Tabacco

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 » J’ai été discriminé pour beaucoup de choses dans ma vie; pour avoir les cheveux longs, pour être communiste, pour écrire ce qu’il ne fallait pas écrire, pour être « extra communautaire ». Maintenant il m’arrive une nouvelle discrimination : être fumeur « .

Cette phrase, écrite par Miguel Angel Garcia, sociologue argentin exilé en Italie, sur le bandeau de son blog Tabacco, en donne le ton.

Ironique, décalé, subversif, allant à l’encontre de la redoutable « bien-pensance » actuelle qui n’en finit pas d’interdire, de culpabiliser, d’empêcher de jouir de la vie, le blog Tabacco (en italien et en espagnol) explore et détaille les vilains dessous et les incohérences de la campagne prohibitionniste menée contre le tabac.

Il nous apprend par exemple que celle-ci trouve ses racines dans le nazisme.

« Pour les nazis il devait y avoir qu’un seul style de vie, celui préconisé par l’Etat : « Notre corps appartient à la nation, notre corps appartient au führer, nous avons le devoir d’être sain » (Robert Proctor, The nazi war on Cancer, chap. 5).
Ce principe, qui légitimait l’élimination de tous ceux qui n’étaient pas conformes à la norme, fut appliqué avec les conséquences que l’on sait.
Quant à l’usage du tabac, il fut condamné dès 1933 et associé à la judaïcité.

Mais finalement les nazis perdirent la guerre. Celle-ci fut gagnée par « les juifs, les noirs, les fumeurs et les autres persécutés ». (Miguel Angel Garcia)
Ce qui mit provisoirement fin au militantisme anti tabac.

Ce n’était que pour mieux renaitre. Dans les années 50, s’inspirant de la propagande anti tabac crée par les nazis, des américains relancent les attaques. Reprenant entre autres le concept de « tabagisme passif » (Passivrauchen, terme inventé par le médecin nazi Fritz Lickint).

Je sais bien en écrivant ces lignes que les critiques vont fuser. Défendre le tabagisme, quelle horreur ! Il y va de la santé publique ! La fumée incommode ! Et que fait-on de la liberté des non fumeurs ?
Loin de moi l’idée de soutenir l’idée que le tabac est bon pour la santé. Il crée des dommages sanitaires qui, au même titre que l’alcool et la goinfrerie responsables de dégâts cardio-vasculaires, nécessitent des soins payés par l’ensemble des assurés sociaux (et l’intéressé lui-même via ses cotisations il ne faut pas l’oublier). Mais si, comme Miguel, on regarde un peu plus loin que le bout de son nez, si on prend la peine de réfléchir, on ne peut que se poser des questions, dérangeantes, sur ce prohibitionnisme. Car c’est du rapport avec son propre corps dont il est question. Du droit de chacun à disposer de soi-même.

Autant il me semble évident, par respect d’autrui, de ne pas fumer lorsque les effluves de tabac peuvent importuner des non fumeurs, autant interdire systématiquement la consommation de tabac me semble être une mesure excessive, discriminatoire, culpabilisante.
Surtout quand parallèlement rien n’est fait contre la pollution et qu’on met dans nos assiettes des aliments d’origine douteuse.
Les relents fascistes larvés dans cette campagne anti-tabac sont inquiétants, d’autant que les religions, en plein regain d’activité prosélyte, accompagnent le chœur de leurs litanies obscurantistes.
Méfiance, le refrain, en ces temps où la peur et la haine se disputent la vedette, pourrait bien devenir : pas de fumeurs, pas d’homosexuels, pas de malades, pas de pauvres, pas d’étrangers, pas de gitans, pas de vilains petits canards, tout le monde en rang, au boulot et ça saute !

Lorsque l’équilibre est rompu et que le fanatisme l’emporte sur la raison, les libertés individuelles disparaissent et les dictatures s’installent.

Auteur de nombreuses études sur l’immigration (et fin cuisinier comme je l’ai découvert dimanche) Miguel a quitté l’Argentine dans les années 1970, il a vécu au Mexique (à Tijuana) à Rome, et maintenant à côté de Bologne.
Il est aussi spécialiste de l’hypertexte. (voir le site Barrio)
« Le réseau c’est le contraire de la frontière. La frontière contient, sépare, le réseau unit. L’existence de ce réseau universel qu’est internet, représente le rêve de chaque immigré, parce qu’il permet à chacun le degré de clandestinité qu’il souhaite . »

Ecrivain, amoureux du tango, il a publié en 2005 un recueil de nouvelles intitulé « Il maestro di tango ».

« Je me retrouve dans les limbes du migrant, seul et sans appartenance, inadéquat ici et là, à la recherche d’une forme, d’une limite corporelle qui contienne mon identité, et risquant toujours de me rompre en mille morceaux ».

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Les illustrations de ce texte sont des œuvres, superbes, de notre amie bourrée de talent: Nole (site en construction nole.biz)

57 réflexions au sujet de « Tabacco »

  1. Une fois de plus j’aurais pu écrire ce que tu dis là…
    Pas facile d’être celle ou celui qui a table a toujours le N° 13.
    Mais je ne veux pas d’un monde parfait, seulement d’un monde juste.

  2. En fait, je crois que la raison principale de la lutte « d’état » contre le tabagisme est que les maladies des fumeurs coûtent très cher à la collectivité (dans les pays dotés de la Sécu ou assimilé). Sans cette donnée fondamentale, je crois qu’on nous laisserait fumer, boire et grossir tranquilles…

  3. @Traou : Non, les maladies des fumeurs ne « coûtent pas cher » à la collectivité, parce que :

    1/ Bizarrement, les non-fumeurs meurent aussi (tous !), un jour ou l’autre, et pas forcément d’une « courte maladie rigolote ». Il deviennent âgés, donc plus coûteux en termes de santé, peuvent nécessiter de coûteuses opérations (pontages coronariens, prothèses de hanches…), peuvent aussi finir par claquer d’un long et douloureux cancer non causé par le tabac, ou passer des années pris en charge en institution pour une maladie d’Alzheimer.
    Prétendrait-on qu’un non fumeur meurt à zéro frais préalables ?
    Le plus souvent, les fumeurs meurent plus tôt, mais cela ne démontre en rien que les soigner coûte « plus cher » à la collectivité, je suis même persuadé que c’est le contraire.

    2/ Compte tenu du montant de taxes sur le paquet de cigarettes (5 Euro 30 le paquet, info à destination des non-fumeurs), un type qui a fumé ses deux paquets pendant 30 ans a payé d’avance le traitement de son cancer par la collectivité. Qu’on ne m’objecte pas que ce ne sont pas les mêmes caisses, c’est une affaire de comptables qui ne met pas en cause l’équilibre global coût/bénéfice entre l’individu et la collectivité.

