Vendredi, le couscous de Saltana

Ce matin, comme tous les vendredis, Saltana a préparé le couscous.
Un long travail.
Quand il a été prêt elle a fait trois plats : un pour les femmes, un pour les hommes et un qu’elle a apporté à Ada et Beppe, ses voisins âgés. Mohamed l’a accompagnée car Saltana a encore des problèmes avec l’italien.
Elle, elle parle berbère.

Depuis sept ans elle habite à Bologne. En 2002, après plus de vingt années de séparation, elle a rejoint Mohamed, épousé au bled lorsqu’elle était encore adolescente.

Elle l’a d’abord suivi à Casablanca. Puis il est parti pour l’Italie et elle l’a attendu.
Il lui revenait tous les deux ans, quand l’enfant qu’ils avaient conçu l’été précédent commençait à marcher.
Et que les autres grandissaient.
Un fils, deux filles puis encore deux fils.

Quand il a eu 16 ans le grand est parti en Italie vivre avec son père.

Et puis un jour, comme ça, alors qu’elle n’y croyait plus, alors qu’elle avait organisé sa vie autour de l’absence, est arrivée l’autorisation d’aller vivre en Italie, avec les enfants, tous ensemble, en famille.
Elle a quitté sa maison, son quartier, ses voisins et ses amies, le vent dans les feuilles des palmiers, le sable et la lumière.
Elle a traversé l’Espagne, puis la France, à l’arrière d’une Opel Astra bondée. Elle ne savait pas où elle allait mais elle voulait croire que c’était vers le bonheur.

Du bonheur il y en a eu mais du malheur aussi, le pire des malheurs.
Le plus jeune des fils s’est noyé dans le fleuve, devant leurs yeux, un dimanche d’été.

Et la vie qui continue. Les filles se marient. L’Italie est ce qu’elle est et on ne peut rien y faire. C’est comme ça, alors on s’en accommode. Saltana, n’est pas venue de si loin pour pleurer sans fin.
A la mosquée, elle a rencontré d’autres mères de famille berbères, les hommes se connaissaient déjà.
Une petite communauté s’est formée.

Le vendredi, elle prépare le couscous pour le partager avec les amis.
En début d’après-midi, après la prière à la mosquée, l’appartement se remplit. Les hommes s’installent dans une pièce, les femmes dans une autre, les enfants vont et viennent.

Un des fils de Saltana a été mon élève et depuis elle est mon amie. Une amitié faite de sourires, de regards complices, de mains tenues et serrées, d’embrassades, de couscous partagés.

Je prends place dans le salon des femmes, certaines laissent glisser sur leurs épaules les foulards destinés à cacher les lourdes et soyeuses chevelures brunes, d’autres non. Le plat de couscous encore fumant est posé au milieu de la table et chacune se sert avec ses mains, formant des boulettes de graine mêlée de légumes et de viande.  Moi j’ai droit à une fourchette. Mes compagnes mangent joyeusement et s’étonnent de mon petit appétit « Tu ne manges rien ! ». Saltana pousse vers moi les meilleurs morceaux de viande et m’encourage du menton « Allez, encore un peu de mouton ! »
Je dis à Rachida, sa fille, que le couscous est comme toujours délicieux mais que je n’ai pas l’habitude de manger autant.
Elles se mettent à rire « Tu ne veux pas grossir ! »

Puis Fatima, l’autre fille, celle qui a étudié avec acharnement, le soir, après son travail à l’usine, pour obtenir la « maturità » (bac) et qui ensuite grâce un stage est devenue médiatrice culturelle, apporte le thé à la menthe.
Versé en cascade dans les verres il exhale ses effluves épicés.
On grignote des amandes et des gâteaux au miel. Nehza, la jeune belle-fille arrivée depuis un mois de Casablanca met le dvd de son mariage et la musique berbère envahit l’appartement.

Le temps semble suspendu, entre les rires des enfants, les rasades de thé, l’écho lointain de la discussion des hommes, les ritournelles des musiciens.

Nezha est  un peu perdue au sein de sa nouvelle famille et dans ce pays dont elle ne parle pas encore la langue. Elle a étudié l’économie à l’université mais a elle a déjà compris qu’ici les emplois qu’on lui proposera feront plus appel à la force de ses bras qu’à son intelligence et à sa culture. A Casa elle ne portait pas le foulard et sortait librement mais depuis qu’elle est mariée elle couvre ses cheveux.
« C’est ton mari qui te l’a demandé ? »
–    Non, mais j’ai fait comme ses sœurs, pour m’adapter à la famille.
–    Ça te pèse ?
–    Non, chez nous c’est la tradition. Certaine femmes le mettent, d’autres non, on fait comme on veut. »
Parfois elle va seule se promener en ville, regarder les boutiques mais les prix sont élevés, trop pour elle. Je lui propose de venir avec moi au marché un samedi. Elle accepte avec enthousiasme.

