Ce que je lui aurais répondu…

Dialogue imaginaire

Lui :

Je voudrais mon amour que, comme Dieu le demande, tu caches aux yeux des autres ta chevelure dorée, que tu masques ton corps sous d’amples et longs vêtements afin que nul autre que moi ne puisse en admirer les courbes. Les regards salaces que te jettent les hommes te souillent et t’humilient. Tu es ma beauté, ma reine, ma source d’eau fraîche, mon repos, ma femme. Je te veux à moi seul, tendre et confiante.

Moi :
J’aurais voulu mon amour que jamais tu ne m’aies adressé ce souhait. Ces voiles que tu me tends et que je ne porterai pas m’éloignent de toi  et désunissent nos corps. Nulle geôle ne me séduit et le voile à mes yeux en est une.
Si je respecte ta dévotion je ne la partage pas ; les désirs et les ordres de ton Dieu ne me concernent pas.
Libre et seule je continuerai ma route, car vois-tu mon amour,  je ne t’appartiens pas plus que tu ne m’appartiens.
Tu redoutes les regards que les hommes portent sur moi, mais sache que leurs yeux n’ont pas le pouvoir de me souiller. Le désir qu’ils manifestent m’indiffère. Je ne suis pas un objet que l’on peut convoiter, acquérir, posséder et utiliser à sa guise.
Je suis une femme et j’en suis fière.

Ce dialogue est imaginaire. Et vous, qui passez par ces pages, que lui auriez-vous répondu ?

40 réflexions au sujet de « Ce que je lui aurais répondu… »

  1. @Christine
    Tu ne crois pas que l’on puisse tomber amoureuse (amoureux) de quelqu’un de très différent de soi même?

    Mais que, passé le premier élan, les différences séparent?

  2. Oh si, on peut tomber amoureuse de quelqu’un de très différent. Mais sauf à imaginer que ce soit seulement irrationnel, il y a pour moi des valeurs communes à partager.

    Je ne pourrais pas tomber amoureuse de quelqu’un dont la vie est guidé par un dieu.

  3. à priori moi non plus…mais à priori seulement…

    par contre, c’est sûr, je ne pourrais pas envisager une vie commune avec quelqu’un dont l’existence est régie par un dieu et encore moins s’il voulait me contraindre, ou même me convaincre, de partager sa foi.

  4. Je lui répondrais que personne n’appartient à personne.

    Et que c’est par ailleurs une drôle d’idée de penser que Dieu pourrait VOULOIR quoi que ce soit (ou alors c’est qu’il se serait trompé quelque part dans sa création ?)

  5. @Traou

    Vouloir or not vouloir, j’ai beaucoup réfléchi avant d’écrire ce que Lui dit, je me suis basée sur des choses lues ou entendues.

    C’est rigolo, au moment où tu écrivais ce com j’étais en train d’en écrire un chez toi…pile poil 🙂

    baci

  6. Salut!
    je suis portugaise…excusais moi pour mon français pas parfait…

    Oui, personne n’appartient à personne, mais il est bien sûr possible de tomber amoraux d’une personne très diffèrent de nous.

    L’amour c’est toujours un jeu d’équilibre et de respect pour l’autre, a des fois cette respect inclue l’acceptation des normes d’un Dieu pas nôtre où l’acceptation de que l’autre ne respect pas les habitus imposes par un Dieu nôtre. Chaque couple doit trouver son équilibre.

    Mois je ne crois pas que je pourrait accepter ces normes…ma réponse serait:

    « Mon amour pour tout ce que je t’aime je peu pas accepter un habitude auquel je ne crois pas, je doit être fidèle a moi même et a mes convictions. Se tu m’aimes pour tout ce que je suis, beauté extérieur et intérieur tu m’aimeras fidèle a moi même comme je veut être. »

  7. auriez vous pu en arriver à dire « mon amour » ? si oui c’est qu’il aurait été prêt à admettre. Sans quoi il ne t’aurait vu qu’à travers sa réprobation

  8. Je vous trouve bien gentilles de lui expliquer. Moi, qui suis plutôt posé, sur ce coup-là, je pense qu’une petite insulte bien primaire aurait fait l’affaire.
    Athée de chez athée mais de culture catholique je vis depuis 25 ans avec une femme musulmane. Et s’il n’avait pas arrondi les angles et adapté sa foi, je vous le dis tout net, ce n’aurait pas été possible. Il fallait bien entendu je fasse aussi ma part de tolérance.
    Mais jamais nous n’avons eu affaire à des situations extrêmes.