    3/ Un fumeur qui « meurt jeune » le fait généralement toutefois après avoir effectué la majeure partie de sa carrière professionnelle, et donc avoir cotisé des années pour payer la retraite des autres alors que lui n’en verra pas un kopeck, ou pas longtemps. Comparé à un « vieux en bonne santé » qui passe 25 ans à la retraite (et à consulter son médecin) avant de passer 8 ans (durée moyenne) en institution pour maladie d’Alzheimer, fais les comptes !

    L’argument « les fumeurs coûtent à la collectivité » est un énorme mensonge.

  4. j’aime beaucoup les illustrations de ton amie NOLE, elles me paraissent si proches des surréalistes et notamment dE Georges Braque

  5. Tu prends des risques, Céleste, mais tu les expliques. A priori, j’aime que tu sois « politiquement incorrecte ». Ce qui me dérange dans ces campagnes anti tabac, c’est leur teneur culpabilisante, la mise à l’index, faire du tabac un facteur discriminant, alors que l’histoire a montré comment les puissants lobbys du tabac ont construit de toute pièce le piège de la dépendance, et que les fumeurs sont donc souvent d’abord des victimes.
    Au delà des questions de coût, et des questions sur « les libertés individuelles de chacun » (qui ont bon dos), je ne suis pas sûr, comme ancien fumeur, que la cigarette apporte du bien être. Donc prévenir, informer, accompagner, aider à s’arrêter, sans forcément stigmatiser, moi, je suis pour !

  6. ok pour le talent de Nole, vraiment. ok pour le site de Tabacco, en plus cela va me faire travailler mon italien. Mais au fond la discrimination dont nous sommes l’objet nous donne à moindre frais le plaisir de la transgression et tant de choses me révoltent que je suis prête à consentir aux lois anti-tabac si en échange nous obtenions des débats sur l’Europe ou sur le nouveau code du travail qui va être voté la semaine prochaine à l’assemblée (au sénat c’est fait) non seulement sans consultation des travailleurs mais même sans qu’ils le sachent. Vive la presse qui n’est même plus la presse « qui ment » comme dit Fontenelle mais celle qui se tait

  7. D’accord faut se méfier.
    Mais moi depuis que mes collègues ne fument plus au bureau, je revis ! Et l’ambiance est même meilleure.
    Donc je suis une enchantée du non tabac dans l’entreprise !
    Ailleurs cela m’est égal, j’évite les endroits enfumés, et calcule mes temps de présence dans certains endroits.
    Pas pour embêter le monde, juste pour pouvoir respirer !

  8. @Aédia
    « Mais je ne veux pas d’un monde parfait, seulement d’un monde juste. »
    jolie formule

    @coucou Traou
    @swami a répondu:
    superbe démonstration, chapeau!

    @mohamed
    oui, Nole a vraiment un talent fou. elle fait aussi des bandes dessinées , des illustrations, des décors et costumes de scène magnifiques, délirants.

    @oh91
    sujet à risque en effet, d’autant que je fume peu, ce n’est donc pas personnel.
    tu as entièrement raison en ce qui concerne les lobbys du tabac tout cela est d’une hypocrisie totale;
    il y a un aspect de la cigarette que je n’aime pas du tout, et c’est pour cette raison que je n’ai jamais beaucoup fumé, c’est la dépendance.

    @brigetoun
    le problème c’est que nous aurons les lois anti tabac et le reste.
    c’est un tout.
    l’idée de ce billet, comme du précédent, (et d’autres comme celui sur les exilés) c’est de démontrer que la pression s’exerce de tous côtés;
    l’étalage des richesses, les injustices, les interdictions, la rentabilité humaine, le consumérisme, tout cela est lié ce sont les fruits acides du néo libéralisme.
    et toutes ces choses mises ensemble rendent la situation insupportable, explosive.
    la déliquescence de nos sociétés s’accélère à un rythme infernal.
    avec la sensation que ça ne peut pas, que ça ne pourra pas durer.

    @fauvette
    entièrement d’accord avec toi, pas de tabac dans les l’entreprise, ni dans les endroits communs.
    par contre pourquoi interdire les salles fumeurs?
    quel intérêt si ce n’est pour discriminer?

  9. J’ai cessé de fumer de moi-même. Aucune campagne de culpabilisation n’y serait arrivée. Cessé le jour où j’ai réalisé que c’était plus par dépendance que par plaisir (et que par contre je continue l’alcool : un verre de vin le midi, un dé à coudre d’Armagnac certains soirs, et guère plus sauf occasions, mais sans aller jusqu’à la murge). Et je n’ai pas ou plus le sentiment d’être privé de quoi que ce soit. Juste que j’aurais aimé pouvoir téter mon cigare (selon moi le roi des plaisirs tabagiques) le dimanche après-repas (mais je me connais trop pour avoir pris ce risque).

    Les explications pour-contre de cette tolérance zéro rappelées ici sont souvent justes. J’y associerais ceci : alors que l’alcool n’est pas perçu comme une agression directe (croiser un alcoolo ne vous imprègne pas d’alcool), le tabagisme si.

    Maintenant, si je croise sur mon parking des fumeurs expulsés de l’immeuble où ils bossent (et que je salue), je les « sens » à dix mètres. Et malgré tout, ça me rappelle l’époque où, quand ça fumait partout et tout le temps, c’éatit un parcours du combattant si on voulait éviter les fabricants de nuages délétères.

    Mais p…, une fois le temps ça ne va pas faire de moi un cancéreux ! Faut arrêter avec l’utopie hystérique du zéro défaut !

  10. J’avais arrêté 18 mois, et j’ai repris cet été autant qu’avant sinon pire, au grand dam d’une partie de moi-même …et à la grande satisfaction d’une autre. Un de ces jours la bataille intérieure va reprendre…

    @PMB : « croiser un alcoolo ne vous imprègne pas d’alcool », (tabac 🙂 « Je les « sens » à dix mètres »

    Mouais. Dans mon immeuble, j’ai une voisine alcoolote au dernier degré. Je peux te dire qu’on n’a aucun mal à savoir si elle a pris l’ascenseur dans la dernière demi-heure… Il y a aussi quelques rombières qui se « parfument » à la lance à incendie, elles, c’est une heure après, qu’on peut encore savoir qu’elles ont pris l’ascenseur… (et c’est pourtant un nez de fumeur qui le détecte…)

    Personnellement, mais c’est peut-être une question de goût personnel, je préfère avoir en face de moi quelqu’un qui dégage une odeur de fumée que quelqu’un qui m’inonde de relents de vinasse dès qu’il ouvre la bouche, et certains parfums de femmes beaucoup trop entêtants ou utilisés à l’excès me collent un mal de crâne épouvantable. Ça doit être une méthode anti-drague : je ne pourrais pas m’en approcher à moins de 5 mètres sans un masque et des bouteilles 😉

    Quand exigera-t-on des locaux « non-parfumeurs » ou réservés aux personnes parfumées avec délicatesse et modération ?