Saltana ne sait pas lire, ne regarde pas la télévision locale et a très peu de contacts avec les Italiens. Même si souvent elle remarque que des regards méprisants, désapprobateurs, se posent sur elle, son foulard, ses longs vêtements et ses mains décorées d’arabesques rousses, elle est loin d’imaginer les diatribes haineuses envers les musulmans qui  entachent les pages de certains journaux et blogs italiens ou européens.
Heureusement car elle ne comprendrait pas.

Moi non plus je ne comprends pas.
Cette haine est à la fois absurde et indigne. Elle affiche les limites de la  civilisation occidentale.

48 réflexions au sujet de « Vendredi, le couscous de Saltana »

  1. Bonjour Céleste,

    C’est un très beau texte, d’autant plus qu’il m’a fait revivre plein de merveilleux souvenirs…

    Des instantanés de bonheur que l’on garde
    précieusement dans de l’ouate au fond de son cœur…

    Qui parfois resurgissent en frissons…

    Comme ici…

    Grâce à vous.

    Merci.

    E.P

  2. Remarquable texte, Celeste, tout de simplicité et de vérité, sur l’éloignement… en vue de rapprochement, des migrants de toutes parts,.. comme si la famille primait sur « les origines », comme si c’était le noyau ultime, protecteur, fondateur…pout tout dire!

    Par contre, je ne peux pas adhérer avec ta

  3. Bug, exuse-moi, Celeste,, je ne peux pas adhérer avec ta conclusion, avec une Sultana, qui ne sait ni lire ni écrire, ni ne regarde la télé… heureusement pour elle, dis-tu, elle ne comprendrait pas;…bien sur que si elle comprendrait, et sans doute trop bien…

    Et tu rajoutes, « moi non plus, je ne comprends pas.
    Cette haine est à la fois absurde et indigne . Elle affiche les limites de la civilisation occidentale »., et là non je ne peux pas te suivre!

    C’est comme si tu marquais les limites de la civilisation occidentale, aux seules élites autoproclamées, et là, j’espère bien que même si nous sommes une minorité, la civilisation occidentale, ce n’est pas ça, même si un Eric Besson, soi-disant ex socialiste, s’apprête ,à faire disparaître « la jungle » de Calais.. consternant, mais ce monsieur ne représente pas la civilisation occidentale!!

    Heureusement, la conscience est ailleurs..!

  4. @merci Erictus

    « Des instantanés de bonheur que l’on garde
    précieusement dans de l’ouate au fond de son cœur…

    Qui parfois resurgissent en frissons…  »

    très joli 🙂

    @v.a. merci à toi aussi 🙂

    Non, je crois vraiment qu’elle ne comprendrait pas le « pourquoi » de cette haine.
    et je ne suis absolument pas péjorative.
    Saltana ne sait pas lire mais elle est intelligente, sensible et elle aime les autres.
    De même que chaque vendredi elle apporte un plat de couscous à ses voisins, un couple d’italiens âgés, le dimanche Ada fait un gâteau pour les petits enfants de Saltana.

    Leur relation est basée sur le respect mutuel. Pourquoi n’est-ce pas ainsi avec toutes et tous?

    Saltana ne comprendrait pas cette haine car elle est absurde, faite de préjugés, d’égoïsme, de bêtise.

    Peut-on comprendre ce qui est inhumain?

    Les limites de la civilisation occidentale:

    « C’est comme si tu marquais les limites de la civilisation occidentale, aux seules élites » autoproclamées, »

    en Italie le racisme et la xénophobie sont clairement affichés, pas seulement par les élites autoproclamées!

    à Bologne le projet de construction d’une mosquée a soulevé un tollé, d’une teneur infecte!

    Les limites de la civilisation occidentale?
    -la difficulté que montrent les occidentaux à accueillir l’autre si celui-ci a une couleur de peau ou une religion différente
    – l’arrogance
    – le sentiment de supériorité par rapport à d’autres cultures ou civilisations dont l’application a été le colonialisme.
    – l’incapacité et le manque de volonté de sortir réellement de ce même colonialisme.
    – l’ égoïsme.
    – la frilosité.
    – l’individualisme.

    Bien sûr, la civilisation occidentale est très riche du point de vue culturel, artistique. Elle a aussi procuré le bien être à beaucoup, la santé, l’éducation. Elle a permis aux femmes d’accéder aux même droits que les hommes (et presque à l’égalité, soyons lucides, celle-ci n’est pas encore effective partout et tout le temps).

