Se souvenir de Françoise Dolto, la dame qui parlait aux bébés

Comme elle aurait eu cent ans cette année, on parle beaucoup d’elle ces derniers temps et pas toujours en bien.
A la dame qui disait que l’individu est un sujet à part entière dès sa naissance, certains préfèrent ceux qui veulent détecter les troubles au berceau et ficher les nourrissons.

Sans surprise, dans une société de plus en plus sécuritaire on privilégie les thérapies médicamenteuses et l’enfermement à la parole et à son écoute.

Mais moi, Françoise Dolto, je l’aime.
Elle était du côté des enfants, résolue à les secourir lorsqu’elle devinait, lorsqu’elle ressentait, comprenait, leur souffrance.
Grâce à elle et à l’énorme travail de divulgation de ses idées qu’elle accompli, tant par l’écriture que par la parole lors, entre autres, d’une émission de radio où elle répondait en direct aux interrogations des parents, on a enfin compris que l’enfant ni un adulte en miniature ni un tube digestif hurlant, mais un être comprenant et communiquant, un sujet désirant.
Elle a beaucoup œuvré pour aider les géniteurs frustrés, qui n’attendaient de leurs rejetons que la réalisation de leurs propres rêves, à ne pas transmettre leurs névroses. « Les enfants, disait-elle, sont les symptômes des parents. »

Elle fustigeait la rigidité de l’école, trop peu ouverte à la créativité et la volonté de l’Etat de modeler, de formater.
A l’autoritarisme elle préférait parler d’échanges de responsabilités entre une génération et la suivante, dans le respect des autres et de soi-même.

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. » Françoise Dolto

Peu avant sa disparition elle avait soutenu activement des magistrats, des avocats et des éducateurs qui demandaient la suppression de la prison pour les jeunes de moins de 16 ans.

Que dirait-elle aujourd’hui quand des adultes élus par le peuple entendent emprisonner les enfants dès l’âge de 12 ans ?
Quand d’autres veulent les ficher à partir de 3 ans ?
Quand des policiers viennent les chercher dans les écoles maternelles et élémentaires sous prétexte que leurs parents ne sont pas en règle avec les lois de l’ex pays de droits de l’homme ?
Quand d’autres représentants des forces de l’ordre lâchent les chiens dans un collège ?

Une société qui a peur de ses propres enfants n’a pas de futur.

A écouter: le témoignage d’un professeur, diffusé dans l’émission de Daniel Mermet

[audio:https://www.celestissima.org/wp-content/uploads/Ecole_france.mp3]


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