    Et puis des locaux « non-transpireurs », « non-buveurs », et « je me douche et me lave les dents tous les jours », pendant qu’on y est 😉

    L’Homme est une nuisance pour l’Homme, n’est-ce pas ? 😉

  11. Swâmi écrit @PMB : (…) « … c’est peut-être une question de goût personnel, je préfère avoir en face de moi quelqu’un qui dégage une odeur de fumée que quelqu’un qui m’inonde de relents de vinasse dès qu’il ouvre la bouche ».

    – Sur le seul plan de l’agrément, je vous suis (bien qu’hétéro bon teint ;-). Mais l’alcool « externe » ne me pénètre pas, le tabac si, même si encore une fois ce n’est pas un simple passage tous le jours devant ces expulsés de la pause-tabac ou au bar de mes amis zicos le samedi qui va me foutre le crabe.

    – Ce qui me gêne le plus avec une personne alcoolisée (et vous allez voir que ce n’est pas grand chose, quand même) c’est qu’elle se met à nu devant moi. Ai-je à voir ça ? Doit-elle en passer par là pour le faire ? Pas de réponse, ni de jugement moral, n’étant pas des mieux placés pour en porter.

    « Gloire à celui dont l’idéal sacro-saint,
    « Se borne à ne pas trop emmerder son prochain.

    (Me plait de plus en plus, tonton Georges)

  12. Bonjour –
    eh ben moi franchement, ça me fait doucement rigoler ces fumeurs qui font de leur tabagie une espèce de philosophie libertaire…
    Fumez les mecs, allez-y, moi j’ai jamais demandé à qui que ce soit d’éteindre sa cigarette, même si ça me fait tousser! Fumez, fumez donc!
    Mais si vous vous concotez une petite philosophie en allant dénicher des citations sur « Notre corps appartient à la nation, notre corps appartient au führer… » , eh ben si c’est pour aller sur ce terrain-là, moi je vous rétorque que votre corps appartient à Philip Morris, Reynolds et cie..!
    Mais oui, c’est pas par le Führer que vous vous faites balader, c’est par Philip Morris!!
    Goudronnez-vous bien les bronches, les gars, et sniffez bien les suppléments d’ammoniac mis au point par des techniciens de l’addiction, et enrobez tout ça de libertarisme si ça vous peut augmenter le plaisir!
    Mais oui les gars, vous êtes de grands résistants!

  13. La liberté d’autrui est insupportable aux bien pensants.

    Nous sommes cernés par les ayatollah, les khmers verts ne sont pas les moins dangereux, véritables petits nazis en herbe… si l’on peut dire.

    Je me demande quand on va fusiller sur place les fumeurs, les méchants pollueurs qui préfèrent prendre leur voiture plutôt que risquer de se faire écrabouiller en vélib ou de respirer le CO2 rejeté par ses voisins dans le métro, les affreux qui osent téléphoner dans le train, les inciviques qui se disent que les bio-carburants font plus de mal que de bien à l’environnement, ceux qui ronchonnent parce qu’il n’y a plus d’emballage plastique au supermarché, et les pires de tous… ceux qui trouvent que la pub c’est souvent marrant…

    Trop de liberté tuerait-elle la lierté ?

  14. Bravo Celestisima! Volà une humaniste!
    Moi aussi (quoi que personellement je n’aie jamais fumé, et jusquà il y a quelques années je pestais contre la fumée, maintenant plus jamais, d’abord parce que j’aurais honte de « hurler avec les loups », et puis on la sent tellement rarement maintenant! et par contre tellement la puanteur des gaz d’échappement de voitures, que je commence à m’apercevoir que hé bien le tabac ça sent bon finalement), moi aussi je sui de plus en plus répugné et épouvanté (oui! épouvanté) par le tour que prend la lutte anti-tabac, et la très dangereuse dérive de nos société que cela représente.
    Comme dit l’autre « la diabolisation du tabac n’est pas la dernière des interdictions qu’on nous prépare » ce n’est que la première….
    Il y vraiment quelque chose de pourri dans le royaume de Danamark. La civilisation file un mauvais coton.

  15. Tu as raison, Bakedb, il est toujours bon de juger autrui, surtout quand ce que cet autrui fait ne te concerne en rien.
    Nul n’a prétendu ici être « un grand résistant » ou quoi que ce soit de cet ordre.
    Chacun est libre de faire ce qu’il veut de lui-même, ceci inclut ce qui peut paraître à d’autres « une connerie ».

    Il n’y a pas de liberté sans liberté de faire « des conneries ».

  16. j’allais répondre à bakedbeans, mais je vois que c’est fait, et fort bien!

    « Il n’y a pas de liberté sans liberté de faire “des conneries”.
    jolie phrase, à méditer.

  17. Hello,

    La prohibition seule n’est jamais la solution. Les Etats-Unis ont autrefois perdu leur guerre contre l’alcool parce qu’ils ne faisaient pas d’information, de sensibilisation, d’explication. Il en va de même aujourd’hui avec la drogue et il en ira demain de même avec le tabac …
    Bonne fin de week-end. @+ …

  18. Céleste écrit : “Il n’y a pas de liberté sans liberté de faire “des conneries”.

    Et d’en dire.

    Ben oui j’l’ai dit ! (mais j’ai pas dit qui qui en dit)

    (Un petit troll pour vous dire d’écouter sur franceinter.fr, à la fin de l’émission de Meyer, « La Gérontophile, interprétée par Lou Saintagne. Ça vaut presque la version de Juliette)

  19. Si vous voulez de la tolérance zéro, découvrez les réactions des abonnés du Monde.fr à l’affaire du petit garçon disparu puis retrouvé :

    – Ouf il est retrouvé! Mais on ne laisse pas seul un enfant de trois ans pendant cinq à sept minutes. Avis d’un père de trois garçons et grand père de quatre petits enfants. Et ce quel que soit le prétexte.

    – « La maman a dû aller raccompagner un cheval dans un pré qui se trouve 200 m au dessus de la maison », avait expliqué le sous-préfet. Son absence a duré entre « 5 et 7 minutes ». A son retour, l’enfant avait disparu. » On ne laisse jamais un enfant seul, on se débrouille, c’est pourtant simple, non ?

