Athée

nole-apocalypse1.jpg

L’ humanité semble être dans un processus d’auto destruction.

« La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis 150 ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur 3 ou 4 d’ici à l’an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85% jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°, les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables. La décroissance est donc un impératif de survie. » André Gorz

Malgré les mises en garde des plus sages, des plus visionnaires d’entre nous, la prise de conscience des invraisemblables risques auxquels s’expose l’humanité, et auxquels elle condamne tous les êtres vivants de la planète, demeure dramatiquement faible.
Bien que les catastrophes écologiques dues à l’effet de serre se multiplient, devenant de plus en plus violentes et meurtrières, rien n’est fait à l’échelle mondiale pour stopper ce processus. Pire, on continue à abattre des forêts, à construire d’énormes barrages, à polluer l’atmosphère et l’eau, à planter des OGM bien qu’en ignorant les conséquences à long terme et on persiste à fabriquer des centrales nucléaires alors que l’on ne sait pas encore vraiment comment diable on pourra bien se débarrasser des déchets.

Diable ?
Mais que vient donc faire le diable dans cette galère ?
Et bien pour qui croit à dieu et au diable, comme pour qui n’y croit point, il semblerait justement que ces deux larrons, faces d’une même pièce, y jouent un rôle essentiel.

Car une question me turlupine : les religions n’auraient-elles pas une part de responsabilité dans ce processus funèbre d’auto destruction qui parait désormais bien engagé, quasiment inéluctable ?

Démonstration :

La dernière encyclique du pape, fraîchement sortie est intitulée « Spe Salvi » (sauvés par l’espérance).
« Exprimons-le maintenant de manière très simple: l’homme a besoin de Dieu, autrement, il reste privé d’espérance« .
Plus loin son auteur profite de l’occasion pour méchamment fustiger l’athéisme, qui a selon lui conduit à certaines des « plus grandes cruautés et plus grandes violations de la justice » dans le monde.
Ici je rappelle au lecteur que la sainte église n’a pas toujours été et loin s’en faut un modèle de pacifisme. Quelques exemples pris au hasard : la christianisation forcée des peuplades nommées primitives, l’inquisition, les yeux et les oreilles fermées de PieXII qui à Noël 1942, s’est contenté d’exprimer ses « vœux pour ceux qui, pour simple question de race, sont condamnés« … liste non exhaustive.
En conclusion de sa petite bafouille, d’une bonne vingtaine de pages, le benoît explique par quels moyens le catholique de base peut pratiquer la véritable espérance chrétienne : à travers la prière, la souffrance, l’action et dans le fait de considérer le Jugement dernier comme un symbole d’espoir.

Qui dit jugement dernier dit apocalypse, fin du monde. Difficile quand même d’envisager la chose avec allégresse, surtout quand on commence à ce demander si celle-ci n’est pas effectivement au programme des prochaines décennies.
Que nenni, nous dit le pape, tous ne seront pas condamnés aux monstrueuses turpitudes de l’enfer, ceux qui se seront bien comportés seront sauvés (bien se comporter signifiant respecter une longue série de génuflexions et d’interdictions d’une absurdité variable, une des plus saisissantes de bêtise étant: ne pas baiser avec une capote au risque d’attraper le sida ou de le filer à quelqu’un d’autre).

Comme par hasard l’eschatologie, et le concept « d’élu » sont des dadas dont les religions raffolent.

Pour les hébreux ça donne ça : vu par Sophonie (1:14-18)
« Le grand jour de l’Éternel est proche, il est proche, il arrive en toute hâte; Le jour de l’Éternel fait entendre sa voix, et l’homme puissant pousse des cris amers.
Ce jour est un jour de fureur, un jour de détresse et d’angoisse, Un jour de ravage et de destruction, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de nuées et de brouillards. (…)
Je mettrai les hommes dans la détresse, et ils marcheront comme des aveugles, parce qu’ils ont péché contre l’Éternel; Je répandrai leur sang comme de la poussière, et leur chair comme de l’ordure.
»
Mais, selon Maïmonide,
« Les Temps messianiques auront lieu lorsque les Juifs recouvreront leur indépendance et retourneront tous en terre d’Israël »

Le Coran, ne pouvant être en reste, ajoute lui aussi quelques détails à l’affaire :
« Tout ce qui est sur Terre sera appelé à disparaître, la terre ne sera plus la terre, elle sera dégagée de tout ce qui la recouvrait par un tremblement inconcevable, elle sera violemment secouée et étalée sur toute sa longueur. Le Ciel sera enroulé à la façon dont on enroule les registres, il sera fendu et d’un rouge vif telle de la graisse bouillante ou tel du métal fondu. Les montagnes seront réduites en poudre fine, détruites d’un seul coup, dispersé au vent violent, comme de la poussière. La lune s’éclipsera et il y aura fusion entre le soleil et la lune. Le soleil s’obscurcira, les étoiles disparaitront, évanouies en toute vitesse. Les mers s’embraseront, portées à ébullition et se videront. »

Déjà, les prophéties traditionnelles hindoues avaient imaginé la chute du monde dans le chaos et la dégradation.
« Lorsque la fausseté de la tromperie, la léthargie, l’assoupissement, la violence, le découragement, la colère, l’illusion, la peur, et la pauvreté prévaudront (…) lorsque les hommes, remplis de suffisance, se considèreront égaux aux Brahmines (…), alors ce sera le Kali Yuga. » (extrait des Puranas)
Puis, tel Zorro, arrivera un avatar, « Le Seigneur Se manifestera en tant qu’Avatar de Kalki (…) Il établira la droiture sur la terre et les esprits des gens deviendront aussi purs que le cristal. (…) Ceci résultera en ce que le Sat ou Krta Yuga (âge d’or) soit établi. »

Suivant alors mon raisonnement, simpliste mais efficace, j’en viens à me demander si ce n’est pas pour obéir à ces prédictions que nous sommes en train de foncer tête baissée dans le mur.
Certains dirigeants internationaux et non des moindres comme Reagan, qui déclarait en 1982 que l’Amérique, « cette terre bénie a été placée à part, d’une façon particulière, qu’il y a un plan divin qui place ce grand continent entre deux océans pour être découvert par des peuples venus des quatre coins du monde avec une passion particulière pour la foi et la liberté », et les Bush, très croyants, élus grâce au soutien des groupes de pression religieux, ont consciencieusement œuvré dans ce sens et ils ne sont pas les seuls à travers le monde.
Quant au pape ne serait-il pas en train de préparer les ouailles à l’échéance finale ?

Et ne peut-on pas aussi supposer qu’inconsciemment nous sommes tous plus ou moins acquis à l’idée de l’apocalypse, du chaos final ?
Depuis le temps, des siècles et des siècles, qu’on nous rabat les oreilles avec cette funeste prophétie.

Est-ce pour cela que nous sommes si mous, si lents à réagir ?

S’il ne s’agit que de légendes destinées à effrayer le peuple pour mieux le soumettre, qu’attendons-nous pour relever la tête ?

Peut-on penser que l’addiction aux religions eschatologiques soit une des causes de cette maladie mentale dont parle Arthur Koestler dans Janus ?
« Un observateur impartial venu d’une planète plus évoluée, et qui d’un coup d’œil considérerait cette histoire (de l’homo sapiens) de Cro-Magnon à Auschwitz, conclurait sans nul doute que notre espèce est un produit biologique admirable à certains égards, mais dans l’ensemble profondément morbide, et que les conséquences de sa maladie mentale l’emportent de beaucoup sur ses réussites culturelles s’il s’agit d’évaluer ses chances de survie ».

Pour finir, deux messages personnels :

Le premier à Joseph Ratzinger, dit aussi Benoit XVI, pape de son métier pour lui dire qu’en temps qu’athée, je réfute complètement ses accusations car, comme je viens de le démontrer, ce sont au contraire les religions qui sous prétexte d’espérance post mortem conduisent leurs fidèles soit à la destruction de l’humanité soit à l’acceptation silencieuse de celle-ci.

Le deuxième à Nicolas Sarkozy, alias le président de la république française, pour lui signaler que je trouve choquant que la ministre Alliot Marie ait témoigné de « la reconnaissance de la France » envers l’Eglise « pour son rôle historique et sa contribution à la définition d’indispensables repères moraux« . La France, état laïc n’a pas à remercier ou à flatter une religion.

