Carla S.,comme un parfum de caste

« C’est très joliment expliqué par Proust dans A la recherche du temps perdu, dit-elle d’une voix douce au journaliste et, à travers lui, au bon peuple de France, il explique que le mendiant ne souffre pas d’être mendiant, que c’est le passant qui souffre pour le mendiant, le mendiant étant mendiant, lui, il est de plain- pied avec sa misère. C’est la même chose la célébrité, quand on est dedans à ce niveau là, on n’en a plus du tout conscience. »

Et j’ai pensé à cette considération d’Henri Michaux dans « Un barbare en Asie » (1933):

« L’Hindou mendie, froidement, avec conviction, avec culot. Considérant cet emploi comme sa destinée. Les Hindous, ni bons ni charitables, passent leur chemin et le laissent parce que c’est sa destinée. »

La loi du karma est cruelle à qui n’est point « bien né ».

Un petit parfum de castes flotterait-il à l’Elysée ?

46 réflexions sur « Carla S.,comme un parfum de caste »

  1. la dernière qui avait sorti, du même balcon la même sottise – croyant faire un trait d’esprit – a fini la tête tranchée. Il y a 220 ans. Il faudrait qu’elle fasse attention à ne pas pousser trop loin le cynisme accompli, et à ne pas faire de la brioche le pendant à la famine.
    Mais c’est où qu’elle a déclaré ça ?

  2. @Oh91

    dans une émission de télé hier soir, de 7 à 8 sur tF1 que je n’ai d’ailleurs pas regardée.
    Mais ce matin, j’en ai lu des petites phrases sur des sites que j’aime bien. Alors j’ai cherché l’intégrale, je l’ai trouvée, regardée écoutée décryptée et j’ai relevé cette phrase…
    le reste est du même tonneau, une apparente niaiserie après l’autre…mais en fait un contenu hallucinant de prétention, de cécité, oui, du Marie Antoinette…

    Je te mettrais bien la vidéo en lien mais comme tu l’imagines je ne me la suis pas mise de côté pour la regarder en boucle et je n’arrive plus à la trouver.

  3. Ca devient habituel:
    « Leurs » sorties (et je fais d’incroyables efforts pour rester poli) vont bien plus loin que toutes les caricatures que l’on peut faire d’ « eux ».

    Comiquement affligeant…

  4. Merci Céleste pour tes citations qui habillent si intelligemment la bêtise doublée de nombrilisme. Je n’ai pas vu la vidéo en la matière nous sommes en plein festival ;-))
    Mais comme dit si bien le proverbe  » Qui se ressemble, s’assemble ».

  5. @AffreuxSale

    « Comiquement affligeant… » bien dit!
    Ils dépassent effectivement les caricatures…

    @agathe

    tu sais ça fait partie des choses dont les occidentaux me parlent souvent quand je raconte mes voyages en Inde… »Aaahhhh les castes, quelle horreur!  »

    et je réponds toujours qu’elles existent aussi en Europe, de façon sournoise. On dit les « classes sociales » ou autres métaphores mais dans le fond…

    Cette phrase de Madame Monmari est affligeante à plus d’un titre, par son indifférence à la misère et par ce rapprochement avec la célébrité, complètement incongru.

    D’ailleurs toute l’interview est affligeante. Une poupée qui minaude, écarquillant les yeux, alignant les clichés, conventionnelle, vide.
    Et puis la mise en scène, les photos de Brassens et de Gainsbourg sur le piano…
    Et sans arrêt « mon mari…mon mari »

    Une femme libérée? Certainement pas!

  6. « Mme Monmari », j’adopte ;-))

    Je te rejoins totalement sur l’hypocrisie des sociétés occidentales qui balancent des regards effarés sur le reste du monde alors qu’ils offrent le spectacle de la médiocrité de leurs aspirations.

  7. Si plus personne n’a conscience de sa situation, pourrait-on -pour satisfaire un de mes fantasmes- leur faire échanger leurs places ? (allez je vais être gentille, juste 3 mois).