    – De la nécessité de bien enclore les cours…

    – comment une mère peut-elle laisser entre 5 et 7 minutes un enfant de trois ans seul?????
    Quand l’affaire a éclaté, je me suis dit qu’on allait réclame la pose de bracelets électroniques sur les bras des enfants. Quand ? Les paris sont ouverts…

  20. je n’aime pas les interdits , cela rend les gens intolérants et bornés, dociles et uniformes

    bientôt il faudra circuler avec des masques sur le nez quand on sera enrhumé, il sera interdit de tousser et d’éternuer dans les lieux publics… ça coute cher à la collectivité les épidémies…cette pub à la télé pour porter ces masques à la maison est un signe avant coureur

    tout est une question de rentabilité : les services publics ne sont plus rentables, on les restreint et notre liberté non plus, on la restreint

    bientot il n’y aura plus de cafés remplis de gens géniaux, poetes et écrivains maudits fumant et buvant, devisant tard le soir, on va nous concoter une vie terne et infiniment longue, sans tabac, sans alcool, sans cholestérol, sans microbe, chiante à mourir, mais ils feront tout pour nous maintenir en vie longtemps ces tortionnaires liberticides

    j’ajoute que je ne fume pas….mais j’ai des cendriers à la maison pour mes amis fumeurs

    et je sais mettre ma santé plus en danger en mangeant tous chaque jour les legumes et fruits pleins de pesticides, sans compter les aérosols, et autres produits ménagers , les viandes et poissons d’élevage, respirer les pollutions industrielles et citadines qu’en prenant un café près d’un fumeur dans un bar

  21. Swâmi Petaramesh me dit augustement : « Tu as raison, Bakedb, il est toujours bon de juger autrui, surtout quand ce que cet autrui fait ne te concerne en rien. »

    Voire. L’autrui en question s’en va chercher une origine nazie dans les campagne anti-tabac.
    Eh ben moi je suis bien content que pendant les années soixante il y avait des campagnes anti-tabac et que je les ai écoutées, contrairement à des proches que j’ai connus qui ne se sont goudronné les poumons jusqu’au pavillon des cancéreux.

    Il nostro caro Petardino dit aussi :
    « Nul n’a prétendu ici être “un grand résistant” ou quoi que ce soit de cet ordre. »
    Voire : « subversif », dixit la Celestissima. Eh ben, m’est avis qu’avec des « subversifs » comme ça, les puissants peuvent dormir sur leurs deux oreilles.
    « Discriminé » : « comme communiste » puis « comme fumeur » … Laissez-moi rigoler. (Je pourrais convoquer l’histoire de ma famille à propos de « discriminés comme communistes » mais je vais m’abstenir).

    Maintenant que ce « subversif », « discriminé » et « décalé  » s’enfume les bronches à qui-mieux-mieux j’en ai rien à carrer. Grand bien lui fasse. Qu’il raconte des conneries, qu’il convoque l’antinazisme pour se concocter son petit libertarisme tabagique, et moi je suis libre de rigoler doucement.

    Buona notte, care compagne et compagni!

  22. @bakedb
    un pet de travers serait-il à l’origine du ton suffisant et moqueur de tes coms?

    une douleur gastrique due à quelque refoulement?

    un épanchement de bile?

    que de colère pour pas grand chose!

    en ce qui concerne « les conneries » écrites par mon ami Miguel, qui a fui son pays pour cause de dictature, sache qu’elles sont historiquement exactes.
    que tu ne sois pas d’accord avec ce qu’il écrit et ce que j’écris, c’est ton droit et tu fais bien de l’exprimer, enrichir un débat avec des arguments différents est salutaire.
    mais pourquoi persiffler, moquer, railler?
    je n’en vois pas ni l’utilité, ni la pertinence.

    signé « la celestissima »

  23. Tant qu’à se battre pour la liberté, je préfèrerais vous voir tous vous battre pour la liberté de ne pas fumer, cette liberté que vous avez perdue par les sournoises et pernicieuses manoeuvres de Philip Morris et consorts.

    Celui qui se croit libre alors qu’il est esclave est esclave deux fois.

    Désolée, j’ai les boules, parce que chaque fois que mes gosses viennent me voir et que je les vois si accro à la clope, je me dis que j’aurai peut être la douleur de les voir mourir. Une mère ne DOIT PAS voir mourir ses enfants.

    Ne vous trompez pas de salopards!!!!!

  24. @ mc
    le fait d’interdire bien souvent ne donne que des envies de transgression
    la prohibition par ex n’a jamais endigué la consommation d’alcool bien au contraire !
    et le tabac a tjs existé que je sache d’ailleurs…

    on peut remarquer aussi que dans les films au cinéma, il y a presque plus de fumeurs , que la volute de fumée langoureuse autrefois troublante et sexy a disparu et cela n’incite pourtant pas les jeunes à fumer moins….

    on meurt aussi d’abus de graisses, de sucre etc etc…
    l’interdiction de fumer dans les lieux publics si elle avait été instaurée plus tôt n’aurait pas empéché vos enfants de fumer

    bien sur nous parlons de « liberté » tout à fait relative, que ce soit la vôtre ou l a mienne ou celle d’autrui
    personne n’est libre, puisque nous obéissons à un certain nombres de règles communautaires établies

    mais s’il me plait de fumer (je ne fume pas) ou de manger ce qui me fait du mal et me nuit, ou de vivre de façon outrancière, parce que j’aime cela, je n’entends pas que quelqu’un , vous ou une loi sociétale me l’interdise, c’est aussi simple que cela

  25. @mc
    je comprends l’inquiétude d’une mère, d’autant mieux que j’en suis moi aussi une (et plutôt mère poule)
    mais je pense comme zigzag que les interdits donnent des envies de transgression.

    bien sûr que les firmes du tabac font tout pour fourguer leur marchandise.
    bien sûr qu’il est meilleur pour la santé de ne pas fumer.

    mais notre santé est par ailleurs menacée par d’autres facteurs, et de plus en plus.

    et comme l’écrit zigzag, ce n’est pas à une loi sociétale de nous dicter nos comportements.

  26. Bah, de toute façon, on meurt. Ça n’a pas une importance démesurée, mais auparavant il faut vivre, et ce n’est pas toujours le plus facile 😉

    Ne t’en fais pas Celestissima, ô avatar de Lakshmi, il semble que parler de clope de nos jours est plus subversif finalement que quoi que ce soit d’autre, au regard de la belle zizanie que cela cause dans tout groupe de personnes, y compris (et peut-être même au premier chef) parmi celles s’affirmant par ailleurs libertaires, de gauche, ou toutes ces sortes de choses.

