Italie, le Superenalotto, un indicateur cruel

Très souvent, lorsque je rentre dans le bar tabac du coin de la rue, elle est là. Immobile et  le regard fixe, comme hypnotisée. D’un geste mécanique elle glisse des jetons dans la machine à sous.
Celle-ci, négligemment, crache parfois quelques rondelles métalliques. La femme les récupère dans un gobelet en plastique et les réinsère, patiemment, inexorablement dans la fente de la machine.

Je ne saurais déterminer son âge mais je vois la modestie de ses vêtements. Son manteau, dont elle ne défait que le col, est de piètre qualité et ses bottes sont éculées. Un reste de teinture rousse se devine sur les pointes de ses cheveux bruns. Concentrée sur sa tache répétitive elle semble indifférente aux allées et venues des clients, aux rires et aux plaisanteries du serveur.

Elle m’apparait comme un bloc de souffrance, cherchant désespérément un réconfort illusoire dans les aléas de ce qu’elle croit être le destin et qui n’est qu’une machine à plumer le moineau avec sa propre complicité.
Si elle n’a pas, comme souvent, assez de jetons pour décrocher le jackpot, elle perd sa mise et s’en repart encore un peu pauvre, encore un peu plus triste.

De la voir ainsi, jour après jour, cela me fait mal…Mais je ne suis pas elle et je ne saurais pas même lui exprimer le sentiment d’injustice que je ressens.

J’ai pensé à elle tout à l’heure en lisant sur des journaux en ligne que les recettes du Superenalotto (la version italienne du loto) avaient augmenté de 230% en l’espace de deux ans.

En proposant de deviner 6 numéros entre 1 et 90, ce qui représente le record absolu de probabilité mathématique, inférieure à celles de tous les jeux du même type dans le monde entier, le Superenalotto est considéré comme le jeu de hasard le plus difficile à gagner de la planète.

Enfin, du point de vue du joueur car, par contre, pour l’Etat c’est le jackpot !

De tous les jeux d’argent italiens, il est celui qui rapporte le plus à l’Etat qui, sur 100 euros encaissé en empoche 49,5.
Au cours des neuf premiers mois de 2008 la somme jouée a été de un milliard quatre cent soixante millions d’euros (1 460 000 000 euros) dont sept cent trente mille millions (733 000 000) ont filé dans l’escarcelle de l’Etat.

Des chiffres qui donnent le tournis !

Les joueurs du Superenalotto sont essentiellement des employés, des ouvriers, des retraites ou des chômeurs.
Autrement dit plutôt des pauvres, qui espèrent changer miraculeusement leur mode de vie car ils sont parfaitement conscients que ce n’est pas par leur travail que celui-ci pourra s’améliorer.

La frappante augmentation des recettes du Superenalotto en 2008 (230% en deux ans) est un bouleversant et cruel indicateur de la dégradation des conditions économiques des Italiens des classes populaires d’aujourd’hui.

Le niveau de vie des moins favorisés chute de jour en jour, entrainant une légitime angoisse du futur. N’ayant aucune possibilité d’augmenter un pouvoir d’achat que la hausse des prix lamine férocement et irrésistiblement, elles sont, ils sont, de plus en plus nombreux à parier sur la chance.
Trop angoissés pour analyser clairement la situation, ils offrent leurs euros chèrement gagnés à l’Etat en échange de quelques instants d’espoir.

L’Etat, lui, se garde bien de les leur rendre, il a d’autres priorités, destinées à encore plus avantager  ceux qui n’auraient pas besoin de l’être.

Cette terrible augmentation du nombre de ceux qui parient financièrement sur le hasard est alarmante. Elle signifie que les moins nantis sont aux abois et que l’irrationnel prend le pas sur la raison.

Ce fol espoir de changer sa vie peut, à mon sens, se rapprocher de celui qu’ont eu des millions d’américains en élisant un président qu’ils ont, dans leur détresse, vu comme un sauveur.

Or, comme celle de la fortune miraculeuse, l’illusion du sauveur est vaine. Ce n’est que par la prise de conscience de sa propre force et la lutte sociale que le peuple peut améliorer son sort.

45 réflexions au sujet de « Italie, le Superenalotto, un indicateur cruel »

  1. 1) On ne peut pas attendre l’impossible de l’être humain.