    Mais elle a créé des sociétés fermées, basées sur le profit et la rentabilité, des sociétés injustes où les pauvres sont méprisés, ou les étrangers sont discriminés, ou les jeunes sont stigmatisés, où la misère sociale augmente de jour en jour…

    Alors oui, même si nous sommes nombreux à le dénoncer, la civilisation occidentale cultive la haine et le mépris de l’autre.
    C’est sa limite.

  5. Très émouvant.
    Tu as capté la beauté,
    ton texte est plein de l’insaisissable trésor qui émane des femmes lorsqu’elles partagent. Tu ouvres ce lieu de l’humanité où elles ne forment qu’une seule mère accueillante.
    Il peut paraître extrêmement trivial de dire cela comme je le fais.
    Alors que ton texte respire de toutes ces vies.

  6. @ Celeste, tous tes arguments, (la plupart, en tous cas…!), en réponse, sont ( malheureusement), difficiles à contredire… Et avec les systèmes de surveillance multiples, mis en place, (voire Claude-Marie Vadrot et son dernier bouquin..!), vont encore aggraver le processus, mais dans ce cas il ne faudrait plus parler de civilisation occidentale, mais plutot de société occidentale,(y compris,..non, c’est trop long, exceptés la Russie…!?, la Chine , l’Inde, l’Asie du Sud-Est, ce qui fait quand-même du monde…! Bon, je ne parlerai même pas de système totalitaire occidental, puisqu’il est totalement mondialisé, maintenant..

    Donc, tout ce qui n’est pas « normalisé », classifiable, est potentiellement dangereux, donc « a priori », non-intégrable, et finalement à rejeter, ou à marginaliser…!

    Or une civilisation, et à plus forte raison, une culture est par essence, « progressiste », (oui, je sais, c’est un gros mot, mais, parfois…!), donc au sens large, ouverte…! C’est pour ça que les schémas régressifs fusionnels,(on gomme toutes les différences, à partir du modèle originel normatif…!) aboutissent à des dictatures, ou plus pudiquement à des démocratures, comme disait je ne sais plus qui..?)

    Donc, ne parlons plus des limites de telle ou telle civilisation, supprimons le concept..! 🙁

  7. @merci kelcun pour cette fine perception que tu as de mon texte 🙂

    @v.a.
    « Donc, ne parlons plus des limites de telle ou telle civilisation, supprimons le concept..! »

    Why not?
    Je vais y réfléchir 🙂

    c’est un argument délicat, bien sûr, impossible de l’expédier en quelques lignes dans un commentaire.

  8. Merci Celeste pour le lien, fort intéressant et dont on connait déjà, en dehors de l’aspect « primitif » de certains peuples, à tradition orale essentiellement, et aux moeurs « volatiles »…tout le mépris, dont les ont écrasés les peuples conquérants, soi-disant, civilisés!!

    Souvent on oppose l’aspect purement traditionnaliste, tribal et supposé immuable, des peuples dits « primitifs », à l’insatiable soif de progrès et de connaissances, des civilisations dites avancées, ou développées, par opposition à sous développées, désormais proscrites et transformées en « en voie de développement »d’aujourd’hui, aussi peu pudique que malvoyant pour aveugle…!

    On sait bien, par expérience que le « civilisationnisme », s’est transformé très rapidement en colonialisme, en annexions, au nom de…!!?. La connaissance pure de la fin du moyen-âge en passant par la renaissance, s’est très rapidement transformée en dogme, vigoureusement soutenue en cela par l’Eglise, et en asservissement; on sait ce qu’il en est de la colonisation et de la décolonisation, qui n’est restée qu’une colonisation des idées et des systèmes économiques, jusqu’à aujourd’hui.

    Maintenant, il y a le déclin des Empires qui s’écroulent comme des chateaux de cartes, comme celui de Rome il y a 2000 ans, et qui touche de plein fouet tous nos systèmes, aussi bien économiques, que juridiques, que culturels ou soi-disant tels…etc, etc…!!

    Et ça risque d’être de pire Empire…!

  9. « A Casa elle ne portait pas le foulard et sortait librement mais depuis qu’elle est mariée elle couvre ses cheveux.
    « C’est ton mari qui te l’a demandé ? »
    – Non, mais j’ai fait comme ses sœurs, pour m’adapter à la famille.
    – Ça te pèse ?
    – Non, chez nous c’est la tradition. Certaine femmes le mettent, d’autres non, on fait comme on veut. » »

    On fait comme on veut ? Pourquoi pas à Casa mais à Bologne, oui ?

    Je ne comprends pas.