    Par cela même un tel billet – et les commentaires qu’ils suscite, est infiniment révélateur sur le monde dans lequel on vit, et pour cette mise au jour grâces te soient rendues 🙂

    Eh bien oui, je fume (je bois, j’ai tous les vices, et j’ai du poil partout sur les cuisses ! 😉 et je n’en suis pas particulièrement fier, y’aurait pas franchement de quoi, et je n’en ai pas particulièrement honte, y’a pas franchement de quoi non plus – j’imagine qu’on a dans l’existence des motifs de honte un peu plus sérieux que celui-ci, mais tant qu’on parle de celui-ci, au moins ne pense-t-on pas aux autres.

    Bref, en tant que fumeur, ou non-fumeur, ou ex-non-fumeur, ou futur non-fumeur, futur cadavre quoi qu’il en soit, il me plaît assez de constater que le discours des pères et mères La Vertu ne change jamais d’un iota. Remplaçons dans les propos ci-dessus le mot « cigarette » par la désignation de n’importe quel autre objet de réprobation bien-pensante, et on obtiendra toujours la même chanson, les paroles changent si peu.

    Chacun a les combats qu’il mérite 😉

    Bah, nous cherchons la paix, pas la guerre, en tout cas pas ici, c’est assez peu l’endroit.

    Que mille bénédictions vespérales t’accompagnent Céleste 🙂

  27. « le fait d’interdire bien souvent ne donne que des envies de transgression »:

    Les publicitaires l’ont bien compris et depuis longtemps. Sur un blog que je viens de consulter, il y avait un encart clignotant, « laissez vous tenter, cliquez ici ». On ne sait même pas de quoi il est question, mais le mot « tenter » évoque l’interdit, donc la transgression, et on va cliquer!!!

    Pour ce qui est du tabac, ils vont bien plus loin que la simple pub, ils empoisonnent sciemment leurs cigarettes avec des produits qui accélèrent la mise en dépendance, ils incitent pour la même raison (mise en dépendance d’autant plus rapide que le fumeur est plus jeune) les enfants du tiers monde à fumer .

    Je persiste en dehors de tout motif émotionnel et personnel à affirmer que les fumeurs qui se battent pour leur « liberté » se battent pour la liberté de porter des chaînes et d’enchaîner les plus vulnérables, nos enfants (je parle là de tous les enfants du monde, et pas de mes enfants perso).

  28. Cela ne m’empêche pas de vomir l’immonde hypocrisie de nos dominants qui nous fourguent le poison et nous punissent ensuite de l’avoir gobé, nous gavant à la fois de merde et de culpabilisation.

    Quoiqu’il nous arrive, ce sera de notre faute.

  29. Petaramesh, Celeste, merci pour vos réponses, même si une certaine discrète et suffisante zénitude n’est jamais très loin dans les coms de l’ami Swâmi…

    A dire vrai excusez, mais j’ai pas beaucoup de temps…
    Je crois que le déclencheur de mon agacement, c’est pas mon système gastrique, Celeste, qui s’essaie à la télépathie, pardon gastropathie (;-)
    … mais plutôt cette façon d’aller dénicher des similitudes avec Hitler….
    J’ai plein d’amis fumeurs, et jamais je les emmerde à-ce sujet, mais ils se la pètent pas rebelle en allant dénicher des justificatifs historiques du côté de l’histoire du IIIè Reich…
    Le genre « chercher des filiations chez Hitler » est très couru en ce moment… Et quand on y a recours, on s’expose à de la raillerie.
    L’écologie a subi ce genre d’attaques, plus récemment l’inénarrable BHL a trouvé une filiation nazie chez Bourdieu…
    Bref l’histoire est trop souvent un super-marché où l’on va puiser de quoi justifier et fabriquer de petits bricolages…
    Des campagnes anti-tabac il y en avait avant et après Hitler.
    Moi j’ai notamment retenu qu’en France, pendant de longues années, le plus grand dealer, c’était l’Armée, qui rendait accro à vie des millions de jeunes avec leurs cartouches de Gauloises et de Gitanes…
    Et qu’aux USA, des gens se sont battus pour exposer les dangers de tabac (mais oui, mais oui, c’est une affaire entendue maintenant, ça peut faire rigoler, mais que d’efforts pour en arriver là!) alors que Big Tobacco comme on dit là-bas, c’est à dire les puissantes firmes tabaquières, faisaient méthodiquement obstruction, avec leurs lobbies, leurs lawyers, leur politiciens et savants stipendiés…
    Les campagnes anti-tabac sont avant tout une victoire sur Big Tobacco. J’espère que Big Pharma et Big Oil seront les prochains à en prendre plein la gueule…

    Bon allez, bonne journée, et à la prochaine –

  30. @bakedb : « même si une certaine discrète et suffisante zénitude n’est jamais très loin dans les coms de l’ami Swâmi… »

    Sincèrement navré de provoquer chez toi un tel agacement 😉

    « Les campagnes anti-tabac sont avant tout une victoire sur Big Tobacco. J’espère que Big Pharma et Big Oil seront les prochains à en prendre plein la gueule… »

    Ça fait belle lurette que le tabac n’est plus qu’une activité quasi-marginale des multinationales qui ont fait leur fortune dessus, et qui sont désormais des holdings de tout premier plan parmi les sociétés agro-alimentaires mondiales (voir par exemple : http://fr.wikipedia.org/wiki/Altria )

    Ces sociétés ont diversifié et réorienté leurs activités lucratives vers d’autres sources que le tabac, ayant compris que celui-ci allait inéluctablement être source pour elles de problèmes d’images et de tôt ou tard de retentissants procès.

    Elles essaient encore de se faire de la thune sur le tiers-monde, marché en expansion, après quoi elles revendront leur activité « tabac » à des groupes de moindre calibre domiciliés à Pétaouche et peu soucieux d’avoir une « mauvaise image ».

    S’il y a « victoire sur Big Tobacco » comme tu le prétends, c’est avant tout parce que « Big Tobacco » se laisse faire, ayant mis l’essentiel de ses billes ailleurs, et si les parlements et gouvernements se montrent si « courageux » dans leurs projets de prohibition du tabac, c’est uniquement parce que les gros lobbies industrialo-financiers qui les financent et le contrôlent en sous-main n’y mettent pas leur royal véto. Le tabac commence à sentir le brûlé ? Pas grave, ils feront du fric avec autre chose.
    Les gouvernements « démocratiques » occidentaux ne prennent jamais la moindre décision qui irait à l’encontre des puissants intérêts financiers pour lesquels ils roulent. Le reste n’est que spectacle et poudre aux yeux.