Chacun étant bien entendu libre de ses croyances dans la sphère privée.

Athée et heureuse de l’être

nole-apocalypse2.jpg

Tableau et détail de Nole

86 réflexions au sujet de « Athée »

  1. Bien. Si c’était pour plomber le début de ma nuit, Céleste, c’est gagné !

    J’y reviendrai. Sur croyance puis athéisme, j’ai hélas de l’expérience.

    Un mot rapide sur vos citations. Elles ont touts un point commun : la trouille. Etonnant, hein ?

  2. Complètement d’accord ! Je suis athée itou. Mais j’avoue avoir désiré quelquefois avoir la foi, pour, on va dire, accéder à une sorte de sérénité calme. Mais je ne l’ai pas. Donc je reste énervée sereinement !
    Kiki 🙂

  3. « Et Dieu dit : Faisons [l’]homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout [animal] rampant qui rampe sur la terre. Et Dieu créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu, il les créa mâle et femelle.
    Et Dieu les bénit ; et Dieu leur dit : Fructifiez, et multipliez, et remplissez la terre et l’assujettissez, et dominez sur les poissons de mers, et sur les oiseaux des cieux, et sur tout être vivant qui se meut sur la terre. »
    Genèse, I, 26-28

    La clé du problème se trouve à la première page : Ce rapport de domination et d’assujetissement, d’exploitation, de la planète et de tous les êtres vivants, de la nature entière, par l’Homme, a été « institué par Dieu » dans les monothéismes du « livre » !

    L’Homme n’est pas partie de la nature, il ne fait pas partie d’un tout puissant et harmonieux dont il est important de préserver l’équilibre (comme dans bon nombre de religions aisiatiques ou religions animistes et pré-chrétiennes), non, la nature est donnée à l’homme pour qu’il l’exploite et la domine, taillable et corvéable à merci.

    Tous ceux qui la taillent et la corvéent pour leur propre usage et sans rime ni raison ne font donc que suivre le « commandement divin ».

    La dualité créateur/créature reproduite dans la dualité homme/nature détruisent l’équilibre de manière irréparable et annoncent par avance toutes les catastrophes à venir.

    Si je n’avais pas une forte réticence de principe contre le brûlage de livres, je dirais que celui-ci est à foutre au feu.

  4. Sawâmi : +1. A part ça, la Genèse est un beau livre…

    Tiens, pour conjurer le mauvais Dieu-qui-sort, je vais citer ma bible à moi :

    « Le sentiment de la mort est, paraît-il, ce qui distingue l’homme de l’animal. C’est dans la découverte du scandale absolu que tout doit finir dans le néant d’où nous sommes venus qu’est née l’idée d’une vie après la mort. Pour faire court, simple et peu original, c’est l’homme qui a créé Dieu. Du moins je le crois, je n’oblige personne à me suivre. Qu’on ne puisse conjurer l’épouvante autrement qu’en imaginant ou des dieux maîtres d’éternité comblant ce Vide, nous donnant enfin le bonheur parfait, nous payant des injustices et douleurs de la vie présente, je comprends. Je me dis même non sans nostalgie que telle croyance pourrait m’aider à m’endormir, certains soirs.
    Mais que d’aucuns se servent de la fragilité à quoi nous conduit cette révélation pour nous dominer, régenter notre vie et même, on l’a vu dans l’Histoire, décider notre mort, c’est là le fond de ma révolte. »

  5. Oui mais bon… plus fort que la religion, le désir de la quasi totalité des terriens de pouvoir manger à sa faim, se déplacer sans se fatiguer, pouvoir regarder Prison Break, Desperate Houswives ou l’élection de Miss Monde à la télé de chez soi et envoyer des SMS à partir d’un joujou faisant aussi MP3…

    Le Hic, c’est que pour que chaque terrien accède à tout cela, il faut quasiment détruire la planète. Hu Jin Tao l’a dit très officiellement voici quelques années… pour que chaque chinois puisse disposer de ce dont il estime avoir droit, c’est à dire un niveau de vie équivalent à un européen moyen, il y a besoin de 4 fois les ressources de la planète.

    Encore une fois, les choses importantes ne se passent plus ici… la Chine, l’Inde, ne sont pas particulièrement monothéistes… et la chrétienté vit probablement ses derniers soubresauts.

    Bientôt on exigera de nous ici que nous respirions par alternance pour ne pas rejeter trop de CO2… et pendant dce temps, les centrales à charbon chinoises crachent dans l’atmosphère des quantités phénoménales de saletés…

    Je suggère que nous nous aimions un peu plus !!!

  6. Retour à l’opposition entre foi religieuse (légitime) et science, joli retour dans le passé.

    Période d’obscurantisme qui me fait pas avoir une grande confiance en le 21 eme siècle, qui devait être spirituel d’aprés ceux qui croient en l’ère du Verseau… (je n’ai jamais rien compris en ça mais bon)
    Si le spirituel doit rammener l’occident et la « chrétienneté » 5 siècles en arrière, je préfererais encore un siècle pas spirituel du tout et bien couillon 🙂

    Bonne semaine à vous

  7. Hé oui, la Genèse, même si elle signe dès son début le malheur de la nature, reste un beau livre. Voilà ce que j’en avais tiré pour mes élèves, tout athée mangeur de curés que je sois.

    On dira que c’est une enfant qui parle.

    O Dieu,

    Merci pour le jour et la nuit, pour le soleil se levant nouveau chaque fois, pour la lune inquiétante et sereine, pour les étoiles mystérieuses et si lointaines que jamais je ne pourrai aller jusque là. Pour la nuit, surtout, qui me permet de rêver à des vies que je n’aurai pas.

    Grand merci pour les eaux d’en haut et celles d’en bas. J’aime quand il pleut à travers ma fenêtre bien au chaud, que les grosses gouttes de l’orage dansent dans ma cour en jupe transparente. Mais j’aime moins l’eau des mares, des lacs et des mers quand elle m’appelle vers ses fonds inconnus.

    Merci beaucoup pour toutes les plantes, toutes. Même la digitale pourprée et son poison minute, même l’ortie et son fichu caractère, même la ronce et ses bras accrocheurs. Mais ma préférée c’est le chêne, qui envoie sa puissance de la Terre si solide au Soleil si léger.

    Mille mercis pour les animaux terrestres, de la vache paisible et un peu niaise au tigre violent et mélancolique, du chien le doux au chat le souple, ce roi des paresseux. C’est vrai, tu aurais pu éviter le serpent, qui me fait toujours aussi peur. Mais va pour une fois !

    Merci bien pour les oiseaux et pour les animaux des eaux. Il y a même des poissons qui volent et des oiseaux qui nagent. Ce sont les plus heureux, ils connaissent tout du monde.

    Et enfin, et surtout, merci pour l’Homme et la Femme, c’est grâce à eux si je suis là qui te parle. Quand même, tu aurais pu les faire se tenir un peu mieux, se battre un peu moins, et laisser l’endroit aussi propre en partant qu’ils l’ont trouvé en entrant.

  8. @ Annie:

    Bizarre de mettre dans le même sac « manger à sa faim », « se déplacer sans se fatiguer », « regarder (…) l’élection de Miss Monde à la télé ».

    Manger à sa faim, tous les humains y ont droit, et il est assez honteux que nous en soyions encore à l’espérer pour une part importante de l’humanité.

    Se déplacer sans se fatiguer, quoique nous le désirions tous plus ou moins, est nuisible à notre santé, et on nous recommande désormais de nous fatiguer un minimum pour éviter ou soigner les problèmes cardiaques, de diabète ou d’obésité.

    Quant à regarder Miss Monde à la télé… ben franchement, détruire la planète pour ça, je propose qu’on y réfléchisse à deux fois.

    L’Inde et la Chine sont des pays très contrastés, qui polluent terriblement certes, mais pas encore autant que nous. Et ce sont, en même temps, des pays qui remettent en cause notre modèle de développement et ne sont pas obligatoirement prêts à le suivre aveuglément.

    Le bon sens l’emportera peut-être?

    Je suis bien d’accord avec Céleste, je ne compte pour cela ni sur dieu ni sur le diable. Et encore moins sur leurs représentants terrestres.

