Italie : Ylenia, morte d’être clandestine

Pendant des heures le sang a coulé de son ventre. Elle l’a recueilli dans une bassine. Elle a serré les dents. Elle a attendu que l’hémorragie s’arrête. En vain.
Pas un appel n’a franchi ses lèvres.
Travailleuse clandestine venue d’Ukraine elle a préféré taire sa douleur que risquer de perdre son récent emploi, d’être dénoncée, emprisonnée, renvoyée dans son pays.

Au matin on a retrouvé son corps gisant dans une flaque de sang.

Morte d’une fausse couche.
Aujourd’hui, 11 juin, elle aurait eu 40 ans.

Arrivée il y a environ deux ans en Italie, elle a accumulé les petits boulots au noir, jusqu’à ce dernier, décroché il y a quelques jours, comme « badante » chez un vieil homme à Torre a Mare, dans la province de Bari

Depuis les nouvelles lois sur l’immigration la vie des clandestins est devenue infernale.
Et pourtant,  en l’absence de structures spécialisées, nombreux sont les Italiens qui font appel à eux pour s’occuper des personnes âgées.
Les abus sont multiples, il est si facile d’exploiter quelqu’un qui vit dans la clandestinité.

S’appuyant désormais sur un score de 10% aux élections européennes le parti de la Lega Nord, à l’origine des lois sur l’immigration, a le vent en poupe.

Vautré sur sa montagne d’or, l’homme qui ne voulait pas vieillir s’entoure de jeunes filles et ricane à la face du monde.

Et, dans l’ombre, des milliers de clandestins se terrent en silence, prêts à risquer la mort pour échapper aux mailles du filet policier.

Source: l’Unità

6 réflexions sur « Italie : Ylenia, morte d’être clandestine »

  1. Un jour, quelqu’un aura, j’espère, d’écrire le Livre noir des politiques d’immigration. Et peut-être même qu’un jour, des tribunaux pénaux jugeront nos Etats pour au pire Non assistance à personnes en danger, au mieux pour crime contre l’humanité.
    Oui, sincèrement, les dents se serrent à la lecture de ce récit !…

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