  31. Merci Swâmi, excellente, éclairante, et stimulante analyse… (dit sans déconner, sans ironie, j’arrive pas à faire le smilie correspondant à ça)

    Tu pointes bien là l’incroyable flexibilité, capacité d’adaptation du capitalisme actuel…
    Nb: je crois quand même que Big Tobacco, avant de se « laisser faire » et de se reconvertir, s’est battu bec et ongles…

    Tu dis: « Les gouvernements “démocratiques” occidentaux ne prennent jamais la moindre décision qui irait à l’encontre des puissants intérêts financiers pour lesquels ils roulent »
    Certes, mais….
    … à partir de ce que tu dis, y’aurait des choses à creuser, par exemple peut-être qu’obliger de gros groupes industrialo-financiers à se désinvestir d’un secteur, tel que ça c’est passé pour le tabac, c’est pas forcément négligeable… Par exemple, peut-être que si, sous la pression de mouvements et la poussée d’un air du temps écolo, des groupes industrialo-financiers donnant dans l’ogm et dans les pesticides étaient contraints à aller investir ailleurs, ce serait une bonne chose…

  32. Bien d’accord avec toi, bakedb, sur la poursuite du combat contre Big Tobacco (et pas contre ses victimes) en direction de tous les autres poisons qui ont fait et continuent de faire sa fortune et celle de ses complices: OGM, pesticides en engrais chimiques agricoles, produits divers qui nous empoisonnent même à domicile, des peintures aux colles pour bois agglomérés en passant par tous les « parfums d’intérieur », saloperies qu’on se met sur la gueule ou dans les cheveux (mourir pour être belle?), encore une occasion de faire de la pub pour un livre qui n’a guère été promu dans nos étroites lucarnes:

    « Pesticides », de Nicolino et Veillerette, chez Fayard.

    Rassurez vous, il ne parle pas de tabac!

  33. « je n’aime pas les interdits , cela rend les gens intolérants et bornés, dociles et uniformes
    bientôt il faudra circuler avec des masques sur le nez quand on sera enrhumé, il sera interdit de tousser et d’éternuer dans les lieux publics… ça coute cher à la collectivité les épidémies…cette pub à la télé pour porter ces masques à la maison est un signe avant coureur »

    Très juste!!! ça fait partie des raison pour lesquellles j’ai peur (TRES PEUR) pour l’avenir de nos pauvres sociétés.
    Cette pub je ne l’avais pas vu, car je ne regarde plus jamais ce tube par où se déverse lla propagande d’Etat et la pub, la « Voix de nonmaîtres » la Pravada du Régime.

    d’apprendre ça ça ne fait que conformer mes peurs, il y montée d’une névrose collective (ou plutôt « on » cherche à la créer.

    « il semble que parler de clope de nos jours est plus subversif finalement que quoi que ce soit d’autre, »
    absolument! et ça éclaire des choses, non?

    Regardez sur Yahoo http://fr.news.yahoo.com/afp/20071130/tts-grece-danse-musique-sante-tabac-prev-c1b2fc3.html
    Un manifeste pour le tabac, dernière provocation du chorégraphe Jan Fabre
    de faire un spectacle en faveur du tabac s’apelle « une provocation » …
    Qu’est-ce qu’on parie, que en 2027 quand quelqu’un produira ce qui sera peut-être la dernière chanson à boire, ou bien un spectacle en faveur du vin on titrera qu’il s’agit d’une « provocation » (et il ya beaucop d’autres choses qui vont y passer…) ?
    Et remarquez à la fin du 9è paragraphe le choix manipulatoire du vocabulaire (« clope » pour « cigarette ») ils connaissent bien les techniques de manipulation du subconscient, bien connues des publicitaires et des propagandistes fascistes depuis au moins un siècle! Vous vous en souvenez, hein? les « youpins » !

  34. @Bakedb : « je crois quand même que Big Tobacco, avant de se “laisser faire” et de se reconvertir, s’est battu bec et ongles… »

    Une fois que le sens des choses leur est apparu clair, la bataille n’a eu lieu que pour leur laisser le temps de se retourner sans subir trop de pertes sèches… Amortir les investissements… Un combat d’arrière-garde, en quelque sorte.

    > « peut-être que si, sous la pression de mouvements et la poussée d’un air du temps écolo, des groupes industrialo-financiers donnant dans l’ogm et dans les pesticides étaient contraints à aller investir ailleurs »

    Ça a déjà bien commencé, pour les pesticides. pas pour les OGM, les dogmes productivistes actuels hésitant entre l’un et l’autre, s’imaginent mal se passer simultanément des deux…

    De même qu’en matière de pesticides, toute nouvelle interdiction (légale) d’un produit laisse toujours le temps aux industriels, grossistes, coopératives et agriculteurs d’utiliser tout le stock existant, et d’amortir les investissements industriels. Le produit et dangereux, soit, mais on ne va tout de même pas foutre à la poubelle ce qu’on a fabriqué, acheté, payé ! Alors, on l’utilise, et on arrête après, au bout de 3-5ans…

    La règle n° 2 est « on ne va pas intoxiquer ce bon peuple », mais la règle n° 1 reste « Point d’argent l’actionnaire ne perdra ! »

  35. @mc : « saloperies qu’on se met sur la gueule ou dans les cheveux (mourir pour être belle?) »

    J’avais vu une fois un docu sur l’histoire du maquillage à travers les âges (et bien avant l’invention du capitalisme 😉 Au moyen-âge et à la « renaissance », les femmes utilisaient des poudres et onguents dont certains étaient effroyablement toxiques et détruisaient en quelques années la peau et la santé.

    On aurait plutôt fait de légers progrès depuis, tout de même.

    Nous vivons en cet âge de peur où tout est dangereux, tout est toxique, la recherche du risque zéro, le mot « naturel » utilisé comme mantra et le mot « chimique » comme équivalent moderne du malin… J’essaie quant à moi de ne pas tomber dans un excès, ni dans l’excès inverse, et ne suis pas persuadé qu’engrais et pesticides soient uniquement néfastes, quels que soient les produits, les doses, les usages. Autant nous avons aujourd’hui un système agro-industriel qui en fait un usage démesurément abusif (pour des raisons de profitabilité financière, on retombe toujours sur les mêmes choses…), autant je pense qu’il faut se garder de jeter le bébé avec l’eau du bain.

  36. « détruisaient en quelques années la peau et la santé » (Swâmi, 40):

    C’est précisément ce qui fait le danger des produits actuels, leurs effets nocifs ne sont ni rapides, ni spécifiques, ce qui empêche de faire le lien de cause à effet, et les adeptes du « tout chimique » utilisent ça en prétendant que rien n’est prouvé.

