Italie : le choix de la délation

Afin “d’inviter, sans racisme, les habitants de Turate, ville lombarde, à s’autoprotéger » la municipalité, aux mains de la Lega Nord, a créé un bureau de délation. Dans la ligne de mire, les immigrés clandestins.
Désormais, le citoyen est ouvertement encouragé à dénoncer le voisin suspecté de ne pas être en règle. Tous les jeudis, pendant deux heures, il pourra venir cracher sa haine de l’étranger, y compris anonymement.

A l’entrée du bureau, une affiche proclame fièrement que l’initiative est née « pour accroitre la sécurité urbaine, lutter contre la présence d’immigrés en situation irrégulière et respecter la légalité ».
La sécurité urbaine de Turate serait-elle menacée ?
Non, dans cette petite ville de 9000 habitants où officient trois policiers municipaux, on ne signale que quelques vols. Le but de l’odieuse manœuvre, explique le maire, est préventif. Il est destiné à « empêcher les phénomènes de location au noir où les propriétaires demandent des loyers très élevés aux clandestins qui payent très cher pour dormir à dix dans une pièce. D’une certaine manière, cela sert  aussi à faire comprendre aux personnes qui sont en situation irrégulière la nécessité d’entrer dans un processus légal ».

S’il est bien exact, malheureusement, que des propriétaires avides et sans scrupules louent fort cher et sans le déclarer, des taudis aux immigrés clandestins, prétendre aider ces derniers en les jetant dans les filets de la police relève du sadisme pur et simple !

Pourtant, très probablement, l’initiative remportera un franc succès car, particulièrement dans le nord de l’Italie, l’ambiance n’est pas à l’accueil de l’étranger. Celui-ci, fort utile lorsqu’il s’agit d’exploiter sa force de travail, qu’il soit ouvrier ou « badante » au service du pépé qui perdu la boule, est considéré comme un intrus à éliminer dès lors qu’il n’est pas en règle et particulièrement si la couleur de sa peau diffère du teint d’albâtre de l’Italien moyen ou s’il fréquente d’autres lieux de cultes que les saintes églises.
« J’ai une petite entreprise textile, deux de mes employés sont albanais, de braves gens. Etrangers, mais Européens » déclare paisiblement le maire de la ville affichant ainsi sa préférence, marquée, pour l’immigré blanc et supposé chrétien.

Cette odieuse initiative se rapproche tristement d’une autre, récente et nationale, qui sous la forme d’un amendement particulièrement infect déposé par la Lega dans le cadre du « pacchetto sicurezza », entend priver les immigrés en situation irrégulière de soins médicaux, jusque là gratuits. Un autre amendement demande que, dans le cas de soins donnés à des clandestins,  le secret médical soit balancé aux orties afin que les médecins puissent eux aussi se livrer sans retenue aux joies de la délation.
Les conséquences de ces mesures, dénoncent les commissions santé d’Emilie-Romagne et de Toscane, « seraient dévastatrices », elles pourraient entraîner des risques sanitaires et épidémiologiques cachés. « Par peur d’être renvoyés dans leurs pays les clandestins irréguliers ne se feraient plus soigner, mettant en danger leur propre santé et celle de la communauté dans laquelle ils vivent »  a déclaré le président de l’ordre des médecins de l’Emilie Romagne, Giuseppe Pizza.
Si les amendements sont votés, les deux régions envisagent un recours à la Cour Constitutionnelle, car, comme l’a souligné le président de la commission sanitaire toscane «  La Constitution prévoit le droit à la santé pour l’individu et non pour le citoyen »

Heureusement, dans l’Italie d’aujourd’hui qui sombre dans l’obscurantisme, la cruauté, le racisme, ces médecins ne sont pas les seuls à s’indigner, d’autres voix se font entendre.

Celle de ce groupe par exemple, créé sur Facebook :

« Migrants : pour que chaque être humain puisse marcher librement sur la Planète :

–    Parce qu’il n’existe pas de races, mais des peuples qui se rencontrent.
–    Parce que le mouvement migratoire de millions, de dizaines de millions, de femmes et d’hommes, ne peut être arrêté par notre peur.
–    Parce que chacun a le droit de chercher ailleurs son propre bonheur si celui-ci lui rendu impossible là où il est né : je le ferais moi aussi, à tout prix.
–    Parce que l’arriération séculaire de régions entières et la condamnation à la misère d’une infinité de communautés sont les conséquences directes de ma domination millénaire, celle du bourgeois blanc occidental.
–    Parce qu’il y a quarante mille ans que, sur tous les continents, les humains se mêlent. C’est ce qui a sauvé et enrichi l’humanité.
–    Parce que l’égoïsme, la mesquinerie et l’hypocrisie sont les seuls pêchés sur lesquels l’Histoire nous demandera des comptes.
–   Parce que la « tolérance ne suffit pas : il faut la fraternité » (Erri De Luca).