  10. @coucou Fajua 🙂

    Pourquoi?
    « j’ai fait comme ses sœurs, pour m’adapter à la famille. »

    Ce n’est pas parce qu’elle est à Bologne, c’est parce que dans la famille de son jeune mari les femmes portent un foulard.
    Elle a choisi de le porter elle aussi par respect pour sa nouvelle famille.
    Le lieu où elle vit ne rentre pas en compte.

    Mais sa sœur aînée, par contre, mariée dans une famille moins attachée aux coutumes ne le porte pas et (je crois qu’) elle vit en France.

    Ceci dit je suis persuadée que si elle n’avait pas mis le foulard ça n’aurait pas été un problème pour Saltana et son mari. Je rencontre souvent chez eux la nièce de Mohamed, pas de mari, pas de foulard, des jeans moulants, une jeune femme libre et active.

  11. @Fajua

    Oui, je sais 😉

    Je l’ai été moi aussi pendant longtemps puis je suis arrivée à la conclusion que chacune (chacun) doit pouvoir se vêtir comme il le souhaite.
    C’est un droit essentiel et nous vivons dans des démocraties.

  12. Est-ce que Saltana imagine les diatribes haineuses envers les chrétiens et les bigots italiens qui entachent les pages de certains journaux et blogs français ou européens ?
    Elle ne comprendrait pas ?
    Moi non plus je ne comprends pas.

  13. J’ai l’impression que cette histoire de foulard sera toujours perçu quoi qu’on en dise ou quoi qu’on fasse par certains comme une aliénation et par d’autres comme une libération.
    Mais ce n’est pas ce qui m’a interpellé dans ce texte, au contraire. C’est le regard de cette femme venue rejoindre son mari et qui essaie tant bien que mal de survivre dans un pays et une société qui accepte de moins en moins la différence et qui juge ces femmes voilées à travers un prisme trop souvent ethnocentré.

  14. @bonjour Fajua 🙂

    « Sauf que c’est un vêtement demandé par les hommes pour atténuer le désir… »

    pas seulement, pour beaucoup de femmes, particulièrement les jeunes, c’est aussi et surtout l’affirmation d’une identité culturelle et religieuse.
    Et puis d’autres le portent par coquetterie, tout simplement, même si cela peut nous paraître bizarre.
    Nezha ,dont je parle dans le texte, le porte aussi pour afficher son nouveau statut de femme mariée dont elle est très fière…

    Et tout état de cause je suis convaincue que ce n’est pas en stigmatisant le port du voile ou du foulard qu’il disparaitra.
    Mais au contraire par l’éducation, par la justice sociale, par la fin des discriminations religieuses et culturelles.

    d’où ma position.

    @Christine

    Contrairement à ce que vous sous-entendez je n’ai aucune haine envers les croyants, quelle que soit leur religion.
    Ce sont les hommes d’église que je n’aime pas.
    Je pourfends le catholicisme mais pas les catholiques dans la mesure ou ceux-ci n’interviennent ni dans les affaires de l’état, ni dans ma sphère privée.
    En Italie le Vatican pèse sur les décisions gouvernementales de manière rétrograde et il est particulièrement virulent envers les femmes.

    D’où mon opposition.

    Par ailleurs, je ne connais aucun journal ou blog qui attaque les chrétiens dans leur ensemble comme d’autres blogs ou journaux attaquent, non pas seulement l’islam mais les musulmans.

    Je ne vous donne pas les liens, vous les connaissez déjà!

  15. Ce qui m’irrite le plus dans ce « débat », c’est cette façon de considérer les femmes arborant le foulard comme d’éternelles victimes, irrémédiables soumises qui n’auraient aucun libre arbitre, à commencer par leur liberté de choix individuel de porter le foulard. Ignorant que lorsqu’il est imposé, c’est par la mère généralement et non par le mari/oncle/frère/cousin, mais ignorant surtout qu’ici, en France, dans la quasi totalité ce sont les jeunes femmes qui choisissent de porter le foulard, souvent contre l’avis des hommes de leur famille qui leur reprochent de se faire « remarquer » ainsi.

    Quand à ce qui est d’atténuer le désir, c’est une appréciation tout à fait subjective. Dans mon immeuble il y a deux sœurs, étudiantes, l’une en foulard l’autre pas, et la plus coquette et aguicheuse est celle qui porte le foulard justement.

  16. @Mohamed

    « et une société qui accepte de moins en moins la différence et qui juge ces femmes voilées à travers un prisme trop souvent ethnocentré. »

    Je suis tout à fait d’accord avec toi!

    Ce que tu écris rejoint aussi ce qu’a écrit @Pescade.

    Autant je serais prête à aider une femme qui souffre de devoir porter un voile qu’on lui a imposé autant je respecte le choix le porter.

    S’habiller comme on le souhaite, quelles qu’en soient les motivations, est un droit.