  9. @mc

    « L’Inde et la Chine sont des pays très contrastés, qui polluent terriblement certes, mais pas encore autant que nous. Et ce sont, en même temps, des pays qui remettent en cause notre modèle de développement et ne sont pas obligatoirement prêts à le suivre aveuglément.  »

    Vous êtes bien naïf ! Pour ne parler que de la Chine, sujet que je connais bien, notre modèle de développement n’est absolument pas remis en cause. C’est tout le contraire. Faire tout son possible pour atteindre le niveau de vie des occidentaux est le devoir de tout chinois, assigné par le parti… dont les dirigeants sont en même temps intimement liés aux acteurs économiques les plus puissants.

    Manger à sa faim est la première étape… et de fait pour la majorité des chinois, l’objectif de Mao d’un bol de riz par repas est encore d’actualité. Mais les choses évoluent très vite et la Chine compte désormais plusieurs dizaines de millions de personnes ayant un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne française…

    Ne croyez pas que se déplacer en vélo, même si à Paris c’est très tendance, soit le rêve du chinois moyen… ce qu’il veut, c’est une voiture, et qu’elle pollue n’est pas son problème, pas plus qu’il ne l’a été pour nous pendant plusieurs décennies.

    On peut très bien regarder le monde lointain avec des lunettes roses tout en crachant dans sa propre soupe… mais on peut aussi essayer d’être un peu réaliste, non ?

  10. Ce n’est pas Dieu qui est en faute qu’on y croie ou non, c’est l’homme et ce qu’il en fait. C’est la récupération des superstitions et des peurs par les hommes d’ église qui est ignoble. Après, chacun est libre de croire ou non en Dieu.
    Savez vous que  » La Très Sainte Inquisition  » qui fit tant de victimes au nom d’un obscurantisme qui donnait la main aux pouvoirs n’est toujours pas abolie ?
    Ca fait tout de même froid dans le dos !
    Et quand on sait qu’un député Sarkozyste voulait, il y a quelques mois, étendre la loi contre le blasphème encore en vigueur en Alasace/Moselle à l’ensemble du territoire français, ça pétrifie…

  11. @Swâmi Petaramesh
    Certes !
    Deux personnes ont porté plainte contre Dieu dans le monde et ont été déboutées. CQFD !
    Une chose est sûre cependant, c’est que l’homme est interdépendant de la nature et qu’il va droit dans le mur avec ou sans la bénédiction du Très Haut…
    Ce qui prouve que nous sommes responsables de nous même et qu’il serait temps d’en avoir globalement conscience.

  12. @Aedia : « Ce n’est pas Dieu qui est en faute qu’on y croie ou non, c’est l’homme et ce qu’il en fait. »

    On ne voit pas d’ailleurs, qu’on y croie ou non, comment donc « Dieu », quelle que soit la définition qu’on donne de ce mot, pourrait bien être en faute, puisque selon ceux qui n’y croient pas, il n’existe pas, et selon ceux qui y croient, c’est « Lui » qui définit les règles de ce qui est « bien » ou « mal ».

    « Dieu » en faute selon des critères humains, ce serait un concept intéressant. À quand un tribunal international pour le Jugement des Fautes Divines ? 😉

  13. Athée, je ne le suis pas encore tout à fait, je suis plutôt agnostique : j’ai envie de croire, non pas en un dieu, cela me semble être un non sens, mais en une force qui nous guide, en un après. J’aimerais bien un jour être boudhiste, mais je n’en ai pas encore le tempérament. Bref, tout ceci pour dire que je trouve ton article proprement superbe !

  14. Pièce au débt : une chanson de Jacques Debronckart

    La Religion

    Il m’a fallu des années et c’est long
    Pour ôter de moi toute religion
    Ce que c’est quand même les habitudes et la trouille
    Peur de déplaire à sa famille
    Peur de supporter déjà sa dernière heure
    Sans qu’aucun espoir d’un monde meilleur ne gazouille

    Enfin j’en suis sorti et c’est tant mieux
    Mais voilà que mon fils ouvre les yeux
    Ne demandant qu’à croire aux merveilleux Evangiles
    Qu’il me pardonne de lui dégonfler
    Son Superman pour bande dessinée
    Faudra vivre sans lui, tant pis si c’est moins facile

    Des Jésus depuis le début des temps
    il y en eut plus d’un heureusement
    A vouloir nous sortir de notre banc de galère
    A prêcher l’amour à prêcher la foi
    Par des miracles épater le bourgeois
    Et alors, je ne vois là rien d’extraordinaire

    Il guérissait les malades et puis quoi
    Des guérisseurs j’en connais deux ou trois
    Dont la mère n’était pourtant pas immaculée
    Ton Jésus range le chez les héros
    Admire-le sans chanter de credo
    Et des Eglises ne va pas croire aux contes de fée

    Et puis quand tus seras sorti de là
    Ne tombe pas de Charybde en Sylla
    Tu sais tous les prêtres ne donnent pas le baptême
    Il y en a qui hurlent garde à vous
    D’autres prolétaires unissez-vous
    Mais regarde-les de près ce sont tous les mêmes

    Des gens qui veulent t’apprendre à penser
    Rien que par réflexe conditionné
    A marcher au pas en brandissant des emblèmes
    Méfie-toi des rouges des blancs des noirs
    Ne cotise pas chez les marchands d’espoir
    Vis ta vie tout seul écris ton histoire toi-même

  15. Euh… je ne suis pas en désaccord avec le contenu de vos messages, loin de là, et vous etes bien libre de dire ce que vous pensez. Mais des « messages perso » à ce niveau là… Vous n’avez pas l’impression d’etre « la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf », là? De deux boeufs en plus, vous ne manquez pas d’air… Et vous représentez quelle association comme ça à vous toute seule?

  16. @Adeline : « Et vous représentez quelle association comme ça à vous toute seule? »

    Tiens, c’est nouveau, il faut maintenant « représenter une association » pour avoir le droit de l’ouvrir 😉 Cocasse…

    Bon, alors on dira qu’on est déjà au moins deux, mais à mon avis, on doit être plus ;-))

  17. L’auto-destruction de notre monde est en route, certes, et plus personne ne croit à des lendemains qui chantent. Nous avons jeté l’éponge, c’est clair (et cela sera encore plus patent après Nusa Dua).
    Penser que tout est perdu fait que tout est perdu. On voudrait revenir en arrière, que d’autres bibles soient écrites où l’homme est un serviteur de son milieu et non l’inverse, mais c’est impossible. Comme il est impossible de formuler encore un espoir. Et c’est cela qui est terrible : Nous sommes prisonniers de notre constat d’échec (certaines philosophies orientales ont depuis longtemps mis l’accent sur la matérialisation – en quelque sorte – de toute pensée, sur le fait que – pour faire (trop) simple – nous sommes ce que nous pensons et devenons ce que nous croyons devenir).
    Il suffirait d’espérer encore pour être sauvés (il nous reste dix ans pour cela, peut-être moins) mais on ne peut commander l’espoir. (Et ce ne sont pas les religions qui vont nous le rendre, l’espoir, elles qui ont fait et font encore leur lit de notre névrose.)

  18. Au risque de paraphraser Charles de Gaulle, je dis qu’il ne faudrait pas qu’un jour Colombey Les Deux Eglises devienne Colombey Les Deux Mosquées

  19. Merci Jean-Gab (de mes Daux).

    Cette blague à Deux Balles, personne ne la connaissait.

    Merci, vraiment merci.

    (Petit détail : révisez vos cours de collège, la notion de parapharse semble vous échapper grave.)

  20. merci à toutes et tous pour vos coms, fort intéressants et qui apportent des éléments nouveaux , par exemple la genèse à laquelle je n’avais pensé et qui explique cet insupportable mépris de l’homme occidental pour la nature et les autres espèces vivantes (bravo swâmi);

    je ne connaissais pas la chanson de Debronckart, merci PMB (et aussi pour vos autres textes).

    la chrétienté est peut être en train de vivre ses derniers soubresauts, mais il y a tout à parier qu’elle va se radicaliser (elle a déjà commencé) pour garder soumis ses fidèles.
    plus la peur grandit et plus les religions ont du succès.
    chacune, enfoncée dans ses dogmes cherchera à augmenter son fond de commerce en attaquant les fidèles d’une autre.
    c’est déjà commencé.

    récupérer les peurs des hommes (Aëdia), faire leur lit de nos névroses (Marc).