    Au fait, le mendiant souffrirait peut-être encore un peu moins que rien si on lui laissait poser son cul sur un bout de béton froid au lieu de mettre en place les horreurs dont tu parles dans ce billet-là : http://www.celestissima.org/mechancete-urbaine/

  8. Si l’on remplace « mendiant » par Malade du Sida et « passante » par C., on aura compris de quoi est fait le fond de commerce de Madame. L’apitoiement, la Souffrance en empathie, la Souffrance à grande distance.
    Demain, Chouchou et Chochotte préparent leurs bagages pour un Palace marocain.

    Pendant ce temps-là, derrière, les Hommes de l’Ombre (Grégoire Verdeaux en tête) travaillent dur pour mettre en place la politique humanitaire de Chouchou.

    Suite des articles de BiBi sur le Pouvoir et l’Humanitaire (article : « UNITAID pris en grippe »)
    http://www.pensezbibi.com

  9. En effet, quelle vanité! mais qui se ressemble s’assemble.
    Je n’ai vu que des photos de cette femme (ou qqs articles sur elle), elle n’a aucune consistance.
    Pour une personne habituée aux podiums et aux flatteries, et qui est, de plus, née avec une cuillère d’argent dans la bouche, elle fait étonnamment godiche.
    Il y a quelque chose qui ne colle pas chez elle – comme si elle avait accepté de jouer un rôle dans un film pour des raisons purement « alimentaires ».
    Elle a l’air de ne s’intéresser à rien: Monsieur Monmari l’a mise d’office dans l’assoce des riches de lutte contre le sida, mais elle ne montre aucun enthousiasme pour défendre la cause.

    Bravo, Céleste, pour avoir visionné la vidéo afin de nous en révéler la profondeur: c’est un tour de force au-dessus de mes forces. 🙁

  10. Franchement vous pensez pas qu’on s’en tape…J’en attends rien…jamais…Carla Bruni ou une autre…tous les gens de pouvoirs sont des abrutis, c’est comme ça…il ne peut y avoir d’exception…qu’un connard épouse une conne ça me parait être dans l’ordre des choses.

  11. @agathe

    madame monmari, ce n’est pas de moi, je l’ai lu quelque part mais j’ai oublié où. quoiqu’il en soit, c’est bien trouvé.

    @bonsoir Minium

    Les faire changer de place, très bonne idée!

    @Bibi
    La politique humanitaire, rien que le nom en dit long…

    @emcee

    merci de reconnaitre la nature de l’épreuve!

    contrairement à @Dom, je ne crois pas que ce soit sans intérêt.

    Nous sommes passés de Bernadette Chirac, la droite catho compassionnelle, tendance dame patronnesse charité chrétienne à un système, voir chez Bibi, qui sert uniquement à renforcer l’image du pouvoir.
    Tout est calculé, avant aussi tu me diras, bien sûr, mais au bout du compte il y a avait une action…maintenant, c’est différent, on est dans l’acceptation de la souffrance des autres.

    la direction est celle-là:

    Michel Foucault : « La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort. La philosophie moderne, la mort des autres. »

  12. Même chose au Mexique. Discours d’une prof d’histoire:  » Vous n’allez sans doute pas aimer ce que je vais vous dire, mais vraiment je crois que les pauvres ne font rien pour améliorer leur situation » Ici les castes je les ressents plus qu’en france.

  13. @bonjour Maëlle 🙂

    malheureusement un système d’organisation sociale très répandu!

    on le nommer différemment mais le fond reste le même, les privilèges aussi.

  14. @Doud : Petite question : je me demande ce qu’on peut bien vouloir démontrer avec ce genre de « petite question »…

    Et c’est quoi « un SDF » au juste ? Une réalité monolithique représentant des gens identiques et interchangeables ? On désigne un ensemble de personnes sans domicile par un sigle à 3 lettres vide de tout sens et tout écho qui permet de manipuler (et surtout évacuer) vite et bien ce non-concept ?