  17. @ Fajua, # 16, « sauf que c’est un vêtement demandé par les hommes pour atténuer le désir »,…, ça, c’est pas si sur,… seulement pour le voile (couvrir la tête, et plus loin tout le visage excepté les yeux, …ça porte un nom, que je n’ai pas retenu!), les burkas et autres vêtements intégraux… tiens c’est bizarre, intégraux,..!, dont je ne connais pas l’appellation, je vais les laisser de côté…!

    Sauf peut-être, pour rappeler, que dans certains sultanats et émirats, la fine fleur de la création de sous-vêtements féminins, rivalise d’audace…, rien que d’y penser… 🙂 , et un regard fardé, encadré de noir,… les plus..moins jeunes d’entre nous, ne peuvent que s’émouvoir au simple souvenir d’un beau visage, sous la cornette d’une nonne..! 🙂

    IL y aurait dans le monde musulman et périphérique, une revendication grandissante, relevant plus de la coquetterie que de la pratique religieuse, pour le port du voile…je n’ai pas les liens, là, mais je suis sur que de bonnes âmes vont les trouver… 🙂 , comme quoi, parfois, souvent même, la perversion, soeur aînée de l’érotisme, trouve les chemins détournés qu’elle peut…!

    Il me semble que le sujet initial du billet n’était pas le port du voile…, mais, c’est un des signes extérieurs auxquels la civilisation occidentale, ne se prive pas de réagir, …pas toujours comme il conviendrait, d’ailleurs!

  18. Bon, je vais vous laisser mon grain de sable, mais la piétaille qui se débrouille comme elle peut est une chose univècelle ,meme chez les animaux,je crois .
    Les valeurs relatives de chacun aportent de la libèrté,du confort, « de la richesse »,mais tout cela est en relation avec les repèrs et les valeurs de chacun,si bien qu’il me semble difficile de mesurer tout ça ?
    On peut a mon avis, etre modèste,et heureux .
    Aprécier nos réalisations, (intendance, relationel ,familiale ,etc..)qu’elles soient simples ou hors « normes  » du point de vue de la société dans laquelle vivent les etres ?
    Il n’en rèste pas moins que tout cela se mesure a l’aulne de l’entourage,de l’époque ,du lieux,etc…mais n’ a qu’une valeur trés relative, je crois ?
    Cela ne doit pas « nous  » faire oublier que dans la vie, c’est hélas tout le temps chacun pour soit ?
    Le savoir et la connaisance ,associés aux capacités de chacun,rèste l’une des cléfs du « succés  » ou que nous nous trouvions ?
    Cèrte, les femms ,n’ont pas pour réusir,les memes « outils « que les hommes 🙂
    Salut a vous .

  19. Coucou Céleste et tout le monde

    Dans ton texte il ya tout plein d’idées et de sujets + la beauté du récit.

    JE prendrai juste une phrase :
    « en Italie le racisme et la xénophobie sont clairement affichés, pas seulement par les élites autoproclamées ! »
    Tu veux dire aussi par le peuple ?

    Oui mais……Se sont bien les élites autoproclaméees qui véhiculent depuis 2 siècles le racisme et la xénophobie et l’identité nationale (qui n’est pas une découverte de Sarkozy/ Berlusconi et autres ) discréditer « l’autre » pour renforcer le « nous » est une bien vieille recette.
    Ce sont eux qui charrient tous les steréotypes et parfois la haine . Je ne disculpe pas bien entendu les gens racistes et autres fachos qui écoutent les sirènes de la haine mais ce que je veux dire c’est que pour combattre tout ça il faut s’attaquer à la source : aux discours publics avant tout qui sont la courroie de transmission de l’idée dominante, et l’idée dominante c’est le système capitaliste.
    Les causes qui provoquent le développement du nationaliste/raciste aujourd’hui, sont intimement liées à la nature même du système dans lequel nous vivons : un système, une société fondamentalement inégalitaire, individualiste, le capitalisme en fait ! c’est le terreau du racisme et de la xénophobie.

    Donc on a le terreau (capitalisme) , et la courroie de transmission : les élites (les intellectuels/expert, medias, politiques, ) ce sont eux qui construisent les stéréotypes sur l’immigration (problème), sur la theorie du choc civilisations, sur l’impossible intégration des étrangers, ….
    LA boucle est bouclée et ça dure depuis deux siècles. LA nature humaine ou la civilisation n ‘a rien à voir avec cela.

    c’est pas la « nature humaine » et le soit disant « peuple » comme on aimerait le faire croire.
    pour moi c’est une histoire de système politique et d’organisation sociale
    Si l’on part du postulat (en tout cas celui que je défend dans mon militantisme antifasciste/antiraciste) c’est bien que le racisme/théorie du choc des civilisations, xénophobie….est une construction purement politique, c’est une fabrication. Ces mécanismes sont très bien expliqués dans le pavé de 700 pages du socio historien Gérard Noirel (Bourdieusien) «
    « Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe -XXe siècle) Discours public, humiliations privées », vraiment je vous le conseil, tout comme son autre ouvrage : à quoi sert l’identité Nationale….