    2) A chaque tirage, quelqu’un gagne pour de vrai une somme colossale que généralement il dilapide en un rien de temps.

    3) La petite marchande d’allumettes de Dickens aussi rêvait à un destin fabuleux, le temps de la flamme de ses allumettes. Tout comme la pauvre femme qui met dans la machine à sous l’Euro qu’elle aurait pu utiliser pour s’acheter à manger. Sans le rêve la vie est insupportable !

    4) Ce qui est gênant est que les Etats en profitent… mais l’Etat dans sa grande perversité est aussi chacun de nous …

  2. @Annie

    J’ai toujours détesté le conte de « la petite marchande d’allumettes » qui n’est d’ailleurs pas de Dickens, mais d’Andersen 🙂

    « On ne peut pas attendre l’impossible de l’être humain. »
    Quel « négativisme »!
    Si l’être humain n’était pas en permanence manipulé par une poignée de tordus qui veulent profiter de toutes les richesses de la terre et par des armadas de religieux qui veulent faire du chiffre pour montrer aux autres que leur religion est la meilleure, si on lui permettait de se cultiver et de mener une vie digne il pourrait peut-être démontrer le contraire de cette allégation.

    « A chaque tirage, quelqu’un gagne pour de vrai une somme colossale que généralement il dilapide en un rien de temps. »
    non, très souvent il y a plusieurs gagnants et les sommes sont partagées, ou aucun et l’Etat engrange.
    de plus je suis persuadée que tous les gagnants ne dilapident pas leur fortune et quand bien même le ferait-il chacun est libre de faire ce qu’il veut avec ses sous.
    pour finir, ces » sommes colossales » sont plus ou moins égales aux cadeaux accordés aux grands patrons qui se font virer des entreprises qu’ils n’ont pas su gérer.
    et eux que font-ils de tout ce fric?

    « Ce qui est gênant est que les Etats en profitent… mais l’Etat dans sa grande perversité est aussi chacun de nous  »
    ouais…mais force est de constater que bien que nous soyons en démocratie…les Etats en profitent.

    il y a donc quelque chose qui cloche!

  3. Glups Andersen, bien sûr, l’école est loin !

    J’ai juste voulu dire que le rêve est indispensable à l’homme… et que quoique l’on fasse afin de supporter le quotidien un grand nombre d’entre eux se précipiteront toujours dans le miroir aux alouettes. par conséquent, on peut le regretter mais il faut l’accepter.

    Par ailleurs je m’en excuse… et je me rend compte effectivement que je n’ai pas trop ma place ici, je suis au contraire de toi absolument incapable de faire une lecture idéologique des choses, tant la complexité de l’être humain me paraît à prendre en compte prioritairement.

  4. Du pain (de moins en moins), des jeux (de plus en plus), sans oublier le porno qui permet aux frustrés de rêver…
    Cependant, placer le rêve à ce niveau dénote avant tout le cynisme des bénéficiaires du mensonge et de l’escroquerie.
    Encore une manifestation de l’Ogre !

  5. @Cornillon

    Et l’ogre, c’est qui ?? Vous croyez à un complot interplanétaire ? Au diable peut-être ? Mais ne sait-on pas depuis toujours, finalement qu’il est en chacun de nous… y compris en ceux qui se prennent pour de purs esprits !

  6. Je n’aime que les rêves réalisables et, comme tu dis Céleste, pas les chimères.
    « Ce n’est que par la prise de conscience de sa propre force » ENTIEREMENT D’ACCORD.
    « et la lutte sociale » Plus d’accord. C’était bon dans des périodes plus simplistes. Aujourd’hui, tout est plus complexe et souvent les luttes sociales se retournent contre les plus démunis.

    Dernier point : J’ai eu peur au fil de la lecture que tu nous emmène vers une condamnation manichéenne du pouvoir qui jouerait de la naïveté du peuple.
    Je préfère l’équilibre de toute situation… Sans la naïveté point d’abus dans ce cas précis.
    N’offrons jamais la possibilité de faire du mal.
    Pas très clair mais suis un peu pressé. Merci pour ce texte.

  7. @ salut Dom 🙂

    « C’est quoi le niveau acceptable d’un rêve? »

    Tu me fais douter, me serais-je si mal exprimée?