    Ceux de l’amiante on eu la discutable « chance » que leur cancer était très spécifique. Sinon, ils en seraient encore à se faire envoyer dans les gencives que « rien n’est prouvé ».

    Et nous continuerions à ingérer de la fibre d’amiante au boulot, à la maison, dans nos voitures, partout.

    Ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, mais évite de le talquer à l’hexachlorophène, et surtout lis le bouquin, formidablement documenté, de Nicolino et Veillerette. Pose-toi aussi la question du formidable enjeu financier que représentent ces produits.

  37. MC, ce qui fait le lien entre le facisme et le tabac est dans le plaisir. Rien n’est plus pernicieux pour les pouvoirs qui tentent de prendre le dessus sur le peuple que le plaisir.
    Retournez vous un instant et voyez comme tous les pouvoirs confondus et toutes les églises ont toujours cherché, au nom d’une morale qui ne s’applique qu’au peuple, à uniformiser et contrôler la notion de plaisir.
    Parce que le plaisir est subversif, oui. Le plaisir est synonime de liberté, et d’anarchie ( au sens noble du terme ) aux yeux de ceux qui ne s’y adonnent pas ( mais s’adonnent à autre chose ).
    Et de toute façon, là où il n’y a plus tolérance, là ou on désigne du doigt celui qui n’est pas dans le  » bien pensant  » du moment, il y a facisme, qu’il soit politique ou sociétal ou religieux.

  38. Pfiou ! Synonyme, hein ! Ca m’apprendra à écrire en faisant autre chose en même temps !
    @ Swâmi Petaramesh :
    On va avoir mal aux mains Swâmi !

  39. oui! la remarque d’Aédia me rapelle ce que j’avais écris là-desus en 2003:

    Drôle de société : de nos jours se faire suicider sous contrôle médical pour mieux passer par le funérarium, c’est bien ! mais fumer par plaisir c’est mal.
    Et en plus on ose dire que c’est pour la santé!
    Au fait c’est peut-être là le mot clé : contrôle. Les fumeurs sont dans un espace de liberté et d’individualité, ils échappent au contrôle tout-puissant de l’« Appareil » .

    A moins que ça ne soit le mot plaisir …..

  40. « Les fumeurs sont dans un espace de liberté et d’individualité, ils échappent au contrôle tout-puissant de l’« Appareil »  »

    A mon avis « le plaisir de la cigarette » a été l’un des plaisirs les plus contrôlés scientifiquement, calibrés, marketés, « publicitisés » du 20ème siècle : techniciens de l’addiction, grands pros du marketing, de la publicité, politiciens et scientifiques aux ordres : tout un « Appareil » en effet pour cet « espace de liberté et d’individualité » (et ce plaisir ô combien subversif…)

    Regardez notamment comment l’un des pères du marketing, des relations publiques et de la propagande (bien avant Goebbels), Edward Bernays, neveu de Freud, s’y est pris aux USA pour ouvrir le marché de la cigarette aux consommatrices …

    On en parle dans cet excellent documentaire de la bbc (très long, en plusieurs parties) « The century of the self » :

    http://video.google.com/videoplay?docid=8953172273825999151

  41. Je viens après la bataille,(s’cuse-me!):aedia écrit # 42: »…ce qui fait le lien entre le fascisme et le tabac est dans le plaisir… » et plus loin: « …le plaisir est synonyme de liberté et d’anarchie(au sens noble du terme) aux yeux de ceux qui ne s’y adonnent pas… », confortée par swâmi, ci-après !!!

    Je sens tout de même qu’il y a quelque confusion entre plaisir< fascisme, substances euphorisantes<plaisirs sains!!, bon je caricature un peu! mais je n’ai pas le sentiment que ce soit purement idéologique !!

    On peut choisir, consciemment ou pas, d’abréger ou d’allonger sa vie, (chimères!); vivre, c’est mourir un peu! on fait ça chez soi! on ne gêne personne!

    L’important, avant tout, c’est de savoir pourquoi on vit!? Non? A plus.

    vieil anar

  42. Si mes souvenirs de Primo Levi sont corrects chaque déporté avait droit à un paquet de cigarettesqui pouvait s’échanger contre du pain. A Auschwitz les gros fumeurs ne mouraient pas du cancer du poumon mais de faim… je fume pas (c’est pas dans mes moyens, j’ai arrêté quand le paquet de Gauloises est passé à 2 francs surtout pour souffler dedans, jamais pu avaler la fumer sans m’étouffer et faire rigoler tout le monde…) mais je fais pas chier les fumeurs pour autant. J’aime bien l’odeur du tabac en fait (mais pas celle du cendrier froid au réveil, ce serait du vice…)

  43. Si je suis souvent d’accord avec vos billets remplis de bon sens et d’humanité, je ne suis pas d’accord avec celui ci. Supporter la fumée de ceux qui fument alors qu’on ne fume pas est pénible. J’ai travaillé étant étudiante dans des bars, j’en garde un souvenir très désagréable. Si nous vivions dans une société où tout un chacun respecte l’autre, il serait inutile de fixer de telles lois, mais ne me faites pas croire que vous pensez que c’est le cas. Je ne comprends pas cette dépendance au tabac mais chacun fait ce qu’il veut, à partir du moment où je ne dois pas y supporter. Cette loi est une bonne loi… J’avoue être surprise de votre réaction. Même si je peux comprendre l’aspect philosophique de votre peur d’une certaine intolérance. Je vais pouvoir à nouveau aller danser, aller dans les bars sans être enfumée !!!!!!!!
    Non on ne respecte pas la liberté des autres quand on les enfume, et on peut m’avancer tous les arguments « fumeux » qu’on veut, je trouve que les réactions des fumeurs sont des réactions d’enfants à qui on refuse un caprice. Ce n’ est pas une attitude adulte.
    Meilleurs voeux.