  9. Préalable: ces deux êtres sont liés par une relation amoureuse forte, ils ressentent beaucoup de désir l’un pour l’autre. Elle, « moi », la femme, n’est pas monolithique, ce serait trop simple.

    @Dom
    🙂

    @chompiette
    simplement dit

    @jardin
    le rire serait une excellente réaction, mais ce n’est pas la plus facile

    @bonjour sandra 🙂
    très jolie réponse, merci

    @Brigetoun
    dans mon idée, il ne lui demande pas dès le début de la relation de se voiler, au contraire, il a attendu d’être sûr de l’amour qu’elle lui porte, donc d’une certaine dépendance amoureuse.
    et c’est sur cette dépendance affective qu’il va jouer.

    il pourrait aussi dire: « si tu ne te voiles pas, je te quitte »

    @Claudio
    merci d’intervenir dans cette discussion. ton témoignage est très intéressant: « arrondir les angles »

    quand c’est possible.

  10. Moi je ne peux pas répondre. Les femmes voilées me sont de plus en plus insupportables; quel que soit leur âge. Cette idée que la femme doit se cacher me fait oublier toute tolérance. Désolée, Céleste… et bisou

  11. D’abord, je lui aurais dit de se tourner vers La Mecque et de se mettre en position de prière.
    Ensuite, je lui aurais remonté son burnous et baissé son bénard.
    Après quoi, j’aurais appelé les copines.

  12. Je ne pensais à l’islam en particulier, les femmes juives orthodoxes ont aussi les cheveux cachés et des vêtements longs et amples, certaines chrétiennes aussi.

  13. Pas la plus facile… pour moi, si, ce serait même tellement évident et spontané que ce serait l’inverse qui me serait très difficile, voire impossible.

    Je crois que même avec une vie amoureuse bien engagée et heureuse, ce type de prise de possession me serait tellement odieux que je ne pourrais plus rien avoir de commun avec le mec. Il me semble même qu’il lui serait alors inutile de se rétracter, comme quand le grand méchant loup a montré ses dents, reprendre sa gueule enfarinée ne lui sert plus de rien: on a vu briller les canines, on ne les oublie pas.

    Curieusement, et je ne sais pas expliquer pourquoi, les mots tendres me semblent aggraver plutôt qu’atténuer l’agression.

  14. @jardin

    Oui, ils l’aggravent…je l’ai fait volontairement.
    Il est, à mon sens, très difficile de se détacher de ce qui ressemble à de la tendresse, à de l’amour…qui en fait n’en est pas vraiment…s’il l’aime « vraiment » il ne lui demandera rien mais l’aimera telle qu’elle est.

    c’est un peu comme une mouche qui tombe dans du miel, le sucrailleux, ça colle…

    la même demande, faite sur un mode autoritaire appelle plutôt une réaction vive, tranchée, elle marque immédiatement les différences…

  15. @ Fajua:

    Je ressens parfois cette pulsion violente de rejet face à une femme voilée. Mais j’essaie de ne jamais oublier que sous le voile, il y a une femme.

    Une femme mystifiée, collaborant à sa propre stigmatisation, une femme traquée, se servant du voile pour se protéger, une femme naïve qui se croit plus belle ainsi, une femme complice de l’oppression de ses semblables puisqu’en exhibant sa dignité de femme honorable elle disqualifie les sans voile.

    Mais une femme, toujours. Un être humain.

    Sommes-nous si différentes? Ne collaborons-nous jamais à notre propre exclusion? Ne choisissons-nous pas, quelquefois, de nous cacher derrière notre féminité? Ne portons-nous pas des vêtements, des chaussures, des maquillages aliénants? Ne nous arrive-t-il pas de nous sentir supérieures aux autres femmes, les rejetant ainsi dans le camp des nulles?