    @posuto le lien est excellent, à suivre

    @falconhill
    bonne semaine à toi aussi, et pour moi siècle sans religion, serait parfait

    @marc
    oui, la conférence de Nusa Dua risque fort de ne rien apporter de positif.
    espérer, bien sûr, non pas dans le salut de nos âmes après la mort, mais dans nos capacités à sortir de ce bourbier.
    ne plus avoir ce sentiment d’impuissance, que j’ai, chaque matin quand je me réveille; il se dissipe au fil de la journée parce que la vie est belle, unique et que je l’aime.

    @bruno (et vous tous)
    je te conseille, conseille vivement le blog de Marc. chaque jour une fulgurance emplie de sagesse, qui trotte dans la tête et aide à réfléchir (ce qui est une excellente chose)

    @mc
    je ne connais pas la chine, mais je n’ai pas perdu confiance dans l’Inde. elle se développe à une vitesse faramineuse, mais les indiens sont capable d’une immense sagesse collective ( le pays de Gandhi, ne jamais l’oublier).

    @Annie
    ce n’est parce que les chinois (qu’il me semble quand même difficile de mettre tous dans le même panier, vu leur nombre) veulent accéder à notre mode de vie que nous devons renoncer à changer le fonctionnement de l’occident. et je ne serais pas étonnée que de tout là bas, étant donne leur jeunesse, leur énergie et leur niveau de leur recherche scientifique, il arrive des solutions.
    je ne crois pas que les chinois soient plus crétins que nous et incapables d’évaluer les risques (même si leur gouvernants font la sourde oreille, il y a sans aucun doute des consciences en éveil , dans l’empire du milieu)

    @Adeline
    je n’ai pas le souci de représenter une association, mais je m’associe très volontiers avec Swâmi 🙂
    d’autres participants?

    @jean-gab
    vous êtes extraordinairement à côté de la plaque!
    à ce point là cela pourrait être cocasse, mais la teneur de votre intervention fait que finalement, non ça ne fait pas rire.

    @PMB
    et on a aussi lu – et bien lu- paraphrase :-))

  21. J’aime bien votre façon de juger tout le monde. Mais bien -sûr, vous ne croyez pas en Dieu parce-que vous êtes un peu lui à vous toute seule. Vous êtes surtout pas le diable qui n’existe pas! (La plus grande ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas).

  22. Et puis au risque de vous contredire, sachez que Dieu (comme le diable) existe, par son nom. Son nom existe. Le mot Dieu existe. Et c’est déjà énorme. Non ?

  23. grand merci pour Nolle trop rarement vu.
    Esprit brumeux du petit matin.
    Ne pas confondre clergés et religion – et le pape actuel est ce qui peut se faire de pire comme guerrier anti ce que nous appelons l’intelligence (pour notre petit bonhomme c’est manifeste aussi).Le fameux dicours qui a fait scandale était moins anti-islam (si un peu mais comme le boucher qui dénigre la viande des confrères) qu’anti esprit des lumières comme l’autre anti 68.
    Est ce parce que la religion a une grande importance pour des gens que j’aime et leur a été d’une grande aide, je ne peux leur faire la guerre tout azimut comme toi. Sauf si elle veut s’imposer aux autres (sujet sensible : ma dernière rencontre avec ma mère quand stupidement sincère je lui ai laissé deviner puis confirmé mon agnosticisme – pa d’allusion sur mon blog please, cela rendrait mes soeurs malheureuses) – quand ça flatte les sentiments d’ouverture aux autres c’est plutôt bien.
    Les religions pour moi sont créatures des hommes et donc valent ce qu’ils valent (et cela peut être détestable quand elles prennent le pas sur l’humanisme comme avec le pape actuel)
    Et à la rigueur elles pourraient aussi bien pousser à l’écologie.
    Bon je me recouche

  24. @Surf : « Mais bien -sûr, vous ne croyez pas en Dieu parce-que vous êtes un peu lui à vous toute seule. »

    En effet, Céleste est Cela, mais pas « un peu », et pas non plus « toute seule » :-}

  25. « Namaste » disent les indiens;
    qui signifie: « honneur à la divinité qui est en toi »

    c’est le seul concept de dieu que je puisse considérer, en chacun de nous, dans chaque animal, chaque plante, chaque être vivant;
    tous des dieux, tous des humains, tous des êtres vivants, sans hiérarchie, simplement part des habitants de la planète.
    et nous les humains,comme une longue chaine infinie.
    où chaque vie est à la fois essentielle et extraordinairement minuscule, comme un petit point.

  26. Surf, que vous soyez croyant est un droit intangible.

    Mais ça ne vous oblige pas pour autant (quoique j’en doute parfois) à être dé-raisonnable.

    Car ce qui existe, stricto sensu, est un objet matériel (s’cuse le pélonasme). Ma table, les nuages, mes enfants et leur enfants (bisoux doux 😉

    Or le nom « Dieu », ce n’est que de l’encre sur un papier, des pixels sur un écran (j’ia bon là, Swâmi ?)

    (Bon, Ma Divinité a du mal à ne pas éclater de rire de façon fort tangible.)

  27. Moi, je serais plutôt d’accord avec Surf, Dieu existe dans la mesure où une idée pure peut exister. Et comment aurait-il pu causer tant de désolations, de massacres, s’il n’existait pas?

    Dieu, créé par l’homme, à l’image de l’homme a démultiplié ses pouvoirs de nuisance.

    Heureusement il reste les femmes. (Hé, c’est une blague hein! quoique… pour la barbe blanche, pouvez toujours vous accrocher, les nénettes)

  28. Me revient en mémoire, dans les années post soixante-huitardes, un meeting à Lyon avec Lanza del Vasto. Un jeune Mao outrecuidant comme ils savaient l’être à l’époque lui a apporté la contradiction (sûrement sur le thème du Vietnam).

    LDV lui a répondu noblement (?) qu’il pourrait à la rigueur la ramener quand il aurait une barbe blanche aussi longue et aussi fournie que la sienne. (je paraphrase, il l’a pas dit comme ça, mais le sens y était, je le jure).

    On était un pti groupe de nanas, on s’est entre-regardées, on a pouffé de rire, c’est pas demain la veille qu’il allait nous donner la parole, le grand LDV! On était un peu moins fans à la sortie qu’à l’entrée.

  29. Ne sont-ce pas des concepts direct chez les évangélistes ?
    La réussite ,l’entassement des biens,des richesses, qui prouvent l’appartenance au peuple élu…
    La guerre permanente (choisie délibérérément) pour amener à l’apocalypse finale…

  30. @yelrah
    oui, je crois, il existe aussi des sionistes chrétiens (qui sont les excités américains que l’on voit de temps en temps défiler à Jérusalem en brandissant des pancartes anti palestiniens)

    @mc
    Lanza del Vasto, me rappelle aussi bon nombre de souvenirs, les jeunes Mao aussi.
    quand j’étais au Lycée (dont l’ internat était seulement féminin malheurusement) se balader avec le petit livre rouge dans la poche signifiait très clairement :’moi j’suis intello et toi avec ton jean moulant et des chaussures compensées, t’es qu’une pôvre merde  »
    moi j’avais les chaussures compenseés rouges et noires de chez Bata, le jean tellement moulant que je devais me coucher sur le dos pour le fermer….et plein de garçons derrière moi…affluence bénéfique qui a fait que je n’ai jamais connu la tentation du petit livre rouge

  31. Ah ben moi, je suis d’une autre époque. Au lycée, on avait le droit de porter des pantalons seulement par dérogation (5 km de trajet à vélo pour moi) et à l’expresse condition qu’ils soient « de couleur sombre et de coupe classique ».

    C’est te dire si les jeans moulants qu’on doit se coucher pour les fermer, je les ai connus beaucoup plus tard.

    Mais yavait déjà des rebelles, une qui m’avait bien fait rire: à la surveillante qui lui reprochait son pantalon, elle avait répondu en traînant sur les mots « Ben, keskej’fais, m’dame, j’le quitte? »

  32. @merci marc et swâmi
    grâce à vous et wikipedia j’ai découvert l’existence et l’œuvre de Rajneesh 🙂

    internet c’est vraiment génial!

    bon, les rolls et la fuite les poches pleines c’est moyen, wikipedia le qualifie d’espiègle, ce que je trouve quand même assez mignon

    mais la phrase est belle 🙂

  33. @Céleste : « moi j’avais les chaussures compenseés rouges et noires de chez Bata, le jean tellement moulant que je devais me coucher sur le dos pour le fermer….et plein de garçons derrière moi… »

    Ah, j’ai comme un gros regret de ne pas t’avoir connu à cette époque et dans cette vie 😉
    …Ça en aurait fait « un de plus » ;-))

  34. @mc

    j’ai commencé le lycée en 70, Mai 68 était passé par là, avec bonheur

    nous étions très très surveillées, la blouse était obligatoire, mais le mercredi après-midi la cage s’entrouvrait….