    Ce que je déplore, qui me désole, c’est que les gens à cause de la « pénibilité » des vies qu’on leur impose, soient contraints de n’avoir plus comme rêves que des désirs insensés de richesse – insensés car il est pratiquement impossible de gagner au SuperEnalotto (le plus hasardeux du monde).

    Il y a tant d’autres choses à faire dans une vie que d’attendre la fortune ou un « sauveur ».

    « Nous sommes ceux que nous attendions  » écrivaient les Hopis.

    @Claudio

    « “et la lutte sociale” Plus d’accord. C’était bon dans des périodes plus simplistes. Aujourd’hui, tout est plus complexe et souvent les luttes sociales se retournent contre les plus démunis. »

    j’entends lutte sociale au sens très large. Je ne pense pas par exemple aux syndicats, je pense à d’autres moyens d’action: contestation, résistance passive, désobéissance civile (voir Thoreau), diffusion des idées par Internet, utilisation de circuits bancaires « clean « ( tontine par exemple),

    mais peut-être le terme lutte sociale était-il mal choisi, trop connoté..

    Bonne journée merci de ton passage 🙂

  8. Toutes les luttes sociales sont bonnes à prendre,des luttes syndicales et politiques,a celles de refus de la misère en passant par effectivement la résistance passive,au refus de participer aux grandes émissions « charity Business ».
    Mais je n’ai jamais vu une lutte se retournées contre les plus démunis.J’en ai vu ne pas amener ce qu’ils espéraient,ou porter leurs fruits plus tard,ou être plus ou moins détournées de leurs objectifs initiaux,jamais être négatives.
    Ca ressemble bien au désespérant « il n’y a rien a faire » et au »bouger pas on s’occupe de vous ».
    Ce que nous ne savons pas c’est faire feux de tous bois,de toutes les luttes de savoir les associer,les rapprocher.
    L’exemple c’est ces luttes pour la défense de l’emploi qui ont finies par des demandes d’augmentations de primes de licenciements,peut être aurait-on pu demander des SCOOP?et le faire toutes les fois que c’était possible.
    Pour les tontines faut déposer l’argent dans les banques et ce que font les banquiers de ton fric t’échappe complètement.
    Mais la création de banques coopératives est une idée qui reste ouverte,sauf qu’il faut lutter pour l’imposer.
    Sans la lutte c’est le néant!

  9. @Jean Claude
    « Pour les tontines faut déposer l’argent dans les banques et ce que font les banquiers de ton fric t’échappe complètement. »

    non, j’en ai une et c’est un autre système, ce n’est pas une banque, mais je ne peux pas t’expliquer car je n’ai pas le contrat ici.

    La banque coopérative c’est intéressant.

    « Sans la lutte c’est le néant! »
    yeesss!

  10. @ Céleste/ Non non tout est clair 🙂
    Je crois sincérement que l’on peut faire ce genre de choses , comme le jeu, sans aucun espoir, ni rêve, ou alors si fugace…Et puis certaines personnes sont « si loin ».Se retrouver dans une situation de survie par « accident » on peut encore analyser et rêver d’un meilleur… »comme avant »…Mais naitre dans la survie?On peut en réchapper certainement, mais pas tous.La générosité n’est pas étalonnée pour plonger si bas…notre générosité stagne dans un juste milieu.Tout ça n’a plus rien à voir avec l’argent je crois…Maintenant que l’on peut lire sur le journal  » Les 4 plus grosses fortunes de la planète possèdent autant que les 48 pays les plus pauvres » Que peut-on faire d’une telle information…à part vite l’oublier.

  11. @Dom
    Ce que j’aurais dû dire c’est que quand je vois la femme du bar tabac, tous les jours devant sa machine, ça me fait mal…mais je ne suis pas elle.

    Je les ressens comme victimes d’un système qui s’est acharné sur eux inlassablement. Et je pense à tous ceux qui grâce au même système, se gobergent sans même laisser des miettes à ceux qui travaillent pour eux.

    Et je ça trouve profondément injuste.