Sources: La Repubblica du 03/02 , Radio Città del Capo-Radio metropolitana

55 réflexions sur « Italie : le choix de la délation »

  1. Ben, ça fait pas longtemps que je me suis aperçu que sur les DVD, il y a un numero pour « signaler les délits ».
    On habitue les gens petit à petit …

  2. ça me donne mal au ventre de lire ça Céleste, réellement, ce n’est pas une image….
    un bureau de délation ! tout ce que l’humain peut concevoir d’abject, et je dirais même qu’il n’y a pas a essayer de comprendre ou d’analyser leurs motivations et leurs arguments, la dénonciation est déjà un acte délétère. Point final. Alors l’encouragement à la délation est encore pire, c’est faire appel au pire de l’homme, comme si l’Histoire ne nous avait rien appris !

  3. @anne

    « Alors l’encouragement à la délation est encore pire, c’est faire appel au pire de l’homme, comme si l’Histoire ne nous avait rien appris »

    Oui, c’est abject.
    Le bureau de délation comme la possibilité pour les médecins de pisser sur le secret médical en dénonçant leurs patients clandestins, patients qui ne pourront plus se faire soigner alors que beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions effroyables.
    Mon ami Rapa, venu de Sierra Leone pour ne pas y mourir de faim et qui est vendeur ambulant, passe chez moi tous les samedis pour chercher un peu de réconfort, de chaleur. Il me raconte des choses terribles.
    Ses conditions de vie sont effarantes. Par chance jusque là, il pouvait se faire soigner gratuitement quand il était malade, c’est à dire souvent vu la façon dont il vit, dormant dans les rues, les parcs, les gares ou entassé avec d’autres dans un appartement quand il a un peu d’argent.
    Si les amendements passent sa vie, comme celle de tous ceux (ce sont essentiellement des hommes) qui vivent comme lui, sera en danger.
    Et c’est probablement le but recherché par l’Etat italien: les laisser mourir.

    Monstrueux!

  4. Si l’on veut comprendre un tant soit peu la complexité de la mentalité des italiens, je conseille vivement de voir ou revoir le film « 1900 » de Bertolucci.

  5. @Dom

    Cette mode de la délation, qui rappelle des souvenirs nauséabonds, est de triste augure.

    Et pas de bol, les délateurs ne manqueront pas!

    Mais nous sommes nombreux à veiller et nous avons la possibilité de diffuser notre indignation.

    C’est le côté, ô combien positif, d’Internet.

  6. Sono dei pressi (non troppo) di Turate e ci tengo a portare la mia testimonianza. Fortunatamente ci sono voci, purtroppo deboli, sparute e sommerse, che si discostano da tali disposizioni municipali e che attendono di essere ascoltate. Si tratta di voci represse dall’eccessivo leghismo e dai suoi adepti, da chi sta bene e non si cura di chi, per destino o geografia, è meno fortunato. Io sono figlia di immigrati degli anni ’60. In troppi, qui al Nord, si sono dimenticati. Oggi glielo vorrei ricordare, usando come canale il tuo blog. Grazie Celeste. Deb

  7. On vient de m’inviter à signer une pétition de  » l’institut pour la justice » une horreur…tout le monde trouve ça bien…mais j’en connais qui signent des pétitions avec un faux nom…là c’est le top de l’engagement 🙂

  8. La citation ne provient pas d’un extrait des « Grosses têtes » !

    « Délations, confessions impudiques, rumeurs en tous genres: on se demande pourquoi l’État entretient encore plusieurs polices et des renseignements généraux. Les braves gens suffisent à la tâche… »

    Mille et une pensées – Philippe Bouvard

  9. @ salut Mohamed

    Tout à fait, c’est un très bon film, lucide!

    Dans le cinéma actuel on peut aussi voir Gomorra et « Il divo ».
    Les deux sont éclairants.