    Voilà, voilà je sais pas si c’est clair….

    L’italie est un des laboratoires de la montée du nationalisme, il y a aussi la Suisse avec les campagnes racistes de l’UDC tout à fait légalisées et la France ????? on y va tout doucement….

    Bises

  20. Bravo @ Myriam pour votre thèse.
    Toutefois, je ne peus oublier qu’en « Iran »,par exemple,mais a bien d’autres endroits aussi , vous avez un régime facho/ »religieux » ,èsclavagiste,pourri,corrompu, comme il est difficile d’imaginer pour des gens d’ici.
    Pour moi, ce n’est qu’une connaisance théorique issue de la lècture ,mais je me vois bien faire « une chasse étèrnelle a des gans comme ça sur le terrain « .(que dix yeux leur pardonne :-D)
    C’est dire que « l’humanité » ,qu’elle soit capitaliste , canibale,théologique ,ou ce que vous voulez, est tout le temps un rapport de force violent ou le plus faible est avilit, détruit,voir tué ,a défaut d’etre exploité .
    Nos intérets, ne peuvent etre défendus que par nous meme ,il me semble .
    Confier notre sécurité, a d’autres,c’est leur laisser le choix de nous tuer ou de nous exploiter .
    Bien cons ceux qui mordent dans les propaguande pèrfides .
    A +

  21. Coucou,

    Je me suis régalée en lisant ton texte, Céleste (et j’aurai bien aimé partager ce couscous !) 🙂

    Je n’ai pas le temps de développer maintenant et c’est dommage, mais je suis tout à fait d’accord avec ce que dit Myriam ! Rien de « naturel » dans la peur de l’autre et son rejet, mais des constructions sociopolitiques, idéologiques, tellement intégrées parce qu’elles sont une « cosmovision », dont avait besoin et dont s’est nourri l’occident capitaliste et les sociétés marchandes.

    Et pour répondre à Un Chouka, j’ajoute que je ne crois pas non plus que l’humanité soit vouée à la violence et à l’écrasement du faible, ni non plus au pouvoir et aux relations de pouvoir verticales : l’histoire est écrite par les vainqueurs, et elle laisse dans l’ombre ce que quelques ethnologues et anthropologues, mais aussi aujourd’hui des militants ont su mettre en évidence et revendiquer : d’autres sociétés se comportent différemment, avec d’autres modèles, d’autres cosmovisions, bien plus respectueuses de chacunE et de la planète. Je pense aux sociétés dites premières, mais aussi à leurs survivances, aux échos toujours vivants qui s’expriment dans les luttes des peuples indigènes, que ce soient les Aborigènes en Australie ou beaucoup de peuples indiens dans les Amériques centrale et du sud. L’organisation communautaire, l’équilibre des relations de pouvoir horizontale, par le don, contre-don, l’échange, la coopération, créent une autre relation des unEs aux autres et de toustes entre eux et avec l’environnement.
    Je recommande en ce sens la lecture de La puissance des pauvres, de Majid Rahnema et Jean Robert (Actes Sud), et de tout ce qui se rapporte à la Commune d’Oaxaca et au mouvement zapatiste…

    Des brins d’espoir qui peuvent nous aider à tisser d’autres vies 🙂

  22. Tout a été dit sur ton texte,rien à ajouter.
    Mais cette pauvre Christine quand même faut pas la laisser dans l’ignorance!
    Que penser d’une hiérarchie catholique,qui après avoir soutenue toutes les dictature d’Amérique du Sud,toutes les violations des droits de l’homme,jusqu’a dénoncer à la dictature argentine les théologiens de la libération,décident d’excommunier une fillette de 9 ans avec toute sa famille et les soignats,qui fut violée par un individu qui avant elle avait violé sa soeur,sinon qu’elle est immonde?
    Que penser d’un pape,ancien des jeunesses hitlériennes,qui doit être satisfait puisque l’on réhabilite le faschisme pour sa lutte émérite contre les communistes,qui prétend que le préservatif est un problème?il se le mets sur la tête?
    Les curés,les immans,les rabbins me gavent,ils m’emmerdent!
    Et puis au milieu on trouve des gens qui ont fait de leur religion un combat pour la tolérance,ils sont les bienvenus!que les autres aillent se faire foutre!