  16. Moi j’aurais dit : mon amour, tu as une bien triste opinion sur tes semblables (les hommes) pour croire que la seule vue de mes cheveux pourrait leur amener des pensées concupiscentes ! un homme respectueux est capable de regarder une femme autrement que comme un objet sexuel !

  17. @Madame de K

    Merci pour cette réponse, tu es la première répondre sur ce point là: les regards des hommes sur sa chevelure.

    Moi j’avais répondu ça:

    « Tu redoutes les regards que les hommes portent sur moi, mais sache que leurs yeux n’ont pas le pouvoir de me souiller. Le désir qu’ils manifestent m’indiffère. Je ne suis pas un objet que l’on peut convoiter, acquérir, posséder et utiliser à sa guise. »

    Et nos réponses se rejoignent:
    Côté masculin, partir du principe que tous les hommes sont des obsédés sexuels incapables de se contrôler.
    Côté féminin que les femmes puissent être les victimes niaises des regards lubriques.

    Les deux sont faux et dénotent effectivement, « une triste opinion de ses semblables »

  18. @Jardin

    Cette pulsion je l’ai ressentie, il y a longtemps, lorsque les premiers voiles sont arrivés en France.

    Je m’en souviens très bien, c’était il y a 20 ans, j’enseignais dans une école élémentaire à côté de Nice. Du jour au lendemain des mères d’élèves ont mis un foulard sur leurs cheveux et ont envoyé leurs enfants à des cours d’arabe qui étaient des cours de religion islamique.

    Puis d’autres ont mis des voiles plus couvrants.

    Et j’avais cette pulsion.

    Puis j’ai voyagé, j’ai rencontré des femmes portant la burqua, j’ai parlé avec elles, j’ai ri aussi.

    Et ma perception a complètement changé, comme tu les dis, sous le voile il y a une femme et tu développes tellement bien ton argumentation que je n’ai rien à ajouter pour l’instant (en plus je viens de me lever 🙂

  19. Tu cites l’un de mes textes favoris de l’exquise Mona, Céleste. Tu sais déjà ce que je pense en général sur le sujet. La seule question valable en l’occurrence est celle de la contrainte. Or dans ton dialogue – précisément – imaginaire, tu n’offres aucune alternative. Les réponses apportées dans les commentaires en témoignent amplement. Qui irait prendre la défense de cet homme ? C’est comme les tautologies de Sarkozy : m’enfin mâme Chabot, de quel côté êtes-vous ? Du côté de la vielle dame ou de celui de la racaille qui vient de lui arracher son sac ?

    Ce qui pose problème, c’est que tu éludes la position majoritaire (ici, en France) des femmes jeunes ou moins jeunes portant le voile. Il s’agit d’un acte volontaire de leur part. Quelles qu’en soient leurs motivations individuelles propres, ce n’est ni sous la menace ni sous la tutelle d’un homme qu’elles font ce choix. Et lorsque contrainte il y a, celle-ci vient beaucoup plus souvent de la mère, voire de la grand-mère, que du père-frère-oncle.

    Pour ma part, j’ai été fréquemment confronté à la situation inverse : celle de jeunes hommes se désolant que leurs dulcinées aient choisi de porter le foulard. J’ai été beaucoup plus témoin du dialogue contraire au tien :
    – Tu es belle, mon amie, tu es belle ! Tes yeux sont des colombes derrière ton voile ; tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres sur les pentes de la montagne, tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, qui montent du lavoir, qui toutes ont des jumeaux, et pas une d’elles n’est stérile. Tes lèvres sont comme un fil écarlate, et ta bouche est agréable ; ta joue est comme un quartier de grenade derrière ton voile.
    Alors, de grâce, oublies ce voile et permets à chacun de voir ta beauté et les charmes que tu secrète.
    – Non. Parce que je t’ai choisi mon bien-aimé, je ne dévoilerai mes secrets qu’à toi. Viens, sortons, passons la nuit dans la ville. Nous nous lèverons dès le matin, pour aller aux vignes ; nous verrons si la vigne bourgeonne, si la fleur s’ouvre, si les grenadiers s’épanouissent : là je te donnerai mes amours. Les mandragores donnent leur parfum ; et à nos portes il y a tous les fruits exquis, nouveaux et anciens : mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi ! Et parce que je t’ai élu entre tous, parce que je suis libre de faire ce que je veux avec mes cheveux et mes appas, seul toi les connaîtras.