  10. @ Grazie a te Debu 🙂

    Traduction du com de Deb:

    « Je suis des environs (mais pas trop) de Turate et je tiens à apporter mon témoignage. Heureusement, il y a des voix, faibles malheureusement, restreintes et souterraines qui prennent leurs distances de ces dispositions municipales et qui espèrent être écoutées. Il s’agit de voix réprimées par l’excès de « leghismo » (vient de lega) et ses adeptes, par ceux qui vivent bien et ne se préoccupent pas de qui, à cause du destin ou d’un hasard géographique, a moins de chance. Je suis fille d’émigrés des années 60. Trop d’entre eux, dans le nord de l’Italie, ont oublié. Aujourd’hui, par le biais de ton blog, je voudrais le leur rappeler. »

  11. j’allais oublier de préciser que la délation n’est pas le propre des italiens puisque eric besson, notre nouveau ministre de l’immigration a mis au point une circulaire par laquelle le gouvernement allait « donner aux préfets la possibilité d’accorder des titres de séjour provisoires aux clandestins victimes de filières clandestines qui décideraient de les dénoncer ».

  12. Je crois que mon premier acte de « militance » se situe là, justement, dans le refus de la délation. J’avais 13 ans, et dans le pensionnat religieux où je me trouvais, les nonnes entretenaient doucereusement l’idée que c’était bien de les tenir informées de ce qui se passait entre nous.

    Ca marchait d’autant mieux qu’une des élèves était elle même une religieuse. Conflit, bien sûr, au sein de la classe (4ème/3ème). J’avais brassé ciel et terre, et profité du fait que l’aumônier un peu sénile était provisoirement remplacé par un curé plus moderne, demandé un entretien particulier au dit curé, et obtenu son soutien sur le principe que c’était « mal » de dénoncer et d’encourager à dénoncer! Victoire pas très féministe, car pour le coup c’était l’autorité morale de l’homme qui s’était imposée à toutes ces femelles.

    La racine de cet engagement passionné se trouvait trois ans plus tôt. Je racontais innocemment un épisode où les mêmes nonnes m’avaient utilisée à cet effet, et un de mes oncles, que j’admirais beaucoup, avait levé un sourcil narquois et désapprobateur: « Ah, tu fais ça, toi? Tu donnes les copines? »

    Pas un mot de plus.

  13. @Mohamed et Fauvette

    Oui, malheureusement l’Italie n’est pas la seule à prôner la délation. C’est un vent mauvais qui souffle sur l’Europe.

    @Jardin
    Quelle horreur!
    Pas tellement hors sujet au fond : une société policière qui humilie les femmes …

    Par contre je n’ai pas vu ces affiches à Bologne. Il y a des associations de femmes très actives ici, je vais me renseigner.

  14. Mon fils s’est fait sanctionner pour avoir refusé de dénoncer des copains dans une affaire de fumette. mais la proviseur du lycée a fait pire: elle a insinué le doute dans leur groupe, en lui disant que « tous ses camarades n’avaient pas été aussi vertueux que lui ».

    Du coup, ils se sont mis à soupçonner le plus fragile de la bande, celui qui n’était pas vraiment intégré et qui avait fait un malaise quelques jours plus tôt. Avec pour résultat de le marginaliser un peu plus, car un soupçon comme ça laisse des traces.

  15. @jardin

    Je pense effectivement que l’éducation joue un rôle essentiel dans l’aptitude, ou non, à la délation.
    Trop souvent les adultes encouragent, consciemment ou pas, les enfants à la délation.

    « rapporter » est une pratique courante dans le monde enfantin.

  16. Pour aller dans le sens, malheureusement, de ce qui se dit ici:
    Il y a longtemps désormais que la délation est (re?)devenue une pratique courante dans notre beau pays des droits de l’Homme.

    Nul besoin de « bureaux de délation » en France, certains « contacts » en préfecture le confirment:
    La délation est spontanée.

    Abject.

  17. @bonjour Infocrate 🙂

    Abject vraiment!

    Dangereux aussi, le « diviser pour mieux régner » entraine toujours des réactions négatives, collaboration, repli identitaire, apathie complice (le silence des pantoufles), violence incontrôlable.

    J’écrirais bien que c’est déprimant mais je n’en ai pas envie, déprimer peut être le premier pas vers la résignation, or ce n’est vraiment pas le moment de baisser les bras !