  12. Jean-Claude, les banques coopératives existent déjà (Banques Poulaires, Crédit Mutuel..) et elles font le même travail que les autres.
    « sans la lutte, c’est le néant » ? Sans épiloguer, je dirais que c’est la lutte qui crée le conflit, le rapport de force et met les gens les uns contre les autres et qui nous éloigne de l’harmonie et de la fraternité.
    La prise de conscience individuelle et une vision objective et globale avec comme but d’apporter à l’autre, fut-il agresseur, m’apparait bien plus porteuse d’espoir, que l’huile sur le feu.
    Pour la tontine, c’est la forme successorale qui est avantageuse. Parce que pour le reste, c’est pareil. C’est géré par un organisme, régi par le code des Assurances en général. Donc, on acquière une part d’un gâteau, on a le sentiment d’être en communauté mais c’est le même principe (de gestion) qu’une SICAV ou un FCP, on a une part et c’est géré par un banquier ou un assureur sur les marchés financiers, c’est tout.

  13. @Claudio

    « Parce que pour le reste, c’est pareil. C’est géré par un organisme, régi par le code des Assurances en général. Donc, on acquière une part d’un gâteau, on a le sentiment d’être en communauté mais c’est le même principe (de gestion) qu’une SICAV ou un FCP, on a une part et c’est géré par un banquier ou un assureur sur les marchés financiers, c’est tout. »

    merci pour toutes ces précisions 🙂

    Je suis déçue, je pensais que j’avais truc bien 🙁

  14. « Sans épiloguer, je dirais que c’est la lutte qui crée le conflit, le rapport de force et met les gens les uns contre les autres et qui nous éloigne de l’harmonie et de la fraternité. »

    Sûr que c’est les personnes en grève (donc en lutte) qui créent le conflit et pas les patrons qui les exploitent.

  15. @Claudio et Christine

    zut, je comprends et je partage ce que vous voulez dire tous les deux.

    j’aime l’approche pour moi « gandhienne » de Caludio.

    Oui, l’harmonie et la fraternité doivent toujours être privilégiés, oui ils doivent notre but commun, celui de toutes nos luttes.

    mais oui, christine, parfois il y a le feu aux poudres, parfois nous sommes en danger, comme toutes ses familles qui a cause de la Crise des grands sont déjà ou vont être frappés par les chômage, parfois même la misère;

    et quand on est en danger on réagit, sauf si l’on est une grenouille, Le monolecte en parle dans son texte, je vous mets le lien:
    http://www.olivierclerc.com/dossiers/dossiers.php?id_dossier=149

    ou plutôt vous allez elle il y a un super texte, comme toujours.

    ou alors on est Gandhi et on fait une grève de la faim…
    mais il nous a quittés depuis longtemps

    ou une grève de la faim collective?

    Alors qu’il y a tellement de gens qui meurent déjà faim sans l’avoir choisi….???

    Je suis partagée entre vos deux opinions, je crois qu’elle sont justes toutes les deux et forcément contradictoires;

  16. Céleste, c’est pas un mauvais truc, la tontine. C’est un très vieux produit plutôt avantageux. Faut pas s’en priver.
    Seulement ce n’est pas plus romantique que le reste.

    Christine, je suis sûr qu’on peut faire moins manichéen. 😉
    (Vous remarquerez que les personnes en grève sont souvent les moins exploitées. Que les chômeurs, les RMIstes, les démunis, les précaires ne sont pas en grève. Comble de l’absurde, les « bien-assis » nous expliquent à nous, sous le seuil de pauvreté, que c’est pour nous qu’ils manifestent etc. S’ils étaient si solidaires et si fraternels, ils partageraient leur boulot et leurs euros, non ? Mais ce que j’en dis moi ?

  17. C’était juste un exemple pour dire que la lutte ne crée pas le conflit. Que le conflit entre les exploiteurs et les exploité-es existe et que ce sont celleux qui profitent du travail (et du chômage) des autres qui en sont la cause.

    Et que seule la lutte permettra de reprendre ce qui nous est enlevé. Évidemment que les personnes sans travail ne peuvent se mettre en grève. Elles peuvent vider les supermarchés, bloquer les routes, cultiver les terrains abandonnés, occuper les Assedic etc etc etc
    L’opposition entre les très pauvres (sous le seuil comme tu dis) et celleux qui ont un taf me paraît tout à fait faire le jeu de celleux qui tirent les marrons du feu.