  23. Bonjour Céleste, question triviale: comment font tous ces gens, hommes, femmes et enfants pour se réunir le vendredi en milieu de journée? Ni école pour les uns ni travail pour les autres?

    Par ailleurs, j’ai toujours trouvé malheureux de vivre en marge, dans l’incompréhension ou la méconnaissance de la société dans laquelle ses propres enfants grandissent. Je n’ai jamais compris comment faisaient certaines familles pour être plus au fait, grâce au satellite et au taxipohone, de ce qui se passe dans les rues de Casa ou Tizi-Ouzou, au choix, et ne pas savoir ce qui passe en bas de chez elles, à Bologne, Paris, Marseille ou ailleurs…

  24. « Par ailleurs, j’ai toujours trouvé malheureux de vivre en marge, dans l’incompréhension ou la méconnaissance de la société dans laquelle ses propres enfants grandissent.  »

    Mes arrières-arrières grands-parents ont quitté l’Espagne dans les années 1880/90 avec enfants et baluchons.

    Quand j’ai étudié un peu l’histoire de cette famille, ce qui m’a sauté aux yeux, c’est le choix des prénoms des deux premières générations.

    Autant tous ceux nés avant 1910 à peu près, sont purement espagnols, autant ceux qui suivent deviennent bilingues (pascual=pascal, josé=joseph etc).

    Idem pour l’emploi de la langue qui devient très vite double.

    J’ai constaté le même phénomène chez les polonais ou italiens du Nord et dans la communauté vietnamienne.

    Sans doute la certitude, plus ou moins rapide à s’imposer, que le retour au pays serait impossible et que de gré ou de force les enfants ne quitteraient pas la France pour repartir en arrière, a-t-elle joué.

    Les populations française (et italienne) d’origine maghrébine ou africaine sub-saharienne ont pour beaucoup des liens encore très fort avec le pays natal.

    Dans pas mal de familles, l’idée d’un exil définitif a été très dure à admettre et ne pas venue volontairement.

    Les jeunes adultes, les enfants, ont continués à être élevés dans ce qui était souvent un mythe de séjour court en Europe.

    Dans ce cas là, il est logique de continuer à s’interresser plus aux rues de Casa qu’à celles de Roubaix.

    Laisser derrière soi un pays n’est jamais facile, mais le porter en permanence en plus de celui où l’on vit peut, c’est vrai, être parfois troublant voire légèrement schyso.

    Et je ne suis pas certaine que cela aide à vivre bien son déracinement.

    Précision, après six générations, l’Espagne et sa culture, sa langue, reste bien présente dans nos têtes, même si les pratiques religieuses, culturelles et les prénoms ont évolués.

    Comme Malak, je me demande souvent si rester braqué sur le pays d’avant aide vraiment à vivre dans le pays d’aujourd’hui…

  25. Après l’acceuil du pays d’aujourd’hui, le pays d’avant…
    Les lois de la relativité, assaisonnées de souvenirs un poil idéalisés …

  26. Je n’ai pas le temps @ KO,mais je me rappèle encore la belle petite ritornelle au sujet des cocus:
    « Ils sont les dèrniers a le savoir  » (tout dans le dos 😀 )
    Comme ça, jolis et bons, comme ils sont tous ces gentils « zumains « ,abusants de la pomade pour endormir les gogos naifs qui se font entuber pour rèspècter « ce qui est apris a l’école « ,ne sont jamais les immondes ignards naifs a qui la vérité, n’est surtout jamais abordées ,mais de trés bons citoyen a médailler .
    Il y en a meme qui courent se gaver dés qu’ils savent qu’il y a un gogo qui traine 😀
    Que de l’amour vous dis je .
    Bon, de toute façon, c’est hélas chacun pour sa petite « babine  » 🙂

  27. @ ma chère Sardine, (soudain prolixe..!) : »la seule certitude de l’exilé, c’est d’avoir le cul entre deux chaises, de n’être attendu nulle part », parfois ça semble être une bénédiction…pour l’occidental que je suis, tellement souvent on est « attendu », pour de bonnes et de mauvaises raisons, dans un rôle social…!!

    C’est marrant, hier soir, j’ai revu, (pas en V.O, malheureusement…!), « Georgia » d’Arthur Penn, qui décrit le parcours chaotique d’une famille yougoslave, en « Amérique », et du plus jeune fils, dans les années 60-70, amoureux de Georgia, comme 2 de ses potes, une voisine…encombrante et adorable,…sinon plus..!