    Et je serais beaucoup plus curieux de connaître l’avis de celles et ceux qui seraient confrontés à cela.
    Si vous êtes un homme éperdument amoureux d’une jeune femme qui a choisi de porter le voile, quel choix faites-vous ? L’accepter telle qu’elle est, ou cherchez-vous à la contraindre à être telle que, vous, vous le voulez ?

    Par ailleurs, je crois que je ne parviendrai jamais à comprendre l’hostilité haineuse à l’égard de ces femmes jeunes ou moins jeunes arborant foulard. Cette haine focalisée sur l’apparence d’une femme relève pour moi du même principe que celles et ceux qui traitent de salope une fille en mini-jupe.
    Si une femme ne doit pas porter foulard parce qu’elle « disqualifie les sans voile », pourquoi ne pas imaginer la réciprocité : une femme ne saurait s’habiller en mini-jupe et bas-résille parce qu’elle « disqualifie » les non-putes.

  20. @Salut Pescade 🙂

    Je suis ravie de la tournure que prend cette discussion.
    Tu ouvres une piste que j’avais laissé volontairement de côté.
    Pour diverses raisons personnelles (ayant trait à mon histoire) et peut-être parce que je suis une femme, j’ai choisi les enjeux de ce dialogue: un homme et une femme amoureux, lui, demandant à elle, de se voiler.

    Et puis je voulais faire bref. (j’ai remarqué que les billets longs sont souvent parcourus hâtivement, normal il y tellement de choses à lire).

    Pour finir, je ne connais pas personnellement de jeunes femmes ayant décidé, elles-mêmes, de se voiler, comme tu le racontes.
    Non pas que je refuse de les connaitre, bien sûr, mais parce qu’à Bologne il y a peu de musulmans, si on parle de l’Islam, et encore moins de juifs orthodoxes (en écrivant ce billet j’avais en tête Kaddosh, le film d’Amos Gitai adapté d’un roman d’Eliette Abecassis).

    Et mes amies indiennes qui portent la burqua viennent de familles où on ne l’a jamais enlevée.
    par contre elles les agrémentent de perles, de broderies et de dentelles…certaines sont superbes.

    Mais ta question aux hommes est très pertinente.

    Je te remercie de l’avoir posée.

    Si il n’y a pas de réactions sur ce fil de com j’en ferai un billet.

    Entièrement d’accord avec toi, of course sur la haine des femmes voilées.

    Et chapeau pour le dialogue… 🙂

  21. @Pescade

    J’oubliais, en publiant ce dialogue je n’attendais pas que l’on prenne ou non la défense de cet homme.

    Ce qui m’intéresse c’est la réaction des femmes à qui un homme, aimant, fait cette proposition.
    Elles ont été très tranchées, je ne sais pas si dans une situation réelle, dans la vie quoi, les femmes confrontées à cette demande se sortent d’une histoire d’amour avec autant de facilité.

    Défaire des liens amoureux est long, compliqué et douloureux.