  35. @celeste, tu dis: « Le premier à Joseph Ratzinger, dit aussi Benoit XVI, pape de son métier pour lui dire qu’en temps qu’athée, je réfute complètement ses accusations car, comme je viens de le démontrer, ce sont au contraire les religions qui sous prétexte d’espérance post mortem conduisent leurs fidèles soit à la destruction de l’humanité soit à l’acceptation silencieuse de celle-ci. »

    Et quand tu « trouve choquant que la ministre Alliot Marie ait témoigné de “la reconnaissance de la France” envers l’Eglise “pour son rôle historique et sa contribution à la définition d’indispensables repères moraux“.
    Je dirais que la position de MAM est plutôt ridicule, si l’on peut dire. C’est de la tartufferie électoraliste. Bref c’est bêtement de droite.

    Je ne pense pas que les religions aient un rôle néfaste a priori dans l’Histoire de l’humanité. Tout dépend qui les utilise.

  36. Sur Dieu (puisque l’athéisme est le sujet du jour, pas la consommation de prestige;-)) Rajneesh disait encore :

    “I am taking God away so that you cannot blame the poor old man. Enough he has been blamed for everything! He created the world, he created this, he created that…
    I take all that blame away from him, he does not exist. You have created him just to throw your responsibility on him. Take your responsibility back.”
    &
    “When I say God is a fiction, please do not misunderstand me. God is a fiction but godliness is not a fiction; it is a quality. “God” as a person is a fiction – there is no God sitting in heaven creating the world. And do you think a God will create such a mess that you call the world? Then what is left for the Devil?
    If anybody has created this world, it must be the devil, it cannot be God.”
    From: Words from a man of no words de Shree Rajneesh, Rebel publishing house, Cologne (pp 42 et 65).

    Quant à l’auteur, voici ce que Peter Sloterdijk a dit de lui:
    « Qu’il n’y ait pas le moindre doute : je considère encore que Rajneesh est l’une des plus grandes figures de siècle – c’était un homme d’esprit, d’énergie, doté du sens du jeu, nous n’en verrons plus jamais comme lui. C’était le Wittgenstein des religions, car il a radicalement décomposé les jeux de langage des religions universelles, il l’a fait avec une exhaustivité exceptionnelle et avec la cruauté que confère la familiarité avec les ficelles de la religion. »
    (Essai d’intoxication volontaire, Calmann-Lévy, 1999, p. 128)

    Et moi, rien que parce qu’il a fait la distinction entre « God » et « godliness », je lui aurais bien offert une Silver Shadow de plus…

  37. « Et moi, rien que parce qu’il a fait la distinction entre “God” et “godliness”, je lui aurais bien offert une Silver Shadow de plus… »

    Et moi, pas même une brouette.

    « Méfie-toi des rouges des blancs des noirs
    Ne cotise pas chez les marchands d’espoir
    Vis ta vie tout seul écris ton histoire toi-même »

  38. différents liens sur Peter Sloterdjik chez Eric.

    @marc
    je comprends bien la différence entre god et godliness
    en français Dieu et piété (mais pour piété je ne suis pas absolument sûre de la traduction, il me semble qu’il y a une nuance -que je ne sais pas exprimer)

    pour moi qui pense appartenir à une chaine humaine, (un peu comme l’ADN), elle même étroitement reliée aux chaines des autres êtres vivants, toutes étant part de ce que nous définissons comme notre monde, je comprends par godliness la conscience d’appartenance à ce tout et le respect, l’amour qui sont essentiels à l’équilibre.
    quand l’équilibre est brisé, le chaos s’engouffre et dévaste tout.

    bon,assez pour ce soir, j’espère continuer cette discussion passionnante demain (soir)

  39. @Céleste : « en français Dieu et piété »

    Je ne dirais pas « piété » pour « godliness », mais « divinité ».

    La piété est un sentiment religieux (synonyme de dévotion plutôt que de foi), la divinité est une caractéristique de nature.

    La différence entre « Dieu » et « divinité » dans le contexte de Rajneesh (et plus largement du Vedanta et de la non-dualité) est que « Dieu » désigne une entité qui serait différente, séparée de « sa création » et de « sa créature », tandis que la « divinité » désigne non pas une entité distincte mais la « part de divinité » qui est en chacun de nous et en toute chose.

    Cette dernière expression étant d’ailleurs inexacte mais je l’ai employée pour la rendre plus compréhensible au premier abord : De la « divinité divisée et répartie entre les êtres et choses » serait du panthéisme, or le Vedanta n’est pas un panthéisme mais une vision non-duelle (que certains appellent « monisme », mais cette expression ne me convient pas).

    Dans cette optique du non-deux, « la divinité » n’est pas répartie ou divisée entre des êtres qui auraient chacun une existence « réelle » séparée, mais au contraire chaque être (et chaque grain de sable) contient la divinité _dans sa totalité_.

    Ce que les védantins expriment par la formule : « L’atman est le brahman » (l’âme « individuelle » est la divinité intégrale, dans la plus parfaite identité), ou « Tat twam asi » (tu es Cela).

  40. une autre discussion, fort intéressante, sur la non dualité chez Swâmi
    http://petaramesh.org/post/2007/12/06/Le-fil-du-billet-sans-billet

    le monothéisme m’est quelque chose de parfaitement incompréhensible et les religions qui s’en réclament, contraignantes, rétrogrades (particulièrement pour les femmes) sont des obstacles à la réalisation d’une société plus juste, plus humaine.

    mais si l’on regarde ailleurs, ou différemment, du côté de la non dualité, s’ouvrent d’immenses espaces de réflexion.

  41. Je vois les monothéismes – particulièrement les trois que nous connaissons bien en occident, qui ont la même racine – comme des religions primitives, puériles, terriblement anthropomorphiques et anthropocentriques, d’enfants ignorants qui ont à la fois besoin et peur d’un « Papa » qui leur donne des règles, des récompenses, et des punitions.
    Ce sont des religions de la contrainte, et qui font admirablement les affaires de tous les « candidats-papas » ou « grands frères ».

    A contrario, la non-dualité ouvre un espace de liberté infinie. Ce n’est pas la moindre de ses qualités 🙂

  42. @Eric : « Je ne pense pas que les religions aient un rôle néfaste a priori dans l’Histoire de l’humanité. Tout dépend qui les utilise. »

    Oui…, si vous partez du postulat qu’elles ne soient pas néfastes à leur genèse, vous avez raison , m’enfin on peut aussi se poser la question de savoir qui les a créées et à quelles fins.
    Rien n’empêche de se servir d’un colt 45 comme d’un marteau ou d’une flûte de Pan, mais je ne suis pas sûr que ce soit la finalité voulue par son créateur, ni l’utilisation première de l’utilisateur lambda.

  43. L’évolution normale, ça me semble: d’abord plein de dieux partout, puis de moins en moins, finalement un seul…

    Puis zéro. L’homme a décidé d’assumer son destin, plus besoin de marionnette(s) créée(s) à l’image de ses angoisses.

  44. @olivier
    j’y compte bien!
    et puis franchement m’installer à long terme dans le même coin de ciel que mère térésa et jean paul 2 (brrrr…)

    @Cugel
    et oui, à quelles fins?

    @mc
    je suis arrivée à la conclusion inverse.
    un dieu unique et tout puissant, devant qui on doit se prosterner est pour moi une régression par rapport au polythéisme qui respecte beaucoup plus la nature, la terre…
    et puis si on multiplie le nombre de dieux, à l’infini, jusqu’au moment où chaque être vivant en devienne un, alors tous dieux, tous humains, tous égaux et libres.

    le seul intérêt du monothéisme, à mes yeux, est que sa totale absurdité, devrait (aurait dû) ouvrir les yeux des humains, leur permettre de prendre conscience et de s’en débarrasser, ayant décidé  » décidé d’assumer son destin, plus besoin de marionnette(s) créée(s) à l’image de ses angoisses. »

  45. @Céleste : « […],alors tous dieux, tous humains, tous égaux et libres. »

    Vi…, m’enfin à la vue du joyeux bordel qui semblait régner sur l’Olympe ou à Ásgard, j’ai bien peur qu’il s’en trouve toujours quelques uns pour se proclamer plus dieu et égaux que les autres.