    Bon, je ne rentre pas dans le détail, mais cet « incroyable » melting-pot des US, dans les années 50-60, et même plus, a quand même transcendé des générations de migrants, ce que serait parfaitement incapable de faire,(même encore maintenant…!), la vieille Europe…

    Il faut dire que les US, sont une nation sans passé,(parce les occupants ont soigneusement effacé toute trace des autochtones, ..à part quelques réserves..!), et que ce pays , toujours neuf, n’a de cesse que d’assimiler, encore et toujours le meilleur des civilisations migrantes, niggers, latinos, natifs de la vieille Europe…etc, pour essayer, de façon souvent irrationnelle, de tirer, encore et toujours le meilleur…!

    Le meilleur… et parfois le pire…, je ne sais pas ce qui est le mieux,…des frontières « ouvertes » ou souvent fermées, je ne sais pas si Saltana et son couscous, y trouveraient leur place…!

  28. ”la seule certitude de l’exilé, c’est d’avoir le cul entre deux chaises, de n’être attendu nulle part”, parfois ça semble être une bénédiction…pour l’occidental que je suis, tellement souvent on est “attendu”, pour de bonnes et de mauvaises raisons, dans un rôle social…!! »

    La Liberté que l’on se donne de n’être de nulle part et celle qui vous est imposée par l’exil économique ou politique n’ont pas grand-chose en commun.
    Un peu comme le régime sans graisse de la brave dame et l’assiette sans viande du pauvre, les deux maigriront…

     » cet “incroyable” melting-pot des US, dans les années 50-60, et même plus, a quand même transcendé des générations de migrants, ce que serait parfaitement incapable de faire,(même encore maintenant…!), la vieille Europe… »

    La Vieille europe l’a fait très longtemps, elle n’est même formée que de ces mélanges à travers les siècles

     » Il faut dire que les US, sont une nation sans passé,(parce les occupants ont soigneusement effacé toute trace des autochtones, ..à part quelques réserves..!) et que ce pays , toujours neuf, n’a de cesse que d’assimiler, encore et toujours le meilleur des civilisations migrantes, niggers, latinos, natifs de la vieille Europe…etc, pour essayer, de façon souvent irrationnelle, de tirer, encore et toujours le meilleur…!  »

    Il n’y a pas grand-chose d’irrationel dans la politique des quotas du XIX° siècle et le tri d’Ellis Island…
    L’émigration américaine est parfaitement contrôlée à l’époque et n’hésite pas à effectuer des tris raciaux, professionels, d’âge ou de sexe.

  29. @ sardine, en écrivant, je savais déjà quels contre-exemples, on pourrait opposer, ce que tu ne manques pas de faire… et je ne peux qu’être d’accord, si ce n’est que ce qui a pu être vrai il y a

  30. Bug,… je continue, ce qui a pu être vrai, il y a 40 ou 50 ans , n’est plus aussi vrai aujourd’hui, la vieille Europe n’intègre plus ou de moins en moins et quand elle le fait, c’est à la manière pragmatique des US, qui de tous temps a « recyclé » les élites, et là dessus, aussi, je ne peux qu’être d’accord.

    La différence c’est que, pour exister, les US, comme l’Australie, ont absolument besoin de brassage et d’assimilation par acculturation…!

  31. Ils n’ont rien assimilé aux USA, c’est un « cotoyage » d’ethnie totalement artificiel doublé à l’interieur de celles-çi d’un « cotoyage » social purement utilitaire, et quand ils éclateront…

  32. @ yelrah, quand je parle d’assimilation, c’est dans le sens « utilitaire », pas dans un souci d’enrichissement culturel, quoique ça puisse arriver malgré eux…! de temps en temps, mais je ne crois pas que ça éclatera… pas avant longtemps, en tous cas.

    Le génie des US, c’est d’avoir réussi, majoritairement, à insuffler, même aux « presque » nouveaux venus, une « espèce » de sentiment d’appartenance identitaire; le drapeau, l’hymne, la « patrie », qui feront presque partie du patrimoine génétique une génération ou deux après… Si, si…!

  33. Le Texas, veut faire secession-« lui aussi « -?
    C’est vrais que pour un nul comme moi, Wachinton,a toujours ete un « drole de mouton noir « ,mais ce n’est que mon humble avis d’ignard .
    C’est peut etre là que les gens se séparent ?

  34. Bon alors Céleste elle dit comme ça :
    -Oui !Bon! Ben! J’vous parle plus…
    -Vous faites rien que de critiquer…vous lisez pas les notes en entier et puis après vous racontez des trucs ( plus ou moins malins d’ailleurs) Bon j’vous parle plus…oui p’tet à la st Glinglin elle dit.

    J’aimais bien le petit vélo rouge moi …et les bottes.
    Un vélo 3/4 comme les guitares pour enfant 3/4 grand.
    C’est étonnant les objets 3/4 pour les enfants…
    Y’a les fusils aussi…
    Les uniformes…
    Ah comme on les aime nos enfants…
    Je m’éloigne là…

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