  22. Donc, si j’ai bien compris, la question que tu te poses à travers ton dialogue imaginaire Céleste, c’est la réponse d’une femme à la contrainte que lui impose l’homme qu’elle aime. On peut alors imaginer que cette contrainte puisse aussi de ne pas se maquiller ou, à l’inverse, de ne jamais sortir sans être maquillée (chacun son voile comme disent Fatima Mernissi et Nawal Saadawi)… C’est pour cela qu’il me semble que la vraie question n’est pas le voile, en tant que tel, mais le choix d’une femme d’accepter ou non la contrainte que lui propose le bien aimé…

    Il y a deux ou trois ans, un dialogue, similaire à celui que tu imagines, s’est peut-être tenu dans la région lilloise :
    – Tu m’as ravi le cœur, ma fiancée ; tu m’as ravi le cœur par l’un de tes yeux, par l’un des colliers de ton cou. Que de charme ont tes amours ! Tes lèvres distillent le miel ; sous ta langue il y a du miel et du lait, et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban. Tu es un jardin clos, une source fermée, une fontaine scellée. Tes plants sont un paradis de grenadiers et de fruits exquis, de henné et de nard, promets-moi que je serais le premier à les goûter, alors je t’épouserai.
    – Oui, je te le promets. Au soir de nos noces, tu souffleras dans mon jardin, pour que ses aromates s’exhalent ! Tu viendras dans ce jardin devenu le tien, et tu mangeras ses fruits exquis. Tu avanceras la main par le guichet, et mes entrailles seront émues à cause de toi. Je me lèverais pour t’ouvrir mon bien-aimé, et de mes mains dégouttera la myrrhe, et de mes doigts, la myrrhe limpide, sur les poignées du verrou.

    On connaît la suite de l’histoire, la belle avait déjà convié quelque jardinier à cultiver ses fruits… et pourtant… pour être certaine d’épouser son élu, elle accepta cette contrainte impossible, et lui fit une promesse intenable.

    Sinon, dans ma version inversée de ton dialogue imaginaire, ce n’est pas seulement la réaction des hommes que j’attends. Dans la vraie vie, je sais ce qu’ont répondu ceux qui ont vécu une telle scène. C’est plutôt les réponses des femmes – se projetant dans la peau d’un homme passionnément épris d’une femme qui refuse d’abandonner le foulard – qui m’intéresseraient.

  23. @pescade

    Disons que le choix d’une contrainte vestimentaire liée à une religion, ou a des coutumes, n’était pas non plus anodin.

    Ma copine Sini, par exemple, indienne catholique vivant à Bologne avec Roy, indien catholique lui aussi, porte des jeans, a les cheveux libres mais ne montre jamais ses épaules, même quand on crève de chaud et, à son regret, ne s’achète pas de sous vêtements en dentelles car Roy, un garçon charmant que j’aime beaucoup, ne veut pas.

    Ceci dit à force de décortiquer ce petit dialogue je vais finir par me demander moi même ce que j’ai voulu y mettre, ou ce que j’y ai mis 🙂

    Comme tu écris de très jolis dialogues, celui-ci aussi est très bien, si tu veux tu rédiges un dialogue homme femme qui te plait et je le publie comme texte d’invité…
    Qu’est-ce que t’en penses?

  24. Rhô, Pescade poète! Super!
    Et à toi aussi, Céleste.

    Bon, je vais peut-être casser l’ambiance…
    D’abord, je suis d’accord (encore, c’est agaçant ;-D) avec Pescade. Je suis persuadée que les femmes, en général, ne mettent pas (je parle de la France, évidemment) un foulard parce que c’est leur mari qui l’exige, mais parce qu’elles choisissent de le porter pour des raisons probablement très différentes.
    Parmi les jeunes femmes qui portent le foulard et que je côtoie dans la vie courante, beaucoup ne sont pas habillées avec un sac de patates à paillettes par ailleurs, mais au contraire avec de la recherche (Une façon de se distinguer des diktats vestimentaires dominants?).
    Ensuite, ce n’est pas au moment où on est très amoureux que se posent les questions, c’est après, quand les (mauvaises) habitudes sont prises et qu’on ne peut pratiquement plus revenir en arrière.
    Et puis, dire »mon mari ne veut pas », c’est une façon commode de ne pas faire le choix soi-même (parce que si le mari/compagnon n’est pas une brute épaisse, il y a toujours moyen de passer outre).
    Enfin et c’est là bien pire, il y a énormément de femmes de toutes origines et de tous milieux qui se prennent, encore de nos jours, une gifle, voire une trempe, voire pire encore, en rentrant à la maison pour un regard ou un sourire machinal à un autre homme – ou tout autre prétexte fallacieux.
    Et elles sont loin de toutes porter un foulard!
    Et ça, c’est ce qu’il faut combattre.
    Et ce n’est toujours pas le cas actuellement dans un pays dit « civilisé » où un député sitôt après avoir battu et assassiné une femme a eu droit à un hommage post mortem à l’Assemblée Nationale!
    Une manifestation à la hauteur de l’abjection de ceux qui votent des lois toujours plus répressives et toujours plus liberticides et qui n’ont pas de mots assez durs pour condamner les gens ordinaires.