  18. Ne pas oublier que ceux qui nous déçoivent tant sont aussi hélas,des « élus »…Ce qui me fait penser au bon temps de l’expression direct de la démocratie, dans les lieux maintenant tous fermés ou soumis au couvre feu télévisuel de 20H? A savoir : le bistrot, le troquet, le rad, le THE CAFE…Au moins, l’apero aidant, on confrontait ses idées, le con était bien identifié…Et du coup pouvait constater en direct le niveau élevé de sa connerie.Maintenant qu’il rentre directement chez lui fumer dans le garage ou sur le balcon…le con est livré a lui même sans espoir…et il le sent bien…car il vaut mieux passer pour un con devant ses amis que devant sa télé…Alors il reste a discuter avec sa télé…sans espoirs.Avant le con avait des amis…même des « étrangers » …une tournée c’est une tournée…Maintenant il tourne tout seul.
    J’avais juste envie de faire sourire.
    Je suis con aussi 🙂

  19. @Dom

    Chapeau pour le com!
    Je rejoins tout à fait @Pierre dont je viens de lire le texte, super, qui se termine par cette phrase:

    « La définition de la connerie pourrait être: «La volonté obstinée de ressembler point par point à l’image de l’être idéal que la société promeut». »

    génial, allez vite le lire!

  20. @ Dom
    La disparition des bistrots c’est pas un hazard, c’est la que se sont créés la plupard des mouvements sociaux de la moitié du sciècle dernier.
    L’interdiction de fumer dans ces lieux non plus, baisse de 10 à 15 % de fréquentation depui, et augmentation liée des antidepresseurs.
    ça fait pas de bons révolutionaires les gens sous cachetons..

  21. @Yelrah

    « ça fait pas de bons révolutionaires les gens sous cachetons. » 🙂

    entreprise de « décérébration  » massive rondement menée depuis des années au bénéfice du profit de quelques uns et de son illusion pour tous les autres.

  22. @Dom

    Le blog, les sites, oui, c’est bien, c’est même très bien mais le café c’était autre chose.

    Sur les blogs on retrouve celles et ceux avec qui on a des affinités, et c’est très agréable, de temps en temps on jette un œil prudent sur des blogs de sensibilité opposée, on ne s’attarde pas, on ne discute pas (moi tout au moins).

    De même, par exemple sur cet espace, il y a parfois des débats, ce qui est positif, mais quand les contradicteurs (trices) se pointent c’est généralement la bave aux lèvres et il est impossible de discuter avec eux car très rapidement leurs coms deviennent agressifs, injurieux  » tu devrais avoir honte » « vous m’écœurez » etc…

    en fait souvent illes viennent pour empêcher que les idées différentes des leurs soient exprimées et pas pour débattre, d’où leur surnom, mérité, de trolls.

    En gros pas de juste milieu.

    au café par contre diverses tendances étaient représentées et chacun y allait de son analyse ce qui était…démocratique 🙂

  23. @Céleste
    Je sais bien que le blog ne fait qu’illusion…il faut avoir envie d’écrire et de maitriser cette technique.
    Mais tu sais on choisissait aussi nos bistrots, je pense tout à coup a coup a ces petits jukeboxs en bout de table…

    ( tu crois que je n’ai pas remarqué cette gargouille numerique dont tu m’as affublé 🙂

  24. @Dom

    Toustes une gargouille, c’est une initiative de Fabio, il est très joueur 🙂

    Bien sûr qu’on choisissait nos bistrots. Quand j’étais encore à Châteauroux, seule période ma vie où j’ai fréquenté en permanence les bistrots (et les boîtes de nuit, je passais joyeusement des uns aux autres) j’allais au Café de Paris. Au début il y avait un billard, des tables et des chaises en bois comme le comptoir…bois roux et cuivre, c’était superbe, populaire et superbe.

    Après ils n’ont pas pu s’empêcher de tout refaire, design années 70 plastoque orange et sièges en skaï…une horreur 🙁

  25. Celeste> Tout d’abord, merci pour ce commentaire qui m’a fait rosir d’orgueil enfantin voire infantile. Une des tes remarques sur les bars d’antan m’incite à inclure un dernier lien qui va me faire passer pour un phagocyte qui insinue odieusement de la pub! Jette un œil quand tu auras une minute sur le début d’une antique nouvelle dont le début résonne étrangement avec ton descriptif.

    http://lamansarde54.neuf.fr/NOUVELLES/Titi.html

  26. @J’ai beaucoup aimé ton texte Pierre

    L’impression de connaître Titi, mais ce n’est qu’une impression et le café…on s’y croirait.