  46. Bon, bon, encore une fois j’arrive après la bataille !! pourtant il me semble que le sujet du présent billet est l’athéisme et je lis # 53 swâmi,(encore lui!): « …dans cette optique du non-deux, « la divinité n’est pas répartie ou divisée entre des êtres qui auraient chacun une exis

    tence réelle séparée, mais au contraire, (et chaque grain de sable) contient la divinité dans sa totalité… »!!!

    M’enfin!, il est où l’athéisme, là dedans ? J’ai lu il n’y a pas longtemps une définition de l’athéisme, parmi d’autres et assez désespérante,(mais, c’est bien là le but!): »Etre athée, c’est comprendre qu’il n’y a qu’un seul monde, celui-ci, notre monde si impitoyable et si indifférent à nos désirs; un monde silencieux qui n’a rien à dire et qui n’écoute pas, un monde où tout est hasard et nécessité. C’est comprendre qu’il n’y a qu’une seule vie, celle-ci. Apprendre à vivre seul, sans dieux, c’est apprendre à mourir, toutes nos petites morts, jusqu’à la dernière. C’est apprendre que le devenir emporte tout, que rien ne dure éternellement et donc que rien ne mérite qu’on s’y cramponne, qu’on s’y enchaîne, pas même nos rêves… Désespérance, la mort aura le dernier mot, qui n’en est pas un…

    Etre athée pourtant, c’est s’apercevoir que tout est à faire, tout est à inventer. C’est prendre conscience que nous avons à charge de devenir humain, nous qui le désirons tant: humain,jamais trop humain… »

    Je vous laisse réfléchir là-dessus! A plus.

    vieil anar

  47. Vieil Anar, très belle définition de l’athéisme, à laquelle j’adhère sauf : « Rien ne mérite qu’on s’y cramponne, qu’on s’y enchaîne, pas même nos rêves… Désespérance, la mort aura le dernier mot… »

    « Rien ne mérite » : si, justement, c’est maintenant qu’il faut se battre pour être et rendre heureux vu qu’il n’y a pas de paradis au Paradis, et que nous devons tout faire pour vivre nos rêves. « La mort aura le dernier mot » ? Bien sûr, mais à nous de lui voler tous les autres avant. Que fait-on, là, d’après vous ?

    (Impossible de trouver le texte d’un chanson bandante de Mouloudji : Athée ô grâce à Dieu. Qui a ?)

  48. Vieil Anar, merci, tout me va dans votre définition de l’athéisme.. sauf ça :

    « Rien ne dure éternellement et donc que rien ne mérite qu’on s’y cramponne, qu’on s’y enchaîne, pas même nos rêves… Désespérance, la mort aura le dernier mot, qui n’en est pas un »

    « Rien ne mérite qu’on s’y cramponne » : si, justement ! Battons-nous pour rendre et être heureux maintenant, vu qu’il n’y a pas de paradis au Paradis. Et vivons nos rêves, même et surtout si c’est dur !

    « La mort aura le dernier mot » : bien sûr, mais à nous de lui voler tous les autres avant. Que fait-on d’autre ici, dites ?

  49. @Vieil anar : Ta définition de l’athéisme me semble bien longue ! Rappelons que le mot a-thée est composé du préfixe privatif « a » (sans) et de « theus » (Dieu).
    Par définition, donc, un athée est simplement une personne qui ne croit pas qu’il existe un ou plusieurs dieux. Ce qui pose en premier lieu le problème de la définition du sens de ce mot « dieu », définissant quelque chose dont on affirme ne pas croire qu’une telle chose existe. On est bien obligé de définir quelque chose pour pouvoir affirmer que cette chose n’existe pas : on ne peut pas simplement affirmer qu’un mot n’existe pas ! Je prendrai pour ce qui me concerne ici ce mot dans les deux caractéristiques principales qu’on lui donne généralement dans notre civilisation : Une entité qui « a créé l’univers », et qui soit distincte, séparée de celui-ci, préexistante à celui-ci. La définition que je donne ici est celle d’un dieu dans une conception dualiste.
    Je pense qu’il n’existe pas une telle chose, je peux donc me dire « athée » selon cette définition.

    Tu donnes quant à toi une définition positive de l’athéisme : Être athée, c’est comprendre ceci, c’est apprendre cela… Ta définition va donc bien au-delà du simple athéisme, tu crées en quelque sorte un athéisme dogmatique 😉

    Ta définition : « Etre athée, c’est comprendre qu’il n’y a qu’un seul monde, celui-ci, notre monde si impitoyable et si indifférent à nos désirs; un monde silencieux qui n’a rien à dire et qui n’écoute pas, un monde où tout est hasard et nécessité. »

    Jusque là, je vois une définition qui s’applique parfaitement à un… bouddhiste ! A l’exception du « hasard » qui n’a pas vraiment d’existence dans la conception bouddhiste, laquelle donne une place prépondérante à la chaîne de causalité (=karma).

    > « C’est comprendre qu’il n’y a qu’une seule vie, celle-ci. »

    Ça peut encore aller parfaitement à un bouddhiste, mais il faut préciser une seule vie de qui ? De quoi ? Le bouddhisme, fondamentalement, ne reconnaît pas de réincarnation de l’individu, puisqu’il ne reconnaît fondamentalement pas d’essence (pas d’existence véritable) de l’individu. Le sens profond de la réincarnation dans le bouddhisme est celui de la continuité du karma, concept qui échappe largement à l’occidental qui le connaît peu (et qui est ici différent de ce qu’on trouve dans l’hindouisme).

    > « Apprendre à vivre seul, sans dieux, c’est apprendre à mourir, toutes nos petites morts, jusqu’à la dernière. C’est apprendre que le devenir emporte tout, que rien ne dure éternellement et donc que rien ne mérite qu’on s’y cramponne, qu’on s’y enchaîne, pas même nos rêves… »

    100% Bouddhisme. Bouddhisme Zen, dirai-je même. Définition de l’impermanence et de la nécessité du détachement.

    > « Désespérance, la mort aura le dernier mot, qui n’en est pas un… »

    Ici nous nous écarterions du bouddhisme pour plonger dans le nihilisme, si la toute dernière partie ne modifiait pas profondément le sens du début de la proposition 😉

    > « Etre athée pourtant, c’est s’apercevoir que tout est à faire, tout est à inventer. C’est prendre conscience que nous avons à charge de devenir humain, nous qui le désirons tant: humain,jamais trop humain…” »

    Bon, Vieil anar, je t’apprends à ta grande joie que tu n’es pas athée, mais bouddhiste.

    Rappelons que le bouddhisme est fondé sur « les quatre Nobles Vérités du Bouddha », qui sont :

    1/ La Noble Vérité de l’existence de la souffrance (que tout le monde constate).
    2/ La Noble Vérité de la cause de la souffrance (selon le Bouddha, c’est la médaille à deux faces attachement / aversion).
    3/ La Noble Vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance (dont le Bouddha est l’exemple vivant).
    4/ La Noble Vérité du chemin qui mène à la cessation de la souffrance (appelé le Noble Sentier Octuple, c’est-à-dire la méthode proposée par le Bouddha).

    Tu vois un dieu, là-dedans ? En dehors de la terminologie un peu pompeuse qui peut dérouter de prime abord, le bouddhisme originel n’est qu’une méthode pragmatique pour vaincre la souffrance humaine et y mettre un terme.

    Le Bouddha historique (Siddharta Gautama) a quant à lui toujours refusé de répondre à la question portant sur l’existence ou la non-existence d’un « dieu ».

    « Si ce monde nous paraît sujet à des transformations, c’est en raison de nos vues fausses. Pas besoin de chercher la vérité ; il suffit de mettre fin aux vues fausses. »
    – Seng-Ts’an, Troisième Patriarche, Le Sin-sin-ming (VIIe s)

  50. Le bouddhisme, bof.

    Certes, cette croyance a infiniment moins de morts sur la conscience que la religion de Dieu et d’Allah (pour Yahvé, depuis 2000 ans et la mort de Jicé sur une rocking-croix assez inconfortable, il y a prescription)

    Mais enfin, comme les autres elle a besoin de temples, de costumes, de rites*.