  44. il y a un truc que vraiment je ne comprends pas, c’est en quoi ça peut gêner les non-fumeurs qu’il existe des bars POUR les fumeurs (et les non-fumeurs qui supportent (aiment ?) la fumée) ? Presque aucun fumeur ne remet vraiment en cause le fait que les gens aient droit à des endroits strictement sans fumée. Alors en quoi les fumeurs n’auraient-ils pas droit à des salles fumeurs au boulot ou au bar ? Nom de Dieu de nom de Dieu, est-ce que vous ne pouvez pas nous foutre la paix ? Ca serait pas beau une Europe où chacun pourrait trouver sa place et passer d’un endroit à l’autre, d’une atmosphère à l’autre, ayant le choix etc.? Non, il faut vraiment ce monde d’uniformité, de conformité, ce monde aseptisé, hygiénisé, contrôlé, infantilisé, c’est vraiment ça que la majorité des gens veulent ? Cette majorité qui regarde TF1, qui a voté Sarko, qui ne lit jamais, qui… oui bon d’accord, ok, je sais : c’est foutu. C’est bien ça qu’elle veut, la majorité, y a pas vraiment de doute… Mais merci de faire entendre un autre son de cloche, ça rassurerait presque…

  45. L’étude publiée par la European Respiratory Society ” 10 raisons pour une Europe sans tabac” dont parle le professeur Molimard révèle plus clairement encore le mensonge du tabagisme passif. Cette étude énonce que le nombre de victime du tabagisme passif est de 1114 (non-fumeurs) mais elle ajoute que 1007 sont victimes à leur domicile privé (ce qui correspond au presque consensus des medecins et scientifiques selon lesquels 90% des victimes du tabagisme passif le sont à domicile). Elle conclut que 107 non-fumeurs sont victimes du tabagisme passif sur leur lieu de travail dont 6 ! dans les lieux de convivialité.

    Pendant qu’on évite 6 morts en mettant dehors 15 millions de fumeurs pour des raisons bidons, on peut se demander si le gouvernement est vraiment indépendant de toute action de lobbying des laboratoires pharmaceutiques.

    Chaque année en France, les maladies iatrogènes, c’est-à-dire provoquées par les médicaments, sont responsable de 5% à 10% de la totalité des hospitalisations soit 140 000 par an dont plus de 13 000 décès. C’est beaucoup plus que les accidents de la route (dont d’ailleurs de 8 à 15% seraient dus à la prise de médicaments : la prise d’un somnifère équivaut par exemple, dix heures plus tard, à un taux d’alcoolémie de 0,5/0,8 gramme) mais qui s’en préoccupe ?

    Pas le gouvernement en tout cas qui vient de relayer aux oubliettes, à partir de la rentrée prochaine, l’enseignement sur les risques médicamenteux . « La moitié de ces accidents médicamenteux est évitable, mais il faut apprendre aux médecins à mieux prescrire » souligne pourtant Patrice Queneau, professeur en thérapeutique au CHU de Saint-Etienne et membre de l’Académie nationale de médecine.

    Mais peut-être conviendrait-il de s’interroger, avant tout, sur la spécificité nationale qui fait de nous les champions d’Europe de la consommation de médicaments : en moyenne, cinquante boites ou flacons par an et par habitant ! Cela fait une boîte de médicaments par semaine, soit deux ou trois fois plus que nos voisins européens ! Deux fois plus par exemple que les Italiens qui ont pourtant, une espérance de vie supérieure à la nôtre ! Passé 75 ans, les Français prendraient même 5 à 6 médicaments différents par jour ! Pas étonnant que ce soit ensuite l’hécatombe… même s’il sera plus aisé d’accuser la canicule…

    Mais pourquoi une telle surconsommation ? Le facteur principal tient à la puissance des lobbies pharmaceutiques en France et au fait qu’ils verrouillent la formation des médecins. La contribution publique à la formation continue des médecins ne s’élève en effet qu’à 70 millions d’euros par an, contre 300 à 600 millions d’euros côté labos !

    Votre santé nous intéresse…

  46. Le problème, gigantesque, est que la science est une imposture fabriquée par la famille Galton-Darwin pour établir une tyrannie dont elle serait la race supérieure parce que la plus évoluée. La science, c’est le darwinisme, l’eugénisme, la psychiatrie, la prohibition des drogues, une gigantesque machine à fabriquer des tarés que le nazisme utilisa mais dont il ne fut pas l’inventeur. Le niconazisme fait des fumeurs des néo-Juifs et des non fumeurs une néo-race aryenne (sans demander leur avis aux uns et aux autres). Elle utilise les statistiques sur les cancéreux (sans leur demander leur avis) pour stigmatiser les fumeurs et en faire des sous-citoyens, des undermenschs. Les statistiques sont truquées : il y a un fumeur cancéreux sur mille fumeurs. Le tabagisme passif est une doctrine nazie. La prévention du nazisme est une exigence politique : il faut manifester devant les académies des sciences pour dénoncer l’imposture.

  47. Et pendant ce temps là il y a des substances autrment plus dangereuses qu’on a laisser contaminer toute la terre (le pyralène, il y en a jusque dans le corps des ours blancs or en Alabama ils s’en rendent bien compte c’es cancérigène) idem la fameŭ Roundup: sur tous ces sujets et d’autres un film plein de révélations:
    Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de voir le documentaire passé hier soir sur Arte, Le monde selon Monsanto, vous pouvez le retrouver sur Arte+7 http://plus7.arte.tv/fr/1697480.html
    Je vous invite à voir ce documentaire édifiant au plus vite, il ne sera disponible que jusqu’à mardi. Passées les quelques premières minutes qui peuvent paraître partisanes, le reste de l’argumentaire est sans appel. Vous verrez comment les intérêts économiques passent devant les intérêts humains et comment de pseudo études qui ne méritent pas le qualificatif de scientifiques ont pu faire autoriser les OGM aux états-unis, alors que les équipes ayant menées de réelles études scientifiques ont été détruites en un jour parce que leurs résultats n’allaient pas dans le sens souhaité par le gouvernement en place !
    Faites passer le mot, il s’agit d’une mesure de salubrité publique.
    La vidéo directe à http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=1940000,scheduleId=1933560.html

    Vois aussi :
    http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/Le-monde-selon-Monsanto/1912794.html
    – le débat, http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=1961848,scheduleId=1957864.html

  48. Un homme de 54 ans a dû payer une amende de 50 euros pour avoir allumé une cigarette dans un jardin public à Vérone. C’est la première contravention de ce type dans cette cité du nord de l’Italie depuis novembre dernier, date de l’entrée en vigueur de la loi. Bolzano et Naples ont instauré des interdictions similaires, mais aucune amende n’a été signalée pour le moment dans ces deux villes. Une loi interdit depuis janvier 2005 de fumer en Italie dans tous les bâtiments et lieux publics qui ne sont pas à ciel ouvert. Italie: amende pour un homme qui fumait dans un jardin public

  49. Puissent les millions de famille Duraton endoctrinées par le politiquement correct qui mène au Goulag Vert, celui du « bien penser » alors que nous appelons le « mieux penser » de nos voeux.

    Le site libertaire de notre Association libertaire « Les Dissident(e)s de Genève » (DDG) offre au surfeur …et à la surfeuse plus d’un millier de « posts » sur le sujet. Vaut le détour (à notre avis).

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