    Tu vas encore rosir?
    C’est bien d’avoir gardé des émois enfantins 🙂

  27. Le jour même où tu écrivais cet article, Eric Besson – qui a succédé à Brice Hortefeux comme ministre de l’Immigration, de l’Identité nationale (sic), de l’Intégration, etc. – en France, annonçait qu’il allait instaurer un système permettant à des immigrés clandestins, s’ils « dénonçaient » leurs passeurs, d’obtenir un titre de séjour temporaire.

    Voir lien sous « Besson » dans cet article posté hier matin :

    http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2009/02/05/exclusif-extraits-de-l%E2%80%99interview-audiovisuelle-de-ce-soir/

  28. Un exemple des problemes italiens qui vont bientot etre d’actualités en France. Traduction de l’Italien par Lefafsinonaki :

    Rome, protestation d’une école primaire

    La question immigration envahie l’école. A l’école primaire de Rome « Carlo Pisacane » les mamans ont décidées de ne plus inscrire leurs fils parce qu’il y a trop d’élèves étrangers. « Il y a trop d’immigrés scolaires et nous sommes contraints à émigrer dans d’autres écoles – revendique le comité – Ce n’est pas une question de racisme, mais d’une intégration impossible et de droits refusés à nos enfants ».

    La protestation des mamans a explosée dans une lettre envoyée au Ministre pour l’instruction Maria Stella Gelmini. « Avoir seulement 15 enfants Italiens sur un total de 180 élèves étrangers et certaines classes actuelles comme ce CP avec un seul enfant Italien sur 23, signifie refuser à nos enfants le droit d’avoir des copains avec qui jouer aussi en dehors des horaires de l’école, parce que les communautés étrangères présente dans notre institut sont hermétique et ne s’ouvrent pas aux autres », peut-on lire dans la lettre publiée sur le journal « La Repubblica ».

    Située entre Torpignattara et il Pigneto, faubourg historique et populaire de Rome, l’école « Carlo Pisacane » présente une réalité en pleine expansion également dans d’autres régions, avec des problèmes complexes liés à l’intégration culturelle mais pas seulement. « Nos fils devraient avoir le droit de faire des sorties scolaires, seulement pour des problèmes économiques les enfants étrangers ne peuvent jamais participer à ces voyages que, de temps en temps, on essaye d’organiser – racontent les mamans de la Pisacane » – Aucune sortie dans les villes d’art, aucun séjour à la neige : le numéro minimum de participants pour partir n’est jamais atteint ».

    Mais ce n’est pas tout. A l’institut Pisacane l’intégration multiethnique se présente auprès des parents d’élèves concernés juste comme une barrière insurmontable, seulement en mesure de léser inexorablement les « droits » les plus simples du peu d’enfants Italiens. Comme celui de faire une crèche sans voir une mosquée, des minarets et des femmes en burka mélangés à des pasteurs et aux rois mages comme cela s’est passé l’année dernière. « Combien parmi ceux qui mettent la tête sous le sable et vendent cette terrible future école ghetto comme modèle d’intégration inscrivent leurs fils dans des écoles comme l’école Carlo Pisacane ? Nous supposons que la réponse soit personne », concluent les mamans dans la lettre envoyée au ministre.

    source en italien

  29. je savoure : “Maurizio Gasparri, un des présidents des groupes parlementaires du CENTRE-droit : «Ce sont des lois qui donnent la priorité aux droits des Italiens, car pour nous, les Italiens viennent en premier. Nous ne sommes pas racistes, l’opposition devrait avoir honte d’elle-même.” “

  30. @dominique

    Un vent nauséabond souffle sur l’Europe de l’Ouest. sans surprise les mêmes méthodes sont préconisées des eux côtés des Alpes.
    Triste

    @François, Marius, Pierre et les autres

    Allez donc déposer votre propagande ailleurs.
    Il y a des butors racistes partout, en Italie comme en France, vous en êtes la preuve!

    @Pierre
    de rien 🙂
    (le Pierre que je cite au-dessus n’est bien sûr pas toi!)