    On y vénère, et selon un rituel précis, des être humains. Moi, je ne vénère personne sur terre (sauf Swâmi ;-), j’essaie seulement de respecter ceux qui font le nécessaire pour.

    Et, si jeune ma buse, on y kidnappe un gosse pour en faire une sorte de dieu vivant.

    Mais je vais faire mon bouddhiste sans bouder plus : y croit qui veut tant qu’on ne cherche pas, par force ou par ruse, à m’imposer cette croyance.

    * Dans le massif de Belledonne se trouve la Chartreuse de Saint-Hugon. Cet ancien monastère est passé au bouddhisme (pourquoi pas, tous les lieux doivent continuer à vivre, même si c’est une autre vie). Mais on y a greffé touts sortes de constructions qui défigurent le site. Je n’ai rien contre les constructions en elles-même, dans leurs pays d’origine elles sont parfois remarquables et je suis inconsolé de la destruction des bouddhas de Bamyan. Mais là, non.

  51. @PMB : Ce n’est pas le bouddhisme qui a besoin de cultes et de rites, il faut croire que c’est l’Homme 😉

    Il n’y a pas « un » bouddhisme, mais « des » bouddhismes (Theravada, Hinâyana, Mahayana, bouddhisme tantrique, bouddhisme tibétain, bouddhisme Zen) qui tous se réclament de l’enseignement du Bouddha historique avec d’importantes variations locales et selon les écoles.
    Partout où le bouddhisme a essaimé, il s’est marié avec les rites et religions locales préexistants, au point qu’il soit souvent difficile de reconnaître le bouddhisme originel, profond, dans son aspect exotérique. Est-ce une vérité universelle que les masses préfèrent vénérer des statues et se livrer à des rites plutôt que de se donner le mal de comprendre la profondeur du sens de ce qu’elles vénèrent ? Dans les pays où se pratique le bouddhisme Theravada, on trouve par exemple énormément de superstitions et de prières et offrandes faites « pour soi », pour obtenir ceci ou cela (exactement comme dans le christianisme et ses cierges et ex-voto), alors que le bouddhisme du Bouddha enseigne précisément le contraire !
    Le bouddhisme n’est pas une religion centralisée avec UN chef, il est composé de multiples écoles d’interprétation, et il existe au sein du bouddhisme une seule école ayant une forte hiérarchisation à l’échelle d’un pays, le bouddhisme tibétain, encore que celui-ci soit réparti en plusieurs écoles (bonnets rouges, bonnets jaunes…) concurrentes, et que le Dalaï-lama ne soit l’autorité supérieure que de l’une d’elle – et il était aussi le chef temporel de l’état.

    Le bouddhisme tibétain (Varjayana) est imprégné de tantrisme, très difficile d’abord aux non-initiés, et de Bön, le religion préexistante au Tibet, d’où proviennent les multiples divinités de cette version du bouddhisme, pour autant le bouddhisme tibétain est un bouddhisme parfaitement authentique.

    Quant au « kidnapping d’enfant », je crains que cette formulation hâtive ne recouvre une profonde méconnaissance de ce dont il est question, et de la culture que tu accables ainsi. Notamment parce qu’il n’y a pas de « kidnapping » quand un enfant est éduqué avec l’accord de ses parents (qu’il continue de voir modulo les distances, environnement et moyens de transport dans une société qui n’était pas la nôtre), dans une société où chaque famille confie traditionnellement un ou plusieurs de ses enfants à la communauté monastique.
    Il n’y a pas plus de kidnapping que quand un prince de chez nous est éduqué « pour en faire un roi » ou un fils de PDG destiné dès la naissance à prendre la suite de son père, et soumis à l’éducation qui va avec…
    Je n’ai jamais entendu dire que Tenzin Gyâtso se soit jamais plaint d’avoir été enlevé pour devenir le XIVe Dalaï-lama.

  52. Swâmi dit @PMB : « Ce n’est pas le bouddhisme qui a besoin de cultes et de rites, il faut croire que c’est l’Homme 🙂 »

    – Oui, bien sûr. Et j’ajoute : 1/ hélas, 2/ Je n’y peux rien, juste être soulagé de ne pas devoir, comme vous ;-), me farcir la déco de Noël !

    Le « kidnapping d’enfant » est une formule hâtive, oui. Mais moi, mes parents (à qui je n’en ai jamais voulu et n’en voudrai jamais) ont donné leur accord pour que je me fasse bouffer par un internat intégriste qui m’a détruit. Extrait du livre qu’il m’a fallu écrire pour essayer d’exorciser ce passé qui ne passe pas :

    « Mes bien Chers Frères, autant vous le dire, j’ai survécu, et je crois que ce livre en est la preuve mot par mot. J’ai réappris à rire d’un vrai rire, penser sans béquilles, aimer et me faire aimer. Mais sachez que certains piliers de ma vie et non des moindres, de ceux qui vous font penser qu’en attendant la mort ça sera bien, avant, sont irrémédiablement détruits. Je suis, grâce à vous, un infirme du cœur. Puis-je vous pardonner ça ? »

    On parle de la haine dans une autre note. Je n’ai plus de haine pour les hommes qui m’ont fait ça, je leur ai pardonné. Mais pour tous les systèmes qui veulent m’expliquer le monde et m’aider à mieux vivre, haine totale, méfiance totale. Tous. Tous.

    Et, sans vouloir le moins du monde vous manquer de respect, je vais m’en tenir là.

  53. Vos princes sont éduqués par leurs parents (même si c’est par les gouvernantes). Mais, avec un peu de chance, ils n’attendent pas trois mois ou trois ans pour avoir le bisou du soir. Essayez d’imaginer que vos « nains » (désolé, je ne peux pas me faire à cette appellation, si sympa se veuille-t-elle) soient privés de vous pendant des mois et des années.

    Allez, encore un extrait, à qui j’ai donné le titre : « Noël brisé »

    …Mais mon goût pour la magie de ce gâteau de rêve éveillé, de ce festival du bonheur en sons, en couleurs, en odeurs et en saveurs fut comblé pendant mes trois ans au juvénat. Tout était par nos Envoûteurs savamment tramé pour qu’il en soit ainsi. Les festivités commençaient par une veillée préparée de longue date à base de jeux, de chants et de saynètes édifiantes ou amusantes. Ensuite – levez le rideau, oui, vraiment ! – un passage fiévreux au dortoir pour revêtir les habits du dimanche, un défilé lent et recueilli vers la chapelle par les escaliers et surtout le cloître à la seule lumière, fascinante, de bougies dans leurs verres colorés d’émeraude et d’indigo jetant nos ombres agrandies vers les murs, une messe de minuit aux splendides cantiques qui me poignaient le cœur et le corps ; une halte au réfectoire pour le mousseux chocolat chaud et 1’orange, magique pour moi qui n’en mangeais guère qu’un croissant à la fois, un petit cadeau genre agenda microscopique gainé de vachette ; et retour épuisé au dortoir où nous nous endormions de bonheur, emportés dans l’océan des rêves par les vagues mystérieuses et lourdes à nos yeux de la Petite Musique de Nuit jaillies de mon cher électrophone ivoire et vert aux mains du Frère Alphonse.

    Il me fallut plusieurs années pour réaliser que pendant ces fêtes, pour étourdissantes et splendides qu’elles fussent, j’étais volé à ma famille, ma vraie famille, ma famille de sang et de cœur à qui, pour la première fois, il en manquait un. »

    « j’étais volé à ma famille, ma vraie famille, ma famille de sang et de cœur à qui, pour la première fois, il en manquait un ». J’ai lu un jour ce texte à un ami, en présence de ma fille. Elle avait quinze ans. Pour la première fois de sa vie, elle m’a vu pleurer.

  54. J’ajouterai que je trouve que tous les _systèmes_ sont à fuir, particulièrement ceux qu’on impose à l’enfant, mais que ceux issus des trois monothéismes bien connus par ici sont certainement les plus mortifères de tous, et c’est également le cas de tous ceux qui nient la vie et la spontanéité qui s’exprime sous toutes ses formes à travers elle, au profit de constructions intellectuelles d’un « autre monde » chimérique.

