque c’est le bon côté 🙂

    @Coucou Fauvette 🙂

    « en avance » , disons plus avant dans la régression 🙁
    les petits artichauts tout frais, légèrement astringents accompagnés d’un filet d’huile d’olive…que les petits plaisirs sont bons 🙂

    @pMB
    Oui, on a la mémoire courte par les sales temps qui courent .

  43. Comme j’aime toujours aller à contre-courant de ce que la majorité pense, je vous dirai à vous « les intellos » que rien n’est parfait en ce bas monde….
    Vous vous gaussez de votre culture, de votre intelligence pour fustiger « les racistes », ces « bêtes immondes » dont jamais, Ô grand jamais, vous ne feriez partie…
    Il n’y a pas qu’en Italie que le raciste s’étale au grand jour…En France, ce n’est pas mal non plus…
    J’ai bien aimé les propos de Mohamed..Oui, le raciste, on ne le trouve pas que d’un côté…Personne n’est tout noir ou tout blanc…
    Que la dame chicos rousse, par ailleurs qui a l’air bien gentille, se soit permise de t’interpeller pensant que tu étais dans son « camp », elle a eu tort..On doit réserver ce genre de propos affalé au coin d’un bar, comme l’a dit un autre de tes lecteurs….Si, si…

    Que celui qui habite une cité à majorité de couleur en tant que blanc et qui n’est pas un peu raciste sur les bords lève le doigt…Est-ce-que, parmi vous, il y en a qui habite une cité « à risque » ?
    Je vais sur le blog d’une femme charmante « intello », très ouverte d’esprit, qui est désolée d’avoir parfois des réactions racistes, habitant une cité « mal famée », où elle subit le caillassage, les insultes quotidiennement….C’est facile de dire « je ne suis pas raciste » quand on habite un quartier tranquille..quoique la dame rousse doit habiter un beau quartier..Ce serait tellement mieux de dire que le raciste ne se trouve qu’être un être fruste, înculte, au chômage, ivrogne, attablé avec ses potes à un comptoir..
    Vivre dans les cités actuellement, c’est l’enfer, la peur chevignée au ventre..Comment ne pas être raciste dans ces cas-là !
    Mon fils, très blond, quand il monte dans un bus le soir et qu’il est seul, quand il voit monter une bande de jeunes « de couleur », non pas de couleur, maghrébin, car les blacks ne l’ont jamais harcelé, – tiens, quelqu’un va dire « voilà qu’elle fait de la sélection raciste » – baisse la tête..Surtout ne pas les regarder dans les yeux…Vous croyez que c’est une vie ?..D’accord, ce ne sont que des merdeux de 15-18 ans dont le passe-temps favori, c’est de ‘terroriser les pauvres blancs »…

    Alors, mes propos sont-ils des propos de raciste ? J’ai la chance de vivre dans une jolie petite ville, en général tranquille…où l’on ne trouve qu’une bombinette de temps en temps…Les « terrroristes » n’osant pas réveiller « cette belle endormie »…
    Coluche dit dans un de ses films « je suis raciste » « Tchao Pantin, je crois »…..On lui répond : « et ton copain Mohamed ? »… »Mohamed, c’est pas pareil »..Voilà, tout est dit..
    J’aime bien de temps en temps Céleste atterrir sur tes chroniques si bien écrites…Je n’ai pas ton talent d’écriture…Je m’excuserai « presque » de venir troubler vos échanges « intellos »..Là-aussi, j’ai parfois envie de faire du raciste « anti-intellos »….

    Gaussez-vous de moi…Ne crois-tu pas Céleste qu’il est bien que tout le monde « ne bêle » pas de concert ? J’aime lire sur un blog différentes opinions..Sinon, autant afficher en en-tête : « Tout ceux qui ne pensent pas comme moi sont priés d’aller voir ailleurs….

  44. @juju

    pourquoi utilises-tu le terme « intello »?
    que sais-tu de celles et ceux qui interviennent sur ce blog?
    rien, mais tu juges, tu t’agaces, tu t’énerves toute seule c’est à dire que tu te comportes exactement comme tu nous reproches de le faire.

