De Carla S. et du pouvoir

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dessin de Nole

J’aime les hommes de pouvoir, disait-elle, mutine, bien avant d’épouser un président.
Poupée à la silhouette juvénile, elle est le symbole d’une époque délétère qui préfère le paraître à l’être.
Née riche, devenue belle, se vantant d’être émancipée, la nouvelle conquête sarkozienne accumule dans sa trajectoire tous les poncifs d’un soap opéra destiné à faire rêver les gueux (abusivement considérés comme stupides) dans les chaumières : une famille qui se réfugie en France par peur des brigades rouges, une fortune considérable, un père qui n’en est pas un, une carrière de top model, des amants prestigieux, des prétentions artistiques, et l’amour d’un homme de pouvoir.
Le pouvoir, dont le sinistre Henry Kissinger dit qu’il est « l’aphrodisiaque suprême ».

Quelle connerie !

Je n’attends pas de l’homme qui est à mes côtés qu’il détienne le pouvoir.
J’aime qu’il soit fort quand je suis faible, et qu’il compte sur ma force pour le soutenir.
J’aime que nous nous tenions par la main pour avancer sur le chemin de la vie.
J’aime qu’il soit tendre et généreux.
J’aime que nous riions des mêmes choses.
J’aime que nous puissions nous partager les tâches quotidiennes.
J’aime que la confiance entre nous soit totale.
J’aime vivre avec lui et partager une infinité de petites choses drôles, tristes ou banales.
Et nous endormir enlacés est la récompense de la journée.

Mais le pouvoir chimérique, « qui corrompt » (Louise Michel), qui tue, qui violente je n’en veux pas.

La droite dure qui nous gouverne aime le pouvoir.
Elle aime les femmes qui aiment les hommes de pouvoir.

L’on dit de Carla S. qu’elle est émancipée, c’est faux.
L’émancipation, c’est l’affranchissement d’une autorité, de servitudes ou de préjugés.
Au contraire, les désirs de cette dame apparaissent calqués sur ceux des hommes. Ils obéissent à leurs fantasmes. Ils flattent leur virilité, concept archaïque qui se définit contre l’existence à part entière des femmes.
Sa liberté est un trompe l’œil. Prisonnière des regards, elle évolue dans une prison dorée dont les barreaux pourraient un jour la broyer.
Car, épouse d’un président, devenue première Dame de France elle a pris le risque de s’exposer à la curiosité d’un peuple.
Dévoiler ses fesses dans des magazines est beaucoup moins dangereux.

Elle partagera les inévitables futurs échecs de son mari, elle en sera parfois tenue responsable, elle sera la cible des moqueries et des critiques.

J’avais au baiser de l’Elysée attribué un indicible parfum de tragédie, je le retrouve dans ce couple clinquant.

La femme fatale et l’homme viril sont deux archétypes d’une société basée sur l’infernale relation dominant-dominé qui nous pourrit la vie depuis des siècles et qui connaît un inquiétant renouveau.
Une tentative de retour aux pires valeurs conservatrices s’est amorcée, soutenue par les pontes religieux, relayée des politiques arrogants et incultes, par des écrivaillons hargneux, par les intérêts du capital qui veut asservir le peuple pour mieux l’exploiter.

Mais le libéralisme se meurt. Nous assistons déjà aux premiers tressautements de son agonie.
Faisons en sorte qu’il emporte avec lui les marionnettes qui nous gouvernent.
« Trois petits tours et puis s’en vont »
Et appliquons nous à construire sur les ruines un monde qui ne soit pas régi par le pouvoir de quelques uns, mais par la volonté concertée de toutes et de tous : une vraie démocratie !

« La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison. »
Emmanuel Kant

« Tout pouvoir est une violence exercée sur les gens. »
Mikhaïl Boulgakov

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