    Tiens, maintenant que j’y pense, il est vrai que je ne m’arrête pas « régulièrement » pour discuter avec un « SDF ». Pas plus, remarque que je ne « m’arrête régulièrement », pour discuter avec une fleuriste, un marchand de légume, une charcutière ou un gardien de la paix… Tu en connais beaucoup, toi, des gens vivant en ville, pressés, qui s’arrêtent « régulièrement » pour discuter avec un quelconque inconnu que ce soit ?

    Bon, je poste ce com, je plie mon portable, je quitte le bureau pour monter dans le métro, je descends du métro pour entrer chez moi, là-bas j’ai pas mal de trucs à faire avec plusieurs semaines de retard, faute de temps… La vie, quoi…

  15. En effet, question absurde. Et qui êtes-vous pour poser ce genre de question, en demandant des comptes aux autres et à vous poser en parangon de vertu?

    Qu’on s’arrête régulièrement pour parler à un SDF, si cela lui fera peut-être plaisir – et encore, ce n’est pas dit, ils n’ont peut-être pas besoin de la pitié des autres ou d’une fausse bienveillance – ne changera en rien à sa condition, hélas.

    C’est la prise de conscience générale qui fait avancer les choses. Pas des rapports individuels de dame patronnesse.

    Individuellement, on ne résout rien des graves problèmes de société: les grandes avancées sociales ont été acquises à la suite de longues luttes ou de traumatismes comme à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, elles n’ont pas été accordées d’emblée par les pouvoirs en place pris d’une générosité subite.

    Cela n’empêche pas, évidemment, de compatir avec le SDF du coin, ni avec l’ouvrier qui vient de perdre son boulot et n’a aucune chance d’en retrouver, mais cela reste une démarche qui relève du domaine de la compassion, et donc, de la charité, pas de la solidarité.

  16. Bof, tout le monde sait (ou devrait savoir) qu’aider un pauvre, c’est purement égoïste. On le fait pour l’humilier, prouver sa supériorité ou celles de ses idées, par idéologie, par amour propre, pour se donner bonne conscience, pour l’acheter comme allié, etc, etc.

    Du reste, l’aide aux pauvre fait vivre plein de parasites sociaux, qui en vivent. Il y a même des diplômes pour !

    Par ailleurs le pauvre mérite d’être pauvre, en général. L’aider est donc mauvais pour la société, car c’est dire « glander à l’école, le travail n’est pas important ». Sans ajouter que la pluspart sont carrément des fous bons pour l’asile.

  17. Céleste, merci, j’adore ce billet efficace, décisif comme une belle réclame de parfum !
    C’est un art de parler juste. Pas facile, Nicolas doit en savoir quelque chose !

  18. Didier Porte de France Inter avait rapporté, avec une certaine malice, les dires de Madame chouchou…
    Tous des bouffons dans ce pouvoir, qui nous joue malheureusement une très mauvaise pièce de théâtre!

  19. @Nicolas

    lisez les excellents commentaires d’Emcee et Swâmi

    une petite citation en prime:
    « La plus atroce offense que l’on puisse faire à un homme c’est de nier qu’il souffre ». Pavese

    Turquoise et Opaline
    merci de l’info j’aime beaucoup Didier Porte.
    Par contre j’ai fait une rapide recherche sur Internet et je n’ai pas trouvé!

    @merci gaspard 🙂

  20. c’était dans une de ses chroniques du Fou du Roi. peut-être celle de lundi dernier, je ne sais plus. elles sont téléchargebles en podcasts sur le site de France Inter

  21. mouais, je ne pense pas que la citation ait été spontanée…j’ai lu un certain nombre de livres, mais je serais incapable de citer une phrase de l’un d’eux, à moins que ce soit quelque chose que j’ai étudié en classe, comme Hamlet par exemple, mais Hamlet est plus universellement connu que Proust, question citations…

  22. C’est à dire que en scannant la « Recherche » sur fichiers pdf, on trouve 3 occurrences du mot « mendiant » mais sans rapport avec ce que raconte CBS, par ailleurs le mot « clochard » ne figure nulle part (une enquête est en cours sur le forum d’@si). Quelqu’un a cherché aussi avec « pauvre » et ça ne donne rien.

    Les fichiers sont disponibles là :
    http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=24378

    Peut-être CBS suit-elle (sans s’en rendre compte?) l’exemple de son mari : raconter n’importe quoi impunément.
    Ou peut-être tout simplement, ce qu’elle raconte sur Proust, elle l’a entendu dans un dîner…

  23. @merci à vous pour ces compléments d’infos!
    et ne ratez-pas Didier Porte!

    @antennerelais

    merci de confirmer ce dont je me doutais. Repensant à « A la recherche du temps perdu », je ne voyais pas cette phrase, elle ne collait pas. mais , bon, je ne suis pas spécialiste de Proust, je n’avais pas le temps de chercher, donc je me suis tue.

    Utiliser ainsi la littérature, pour se montrer cultivée, effectivement, propos de dîner mondain…
    C’est infantile, cela prêterait à rire si ce n’était aussi méprisant.

    ça me fait penser à monsieur sonmari et à la Princesse de Clèves

    La nullité de ces gens n’est plus à prouver!

    Bon, avec tout ça moi je suis à Bologne, de la neige partout, moins 7, de la glace….l’hiver quoi!

    bon dimanche à toustes 🙂

  24. Bah, c’était juste pour « placer » qu’elle avait lu Proust. Comme si, par un système de vases communicants, la culture qu’elle affiche (moins on en a plus on l’étale) pouvait profiter à son inculte de Monmari.

    Plus probablement, elle (ou plutôt son écriveur de dialogues spontanés) a eu accès à Google, ya plusieurs sites qui égrènent des citations improbables, yavait d’ailleurs des bouquins idem, avant que l’internet maléfique les flingue.

    Merci à Antennerelais de continuer sa quête. Maintenant qu’on sait que c’est pas dans Proust, ce serait marrant de trouver d’où ça vient. De « La Princesse de Clèves »?

  25. ( 31.12.2009)
    François Baudot : tu ne connais pas ? Conseiller artistique à « Elle », reporter, rédacteur à « Elle Décoration », écrivaillon ( cet imbécile a écrit… « L’Art d’être pauvre »). Il est aussi le parrain du fils de notre chère Carla.
    Celle-ci, avant de partir faire la sieste sous les palmiers de Mohammed VI, a donné un coup de piston : elle a poussé ce François Baudot à être nommé Inspecteur de l’Administration des Affaires Culturelles.
    Tout cela s’est fait CONTRE l’avis de la Commission qui délivre ou refuse les nominations à l’IGAC.
    Finalement, Carla a prouvé en cette fin d’année 2009 qu’elle avait de l’énergie à revendre. Pour BiBi, cette Dame n’est pas qu’une potiche. Au-delà de cette dernière regrettable affaire de piston, Carla occupe un poste-clé dans la Stratégie de Chouchou pour tenter de rallier à lui cette frange d’Intellos-BoBo ( pas -bibi) qui manque à son Homme.
    Bonne Année à toi et à tes proches. Puisque tu sais cuisiner, n’hésite pas à nous resservir d’autres articles tout chauds et d’autres senteurs délicates pour 2010.

  26. Elle a dit cela « Carla »?
    Je comprend mieux comment elle a pu se marier alors avec cet homme « bien petit » et bien étroit… d’esprit.

    Les mendiants de l’Est ici, ils ne mendient pas pour mendier, mais pour payer leur loyer et survivre.

    Ils préfèreraient travailler. Ce n’est pas un plaisir ni une paresse, la mendicité.

    Monsieur et madame tout-le-monde à la porte des magasins, mes employeurs que j’amène faire leurs courses:
    -Ils n’ont qu’à travailler.
    -Si ça se trouve, ils gagnent plus que nous!
    -C’est sûrement pour boire
    -Je donne déjà
    -On ne peut pas donner à tout-le-monde
    -Il aurait mieux fait de rester dans son pays
    Etc,

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