    Les cités, juju, j’y ai vécu et j’y ai travaillé.
    j’ai enseigné dans des ZUP pendant des années, dans des écoles « sinistrées ».
    c’est vraiment une réalité que j’ai bien connue!

    comme je l’écrivais plus haut, en parlant du com de mohamed, ce n’est pas être raciste que de dénoncer des actes violents, quels qu’en soient les auteurs!

    Je te renvoie à mon com 31, j’ai déjà écrit tout cela!

    personne ne se moque de toi mais toi par contre, tu utilises le verbe « bêler » qui n’est guère flatteur, tu en conviendras.

    Tu n’as pas non plus à t’excuser, tes coms sont les bienvenus dans la mesure où tu n’attaques pas les visiteurs de ce blog, ou moi même.

    Sur les idées calmement exposées, on peut toujours discuter -)

  45. Je ne savais plus chez qui j’avais posté hier ce com…
    Je me suis creusée la cervelle un bon moment…
    Ca va, j’ai eu peur de perdre la mémoire..De fil en aiguille, je me suis dit :  » ce n’était pas un blog en tête d’over-blog », « c’était un blog qui parlait de racisme », « c’est un blog où tu étais déjà allée », et, subitement, je me suis souvenue de l’article de la vieille dame au supermarché et de ta jolie façon de raconter..

    Bon, tu as raison, je m’énerve toute seule…Et, quand je m’énerve, je dis un peu n’importe quoi..

    Ma fille a été instit à Sarcelles auprès de CP et CE1…Elle les aimait bien ses mômes…Tous petits les enfants sont des anges..C’est en grandissant, au contact de meneurs qu’ils copient qu’ils deviennent eux-mêmes de petits merdeux…Dommage….Ca pourrit la vie des gens qui veulent vivre tranquillement et ça mène au racisme…

    Pardon, je ne recommencerai plus…J’ai l’impression de me retrouver à l’école, sermonnée par une prof (j’étais un cancre, qu’est le féminin de cancre ?…Ca me ramène des siècles en arrière et de mes prises de bec avec les profs)…C’est peut-être parce que j’étais un (une) cancre que j’ai tout fait pour que mes enfants réussissent à l’école et j’ai suivi de très près leur scolarité….Frustrée que j’étais d’avoir raté ma vie scolaire je suppose…

    Et pis, tiens, cette fois-ci, je mets l’adresse de mon blog…Je n’aime pas qu’on puisse penser que je me cache derrière un pseudo pour « insulter ou me moquer des gens »..Je dois assumer jusqu’au bout ce que je dis…

  46. Robin des bois est « commercial » chez Still ou Huqsvarna …je sais plus :)…tout fout le camp…
    J’ai lu un livre (eh oui !) ou on parlait des « toits en cuivre » et ben je vous dirais pas la suite…bien que ça vous ferait marrer.Pas envie de me faire traiter de pervers sexiste…Pas ça en plus:)
    C’était le troll du marais…blanc.

  47. C’est devenu… chaud pour les immigrés, en Italie comme en France.

    Notre Besson national n’aime pas un film (« Welcome ») qui parle de leur situation à Calais : il n’a quand même pas osé demander son interdiction.

    La femme au « tank » BMW se croit sûrement en guerre : contre les autres automobilistes, contre les piétons… et contre les immigrés : qu’aurait-on fait en France si on avait interdit l’arrivée des Livi (Yves Montand), Colucci (Coluche), et tant d’autres ?

    J’espère qu’elle va s’avaler une feuille de travers, cette pauvre (?) femme !

  48. @ Juju

    « Comme j’aime toujours aller à contre-courant de ce que la majorité pense » ==> C’est intéressant un post qui commence comme cela et annonce que tout ce qui suit est juste posture intellectuelle dans l’unique but de faire de la contradiction.
    Qu’auriez-vous fait dans le cas d’un billet aux relents xénophobes? Adopté nos arguments à nous autres qui bêlons en choeur juste pour la contradiction?