  55. J’ai cru voir que dans votre famille, c’était pas toujours Noël. La mienne, niveau grands-parents, oncles et tantes, n’est pas meilleure que les autres et a quelques beaux cadavres dans ses placards, qui font l’objet d’un second livre. Mais notre bande papa-maman et leurs enfants, avec des hauts et de sacrés bas, maintenant (eux sont morts il y a dix ans) c’est que du bonheur. Là (ne le répétez pas, c’est surprise) on va débarquer chez le n°5 pour ses soixante ans. Et ce sera comme d’hab : on boit on mange et on rit.

  56. Swâmi, vous avez compris que les trois monothéismes bien connus, « j’en prendrais pas un pour taper sur l’autre » (comme disait mon père).

    Bon, là, je sors, malgré une tempête à décorner les cocus.
    « Mon Dieu ! Et mon mari qu’est dehors !  » (Mme Michu)

  57. @PMB : « J’ai cru voir que dans votre famille, c’était pas toujours Noël. »

    Ah certes ! Ainsi vont les choses. Mais je n’en changerais pour rien au monde.

    > « Mais notre bande papa-maman et leurs enfants, avec des hauts et de sacrés bas, maintenant (eux sont morts il y a dix ans) c’est que du bonheur. »

    Euh… Ceux qui vous ont foutu chez les curés ?

  58. Swâmi me dit : « Ah certes ! Ainsi vont les choses. Mais je n’en changerais pour rien au monde »

    – Et je me garderai bien de vous en priver, ou de la critiquer – ce que vous faites assez bien pour que je m’en mêle avec une impudence (et une imprudence) que vous me renverriez vite fait dans les dents. Déjà qu’elles ne sont pas au mieux…

    Surtout que si je la connaissais, je découvrirais qu’elle en vaut bien d’autres, dont pourquoi pas la mienne.

    « Euh… Ceux qui vous ont foutu chez les curés ? »

    – Relisez le post où je dis que je ne leur en veux pas. Je sais parfaitement quel conditionnement religieux et surtout familial les y a conduits. Pour ma mère, j’ai toujours pensé qu’en plus, en faisant ça elle payait enfin son ticket d’entrée dans « la Grande Famille ». Ce livre parle parfois d’eux, mais c’est toujours avec tendresse et respect. J’ajoute que tous ceux d’entre nous qui eurent des comptes à régler avec eux, et pour certains ce fut long et dur (attendez un peu que vos propres enfants s’y mettent comme, par exemple, mon fils ;-), purent le faire avant leur mort, une mort que nous avons tous acceptée, et qui fut un beau souvenir, oui.

    Je ne peux pas en dire plus en public mais si la chose vous intéresse, vous avez mon adresse mail…

  59. @PMB : « Essayez d’imaginer que vos « nains » (désolé, je ne peux pas me faire à cette appellation, si sympa se veuille-t-elle) »

    Tiens, décidément, ça fait deux posts où la question de la taille surgit 😉

    Eh bien, pour ce qui concernent mes Nains personnels, compte tenu de leur courbe de croissance, je doute fort que cette affectueuse appellation évoque jamais chez eux le moindre complexe… Mademoiselle Kestagrandhi dépasse le mètre-75 (et ne mérite donc plus l’appellation incontrôlée), mademoiselle Patâpatî a passé le mètre-45 à pas tout-à-fait 10 ans, et Srî Minîshiva (dont la mesure exacte de la nanitude m’échappe pour l’instant) fait une demi-tête de plus que bon nombre de ses camarades de maternelle 😉

    Je suppose que le fait de ressentir cette affectueuse appellation comme plus ou moins blessante peut avant tout provenir de la tendance que l’on peut ou non avoir à faire un complexe à ce propos ; je ne crois pas que mes Nains personnels y aient jamais vu l’ombre d’un questionnement existentiel 😉

  60. En fait, la seule vexation involontairement infligée à propos de taille dont je me souvienne concernant mes (plus vraiment) Nains est la fois où vers l’âge de 15-16 ans, dos à dos, j’ai fait (selon ma finesse habituelle) remarquer à Mademoiselle Kestagrandhi qu’elle avait le cul plus haut que moi ;-))
    …La demoiselle avait poussé toute en jambes, ce qui est plutôt bien vu dans les canons de notre société.
    …Mais on est susceptible, à cet âge ;-))

  61. Ce n’est pas le mot en lui-même qui me gène. Surtout que « de mon temps », avec mon 1m83, j’étais dans les plus grands.

    Non, c’est le fait (courant sur les blogues : Vroumette 😉 parle de ses zozos, Tirui de Tirouquin, et je ne vais pas faire la liste des autres blogs) de recourir à une appellation péjorative. Je vous si quand vous me dites que dans votre famille ça passe, et n’aurai pas l’outrecuidance* de vous demander d’en changer. Mais j’en connais plus d’une où l’enfant vit mal une appellation ou un surnom se voulant gentil. Moi, une seule personne est autorisée à m’appeler Pierrot : mon grand frère (qui d’ailleurs, quel zazard, ne fait pas ni son 1m70 ni son Sarkozy). Et celui qui appelle ma fille Nono a intérêt à ne pas dire ça devant moi.

    * Heu, du peu que je vous connais, ce serait plutôt de l’inconscience !

  62. @PMB : « une appellation péjorative »

    Votre interprétation ne fait pas nécessairement une vérité universelle… Je ne crois pas Vroumette, ni Le Monolecte, ni moi-même « péjoratifs » vis-à-vis de nos monstres…

    > « celui qui appelle ma fille Nono a intérêt à ne pas dire ça devant moi »

    N’est-ce pas plutôt elle que cela concerne ?

  63. « Je vous crois quand vous me dites »

    Si votre Melle Kes est aussi sensible/fragile que ma Noémie, vous avez dû vous en prendre ! Bien fait !

    (Moi, ça remonte à un mois, où avec mon ironie de c… j’ai dit au téléphone « je ne sais pas si ma fille m’aime mais… ». Je n’ai pas pu aller plus loin, elle a explosé et il m’a fallu tout un deuxième appel pour arriver à la consoler.)

  64. « Votre interprétation ne fait pas nécessairement une vérité universelle… »

    – Totalement d’accord. C’est juste mon point de vue !

    « N’est-ce pas plutôt elle que cela concerne ? »

    Bien sûr. Depuis longtemps, elle fait tous ses choix de vie sans moi. Et comme je ne la vois, hélas, que tous les trois mois, la chose est rare.

    N’empêche qu’il a pas intérêt !

  65. je reste persuadée que les religions sont responsables de bien des maux de notre humanité et de bien de nos névroses.

    Elles sont un obstacle aussi au véritable développement et à plus de justice.

    Elles nous mènent à l’impasse, à l’ignorance, aux guerres et à la guerre des sexes.

    Et plus personne ne me fera jamais changer d’avis. Ceci dit, je respecte les croyances de chacun tant qu’il respecte les miennes et ne cherche pas à convaincre à tout prix.

    Je rejoins ainsi plutôt les avis de Céleste, Vieil anar et Brigetoun.

    Aucun talent pour persuader, c’est plus de l’ordre maintenant d’une vérité intime et si je peux employer le terme sans être taxée de vaniteuse, « intellectuelle ».

    Les religions nous maintiennent dans l’aveuglement le plus total.

    Que « l’Apocalypse » approche ou non n’est bien sûr pas une raison pour baisser les bras et na pas apprécier de vivre.

    Cordialement,

  66. Le 21 ème siècle devra être spirituel ou ne pas être?

    je n’y vois rien concernant la religion

    Le premier sens de spirituel, c’est: relatif à l’esprit, à l’âme.

    J’ai peut-être tort mais je crois à l’âme intellectuelle humaine, la seule capable de nous faire avancer vers la lumière, celle du progrès, de la sagesse et de la paix.
    ce qui n’exclut pas l’amour et l’émotion.

    Ce qui est sûr, c’est que nous n’en prenons pas le chemin.

  67. merci pour ce commentaire Valérie

    « J’ai peut-être tort mais je crois à l’âme intellectuelle humaine, la seule capable de nous faire avancer vers la lumière, celle du progrès, de la sagesse et de la paix.
    ce qui n’exclut pas l’amour et l’émotion. »

    tout à fait d’accord

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *