Thenmozhi

Lorsque le train a écrasé ses jambes, Themnozi avait 17 ans. Victime d’une violente crise d’épilepsie, elle s’était effondrée sur les rails.
Depuis, paralysée, elle ne quitte plus son lit.

Elle a 28 ans et son seul horizon est sa masure du slum Gandhi Nagar de Chennai.
Comme Guna, Devi et Bhavani elle bénéficie de l’aide de Speed Trust.
Rapides et agiles ses mains tressent des paniers en fil de plastique. Elle aime les couleurs vives qu’elle marie avec goût.

« Themnozi, ça veut dire  honey », précise-t-elle en souriant, contente de notre visite qui lui permet de converser en anglais.
Car elle apprend l’anglais, patiemment, pour pouvoir lire et communiquer avec ses visiteurs.
Dans sa cabane, elle a aussi monté une minuscule épicerie. Elle vend des friandises aux enfants du quartier, des dosettes de lessive et de shampoing.

Assise par terre, sa mère dodeline de la tête, le regard vague. Elle est mentalement retardée, à côté de la plaque, à côté des autres, incapable de travailler. C’est Themnozi qui, du fond de son lit, gagne la vie de la famille. Le père est parti il y a longtemps et personne ne le regrette. Cinq filles à élever, c’était bien trop pour lui.
Aujourd’hui trois d’entre elles sont mariées et la plus jeune vit avec Themnozi et sa mère.

Vaillante Themnozi qui nous explique en souriant qu’il lui faut deux jours de travail pour fabriquer un panier et qu’elle est fière de savoir qu’ensuite, il sera vendu au Japon, ou en France, ou dans un hôtel luxueux de Chennai.

Écorchées de la vie, femmes abandonnées, femmes violentées, victimes programmées, aveugles, paralysées, les ouvrières de Speed Trust ont retrouvé la dignité, le sourire.

Sourire éclatant, comme celui de Themnozi!

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