    @Odal, merci pour cette citation
    en ce moment, en Italie nous assistons à un festival de connerie, de xénophobie, d’égoïsme, d’obscurantisme, de machisme…liste non exhaustive malheureusement

  31. Les italiens tiennent trop à leurs identités et leurs pays, pour se laisser submerger par une autre culture dominante, leurs fiertés d’être italiens les sauvera sûrement de la déliquescence identitaire, tandis qu’en France il n y a plus aucune fierté, ni identité à opposer à ceux qui veulent nous imposer la leurs, et à ce petit jeu la en France on sait tous qui sera le prochain gagnant, des indices : une communauté ultra nationaliste dans leurs pays d’origines et ici, ultra communautaire, ultra religieuse, je tairai son nom, tout le monde sait de qui je parle

  32. Tiens, une offensive xénophobe!

    « leurs fiertés d’être italiens »

    mon pauvre Sitting bull, votre méconnaissance de l’Italie est à limite du comique…si tant est que ce que vous écrivez puisse faire rire 🙁

  33. En Italie, des milices anti-immigration pourront commencer à organiser des patrouilles de rue pour surveiller les «activités illégales» des immigrés. Le Sénat italien vient en effet d’approuver une loi autorisant de telles patrouilles.

    Le Parti démocrate a présenté un amendement leur interdisant le port d’armes et limitant leur rôle à la notification aux autorités des actes répréhensibles commis par des immigrés.

    “Nous abandonnons l’angélisme. A partir de maintenant ce sera un dur combat contre la criminalité et l’immigration clandestine”, a déclaré Federico Bricolo, membre de la Ligue du Nord au Sénat , rejetant en bloc les accusations de racisme des partis d’opposition.

    Maurizio Gasparri, un des présidents des groupes parlementaires du centre-droit, a déclaré que le projet de loi avait pour but de protéger les droits des Italiens. «Ce sont des lois qui donnent la priorité aux droits des Italiens, car pour nous, les Italiens viennent en premier. Nous ne sommes pas racistes, l’opposition devrait avoir honte d’elle-même.”

    Les patrouilles seront en mesure de signaler les événements portant atteinte à la sécurité publique. Un numéro de téléphone a également été mis en place dans le nord de l’Italie pour recruter des bénévoles pour les patrouilles. «Dans chaque province, dans chaque commune, nous allons soutenir la création de groupes de bénévoles qui souhaitent s’organiser», a déclaré Dario Bond, conseiller régional de Forza Italia.

    En vertu d’une décision du gouvernement italien, les médecins seront également en mesure de dénoncer les immigrés clandestins. A l’initiative de la Ligue du Nord, une autre loi, qui doit être approuvée par le Parlement italien, prévoit une taxe allant de 80 à 200 euros pour tout immigré demandant un permis de séjour en Italie. (source en anglais)

  34. @François, Marius

    La teneur de ces nouvelles mesures est tellement odieuse que vous apportez de l’eau à mon moulin.

    Car ici, personne ne pense comme vous!

  35. Hier, 7 février, Frédéric Lefebvre, l’inénarrable porte-parole de l’UMP, a déclaré que la « dénonciation » – préconisée par Eric Besson pour les immigrés clandestins – était un acte « républicain ».

  36. @Dominique

    ah oui, j’ai vu!
    et il a aussi fait un distingo entre dénonciation: bien, bravo youpi et délation: caca pas bien!

    Mais d’où ils sortent ces mecs là?
    Les Besson, Lefebvre, Woerth, ils sont nés comme ça ou ils ont eu un traumatisme grave dans l’enfance, un cafouillage dans les neurones à l’adolescence, une embolie intellectuelle et affective à l’âge adulte ?