  25. @emcee is back 🙂

    « Enfin et c’est là bien pire, il y a énormément de femmes de toutes origines et de tous milieux qui se prennent, encore de nos jours, une gifle, voire une trempe, voire pire encore, en rentrant à la maison pour un regard ou un sourire machinal à un autre homme – ou tout autre prétexte fallacieux.
    Et elles sont loin de toutes porter un foulard! »

    Bien sûr, c’est une évidence.
    Mais je pense que la première violence commence justement quand Lui demande à Elle de se vêtir différemment.

    Dans le dialogue j’ai choisi le voile, parce que c’est marquant, mais ça peut aussi bien être le maquillage, ou au contraire, la demande unilatérale de porter des vêtements plus sexy.
    Dans tous les cas, il une amorce (ou plus) d’abus.

    « beaucoup ne sont pas habillées avec un sac de patates à paillettes  »
    les burquas que portent les femmes indiennes ou des pays du golfe (les plus riches) ne sont pas du tout des sacs à patates, certaines sont superbes, paillettes, broderies, fentes…justement comme tu le dis, un style recherché et personnalisé.
    Comme si les femmes voulaient habilement contourner le diktat…la burqua, ok si on ne peut pas faire autrement, mais belle.
    Je précise qu’en Inde on appelle burqa la robe manteau longue et noire assortie d’un voile sur les cheveux, relativement léger, en fait une écharpe qui souvent est assez flottante.

    Bon, et bien moi je suis contente, beaucoup de réactions, des idées, des pistes de réflexion…

    Merci à vous toutes et tous pour vos contributions.

  26. And … back again … 😉
    oui, quand je parlais de « sacs à patates », je parlais de celles que je rencontre dans mon quartier.
    Des femmes de milieux modestes, des mères de famille avant tout et qui s’habillent avec des robes tonneaux avec des motifs dorés et se nouent le foulard marron ou gris bien serré sous le menton.
    En revanche, si on va à Londres, on a une vision beaucoup plus large et diversifiée des non-« occidentales ».
    Il est intéressant, d’ailleurs, de flâner autour d’Harrods, où on voit les femmes des Emirats ou d’Arabie Saoudite arriver toutes de noir vêtues de la tête aux pieds pour faire une razzia sur la lingerie fine, les bijoux et les parfums. Il s’agit là, évidemment, de cas extrêmes.

     » … quand Il lui demande de se vêtir autrement … » –> Ce n’est pas l’apanage des hommes 😉 . Et c’est loin d’être toujours violent (parfois cela relève même de la charité humaine :-D).
    Mais, évidemment, s’il s’agit de diktats … Là, on est dans une autre dimension.

  27. Je lui aurais répondu qu’il n’est qu’un pauvre con de pouvoir croire que je suis au niveau de mes formes qui, elles, ne sont pas à moi mais l’héritage de toutes sortes de lignées dont j’ignore moi-même les visages…

    Mais surtout un CON car c’est un crime que de vouloir s’approprier ce qui ne peut s’approprier. En effet, tout vivant est un équivalent de l’Univers, du Tout, donc essentiellement un égal… sans un plus, sans un moins, quel que soit le point de perspectives que chaque vivant représente.

  28. « En effet, tout vivant est un équivalent de l’Univers, du Tout, donc essentiellement un égal… sans un plus, sans un moins, quel que soit le point de perspectives que chaque vivant représente. »

    OK, là je peux vous rejoindre.

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