    Je suis désolée de ce qui arrive à votre fils, il est pour moi la victime collatérale d’un rejet systémique. A-t-il jamais essayé de se comporter naturellement en voyant des jeunes arabes ou noirs dans le bus, en les ignorant tout simplement? A baisser la tête dans une attitude craintive, il les place aussi dans la position des usual suspects, à être des agresseurs malgré eux puisqu’on leur renvoie l’idée et l’image qu’il ne sont bons qu’à ça.

    Je vous colle le lien d’un article intéressant de Mohamed sur les conditionnements:
    http://unclownlyrique.blogspot.com/2009/03/les-nouveaux-barbares.html

  49. @juju

    « Tous petits les enfants sont des anges..C’est en grandissant, au contact de meneurs qu’ils copient qu’ils deviennent eux-mêmes de petits merdeux…Dommage….Ca pourrit la vie des gens qui veulent vivre tranquillement et ça mène au racisme… »

    ton analyse est quand même très simpliste!
    d’abord les enfants, même petits ne sont pas des anges, ils sont des êtres humains…fragiles et malléables et fortement influencés par l’éducation qu’ils reçoivent à la maison.

    et puis ton « ça mène au racisme », résigné je n’aime pas non plus.

    on peut lutter contre le racisme
    @Malak, tu as entièrement raison et aussi de signaler le texte de Mohamed qui est très intéressant, qui me trotte dans la tête et dont je pense qu’il va m’inspirer u billet…un peu long à écrire car j’ai une infinité de choses à dire sur ce sujet, or le format blog est bref.
    les textes longs sont peu lus et peu commentés.
    Il faut utiliser une écriture qui frappe: concision, émotion, indignation.

    bref, j’y réfléchis.

    @salut Dominique

    tes photos de la manif sont superbes et je n’ai pas encore trouvé le temps de te laisser un com.
    j’ai très envie de voir ce film « Welcome », j’ai lu plein de choses intéressantes à son sujet.

    « qu’aurait-on fait en France si on avait interdit l’arrivée des Livi (Yves Montand), Colucci (Coluche), et tant d’autres ? »

    j’ajoute: et les Sarkozy, et les Dati, ceux là même qui aujourd’hui sont impitoyables envers les migrants…

    Quelle honte!

  50. @la plus belle des sardines

    pasesseque t’aimes pas Zorro, toi?

    @dom
    pervers sexiste… pffffft, des promesses, toujours des promesses 🙂

    baci à vous deux

  51. Je suis blessée quand on utilise le terme intello comme insulte. Blessée, et triste, car celui/celle qui écrit ça a renoncé à un droit fondamental et s’en fait une gloire. Tous les hommes, toutes les femmes sont des intellectuels. C’est particulièrement évident chez les jeunes enfants, voire les bébés.

    Quand on observe un bébé, parfois on croirait presque l’entendre réfléchir. Qu’il essaie de tirer la langue en réponse à une grimace d’adulte, ou de décoincer sa jambe pour se retourner, un bébé réfléchit sans arrêt et intensément au monde qui l’entoure. C’est une habitude qu’on ne perd pas.

  52. Les italiens ont la mémoire courte.
    Juste quelques chiffres. Entre 1876 et 1900, chaque année 220 000 en moyenne quittaient l’Italie (soit au total presque 5 millions de personnes). Entre 1900 et 1915, ce sont plus de 8 millions d’italiens qui ont fui la misère de la péninsule… en direction de l’Europe pour les populations du nord et de l’Amérique pour celles du sud.
    En 1900 les immigrés italiens représentaient 1% de la population française. 4 millions de français seraient d’origine italienne, 25 millions de brésiliens, 18 millions d’argentins, 16 millions d’américains…
    Bien acceptés ? pas vraiment. Beaucoup se retrouvaient dans les mines où dans le bâtiment, faisant les tâches dont personne ne voulait. Dans les années 30, il y a eu de nombreux heurts avec les populations locales en raison du chômage et de la crise économique.
    20 à 30% de ceux qui arrivaient en Amérique (USA) repartaient tellement les conditions étaient dures. On les jugeait sales, illettrés, dangereux, agitateurs… et ils sont à l’origine du durcissement de la politique de l’immigration aux USA.

  53. @salut Annie 🙂

    merci pour tous ces chiffres, qui sont impressionnants!

    « On les jugeait sales, illettrés, dangereux, agitateurs »

    exactement le regard qu’ils portent sur les immigrés qui aujourd’hui veulent s’installer en Italie…
    l’être a humain a des facettes vraiment déplaisantes…

    Agitateurs les italiens: Sacco et Vanzetti

    « Here’s to you Nicolas and Bart
    Rest forever here in our hearts
    The last and final moment is yours
    That agony is your triumph ! »
    (Joan Baez)
    anarchistes d’un autre temps

  54. Jardin, comme vous avez laissé un com chez moi, je vous ai répondu sur votre blog….
    Juste un mot à Malak…Heureusement que lorsque je mets des coms…- ça m’arrive trop souvent, je ferais bien de me calmer un peu – heureusement vous dis-je que ça m’arrive assez souvent d’être d’accord avec les autres blogueurs..
    Quant à mon fils, effectivement, dans un bus, il vaut mieux ignorer les autres..C’est ce qu’il fait…
    Non, je n’en rajouterai pas une couche…J’ai bien peur que ce mot « xxxx » me poursuive longtemps…Dommage que nous ne puissions pas effacer nos coms comme nos articles…

    Ah, au fait je crois que c’est « viel Anar » qui est artisan d’Art en vitrail….Superbe….Je suis du coin et ai dû voir vos magnifiques vitraux…Vous en avez même fait un pour mon village….Vous devriez exposer « aux jeudis de Vichy..Ca manque cruellement d’artisans d’Art »….Pourquoi je ne vais pas lui dire moi-même me direz-vous Céleste ? Parce que je ne veux plus qu’on reprenne systématiquement tous mes propos simplistes….me montrant par là-même mon inculture….
    Vous feriez mieux de supprimer tous mes coms, Céleste….Ca m’énerve, ça m’énerve de m’enfoncer à chaque fois un peu plus..Je suis trop « brut de pomme » dans mes propos…Pas l’habitude de cotoyer des xxx…Et dire que ça m’arrive de commenter sur des journaux..Bon, pour vous, Libé n’est peut-être pas votre « tasse de thé »…Le figaro, Le Point, La Montagne non plus…J’ai même l’outrecuidance de mettre des coms chez Maître Collard, le grand avocat…IL m’arrive d’écrire à notre Président..Heureusement qu’il ne lit pas lui-même son courrier… »Juliette, il faudra te calmer….Sinon, tu vas avoir des ennuis »…C’est la grande peur de mon mari..Mais, au moins, ça prouve que je suis bien vivante….Tant que j’écris, c’est que je suis en bonne santé…

  55. Mais non, Juliette, il ne faut pas regretter. C’est ta spontanéité qui nous a permis de dialoguer, tu aurais mis un truc plus « incolore » on aurait peut-être pas repris.

    C’est vrai que internet favorise les malentendus, mais aussi rapproche des gens qui n’auraient pas eu l’occasion de se rencontrer. Et ça c’est formidable, car nous avons tous à apprendre les uns des autres.

  56. moia oui, il ne faut pas regretter Juliette, ça nous a fait réfléchir – enfin je le pense. Et j’ai remarqué aussi que internet et surtou les emails, c’est terrible : on peut dire un truc, avec des « … » et sous entendus, et hop en face le message est pris à l’opposé de ce que l’on veut dire. Ou alors on pose des questions et on a réponses à tout sauf… les questions posées. Un email est mal lu, mal compris, mal mémorisé. Idem pour les forums je pense… ! Bises.

  57. @zolive et jardin comme c’est joli
    ça fait nature, méditerranée, soleil…

    ça fait penser au joli blog de juju 🙂

    drôle…gracieux, piquant, le blog de juju!

    différent de ce qu’elle écrit ici.

    C’est rigolo ce contraste

    juju, si tu as envie d’écrire sur ce fil de com, écris!

    no problem 🙂

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