  37. Mais, voyons, la délation a tout le temps depuis trés trés longtemps existée au grand jour si non en douce entre les mafias divèrses qui ont le pouvoir violent contre les pauvres gens ignards !
    Ce qui peut peut etre changer, ce sont les zones de raket ou leurs extentions ?
    En tout cas, il vat dans le sens de bonnes affaires de richtards de toutes catégories .
    Les clandèstin ne peut que se cacher ,térrifié, il ne recevra pas sa part dans cette société jolie contre son travil et sera un travilleur sans droit ni existance?
    S’il meurt,sera t’il
    seulement porté disparu ? 😀
    Des corps vivants qui n’existent que pour ceux qui savent s’en sèrvir avec habileté.
    La vénalite convient bien a ce commèrce de dupe 😀
    Ainsi en marginalisant ou en condamnant des minorités, cela fait peut etre marcher des commèrces en difficulté ?
    Ainsi ceux ci sont obligés de consulter des officines obscures et cracher un max, si ce n’est y laisser parfois leurs peau clandèstinement ,s’ils ne sont pas assez clairvoyants pour savoir ou sont leurs intérets ?
    Ainsi l’avortement est a la tête d’un raket qui a un impacte sur la marche de la vie des pauvres qui sont de surcroit condamnés alors qu’ils doivent naturellement disposer de leur corps ?Ils voient ainsi ,leur sexualité attaquée par des inquisiteurs immondes ……………?
    Voila que la société mérite que ses rouages les plus pèrvèrs soient mis a nu, en plein jour , afin que le plus grand nombre puisse s’en défendre .
    Quel profiteur sera assez sot pour le reconaitre franchement ?
    Je ne sais d’ayeur meme pas pourquoi, j’ai pris cet exemple idiot .

  38. @un chouka

    Bien sûr que la délation a toujours existé, mais elle n’a pas toujours été ouvertement utilisée par les états pour opprimer les faibles ou les minorités.

    Tiens, en fait il ne me vient que deux exemples: le nazisme et le maccartysme.

  39. Ben, oui, @ Celeste,ce sont de bon exemples ou ladictature se montre comme elle est,mais les « religions », ne sont elles pas plus sournoises encore ? 😉

  40. La désinformation est grande :

    La délation est un acte inacceptable, très souvent commis à l’encontre des plus faibles, qu’ils soient blancs, noirs, jaunes, arabes, juifs, catholiques ou de quelque minorité que ce soit.

    La dénonciation, quant à elle, est un acte civique d’alerte contre les abus des élites et de tous ceux qui pensent être au-dessus des lois.

    On rencontre la dénonciation sous le nom de « whistleblowing » dans les pays anglo-saxons (Allemagne, Canada, USA) où elle est considérée comme un acte civique entraînant très souvent une protection des autorités officielles.

    Le Whistleblowing ne doit pas être mélangé avec le système de délation que les sociétés américaines sont en train d’instaurer dans les entreprises pour que les employés se dénoncent entre eux. Dans ce cas, il s’agit de délation pure et dure (comme le ratting aux USA (to « rat » on somebody), c’est cette délation-là qui est totalement inacceptable et qui vient d’être refusée par la « CNIL » à Mac Donald qui a osé faire cette requête honteuse.
    Nous voudrions également ajouter qu’en France, à l’opposé des pays anglo-saxons, (exclusivement en France) le mot « dénonciation » a été mélangé dans son sens avec le mot délation, au plus grand profit des escrocs et autres crapules, qui ont de ce fait réussi à faire passer une sorte d’interdit moral sur la dénonciation civique, et ceci, à leur plus grand profit, bien sûr !

    Ceci étant dit, le droit à la dénonciation devrait être un droit inaliénable, comme la liberté, car c’est grâce à ces dénonciations qu’un certain nombre de personnages ou d’organisations douteuses ont pu être mis hors d’état de nuire depuis plusieurs générations.

  41. Bien d’accord pour la dénonciation, un mal nécessaire que l’instituteur pouvait balayer de la main, pariant sur l’innocence ou le caractère véniel du fait rapporté. Et aussi sur la capacité d’oubli ou d’entente des enfants…

    Plus que la délation elle-même, c’est bien le climat qu’elle engendrera à coup sûr si on l’encourage qu’il faut redouter et dénoncer par avance. Ou l’ambiance de la classe va beaucoup en souffrir.

    Vilains maîtres que ces dénonciateurs de racaille!

  42. @pierre, nadine, marius et compagnie

    votre petit copié collé n’apporte rien de neuf sous le soleil.
    fidèles à vous mêmes en somme!

    @cyclomal
    « Plus que la délation elle-même, c’est bien le climat qu’elle engendrera à coup sûr si on l’encourage qu’il faut redouter et dénoncer par avance. »

    absolument, quand une société appelle à la délation, la suspicion s’installe, la méfiance prend le pas sur la solidarité, la noirceur des âmes se révèle.

    triste période.

  43. Diantre, des trolls délationnistes, c’est la première fois que je vois ça…

    Sinon, j’arrive après la bataille. Mais ton billet est aussi classe que complet. Dommage que quelques petits esprits en profitent pour lâcher la bride à leur sombre médiocrité.

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