    C’est l’union (la convergence dirait d’autres) des luttes de toustes qui permettra de répartir justement les richesses. Ces luttes peuvent parfaitement être des luttes pacifistes, elles n’en restent pas moins des luttes.

  18. @Christine

    Je suis peut-être bouchée mais je viens seulement, maintenant, à l’instant même, de remarquer le « celleux » et le « toustes »

    génial!

    j’adopte illico presto 🙂

  19. Je rends les armes (dont je ne me sers jamais) Christine. Parce que si penser en termes d’exploiteurs et d’exploités, de riches (ou pouvoir) qui tireraient les marrons du feu, ce n’est pas être manichéen(ne) alors je promets de réviser mon dictionnaire… mais pas tout de suite, là faut que je trouve à manger, parce que figurez-vous il y a tellement de gens qui s’accrochent à leur boulot en se plaignant sans arrêt qu’il n’y en a plus assez pour notre famille. Mais ça doit pas être à cause d’eulles (pas sûr de l’orthographe) mais des méchants patrons.
    Vraiment, j’ai tout à revoir.
    Cordiales pensées, Christine. Vous êtes forte dans le rapport de force… je n’ai pas résisté longtemps.

  20. décidément les Christines sont des têtes bien faites.
    Mais le sujet de base : les rêves sont indispensables, ce qui est navrant c »est qu’on ne laisse plus aux gens que des rêves de cette qualité

  21. C’est pathétique. « Trop angoissés pour analyser clairement la situation, ils offrent leurs euros chèrement gagnés à l’Etat en échange de quelques instants d’espoir » : les gens se disent, ça m’est déjà arrivé de me le dire aussi, on a eu telle malchance grave, pourquoi n’aurions-nous pas de la chance à ce point ? … comme un espèce de ‘justice’ limite divine (on n’est pas croyants) qui viendrait de la Providence pour rééquilibrer l’idée que nous nous faisons de la justice. On joue … une fois par an, l’été généralement.
    Mais … pour être rationnelle, ici en France il y a le loto et plein d’autres trucs… et on s’est dit que la suite de numéros (que je pense personne n’ose jouer) : 0-1-2-3-4-5-6 … aurait autant de chances de gagner que n’importe quel autre numéro … ce qui nous éclaire très vite … sur la très faible probabilité de gagner le ‘gros lot’ ou un lot d’importance… ;o(

  22. la dernière enquête sur les jeux de la française des jeux (grille de lotos, trucs à gratter etc…) estimait le montant des enjeux à 340 francs par joueurs et par mois chez les joueurs réguliers dont le csp est à quelque chose près le même que celui de nos voisins italiens. Autant de blé que les riches n’ont pas à payer en impôts. C’est cool la vie non ?

  23. Claudio, les banques populaires,crédit mutuel,CIC et autres ont toujours été des banques capitalistes,le mot est laché,ce sont des coopérations ENTRE BANQUES CAPITALISTES et rien d’autre et je ne pensais pas du tout à ça.
    Je pensais à la banque des scoops,a celles que nous pourrions créer en dehors du système classique,comme des mutuelles.
    Je sais que le crédit Agricole a été créé comme ça,mais les mutualistes ne se sont pas intéressés à la gestion qui a fini dans les bras du capital!
    Et je suis peut être manichéen mais le monde se divise entre exploiteurs et exploités,entre ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre et ceux qui possédent le capital.
    Et le véritable moteur des sociètés c’est la lutte des classes,Marx n’a rien inventé il n’a fait que constater!
    Et je vois mal comment ces exploités pourraient partager leur travail alors qu’ils n’ont aucun pouvoir de déçision,les seuls à l’avoir c’est les patrons,ils sont les seuls à commander dans les entreprises!
    Et ce n’est pas une invention c’est un fait!
    Et de toute façon doit-on partager la misère ou les richesses produites?
    Sur le sujet,je joue au Loto,4 par semaine et je n’ai jamais gagné.Doivent savoir à quoi j’utiliserai l’argent et c’est pas bon pour eux!

  24. @Claudio

    please, come back 🙂
    Ton point de vue est intéressant et mérite d’être développé.

    @Brigetoun
    « les rêves sont indispensables, ce qui est navrant c”est qu’on ne laisse plus aux gens que des rêves de cette qualité »

    oui, mais, si tu remontes un peu le fil pour lire ce que dit Dom, c’est…disons que ça m’a interpelée, au point que j’ai légèrement modifié le texte.

    Ce que je veux dire, que j’ai compris grâce à Dom, c’est que, mon regard, même si il est empathique, n’en n’ était pas moins complètement extérieur.
    Je ne suis pas joueuse, je ne joue jamais, sauf pendant une période très difficile de ma vie, où je jouais au loto, alors que je n’avais pas un rond, justement, en attendant, en espérant le miracle.
    Je n’ai jamais gagné mais je suis quand même parvenue à changer ma vie.
    Et le jour où j’en ai pris conscience j’ai décidé qu’il était hors de question que j’attende de ce hasard là, une issue à d’éventuels problèmes futurs.
    Et la notion de « miracle » a disparu de ma vie. 🙂

    @Emelire et Jean-Claude

    en Italie il faut deviner 6 chiffres sur 90…le plus hasardeux du monde

    Oui, la providence…

    @El Ryu
    340 euros par mois?
    C’est énorme !

  25. Jean-Claude, les banques cités sont mutualistes ou coopératives et… capitalistes bien sûr.
    Les mutuelles pures qui dépendent du Code de la Mutualité et non du Code des assurances se comportent dans la pratique exactement de la même façon. Il n’y a aucune raison que ce soit autrement, ce ne serait pas viable dans un monde concurrentiel.
    Si vous jouez au loto toutes les semaines, c’est que justement, cela dit sans aucune animosité, vos cadres figés, simplistes et archaïques d’exploiteurs contre exploités ne peuvent que vous mener à lka désespérance. Puisque vous imaginez un schéma social où vous n’avez pas d’autre rôle à jouer que celui de victime, vous vous livrez vous-mêmes aux décideurs. Pour le mauvais comme pour l’illusoire bon (le loto). Ca se tient. Tout logique.
    Mon point de vue à moi, c’est que je ne subis rien mais décide en fonction d’évènements que je ne maitrise pas. Pas question de laisser les autres guider ma vie. Mais ce serait beaucoup plus long à mieux expliquer. En très court : j’ai décidé d’être heureux et c’est assez facile.

    Jean-Claude, vous m’avez donné l’occasion de ce commentaire qui n’est bien sûr pas diriger contre votre personne mais seulement un élément de réflexion pour tout le monde.

  26. Céleste écrit : « Ce que je déplore, qui me désole, c’est que les gens à cause de la “pénibilité” des vies qu’on leur impose… »

    Et qu’ils préfèrent, par pessimisme, lassitude ou que sais-je, abandonner le combat contre cette pénibilité. Voir la baisse sensible du nombre d’électeurs aux prud’hommales en France.

    Pour La Marchande d’Allumettes oubliez un instant votre critique et allez voir ça :

    http://maitre-eolas.fr/2008/12/07/1237-un-petit-conte-de-noel

    (Et oubliez un instant Disney 🙂

    http://tinyurl.com/67j7vy

  27. Pour choisir quelque chose encore faut-il être conscient de l’offre…Non? Conscient que ce choix puisse apporter un meilleur…Conscient d’un meilleur tout court…Quand je lis »J’ai décidé d’être heureux c’est assez facile » c’est juste une jolie formule…Ca me fait juste sourire.
    Et si Jack l’éventreur avait fait le même choix?
    Chacun s’arrange avec sa solitude…et le temps passe…
    Je peux tout aussi bien parler de baraques de chantier, de fringues humide, de pieds gelés toute la journée dans la boue,de gamelles chauffées au chalumeau, de bcp d’alcool,des chantiers si loin qu’on arrive dans la nuit repart dans la nuit…Un matin on se dit  » Allez vous faire foutre » Ca ce n’est pas un choix…Ce n’est pas une révolte.
    Je parlais juste de la pièce dans la machine à sous.
    Si ça pouvait juste payer le café aussi …C’est du domaine du rêve acceptable.

  28. Claudio,les banques mutualistes ne se sont pas comportées comme les autres…parce qu’elles n’existent pas!
    Il n’y a que des assurances mutualistes,de la MACIF a la MAAF et quelques autres,qui fautes de n’être pas surveillées par leur adhérents ont des dérives inquiétantes!Faut dire aussi que l’UE ne les arrangent pas en leur demandant de faire des…bénéfices,ce qui est contraire à l’esprit mutualiste,de même que les mutuelles de santé!Mais elles ne sont pas allées faire du fric sur le marché boursier,comme d’ailleurs des banques privées du Sud ouest qui ont préférées faire leur boulot de banques et qui s’en sortent plutôt bien.
    Et le monde ne sépare pas entre exploiteurs et exploités?
    Regardons justement cette UE,cette commission européenne qui impose le fric comme finalité unique.
    Tous les membres de la commission européenne sont des représentants des grands groupes financiers et industriels européens,il n’y a AUCUN représentant des salariés dans ce machin,le seuls endroit ou ils sont présents c’est dans le parlement européen QUI N’A AUCUN POUVOIR,si ce n’est celui d’entériner le précédent.
    La lutte des classes est omniprésente,dans tous les actes de refus,dans tout les actes de la vie quotidienne,dans nos choix ou non choix personnels c’est ce qui nous fait avancer.
    Et si je joue au Loto c’est parce que ça m’amuse et non parce que je suis désespéré.
    Bien au contraire,il y a longtemps que je sais à quoi m’en tenir:il n’y a pas de solutions individuelles et quand il y en a elles sont très provisoires!
    Il n’y a d’issue que dans la lutte collective.C’est difficile parce que les pouvoirs on mis en route la machine à décerveler,pour tromper,pour lier les gens,les acculer au sacro-saint « il n’y a rien à faire » ou au « ça toujours été comme ça et ça sera toujours comme ça ».
    Le « capital »(terme générique)fera tout pour se maintenir,la classe des possédants ne reculera devant rien,même le pire pour se maintenir.
    Et pourtant nous pouvons tout changer ensemble.Mais les choses sont complexes,le collectif étant composé d’individus tous différents.
    Et la lutte des classes c’est aussi la lutte idéologique,(Gramsci à moi!),théorie si bien mise en pratique par notre Sarkoléon et Berlusconni!
    Au point même qu’ils s’accaparent le maximum de médias de masse!
    En oubliant un principe fondamental:quand l’écart entre ce qui est dit et ce qui est vécu devient trop important on entre dans une période révolutionnaire.Et c’est le cas aujourd’hui,certains vont y être avant d’autres
    Alors désespéré moi?jamais juste parfois fatigué!
    Et ne t’inquiète pas c’est juste une discussion dans laquelle je suis particulièrement bavard!

  29. Jean-Claude, la rigidité de pensée qui semble être la vôtre me chagrine. Ce sont des comportements d’un autre âge qui nous font plus de tort à nous, les démunis, (430 € poour vivre à 2 – comme ça en passant) que du bien.
    Mais ça semble bien ancré. Que faire ?

    Vous confondez Mutuelles d’Assurances (MACIF, MAAF…) et Mutuelles dépendant du Code de la mutualité. Les unes et les autres doivent équilibrer leurs comptes et les secondes pratiquent de la même façon que les premières. (Il y a plus de 20 ans déjà, dans une mutuelle « pure » c’était nos investissements en valeurs mobilières qui nous faisaient vivre et payer nos salariés… pas la différences entre cotisations et remboursements)

    Ne soyez plus « victime »… juste pour me faire plaisir ! 😉 et ça ne dépend QUE de vous.

  30. Claudio l’est taquin?
    Lui a décider d’être heureux….
    Moi de ne plus manquer de rien, avec le même budget 🙂
    Va falloir qu’on organise des stages de bonheur à pas un rond…:)

  31. @Dom

    Tu ouvres un débat…sur le bonheur…

    C’est vrai que parfois il ne suffit pas de le décider…mais parfois si..
    ça dépend de tellement de choses…

    et puis, sait-on vraiment ce que c’est?

  32. Loto, Morpion (le bien-nommé)… Je n’ai jamais vu, dans un bar-tabac, quelqu’un ressemblant à un bourgeois jouer à « gratter » (Morpion !) un ticket de ce genre.

    Ils préfèrent généralement les jetons de présence dans les conseils d’administration de grandes entreprises.

    Pas si fous que le bas peuple !

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